DIXIÈME LEÇON
Des dillërcntes mélliodos d'anaiilaslie. — Des cctropions cicatriciels.
Messieurs,
Dans la dernière leçon, je vous ai parlé de la blépharorraphie et je vous ai fait remarquer que ce n'était là qu'une opération accessoire dans la série des actes chirurgicaux ayant pour but la réparation des paupières. En étudiant aujourd'hui avec vous la blépharoplastie proprement dite, je chercherai à vous faire comprendre les indications qu'il faut suivre et les principes qui doivent vous guider dans le choix des procédés opératoires. Les difficultés que vous avez à surmonter seront très diverses : aussi les opérations que vous devrez pratiquer seront-elles plus ou moins compliquées. Les cas les plus simples sont ceux où la paupière, renversée et bridée par des adhérences, est néanmoins intacte et possède pour ainsi dire toute son étoffe; les plus complexes, ceux où il ne reste plus que quelques lambeaux du voile palpébral, qu'il faut cependant reconstituer en cherchant à rendre au malade une physionomie aussi peu disgracieuse que possible.
La plupart des anaplasties peuvent se rattacher à deux grandes méthodes , connues sous le nom de méthode
ECTROPION — BLEPHAROPLASTIE. 217
française ai àQ méthode mr/Ze/z/ie. Dans l'une et dans l'autre, on utilise pour la réparation des organes et des régions la propriété qu'ont les tissus mobilisés de se greffer et de vivre dans une situation nouvelle. Mais, dans la première, on se contente, pour les déplacer, de leur imprimer un simple mouvement de glissement. A cette méthode, dite aussi méthode par glissement, se rattachent de nombreux procédés de blépharoplastie, applicables surtout à ces cas simples auxquels je faisais allusion il n'y a qu'un instant.
La méthode indienne comprend les opérations dans lesquelles, pour combler un vide, on emprunte aux parties voisines de la perte de sub tance un ou plusieurs lambeaux, qui ne peuvent s'appliquer sur elle qu'en subissant une torsion sur leur pédicule, après avoir été disséqués et par conséquent isolés des tissus sous-jacents.
Dans la méthode dite italienne, le lambeau réparateur est pris sur une partie éloignée, au bras par exemple, pour le restauration d'une partie de la face. Cette méthode est inapplicable à la blépharoplastie; mais j'aurai l'occasion de vous en parler dans une de nos prochaines réunions.
Je ne vous décrirai pas les divers procédés de blépharoplastie qui appartiennent à la méthode française : ils conviennent surtout, je le répète, aux cas d'ectropions où la paupière est renversée, mais non détruite. Je repousse comme éminemment défectueux ceux où, après avoir libéré la paupière^ on mobilise un lambeau au-dessus ou au-dessous d'elle pour l'amener par glissement jusqu'à son bord adhérent et l'y suturer. Si la réunion se fait, c'est trop compter sur l'élasticité de ce lambeau que d'espérer qu'il n'entraîne pas la paupière en regagnant par sa rétraction sa place primitive; si la réunion manque, le procédé présente les inconvénients de laméthode de Celse\