‹ Clinique chirurgicaleChapitre 19 sur 76 · r.LlNIQl'E CIIIHllK.ICAI.K · texte numérisé non relu

r.LlNIQl'E CIIIHllK.ICAI.K

[)ronoiic<M' iivoc moi (jiic !<• pi-ociMlt' do KoIxtI. à tons les points tle vue, est supérieur, iinii sculemeiil an pioccMli' de Xélaton, mais à tous les autres.

De rnnlxi/losc. — C'est un mode do terminaison de la scapnlalj^ie ([ui n'est pas très rare, et au sujet du([uel vous serez fréquemment appelés à donner votre avis.

Ici, comme partout ailleurs, l'anUylose peul être fausse ou vraie, c'est-à-dire incomplète ou complète. Nous avons vu que cette dernière était excessivement rare, et que quelques auteurs ont même été jusqu'à la nier.

Occupons-nous donc de celle que vous aurez surtout l'occasion de traiter : la fausse ankylose.

Dans quelques cas, c'est une simple raideur que les massages méthodiques, les douches et les frictions feront plus ou moins promptement disparaître; mais, si des brides fibreuses très courtes et très serrées unissent les deux surfaces articidaires, il est peu probable que cette médication sufiise. C'est alors qu'il faudra avoir recours à l'opération qu'on a désignée sous le nom de mobilisation de l'articulation. Mais, comme cette opération est fort douloureuse, il faudra d'abord avoir recours au chloroforme qui offre encore cet autre avantage de relâcher le système musculaire. Le malade étant donc plongé dans la résolution, vous procéderez à cette mobilisation de la manière suivante :

Il faut d'abord fixer V omoplate. Or c'est fort difficile; le meilleur moyen, c'est de placer dans le creux axillaire un coussin débordant le bord de l'omoplate et d'appliquer sur le coussin le plein d'une alèze dont les deux chefs, ramenés sur l'épaule opposée, sont ensuite solidement maintenus par deux aides vigoureux ; un troisième placera son genou ou la paume de la main sur la fosse sus-épineuse, de manière à empêcher l'élévation de l'os. Cela fait.

DE LA SCAPULALGIE. 177

le chirurgien saisit à pleines mains rextrémité inférieure et la partie moyenne du bras et commence avec douceur et précaution des mouvements de circumduction puis de rotation de l'os sur lui-même, de façon à déchirer Tune après Vautre les diverses adhérences ou brides qui retiennent les os. Si, en effet, on voulait agir par des tractions directes, on échouerait certainement parce qu'elles s'exerceraient alors sur toutes les brides simultanément et qu'il faudrait déployer, pour en triompher, une force qui dépasserait la limite de résistance du tissu osseux. Les exemples de fractures de l'humérus signalés dans ces mobilisations n'ont pas eu d'autres causes. Vous aurez donc bien soin de commencer avec douceur et par circumduction, et bientôt vous sentirez les brides céder successivement jusqu'à ce que la mobilisation devienne complète.

Malheureusement, mobiliser n'est pas le plus difficile; il faudra conserver cette mobilité, et c'est là que les difficultés commencent ; on devra matin et soir soumettre l'épaule à un massage méthodique, et imprimer, malgré les souffrances du malade, de légers mouvements pour s'opposer à la reproduction des adhérences. Or il faut bien que vous sachiez que, malgré tout, bon nombre de nos opérés renonceront au bénéfice de l'opération plutôt que de consentir à ces souffrances réitérées, et cependant l'articulation scapulo-humérale est certainement de toutes les articulations celle où la mobilisation a le plus de chances de réussite.

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