‹ Clinique chirurgicale (volume 2)Chapitre 23 sur 26 · SUR LES NERFS DE LA VIE DE RELATION · texte numérisé non relu

SUR LES NERFS DE LA VIE DE RELATION

Pourse faire une juste idée de ce que nous avons dit dans les articles qui précèdent, relativement à l'origine distincte, dans lés diverses parties de l'encéphale, des filamens nerveux qui composent les nerfs de la vie de relation, nous allons rapporter ici le mémoire que nous avons fait dans son temps sur l’origine de ces racines nerveuses , et sur les fonctions particulières auxquelles chacune parait présider, en établissant pour objet de comparaison à notre hypothèse le mécanisme d’un télégraphe électrique imaginé par le célèbre Soœmmering. Ce télégraphe, que j'avais reçu, à mon passage à Munich, des mains mêmes de l'auteur, fut présenté à l'institut de France, au commencement de l'année 1810; mais cette académie n'ayant pas porté de jugement sur cet instrument, je le renvoyai à son inventeur, ayant eu néanmoins la précaution de le faire dessiner (voyez la planche ). |

Nous allons d’abord décrire le plus brièvement possible cet instrument, et nous passerons ensuite au parallèle que nous en avons fait avec l'origine,

362 , MALADIES DE LA TÊTE là marché et la rs des hetfs de la: vie ‘à relation. : diak, dt

Un nombre déterminé de fils ru (on en compte trente-cinq) établit une communication entre les deux principales pièces de ce télégraphe, que l’on peut distinguer sous les noms d’énterrogateur et de répondant. Où remarque à Pinterrogateur une série de traverses métalliques placées horizontalement et à des distances égales ; elles Sont en rapport avec des signes particuliers. (les lettres de l'alphabet). Chacune de ces travérses offre à l'une de ses extrémités une ouverture assez grande pour recevoir les chevilles des deux conducteurs électriques, et une autre infiniment plus petite pour le passage du fil métallique. Ces fils, séparés d’abord aux points de leur insertion, ét isolés dans toute leur étendue par un filament de soie, sont rapprochés ensuite ou juxta-posés de maniere à former un cordon commun et si serré qu’on le croirait simple ou unique. Ces fils sont parallèles ou s’entrecroisent dans leur marche et éprouvent ‘des inflexions diverses. Après avoir parcouru un espace plus ou moins long, ils se séparent de nouveau, divergent et vont s’anastomoser où s’articuler avéc des pointes d’or placées verticalement dans un vase de verre d’un carré allongé, formant la plus grande partie du répondant. Les signes que nous avons vus à l'insertion des fils , sont répétés vis-à-vis les pointes d’or. Le vase doit être ie d’une eau pureet limpide. 9

MALADIES DE LA TÂTE. __ 363 : Lorsqu’ où transmet le fluide électrique produit par l'électromoteur ou la pile de Volta, au moyen des conducteurs provenant dés deux pôles de cette colonne, le fluide é électrique parcourt sans obstacle tout le trajet de chaque fil métallique, et sans passer ( dans ceux qui lui sont contigus, quoique éntrelacés ou entrecroisés les uns sur ke autres. Ce fluide va se rendre dans la pointe d’or correspondänte. L'électrique qui émane du pôle négatif produit à l'instant dégagement d’ hydrogène, et celui qui provient du pile positif dégage l'oxygène. Ici ces gaz deviennent sensibles par F ira UNS des bulles aériformes que l’on voit ramper sur les pointes d'or, et s élever en gerbe, sans nulle interruption, jusqu'à la surface de J'eau, où l’on peut les recevoir avec des gazomètres ; de sorte qu 11 ést facile de déterminer la quantité et la nature des gaz dégagés dans un espace de temps fixe. Tels sont à peu près les principaux caractères et les principaux résultats du télégraphe électrique du docteur Sæmmerine.

Les nerfs de la vie de relation surtout paraissent disposés de la même manière, et présentent dans leurs fonctions des Ph ce analogues. Tels filamens nerveux, par exemple, qui prennent naissance dans telle portion du cerveau, de la . moelle allongée ou de li moëlle épinière, ne confondent point leurs fonctions avec celles des filariens qui naissent au-dessous, plus haut ou plus Join. IS peuvent former chebible des rameaux, des

branches ou des troncs nerveux, mais ils sont isolés par leur névrilème particulier, et collés les uns contre les autres. | |

Plusieurs grands anatomistes avaient déjà remarqué l'isolement des filets nerveux qui forment les gros cordons des nerfs, leurs branches et leurs rameaux, Soit qu ils s ‘entrecroisent, soit qu ils marchent parallèlement et sans se confondre. Chacun peut vérifier les expériences de cés anatomistes. En effet, si l'on dissèque, par exemple, avec un peu de soin les filets nerveux du nerf sciatique ou du médian, on suit très- distinctement ces filets; ils sont LA RE à leur origine, et tant que le tronc nerveux ne donne point de rameaux, ou qu'il n éprouve aucune inflexion. Dans ce cas, ces filets s’entrecroisent de manière que les le deviennent postérieurs, et vice versé; ensuite ils se séparent en divergeant, forment les branches, les rameaux, les ramifications, et se rendent à leur destination Re Les uns vont aux muscles, d'autres à la peau, au tissu cellulaire, etc., mais de façon que chacun de ces filets peut remplir une fonction distincte, selon qu'il dérive de tel ou tel point de la 411448 médullaire, de la moelle allongée ou de la moelle épinière.

Les deux cordons nerveux de la septième paire fournissent, ce me semble, un exemple frappant de la vérité ou de la Bu re de mon asser- .

tion. La portion molle ou le nerf acoustique prend naissance de la paroi antérieure du quatrième

ventricule du cerveau, par deux ou plusieurs petits cordons ou filets, tandis que la portion dure ou le nerf facial naît où gent origine beaucoup au-dessous de ce premier et plus en arrière, dans la rainure qui sépare la protubérance cérébrale ou annulaire , de la moelle allongée au sommet des éminences olivaires. Le premier de ces nerfs, plus élevé vers le pôle positif de la moelle allongée que À le deuxième, est destiné à former l'organe de l’ouie, ou l'audition ; le deuxième, au contraire , plus rapproché du Déte négatif, est destiné à porter le mouvement dans is muscles de la face, et le sen-

timent ou la sensibilité à certains Corps glanduleux

et à la peau de cette LÉGIO |

Ilen est sans doute de même des nerfs lin guaux dont les uns servent au goût, et les autres à la pa: role : certainement ils ont une origine distincte et sont dans une disposition ENG

-Les: rameaux que le nerf Mama , par exemple; fournit aux muscles du bras, de lavant-bras et de la main, pour leur imprimer le mouvement , n'ont pas non plus assurément la même origine à la

moelle épinière que ceux qu'il fournit à la peau

pour lui donner le sentiment; et par la même raison, le fluide qui parcourt ces différens nerfs élémentaires doit avoir éprouvé des modifications relatives : de là viennent les sensations diverses avec des résultats différens. | Le névriléme est, à l'écatd de la bubitanee nerveuse où du Véntablé nerf élémentaire, ce que lé

fil de soie est à l'égard. de chaque fil métallique du télégraphe de rate la tunique. commune et membraneuse des troncs nerveux. représente le ruban de soie qui enveloppe IE corde métallique du télégraphe : ainsi on pourrait appeler st instrument, avec plusj juste raison peut-être | le SUNU»

lacrum nervorum. *e Nous pourrions penser aussi que. l'intensité | et la force d'excitation du fluide nerveux, sont ‘en raison du pôle de l’encéphale ou de. l'électromoteur animal. Il est vraisemblable qu'il Y a autant de colonnes galvaniques dans l'encéphale, qu'il y a de portions distinctes dans les: deux’ moelles..al- Jongée et épinière. Elles se composent, comme la pile métallique; de substances différentes, superposées les unes sur les autres; .ce sont. principalement la substance grise ou Dan ée et la substance blanche médullaire ou nerveuse. Des. membranes | vasculaires les séparent quelquefois ou-les'unissént : entre elles. Elles forment des piles.ou:des couches de différentes épaisseurs, Les commissures nerveuses intérieures, Si bien décrites par le docteur Gall, peuvent être considérées, comme aütañt de conducteurs particuliers qui établissent. autant: de voies. de communication entre les piles ; entre celles-ci et les nerfs, ou conducteurs généraux. Ces conducteurs naissent constamment. de lasubstance blanche, comme les conducteurs métalliques naissent des disques de zinc ou de ceux.d’ argent. Les deux substances existent dans toutes les portions

de l’encéphale où les nerfs prennent, leur origine ; on les trouve par conséquent dans la moelle allongée et dans la moelle épinière. sr Eh En admettant l'identité du fluide nerveux avec le fluide électrique, ainsi qu'elle paraît se confirmer par les expériences de Galvani, de Volta, de Ritter, de Davy et de Sœmmering , il semblerait que ce fluide se concentre d'abord dans les piles de l'encéphale, où il est apporté par les artères ét peut-être par d’autres conducteurs extérieurs, tels que. les cheveux, etc.; que de là ce fluide différemment modifié; selon 4 points ou les pôles des piles animales qui le produisent, se transporte et se distribue dans les différens nerfs. de la vie animale, pour déterminer les phénomènes propres à-cette vie. Ce fluide communique, aprés avoir éprouvé des modifications, avec les nerfs de la vie organique; et le: fluide qui règne dans ces derniers est ericore modifié ou excité par les ganglions, qu'on peut considérer comme autant, de eine cerveaux “particuliers. | SAS ar ferrand] Tout cela prouve que 1 amas sensitives et mentales sont exécutées par des agens distincts les uns des autres, ce qui donne des résultats différens, quoiqu'il y ait.entre les organes correspondance et'sympathie ; ainsi nous supposerons que les nerfs qui prennent naissance dans le pôle négatif de telle ou telle pile, impriment le mouvement aux muscles, comme conducteurs d'un principe plus fort et plus actif. Je crois en trouver des exein-

ples dans la pile de la moëlle allongée, qui a pour base le centre de la substance médullaire du. cérveau : nous voyons tous les nerfs des sensations les plus délicates, naître de la partie supérieure du pôle positif, lequel, dans la machine télégraphique, fait. dégager l'oxygène qui est en moins; tels soÿ £ les nerfs olfactifs, les nerfs auditifs, les” optiques, etc.; tandis que ceux qui fournissent à des fonctions qui exigent plus d'intensité, telles que ceux des muscles, prennent naissance de la partie inférieure de cette moelle, ou vers le pôle négatif, lequel, dans la machine télégraphique , produit l'hydrogène qui est en plus. Il en est de même des deux pyramides ou colonnes qui semblent former la moelle épinière. | | A

Ici nous apercevons un phénomène singulier et quiappuie cette asséftion. Le nerf spinal de ils, qui s’anastomose avec le pneumo-gastrique, ou la huitième paire, étant exclusivement destiné aux mouvemens des muscles postérieurs de l'épaule, va prendre naissance précisément au pôle négatif | de la première portion de la moelle épinière, ou. de sa première pile, tandis que le dernier, comme destiné à des sensations intérieures plus délicates, prend naissance à son pôle positif, où à sa partie supérieure. Je pense que le même ordre règne “pour tous les autres nerfs de la vie animale, quoique leurs filets élémentaires paraissent confondus dans leurs troncs et identifiés entre eux:

Si le célèbre Lionnet, qui a donné uhe descrip-

MALADIES DE LA TÊTE: 369 tionçanatomiqué exacte ét rigoureuse d'un grand nombre d’animaléules, tels que le puceron; la puce, les scarus , etc., avait été chargé de la dissection de ces filets nerveux élémentaires , il les aurait poursuivis:de leurs troncs à leur origine réelle et “istincte, de même qu'à leur terminaison, et il;est probable que nous aurions vérifié mainténant cetté étonnante et belle analogie entre les opérations électriques faites au moyen de l'instrument précité, et les opérations relatives aux nerfs de la vie animale, De telles recherches, qu'iln appartient de poursuivre qu’à des physiologistes profonds, nous conduiraient sans. doute à trouver l'explication de beaucoup de phénomenes couvértsencore d'un voile mystérieux. Hs

Les nerfs de la vie organique € ont une : autre ma: nière d’être ; mais comme il y a une grande analogie dans leurs propriétés, qu'ils produisent, partout où ils se rendent, des effets de vitalité ou d’excitabilité à peu près semblables, et que les modifications de ces propriétés paraissent s'établir dans les ganglions, nous ne formerons , pour le moment, sur ce système de nerfs, aucune hypothèse. J’avancerai seulementque des faisceaux nerveux, provenant des deux grands sympathiques, accompagnent nécessairement les troncs artériels, les, branches et les rameaux jusqu’à leur dernière distribution dans l'épaisseur des parties, comme plusieurs, grands anatomistes l'ont avancé, tels que les Bichat, les Chaussier, Ribes, etc.

J'ai eu moi-même occasion devoir, dans!lesbou-: cheries.des armées où je faisais fréquemmentdes: expériences, deux de ces nerfs, dans les. fœtus: de! vaëhe, suivre.les artères ombilicales jusque dans les fameaux du placenta, et d’autres suivre hdi rection dés artères sous-clivièrés et cruralésiijus” qu’à x leurs premières branches; et il n’est pas-douteux (qu'ils ne s ‘étendent find leurs" dernières rarnifications. | Dos eo ‘Je’ pense aussi que ces nerfs triplé RROfHBE la: vie organique dans les” 'néribrd* nes'osseuses ; les ligamens articulairés et les merñb branes Synoviales; car la” moindre lésionde 1e parties par une cause prolongée un certain laps dé temps, attaque vivement les propriétés organiques du'mèmbre, et trouble: a Le fonc-

tions dela: vie intérieure. 7? Ex oYo ie «FH9ei | 4 © . A €} ‘ fl enp0 givot

DES LÉSIONS | DES PARTIES Qur ! FORMENT LÉ VISAGES"

*(IILT 9 SIT fs A détiows"b Nous RCE d'abord aatés dés | as dreRG To! üb ‘Léssolations de continuité au pavillon‘de Poréillé Yariént ‘sélon l'étendue, la forme et Lt Menus causes | qui des DID AUS EME 7" ET 9200 ‘Les éoûpures où divisions, faites’ par des instru mens tranchäns , peuvent se Hé HE ? à une portion de l'oreille, ou comprendre presque toute son: étendue ; car si elle était coupée en entier ét séparée? de la‘tête, il n’y aurait rien à faire pour la replacer! dans ses rapports primitifs. Toute tentativé 1e cet”

MALADIES DE- LA TÊTE: 3G4E égard serait infructueuse., car son adhésiore-aux parties dont.elle aurait été détachée:comiplétement.: ne, saurait plus, avoir lieu. Dans tout autre: cas j-et quelque petit que soit mêmé le point iqni miitiens) core le, lambeau coupé au reste de l'oreille “Où at: bord, du conduit auditif, la réunion immédiateestl indiquée. Elle doit tré faite ayeciles aiguilles: dont nous avons parlé à article Prauvs, et de manière: à pratiquer la suture éntrecoupée. E'on'‘doiticoïmte prend re dans les points: de suture, ainsi que nousi l'avons déjà fait remarquer, les cartilages; quisfor!! ment le pavillon de Poreille : n’en résulte aucun accidént, et la suture. én est: plus: exactétret: plus solide: On a soin de remplir , avec délæ éhârs pie, lés:intervalles des sinuosités de Poreilleset Id gouttière: qui la:sépare: de la tempe. On termine-le pansement par un: bandage simplement:contentif,, et lon doit;:autant que droites respecter cét; appareil jusqu’à lépoqué ménie de la’cicatrisationt complète: Telest le procédé opératoire ou le‘mode: de'pañsSement:quisnous a paru le plus convenable: pour les plaies:simples ‘ou coupures de loréille.:ct!

Mais lorsque ces divisions. ‘sont inégales ou: détis telées’, ce qui arrive nécessairement lorsque lin strurent. qui a déterminé la solution de continuité: offre des inégalités lui-même dans la portion quiæ agi, Pindication est différente. Dans ce cas, il faut, avec.des ciseaux évidés, égaliser les bords de la dis vision, pour pouvoir les mettre dans un contact immédiat et produire une cicatrice uniforme.

> Qes: sÜrtos) de: plaies sont: souvent le résultat de morsures : faites par l’homme ou les animaux. 1e n’est pas‘ rare én effet devoir des rixes violentés entre des individus de l'espèce humaine , se términer par désmorsures aux oreilles, au menton ou aux lèvres; j'eniai vu plusieurs exemples, même chez desxilitäires : mais il est de Famour-propre detces individus de ne. point laisser connaître cette cause, etulssportent leur attention à en cacher toutesiles traces » car, de toutesiles armes, sans doute, dont l'homme. puisse se servir pour venger une insulte , celle-ci estila plus ignoble. Cette connaissance doït: avertir le-médecin-légiste afin qu’il ne sé laisse point séduite par défaux rapports ou par l'intérêt: di blessé. C'e $taïinsique j'ai pu éclairer laütoritésur dés-prétentions à des titres ou à des récompenses réclaméesparun militaire qui se disait avoir été blessé; pardesmainsétrañngèresarmées desonpropresabre, tandis-qu'il avait eu l'oreille coupée ‘par les dents d’ün: homme: ou:d’une femme. Les dentelures très-distinctes, que présentaient, chez M‘*, iles bords de la plaie: qui comprenait la-moitié dur pavillon. de l'oreille gauche, en se dirigeantitransversalément. d'avant en arrière; ne laissaient pas le moindre doute sur la nature :ou la forme de la: cause vulnérante. Mon rapport circonstancié détruisit, lillusion, et fit arrêter des recherches qui: auraient, peut-être compromis un et nombre de personnes innocentes.- 1041 Le MOT

Après avoir fait le rapport de l'état Se bios:

MALADIES (DE LA TÊTE. 893 Marie, je procédai au panséement de ses plaies: la plus grave était celle de l'oreille. J'en resséquai'les bords dentelés à Paide de mes ciseaux ‘évidés tie les réunis ensuite au moyen de cinq points de'suture entrecoupée : le reste du pansementfut fait ainsi que nous l'avons indiqué plus haut. Ce: premier appareil ne fut levé que le neuvième jour’, époque où la cicatrice de cette blessure, ainsi réunie , fut terminée : les anses de fil furent coupées , et l'oreille, mesurée et comparée à celle restée intacte, offrit environ trois lignes de raccourcissement , résultat de la résection des bords de la plaie. Du reste, les formes et la disposition de la conque de l'oreille ontété parfaitement conservées. . L'application du précepte que nous venons d’établir pour les solutions de continuité dentelées ou déchirées de oreille, convient également. pour celles d'armes à feu qui peuvent être produites à cette partie, c’est-à-dire qu’on doit, au moyen de la résection , faire, de ces plaies inégales, autant de plaies simples, et les réunir ensuite par les mêmes procédés.

Dans les plaies qui lèsent le conduit auditif, surtout lorsqu’elles sont accompagnées de perte de substance, il faut porter son attention à prévenir le recollement des parois et l'obturation de ce conduit. Un exemple de cet accident s’est offert chez un militaire , blessé au dernier siége de Paris, d'un coup de balle qui avait rasé ou échancré le conduit auditif de l'oreille droite. Ce militaire passa

Quelques :mois au: Val-de-Grâce, où sa plaie fut draitée, etoù il perdit, d'après ce qu'il nous ra: conta, plusieurs petites pièces des paroismême du conduit.et tous les osselets de l’ouie: Lorsque Qôus ‘avons eu l'occasion de le voir, une large cicatrice s'observait à la région auditive de l'oreille droite, *avec perte de la totalité des deuxéminences désignées sous les noms de tragus et anti-tragus. -Le conduit auditif était hermétiquement fermé par la-pellicule cutanée qui concourait à former la -Cicatrice qui était très-mince, élastique ; et d’üne sensibilité exquise. Les bords latéraux de la conque de l'oreille étaient rapprochés l'un de l’autre, étle reste du pavillon légèrement incliné en avant , tandis que lespèce d’operculé sans ouverture, dontr nous avons parlé , était déprimée vers le fond du conduit, où elle nous a paru se rapprocher beaucoup de la caisse du tambour.

Mais une chose surprenante, c’est que cé militaire, après qu'on eut eu la précaution de lui boucher hefmétiquément oreille gauche, entendait très - distinctement, et même à voix basse, dé l'oreille droite ou blessée, bien que son conduit auditif füt complétement foutre par la prolongation de la cicatrice dermoïde qui formait Popercule. Sans doute la nature l'avait modifiée et disposée dé manière à remplacer la membrane du tympan qui avait été détruite par les effets de la plaie d'arme à feu. Au reste je laisse aux physiologistes la faculté d'expliquer ce mécanisme singulier; mais

MALADIES -DE -LA TÊTE, 375 cephénômène a surtout fixé l'attention des ‘membres: de la, société. philomatique anus: ce soldat .a-été présenté dans l'une des. séances qui ont eu lieu pendant. l'hiver. de l'année :1815 à 104 Gn | alors ne.

«El arrive souvent qu'on .introduit avec PA et sans. précaution dans le canal auditif des bourdonnets de coton, en: sorte que cette substance.s’enfoncerprofondément danscette cavité, s’y pelotonne et s'yresserre de manière à disparaître entièrement: nous en avons trouvé plusieurs fois tout au fond de l'oreille. Il résulte de là une cause nouvelle de surdité de laquelle l'individu ne se doute point, ét ik garde ensuite ce corps étranger d'autant plus long-temps qu'il est peu accessible à la vue, et qu'il se recouvre'de cérumen. Néanmoins on partibutà à le découvrir, en écartant'avec une pince les parois du conduit; on le saisit alors, et l'extraction en est aussi -prompte que facile, Fe2i08

‘Unjeune sous-officier de Ja: garde s’est présenté à notre hôpital, tourmenté par des douleurs d’o: reille qu'iléprouvait depuis plusieurs annéés;elles étaient entretenues par la présence, nous disait:i],, d'une dent de lait qu'il s'était introduite ohine dans le conduit de l'oreille droite, en jouant avec ses petits camarades. Cette dent était profondément engagée dans le, conduit, où ‘elle touchait le tympan, de sorte qu’on. Doi qui à peine, par l'exploration la plus exacte, en apercevoir un petit dl de fis fabriquer.une petite: pince qui

pût $’accommoder aux contours du conduit, etje parvins, non sans difficulté, à extraire le Corps étranger. Le jeune sous-officier fut aussitôt rétabli, et sortit de l'hôpital peu de jours aprés. 9" Jo Il existe encore chez quelques personnes affec: tées de surdité, une causé qui paraît avoir échappé à tous ceux qui se sont livrés à l'étude spéciale de cette maladie. Cette cause consiste dans une cônformation vicieuse qui survient à un âge plus ou moins avancé, ou par accident, et qui agitsurlés parois du conduit'auditif.! ©1001) eus y ebon Chez les personnes, par exemple, qui perdent de bonne heure les dents molaires de l’une et lautre mâchoire, il s'opère graduellement'un dépla: cement, en arrière et en haut, des condyles de los maxillaire inférieur , lesquels s'enfoncent dansiles fossettes glénoïdes des os temporaux;,/pourse loger dans le fond de ces cavités articulaires, au-delà de la scissure de Glaser, et au-devant du conduit auditif, dont les parois se sont dépriméesidans cette même direction; le canal s’oblitère, où éprouve une telle déviation, que les rayons MES ne peu: vent parvenir. jusqu'au tympan, d’où résulte là surdité. Quoique rassemblés par les replistortueux de la conque de l'oreille; ces rayons seconcentreut seulement dans la fossette déclive et pro: fonde qu'on remarque au-devant de lorifice de’ce conduit et à la base du lobule. Dans ce cas ; la’ perceptiondu son par l'oreille interne n’a pas ds Je dérangement de ce canal produit par.la pression

que lescondyles de la mâchoire exercent sur ses parois, à raison du changement de rapport. qu a déterminé,la-perte. de la. totalité ou de la majeure partie des dents molaires, est donc la cause im médiate de cette déformation. |

Les glandes, Lephaique voisines de ces con-

duits, lorsqw elles s’engorgent, peuvent aussi opérer la même déviation et la surdité; nous l'avons remarqué ! chez plusieurs PEriPRUES atteintes de scrophules. :

Les cicatrices Anis qui résultent des plaies de:ces.conduits peuvent avoir les mêmes résultats : aussi. il importe beaucoup, pour conserver l'intégrité des facultés auditives, de. veiller, à l'époque de la cicatrisation de ces plaies, à la conservation du calibre et de la direction naturelle ou normale du-conduit auditif.

:-Pourreconnaître. la difformité dont nous parlois il suffit de comparer le rapport des sinuosités de la conque, à leur réunion au fond de leur cône, avec l'orifice du conduit auditif, et de bien explorer, ce conduit, afin de s'assurer en même temps qu n’y-existe aucun corps étranger qui, puisse 0 rip au. libre passage des rayons sonores.

“Dans le cas d’une déviation contre nature, opéréepar: l'une des causes énoncées plus haut, il sera facile de voir que le défaut de rapport de l’orifice du conduit auditif avec l'extrémité inférieure de la conque, auriculaire inter cepie l'entrée, dans l'oreille interne’, des sons que cette conque a rassem-

378 MALADIES Dr LA ‘TÊTE, blés du bord de cet orifice, où ilsi sé pérdenten Htalitée ou en partie, selon de desré:dé déviation du conduit ! la surdité à lieu das lesiméres: pro: portions. * ai 5h e3b. + 913 180 On vérifie cette lésion < organiqué at moyen d'un petit cornet qw on ‘fait à à l’instarit mémé avec üne cafte à jouer. À l'aide dé cétinstramentylaperéep: tion des sons $e fait Comme ‘dans Pétat” faturél';, ét cette expérience trace au médecin: l'indication qu il a à remplir. Cette indication consiste donc’à faire disparaitre, au moyen d’un cornet acoustique, lés obstacles que les rayons sonores rencontrent dans leur marche, des sinuosités ’dw pâvillon: de l'oreille dans le dite auditifs mais! le: plus diffitite da he l'application de ce moyen ést de pouvoir l'adapter : à l'oreille, sans aucun’ lien extérieur ,: et sans que l'individu soit obligé de tenir le: nr la main, cé qui présente de gränds‘inconvéniéns, dont le te pénible sans” SR est ps tévéler au public SOb IATINITE} PLU ol 5 ,661p009 6£.6b Il'a donc fallu imagirier un: éotihet tou ‘eût la propriété de rassembler et'de transettre directe: ment dañs le conduit auditif les: raÿons sonores qui frappent le pavillon de l'oreille! et trouver les moyens de fixer ce cornêt. en place}sans: assujettir la personne à aucune géné, ni aux effets d'aucun ressort pRtque. | 1164507 0) D io ob shine Lés essais que j'avais d’abord faits: avéc' dés cor: nets métalliques n’eurent point le résultat querj'en attéridais. Le Contact de ces corps Surla‘membräne

MALADIES (DE TA TÂTE. 379 interne du conduit auditif déterminait Fee tion’ éxtrémement incommode À l'in dividu, là quelle augmentait à l'élévation de la ré ture , où auprès d'un foyer de chaleur artificiellé, parce: que ‘cét'instrament , excellent conduë teur du calorique, s *échatffait dans les mêmes proportions. Alôrs jimagsinai de faire faire des cor:

néts en somme dattes disposés ‘de manière à

ce’qué leur rebord se trouvât en rapport avec les replis del’anthélix , du tragus ét de l’antitragus de l'oreille, et qu'il te rétenu sans aucun lien extéi rieur, niressort, dans cette position, par la dilà2 tation que la gomme éprouve sous Yinfluente’ dé la chaleur dans l'intérieur du conduit auditifs J'ai eu besoin aussi de faire donner À ces cornets une forme conique inclinée, et: de faire enduüiré Téur surface intérieure d'un vernis inaltérable, de couleur de: ‘chair. Le sieur Lassérré * “est parvenu à exécuter (sur le modèle que je luï en avais donné) cette espèce dé cornet, que jai émiployé pour la prémière fois sur la personne de M: de P'* avéc uh succés Complet. Ce sujet, âgé d'environ 65 ans ; était dans un état de surdité trébrté dépuis 1 une quinzaine d'années: Il est bien évident qué, ‘chez lui, la surdité étaitle résultat de Ja chute de la majeure partie dés dents molairés de l'üne et l’autre mn 58 Se ee chat humidé ét RrePsbeuE

Le Be UE Va, MER TORUONTE TO

s SP fabricant d'instrumens de gomme lstique, ans Notré-Damé , n° LCI SOMBRE SEMTER

de la Belgique avait fait nécroser ; les incisives et canines qui ont échappé à la carie se sont uséés par l'effet d'un frottement plus immédiat et par le chevauchement des mâchoires; lamâchoire inférieure a été graduellement entraînée en haut et en arrière, et ses condyles ont déprimé par degré, et dans la même direction, les parois inférieure et antérieure du conduit auditif des deux oreilles, dont l’orifice ne s’est plus trouvé en rapport avec l'extrémité de la conque auriculaire : c’est au contraire dans la fossette naviculaire placée au-devant de ce,conduit que. les rayons sonores allaient se perdre, et. leur. Ne sur le tympan était nulle.

. Telleétait la cause e de la surdité de M. de P**. De petits cornets en gomme élastique, enduits d’un vernis colorié ,'et représentés à la planche relative, remédient parfaitement à cette difformité; ils ont rétabli chez le malade les fonctions rs mit de manière à ce qu'il peut entendre très-distinctement tout ce qu'on dit autour de lui dans le ton d’une conversation ordinaire, tandis que, sans eux, il ne peut apprécier une seule parole, à moins qu'on ne crie fortement au tuyau.de son oreille.

Cette cause de surdité est sans doute beaucoup plus commune qu’on nepense, et j'ai lieu de croire qu'on en trouvera un grand nombre d'exemples chez les invalides blessés à la mâchoire. Le fait suivant confirme en quelque sorte cette idée, et comme le sujet a été pansé par moi sur le champ

MALADIES DE LA TÊTE 381 de bataille, et:que j'ai pu suivre plus tard le traites ment très-long que sa blessure a nécessité} j'ai vée rifié toutes mes assertions sur la manière d'agir de” cette cause. ) HO 118 6681083q

M.Schmidt, PER NEO au bref régiment:

des grenadiers à cheval de la garde , âgé de 48 ans: fut frappé à la joue gauche, le 18 juin 181 53d'um coup de’ mitraille, de manière:que le :biscaïen; après avoir désorganisé la commissure gauche des lèvres, déchiré la portion correspondante. de la langue et:une partie des parois molles de la bouse che; emporta, avec toutes les dents molaires, le! bord alvéolaire de l'os maxillairesupérieuret celui de la mâchoire , fracassa l'apophyse coronoïde de» cedernier os, ét sortit à travérs la glande parotide et? la portion des tégumens qui la récouvrent: Comme | cette plaie était très-grave let compliquée; je fus: obligé de panser le blessé presque:dans la mélée de: la: funeste bataille de Mont-Saint-Jean,oùpeu. d'instans après je fus grièvement blessé moï-mêrne: et fait prisonnier. Les plaies de la joue et de ‘la! langue furent simplifiées par lés'incisions et éxcisions convenables , et les bords ‘de celle’ des:

parois de la bouché:furent réunis au moyen-dela suture; mais la plaie de la région parotidienne, ayant donné issue; de distainfdl ‘en distañce, à de: nombreuses esquilles , resta long-temps fistuleuse: et fut très-difficile à se cicatriser. Dans ce. travail: de rapprochement et de cicatrisation: des-parties dures et molles, le: condyle: de la mâchoire: dece

Aj

é a, | À S$ac MALADIES DE LA; TÊTE“ L,

même côté, s’est.élevé et. enfoncé une si ‘grande profondeur en arrière, qué.les: parois inférieure et. antérieure. du conduit auditif -externerontiété dé:: primées au point que l’orifice de ce conduitrestto-, talemént fermé; et.que cet officier est icomplétement ‘souhd de, «éet. oréille : mais: on'rétablit: x; l'instant :les forictions de louïe: au moyen dun cornet: qu'on sintroduit dans le! conduit : auditif: (-expérience facile: à-faire avec unecärte à jouer}: oILorsquüerles: cornets sont en placé; én les distin4: gue difficilemént du reste de la conque:de l'oreille: Pour: que lerebord dé leur pavillon. s'adapte bien exactement avec:les replis de Foreille que: Y'aindi- [ ués, on doit faire: faire. un-moule, de d’oreille:du, sourd. «sur Jequèl :e-cornet doit: ‘être. fsbiréquié parce que:les oreilles de: chaque individu ont:une! forme particulière: On:les ôte lé soir, et on les replace le lendemain, avec la précaution toutéfois. ‘de: ne:pas confondre; .si le:sujet à besoinde deux.éor-! nets, celui:d’uné: oreille avec celui de l'autre: Une, fois placés, ils restent immobiles par. les:raisôns que:nous: avons exposées. Au reste; .ces-cornets! aodlustiques nouveaux pourraient! étre, employés. avecile même avantage pour toutes les surditésique: l’on:eroit être Je résultat'de! l’asthénie-de: Ja mem brane du tympan. ILfautséulement: fäire:attention: à me-pas-laisser trop de:longueut autuyau:de l’en+: tômnoir,.comme dans ce premier de qu'ilne:

touche.pas laimembrane. 44 4; 445,180 eh :Ontrouvera des cures äussi Ses de cer-

MAËADIES DE EAGFÂTE 383 taines ‘surdités, iconisidéréés ; cômmer ineurables , dansmomlarticle sur le:moxa: Gesjoures ont été

obténues-spécialement au moïÿen:dés moxas.égyp-

tien etehinois;-préparés et appliquésayec des:modifications relatives à lænature delaffection malas

dive, au sexe et à âge dés:sujets. ; 29) 99430 Nat

-»Nous: pourrions égalementidonn ercquelques:no+ tions, qui ne seraient pas inutiles; sur: la «perforaë

tion : accidentelle ‘du : tÿmpan et:1ses; résultats,

comme sur: celle que peut pratiquer l'art. dans quelques circonstances; maisces1$ortes.de lésions sont décrites très au/long dans:tauê dés ‘ouvrages elassiques ou dans lès monographies des maladies de l'oreille. Cependant nous dirons €enpassant que loruptuve da ‘tympan, quoique: complète:et:produite parune:collision trés-forte de l'air sowparle , choc:diün,:corps mécanique, n'ést pas constami nentistivied'ute surdité incurable. :Noué avons vaplusiéürs individus chez lesquels èette perforation Avaït ewilieucréellement, et ‘qui cependant; apres dvoiriété privés pendant un-espace de temps plus.ow moins considérable des: facultés auditives; ks'ontirécéVrées en entier et avec larmême pers fection qu'avant: Paccident.1Hoest prôbable-que dans cette circonstarice la nâtuie-cicatrise à Ja lon guévPonverture sihple, ou:avec:déperdition de substance ‘faite au! tympan pare! développement concentrique’des petits vaisseaux qui forment les feuillets organiques de cette membrane; et que ces vaisseaux, en s'añastomosantensuite centre eux, Éd

composent une cicatrice uniforme et exacte qui fénd àce tympan)ses propriétés normales. Geswré: sultats:sont: d'autant plus vraisemblables que lés solutions de:continuité qui ont altéré les tissus sé< réux et muqueuxdisparaissent promptement,sous l'influence des cicatrices tellement parfaites qui s’y fornient, qu'onne retrouve plus ensuite, les traces de:ces solutions. Cette organisation nouvelle est encoré d'autant plus facile à concévoir:que;la na: ture a su même transporter les :propriétés-de: la iembrane-entièrement détruite du. tympan; dans l& portion du derme; qui jee ane de bye du conduit auditif;ichez le sujet de l'une des observa: tions : précitées. : ë£ di) ‘ -0Nous pourrions. ie, à a exemples qui étayent la vérité de ces asseitions;:nous, nouë bornerons-au fait suivant. L'un des. capitaines.de la: 188 demibrigäde, nommé Mazelle,icitérdansmos campagnes, étant monté le preiier, à lxtête d'une compagnie: de grenadiers, dans: ha! tour ide, Saint- Jean-d’Acre, en Syrie, où l’on avait fait ube-brèche pour pénis dans cette. place; o'€R: fut anssitôt renversé par! l'effet de l'explosion. des, feux. ‘gré geois’et autres machines incendiaires, ét précipité dans le fossé de cette:tour. En outre-des:accidens, graves qui accompagnèrent cette chute-épotivan: table, faite. dé plus de trente pieds, ce. capitaine eut les deux tympans rompuset; fut à l'instant to= talement privé de l'audition. I: est resté. dans cefi état environ dix ou douze ans, et néanmoins après

2 Er 4e . 5 oil Lot À « 39

ce laps de temps, les fonctions de l’ouie se rétablirent graduellement, et il finit enfin par recouvrer cette faculté de manière à reprendre e:son service et à remplir, avec la même précision qu'avant l'accident, tous les exercices FeRGEs son grade d’officier. Mon ie

Dans le plus grand D OtAb TE de cas aussi, Le perforation du tympan faite avec RER ae chirursical, au lieu de rétablir les fonctions auditives, selon l'intention .de. l'opérateur, les anéantit ten totalité; dans quelques circonstances, etipar les mêmes. raisons. que nous avons données plus haut, ces fonctions peuvent se reproduire à à la lon: gue. Du reste, nous pensons qu'il serait difficile de démontrer au juste , et dans aucun cas, l'efficacité d’une telle opération. dettes

Nous ferons maintenant , avant de terminer cet article,uneseule remarque sur la perforation qu’on pratique journellement au lobule de l’oréille pour y suspendre des bijoux. Il importe d’abord de faire cette perforation avec une, petite aiguille d Or tranchante sur les côtés de sa pointe, commecelles dont nous nous servons pour la suture; mais-on doit se donner‘ de garde, Jorsque la pointe, de l'aiguille est encore retenue! dans: l'ouverture, d'y introduire le fil de plomb qui doit. la disposer à recevoir les bijoux qu'on veut y suspendre, parce qu'il en résulte à l'instant même ‘une sensation galvanique qui attaque singulièrement le,système nerveux des enfans ou: des personnes

re à 25

défvates et peut les jeter dans des convulsions ; comme nous en avons Vu deux exemples: Ïl vaut mieux d ailleurs remplacer cette aiguille par uñ fiF métallique d'une forme très-unie ét de la mé natute delaiguille. A Paide de cette Prat on PRÉ € ces sortes d’accidens. °° 1 90918

RUES VE PRPPAUES MALADIES DES YEUX: D 18 ve ht SC: Fe 1803 Dita é cet bel nous palerbns di ira del parties accessoires et essentielles de l'organe visuel ; ayant offert des ‘phénemènes singuliers; tels que nous avons eu l'occasion dé les obéèrvers nous nous réservons aussi de reproduire; eñ déesse vant les parties de cet. organe auxquelles élles se rattachent, les réflexions que ‘nous avotis faites sur : datattoié PRÉRRTRESE de quélquestufies Pr elles. ILE he) SL :: En traitant des solutions de contintité qui dti vent aux parties accessoirés de l'œil, nous dirons tui seul mot sur celles qui sdétrhtschit l'intéorité des soureils. Que ces solutions soient trad par des instrümens piquans où. tranchans, ‘ elles péuvént étre accompagnées de Ja lésion dés Branches du mierfsus-orbitaire , fournies par l'ophthalmique de Willis ;:ee qui peut produire des äccidéns ñerveux assdz graves, éteindre, pour un temps plus où moins long, les fohctieils visuelles , où k$ altérer dans des proportions relatives à la gravité dé là nan va Il faut, dans ce cas , achever complétés

MALADIES DE LA TÊTE, 387 Hi, nent lusection des nerfs lésés, etsimplifiér; autant querpossible ; la solution de continuité. Les accidenis nerveux cessent à l'instant, et la vue; qui peut avoir été suspendue ou affaiblie ; se rétablit aveë larmême, vitesse. On a trouvé quelqiies: exemples de l'efficacité de ce mode de pansement à Au. Térinos,. : ( ap

Si au contraire l’une des branches Me artères M ee avait été coupée, il faudrait se hâter d'encfaire simplement la ligature , après avoir eu le soin de Pisoler des filets nerveux, parce que la compression est souvent insuffisante pour: préves nirtces : hémorragies. Mais, dans ducun Cas:;0 il ne faut raser les sourcils, attendu que: ces. pro: ductions pileuses restent , sous le rapport de lac: croissement, dans uh état stationnaire jusqu'à là vieillesse’; et que par conséquent des mois et: des années seraient nécessaires pour que la nature pût les reproduire complétement. Si la division des sourcils est profondeet étendue ; il estutile et indispensable d'y pratiquer quelques points de sutureypour conserver l’exacte conformation de ces parties ; et les NET paginé des Li ae 7 forment.

Les paupières peuvent être FRA ou déchirées, séparément ou ensemble, dans touté leur épaisseur et dans des directions différentes ; soit par dés armes blanches, soit par des projectilés plus où moïns petits, Soit par d’autres corps vulaérans , en sorte que les solutions de continuité

388 ‘* nrAtADIES DE LA TÈrE. |

qui résultent de l’action de ces causes diversés.ont un aspect relatif. Dans tous les cas, la réunion immédiate est. indiquée, et si les sl de con: tinuité sont régulières et uniformes, on peut l'opérer sans nulle préparation. Dans le cas , au con: traire, où leurs bords seraient attrits, inégaux ou dentelés, il faudrait préalablement les rafraichir avec les ciseaux évidés, rendre par conséquent ces plaies simples, et y pratiquer une suture:entrecoupée; propre à mettre ces bords dans un contact exact, et à rétablir les paupières dans leur conformationprimitive ou normales Quelque déperdition de substance qu'il y’ ait éudans leurépaisseur, quand surtout les plaies sont récentes, il ne faut pas hésiter d'en opérer la réunion, parcetque les inconvéniens qui peuvent résulter du rétrécissement: de ces rideaux mobiles ne sont:point. à PETER avec Ceux que Se: leur éraille-" ment: one sir + On ne doit pas craindre de traverser ‘avec: Alan œuille les cartilages tarses, qui ne sont point, ainsi que tous les autres tissus du même genre, susCeptibles de s ’enflammer ; mais il faut porter sonattention, lorsqu’ on fait cette suture, à embrasser une plus grande quantité de parties à l'extérieur que du côté du globe deTœil, afin que la paupière ne puisse se rétroverser, et il faut surtout mettre dans un rapport parfait Fa cils et le bord libre.de ces’ voiles membraneux. On doit aussi prendre garde, lorsque la solution de continuité.est voisine

MALADIES DE LA TÊTE. 389 - pu des points lacrymaux, de comprendre danéila suture les conduits qui y prennent naissance. Ce mode de pansement doit être secondé par limmobilité des parties, un bandage approprié, et par le repos. On aura soin d’humecter la face interne des paupières lésées , avec un peu d'huile d'amandes douces ; dans l'intention de prévenir les adhérences avec le point correspondant de la conjonctive‘oculire. Nous avons plusieurs exemples’ de plaies diverses à ces parties, qui ont été traitées avec un succès inespéré par le procédé opératoire que nous venons de décrire.

Quelques maladies de la conjonctive, que j'aieu très-souvent l’occasion d'observer , ont spécialement attiré mon attention sur la structure anatomique de cette membrane; je crois, en conséquence, devoir d’abord exposer mon opinion sur ce dernier objet.

"La membrane conjonctive se compose d'un tissu cellulaire extrêmement rare et très-extensible; elle est tramée par un lacis de vaisseaux veineux et'artériels tellement multipliés et serrés que les injections fines ne laissent entre eux presque Pont d'intervalle. Maïs ces vaisseaux présentent , d'apres les observations de Proschaska et nos propres recherches, une différence essentielle entré ceux qui forment la portion de cette membrane qui”tapisse la face interne des paupières jusqu'à k. leur point de contact avec le globe de l'œil, et ceux

qui composent la portion qui recouvre la surface

convexe ét antérieure de ce globe. Dans cette première partie, que j'appelle cononctive palpébrale, dont la texture me semble être analogue à celle des membranes muqueuses et en avoir toutes les propriétés, les vaisseaux sont disposés de manière à marcher presque tous parallèlement à la diréction de la paupière, en formant dés courbes concentriques plus ou moins rapprochées et entrelacéès par des filets nerveux extrêmement déliés. L” appareil veineux nous parait être moins profond que Fartériel, et former un tissu, pour ainsi dire villeux, à la surface qui se trouve en contact avec le globe de l'œil. Cest sans doute ce tissu. villeux qui transmet par exhalation , à l'intérieur des paupières; une humeur muqueuse à laquelle se mélent les larmes qui sont versées dans la surface intérieure de cette conjonctive palpébrale, et vers le petit angle de l'œil, par les canaux excréteurs de la glande laerymale. Les caractères de cette portion de la membrane conjonctive sont en outre, je le pense, parfaitement confirmés par les affections pathologiques qui y surviennent de préférence; car elle.est le siége presque exclusif de toutes les ophthalmies catarrhales, symptomatiques ou idiopathiques, et es altérations en effet peuvent être portées à un très-haut degré, sans que la conjonctive oculaire % participe , du moins dans beaucoup de cas., Par l'effet de l'inflammation qui s'en empare, son tissu est encore susceptible d’une grande expansion, et de produire un bourrelet tellement

saillantà l'extérieur, qu’il renverse les paupières et forme une exubérance énorme au-devant.du globe de l'œil, qu’il recouvre en entier. C’est alors que l'on aperçoit les vaisseaux dont nous avons parlé, et dans un tel état d'injection qu'il serait impossible de planter la pointe d'une épingle dans : son tissu sans en DOTE quelques-uns. | ‘Le après cette connaissance anatomique ; et lorsque préalablement on a combattu les causes qui ont pu produire le renversement ou le boursoufflement de la conjonctive palpébrale; quand enfin l'affection est devenue purement locale, les moyens d’y remédier consistent d’abord à pratiquer, s'ilest nécessaire, quelques mouchetures parallèles sur ces excroissances et dans la direction du bord des paupières; de pétrir ensuite, doucement etuniformément, dans ses doigts trempés dans l'huile d’amandes douces, ce corps vasculaire, ce qui 8e fait presque sans causer de douleur. La réduction, que l’on cherche ainsi à en obtenir, s'opère assez facilement, .et il ne reste plus qu’à mettre les paupières dans leur rapport primitif et à les maintenir dans cet état au moyen d'un bandeau méthodiquenent fait et suffisamment serré. Ce Procédé m'a constamment réussi dansbeaucoup decasouj'aiétéobligé de le mettre en usage, et je n'ai jamais eu besoin d'en venir à l'excision, tant préconisée par les oculistes français et anglais.

On pourrait néanmoins excepter de cette règle générale le boursoufflement de la conjonctive qui

surviendrait à la suite de la réunion opérée sur la paupière dans le cas d’une plaie, avec ou sans déperdition de substance. C’est la seule circonstance, selon moi,ou l’excision du bourrelet membraneux est Mae et deviendrait indispensable à à cause du rétrécissement qui s’est Re dans la paupière par la réunion immédiate qu’on a faite des deux lambeaux qui étaient résultés de la division. Mais, dans cette circonstance même, au lieu de pratiquer cette excision en travers, ainsi que le conseillent Ja plupart des oculistes , je propose de la faire parallèlement à la direction de la paupiere, et dans une étendue plus ou moins considérable, selon la masse renversée de cette membrane. Les ciseaux évidés et courbes sur leur plat sont les meilleurs instrumens dont on puisse se servir pour cette opération. Quelques lotions fréquentes d'une légère dissolution & émétique combinée avec parties égales d’eau distillée d’opium suffisent ensuite pour obtenir les cicatrices de ces incisions, et faire rétracter entièrément les vaisseaux engorgés du reste de la membrane, en sorte que le malade est ge tement conduit à la guérison. ; Les vaisseaux de la conjonctive oculaire sont beaucoup plus déliés et fournissent un tissu plus mince et plus serré , lequel s'approche du caractère séreux; ces vaisseaux sont disposés par réseaux tournoyans et concentriques , de la circonférence au céritre, vers la pupille. Leur disposition est analogue d ailleurs, par rapport à leur espèce, à celle

des vaisseaux de la conjonctive gi he Ils prennent naissance de ceux qui rampent à la surface de la sclérotique, pour s'étendre graduéllement en avant autour de la cornée diaphane; où ils disparaissent pe mis entier; C’est-à-dire que la partie colorante s'arrête érdinéliehéente dans les derniers ramuscules qui se mettent en rapport avec cette cornée où pénètrent dans son épaisseur. Ce sont ces vaisseaux qui forment, dans quelques cas. d’ophthalmie xebelle, ce sh lon nomme chémosis.

Lorsque ce boursoufflement, qui finit quelquefois par recouvrir entièrement la cornée diaphane, a résisté aux divers moyens indiqués, tels que les déplétifs et les répercussifs légers, on est obligé de lexciser circulairement, par petites parcelles, au moyen de ciseaux évidés et courbes sur leur plat, aidés d’une pince à disséquer. Quelques phénomènes singuliers accompagnent ces exCIsiOns: la portion du globe de l'œil ainsi dénudée de la conjonctive oculaire conserve une sensibilité exquise , et reste trés-long-temps à s'organiser ou à former la cuticule de cicatrisation qui s’obsérvesur toutes les autres parties de la surface du corps; on estobligé, dans ce cas, de protéger le frottement des paupières, qui est tres-douloureux et très‘incommode, par des lotions fréquentes faites avec l'huile fraîche d'amandes douces mêlée à une petite quantité d’eau distillée d'opium. Nous avons eu l'occasion de faire cette opération plusieurs fois, et nous avons con-

stamment remarqué à sa suite les mêmes effets. C'est aussi dans ces excisions quenousavonspuobserver que les vaisseaux sanguins dela conjonctive, non-seulement se portaient jusqu’au centre de:la cornée diaphane, mais encore la nn dans toute son étendue. sa né L La portion de la conjonctive :qui entoure les caroncules lacrymales est également, à.la suite-des inflammations qui l’affectent, susceptible de s’6paissir et de prendre même le caractère d’un tissu membraneux et presque corné. Assez: semblabie à la paupière clignotante des oiseaux aquatiques, cette eapéce d’onglet se développe assez rapidement, jusqu'à ce qu’il ait acquis la grosseur d'une lentille; mais ensuite il reste stationnaire, ou son accroissement est peu sensible, Dans cet état, il gêne la vision et les mouvemens de l'œil, s'oppose à l’entière clôture des paupières, etentretient l'organe de la vue dans une irritation continuelle ; quelquefois même le bourrelet membraneux s'étend, en forme de croissant et en s'amin: cissant dans son épaisseur, sur la cornée diaphane, et il couvrelarégion pupillaire de facon à intercepter le passage des rayons lumineux. Il parait que ces productions, qui s’observent du reste rarement dans nos climats, sont très-communes en Égypte, où je les ai reconnues chez un grand nombre d'hommes et de chevaux. Il serait difficile d’en expliquer la cause, mais elles se formaient surtout après des ophthalmies vives et opiniâtres.

MALADIES DE LA. TÊTE: 39° :Jai.vu;sur les chevaux arabes, «in assez grand ais de ces rideaux cornés occuper enpeu de temps.la moitié de la surface de l'œil ; deux des miens présentaient cette particularité. Sur mon invitation , M. Loir, artiste-vétérinaire de l'armée, fit lextirpation de ces onglets. J'avais moi-même pratiqué déjà cette, petite opération sur plusieurs de nos soldats. La seule circonstance où elle m’offrit. quelque difficulté fut pour une excroissance de la même nature, que M. Durant, receveur du myry, à Alexandrie, portait à l'œil droit depuis une ophthalmie très-grave qu'il avait essuyée quelques mois auparavant. Get ‘onglet, du volume d’une double lentille, occupait tout le grand angle de l'œil, couvrait une partie de la cornée transparente, et avait contracté, par sa partie postérieure, un point d'adhérence avec le bord de la cornée opaque, en sorte qu’il fallut d'abord détruire cette adhérence, ce que je fis au moyeñ d’un petit bistouri que je passai sous cette espèce de paupiéere clignotante, en le conduisant à l’aide d’une trèspetite sonde cannelée ; ensuite je l’extirpai à sa racine, derrière la A oH lacrymale. Des lotions d’eau végéto-minérale, à laquelle j'ajoutai quelques grains d'alumine, suffirent pour cicatriser la petite plaie de la conjonctive. J'ai fait également, depuis notre retour en France, cette opération à plusieurs personnes qui avaient apporté cette infirmité d° Égypte; elles ont toutes été promptement guéries. Avant de passer aux solutions de continuité qui

306 MALADIES DE TA TÈTE "+3 intéressent directement le globe de l'œil, noüs’indiquerons quelques lésions de la glande lacrymale, lesquelles doivent avoir lieu rarement, car dans le cours de notre longue Se ji nous n’avons été à même de lobserver qu’une seule fois, chez un: fusilier de l’ex-jeune garde. j'att

Ge sujet, dans l’un des combats que nous essuyÿâmes dans la Vieille-Castille, en Espaghe, recut une balle étant à la fin de sa course, à l'angle rentant du bord externe de l'orbite gauche. Une moitié de. ce projectile de plomb pénétra dans cet orbite à travers l'épaisseur de la glande lacrymale, et s'arrêta sur la surface orbitaire de los de la pommette: l'autre moitié fila dans la tempe, sous l'aponévrose crotaphite, d’où elle fut extraite facilement. Mais pour avoir la première portion, il fallut débrider la base de la paupière inférieure audessous de la commissure, et emporter les débris de la glande elle-même avec la portion de balle dont nous avons parlé, laquelle était légèrement incrustée sur l'os. Ces plaies arrivèrent promptement à la guérison sans nul accident, et, à notre grande surprise, l'œil de ce côté resta intact: il nous parut humecté d'une sérosité suffisante pour le mouvement du globe de l'œil, et par M à exempt d'ophthalmie. |

D'après cet exemple, ne pourrait - on pas, et lorsque surtout a fistule lacrymale offre pet de chances de se guérir , extirper la glande du même nom, comme l'ont proposé quelques auteurs (opé-

ration, qui se ferait avec la plus grande facilité), prévenir ainsi le larmoiement et dut disparaître la fistuled 44 ose Fi Die il

À l’occasion de cette dernière maladie nous dirons que les opérations que l’on pratique sont presque toujours insuffisantes pour sa guérison! et souvent dangereuses. Je me suis convaincu en effet que la tumeur ou la fistule lacrymale ne peut être que. le résultat d’une cause morbide. spontanée qui : altére la membrane muqueuse des voies lacrymales 3 @t qu'à moins d’avoir préalablement combattu. celte cause, toute opération reste ordinairement sans succès , tandis que dans les circonstances où on a pris la précaution de traiter d'abord ce principe morbifique, l'opération devient efficace, non d’ aprés sa propre utilité, mais bien par la destruction du virus. Les effets Bob il est la cause cessent alors, la fistule disparaît en général d elle-même, ou il ue peu de moyens locaux pour achever la guérison. Au reste, les anciens, et quelques auteurs du derhier siècle, entre. autres Louis et Foubert ? , avaient déjà annoncé qu'on ne pouvait guérir la fistule lacrymale par aucune opération, avant d’avoir détruit. par l'emploi des dépuratifs la cause morbide, He l'a

4 J Fe éxeegte les cas dans lesquels la maladie a été produite

par une, cause mécanique ; ; Ce qui est fort rare et très-facile à da connaître. | | A

2 Voyez les Mémoires de l’académie royale de chirurgie, 44

398 MALADIES DÉ LA TÊTE ) produite : c'était ‘surtout l'opinion dés médecins de Padoue en Jtalie’, ät quinzième siècle, °° #0 La première idichtef chirurgicale qui s'offré par conséquent , selon nous, dans le cas’ d'une tumeur licrymale, c’est de percer le sa} ny à collection puruleñte, par une incision La PEN pratiquée au-dessous du tendon des’ paupières, ét d'exercer un point de compression" ‘sur les parbis de ce sac'ouvert: On administre en même temps tm traitement dépuratif pour combattre Ia causb intérieure qui entretient là maladie} ét comte cette cause peut étrè rapportée assez souvent À IE pré: sence d’un virus variolique , syphilitique où séro: phuleux, le mereuré, administré en frictions vers le grand angle de œil, ét ses préparations prises ire téricurement “es Votre et tes atnèrs, selon fistules lacryriales qui en sonit la suite dHsdibelés né Sont point trop invétérées. On dbit fairé précédér cé traitement, sil ÿ a des symptômes set mation intense locale, de l'application de quelque sañgsues sur [a région canine, A Tappui de ces principes, je pourrais rapportér 16$ observations de‘cinq à six militaires, qui attéints de tümeurs où de fistules Jacrymales tres- caractérisées, sans être cependant chroniques, ont été guéris dans l’espace de trois, quatre, où cinq mois au plus, par Verploi ‘des divers moyéns précités. Voyez'd'aïl leurs à ce sujet une notice insérée dans là Revue médicale. | Fr dat og 0 4

MALADIES DE LA TÊTES 390} Mais quand Fobturation du canal nasal tient à Voies ii de ses parois ou à une indüration du périoste et de la membrane muqueuse qui les-ta: pissé , nous convenons que ces moyens sont instfre fisans, et dans ces cas, on ne peut rétablir le cours: dés-larmes que par l'introduction, dans les conduits obstrüés, d’une canule d’or ou d'argent capas, ble de surmonter ces obstacles, et qu’on y laisse à demeure; où par la perforation d’un conduit arti ficiel qu'on pratique, à l’aide d’un emporte-pièce ; sur: los unguis, pour établir: et conserver une communication directe avec les fosses. nasales.. L'introduction plus ou moins pénible etdifficile de ces Canüles ; et leur présence dans les voies lacrymales, sont souvent accompagnées d’accidens graves qui:né permettent point à la plupart des malades de:shppoïter ces opérations ; et d’ailléurs. à: peine ées conducteurs sont-ils extraits de leur domicile que: la fistule se reproduit avec tous ses fàthéuxeffets: Nous avons découvert un moyen fort simple qui dispense de l'usage de ces corps étrangerset.quirrend cette maladie très-supportable et invisible:au public. Il consiste à introduire dans le trou: fistuleux du sac licrymal, ou dans celui qu'on pratique À l’aide du bistouri, une portion de corde à boÿau: dé trois ou quatre lignes de longueur, doûtlextrémité extérieure est:collée à une mouche ‘dertäffetas d'Angleterre. Les larmes s’'échappent.à Jafaveur:dè.ce petit conducteur, et le malade n'a d’autressoinsà se donner que d’éponger ou d’absor-

oo MATADIES DE LA (TÊTE.

ber ‘aveé so inouchoir les fluides aqueux qui s'accumulent lentement sous cette mouche. Cette méthode m'a parfaitement réussi sur plusieurs sujets mais je me bornerai au récit très-abrégé de: l’observation suivante. ER TNRS Pi -Le sujet de cette observation est une marchande de bois au Gros-Caillou, madame Sellier, affligée depuis plusieurs années d’une fistule lacrymale à l'œil gauche, laquelle se compliquait fréquemment d'érysipèle et d’abcès à la région dusac lacrymal , sur le trajet de l'ouverture fistuleuse. Cette dame avait déjà subi deux opérations, lune ayant eu pour résultat le passage d’unemècheou séton dans le canal nasal, laquelle n'eut aucun succès, bien qu'on ait fait usage de ce moyen pendant sept à huit mois; la deuxième, consistant dans l'introduc: tion d'une canule d’or, fut suivie d’accidens nerveux si graves qu'il fallut extraire avant le neuvième jour. La malade avait été ensuite abandon: née aux seules ressources de la nature. Appelé à son secours lorsqu'un nouvel abcès phlegmoneux fut survenu au grand angle de l'œil; nous'entré- | primes son traitement. Après avoir pratiquélincision dont nous avons parlé, fait déterger'le foyer purulent et le:sac lacrymal au moyen d'injections alkalines; et fait préndre des dépuratifs intérieure- ‘ment, je plaçai dans la petite plaie la corde à boyau, en fixant son extrémité extérieure àfune mouche de taffetas gommé, ét je répétai moi-même; les huit premiers jours ; cette légère opération.

MALADIES DE LA TÈTE.. 407 La dame s'aécoutuma ensuite à ce. pansement journalier et. l'a continué depuis avec .un tel: avantage qu'elle:n’a d'autre incommodité que: cellerd'éponger avec son mouchoir; trois où quatre fois: le jour, le peu de larmes qui s'accumülent sous la mouche ,.qu'on aperçoit à peine. L’œil ‘de cette dame.ést net et limpide.comme celui ducôté lopposé: Cette malade a été vue dans cet état sdtise faisant par plusieurs des médecins étrangers ca suivent ordinairement ma clinique. :: If Les altératioris du globe de l'œil:comprennent deux classes de maladies La ne rase nv

due que + des corps. extérieurs les parties

de cet.organe. : ::: ,i, ou iv 10r0h : La seconde comprend lés dir. de ciniéhitié que penxent. produire, aux mêmes: parties, des corps mécaniques d’une forme ou d’unesubstance quelconque. Soit qu’elles portent. attemte à l’intégrité de l'une des cornées ou-de toutes: SORR T en même temps, soit qu'elles se compliquent:dé divisions ou de déchiremens .dans les’ membranes i in térieures, ces solutions de continuité ; -Pourront être suivies de l'issue; au-déhors, du cristallin et de, l'humeur vitréeicch Hésdoncre bre li 1 à. Ces derniers accidens pourront Lonitgiféés sur venir à l’occasion du premier genre d’altérations ;, dans les cas où les contusions auraient, été assez violentes, pour déterminer des ruptures et des déchirures aux diverses tuniques du globe. oculaire: I, | 26

4oa MABADIES DE BA: TÊTE,

Nous croyons ne devoir entrer; à l'égard de ces maladies, dans aucune description "théorie que; l'exposé des observations ; : que nous allons successivement rapporter, sera suffisant pour er faire connaître les symptômes et indiquer la marche que l’on doit suivre dans leur traitement: I :Observation. == M, Magny , chef de bri:

gade de la 2"° d'infanterie légère, reçut, à la“ba: taille d'Aboukir ( an vx), un coup de balle qui lui effleura le côté externe de Porbitedroite; ét produisit; sans entamer la peau, une si forte commôtion àl’œilde ce côté, que sa membranenerveuse ent per. dit le sentiment, et qu'il fut tout à coup privé dela lumière. Cet officier ressentit au même instant uné douleur vive et compressive au fond de Poxbité , suivie: de, pesanteurtà la tête, d’épanchement de sang, dans:les:cavités de l'œil , ét d’engorgerfientà la conjonctive. Il fut pansé les premiers’ quinze jours par le chirurgiensmajor de sa brigade: : 1j

- Au moment où je! le vis, P'éngorgemént \ ‘des irdlnhbrens extérieures de l'œil avait disparu; mais on apercevait'à travers la cornée transparenté, une: assez cie quantité de’ sang liquide, remplissänt les trois quarts de là chambre antérieure. Déjà le malade éprouvait des douleurs lanciniantés dans le centre de l'œil, et des maux de tête fréquens- L'œil lésé était: sb enEEt plus gros que l'œil sain ; il y avait insomnie, inquiétude, et tout me faibait APR le développement d'une affection carcinomateuse, Ma crainte était d'autant

MALADIES DE LA TÊTE. 463 mieux fondée , qu’à la suite d’un'pareïl accident arrivé chez un officier de la 75" demi-brigade, l'œil de cet officier fut attaqué de tous les symptômes dü cancer , qui ne furent dissipés que par la perte de éet organe, ét un traitement long et méthodis que Je pense en effet que le sang ; sorti deises propres vaisseaux, ne peut séjourner lonig-temps dans les parties suhstités des organes , sans ÿ dé: terminer üné' irritation plus ou moïns forte ac compagnée d’accidens fcheux ; ainsi que nous Pa vons fait remarquer dans d'attrés articles. ! no

Après avoir employé, chez M. Magny, les sai nées locales ; les topiques convenablés ét lés ras fraîchissans , je crus qu'il était urgent de donner issuë aù sang épanché dans les cavités de Poil. Je fis’uné séction oblique au-bas et en-dehors de la cornée #rañsparente, avec le bistouri dé’ Lafaye : ) cofinie dans : ‘Fopération de la cataracte.” Il sortit énviron un gros de sang liquide et noirâtre! Lis: süie de cé “corps étranger mit à découvert: l'iris qui ié parut donner quelques légers mouvemens, été malade vit aussitôt la léinteré, mais sans pôuvoir ‘distinguer les objets. Tous les tetes see siperent, l'œil se dégorgea, la cicatrice de la cor sé fit Sans nulle opacité ni difformité nsmilel. “Cet officier supérieur, à son retour en: France; où il a fait usage de collyres appropriés, comimén: çait à apercevoir les PUS pis il a ie an-bnr Pre a suite. LE

Produit pat une semblable cause, Pâccidelk

4o4 MALADIES DE LA-TÊÈTE.

d’un des aides-de-camp du gériéral Robin présenta les mêmes phénomènes, til eut dans, Japéee un. résultat parfaitement analogue." 5,6 16, 0h

: IE: Observation. — Sile xp dirigé sur le. globe. de Poil n’a pas été. très-considérable,, ou $ il a lieu d'une manière .oblique, la perte de la. vue peut mexister que pendant un.espace de temps. assez

court. Le nommé Ripert (Etienne), soldat au 6° régiment, d'infanterie de : la garde, entra à. lPhôpi- | tal du Gros-Caillou, le 20 août 1821, ayant.reçu dans l'orbite droit, trois jours avant, en. jouant avec-un de ses camarades, un coup de,baguette de bois vertde la grosseur d’un tuyau de plume. Cette tige, qui avait été dirigée obliquement sur le:globe de œil, avait déchiré la conjonctive oculaire, et s'était enfoncée jusqu'à, la partie interne. de, L'or: bite:: aussi y. eut-il à l'instant même perte, .de la-vue de .ce côté, résultat qui fut sans, doute, pro duit par la commotion du globe et lébranlement dela-rétine. Cette perte de la vueexistait enx core au moment de l'entrée du blessé à l'hôpital : l'iris ne se contractait point, ce qui me fit. .SOupconner.la lésion de la branche nasale de l ophthal, mique., rar Es ee

Je: ‘prescrivis aussitôt ds nn Pt 5

aux tempes et à, la nuque, plusieurs : sangsues à Ja base de l'orbite, et des bains de jambes sinapisés. Au bout d’une huitaine de jours de l'emploi de ces moyens, les douleurs furent entierement dissipées et la vue commença à revenir, mais bien

MALADIES DE LA TÊTE. ob faiblement. Pour achever de rétablir cette fonction d'une manière plus prompte et plus parfaite; je crus convenable de faire ‘appliquer deux moxas à la partie postérieure de la tête, sous les'protubérances occipitales, et plusieurs autres petits moxas, chinois à la base et près de l'angle interne de la paupière inférieure. Ces révulsifs eurent l'effet que j'en attendais : la vue acquit bientôt toute la force.et toute l'activité dont elle Jouissait avant accident. |

IIl°: Observation. — Dreux, os et à cheval de l’ex-garde, reçut dans'un combat singulier un coup de sabre qui lui perfora l’œil droit : il en résulta une plaie transversale à la cornée, de quelques lignes de diamètre, avec déperdition de:substance d'une petite portion de, cette membrane. Cette plaie, au rapport du malade, fut immédiatement suivie de l'évacuation d’une liqueur épaisse, limpide , et de l’affaissement du globe. Il fut privé de la lumière ; il ressentit des douleurs violentes, et il y eut d’abord quelques vomissemens. Ce blessé avait perdu tout espoir de recouvrer l’usage de cet œil; mais, à ma grande surprise, le globe a repris graduellement sa pepe forme et sa grandeur naturelle, en sorte qu’ on ne peut révoquer en doute que LUE vitrée, dont il s'était réellement écoulé une certaine quantité, ne se soit régénérée. Les bords de la plaie se sont rapprochés, et ont formé une adhésion si légère, que la cicatrice en est restée enfoncée sans être opaque,

L'iris, qui avait été blessé, a repris ses mouvemensi, mais la pupille reste échancrée vis-ävis de la cicatrice. Ce militaire, avant sa sortie de’ lhôpital, voyait la lumière, et quelques mois après, il distinguait les couleurs et les principaux objets. -IV° Observation. — À l’occasion des plaies de la cornée avec issue de la membrane aqueuse ou de Piris', j'indiquerai un procédé dont les auteurs n’ont pas parlé, et que m'a suggéré uñ'accident | malheureux arrivé à Clémence-Isaure; ma fille. Lorsquesla hernie de ces membranes est le résul- ‘tat d’une plaie faite à la cornée par cause vulnérante , il faut la fairerentrer tout de suite avec beaucoup de douceur, au moyen dan stylet d'er boutonné: tout autre métal, appliqué sur ces parties délicates et très-sensibles, pourrait donner des impressions galvaniques très-incommodes au malade. Les membranes reprennent leur première position, et l’on prévient ainsi la difformité et le trouble de la vision, qui ont lieu ordinairement lorsqu'on abandonne le staphylôme aux seules ressourées de la nature. iris dans) Cette demoiselle, âgée alors d'environ 7 ans, coupant le pai n de son déjeuner par morceaux, se sentit piquée' tout à coup à l'œil droit par une parcelle de la croûte de son pain. Effrayée de cette piqüre, elle porta précipitamment sa main à l'œil pour saisir ce corps étranger; mais tenant le couteau de ‘cette main, et son mouvement ayant, pour ainsi dire, devancé sa volonté, au lieu du doigt elle en-

MATADIES DE LA! TÊTE, o7

fonça la pointe de cet fhstwitnent; nouvellément repassé, dans le centre de la cornée; qui'se trouva coupée obliquement dans toute sa moitié externe, ce qui faisait une plaie de trois ou qe ipues de longueur. :

‘Une portion de la membrane aqueuse et même de l'iris se présenta à l'ouverture, et formait uné hernie de la grosseur d’un pois. L’humeur aqueuse s'était écoulée; l'œil était affaissé, et la vue totalement suspendue. Je rentrai presque au même instant: les cris de l'enfant et le trouble de sa mère mannoncèrent d'avance l'accident. Je conservai assez de courage et de sang-froid pour lui donner dés secours. Après avoir placé convenablement la petite malade, je fis rentrer avec mon stylet d'or les portions membraneuses formant le staphylôme, et je cherchai à les remettre dans leur premier état. L’entière réduction obtenue, j'abaissaï la paupière, et fixai l'œil fermé au moyen de compresses imbibées d’eau végéto-minérale animée de quelques gouttes d’esprit-de-vin mil thé, et main tenues par un bandage approprié. Quelques pédiluves, les boissons rafraichissantes, la diète et le repos le plus exact dans une chambre obscure suffirent pour amener une guérison complète qui s'efféctua en très-peu de jours. La vue de cet œil n’a pas été altérée, et la cicatrice de la cornée est invisible. 1

Un accident de même nature , ét auquel on le remédia sans doute pas d'uné manière assez

408 | MALADIES DE TA TÊTE prompte et.assez active;-fut loin d’avoir des suites | aussi heureuses, car la vue de l’œil blessé fut entièrement perdue. Nous allons rapporter textuellement ce fait tel que nous l'avons lu: :

« Nicolas Lefèvre, né à Paris, le 2 juillet 1544, commença ses études au collége de La Marche, où il pensa mourir, dès sa première jeunesse, par un accident. bien. ubulior et bien triste. Comme il taillait une plume, ce qu'il en avait emporté avec Je canif, lui sauta dans l'œil droit, où voulant por- +er la main dans le moment, à cause de la douleur vive quil y ressentait, il porta aussi la pointe du canif qui lui creva l'œil. IL en tomba dangereusement malade; et lorsqu'il fut rendu à la santé,

il lui sembla que la force de l'œil pérdu était passée

tout entière dans l’autre, dont il voyait aussi clair qu'il voyait auparavant des deux Yu » (Le] P. Ni ceron. ).

V: Observation. — 1 be des RP eu dont nous. venons de parler dans les observations précédentes, et entre autres, la régénération de l'humeur vitrée, recevront sans doute encore, de l'observation extrêmement intéressante que je: vais FHRRONES des preuves bien manifestes. :

. Pécheur (Pierre), sergent au 5° régiment de la

garde royale, pressé de sortir de:sa chambre, le 20 Mars 1021, à six heures du matin, pour se rendre à l'appel, tomba pär mégarde sur un tas de

batteries de.fusil qui se trouvait au milieu de cet appartement. Sa tête ayant porté la première. sur

ces batteries, et son œil gauche ayant rencontré Tune des gâchettes isolées , faisant saillie sur cet amas D rad) le globe de cet organe fut: crevé par la tte cette pièce de te et il fut. vidé dans presque sa totalité. Le blessé trouva dans sa main; quil avait portée machinalementsurson œil, une matière glaireuse au milieu de laquelle était un corps blanc et arrondi comme une lentille (c'était le cristallin nageant sans doute dans une certaine quantité des humeurs aqueuse et vitrée ).

Après avoir lavé son œil:avec de l’eau fraiche, Pêcheur le couvrit d’un bandeau, etse fit transporter à l'hôpital, où ‘je lui donnai mes soins peu d'heures après l'accident. Les paupières de cet organe étaient ecchymosées, la conjonctive rouge et boursoufflée , la cornée diaphane divisée à sa moitié inférieure et à son adhérence à la sclérotique par une coupure frangée, à travers laquelle sortait un lambeau de l'iris. Le globe de l’œil était affaissé ou déprimé , et il s'écoulait par l'ouverture de la cornée, malgré le staphyldme produit par Firis et la membrane de l'humeur aqueuse, une liqueur albumineuse sanguinolente; le fond du reste de cet œil était de couleur d’un brun foncé. Ce militaire éprouvait des douléurs vives dans l'orbite, à tout le côté correspondant de la tête, etsurtout à la tempe.

Je débarrassai d’abord cet œil des larmes et du sang dont il était couvert, par des lotions d’eau froide ; je fis des mouchietures nombreuses aux paupières ecchymosées, et je réduisis ensuite avec

Aro mAîROUE DE LA TÊTE. À

un stylet d’or la portion de l'iris déplacée et arra: chée d’une partie dè son adhérence intérieure (le côté nasal). Cette réduction faite avec tous les soins possibles, et les bords de la plaie rapprochés et mis en contact, je fermai les paupières après les avoir lavées avec un peu d’eau végéto-minérale, et je les fis maintenir dans cet état d’occlusion par l'un de mes aides, tandis que jouvris l'une des artères temporales avec la lancette pour opérer unê déplétion directe. La petite plaie de la saignée fut réunie au moyen d'un emplâtre agoglutinatif. Ensuite nous appliquâmes un bandage contentif sur l'œil et sur toute la région temporale du même côté. Le blessé fut placé dans l’obscurité, mis à une diète rigoureuse, à l'usage des boissons acidules mucilagineuses sucrées et fraiches; je fs . poser de la place sur la tête et des. cataplasmes de moutarde aux pieds. Les douleurs locales, la céphalalgie s'apaisèrent, et le blessé eut quelques quarts d'heure d’un calme très-heureux. Mais le soir, un mouvement fébrile s'étant développé, on fit une seconde et forte saignée du bras, et l'on insista sur l’usage de la glace et des boissons rafraichissantes. |

Le lendemain, à ma visite, des symptômes nerveux s'étant manifestés, je fis appliquer plusieurs ventouses mouchetées à la nuque et entre les épaules. On continua l'emploi des autres moyens, et l'on respecta l'appareil, qui ne fut entièrement levé que le neuvième jour,

| MALADIES DE LA : TÊTE. dyrt :. Nous étions intimement persuadés que cet œil était perdu, ou que du moins il serait privé de ses facultés visuelles, ce qui avait eneffet eu lieu: dès le moment de l'accident ; mais, à notre très-grande etagréable surprise, le globe, qui avaitété d’abord poché; ou réduit à un trèspetit volume par: la perte du cristallin et sans doute aussi d’une portion de l'humeur vitrée, avait repris, ou à peu près, sa première: forme et son volume naturel: le blessé nous, dit avoir entrevu la lumière; cependant il y avait encore une très-grande confusion dans la chambre antérieure, et l'humeur aqueuse ne cessait de couler par la plaie de la cornée, où l’on observait encore de petits lambeaux membraneux irréguliers, appartenant sans doute à l'enveloppe de cette liqueur, que nous excisàämes avec de trèspetits ciseaux courbes sur leur plat. Nous remimes promptement les paupières en contact; je posai sur. élles une mince compresse trempée dans du vin camphré , et une cataplasrhe aromatique fut appliqué sur le front et la région temporale du même côté, avec la précaution de ne point le laisser. ter sur l’œil malade.

. On insista sur l'usage de la glace sur la tête , des bains dé pieds sinapisés, des boissons rafraichissantes et des ventouses mouchetées qu’on répétaïit fréquemment. On ne renouvelait ce pansement deux fois par jour que pour changer le cataplasme: cependant ; passé le quinzième jour, j'écartai de nouveau. les paupières, et j'examinai avec soin

fra “MALADIES DE LA TÊTE.

ce qui se passait dans l’intérieur de cet œil.

Nous aperçümes d’abord la pupille échancrée à ‘son segment inférieur, et considérablement déviée vers la tempe; lacontraction s'était conservée àcette moitié externe, tandis que la moitié correspondante au nez en était dépourvue. Une fente semidunaire, d'environ une ligne et demie de largeur , s’observait au point d’adhérence de l'iris à l# moitié interne de la circonférence de l'ouverture de la sclérotique; et cette fente nous parut être le résultatde l’arrachement qui s'était opéré de ce point d'attache de l'iris, au côté nasal de l'ouverture dont nous avons parlé. D'ailleurs le malade nous dit percevoir un peu mieux la lumière de cet œil, et il croyait même entrevoir les gros objets partagés en -deux portionsinégales , mais d’une manière encore très-confuse. Dès ce moment, nous laissâmes l'œil libre , protégé seulement par un simple bandeau, et l’on se contenta de faire journellement des lotions avec du vin légèrement camphré et mêlé à une forte décoction de pavot.

Tous les symptômes inflammatoires se dissipérent graduellement , et le vingtième jour, la cicatrice de la plaie de la cornée commença à se faire; elle fut complète vers la fin du mois d'avril. Depuis ce moment, l'œil s’est arrondi, et il nous a paru avoir repris sa forme et à peu près son volume primitif. L'ouverture de la pupille s'est rétrécie et fortement inclinée en bas et en dehors du côté de la tempe, en sorte qu’elle ne peut plus recevoir le

MALADIES DE LA TÊTE: | 4x3 cône desrayons lumineux convergés par la:cornée diaphane ;. ils passent presque, en entier. |par, la. fente latérale,etsemi-lunaire dont. nous avonsparlé.. Cependant, lorsque Pécheur fixé l'œil dans sa ligne. droite, le cône visuel: iqui tombe sur le centre de la; cornée, pénètre en même temps dans l'intérieur par les, deuxouvertures, et le sujet voitalors les objets « doubles ou partagés en deux, mais.ils sont, en core voilés et entourés d’une lumière irisée. En:se, servant d’une loupe concave à deux degrés, et en regardant les objets de manière à ne les percevoir que. par la fente latérale interne exclusivement, le sujet.L les distingue exactement; .et la:couleur irisée.. qui | les entoure lorsqu'il est privé, de lunettes, est, beaucoup moins sensible. Enfin à l’aide. de,ce verre conyexe, ce sous-officier voit. les objets simultané ment avec. l'œil droit, et.peut continuer! ses; travaux, et-ses, Dadions, Il est sorti de l'hôpital, le 15, mai, et il a été présenté àla société philomathique, à Sa, seance du 29, du même MOSS cena OX PT

ARE Ce, fait ARARRIRE curieux démontre ide side en, grande partie par une me Sd si contis nuité, peut: se régénérer et se régénère véritablez, ment. Nous en avions acquis une première preuve chez | le chasseur à à cheval de l'ex-garde dont nous avons fait connaitre plushaut l'observation. Panséde la même manière que Pécheur, l'œil avait également | repris sa forme et.sa grosseur. primitives: Les fonctions visuelles furent même, dans ce premier cas,

Gif wAtADIES DE ÉAtÉTE plus parfaitement rétablies ; mais cela : dépend de ce que le: cristallin n'étant poitit sorti de soû chaton comme chez le dernier: sujet; il: ny eut pas alors d'aberration dans la marché des rayoñs lumineux : aussi ce chasseur n’eutsil Fe Lee dé'se servir dé” verre convexe. Ho Quixe do 6 HJan Non «a Lerésultat dé 14 blessure " pecéheslots parait: ‘analogue : à celui qui‘aurait lieu chez ‘th in. dividu aûquel on-aurait fait l'opération de la catas raôté par une incision pratiquée à au Has dé 1à Cornéé diaphane, ét une pupille artificielle au pôirit d'ad: hérence de l'iris, au côté nasal de Touverture dé IE sclérotique où ellé s'attache, de manière à donf er à. cette déchirure une forme sémi-lutiaite Nots avons liéudé éroire que là'vision se perfectionnerà dans cet œil; et qué là perception € dés objets sera plus exacte, lorsque la naturé sera accoutumée à faire dasdliAb cône visuel tout entier pa cette'f ‘fenté la: térale:qui s’est APE agrandie.l AOL AE 00 eABAT Vis Observation ‘= ii DEA sécoiid exeñt le ‘dé ces altérations visuelles singulière /et do “pèrsonné, qué je sache / n’a encore’ parlé, Fest of: fert récemment àmon bHse-téh à tilapétsonne dunoïimé Scarlati (Antoine ), natif de Turin en Savoie, sérgént au 6" régiment d'infanterie: dé garde royale. Ce iiliéliré,/ attaché avec 1 inêre grade: âu19à réciment d'infantérie Tégèré, avait reçu; du siége dé Saragosse, en1808, un oûuÿ de balle, étant à la fin de sa course , au bord supériéur

et latéral: externe de Forbite droit, Cette éonittt- |

MALADIES DE LA: TÊTE h16 sion violente avait été à l'instant suivie d’une ecchymose profonde répandue sur les parties frappées ; et de la perte de la vue de ce côté. Des aceidens inflammatoires s'étaient déclarés, et: ce militaire avait été obligé d'entrer aux ambulances, oùil passa quelques semaines sans voir de cet œil, poür ÿSubir'letraitement qui était indiqué; lequel consista dans dessaignées générales et des applications de sangsues autour des paupières, dans les rafratchissans'pris intérieurement et les RS NUS Ben ont Hékbérieunur-inl Jojme of sq ot

Après cetraitement, et Ibn ét sbistoieoit + la:vue:dans Fœik qui avait reçu la éontusion , des altérations remarquables, dont nous allons relire ‘compte; se manifestèrent aussitôt: dans ‘les -fondçtons dé &et Grgane “et spa ipéndantiAte quinzaine d'années; jusqu'à l'entrée enfin'de ce -sous-offvier en” Espagné; lors de la dérnièréespéditiontde1823; époque où la vue .s’est ‘presqire “entièrement éteinte: Voici ée que nous avonÿ re- “connu à Péxammeñ récènt que nous’ avons eu: Po6- “casion de faire du malade. 1°. La püpilleet la mem brane iris sont “dans ‘un état de rétrécissement “contre nature, par conséquent’iplus petites qüie “éelles de l'œil gauche , Let abaïssées d'environ deux dignes. 39 A lapartie supérietré de cétte membrane “on’observe un écartement ou déchirure qui sépare sa'grande circonférence , du bord correspondant ‘dé là sclérotique, dans un diamètre propôrtionné “au déplicèment de la pupille; Celle-ci conservé de

légers mouvemens dans son segment inférieur ; elle en.est privée dans sa moitié supérieure; Il résulte-de.cette double altération que: le. sujét: voit les objets doubles ou coupés en'deuxipartiesiné: pales, et que dans certaines circonstances; selon la disposition qu’il donne au globe de: l'œil et aux paupières, ilpeut nerpercevoir séparément, tantôt que les images placées dans la directionide la fente supérieure; tantôt: que celles qui sont en: rappoit avéc: la. prunelle.' Ainsi ; la paupière supérieure écartée par le sujet lui-même, et l'œil: dirigélverticalement en haut, il ne perçoit:queles images «ui sont au-dessus de lui, par:-cêtte fente ,artificielle et sans que les rayons de ces:imagespuissent -paséer par la pupiile. Si la paupière est au contraire abaissée et que le:sujet. regarde: vers la tèrre, da æpubpille'à:son tour recevra seule: et-eclusivemient da. æeprésentätion des-objets-qui: setrouvént à l’hoæizon Enfin, Jorsqüe l'œil est fixé dans$on. axe, et que Ja paupière est encore: écartée; des: rayons des images pénètrent, à la, fois, et en.même;temps dans le fout du globé parles. deux ovivertures; see ;qui-établit une.sorte:d’amblyopie chez ce sujet:Je daisse: aux. oculistes. le mérite d'imaginerun procédé particulier pour centraliser, dans ces cas; les rayons —Jumineux.,;et donner. la: facilité de percevoir.les ‘images dansleur unité etleur,vrai caractère. L'exis- -tence de l'ouverture accidentelle qui, chez Scarlati, existe au-dessus de la pupille;.et qui certainement «N'a été. -produite que, par la destruction, des, adhé-

MATADIES DE LA TÊTE. 7 Fee rences naturelles de l'iris au bord supérieur. dutrow de la cornée opaque, prouve en outre que les adhérénces qui unissent ces deux membranes sont trèslégères et d’une trés-grande ténuité. ©

Quant à l'extinction presque totale de la vue, qui a eu lieu dans cet œil pendant la dernière expédition en Espagne, elle dépend sans doute dé: ce que le cristallin, dont les vaisseaux nutriciers avaient été Lu par le choc du coup de balle à l'orbite, a perdu graduellement ses propriétés et est devenu opaque , à commencer par sa partie süpérieure, le point le plus rapproché de celui de’la percussion, car il reste encore un peu de lucidité? à sa partie inférieure. LE 5 ON D HMS

Sans m'arrêter à d'autres db particulières au globe de l'œil, et suffisamment décrites par les auteurs, Je ferai connaître mon opinion sur les propriétés de la membrane iris, et sur le peu'de rapports qui existent entre cette membrane et les:

organes directs de la vision, le nerf optique € et la rétine. … | BY 9 YEN

J'ai Dénéralement osent que l'érratèt ou les altérations portées sur le système des nerfs dé la! vie organique ont directement ou indirectement: une influence plus ou moins marquée sür ceux de’ la vie de relation, tandis que les lésions établies exclusivement dans ces derniers n’ont point, ou: presque point d'effet sur l’intécrité des fonctions des nerfs ou des organes de la vie intérieure ;: ou

ces effets, s'ils se manifestent, sont infiniment pis I. 2")

4x8 MABADIES DE TA TÊTE.

tardifs que dans. le: premier cas. Pour: étayer cetté opinion, je pourrais examiner comparativement l'influence que produisent les maladies de: l’un dé ces systèmes nerveux : sur: Pautre et vice versé. C'est un travail queje crois très-important, et‘qui pourrait faire le sujet d’une grande question ‘de physiologie. et de pathologie; maïs en attendant qu'une; telle, question soit traitée, J'examinerai quelle:est la relation sympathique qui existeréns te la: membrane : iris et: la. rétine où le nerf | “6ptique: RER ES | 'irevalr ire Jusqu'à cetjour, on: a été intimement persuadé que. Jla-propriété contractile ou rétractile de liris était due à l'influence nerveuse du nerfl optiqué. où de la:rétine : aussi la plupart des partisans dé cette opinion.conseillaient-ils autrefois de ne point pra tiquer opération dela cataracte, surtout par éxtràél üon; lorsque iris était privé-de ses mouvémiens , parce, qu'ils: supposaient que dans ce cas lorgtne visuelétait ég galement paralysé; mais depuis, Pexpé= rience ayant fait reconnaître que, dans certain$cas, les: fonctions visuelles se reproduisaient: après: Pabaissement ou l'extraction dela cataracté, malgré limmobilité de l'iris, onta supposé que cette cloïson membraneuse ne pouvait se contracter qu'au tant.que larétine recevait li M «0 ns: élle : a

à mue

besoin pou que la contraction ait lieu”. rire

4 | { NAEM »4 #f 14H81 TT ry | 4 194

fire > 4 Voyez ke’ Dictionnaire 5e sciences médicales et cn au—

teurs FRsIques sur lès maladies des yeux. à «19180088

MAÏADIES DE LA TÊTE, Âto Bien loin qüe iris dépende ainsi dé l'influence nerveuse de la rétine ou du nerf optique, je &tiis convaincu maintenant, par mes recherches! ét 1ës observations que j'ai recueillies, que Îles prépriètés de cette membrane dépendent spécialement dé sol propre tissu ét des nerfs ciliaires fournis pritici pas lement par le ganglion lentitulairé appartenant at grand sympâthique. Cette disposition fait connat tre la nature de son affection paralytique, quand elle existe, et les motifs pour lésquels éétté fiême affection n'a pas Heu, lorsque les nerfs optiques sont paralysés ou ui par üñe maladié quels conque! Ainsi j'ai vu des sujets frappés de gottte sereine, chez lesquels l'iris avait éonseivé ses roue Yemens. Le petit Anglais à qui jai éu le bénheut de reñdre la vue, en Espagne, après la camipagne de la Corogne, et dont il sera Done 4 Particle Moxa ; en est ur exemple irréeusable, 4) :. Dans la cataracte bien formée, la polie peut conserver-som intégrité, être apté éffin à fépren: dre ses fonctions, lorsqu'on laura mise dans le cas de recevoir l'image des objets par l'extraction où Vabaissement du voile’ opaque qüi intercépté le passage des rayons lamineux, bien que l'iris Soit paralysé, cette dernière : ftabton dépéndant de la lésion d’un système de nerfs’ qui appartient à IE Vie intérieure, et qui n'a, avec céux de la vie de rela tion, que des communications indirectes, au moyen de légères anastomoses nerveuses. Je fais; bien entendu, abstraction ici des adhérences oi

l'iris peut contracter, et qui pourraient être confondues avec la paralysie de cette ‘cloison mem- | braneuse. 9 . Je vais maintenant rapporter quelques observations relatives aux opinions que je viens d’ émettre sur les propriétés de l'iris, et sur l'indépendance des affections de cette RCE d'avec celles qui peuvent. survenir aux Organes directs de la % yision. “at | | L” observation : suivante aura’ pour ve et la lésion des nerfs qui impriment le mouvement à Pris; le sujet, de cette observation est le sieur Ripault (Charles), brigadier au 6° escadron des lanciers de la gardé ou âgé de 27 ans, entré à l'hôpital le 19. mai 1827, Sixième jour d'une blessure qu'il avait reçue à l'œil gauche par: un COUP de e fleuret déboutonné. | { RE SD Cette plaie détermina à linsantinémeda para lysie de l'iris, caractérisée par la dilatation extrême de la pupille et son immobilité. Néanmoins la vue A était conservée de manière à apprécier toutes les qualités physiques des objets : seulement:le blessé nous déclara : que les images de ces objets lui paraissaient yoilées vers le centre, tandis qu'il les

distinguait parfaitement dansleurcirconférence. -Lailésion a eu lieu.à l'angle interne de l'œil, en dehors etun peu au-dessous de la caroncule Loue male, de manière que la pointe de l'instrument avait pénétré obliquement jusqu au fond . de. la paroïinterne de l'orbite et lésé le côté correspondant

MALADIES DE LA TÉTE fox

de la, sclérotique, sans doute aussi les rameaux du nerf nasal qui traversent, dans le: même. point, l'épaisseur de cette tunique, pour se rendre àl'iris, ainsi que les attaches tendineuses du muscle trocléateur. |

Ce militaire était tombé sur le coup, et il 6 éprouva une syncope instantanée.

L'inflammation qui s'était déjà manifestée jen de l'entrée de ce malade à l hôpital a été combattue au moyen d’une saignée à l'artère temporale, des ventouses scarifiées à la nuque et aux régions dorsales, des bains de pieds sinapisés, de la glace sur la tête, et des boissons rafraïchissantes.

La HAE de l'iris s’est conservée, maïs on à remédié à l’imperfection de la vue par l'application de plusieurs petits moxas à la tempe, et l'usage de besicles à verre convexe pour l'œil blessé. bÔHD

Un garçon armurier, âgé de 14 ans, recut par mégarde , en 1818, un coup de ras as de fusil à Ja partie moyenne du bord M de l'orbite ‘gauche. Cette percussion vive fut immédiatement suivie de la perte de la vue de l'œil du même côté, tandis que l'iris conserva l'intégrité de ses mouvemens. Ce sujet resta dans cet état pendant dix à onze mois. Cependant, commeil craignait pour la -perte de l’autre œil, dont la vue lui semblait saffaiblir, il vint me consulter. Après l'avoir attentivemnent examiné, je le soumis au traitement suivant: des ventouses mouchetées furent d’abord appliquées à la tempe gauche, à la nuque, au cou

aa MALADIES DE LA TÊTE,

et aux épaules. Après un léger vomitif, il fut mis . à l'usage des amers, et je commençai l'application du moxa: je plaçai le premier au côté gauche de la nuque, pour me rapprocher autant que possible de l’origine des nerfs optiques ; un deuxième fut er entre l'angle maxillaire gauche et lapophyse mastoide, sur le trajet du tronc du nerf facial du. même côté; quatre ou cinq autrés plus petits furent successivement posés sur la région temporale correspondante. Après l'application des premiers moxas, le sujet reçut l'impression de la lumière, et bientôt il put distinguer les ‘objets. Cette faculté se développa progressivement, et la vue de ge côté devint aussi parfaite que celle de l'œil droit : les mouvemens de l'iris n'avaient pas discontinué de se faire avec autant de précision que dans l'état naturel, et ce fait devint Pobjet principal de mes du TON |

Ce jeune homme se crut, perdait quelques mois, entièrement guéri, et en effet il voyait des deux yeux avec la même perfection. Après ce laps de temps, il's’aperçut néanmoins que la vue du côté gauche s’obscurcissait sensiblement, et bien- - tôt il en fut totalement privé. Effrayé de ce nouvel accident, il vint encore réclamer mes conseils. Je reconnus en effet qu’une cataracte complète interceptait dans cet œil le passage des rayons Iumineux, et produisait de ce côté une cécité absolue; mais je remarquai en même temps que l'iris avait conservé ses mouvemens et se trouvait dans linté-

MALADIES DE LA TÊTE ho3 grité la plus parfaite. Voilà deux phénomènes sin+ guliers : le premier ést la paralysie de la rétine et la privation des facultés visuelles, tandis que Vivis n'a pas éprouvé la moindre altération ; le seco présente là formation presque subite ds la ‘cb racte. L'un prouve, d’une manière irrécusable, que, les propriétés de l'iris ? sont indépendantes de la rétine; l’autre , que le cristallin ne se nourrit pas par irebibition! comme le pensent la plupart des auteurs, mais Dion par une circulation vascus laire, comme toutes les parties vivantes des corps organisés; car si les vaisseaux très-ténus du cristallin. ne s'étaient rompus à leur passage de là membrane capsulaire à cette lentille, elle n'aurait point perdu sa transparence aussi promptement ?,

- Cette dernière assertion est d'autant plus vraie que, chez ce même sujet, que nous avons eu Poc: casion, de voir plusieurs fois, une année après l’époque de la formation desa cataracte, maladie pour anse nous n'avions employé d’ abord d'autre

1 Les cliets de à belladone , dont l'application sur la conjonctivé ou même sur les paupières paralyse à à l’instant même l'iris, sans priver le sujet dé la vision, sont une nouvelle p preuve que les propriétés vitales de cette membrane dépendént des ra méaux de Vpphthabnique | qui fournissent à la éonjonctive et

aux. paupières ; et quisont en rapport direct avec les nerfs ci liaires. ÿ s | 4 Sœmmering a injecté ces vaisseaux jusque d la prier cristalline ; mais comme ils n’admettent pas la partie colorante du sang au-del de ce chaton, on en a conclu mal à à propos que le cristallin se nourrissait par imbibition.

moyen qu’un émonctoire aux côtés dei la nuque, qu'il avait conservé pendant ce laps’ de: temps; nous reconnümes, à notre grande surprise, que lopacité du cristallin avait entièrement disparu, et néanmoins la cataracte se reproduisit de nouveau au bout de plusieurs mois. Nous croyons toutefois devoir attribuer cetté récidive à la suppression de l'exutoire. Nous avons perdu ce malade de vue, et nous n'avons pu suivre au-delà la marche de son af fection. : | de . Un exemple aussi remarquable, et qui soit prouver également de son côté que le cristallin participe de la circulation générale, s’est ‘offert, à l’hôpital de la garde, dans la personne du nommé. Bache ( Jacques), soldat au 2° régiment suisse. Ce militaire, à la suite d’une contusion violente qu'il avait reçue au côté temporal de Pœil droit, fut frappé d’une cataracte, dont l'invasion, les progrès et l’état stationnaire , où elle resta ensuite péndant assez long-temps, ont présenté des circonstances toutes particulières. La maladie commença d’ abord dans toute la circonférence du cristallin, dont le centre, resté parfaitement lucide, permettait trèsbien au malade de distinguer les objets, seulement dans. des proportions plus petites. L'opacité s’avança ensuite d'une manière très-lente dela cir= conférence opaque de ce corps, vers sa portion transparente , non par une couche circulaire é également uniforme, mais par des lignes où rayons concentriques, dans l'intervalle desquels existaient

par conséquent d'autres rayons divergens, jouissant de la même lucidité que le centre; en sorte que cette disposition donnait à la con ni du cristallin l'aspect d’une bandelette irrégulieérement découpée. Dans cet état, il semblait au malade que tous les objets étaient également découpés d’une manière inégale dans leur plus grand diamètre : et il est aisé de se rendre compte de cette illusion d'optique, qui n’existait sans doute que parce que. les rayons lumineux se trouvaient brisés et interrompus par les lignes opaques dont nous avons parlé. Plus tard, et à mesure que lopacité devenait plus marquée , et commençait à s'étendre et sur le centre et entre ces lignes, les effets visuels éprouvés par le malade , tout en restant en- -core les mêmes, semblaient, de plus, être recouverts d’un voile léger dont l'obscurité aurait été interrompue par intervalles. A l’aide des topiques révulsifs généralement employés dans ces circonstances , nous n'avons pu obtenir qu'un faible. élargissement dans la portion lucide du cristallin. |

Une demoiselle de Paris, de 17 à 18 ans, nous a fourni un troisième exemple d’un fait parfaitement analogue à ce dernier. Elle fut présentée, avant que son traitement fut commencé, à notre honorable collègue, M. Demours, rent MS titulaire de l académie royale de médecine. |

Le cristallin, chez cette demoiselle , laissait voir une étoile blanche opaque qui. occupait presque toute sa surface antérieure; à peine distinguait-on

une légère couronne festonnée ‘dans: sa circonférence lucide, et à travers laquelle cette jeuné personne rapercevait la lumière et les ombres tronquées des images interposées entre les rayons du soleil et son œil. Cette cécité s'était développée avec l'opacité du centre du cristallin d'une manière graduée, et paraissait s'acccroitre journellement. :; : Après avoir désempli les vaisseaux dela tête-par

des saignées révulsives, telles que les ventouses scarifiées posées à la tempe et à la nique ; nous.appliquâmes le moxa à cette préraiere région: et au côté correspondant de la baëe du crâne: le nombre en a été successivement porté à 12, Cette opacité s’est réduite graduellement sous l'influence de ces topiques révulsifs, et cette demoiselle, quatre mois après, apercevait les objets avec presque autant de précision que de l'œil droit. En effet, à cette me que, on ne voyait plus sur la lentille oculaire qu'an léger. nuage blanchâtre de la grandeur d'une trèspetite Re laquelle aura entièrement disparu par la suite. Cette demoiselle étant passée en province à mon insu, je n’ai pu, à mon grand AL la représenter à M. Demours. ñ

Sans-cette circulation vasculaire qui existe né: cessairement entre la capsule cristalline: et sa lentille , certes il serait difficile d expliquer les causes du retour de la lucidité dans ce: corps sr rent devenu opaque. |

: Dans le tétanos, où tous lés muscles, excités' par les nerfs de la vie animale, sont rar un état de

MAYTADIES DE LA TÊTE. 2, rétraction on de contraction permanente, Piris n'est. pas altéré dans ses propriétés, et l'on observe que le resserrement et l'agrandissement alternatifs de la pupille s’exécutent comme dans je tat naturel, ‘a

- Dans certaines maladies du cerveau, tofedie que l’hydropisie des ventricules, on observe les mêmes phénomènes : les fonctions sensitives sont considérablement affaiblies ou paralysées par la compres sion concentrique ou excentrique que les nerfs des organes des sens ( les optiques, par exemple ) éprouvent à leur origine par la dilatation des ven: tricules; tandis que l'iris reste intacte et conserve ses mouvemens , qui peuvent même être augmên- téssympathiquement par l’irritation que l’on porte

sur le système des organes de la vie intérieure, au moyen de drastiques ou de vomitifs !. Une dame anglaise, affectée de cette maladie, deux enfans que Jaiégalement traités en ville, et un grenadier à cheval de la garde, soigné par moi à l'hôpital du Gros-Caillou, m'en ont fourni des exemples frappans. Il n’est pas douteux que ce grenadier ne fût atteint, à la suite d’une chute violente qu'il avait faite sur l’occiput, d’une hydropisie des ventricules ‘du cerveau; iken présentait du moins tous les symptômes : douleur sourde avec pesanteur à la tête,

A2 1 Dans les affections vermineuses , les mouyemens de l’iris ou

de la pupille sont accélérés ; on fait également resserrer la pupille par le contact de la pierre infernale sur la conjonctive, et cependant la vision reste intacte.

faiblesse notable de tous les sens et de la parole, altération sensibledes facultés locomotrices, paralysieaudeuxième degré du membre thoracique droit, engourdissement et froid habituels aux jambes. L'intellect seulement était dans l'état naturel. Cependant, chez cet individu, que je conduisis à la guérison au moyen des moxas, l'iris conserva toutes ses propr iétés et tous ses mouvemens.J eremarquai même que la pupille se rétrécissait d'autant plus que les drastiques étaient administrés avee plus d'activité. J'ai fait la même remarque sur un grand nombre de sujets atteints de plaiés de tête, avec perte de la vue et altération notable dans tous les organes de la vie de relation. | L'iris, par la même raison, peut perdre ses propriétés organiques, tandis que le nerf optique, la rétine et les autres parties de l'œil peuvent conserver leur parfaite intégrité et exécuter toutes leurs fonctions. Une ke de trente-quatre ans, brune, d’une constitution saine et robuste, offrait une Ne de cette nature : l'iris, dans les deux yeux, était, chez elle, complétement frappé de paralysie, et dilaté dans les trois quarts .de son diamètre ; lon ne pouvait qu'avec peine, par les excitans Ïés plus forts et par l'impression subite d'une lumière vive, faire rétrécir ouverture pupillaire d'environ un quart de ligne. Cependant, malgré cette difformité trés-sensible, elle apeTe sy vait très-bien les objets, et en fs même exactement les formes et les ne es pourvu

. MALADIES DE :LA TÊTE. 459 qu'ils ne fussent pas trop rapprochés de ses yeux: J’aieu occasion de voir également, chez plusieurs | militaires de la garde, cette membrane perdre. totalement ses mouvemens par une percussion, sur le bord de l'orbite, ou à la suite d’une plaie d’instrument piquant à la cornée, avec lésion à la grande circonférence de l'iris, tandis que la vision restait intacte; mais il est vrai de dire’ aussi que les mêmes causes mécaniques peuvent détruire les propriétés vitales dans l’une et l’autre membrane, ainsi que , nous l'avons vu, notamment chez un garde-du-corps et chez un soldat de la gardé royale : ce dernier fut même réformé pour cette infirmité.

:Pans les affections organiques des v viscères de la ques, de 2 PR tes des AI principaux du bas-ventre, l’ouverturede l'iris se dilate graduellement : Fe la rétine conserve J'Aéerité ge ses fonctions visuelles. | | |

Mes ReREques sur l iritis, inflammation de l iris, portent, qu'après avoir parcouru toutes ses-périodes, cette inflammation, qui reconnait ordinairement pour Cause la syphilis répercutée , a pour résultat, comme la JudicienseRent observé le ‘profRUte autrichien Beer : 1° la décoloration de la surface antérieure de la membrane malade; 2° l’éraillement ou Ja destruction d'une partie du diamètre de son ouverture pupillaire, et notamment de son segment supérieur, Je n'ai. jamais vu que

43ù ATALADIES DE DA TÉTES + l'échancrure, qui sé forme dans! Ta partie : sü Érieure de cette inermbrane , se fût établiéégälémen it dans sa portion inférieure : cellesei perd DTA veméns ; tandis qe le lambéau qui survit à la des. truction dé Pautré én consérve de plas ou 1 ‘moins sensibles. J'ai observé plusieurs fois ce phériometie ; : inaïs il ne fa jatfiais paru plus évident que chez un grenadiér à cheval traité dañs es “salles : à il parait dépendre de la disposition des -nérfs et dés vaisseaux ciliaires, qui se dirigent prinéi ipalément dé la partié Fe à tout lé résté re ses rnénie brane. * | 1591-90: 6 ‘Un officier de là marîné anglaise } sage de # à28 ans, fut frappé tout à coup d' une ophthaliiie vio- Ile avéc iritis: Il se sranifesta” de: Koërés üléérations à la cornée diaphané, etui botsätflénert prodigieux dans à con j jonctivé dure} qi éésultant de la métastase du virus syphiliiqué répercuté d’üné où ‘plusieurs blaies chancréuses ‘ établies au pénis, produisit un vé stable chémosts. Cétte maladie grave; qui a été heureusement Combättue ét domptée par les Moyéns' indiqués, fut suivié dé la décoloration et de la paralysie de: l'iris, dont Ha pupille résta dilatée, tandis que lés 1 ae tions visuéllés sé oo Et Le cHémosis füt exeisé dans tout le pourtour de là cornée diaphäne ; cependant il existe eficore un asséz grand nombre de vaisseaux capillaires rouges, qui taversérit cette cornée d’un côté à l'autre, ét qu dl faudia” décrire pour lui rendre toute sa HE 2 1100 OP

MAËADIES DE LA PÊPEL [RTE F! Gertes, les r remarques ét les ébservations précé: ; dénbés suffiraient pour prouver que la rétine ‘et l'iris peuvent êtré affectés simultanément} où ss parément, sélon la nature ou la manière d'agir dés causes qui produisent Paltération : ; maïs parlées catises it én est une, aussi reétnarqualle que rare, que nous! pouvons eñcore invoquer à à Pappii de ñotresentimént : c’est l'impression directe qe peus vent produire, ‘dans certaines circonstances , QUS le tissu dé ces membranes, les rayons du Ge Un grand hombre d'individus ont été Soumis YTinfluence dercette câuse, le jour de’ récipse dé” Et ste (} sépteiibre F820). Ho SUP | Parmi lest: observations que jar a AN cettélotétsion, , jeñe rapporterai que les deux sub vantes, . parce ‘qu'élles ‘ont été accompagnées de circonstances RE An et d'aceidens" assez Éprhei 035 + rt 10 OS FH Oran pe sujet de‘la première, notimé “Hiéuéraie ë Jear-Baptiste Ÿ,' brigadier at train d artillenie, pèu laut fait dé Ta manière d'observer une’ ‘éch Re soldires s'était servi d'un verre opaque, offrant: ‘dans son milieu un point transparent qu Al Y “avait éta: bli. lüimême, dans l'intention de nieux considérer lé Héron ère céleste. Malgré l'impression vivé} incomMüde ét ne Hôuto ti Litel qu il recevait du passage des rayons solaires ° x travers la portiôn lucide dü'verre, il continua Arégärder jusqu'a x fin de léclipse; AIS bientôt il éprouva des Vertiges unie ‘douleur vive sur tout 18 coté droit de JE

: FR correspondant à l'œil dont il s'était servi ;et il fut presque privé de la vue de cet œil; Liris.et les autres, parties de cet organe restèrent, intacts. Quelques. semaines après, ce militaire, lon EnS toujours des douleurs aiguës à la tête, se. rendit à l'hôpital pour y recevoir mes soins. Les vaisseaux de l'œil malade étaient injectés, et la pupilleun peu plus resserrée que celle du côté gauche ; ele avait néanmoins conservé ses MOUVEMENS mais la vision était très-obscurcie et presque nulle. Ici lon voit qu'un très-petit cône derayons s0= aisés {était directement parvenu sur.la. rétine, et que son effet irritant s'était propagé.dans Je nerf optique, etJusqu'à son origine, dans l'intérieur du. cerveau. Après deux saignées.à l'artère. temporale.et à la veine jugulaire, ; 'appliquai des ventouses mouchetées : à la tempe et à la nuque; je. passai ensuite à l'emploi de la glace sur là tête, et, des, moxas, qui rétablirent complétement!l les fonctions visuelles : mais le malade conserva toujours une douleur sourde dans tout le côté, droit de la tête. . Le deuxième, nommé Paintiaux ( J ean-Baptisté 4 la au 5% régiment d'infanterie dela garde, entra à l'hôpital à l'époque où le premier en sortit. IL avait, obsérvé l'éclipse de: l'œil gauche, et s'était servi d'un verre dont le centre était opaque, et la circonférence lucide ou transparente. IL futmoins incommodé. que le, premier, parce que, les, raÿons solaires ne furent poin dirigés sur la. pupille , au travers de laquelle il n’en passa que de trés-faibles ;

tandis que la circonférence dela cornéediaphane, et la conjonctive oculaire: surtout; reçurent trèsvivement l’impression de ces rayons, qui déterminérent une telle inflammation idiopathique;, que les vaisseaux de cette membrane furent injectés jusqu'au centre de la cornée, à: travers un léger albugo qui se développa en même temps sur une, grande partie desa surface. Les remèdes antilé nous les accidens; mais la pupille est considérablement rétrécie,'et liris à perdu ses,mouvemens, tandis que la rétine a conservé ses fonctions visuelles. RIRE CICIEE

Si les affections de la vue, résultant de. cette: cause, sontrares, celles qui peuvent provenir d'une: commotion.. électrique , imprimée . par lafoudre céleste ,,doivent l'être autant, car il est assez difficile de concevoir .que cette étincelle : électrique puisse précisément altérer! la: portion du’cerveau .quidonne origineaux nerfs.optiques , ou les parties de; l'œil | qui constituent la vue, sans laisser de traces, extérieures et.sans porter quelque atteinte: au reste de l' encéphale ou. aux autres organes des sens. Le fait que nous allons rapporter nous fournit cependant un exemple de l'existence d’une telle cause, ayant en quelque sorte agi res sur les organes visuels. . de shibes |

«Pendant l'automne de 1819; 2h nommé Roinaÿ (Pierre ), gardant un troupeau et croyant être à l'abri d’un rage violent, sous un arbre au tronc duquel il s'était appuyé, reçut autour de la tête

une commotion électrique (coup de tonnerre; selon :Fexpression du malade },S à l'instant’ du passage de l'éclair à travers cet arbre, dont‘ plus sieurs-des principales branches frere ‘coupées. La commotion ressentie par: Rouvray: fut telle qu'ilperditinstantanément la vision: }chancelaët fut obligé de s'asseoir pour ne point perdre l'équilibre. Dès ce inoment, il ne cessa de voir les objets troubles, et d’'éprouver une sorte de tremblement prés que habituel, aux deux: globes oculaires. Néänmoins,-étant tombé au sort, à l'âge du recrute ment, il fut incorporé comme fusilier au 5" régi ment d'infanterie: de la garde, où peu de temps apres, il fut atteint d’une fièvre nerveuse qui ‘fit aggraver considérablement sa première affection, Au moment où ilentra à l'hôpital, dans le courant d'octobré 1824, ce militaire pouvait à peine apprécier les couleurs et la forme dés objets, corsa la humièré du jour , tandis :qu'ilen distinguait faitement toutes les qualités physiques dans les sal nébres les plus profondesde: lanuits; mais eù mêrne temps, et lorsque ses paupières étaient fermées ,4l était frappé d’hallucinations plus où moïns variéés. Tantôtil apercevait des gerbes de feu parsemées de toutes couleurs, tantôt des objets multipliés et:de formes différentes, ce qui troublait son somimnéil et le tenait presque toujours dans un état d’insomnie. À ces aberrations se joignaient des douleurs compressives autour de Ja tête, des spasrnés ner veux dans tous les membres, une dilatation pres

que anale des deux pupilles, et le mouvemerit de rotation habituel du globe des yeux} dont nous avons déjà parlé, Le pouls était nerveux , petit, tébrile, la, peau presque imperspirable;cet là tai greur/extrème; cependant les ns sr mn safaisaiént.àssez bien. . +752 ob 1 sb Sie -14près avoir opéré une légère déplétion sangriih au. ‘moyen de ventouses:mouchetéés ; apphatiées aux tempes , à la nuqueetientre les épaules, doriné une.secousse à l'estomac par l'administration d’un vomitif. doux et. léger; nons-fimes «usagé dés moxas autour : de, la: base. duicrârie , dérrière les oreilles,et sur: les témpes: Après la application ‘dés deux, premiers ; qui fut faite :entrec les: bosses occipitales inférieures et les! apophysès-mustoidés, le tremblement du globe des yeux s’apaisa Les pts pilles se xesserrérent. immédiatement; Îles hallu <inations-furént considérablemént affaiblies ;” cle malade. put supporter la lumière ‘du jour: Les applications successives du même topique:révulsi f étendirentencoré cette amélioration, etnousfirent espérer une guérison complète. Déjà:les forces se rétablissaient; la nutrition se faisait avec plus de facilité, et le sommeil avait repris son cours {seule ment le malade percevait encore beaucoup mieux les objets pendant les ténèbres; que par lintermédiaire.de Ja lumière vive-durjouri: «107 00 © +.Des toniques pris intérieurement, dés infusiütis Jégères de quinquina , de bons alimens } étdes embrocations de liqueurs spiritueuses phosphoriques

Ad’extérieur des yeux, ont contribué ni à alé état-où-nous l'avons amené. :: Li FOND ; Un‘fait analogue, mais plus grave ‘et que Toù | dois attribuer aux.effets de pénibles travaux’ mi: croscopiques;, se ‘présente aujourd'hui ‘dan$la pérsonne de M. de Savigny , membre‘de‘l’Institut, l'un de:nos illustres amis et compagnons d'Égypte. > Hestitrés-difficile:sansedoute de détérminér les causés des:mouveinens: dedilatation et de resserre: mentde la pupille; ét d’en expliquer le mécanisme! cependant, comme chez l’homme ‘et chéz la plupart des animaux, ces :mouvemens! paraissent étréGn£ Ad in/bolilé la volonté de l'individu, on°séraît portélà.croire quelle stimulus qui produit 1a“éontraction des fibres.de:l'iris'est exclusivement fourni par les rameaux nerveux)qui proviennent du gañ- glion: ophthalmiqué ‘appartenant ‘au Système de nerfs dela; wie intérieure: Mais on doit considérer . que ceirideau membraneux reçoit directement, so l’homme comme, chez-plusieurs | aninaux, un ou deux filets du : here nasal appartenant à la premiere branche de la cinquième paire du céryeau;.2°, que les mouvemens de. cette cloison pas raissent: se-modifier d’une manière: plus: ou môIAS sensible ;chez lés-mêmes individus, soit: sous l'influence d’une impressiontrés-forte de lumière qui irrite ce voile membraneux ; soit par l'apparition subite d’imâges d’un aspect plus ou moins excitant, relativement à leur couleur ou à leur forme; 3°*enfin, que cette cloison parait réellement: exéoutét

MALADIES DE (LA! TÊTE, Le: 437 ses mouvemens sousl’influence d’une volonté rarement exprimée chez l'homme y) Mais qui s’observe visiblement chez certains oiseaux, téls que ceux de la famille des perroquets à D'apres ces réflexions, l'on concevra que l'iris est un organe mixte, dont une portion peut être soumise jusqu’à un certain point , et dans certaines espèces, à l'empire de Ia volonté du sujet, tandis qu'une autre portion exécute ses mouvemens sans sa participation *. Ainsi, on peut conclure de cette structure, que Je décrirai plus tard avec plus de détails, et du mode de distribution des nerfs qui se rendent dans ce rideau membraneux , que le relâchement de l'iris , ou la dilatation de la pupille, s'opère par le plissement des artères flexueuses, naturelle: ment disposées en zigzag ou en lignes spiroïdes, et par l'engorgement de ces vaisseaux, déterminé par le stimulus que les filets nerveux du ganglion

1 D’après le célèbre Cuvier, la raie paraît avoir non-seulement la faculté de mouvoir la pupille à volonté comme les per roquets , mais elle offre encore de plus un prolongement placé au bord supérieur de cette ouverture, et disposé en forme de palmette grillée , que ce poisson abaisse sans doute à volonté au-devant du tatin , comme une jalousie. Chez la torpille, ce voile opaque membraneux est entier, et cette raie peut en recouvrir toute la prunelle à sa volonté, (Voyez le Ilve volume des Lecons d'anatomie comparée.)

2 On remarque les mêmes propriétés dans la vessie urinaire , dont le sphincter se resserre par le stimulus des nerfs de la vie animale , tandis que le corps de cette poche membraneuse est

stimulé par ceux de la vie intérieure.

ophthalmique transmettent dans cette membranié ; tandis que la contraction de ce rideau mobilé, ow le, resserrement de. la'pupille , ne s'opèré ‘sans doute qu’à l’aide de Pengorgement de la petite éou: ronne artérielle ou ciliaire , faisant les fonctions du cordon d'une bourse. Get engorgement paraît étre déterminé par le stimulus des nerfs ciliaires longs, qui se rendent du nerf nasal dans le: pourtour de cette ouverture ; sans communiquer avec céux du ganglion lenticulaire : aussi les irritations dé l’estomac où des poumons déterminent-elles souvent le resserrement de la pupille, tandis que celles des intestins, de lutérus ou de la vessie nous ont paru déterminer la dilatation de cette ouverture, ce qui s’observe chez les enfans affectés de vers.

Malgré ces deux systèmes de nerfs, les mouvemens, de l'iris sont certainement indépendans de l'influence nerveuse de la rétine; on en sera tout-à-fait convaincu par l'exposé 2 faits suivans:

‘Le caméléon n’a point d'iris mobile dans l'intérieur de l'œil ; cette membrane est remplacée par la paupière extérieure, qui présente. une forme et une structure toute particulière. On remarque cependant derrière la cornée diaphane, et autour du: cristallin, une petite zone nacrée et parsemée destries hoirées presque imperceptibles. Cette zone, d’un tissu extrémement dense et serré, est .Confondue avec les procès ciliairés, ét A à au pourtour de la capsule du cristallin, dont le segment antérieur en dépasse les bords d'environ une ligne,

MALADIES :DE LA TÊTE. 439 en sorte qu’elle ne parait avoir d'autre usagé que celui de réfracter les rayons lumineux vers la len: tille cristalline, tandis que la paupière orbicuilaire extérieure, qui est attachée au pourtour dü’globe de l'œil, dont ellé suit les mouvemens, par unrepli membraneux, serré et très-fin de laconjonctive, dilate ou resserre son ouverture, pour modifier le passage des rayons lumineux , au moyen des deux plans de fibres motrices, circulaires et rayonnées qui entrent dans sa composition. Cette ouverture, qui tientvéritablement lieu de pupille, aune forme, ronde ,; un peu elliptique, qui se ferme en entier ; malgré: l’assertion de quelques naturalistes. Un phénomenesingulier s’observe encore chez ce reptile:: c’est que chacun de ses deux yeux se meut en.sens inverse et paraît apercevoir les objets dans des directions opposées; en effet, si l’on enferme ensémble, dans une cage de verre , un caméléon et une rainette (rana pratensis), cé dernier änimal , effrayé.du danger qui le menace, court autour de la cage-.et cherche à éviter son ennemi; le caméléon, sans bouger de place, suit sa proie de lun des yeux, tandis que l’autre reste immobile; au moment où le petit animal s'y attend le moins, le caméléon le saisit avec sa langue longue et flexible, et lavale avec une grande facilité. al:

Dans la dissection que j'ai faite d'un nt) l pendant mon séjour en Égypte, je n’ai-rien trouvé -qui: constituât chez lui l'organe de l'ouie,-dont il parait être privé. C'est sans doute pour:€e: motif

hAo MALADIES (DE ‘LA! TÊTE.

: que la naturé l’a doué de la faculté de percevoir en méme temps, par ses deux yeux, les sensations d'objets qui se > trouvent placés dans les directions opposées.! Le : | ) S'UUATIQXS

Prochaska ;, l’un des Fins Hab:lié anatomistes de l'Europe , a dnionié , par des injections parfaites que j'ai en ma possession, et dont il m'a fait présent, que la structure des vaisseaux rayonnans et circulaires de l'iris estla même que celle de la’fibre élémentaire des muscles ou de la puissance:locomotrice. Ces injections prouvent que ces:fibres;, comme les plis et les couronnes de l'iris; de.mèême que les fibres spiroïdes des artères elles-mêmes’, sont formées d’une série de ‘petites artères pit laires, très-évidentes au microscopei, se contour: nant les unes sur les autres, en partie ou en totalité, selon la conformation ou les‘usages particuculiers de chacun de ces:organes. Ces. artérioles capillaires spiroïdes se trouvententourées: et mutuellement'enlacées par une substance étrangère, qui disparait par l'injection, et que le même anatomisteidit être de la fibrine dans les muscles, de lalbumine concrétée ou épaissie dans les artères, et un tissu cellulaire fort rare dans les intéstins et l'iris. On peut comparer avec raison, ainsi: que je le ferai dans mon mémoire relatif aux hémorragies, la disposition de ces artérioles primitives et constituantes, deces fibres rétractiles particulières , aux filanetis qui composent les cordes de diverses grosseurs » puis: enfin les càbles. Ces fibres se raccour-

MALADIES DE ÆA TÊTE. | AA cissent par l'effet de l'engorgement des vaisseaux, ou par l'afflux du sang qui les parcourt, à Finstar de ces cordages qui,-portés à une certaine extension, se raccourcissent à un degré plus ou moins marqué, par. l'effet de leur imbibition par un liquide tel que l’eau. C'est à l’aide de ce moyen qu’on élève du sol des masses énormes, telles que des vaisseaux de guerre, qu'on lance ensuite à la mer avec la‘plus grande facilité. |

Pour. avoir une preuve de la vérité de l’assertion que je viens d'émettre sur l'effet de cette contractilité opérée par l'afflux du säng dans les vaisseaux élémentaires de la fibre motrice, il suffit d'observer que;/quand un muscle est coupé transversalement près de l’origine de ses artères nutricières ou organiques, la portion qui en est la plus éloignée n’est plus susceptible: de: contraction. Larmême chose arrive pour tous les muscles, lorsque les artères qui sy rendent sont liées, du moins jusqu'à ce qué:la nature ait remplacé ces artères par d’autres vaisseaux qui établissent une circulation noùvelle. Au reste, nous pensons que l'afflux du sang dans ces vaisseaux linéaires se fait par des excitations galvaniquées vitales, inconnues dans la nature, qui proviennent sans doute des nerfs encéphaliques pour les organes de la locomotion ; et de ceux: des ganglions pour les organes musculeux de lavie-intérieure. sh :

vÉT * pr DA N'AURA À

4ha MALADIES DE LA TÊTE.

bi L'OPHTHALMIE, ET SURTOUT DEF L'OPHTRATAIIE) | ri DE L'ÉGYPTE, 109 60 0h be moibpitidie qui tapisse l’intérieur des paspiés res et la surface du globe de l'œil est très-suscep: tible de s'enflämmer et de produire une maladie souventtrès-graveettrès-rebelle, lophthalmie: mais je ne m’occuperai presque exclusivement dans cét article que de celle que nous avons eû l’occasion d'observer en Égypte, parce qu'elle: possédait ces deux caractères au plus haut At Les: yeux, en effet, ayant été frappés ‘tout à coup dé Vardente lumière du soleil, soit directe, soit réfléchie par le sol blanchâtre de ce pays, et ayant, les premiers , ÿ ressenti, dans cette contrée: les effets de la D sé cussion de la transpiration cutanée ;‘il'entest-rée sulté une ophthalmie opiniâtre, et chez un “gras

nombre d'individus, la cécité complète: ::

‘Le siége de l'ophthalisie se borne aux vaisseaux de la conjonctive, ou s'étend profondémentà ceux detoutes les tuniques de l'œil jusqu’à Piris inclusie vément; mais cette inflammation, à raison dela différence organique que nous offre la-portion de la membrane conjonctive: qui tapisse! l'intérieur des paupières, avec celle qui recouvre le globe de l'œil; présentera quelques variétés ; Selon: son siége dans une ou dans les deux'portions-de cette membrane. Celle qui frappe la conjonctive palpébrale, déterminant l’engorgement des vaisseaux

MALADIES DE ‘LA: TÊTE: 443 extrémemient multipliés de cetté: espèce :de' tissu muqueux, se ciractérise par l’injection.et la rougeur plus ou moins considérables de ces vaisseaux: là douleur qui accompagne ces premiers symptô= mes estcependant moins vive que lorsque l’inflam mation.s'est emparée de la conjénctive oculaire! Un boursoufflement proportionné à l'intensité de la. maladie établit ensuite dans la portion de cette: membrane qui. tapisse la face interne des paupières; un suintement purulent se forme à sa surface, ou plutôt il se fait des extrémités villeuses de, ses vaisseaux, une exhalation ou transsudation. d'une humeur particulière ; dont la couleur et la consistance seront relatives à l’idiosyncrasie .des sujets ou à la présence des virus qui compliquent la maladie, Les accidens sont rendus plus graves ét ont une, marche plus. rapide dans les cas de-virus syphilitique ; Fophthalmie présente même alors quelques symptômes particuliers : la rougeur. du bord des paupières est plus claire; le pus qui en découle est verdâtre comme dans la gonorrhée, il excorie. les parties qu'il touche, et le malade souffre beaucoup plus pendant la nuit.

«des larmes ne pouvant Miss à cause de Pin:

flammasian se rendre aux, points lacrymaux, donnent lieu à un larmoiement presque continuel, et sermélant. à la matière puriforme, fournie: par les vaisseaux enflamés de la conjonctive palpébrale, augmentent encore l'irritation du reste du globe.qu elles attaquent à la manière des corrosifs;

elles font naître aloïs sur la cornée diaphane, des ulcérations dont les progrès sont d'autant plus ra: pides que les sujets se trouvent sous l'influence : d’une saison où d'un climat chaud et humide , ét que cette humidité est saturée des miasmes insalubres, ou de substances gaziformes alcoholiques, quise vaporisent desdifférentessources qui peuvent produire ces principes hétérogènes, ainsi quenous lavons observé dans Hits ébré circonstances. Enfin la cornée diaphane, étant très-accessible à l’action de ces fluides âcres purulens, s'entame facilement et se perfore quelquefois avec une grande promptitude ; son tissu étant de nature gélatineuse, elle est saéceprite d’une prompte dissolution , surtout lorsque le petit nombre de rameaux nerveux qui s'y rendent ont été attaqués ou détruits par une cause quelconque, telle, par exemple, que celles que nous avons désignées. Cette perforation de la cornée, qui se faisait quelquefois tout à coup en Égypte, donnait àl’ophthalmie de cette contrée‘un caractère particulier. Chez un grand nombre de nos malades, elle avait lieu la première nuit de l'invasion de da maladie , et était précédée de douleurs vives, cuisantes, et de céphalalgies profondes. La petite portion de la cornée diaphane ; qui formait le dernier feuillet de l’ulcération , éclatait avec-bruit ( comme celui d’un coup de foiéts j, et cette crevasse nous a paru être le résultat de la raréfaction de l'humeur aqueuse, développée par la chaleur du climat et de la saison, et par l'inflamma:

tion. Cette humeur s’échappait au dehors avec:la membrane qui la contient, pour former hernie; la tumeur :était alors d’un gris terne; elle était de couleur plus: foncée lorsqu'elle était: formée aux dépens.de l'iris. L'une et l’autre présentaient de:la sensibilité au contact des corps extérieurs lés plus légers, êt au frottement des paupières. En général le staphylôme: qu’elles. produisaient diminuait par degrés,-rentrait dans la-chambre antérieure;::et les membranes reprenaient leur. première: position: Dans cé cas, l'ouverture de la cornée transparente se resserrait par l’affaisséement de ses bordset lais+ sait une petite. cicatrice opaque -etenfoncée; qui n'interceptait que. pendant les:premiers. tempsle passage des rayons lumineux. Dans d'autres:cas, il en restait une portion. au, dehors.;qui s'étranglait parle resserrement de l'ouverturé perdait sa.senrsibilité, et acquérait une certaine, consistance. ,; Ou bien.elle se boursoufflait, se divisait en plusietirs lobules, et..prenait un caractère;carginomateux ; surtout, lorsqu il, y, avait en RATE de vice: vénériensinnit, Hs 1h oinmeroios2ffisq { Il est arrivé aussi, dans Fete cas circonstances, que. le chaton du cristallin a été rompu, :ét:que cette lentille s’est échappée par l’ouvertureide, Ja cornée, Jorsqu’ elle a été assez grande pour le. laisser passer, Qu. est. tombée dans Ja chambre, postérieure où antérieure. Il était rare alors que l’œil ne restât, Reiné poché, parce que, les membranes étant altérées et se réduisant ensuite par la suppu-

rätion, l'organe visuel se désorganisait entièrénient et perdait ses. fonctions. On a renarqué!cé tristé résultat chez beaucoup d'habitans du’: pays prine cipalement chez les personnes indigentés} ; dub cou: chent presque nues:sur la terrelet au seréii;| se nourrissent de mauvais-alimens ; et récoivent dans le ‘jour la poussière et les rayons brülaiis du: soleil, sans chercher à s'en'garantir. Il en existait aussi un grandinombre d'exemples parñii les'qu izevingts que nousavions envoyés en France dès: lat première année G: mais cestinfortunés eurent le. malhear de faire naufrage en Sicile; où ils furent tous égorgés". ::L'inflammation de la conijonctive oculairé com: mence toujours :par les vaisseaux des dent anglés des yeux; l'injection s'étend ensuite graduellement ou tout à coup jusqu'à la cornée ‘tranispañenté. Dans ‘les: prémiérs) iémens ; CES: vaisseaux sont très-distinetss mais bientôt leursinterstides Se rémplissent, et toute la surface de l'œil se trouvé recouverte de vaisseaux téllémient:rotigés et' “bour-

soufflés ; qu'ils produisént souvént le chémüsgis. Ta partie colorante du sang s'arrête ordinairement à l'estrémité dé eux qui se ramnifient “atitous dé la ‘grande ciréonférénce de ‘la: cornée diaf raie; ce- ‘pendant ilest des’ circonstances où les vaisseaux propres de cette cornée, on plutôt de‘ha- -portion “dé la roñjonctivé qui Jar recouvre Lt ce e

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MALADIES DE ‘LA! TÊTE. TT lèt membraneux soit très-mince et sés adhérences très-serrées), s'injectent ; et. se mettarit en évidence

au-devant: de. cette cornée ; interceptent le passage des rayons. lumineux. Outre la plupart des symp: tômes, déjà décrits et qui lui:sont communs avée l'ophthalmie- de la ire ‘palpébrale ; ‘elle détermine une. doulèur locale extrémement forte; attribuée par le malade à la présence de grains de sable; mais-qui ne provient d'autre chose que des vaisseaux injectés; la douleur-est si vive que: c’est, dit un voyageur ahelais ; comme:si les prunelles étaient en feu et percées sans cesse avec des épin: gles. Il,sy joint: constamment alors obseuréissez merit dé: la vue-et impossibilité ‘de: supportèr DC lumièré, Les tuniques du globe:de l'œil participent aussi: plus :promptement de Vinflammation que dans lai première espèce d ’ophthalinie; de violentes douleurs de tête, des vertiges, de l'insomnie / de la fièvre, quelquefois même du délire, tels sont les autres symptômes: qui se manifestént ‘ét contrii buent à rendre les accidens plus ou! moins graves. La dilatation des vaisseaux de la conjonctive oculaire cause des douleurs plus vives, ayons-nous dit, que celle des vaisseaux.de la conjonctive pal pébrale : nous pensons que cette différence dépeni de ce que les faisceaux des nerfs ciliaires longs fournissent : un grand nombre. de ramuscules, qui traversent ha: sclérotique près ‘de la, cornée. diaphane, parviennent jusqu’à la superficie de ces organes.et se perdent enfin dans la portion de la conjonctive

qui. les recouvre; et: comme ces nerfs sont fournis par les ganglions lenticulaires qui appartiennenit spé icialement au grandsympathique, quelque légeré quesoit la cn de ce système denerfs, elle est con: stamment:accompagnée de douleurs infiniment plus vives etpluspénibles que celle appartenant aux nerfs. de la vie de relation.: Ce sont au ‘contraire ceux-ci quise répandent principalement dans la portion de dx con A qui A la : ‘surfe interne:des paupièresitoiton sf; 22109004 craneetns Nous avons remarqué. que la première espèce d'ophthalmie,ouicelle:qui attaque presque exclusi: vement cette conjonctive palpébrale; était: ordinairement le résultat delà suppression d'un flux diarrhéique, d’un-émonctoire quelconque ;où d’autres éruptions qui existaient primitivement à un-des points de la surface’ du corps. Ce genre d'affection était, aussi plus fréquent, surtout en Égypte, dans les saisons et dans les lieux bas-et humides, où il pouyait exister des émanations:gazeuses: plus ow moins.excitantes "et plus ou, moins: méphitiques. FE A tion pässage à Thorn, én juin 1812;10r$ de notre marche pour la Russie, forcé de coucher sur une botte de: paille dans la salle basse d’un cabaretier, où s’était fait: pendant, toute la nuit une distribution d’eau-de-vie du pays {schnaps) ,.je fus fort Cane | à mon réveil, à la pointe du jour, d’être frappé d’une ophihalinte qui me privait non-seulement de distinguer les ob jets, mais de ] percevoir à peine la lumière. Avec cet accident grave; jé me trouvai en même temps dans une sorte d'ivresse quejene pouvais attribuer qu'aux vapéurs alcoholiques dont là

-La seconde espèce d'ophthabmie, ou celle.qui s'empare presque tout à coup de la conjonctive, oculaire, et qui a pour résultat l'engorgement;, avec rougeur intense des vaisseaux .de cette: portion de membrane , reconnaissait, pour causes, prédisposantes l'action de la lumiere ardente du SO- Jeil;la réfraction ou la réverbération des, sables biblans du désert , et l’usage immodéré des.,liqueurs ladboliques , telles que Fsausesie du pays S'45 : BIEN

Parmi les plaies dut nous avons été allie en Écypte, pendant six semaines, NOUS pouvons citer encore, comme une des causes de cetteophthalmie oculaire, surtout chez Les enfans du bas peuple, qui y sont très-sujets et qui en sont presque tous affectés, la présence et la: piqüre des moucherons, insectes qui se multipliaient tellement dans; certaimes circonstances atmosphéri iques, que nous étions obligés de les secouer de la surface de nosvêtemens comme on secoue la poussière. Dans quelques,contrées , il y a eu aussi des multitudes de, sauterelles que le vent chassait et entassait par myriades dans les endroits creux , et qui devenaient, en Sa

chambre dans pan j'étais resté toute la nuit avait &té rémplie sans que je m'en fusse aperçu. Deux ventouses mouchetées, appliquées aux tempes, quelqueslotions d’eau tiède , danslaquelle j'ajoutai une faible quantité d’eau végéto-minérale ;, le grand air et l'exercice à cheval que je fus obligé de faire pour suivre les mouvémens de l’armée , étant conduit par mon domestique, suflrent pour faire disparaitre promptement cette maladie. citl 3 | | La 29

455 mwadanies pe pa mème tréfiant, u une des sources de ces ophthalmies épidémiques HR nous y avons observées. Dans tous’ les cas; si j'en excepte les agens mécaniques qui peuvent agir directement sur les tissus de l’organe:visuel , il est bien évident que pour les deux genres d’ophthalmie dont nous venons de parler, la cause déterminante et essentielle peut en être rapportée à Ja répercussion de la transpiration. cutanée, opérée par les transitions brusques de la température très-élevée du jour à celle ordinairement très - basse des nuits, surtout dans les ‘lieux humides. pri C'est du reste à l pi età l'action des incl causes signalées plus haut, et non à un principe contagieux qu'il faut rapporter l'ophthalmie grave et rebelle qui régna en Égypte parmi les troupes francaises et étrangères qui occupèrent cette belle ‘contrée pendant les années 1798, 1799, 1800 et 8or. Je crois en conséquence devoir consigner ici mon opinion sur cet objet, déjà traité par M. le “docteur Fournier, dans sa traduction des maladies des yeux de Scarpa, d’apresles notes etles renseignemens que j avais communiqués à ce: savant médecin. | % Beaucoup de médecins anglais, Horse prussiens et bayaroiïs ont prétendu et soutiennent en- ‘core quel ophthalmie qui a régné parmi les troupes ‘de ces nations;occupant les frontières de la France, dans les contrées humides et basses de la Picardie, de la Flandre, du alatinat, pendant les années

MALADIES :DÉ LA TÊTE. 4ÿi 1816 et 1817, était contagieuse, et quescette maladie avait pris naissance dans l'ophthalmie d'Égypte (également contagieuse, selon ces mêmes médecins), que les troupes de l’armée d'Orient avaient PRE de cet ancien monde où elle est endémique.. 15% 130%

Malgré toutes les ERA AU que nous avons pu faire , M. le baron Desgenettes et moi, à M. Roux, qui, en lisant sa relation à la Société de médecine de la Faculté,non-seulement nous fit connaitre cette opinion émise par les Anglais, mais nous déclara la partager entièrement, et l’exprima dans .cette æelation imprimée, cette opinion s'est répandue et accréditée. Orilest pis dns AP Te ‘une telle. erreur, et de DrduYEr que la Det n'a aucun caractère contagieux. L’ophthalmie blennorrhagique, avec suintement purulent," peut être communiquée, mais par la transmission immédiate du fluide purulent de l'individu malade sur le bord interne de la paupière de l'œil d’un individu sain , ét c’est la seule contagion que lon puisse établir. Tout autre mode de commuuication ne saurait être admis et ne peut exister; le raisonnement et l'expérience démontrent cette impossibilité.

Deux choses nous paraissent avoir fait croire à l’existence de la contagion miasmatique ; établie par les médecins que nous avons désignés : : premièrement, la propagation rapide et générale de la maladie, des premiers soldats affectés de cette

452 | MALADIES DE LA'TÊTE -ophthalmie aux troupes occupant les mêmes lieux ou les mêmes résidences ; secondement ;: chez ceux: qui em étaient guéris, les récidives de cette affection par la communication ou les fréquentations qu’ils avaient avec les malades. : © 10 Pour répondre à ces CPEAAEEES qui rentrent l'unedans l'autre, j’observerai qu’au lieu d’attribuertette ophthalmie au passage des miasmes morbides des yeux malades d’un individu à ceux d’un autre qui ne le sont point, résultat d’ailleurs nonseulement invraisemblable, mais impossible, son développement chez les derniers comme chez!les premiers, quelles que soient. les apparences de cette contagion, ne peut être rapporté qu'aux influences pernicieuses du climat, ou plutôt aux variétés singulières que les saisons. ‘ont éprouvées , surtout dans les contrées occidentales de: l'Europe, pendant les années de l'occupation 1816, 17 èt 18. En effet, ces variations remarquables et séculaires ont donné au climat de ces contrées le même caractére que celui que présentent les climats de l'Égypte. ‘et d'autres régions des côtes /d’Afrique, où l'ophthalmie est endémique, : sans’ être contagieuse. Îl: n'est bien démontré que, pendant les étés de ces deux dernières années; latconstitution atmosphérique: a offert, surtout: dans les contrées basses et humides de la Flandre, de la Picardie; de, l'Alsace et du:Palatinat, ou: surles bords des grands fleuves, les:mêmes caractèresque celles de l'Égypte ; par exemple. :Ainsile. thermo-

MALADIES DE TA TÊTE. . 153 mètre montait, dans les parties de l'Europe que je viens de nommer, pendant le jour, terme moyen, et sous l'influence des vents du sud-est ou du sud, de 25 à 55 degrés, tandis qu'il descendait, > pendä nt Ja nuit, sous celle des vents du nord-est, nord Ô D A de 11 à 9 degrés. (Cest et le caractère du climat de V'Ésy bte) Voyez à cé sujet ma ielation chirurgicale de l'armée Orient, aux articles OPATHALMIT, CLASSIPIGATION DES SAT SONS, etc.) ? ALL

Il ést facile dés lors de ne QUE les canténnëmens, campemens ou bivouacs des soldats de

dù À armée d’ occupation, sur un sol pulvérulent et plus ou moins’ aride par la disparition des moissons, les ‘manœuvres journalières des troupes ;'et la Fevere. ration du soleil sur le sol blanchître pendant « ces ‘étés brülans, ainsi qu'on l’observe en Ég gypte, ‘dé- “vaient détféées lorgane de'la vue à une irritation que détérminait ensuite 14 cause immédiate de l'ophthalmie, je veux dire la suppression subite de da transpiration cütanée, opérée par! la tränsition brusque de cette température brûlante du; jour au froid glacial de la nuit; puisque le thermomètre baissait jusqu'à 9 ct 8 degrés! Les efféts de ces transitions devaient être’ encore d'autant plus sensibles, ‘qu'il s'y joignait en même temps une humidité abondante et miasmatique que les émanations des mérs, dés lacs, des étangs et dés fleuves de ces ‘contrées Hages produisent continuellement, et que M ob dè la nuit condense et précipite sur les ob-

si MALADIES DE LA TÊTE, 4 4

V6 2 vof un

Yiations tent qui die een innotnilass no ‘vaient nécessairement recevoir les effets-pernicieux de. ces influences atmosphériques. C'est aussi ce qui est arrivé chez tous ceux qui n avaient pas RTS ces PrÉCAUtONS; et nous sayons qu elles ont été négligées; d'aprés les renseignemens que nous avons eus par un grand ‘nombre de personnes. La maladie est devére épidémique, et elle a paru contagieuse, parce que ces influences pernieieuses atmosphériques s'étendaient et pénétraient .partout, Ain$i, par exemple, les malades, :blessés où fiévreux, d’un hôpital ou d'une ambulance dont on n'avait pas le soin de fermer les fenêtres pendant la nuit, ceux qu on ne forçait pas: à conserver sur eux une couverture de, lainé et à garder un bonnet chaud, étaient frappés ;. ainsi que nous l'avons vu chez nos soldats, dans, les bôpitaux du Caire, d'une. pb qu'on attribuait mal à propos à la contagion, provenant de quelques individus . admis par. hasard, dans. les salles de ces ambulances , aux mêmes époques. où les causes étrangères à cette contagion sévissaient sur les autres malades. J’ avais offert de vérifier ces faits dont j'avais l’ expérience, à plusieurs, médecins anglais qui sont venus me consulter à Paris sur cette affection, au commencement de, 1818. D'un. autre côté, le régime et le traitement presque

tout local ou topique que lon mettait en rusape,

MALADIES DE LA, TÊTE: 455 par suite de l'erreur où l’on était sur les, vraies causes de la maladie, n'ont pas peu contribué à l'aggraver et à la propager. re peus hs

Maiscequipro uve la vérité de mon assertion, pour | lophthalmie qui a régné en Europe, parmi les troupes de loccupation, c’est que les officiers-généraux ou autres, bien logés, bien vêtus, et habitués, par Péducation et un raisonnement fondé, à mieux observerles regles d'hygiène que les soldats, ont généralement été exemptsde cette maladie, bien que ces mêmes officiers, ainsi que les officiers desanté, fréquentassent et fussent sans cesse au. milieu de ces soldats malades ou bien pontans. J'excepte toujours de cette ophthalmie celle qui peut être produite par la répercussion du flux blennorrhagique, assez commune d'ailleurs chez.les

Anglais, parce que leurs médecins traitent ce.flux üréthral au moyen des injections astringentes. L'humidité du climat d'Angleterre peut du reste très-bien favoriser le développement des ophthalmies ét les entretenir. in ossi ont : En Egypte, nous aurions également pu croire que les ophthalmiques communiquaient leur mal à nos blessés avec lesquels ils étaient traités pêleméle, dans les mêmes salles, parce qu’en effet l’ophthalmie se déclarait en même temps chez les, der: niersetmarchaîit avec la même rapidité; mais nous reconnümes bientôt que ces blessés devaient, le mal d'yeux aux mêmes causès que celles qui l'a: vaient- produit chez les premiers, c'est-à-dire à la

shppression de la transpiration cutanée: Dans les prémiers temps, nos hôpitaux étaient dépourvus des fournitures nécessaires, surtout de couvertures ‘dé lit, et les soldats d’ ailleurs n'étant point ‘habitués à la chaleur extrême du climat, ne voulaient point: $ 'assujettir à se couvrir ut la nuit; ‘maïs du moment: où ils surent mettre cette mesure à exécution, et que nous eùmes les couvertures et les capotes nécessaires pour couvrir nos malades et abriter nos soldats de limpression du serein! lophthalmié disparut. Un ophthalmique était couché à'côté d’un autre malade dont les yeux étaient

Sains ; "Si ce dernier était à l'abri de la fraicheur‘et del Hénidiee de la nuit, ses yeux restaïentintacts. Ceux chez lesquels l’ophthälmie était devenue chronique, et qui la A Nas: en: France, ne la éommuüuniquèrent point, par la même raison, à leurs compatriotes. Nous les avons vus dansinos: hôpitaux oudans les hôtels des Invalides , avec d’autres individus ou avec les autres soldats des régimens, sans que jamais on ait pu reconnaitre la: contagion suppôsée! C'est donc à tort: qu’on a‘attribué:à la propagation et à la transmission de cette maladie, les épidémies Ophthalmiques qui se sont déclarées depuis dans diverses contrées ‘de l'Europe et. dans G différentes saisons. De tous ces faits nous pouvons conclureque sans une application immédiate-de la matière puriforme dés yeux dé l’ophthalmique:sur ceux'de l'individu sain, ainsi M nous l'avons dit; il ne peut y avoir contagion, à moins que les yeux

MALADIES DE LATÊTE 459 de ce dernier sujet (que je suppose très-irritables) ne soient portés sur ceux du malade à une:si courte distance qu'ils puissent recevoir presque immédiatement les molécules gazeuses des larmes purulentes du: premier. © +1 PIRE ee Aire

:Plusieurs-médecins célèbres de l'Allemagne et: de l'Angleterre, convaincus d’ailleurs de la vérité dés assertions que je viens d'émettre, ont composé des ouvrages d’une manière ‘plus lumineuse sans doute, et dans de plus grands détails, sur l'erreur dans laquelle sont les partisans de la contagion. M. Baltz, professeur ; chirurgien en chef dela garde. royale prussienne ; a publié, dans le sens de notre. opinion ; à Berlin, année: 1824, un ouvrage COUr ronné par l'académie d'Utrecht’, et qu'il avait.ens trepris en réponse à une question proposée ‘sur cettétmatiéren Sn dr MOST ONIOUE ct AIGLE

“Ilestpossible néanmoins que les ‘émanations miasmatiques qui s’exhalent des surfaces enflamméeset ulcérées des yeux oudes paupières, se transportant à une certaine distance, très-courte sans doute; püissent produire une affection du même genre surlés'yeux d’un sujetbien portant, qui se trouverait placé dans cette portion d’atmosphère contagieuse , selon la susceptibilité où Pirritabilité extrême de l'organe visuel decet individu: En:effét, si l'oni-porte un instant son attention sur les propriétés vitales de la conjonctive oculaire et palpébrale, on est convaincu que cette membrane peut s'irriter et s’enflammer plus ou moins; selon

458 MADADIES DE LA TÊTE l'idiosynerasie des sujets, sous le contact immédiat de certaines substances ou de certains liquides , qui n'ont d’ailleurs aucun effet remarquable, sur d’aütres organes en apparence plus irritables et plus sensibles, tels que les membranes muqueuses des viscères, tandis que celles-ci sont violemment irritées par des substances qui ; à leur tour, restent sans action sur la conjonctive; mais cette dernière est encore susceptible de:, recévoir les impressions de différens degrés de température. Ainsi, par exemple, les hommes qui dirigent, en Égypte, le four à poulets , mesurent, par les changemens qui surviennent à cette membrane, la chaleur de ces fours , comme s'ils faisaient.usage d’ün thermomètre, et ces sensations,sont.reques, par cès sujets ; avec tant d'exactitude et, de régularité, qu’on trouve rarement un demi-degré-ou un degré de variation au u plus avec. l'instrument bn tee ee pf: re hé “Nous pourrions encore nous citer pour exemple de la possibilité d’une ophthalmie développée à l'instant même , par le contact de-certains.effluves miasmatiques d'un caractère infect ‘etirritant, réçus à la distance de quelques pouces: le. fait suivant confirme la vérité de cette. assertion, sans détruire celle déjà émise. 440$ 0 -ÏLenommé Bonneau, soldat au 6%;régiment d'infantérie de la garde, âgé de 57 ans; avant d'entrer au service militaire, et pendant quil faisait les fonctions de garçon: boucher, fut,.chaïgé; en

MALADIES DE LA: TÊTE. 459 1814 *, par lé chef de la boucherie, d’écorchier et de faire l'ouverture d’une vache qu'on avait soup- -éonné être frappée du charbon. A peine la’ première inicision :du ventre fut-elle faite, que rée jeune homme fut subitement frappé dé vertiges -eti de la perte instantanée de la vue. I -4vait sensiblement ressenti sur le visage l'impression subite d’une vapeur chaude et d’une odeur déspos “tt s'étaient dégagées du ventre de l'animal : | ces dhiers effets succédèrent une oplithälmie aiguë: devenue puriforme et qui s'est conservée à des degrés différens, jusqu’en 1824; ainsi qu'une ‘éruption de petits boutons charbonneux qui se mäanifestä, dans les premières vingt-quatre heures, sur divers points de la face. Ce sujet, qui n'await d’ailleurs jamais été affecté ni dé syphilis, ni dé gale, ni d'aucune maladie herpétique; dut subir plusieurs traitemens pour se débarrasser de ces affections : l’ophthalmie seule a résisté, et s’est compliquée par la suite d’une dilatation anormale dans les pupilles et d’une irrégularité démarque däns la perception des petits Midi | Nous parvinmes cependant à rétablir dec tions de ces organes, en employant pendant un ‘certain témps les révulsifs , et en faisant nsage:.de la'pommade Buti-ophihalaiques ainsi de des sad

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“res détersifs et: légèrement caniptéres dont la formule sera donnée plus bas: 7:10 ue LL -Jervais maintenant reprendre la description de Popithaltités et pe le traitement ms be:5et | être deplus avantageux. » LES TEE NSIPERS :Parmiles terminaisons de cette maladie, l’hy- ‘popionnes’est présenté que rarement. Ils’annonce -Par un point opaque, dans la cornée transparente, qui-dérange le passage du cône visuel. Ce point augmente graduellement, fait saillie sur la surface de Tœil', et'occupe une: plus ou’ moins ‘grande | étendue de la cornée dont les feuillets sont écartés. On distingue l'hypopion de lataie, ou albago, à une légère fluctuation dont on peut se rendre compte aisément , à l’aide de l'extrémité d’un stylet. -: Lorsque le sujet estirritable et l’ophthalmie‘ancienne;-lengorgément de la conjonctive-devient souvent très-considérable : cette membrane forme unbourrelet autour de la cornée, et dépasse lespaupières; . celles-ci se renversent, se: tuméfient, et offrent la plus-grande résistance à la réduction. Les cartilages tarses participent rarement à cette inflammation. Lorsque cet accident: arrive stlés conduits lacrymaux , pratiqués dans leurépaisseur, se détruisent par la suppuration qui en est ordinairement la suite; les paupières perdent: leur #orme:et se rétractent. La perte de la vue a lieu presque toujours aprés, par l’inflammation consécutive qui survient-au globe de:lœil. y en, ai vu

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