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TROISIÈME LEÇON

'erminaisons de la scapulalgie par résolution, par suppuration pouvant aller jusqu'à l'épuisement et la mort, par luxation spontanée, par ankylose.

Messieurs,

Dans noire dernière conférence je vous ai exposé les différents sympLômes qui accompagnent ordinairement la scapulalgie. Je vous l'ai montrée débutant parfois insidieusement et brusquement sous le couvert d'une autre affection et avec des allures qui ne sont pas les siennes d'ordinaire ; d'autres fois au contraire, et le plus ordinairement, procédant par étapes à d'assez longs intervalles, afffectant une sorte d'intermittence avec des accalmies et des exacerbations qui appartiennent surtout à l'arthrite proprement dite, tandis que la première manière est plutôt le fait, soit des périostites de croissance, soit des synovites.

Nous avons ensuite étudié les symptômes prédominants dans chacune des variétés : il me reste aujourd'hui à vous présenter les diverses terminaisons de la maladie.

A. — Comme pour toutes les arthrites, la résolution ou guérison spontanée est rare. .

90 ciJMui'E cmuriH.H.Ai.i:.

Lors(jiio la nialadic csl traïunaliqiic. on qu'rlN^ survient chczun sujet (jni n'est eu possession dancMno iliallièsel)ien prononcée, ou compitMiM (iiTelle penl ellectivement guérir, soit spoutauémeut, soit par lintervenlion du médooiii.

Au contraire, s'il s'agit d'une scapulalgie survenant sans cause apparente liieu appréciable, chez un sujet manifeslenient scrofuleux, rhumatisant, ou simplement de constitution frêle et débile et placé dans de mauvaises conditions hygiéniques, ou encore obligé de se servir de son membre pour gagner sa vie, ne vous attendez pas à voir la maladio s'arrêter dans son évolution, bien moins encore à rétrograder. 11 est, au contraire, à peu près certain que, quoi qu'on fasse, on n'arrivera (|u'à retarder la marche de la scapulalgie.

Je ne voudrais pas cependant vous découiager absolument, et je vous rappellerai l'exemple de ce cordonnier de l'hôpital Saint-Louis dont je vous ai exposé l'histoire dans notre dernière séance, et qui guérit définitivement d'un épanchementaigu considérable sous l'influence d'une énergique médication et du repos.

Si l'affection a pour point de départ le système osseux, et non les tissus libro-synoviaux. comme dans le cas précédent, si en un mot il s'agit d'une ostéite articulaire, ce n'est que tout à fait exceptionnellement ([u'on en pourra espérer la résolution; l'ostéite de la tète liumérale, comme d'ailleurs toutes les ostéites, est une affection essentiellement récidivante et contre laquelle la médication interne est la seule efficace, par la raison qu(^ seule cette médication peut modifier la constitution diathésique, ce qui ne veut pas dire <[u'il faille se bornera cette seule médication.

B. — Une des terminaisons les plus habituelles de la maladie qui nous occupe, c'est la suppuration. Tantôt

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l'épanchement articulaire devient purulent et constitue alors une sorte d'abcès articulaire qui ulcère la synoviale et s'ouvre dans des points qui sont presque constamment les mêmes, c'est-à-dire sur le bord ante'rieur de l'aisselle en suivant la longue portion du biceps jusqu'à l'endroit où la synoviale articulaire qui tapisse la coulisse bicipitale se réfléchit sur le tendon de cette longue portion. D'autres fois, c'est en suivant le tendon du sous-scapulaire que le pus vient se faire jour sur le bord antérieur du scapulaire. Souvent enfin, c'est sous le deltoïde que se rompt la capsule fibro-synoviale et que s'épanche le pus. Il est rare qu'il se porte dans la fosse sous-épineuse en suivant le tendon de ce muscle. Je n'en ai vu qu'un cas. Si la suppuration provient des os malades, elle peut envahir la cavité articulaire, et alors, pour apparaître au dehors, elle suit la marche précédemment indiquée. Au contraire, si la portion d'os qui suppure est située en dehors de la synoviale, l'abcès peut s'ouvrii" directement à l'extérieur, et alors une fistule s'établit partout ailleurs que dans les points précédemment indiqués.

Les fistules une fois formées se ferment, puis se rouvrent; la suppuration diminue et parfois augmente; elle prend souvent des qualités nocives, comme dans les cas oii le pus croupit dans des foyers qui se vident incomplètement. Les ganglions axillaires et sus-claviculaires , puis bientôt ceux de la chaîne trachéo-bronchique, se tuméfient et suppurent, des abcès se forment dans les poumons, et les malades succombent à l'épuisement ou à une sorte d'intoxication putride qui n'est pas l'infection purulente. Quelquefois même l'opération de la résection ou l'amputation ne font que retarder cette marche envahissante de la maladie. J'en ai recueilli deux exemples dont j'aurai à vous entretenir à propos de l'anatomie pathologique.

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C. — Il semblerait (pie, (juaiicl la suppuration a envahi l'articulation et (|ue les moyens (rnnion se trouvent ainsi compromis dans leur intégrité par une destruction partielle ou complète, les extrémités articulaires dussent se quitter facilement et des luxations patliologiques s'établir. Or la plus grande incertitude règne encore sur ce sujet parmi les auteurs, et cela faute d'observations; quelques-uns les admettent parce (ju'ils croient les avoir observées, mais ils n'en fournissent aucune preuve qui puisse entraîner la conviction de leurs adversaires; ces derniers les nient résolument parce qu'ils ne les ont point vues ; Bonnet est de ce nombre, et Malgaigne, toujours sceptique, sans les rejeter absolument, les considère comme fort douteuses.

C'est ainsi que Lobstein*, Sanson^ et Nélaton^ non seulement les admettent; mais en décrivent plusieurs variétés.

« Dans la troisième période, dit L.-J. Sanson, le membre se raccourcit tout à coup; le coude est dirigé en arrière et en dehors; l'épaule est aplatie, et la tète de l'humérus vient faire saillie au-dessous de la clavicule... Cette maladie peut, après que le déplacement est opéré, guérir par la formation d'une articulation normale. » Nélaton, dans son Traité de pathologie chirurgicale, est encore plus explicite : « Plus tard, dit-il, l'humérus se déplace, et vient se porter soit dans l'aisselle, soit sous la clavicule, ce qui donne lieu à des luxations consécutives spontanées comme pour la coxalgie; alors le bras se raccourcit notablement. »

Crocq. de Bruxelles, se demande pourquoi l'articulation scapulo-humérale serait plus exempte de luxations que d'autres articulations, la hanche, par exemple. Mais, il faut bien le dire, si tous affirment, aucun n'apporte de

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