‹ Clinique chirurgicaleChapitre 2 sur 76 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

Ce livre a été pendant vingt ans une des constantes préoccupations de mon père. Il m'en parlait bien souvent, regrettant de ne pouvoir conserver la trace durable des leçons qu'il a professées pendant un quart de siècle, leçons auxquelles il apportait tant de soin, et qui avaient tant de succès.

Dès 1868, il songeait déjà à rédiger plusieurs volumes de clinique, et, depuis cette époque, il n'a pas cessé d'en amasser les éléments ; mais, comme il était très exigeant et très sévère pour lui-même, il voulait tout remanier, refondre, compléter. C'était une vaste entreprise; et le temps lui a manqué. Car le labeur quotidien d'un enseignement qui doit sans cesse se renouveler ne lui permettait pas de consacrer assez de temps aux leçons anciennes ; et les matériaux allaient en s'accumulant, sans laisser le loisir nécessaire pour une élaboration suffisante.

Les seules leçons qu'il ait lui-même complètement

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rt'digéos sont celles qui portent sur la scapulalgic. 11 y en a jusqu'à trois manuscrits consécutifs, ce qui prouve avec quel soin il enlemlait (jne celle œuvre fût exécutée.

Les autres leçons qui composent ce volume on! été rédigées par ses élèves. Je ne puis les nommer tous ici, qu'ils reçoivent l'expression de ma reconnaissance. Je citerai seulement Louis Hybord, Paul Jlybord, Emmanuel Bourdon, qu'une mort prématurée a enlevés à leurs amis. Quelques-unes de ces leçons sont inédites, (juelquesunes ont été déjà publiées çà et là dans divers journaux de médecine. Il y avait un grand intérêt à les réunir, de manière à grouper dans un même ouvrage ce qu'il y a de plus original et de plus intéressant dans l'œuvre clinique de mon père.

Certes, ce livre ne peut donner qu'un faible aperçu de l'enseignement d'A. Richet. Dès 1860, à Saint-Louis et à la Pitié, comme agrégé et chirurgien des hôpitaux, il professait déjà la clinique. Puis, à la Clinique, à la Pitié, à l'Hôtel-Dieu comme professeur de clinique chirurgicale, de 1868 à 1889, il n'a pas cessé d'enseigner, faisant participer ses nombreux élèves, dont quelques-uns sont devenus des maîtres, à sa vaste expérience, à son habileté prudente dans le diagnostic et le traitement'. Que d'aperçus ingénieux, originaux ! Que d'observations précieuses ! Que de remarques sagaces et nouvelles! Certes tout cela n'est pas perdu, car les auditeurs qui fréquentaient ses cours en ont largement profité. Mais de telles leçons, non recueillies, dissé-

1. Mon père a fait, dans sa longue carrière professorale, trèsTéfifuliérement trois leeons par semaine, hiver et été, de 1868 à 1889. Cela fait à peu près trois mille leçons en tout !

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minées ainsi à tous les vents, finissent par devenir une œuvre presque impersonnelle, tombant pour ainsi dire dans le domaine public, guidant et éclairant plusieurs générations d'étudiants, utiles à tous, mais n'apportant à leur auteur d'autre avantage que le renom d'un habile chirurgien et d'un professeur excellent.

Les notes qui ont servi à la rédaction de ces leçons ont été toutes conservées. Elles ont été données par moi à la Bibliothèque de la Faculté de médecine de Paris. C'est une mine très riche dans laquelle on pourra trouver quantité de documents précieux. Nous comptons prochainement en faire imprimer une sorte de catalogue, de sorte que chacun pourra aller les consulter avec profit.

Les leçons que nous donnons ici in extenso n'ont donc pas la prétention d'être l'image complète de ce fécond enseignement. C'est un abrégé, un extrait. J'ai cru devoir entreprendre cette publication, à laquelle mon père, par un excès de modestie, n'avait pu se résoudre.

Nous tenons à remercier notre cher ami Blum des soins qu'il a apportés à la coordination et la correction des manuscrits qui nous avaient été laissés.

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