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J'avais song*^ à iino oj)i''ralioii aul()j»lasli(jU(' ; maisj'attondais que les forces du malade se fussent un peu rétablies. Cependant il allait toujours s'amaigrissanl, perdant l'appétit de plus en plus, et avec des alternatives de constipation et de diarrhée. Les matières qui s'écoulaient ulcéraient la peau au loin. Bref, son état alla, en empirant toujours, jusqu'au milieu de janvier. Vous avez vu alors quelle était sa faiblesse. Il était devenu d'une pusillanimité incroyable, poussant des cris de désespoir dès qu'on le regardait, et néanmoins implorant le secours d'une opération. Il se refroidit graduellement, sa température rectale dans les derniers jours n'était plus que de 36" ou 36", 5. Enlin il mourut.
Nous trouvâmes à l'autopsie une pleurésie du côté droit et une péritonite généralisée : elle s'était faite à petit bruit, pour ainsi dire, vu l'état de faiblesse de notre malade, et avait passé inaperçue : elle était due évidemment à une rupture de l'intestin grêle en un point où il plongeait dans le petit bassin et était adhérent au rectum.
L'S iliaque du côlon était le siège de la perforation ou plutôt des perforations. En effet, nous trouvions là deux orifices fort étroits, ovalaires, mais réguliers, par où l'on pouvait faire passer une sonde de femme, et arriver jusqu'à l'abdomen. Au niveau de l'orifice abdominal, on constatait des décollements profonds et étendus de la peau. Le côlon était extrêmement dilaté ; ayant près de deux fois le volume qu'il a d'ordinaire, injecté à sa surface et rempli de matières. Mais ce qui attira surtout mon attention, ce fut une sorte de masse épaisse, entourant le gros intestin au point où le côlon semblait se terminer en culde-sac et ressemblant alors à un véritable Ciecum. Quant au rétrécissement, il était évidemment le résultat de cette tumeur dure qui entourait l'intestin. En la retranchant
DES RÉTRÉCISSEMENTS DE L'INTESTIN. 46o
avec le scalpel, on la voyait comme constituée par du tissu graisseux densifié et devenu extrêmement dur. Par place, il y avait quelques ganglions lymphatiques rougeâtres, hypertrophiés. Nous avons aussi trouvé des ganglions mésentériques épaissis. Les vaisseaux étaient dilatés, durcis, et en les coupant il en sortait du mucus puriforme. Enfin, toute cette tumeur, qui était grosse comme une petite orange, entourait l'intestin : et on y voyait en certains points des masses noirâtres disséminées. Au microscope, nous ne trouvions rien de caractéristique, une matière noire, comme charbonneuse, non contenue dans des cellules, et irrégulièrement disposée. — En résumé, je ne puis mieux comparer cette tumeur qu'aux épiplocèles anciennes ou à ces amas graisseux qui s'accumulent autour du collet des vieilles hernies.
Tout d'abord, Messieurs, je crus avoir devant les yeux un véritable cancer. Mais, après examen approfondi, je pense qu'il faut abandonner cette opinion. En effet, non seulement on ne trouve nulle part, soit à l'œil nu, soit au microscope, les éléments proprement dits des cancers, mais encore la masse principale est bien évidemment constituée par du tissu graisseux, et, quant à la mélanose, elle est identique à cette pigmentation des ganglions bronchiques qui n'a aucun caractère infectieux. C'est une matière charbonneuse, irrégulière, tout à fait noire, et non d'un brun ardoisé, comme le sont ]es vrais cancers mélaniques. D'ailleurs, nulle part il n'y avait de généralisation et cependant l'affection datait de fort longtemps. Or vous savez la rapidité avec laquelle marchent les cancers en général et ceux des viscères en particulier : vous savez aussi que les sarcomes mélaniques sont, de toutes les tumeurs, celles qui ont le plus de tendance à se propager.
Je pense donc que ce malade avait un rétrécissement
intestinal purement inflammatoire; mais, avant do vous exposer mes opinions à ce sujet, je crois utile de vous rappeler en quelques mots certains détails importants d'anatomie chirurgicale relatifs à cette région.
L'S iliaque du côlon décrit, dans la fosse iliaque gauche, une courbure très prononcée. La concavité regarde en haut et à droite, et la convexité repose dans l'interstice qui sépare les parois abdominales de l'os iliaque recouvert par le muscle iliaque : arrivé au niveau de la symphyse sacro-iliaque gauche, l'intestin change brusquement de direction : il se porte presque directement en bas. en suivant le contour du sacrum et plonge dans le petit bassin; il est entouré par le péritoine qui le fixe en arrière en formant quelquefois un repli qu'on appelle mésorectum. Sur les parois de cet intestin sont attachées de petites houppes graisseuses, quelquefois assez épaisses, toujours fort dures, et cela, jusqu'au cul-de-sac péritonéal. Enfin, au point de jonction du colon et du rectum existe presque toujours un véritable rétrécissement qu'on peut regarder comme normal. Je m'en suis assuré, ce matin encore, sur dilîérents sujets, dans la salle d'autopsie.
C'est qu'en effet, c'est d'abord dans l'S iliaque que s'accumulent les matières fécales : elles y séjournent longtemps, et le rectum n'est, en quelque sorte, qu'un réservoir ultime; j'ai discuté ailleurs la question assez longuement pour n'avoir pas à y revenir. Ce que je veux vous rappeler, c'est que le véritable réservoir des excréments, c'est l'S iliaque du côlon. Les matières fécales s'y accumulent, elles ne peuvent pas toujours, lorsqu'elles sont dures, franchir facilement le coude formé par le côlon au point où il va devenir rectum, et produisent alors une véritable obstruction intestinale, conséquence des constipations opiniâtres