‹ Clinique chirurgicaleChapitre 39 sur 76 · CLIMQLli Cil IHLIiC ICA LE · texte numérisé non relu

CLIMQLli Cil IHLIiC ICA LE

Il fut ouvert avoc ])récauli()n, on en vil sortir un pus crémeux, parfaitement caractérisé. Nous étions donc en présence d'un véritable abcès formé et développé dans l'intérieur de la veine fémorale au niveau d'une valvule. Ku liaut, il était limité par une mince pellicule (|ui, au premier coup d'o'il, semblait le séparer complètement du reste de la circulation. Vax bas, il est limité par la valvule sur laquelle est une sorte de fausse membrane. Toutes les tuniques de la veine sont rouges, tuméliées. La tunique interne est dépolie, dépourvue de son épithélium. Par endroits, elle présente comme un commencement d'ulcération; dans d'autres elle est couverte d'une couche fibrineuse; mais nulle part on ne trouve dans la fémorale de commencement de caillot; partout, c'est une sanie mêlée de pus et de sang.

Nous avons cherché avec soin s'il n'existait pas une communication entre ce foyer purulent et le reste de la circulation veineuse. En pressant légèrement sur le foyer de l'abcès de la veine, nous avons fait sourdre une goutte de pus qui s'est montrée du côté du bout supérieur de la veine. Nous avons pu constater alors qu'il existait un petit oritice par lequel le pus pouvait sortir à chaque pression; et je dois ajouter que les mouvements que le malade a faits pendant sa vie étaient une cause plus que suffisante pour faire pénétrer ce pus dans la circulation centrale , et de là le faire voyager dans tout l'organisme.

De tous les viscères abdominaux, la rate était seule atteinte. Elle était d'une dilfluence extrême, s'en allant comme en bouillie. Le foie et les reins ne présentaient aucune altération. Nous avons cherché dans les organes thoraciques l'explication de cette extrême oppression qui nous avait frappé pendant la vie. Voici ce que nous avons trouvé.

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Dans le lobe inférieur, et à la partie postérieure, une tache rouge, brun foncé, au centre de laquelle est une partie plus blanchâtre faisant une petite saillie. C'est là un infarctus ou un abcès métastatique renfermant du pus, comme le montre la section qui y est faite. 11 est entouré d'un cercle inflammatoire dû à la congestion des parties voisines, tellement qu'on pourrait dire qu'il est entouré par une membrane pyogénique; mais ce n'est pas seulement en un seul point que ces particularités se voient, on trouve un grand nombre de ces infarctus sur la surface totale du poumon, surtout en se rapprochant de sa base.

Dans le cœur sont également des lésions très importantes. On y trouve un énorme caillot, formé dans tout le cœur droit. Il est assez volumineux pour occuper à la fois le cœur et l'oreillette correspondante. Il est blanc, fibrineux, rouge et globulaire seulement à son extrémité supérieure. C'est un caillot qui ne s'est pas formé pendant l'agonie, mais bien pendant les derniers jours de la vie, et qui nous explique facilement l'anxiété énorme que le malade a présentée dans les derniers temps.

Enfin les articulations ont été ouvertes. Nous avons trouvé du pus dans plusieurs d'entre elles, dans celle du pouce gauche, dans le coude, dans l'épaule du même côté, et dans la gaine des fléchisseurs.

En somme, le malade est mort, pendant son infection purulente, par une congestion pulmonaire que révélait cette suffocation énorme qu'il a constamment présentée dans les derniers jours.

Avant de terminer avec ce sujet, nous voulons attirer votre attention sur la manière dont s'est faite cette infection purulente, son mécanisme, et l'effet produit par les pansements employés.

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Il est à supposer que l'infection |)iiriilonlo s'est faite par l'entrée du pus dans le système circulatoire, par les veines; tout le démontre : la marche du mal et l'autopsie.

Au commencement, tuméfaction du moignon et menace de phlegmon; au hout de ([uehjues jours, la veine saphène est douloureuse, dure, et forme un cordon noueux : elle est donc atteinte de phlébite. En môme temps se montre un frisson initial, mais qui, par une forme rare, ne se répète pas les jours suivants. A l'autopsie, on trouve la saphène et la veine fémorale rouges, en proie à la phlébite. Sur un point est un abcès bien limité et qui verse du pus continuellement dans le torrent sanguin. On pourrait peut-être dire que c'est un simple caillot, mais nullement; c'est un abcès véritable, enkysté, et pourvu d'un orilice à sa partie supérieure. Dans le reste des veines du membre est une sorte de sanic purulente qui se continue jusque dans la plaie opératoire, où le pus est puisé par des vaisseaux béants.

Il y a fort longtemps que Hunter, Velpeau, Cruveilhier, Dance ont soutenu cette théorie, que le pus puisé dans la plaie, par une veine enllammée, pouvait pénétrer dans le sang et déterminer une infection purulente. Depuis, on a trop voulu laisser ces données de côté, pour admettre seulement la possibilité de principes septiques qui seraient absorbés à la surface de la plaie et pénétreraient seuls dans le sang.

Il est évident, comme ou l'a dit, et comme l'ont montré les expériences de notre savant ami Sédillot, que les injections de pus dans les veines donnent lieu aux mêmes symptômes que l'infection purulente ([ue l'on observe dans les hôpitaux.

Comment se forment les abcès métastatiques dans cette

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pénétration du pus dans le sang? Dance a dit que le sang altéré et fluidifié formait des épanchements dans les tissus, les enflammait et déterminait la formation de pus; Yelpeau a admis que le pus se déposait en nature dans les viscères. Cruveilhier ajoutait que ces globules de pus transportés développaient une inflammation autour d'eux et déterminaient la formation d'abcès métastatiques.

Quoiqu'il en soit de ces théories, il n'en est pas moins probable que dans ce cas le pus a pénétré en nature dans les veines et a déterminé tous ces accidents.

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