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Mais, si la privation de tout un poumon ost graduelle au lieu (l'ùtre instantanée, la mort |>eut très bien ne pas en être la conséquence. Tous les médecins ont vu des épanchements séreux énormes, qui remplissaient la plèvre, et ne permettaient plus au poumon de se dilater le moins du monde; néanmoins, le malade n'asphyxiait pas, et la thoracentèse pouvait n'être pas pratiquée immédiatement.
Revenons maintenant aux pièces que nous avons sous les yeux. Pourquoi la mort est-elle survenue ? et comment a-t-elle été produite?
D'abord, le poumon n'ayant malheureusement pas d'adhérences, rien ne l'a retenu au thorax, et la cavité pleurale a pu se remplir d'air : mais l'air n'a pas immédiatement envahi toute la plèvre. Cela tient sans doute à la nature des plaies par armes à feu. Les blessures qu'elles font sont mâchées, irrégulières, tortueuses, permettant difficilement l'entrée de l'air : j'ai souvent imaginé qu'à cause de cela elles étaient moins graves que les plaies pénétrantes produites par un coup d'épée ou de lleuret.
Cependant le pneumothorax s'est produit : peut-être aurait-il mieux valu ne pas donner issue à la balle. En effet, quel danger oiïrait la présence de ce projectile? tandis qu'en mettant par cet orifice plus large que l'orifice d'entrée la plèvre en communication avec l'air extérieur, nous avons facilité le pneumothorax. Aussi c'est par là que le sang est sorti: et on a dû recourir à l'occlusion, mais il était trop tard, et, comme me l'a assuré l'interne de garde, les mouvements d'inspiration introduisaient de l'air dans la plèvre.
Ce n'est pas, je le sais, l'opinion des chirurgiens militaires qui disent qu'il faut toujours extraire un projectile.
Mais vous penserez comme moi que, dans des cas de cette nature, il faut faire une exception. Pendant la guerre, j'ai soigné le frère d'un de nos confrères qui, au Bourget, reçut à bout portant une balle de revolver qui traversa le sommet du poumon. La balle alla se loger près de l'omoplate. Je ne l'enlevai que lorsque je fus assuré que la plaie pulmonaire était guérie et circonscrite par des adhérences salutaires. Aucun accidentne survint, elle blessé, aujourd'hui avocat distingué, est en parfaite santé.
C'est cet air contenu dans la plèvre qui s'est épanché dans le tissu cellulaire. L'emphysème ainsi produit n'est pas dangereux en lui-même. Tout récemment nous avons eu dans nos salles un malade atteint de fracture de côtes. Son poumon avait été probablement blessé, et il eut un emphysème généralisé, mais c'est à peine s'il fut malade, et au bout de quatre semaines il était complètement guéri.
Reste la question du traitement. Il y a des indications positives, et d'autres que j'appellerai négatives.
Les indications positives sont très nettes. D'abord, les saignées, larges et abondantes, ainsi que les pratiquaient Jean-Louis Petit et Desault. Elles diminuent la dyspnée, empêchent les hémorrhagies et facilitent la résorption de l'épanchement. En second lieu l'occlusion de la plaie ou des plaies : ainsi on empêche l'hémorrhagie extra-pleurale, le pneumothorax par l'introduction de l'air extérieur, et la suppuration consécutive de la .plèvre. Enfin, s'il y a une hémorrhagie à craindre, il convient de donner des astringents, de la glace, des boissons aluminées ou sulfuriques.
Quant aux indications négatives, autrement dit, quant à
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ce qu'il no faut pas faire, il no l'aul pas essayer do donner issue au sangopancliô dans la [)lèvro; on augmonlorait la dyspnée, et on permoUrail à Ihomorrhagie de se produire. Ce serait une pratique déplorable, capable d'entraîner la mort immédiate du malade, et contre laquelle je veux vous tenir en garde.