DES RÉTRÉCISSEMENTS DE L'INTESTIN
répétées: alors le côlon se dilate, tandis qu'au niveau du rétrécissement, compliqué sans doute de spasme, il se fait une inflammation chronique qui détermine ces indurations, ces masses graisseuses comprimées dans une matière plastique que je vous montre ici, et qui entourent comme d'un anneau l'orifice supérieur du rectum.
Nous trouvons dans le Répertoire cVanatomie et de 'physiologie (t. III, p. 110 et suiv.) des détails sur l'affection dont est mort Talma, dus à Biett, et lus par lui à l'Académie de médecine en 1827. Toute sa vie, Talma avait été tourmenté par une constipation opiniâtre, rebelle à tous les traitements. Plusieurs fois il avait été pris d'accidents analogues à l'obstruction intestinale , et heureusement conjurés. Mais il ne tarda pas à succomber à un de ces accès de rétention des matières fécales. L'autopsie fut faite par Breschet, et on trouva des lésions tout à fait semblables à celles que vous pouvez voir ici. Le côlon était, à sa terminaison dans le petit bassin, entouré d'un cylindre très dur, rougeâtre, parcouru par des brides celluleuses et fibreuses et off"rant des sillons analogues à ceux d'une bourse dont l'ouverture est foncée par des cordons. Au-dessus de ce rétrécissement, le côlon avait une dilatation considérable, tandis que le rectum était réduit au diamètre de l'intestin grêle chez un enfant. Enfin, ce qu'il y a de fort curieux, c'est la présence d'une perforation dans le côlon d'une part, et dans le rectum d'une autre, ce qui constituait ainsi un canal artificiel, allant du côlon au rectum, et qui avait laissé passer des gaz et quelques selles liquides qui n'auraient pu franchir le rétrécissement qui comprimait les parois intestinales.
Je pourrais encore vous citer d'autres exemples. Je me bornerai à vous dire qu'il y a quelques jours à peine, je fus appelé par un de mes confrères pour voir une femme âgée
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de soixanto-(inalr(^ ans et ariliti('(' (l'une constipation opiniâtre qu'on attribuait à une lissure à l'anus on à une tumeur uli'rine. .le l'examinai avec soin et je ne trouvai ni l'une ni l'autre de ces deux alTeclions. Kn pra!i(|nanl le toucher rectal, je trouvai, à une très grande hauteur, une sorte de contracture du rectum, un rétrécissement spasmodi({ue. Pensant qu'il y avait plus haut un rétrécissement fibreux ou organique, cause de ce resserrement du rectum, j'enfonçai mon doigt plus haut encore, et je parvins à donner issue à une grande quantité de pus et de sang, accumulés au-dessus d'un de ces rétrécissements circulaires probablement semblables à celui que vous voyez ici. — La malade fut soulagée immédiatement, mais je ne doute pas que tôt ou tard elle ne soit reprise d'accidents analogues.
C'est pourquoi, selon moi, il faut ne pas traiter troj) légèrement ces douleurs cruelles dont se plaignent quelques vieillards, et surtout les femmes, sujettes presque toutes, comme vous le savez, à la constipation. Celte constipation peut être grave et entraîner les accidents les plus sérieux.
Revenons maintenant à notre malade, ou plutôt à l'étude des pièces que nous a données son autopsie. Avons-nous affaire à un anus contre nature? Le mot me paraît impropre. C'est plutôt une fistule stercorale qu'un anus artificiel. La nature a tenté un effort pour remédier au rétrécissement intestinal ; mais elle l'a fait incomplètement. Il y a un mois environ, pour un cancer annulaire de l'intestin, déterminant l'arrêt complet des matières fécales, j'ai établi un anus artificiel en ouvrant largement l'intestin et fixant la muqueuse aux parois intestinales. J'ai donc imité le procédé que la nature a mis en œuvre pour remédier au rétrécissement du canal intestinal, mais, sans que j'en tire va-