‹ Clinique chirurgicale (volume 2)Chapitre 7 sur 26 · ET NOTAMMENT SUR: CELLES D'ARMES A FEU · texte numérisé non relu

ET NOTAMMENT SUR: CELLES D'ARMES A FEU

A vanr de recueillir et de classer méthodiquement les nombreuses observations qui ont été le résultat de mes recherches et de mes travaux sur le grand nombre de maladies chirurgicales que j'aieu occasion de traiter dans les camps ou les hôpitaux, pendantlaguerre mémorable quis ‘estpropagéedans les quatre continens, je he permettrai quelques rétlexions sur les solutions de continuité qui peuvent léser nos parties, bien que ces maladies soient décrites par les auteurs classiques. Je porterai surtout mon attention sur la nature des plaies d'armes à feu et sur le traitemerit qui leur convient. Appelé par les cris perçans que la douleur arrache aux blessés abandonnés sur le champ de bataille, attiré par la voix plaintive des mourans, et voulant principalement donner aux préceptes qu'on doit suivre : toute l'utilité dont ils sont susceptibles, j je ne craignis point, dès les premières hostilités de cette guerre, de porter au milieu des combattans les se- ROUTE de mon art, Ce fut alors que je créai ces am- LE I

bulances légères qui ont soustrait tant de victimes aux coups meurtriers de la parque fatale; et ce fut aussi sur ces QE ls de gl6ire et de carnage, si j'ose parler ainsi, que j'ai'acquis la conviction de la nécessité d'opérer à l'instant même ceux dont les membres étaient mutilés ou désorganisés par les projectiles. Sans la prompte application de ce précepte, combien de généreux défenseurs auraient subi le sort de ces Soldats qui, dans les guerres antérieures, n'étaient retirés du champ de bataillé que long-temps après, et seulement lorsque les arnbulances, alors pesantes et plus où moins émbärrassées dans leur marche, s'étaient rendues sur le terrain pour les enléver et les transporter aux hôpitaux, seul théâtre où l'on pratiquait les opérations ün peu g graves! Ceux dont les blessures dufaientréclamé les secours de ces ambulances, pea d'instans ou peu d'heures après les coups de feu, n'éxistaient déjà Hit et les premiers orages étant passés chez ceux qu’on trouvait encore en vie, on avait etr raison, sans doute alors, de compter que leur salut sérait d'autant mieux assuré qu'on né pratiquerait qu'après la cessation de tous les accidens les opérations qui paraissaient indiquéés. Aussi de ces blessures {au secours desquellés on arrivait trop tard, et qui en raison du développement des accidens commandaient une lente prudence), les chirurgiens du dernier siècle avaient-ils voulu tirer la justification des avantages, pour tous les cas, des amputations tardives, et avait-on établi

GÉNÉRALITÉ DES PLAIES. 3 une solution dans ce sens sur ce grand problème proposé et si long - temps. agité par l'académie royale de chirurgie ; problème que quelques personnes, de l'art;. d'un nom. célèbre , considèrent encore aujourd'hui sous le même, point de; vue que ceite illustre compagnie. Mais aucun de;ces chirurgiens, j'ose le dire, n’a été témoin, de, ces mutilations ou de ces grands désordres physiques que les armes à feu produisent dans.les combats opiniâtres où l'on dispute, presque! corps, à corps, quelques portions de. terrain ou, quelques fortifications entamées. Bien que le fracas, de la guerre ait retenti Jusqu'au sein de notre capitale, Je puis dire que les résultats des combats qui, ont eu. lieu. sous ses murs n'ont point été ,COMpPArables à ces batailles sanglantes qui ont teint. du sang, humain les champs d'Italie, d'Éeypte, de la Germanie, .de la Pologne, de l'Espagne.et dela Russie : aussi est-ce pour avoir mis en pratique les préceptes de l’ancienne académie pour le.petit nombre des défenseurs de cette grande cité (Paris), dont, les blessures ont nécessité quelques, grandes opérations, quel leur. succès n a point généralement répondu .à l'attente der nos chirurgiens. Je me borne maintenant à cette réflexion , me réservant de traiter dans toute son étendue cet.important sujet à l'article qui le concerne, et, sans perdre de vue les Principes de lé’science, je put ch parler l'expérience, dont j'offre spécialement les résultats aux Jeunes chirurgiens militaires.

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atenabhos ! ‘te Plaies: d'armes blanches.i* 39 940840

11 Les plaies sont des solutions de continuité ré- ‘tentes faites à nos ‘parties par une Cause quel ‘conqué qui en à détruit l'intégrité. Si là plaie est le’ résultat d’un instrument tranchant très-acéré, “elle ne démande qué la réunion. Les prémiersiphéñomènes qu’elle présente, en supposant qu'y ait que la peau et les muscles de divisés, sont là ré traction dé‘cés parties, effet de leur eSkbité et de leur contr actilité. Pour que la réunion soit exacte ét! péü pénible à la nature, il faut premièrement écarter les angles de cette plaie et en rapprocher les Bords. Pour cela, il faut mettre les parties divisées ét sous-jacentes dans le plus parfait relâche ment, et celles qui sont diamétralement oppasées ét antagonistes de LEE dans la Le parfaité extension. je Lt

Les moyens qu on emploie pour obtenir la rétiion consistent à seconder les effets de la position du membre, à s'opposer à son déplacement et à ‘fixer les lèvres de la plaie dans un contact immédiàt. S'il n'y a que la peau de divisée, les puissances qui n’agissent que sur elle sont suffisantes , et par conséquent on remplira cette indication à l “de de bandelettes agglutinatives soutenues d’un bandage simple et contentif. A'cette occasion, je dirai que le moyen le plus simple et le plus avantageux est, après qu'on a lavé cctte plaie, dela fermer et

GÉNÉRALITÉ DES, PLAIES, D de la laisser jusqu’à l’époque où l'on juge qu'elle est cicatrisée, afin d'empêcher le contact delair qui lui est toujours nuisible; résultat que l'expérience a fait souvent vérifier. Aussi, par suite de cette «expérience ou d’une tradition immémoriale, la plupart des sauvages du nouveau et de l’ancien continent, et les Arabes de l'Ésypte s'empressentils de recouvrir leurs plaies, aussitôt qu'elles sont produites, avec une sorte de taffetas enduit de baume, et le laissent-ils en place jusqu’à l'époque de la parfaite guérison, qui s'obtient généralement, sans efforts et en un laps de Feel trèscourt.

‘Pour réunir et fixer en contact les muscles divisés, ilfaut des moyens qui agissent dans toute leur étendue, les maintiennent comprimés, et assurent constamment la position qui a été donnée à la partie. Le bandage unissant présente ces trois avantages. Il varie suivant la forme et la situation de la plaie. Il convient particulièrement pour les plaies transversales des membres.

Lorsque la solution de continuité est telle que d. moyens donton vient de parlersontinsuffisans ;, on arecours à une puissance plus énergique;la suture, moyen indispensable par le défaut d'appui que les parties offrent au bandage, soit à raison de l’étendue de la plaie et de l'impossibilité de maintenir les bords rapprochés par d’autres moyens, soit à raison de la mobilité continuelle et de la rétraction des parties; c’est ce qui arrive, Hs exemple,

dans les plaies étendues et longitudinales du basventre *, celles qui divisent les paroïs molles de 1a bouche, d’autres parties dela tête, du col et dutronc, étmême, pour quelques cas, dans la division pro: fonde et très-étendue des muscles des membres.

‘ La suture est une opération de chirurgie par laquelle on fixe dans un contact immédiat les deux lèvres d’une plaie, à l'aide d’une ou de plusieurs aiguilles garnies d’un cordonnet plat de fil ciré. Pour donner une idée de la nature et de la forme des aiguilles, je vais PRE d’une manière trèsabrégée le mémoire que j'avais fait sur ces instrumens, lequel fut couronné d’un accessit au grand prix par l’ancienne académie royale de chirurgie.

Dans ce mémoire j'ai tâché d’abord de faire connaître les inconvéniens des aiguilles qui avaientété usitées jusqu'alors ; j'ai décrit ensuite celles que j'ai imaginées , et J'ai développé les avantages qu’elles présentent. Elles sont d’un acier fin et de bonne trempe; on doit en avoir de grandes, de moyennes, de petites, et de très-petites pour la suture des plaies du bas-ventre, du col, de la face, des oreilles et des paupières. Elles sont courbes, de manière à former le demi-cercle; les extrémités sont parallèles. La pointe a la forme d’une petite lance ou pique légèrement courbe; cette pointe est assez

4 Nous verrons, à l’article des plaies de cette régions si cette. suture est aussi souvent indiquée que l’ont pensé les auteurs.

aiguë , et elle est tranchante sur les côtés. Les tranchans se terminent vers le corps de l'aiguille par deux angles arrondis, formant sur ce même corps une saillie plus ou moins grande, selon la dimension de linstrument. Ce corps a la même largeur et la même épaisseur dans toute son étendue; il est poli sur ses deux surfaces ; ses côtés sont arron+ dis et un peu plus minces que le centre. ; : L'extrémité opposée à la pointe, c’est-à-dire le talon, est percée d’une ouverture transversale et carrée, distante d'environ cinq millimètres de cette extrémité, et creusée par une gouttière plane propre à loger le cordonnet où le ruban de fil. Ces aiguilles passent dans la peau avec aisance, et ne forment qu’une plaie simple, dans laquelle le ruban de fil’est libre et conserve sa forme aplatie, ce qui maintient parfaitement les lèvres de la division. Ces petites plaies faites par les aiguilles ne sont jamais accompagnées d'accident; et lorsque le cordonnet de fil.en est extrait, elles se cicatrisent trèspromptement.

En comparant ces aiguilles avec celles di anciens et des modernes, il sera facile d'établir la différence qui existe entre elles, et d'apprécier les avantages qw’offrent celles qui passent dans la membrane dense et élastique de la peau sans aucun obstacle, en ne formant que des plaies semblables à celles qui sont produites par une lancette”.

4 Voyez la planche.

Je me suis servi de ces aiguilles * un très-grand nombre de fois, et toujours avec la plus grande facilité.

Les sutures sont distinpubes ie en entrecoupée, emplumée ou enchevillée, entortillée, et en celle du pelletier. La première convient dans presque tous les cas où la suture est indiquée ; la seconde est employée principalement pour les plaies du bas-ventre; l’entortillée est mise en usage pour le bec-de-lièvre, et les autres pour les FE de l’estomac.et des intestins. : |

Lorsque ces premières indications ont été remplies, il faut seconder le travail que la nature opère dans la plaie, depuis ce moment jusqu’à la parfaite cicatrisation ; à laquelle elle parvient par des nuances insensibles et de la manière suivante:

Dans les premiers instans, l'irritation des parties détermine dans l’épaisseur des lèvres de la plaie un gonflement inflammatoire plus ou moins grand

! J’ai présenté également à cette même académie une seconde aiguille pour l’anévrisme. Elle ne diffère dela pre mière que par la forme de la pointe, qui est mousse, assez mince et arrondie, de manière qu’elle peut aisément passer à travers le tissu cellulaire ; mais elle ne peut piquer les cordons nerveux, ni couper les branches collatérales de l'artère que l'on doit lier. L'ouverture destinée à recevoir le petit ruban de fil est disposée de la même manière que celle de l'aiguille à à suture, Seulement l’aiguille à ligature est un peuflexible , pour suivre sans obstacles Les contours qu’elle a quelquefois à parcourir,

GÉNÉRAIITÉ DES PLAIES. 9 qui en augmente le volume; cet état est accompagné d’une légère douleur, de tension et de chaleur, et, après avoir suivi ces périodes, il se termine par résolution; ou par un suintement purulent ou séreux : alors les bords s’affaissent, les vaisseaux deviennent libres, contractent des adhérences, la plupart par leurs émbouchures, et établissent entre eux une communication plus ou moins parfaite; les fluides y circulent et communiquent d’un bord à l’autre. Lorsqu'il y à perte de substance, la cicatrice est enfoncée, sensible et facile à rompre ou à déchirer, ce qui prouve la non-régénération des chairs.

Pour seconder la nature dans ce travail, il faut faire observer au malade le plus parfait repos, le régime ou la diète; employér les topiques convenables pour diminuer linflammation, si elle est trop forte, pour apaiser la douleur et entretenir le ressort des parties. On arrive à ce but en ne levant le premier PHPARrS que le plus tard possible.

Les auteurs ont désigné sous le nom de plaies composées celles qui, après avoir divisé les parties molles, divisent les parties dures. Cette distinction est parfaitement inutile, car lorsque. ces divisions ne sont point suivies de fracture, d'éclat ou de contusion à l'os, l'indication et le traitement sont les mêmes que pour les plaies simples.

La plaie compliquée est au contraire une solution de continuité accompagnée de circonstances plus ou moins fâcheuses, qui présentent des indi-

cations nouvelles. Ges complications : ‘peuvent dépendre dés causes qui ont produit la plaie, des accidens qui accompagnent, ou de quelque ma ladie dont !lesujet peut se trouver à SA ice que l’érysipele, le. phlegmion, etc 'o rio 29! 21088 Lorsque la totalité ou une portion du corps qui à 4 produit la solution de continuité est restée dans les chairs, elle forme une complication connue sous le nom de corps étrangers. La présence seuleide ces corps pouvant déterminer tous les accidens dont nous venons de parler , ‘il est urgent d’en.faire l'ex: traction, pourvu qe les moyens iqu'on:est obligé de mettre en usage afin de parvenir à ce-but, ne soient pas plus pernicieux au sujet:quede'séjour ” ces corps étrangers dans les parties. | Nous ne parlerons point ici de ces différentes complications, parce que nous aurons occasion de nous en entretenir dans exposé que nPUANORS des plaies d'armes à feu. Te Maintenant nous continuerons nos réflexions sur les solutions de continuité dénommées d’après les causes au lés déterminent : telles sont les plaies par piqure , par arrachement, et celles qui sont produites par la morsure des” animaux enragés et higa animaux venimeux.

Plaies par piqûre.

Les piqüres, qhi sont le résultat de l'action d’un instrument plus ou moins aigu, présentent | des différences relatives à la naturé de l'instrument

| GÉNÉRALITÉ DES PTAIES. LE quilessproduitet aux parties qui ont été léséés; en général, elles sont suivies d’une irritation: locale plus’ou moins forte (si nous en exceptons cepéndant les piqüres faites par les aiguilles très-firies qui servent à l'acupuncture ; ‘et qu'on fait: passer facilement et.sans douleur à travers les mailles des tissus charnus), d’une inflammation proportionnée, et quelquefois d'accidens nerveux très-graves, dont nous aurons encore occasion de parler à l'article de lapiqüre de certains insectes et des serpens venimeux. Ces sortes de plaies commandent le débridement des parties lésées, l'absorption des fluides épanchés, une compression méthodique et le régime anti-phlogistique. Le débridement fait, lorsqu'il est nécessaire, on applique avec un grand avantage sur ces plaies les ventouses, auxquelles . on peut'ajouter des mouchetures plus où moïns profondes, selon le besoin; et l'application des topiques appropriés, tels que des comprésses et un appareil imbibé d'une liqueur sédative et résolutive. Ces-préceptes recevront un plus grand développement dans la description des plaies que nous aurons à traiter aux différentes régions du corps.

Plaies par arrachement.

Les plaies par arrachement différent des autres solutions de continuité par la forme, les phénomênes qu’elles présentent et les accidens qui en sont la suite. Elles sont ordinairement très-irréguliéres, et laissent apercevoir les fragmens des

parties séparés les uns des autres et plus:oumoins rétractés selon la contractilité de ces parties; les lèvres de ces plaies formées par les tégumens sont ordinairement. boursoufflées et recourbées ‘en :dedans. Il y a rarement hémorragie , parce, que les artères rompues se crispent sur elles-mêmes; leurs parois, qui s'enflamment promptement, contractent une adhésion mutuelle et préviennent ainsi l'évacuation sanguine. La douleur est vive et se fait sentir très au loin, principalement dans les trajets nerveux; elle est souvent accompagnée de frémissement dans les parties Motel d'une espèce d’engourdissement.

'inflananatioh: > l'éréthisme, les mouvemens convulsifs, quelquefois le tétanos, des dépôts consécutifs et des fusées , telles sont les suites de ces sortes de solutions de continuité, heureusement assez rares, mais dont on trouve cependant encore trop d'exemples. |

Elles peuvent être le résultat de. l'arrachement

d'un membre, comme d’une de ses parties. J'ai vu

beaucoup de cavaliers qui ont eu un ou plusieurs doigts arrachés, lorsque, conduisant. leurs chevaux à l’abreuvoir, ils les tenaient imprudemment par les rênes très-minces du bridon entortillées sur leurs doigts. Ces chevaux effrayés, en faisant des écarts inattendus, exercent une traction'si brusque et si violente sur les liens qui les retiennent, que la puissance surpasse la résistance opérée par. la main du cavalier, etque non-seulement le doigt est

GÉNÉRALITÉ DES: PLAIES: 13 arraché à l'articulation JARnBIEe ; mais qu'encore les tendons qui! s’attachent à l'extrémité: de: cet appendice sont séparés au loin, à Ie insertion dans l'épaisseur des muscles: 1560

Lespremières indications à remplir consistent à inciser, par des rayons divergens;'les tégumens qui forment les rebords de.ces plaies; les gaines fibreuses ; les aponévroses;: à exciser tous’ les lambeaux désorganisés Ides muscles ‘ou des tendonsrqui dépassent le:niveart de la solution de continuité, et à lier, autant que possible, tous les vaisseaux apparens,ou dont là recherche ne serait point dangereuse. Il faut ensuite rapprocher les bord$:de:ces pläües!, sans chercher à en opérer la réunion trop immédiate; exercer une compression méthodique sur toute la région blessée au moyen d'un bandage contentif dont les pièces seront imbibées d’une liqueur sédative et légèrement tonique, etconserver

Je plus long-temps La à cet peste sans an # soit tenonwele. à SES © i

| Plaies faites par “f animaux, enragés.

Les LU préduiees par les: änititux ‘cnragés sont des solutions de conitinuité inégalés, contuses, accompagnées de douleurs vives ; et en général de tous les accidens qui surviendraient dans les . Piqüres où l’omferait distiller une substance vénéneuse Néanmoins avant de prononcer sur l'état de Panimal:qui a fait la plaie} il importe de connaitre quels sont les signes et les symptômes qui

t GÉNÉRATATÉ DES’ PLAÏES:

prouvent qu'il est enragé (voyez: àicette: occasion les, aiteurs qui: ont: traité pie) des Phyäro: phobie ). a É Lot té eût à Joe o9ibu GET V4 Les accidens déco 1e 1 nl 4 2 paË éëtte maladié ne se: développent presque jamais sitinédiatementaprès lxmorsure; quelquefois il s'écoulé une distance de trente à quarante jours avant qu'ils surviénnént ; quelquefois aussi ils se déclarent dans les premièrés vingt-quatré-heures.La plaie elle mérë me présente que l'aspect d'une simple plaie contuse;, dans laquelle s’introduit presque toujours une plus ou inoins-grande quantité ( della'salive: dé lanirhal: l’altération de ce fluide est siforte fie d'est à Son passage dans toutes les partiés des ir dividwque lon doitattribuer tous’ pe accidénsiqué nous allons décrires: ::5 53:22: 101294 LS HO ‘Le ! Gette plaie:est séconanagé lé dé douléur, d’ün Libé: engourdissementdans la partie, ‘et d'unié plus Ou moins grande: inflammation ; peu à peu les par ties se tuméfient; l'homme entredanisünt état d’anxiété, ses yeux deviennent bagards; les larmes coulent involontäirement; son teint se décolore, ses, forces S'afaiblissents son sommeil.est interrompu par, des rêves sinistres; il perd l'appétityil sisole. de la société, cherche la. solitude, éviteola lumière vive, -ippréhende. toute éspècede liqueuts ou boissons; il s’atiriste par momens, tombe dans une espèce d'assoupissement; se réveillé en sursaut et entre dans une $orte de fureur;lal éprouve des serremens . de: cœur, de légères difficultés de

GÉNÉRATATÉ DES /PLAIES. | 15

respirer , destiraillemens danstous les mémbres! et une espece de strangulation qui augmente par 14 chaleur du corps; «il survient des douleurs dé têté, quelques vertiges par instans, ‘et .. moin VERS

de fièvre-plus ou moins/rviolens, bc) 10 mont , Attous ces accidens qui augmentent rapidentént, étaient bientôt ceux qui caractérisent IE frénésie : les malades manifestent la propension ‘dè tomber sur'leurs semblables pour’ les inordre; ils chérchent à lesétrangler; mais on en est averti par des cris lugubres où par dés menaces que font ordinairemént cés maihéureux. L'aspect de l'ex leur faitune impression désagréable ét'terrible, ils en ont horreur; il se déilète des Motuüvemens ‘cConvulsifs ; ils éprouvent de très-srandes difficultés" À avaler; leur salive éort en den: devient blanche et écumeuse comme celle dès animaux : c’est à cette époque que $ observent, chez la plupart des sujets, des vésicules bleuâtrés que nous croyons appartenir au boursoufflement partiel des veinés raninés, ‘et dont l'ouverture peut être salutaire dû malade par l'émission sanguine qu'elles produisent ordinairement. Ils portent machinalement la main vers la région du col, comme pour vouloir indiquer le: foyer de leur maladie; en effet, ils rapportent dans ce point presque toutes les douleurs qu ils éprouvent pendant sa durée, et il parait que son principe se fixe principalement sur les nerfs.du pharynx et du larynx, car l'ouverture des.cadavres nous a fait apercevoir plusieurs

fois que ces parties sont les plus affectées. Toute la machine s'irrite, s'enflamme ; les ofganes tombent dans un désordre total; les muscles entrent dans des convulsions affreuses; la chaleur et la fièvre s’allument, et l'individu périt dans des tourmens horribles le septième, neuvième ou onzième jour de l'invasion des A oi rarement passé: -t-il le treizième, | LAS |

IL est difficile Aa comment le virus Lu la rage peut rester plus ou moinslong-temps dans nos parties, s y développer ensuite. et finir par déterminer d'aussi terribles effets. IL paraitrait néanmoins que ce virus, d’une nature très-subtile, mais inconnue, aurait une affinité. particulière avec les nerfs, et se porterait de préférence sur le système nerveux, dans lequel il pourrait rester latent pendant un laps de temps plus ou moins considérable, le plus ordinairement, comme nous l'avons dit, trente ou quarante jours. Ses effets, Jorsqu’il se A laipe. sont purement nerveux; et, c'est ce qui semble justifier cette assertion ”. Cepen-

:: *. Courmontagne (Pierre), âgé de vingt-deux ans, : soldat au 1* régiment des cuirassiers de la garde royale, avait été mordu ; à l’âge de quatorze à quinze ans, par an chien enragé, à la cuisse droite, où s’apercevaient encore des cicatrices irrégulières : l’animal était mort de cette maladie. i

Depuis cette époque, Courmontagne n’a cessé d’éprouver une sorte d'affection nerveuse, accompagnée de $pasmes et d’aberration passagère dans les facultés intellectuelles, à tel

point que, depuis son entrée au service militire, ses cama

GÉNÉRAIITÉ DES PLAIÏES. 17

dant, pour en démontrer. la vérité, nous allons

rades cherchaient à s’en isoler, et qu’il avait été changé deux fois de régiment. Il était irascible et assez souvent agité par des mouvemens automatiques ; on observait chez lui une’ loquacité bruyante et irrégulière. Il était maigre; ses yeux étaient hagards; il avait des vertiges :et des éblouissémens fréquens ; son teint était coloré; son pouls, presque toujours vibrant et serré. Il a toujours éprouvé une sorte de répugrance pour l’eau pure et limpide, et il n’a jamais manifesté le désir de faire usage de cette liqueur , même dans les circonstances où ses compagnons, tourmentés par la chaleur du jour, s’en abreuvaient en sa présence. Néanmoins il buvaït les tisanes amères, et autres liquides opaques et colorés, avec plus ou moins d’avidité.

Tel était son état, lorsqu’il vint à l’hôpital de la "4 royale, le 29 mai 1821, pour une entorse qu’il s'était faite au pied droit dans des courses violentes. Bientôt après, à ce trouble “général et habituel vinrent se joindre des symptômes de nostalgie, et Courmontagne annoncait hautement le désir d’être réformé. Dans cette intention , loin de se laisser guérir, il employait secrètement laligature et la position défavorable du membre pour le faire en gorger. En effet un point gangréneux se manifesta vers la partie antérieure du pied et prit un accroissemént rapide; enfin, la totalité de ce membre fut frappée D ip ce qui en nécessita l’amputation.

“Après quelques orages d’irritation traumatique , augmentés instantanément par des écarts dans le régime prescrit, la plaie ‘avait déjà parcouru toutes ses périodes, et était aux deux tiers de sa cicatrisation , lorsqu’au trentième jour de lopération , le “Malade montra tout à coup une aversion marquée pour toutes sortes de liquides transparens , et donna des signes d’une aug mentation de spasmes et d’inflammation cérébrale. Il éprouva des mouvemiens convulsifs, des serremens de mâchoire avec

fapporter er aperçu les expériences du taléire Rossi, professeur de l’université de Turin.

e FA V4 Pr 1 JR

grincemens de dents, et il entra dans un véritable état de.conitraction, tétanique. Toûtes les excrétions se supprimèrent, le -spasme et; la raideur prirent une nouvelle iitensité, et ce soldât

-mourut dans la nuit du trenté-deuxième aû trente-troisiènie

Te

Peer de cut: vrai : xGbHie pendant sa vie toit avait fait présumer que l’affection maladiye existait au cerveau , ce fut par cette cavité qu’on -commeEnça Pouverture, du cadavre. Voici les désordres nombreux qu’on. y. rencontra : hiÿpertrophie du crâne; principalement à la région occipitale; engorgement considérable des vaisseaux des méninges et du cerveau, ainsi que dusinus longitudinal supérieur et des plexus choraïdes ; légères granulationsà la périphérie des hémisphères; environ une once desérosité,jautnâtre dans les ventricules latéraux fermeté et .densitéide tout J'encéphale, du prolongement rachidien ; et surtout de laïprotubérance annulaire; dans l’épaisseur de laquelle on observait .une fteinte rougeûtre , également très-manifeste dans les couches des nerfs’ optiques : le névrilème de, la plupart des nerfs dela moelle allongée , près. de leur origine, PArDPAPAIt. de. cette teinte rougeâtre enflammée. PAU: © TNA

Les.voies aériennes, que nous avons examinées: ‘ayec soin , ainsi que le système muqueux du canaläntestinal, ne nous ont offert rien de pathologique ; les poumons , à quelques, adhé-

.rences anciennes près, et tous les vicères abdominaux se sont

trouvés dané l’état naturel. Le foie seulement avait acquis de . Pépaisseur. et était dans un état d’hypertrophie ; mais: à notre grande surprise, nous n’ayons yu dans de péricarde aueune trace d'inflammation ; il avait contracté une adhérence intime, sans doute très-ancienne, avec toute la périphérie du cœur ou

sa membrane capsulaire , avec laquelle cette première tunique

sero-fibreuse était totalement confondue. Les cavités du cœur

GÉNÉRALITÉ DES PLAÏTS. 19

Ces éxpériénces consistent à fairé une incision dans une partie chärnue d’un animal sain et bien portant, et à renférmer dans cette incision ‘uné portion de nerf extrait, à l'instant même, ‘d'un autre animal frappé du’ la rage, et bénänt Pun dés plus forts accés. Aux époques fixées par 14 nat ture, le premier devient également enragé , et meurt des mêmes accidens.

C’estencore une question bien difficile à ré soudre. que celle de savoir si le virus: rabiéique peut se communiquer d'un individu à l'autre par l'intérmédiaire d'une liqueur excrémentitiellé, ou passér de la mère à l'enfant par la circulation. Lé raisonnement des auteurs ne nous a tien ‘donné de satisfaisant à cet égard, et l'expériencé n’est pas | ÿ | | D FNOVTU2 étaient très-rétrécies, et les principaux vaisseaux qui ÿ prent “ent "08 avaient perdu le tiers à peu PL leur ‘dia: mètre * DR

La plaie du moignon, presque totalement cicatrisce , n toi: frait rien de particulier.

D’après cet exposé, il est évident que les symptômes et les accidens qui se sont manifestés chez le sujet de cette observation appartenaient indubitablement au virus rabiéique inoculé par Ja morsure de l'animal atteint dela rage, qui mourut peu d'heures après de cette maladie, et 4e ce virus est resté latent sans produire d’accès violens, jusqu’à l’époque où lescauses déterminantes dont nous avons parlé paraissent-en avoir développé les effets. Tout semble prouver aussi qu'il s'était concentré dans les systèmes encéphalique et nerveux.

* Cette pièce pathologique a été présentée à la Société médicale d’émulation, dans sa séance du +8 juillet 1827.

assez étendue pour nous permettre de prononcer. . De tous les anipaux, les loups, les chiens et les chats sont les plus exposés à la rage ; l’homme tombe rarement dans les :accidens qu’elle détermine, sil n’y a pas eu communication de virus. Elle parait avoir pour causes prédisposantes , chez les animaux précités, la chaleur du climat, l'usage d’alimens salés, le grand REFTELUR la soif, et principalement la chaleur amoureuse dans laquelle ces animaux restent pendant long-temps, et presque toujours sans boire ni manger. ENS ar Lescauses déterminantes sont les douleurs de dents ;, lengorgement des glandes maxillaires, déterminé. ordinairement par le passage subit du chaud'au froid, ou un dérangement quelconque survenu dans les organes de la déglutition, produit par la présence de fragmens d’arêtes, ou de quelque portion d'os plus ou moins aigué fixée dans ces parties et qui les irrite. PAT Bart ‘Les chiens enragés sont plus fréquens dans les climats chauds que dans les tempérés; et si la rage n'a pas été observée en Égypte, ou ne l'a été que très-rarement, cela dépend du caractère particulier des animaux, etde leurmanière de vivre: En effet, les chiens de ce pays sont dans une inaction presque continuelle ; ils restent couchés pendant le jour , à ombre, dans l'eau, ou très-près de vases qui en sont remplis, préparés par les Égyptiens à leur usage, et qu’on a soin de renouveler tous les jours. Ils ne marchent que pendant la nuit, ét ne

GÉNÉRALITÉ, DES. PLAIES.! 1 manifestent qu'à des époques. très-éloignées, et pendant quelques instans seulement, les symptômes et leseffets de l'amour; on les voit rarement accouplés , et s’il se trouve umrsi grand nombre de ces animaux dans les divers endroits de l'Egypte, c'est parce qu'on n’en détruit aucun, et qu ils habitent constamment les côtés des rues, sans Jamais entrer dans les maisons.

Le pronostic de lhydrophobie est en rémérii

très-fàächeux. Lorsque les accidens sont déclarés, l'art n'offre presque aucunes ressources, et l’homme qui en est frappé est en quelque sorte ttes à périr, à moins que la nature, par des circonstances imprévues, n'établisse une crise favorable, comme on en a vu quelques exemples.

EE préjugé et l'usage ont fait employer différens moyens pour terminer promptement les souffrances et la vie des malheureux hydrophobes. Les uns leur faisaient ouvrir les quatre veines, et les autres cherchaient à les étouffer; d’autres encore les faisaient piquer par des animaux venimeux tels que la vipére, dans l'idée que le virus de ce reptile devait neutraliser celui de la rage. Tous ces procédés, contraires aux principes de l'art et de l'humanité, tiennent de la barbarie et ne peuvent, être employés dans aucune: circonstance. S'il n’est pas possible d’administrer les remèdes convenables, il faut abandonner les malades aux seules ressources de la nature, en les mettant seulement hors d’état de nuire à leurs semblables.

Lorsqu'il est encore temps au contraire de porter des secours aux Personnes qui ont été mordues par un animal enragé, il faut mettre très-promptément en usage lestremèdes appropriés. L'indication qui nous paraît la plus simple est de s'opposer à l'intromission de la substance vénéneuse vers l’intérieur du corps et de détruire les effets de ces plaies contuses et déchirées. Pour cela, il faut d'abord débrider la solution de continuité; appliquer sur elle une ou plusieurs ventouses, afin d’absorber les fluides des vaisseaux ouverts, saturés du principe vénéneux, et la cautériser ensuite, soit avec le fer rouge, soit avec de la potasse concrète. Il est prudent ensuite de seconder l'effet : de ces topiques par l'usage des autres remèdes qui ont obtenu le plus de succès; par exemple, lammoniac combiné avec une infusion de plantes amères; les narcotiques et les anti-spasmodiques, tels que le camphre, l'opium gommeux : on les ferait précéder de la saignée générale et de Papplication des ventouses scarifiées, posées sur les côtés du rachis et à l’épigastre, parties sur lesquelles on pourrait faire journellement des embrocations d'huile de camomille camphrée. À l'aide dé ces moyens, mis en usage , il est vrai, à l'instantmême de l'invasion des nn nous avons eu le bonheur de traiter en ville et de conduire à une gué- -rison parfaite un négociant de l’âge de er à | à trente-six ans.

Cette personne, que nous avonseu plusieurs fois

GÉNÉRALITÉ DES PLAIES: »3 * occasion de revoir depuis cet événement, se porte très-bien, et nous a paru avoir repris toute sa gaieté naturelle. Lis 01 6ù KP Gi 72 -On a conseillé aussi avec quelque raison l'usage des frictions mercurielles, que nous avons employées nous-mêmes comme moyen préservatif sur plusieurs sujets; mais nous les faisons pratiquer; à la distance de cinq àsix jours, à la plante des pieds et au côté interne des jambes.

On a vu des personnes qui se croyaient mordues

par des animaux enragés, quoiqu'’elles ne le fussent point, tomber dans les accidens de l'hydrophobie et en périr. On le concevra facilement, si l’on fait attention à l’analogie .qui existe entre les effets d'une affection nerveuse causée par les fortes passions de l'âme, et ceux qui dépendent de la rage ; C'est ce qui arrive fréquemment aux femmes trés-sensibles et irritables, à la suite des couches ou de vapeurs hystériques. Nous avons vu aussi ces mêmes accidens nerveux compliquer le tétanos:ilen sera rendu compte à l'article de cette dernière maladie. : |

Je pense encore, en supposant que les accidens hydrophobiques fussent déclarés et qu'on püt sé rendre maître du malade sans inconvénient, en cou- Yrant ses Yeux à l’aide d’un bandeau, après avôir

fixé solidement et avoir écarté ses mâchoires

avec un instrument solide ; je’pense qu'il serait

possible de lui faire avaler des sübstances liquides,

ayant 14 propriété sédative et antispasmodique , À | | 2*

oh : | GÉNÉRATITÉ DES PLAIES.

données à forte dose. On détruirait peut-être par. ce moyen le spasme et lirritation qui existent dans le système nerveux de la gorge et dans toutes les parties musculaires des conduits aériens ou alimentaires, l'une des principales causes de la mort: On seconderait l'effet de ces remèdes par l'application du cautère actuel sur les parties lésées, quoique cicatrisées , et sur d’autres parties éloignées du centre de la vitalité. L’immersion subite et instantanée de tout l'individu dans l’eau froide; l'application de la glace sur les parties irritées, qu'on ferait précé-

der de la saignée générale et des ventouses mouchetées , posées en très-grand nombre sur les résions indiquées plus haut; tous ces moyens seraient encore très-propres à faire cesser les terribles accidens de cette maladie. Il reste à l'expérience d’en démontrer l’efficacité. Ceux qui seront dans le cas de tenter ces essais doivent prendre toutes: les précautions nécessaires pour ne recevoir sur les surfaces muqueuses , et surtout sur les plaies ou les cicatrices récentes, aucune molécule de salive ; lancée fréquemment par le malade, car on prétend . que cette émission est suffisante pour communiquer la rage. : ,

Plaies venimeuses. |

“Le plaies venimeuses consistent dans de trèspetites lésions semblables aux piqüres, mais qui sont suivies d'un gonflement immédiat que l’on ne. FREE point au premier instant dans les autres

GÉNÉRALITÉ DES PLAIES. 55 solutions de continuité. Elles différent selon les animaux qui les produisent. Ces animaux sont de deux espèces, les reptiles et les insectes.

Parmi les reptiles, on peut regarder, surtout dans les pays chauds, presque toutes les couleuvres et tous les serpens comme des animaux venimeux. Dans les pays tempérés, il n’y a, à proprement parler, que la vipère. Parmi les insectes , On reconnait le scorpion, la guépe, l'abeille, le cousin , etc., etc. Leur piqüre est en effet venimeuse Jusqu'à un certain point, principalement dansles climats chauds. La plupart de ces insectes percent la peau, à l’aide d'une petite trompe aigüe d’où s'écoulent quelques molécules d’une liqueur particulière , plus ou moins àcre, propre à irriter les parties.

Les phénomènes que présentent ces piqüres sont différens de ceux qui accompagnent les morsures causées par les reptiles. La piqüre de ces insectes se manifeste d’abord par un sentiment de prurit incommode; le tissu de la peau se boursouffle aussitôt dans une trés-petite étendue et dans une forme circonscrite : le prurit se soutient et augmente pendant les premieres vingt-quatre heures; mais ensuite il se forme un léger point d’inflammation.

Outre ces phénomènes, la piqüre du scorpion se trouve accompagnée d’un engourdissement dans la partié lésée et quelquefois dans toute l'épaisseur dn membre; le gonflement s'étend de même au loin êt change la couleur de la peau, qui devient bleuâtre. AS |

En général, ces piqüres, abandonnées à ellesmêmes, n'ont point de suites fâcheuses, Cependant les papiers publics ont rapporté dernièrement qu un postillon avait péri avec ses chevaux, SOUS , les piqres multipliées d'un essaim d'abeilles qu’il avait rencontré dans sa marche à travers une forêt, pendant une puit très-chaude d'été. |

J'ai eu aussi occasion de remarquer , à Terre- Neuve. que les piqüres des cousins de ce climat nl sur la peau un emphysème oénéral, suivi de quelques accès de fièvre. |

Pendant notre séjour à Alexandrie, parmi le grand nombre de personnes qui ont été, piquées du.scorpion, un seul individu était entré dans. les accidens que les auteurs rapportent à la piqure de la tarentule. Le lieu de cette piqure présentait un léger gonflement ( c'était le doigt du milieu); la main et le bras étaient engourdis. Ce malade était dans un état de tristesse “Droit AE il versait des larmes et poussait de fréquens soupirs; il avait perdu l’usage du sommeil et l'appétit; il éprouvaif des frémissemens de terreur.et faisait des rêves désaoréables. L' approche inattendue de quelques i individus lui causait de légers mouvemens convulsifs. | | | | Il était dans cet état depuis quarante huit heures, lorsque je le vis pour la première fois, L' application, sur le doigt, d’un peu d’alcali volatil; son usage intérieur à la dose de huit gouttes dans un verre d’infusion de camomille; l'exercice, les promenades

GÉNÉRALITÉ DES PLAIES, 27 et quelques bains d’eau de mer calmérent tous ces accidens. Le surlendemain ce militaire rétourna à ‘son corps; étant parfaitement guéri.

Les moyens efficaces contre ces piqüres font l'application immédiate d’une sé corrosive ou tres- tonique, et les cordiaux pris intérieurement.. Ainsi l’ammoniac, le muriate d’ammoniac dissous dans l'eau, l'urine, le vinaigre, le muriate de soude, l'acide nitrique ou une autre substance analogue; l'application d’un très-petit charbon ardent, d’un peu de terre argileuse ou d un peu de sans dissoute dans l'eau, la combusxt Hphaitre Le effets à bath: si la piqûre avait porté quelque dérangement dans le reste de l'économie, un peu d’eau-de-vie, de café ou un peu d'eau vulnéraire secondent parfaitement ces topi-

ques et guérissent le malade.

Je ne parlerai point des effets de la piqüre “4 la EVER et de toutes les araignées, qui, selon moi, me! diffère point essentiellement de celle des autres insectes. L'expérience ne m'a d’ailleurs rien ‘appris à ce sujet,

Des morsuresfaites par lesr cptiles, la ss dange- .reuse ést celle de lavipereet du serpent à sonnettes. (On est averti de l'approche de ce dernier par le

“bruit de:ses grelots.) Ces sortes .de solutions de Continuité sont immédiatement suivies d’une douleur très-vive et d’engourdissement dans la partie, qui se-tuméfieaussitôt, Cet engorgement auginente

rapidement; il s’y forme des phlyctènes bleuâtres et gangréneuses. La douleur et lengourdissement se propagent de proche en proche, sagnent la totalité du membre ; lenflure s'étend dans toutes les parties du corps et porte ses principaux effets dans la cavité du bas-ventre; le foie s’engorge, la bile est détournée de.ses canaux, rentre dans le torrent de la circulation et cause ja à jaunisse.

Ces premiers accidens effraient le malade ; il éprouve des douleurs de tête, des vertiges, des difficultés de respirer, quelques syncopes; la circulation est dérangée , le pouls est petit et les extrémités sont froides. Dans les premières vingtquatre heures , il survient des vomissemens suivis de mouvemens convulsifs, de chaleur brülante dans les entrailles ; le mouvement et le sentiment des parties éloignées s’éteignent par degrés; l’enflure augmente; l’assoupissement léthargique survient et est interrompu par des mouvemens convulsifs ou de frénésie; des écoulemens sanguins ont lieu par l'anus, le nez et la bouche, et lemalade périt dans les symptômes d’une fièvre putride-maligne, le troisième ou le cinquième jour. S’il passe le troisième, la nature, par des efforts redoublés, établit une crise et peut se débarrasser, à la vérité trèslentement, de cette maladie. La plus favorable et la plus commune de ces crises est une sueur trèsabondante; elle se déclare le troisième, cinquième, et au plus tard le septième jour de l'invasion des accidens ; qui d’ailleurs ne présentent pas tou-

jours la même intensité. Par exemple. lorsque la | vipère a traversé des vétemens de laine épais, ou qu elle a fait plusieurs morsures sur d’autres corps, son venin est, moins actif. Il le sera également moins dans Le saisons froides, surtout si elle est jeune et qu'elle n’ait point été irritée. :

IL est difficile d'expliquer comment ce venin particulier peut agir dans les parties de l'animal vivant pour produire tous ces effets. Outre la. Pror priété subtile qu'il doit avoir, il possède | sans doute celle de stupéfñer le | principe nerveux,.en déterminant une irritabilité spéciale dans le: système musculaire et en atténuant les fluides de manière à en désunir les parties agrégantes. Heureusement la nature fait des efforts continuels pour s S Opposer à la désunion de ces fluides. DE , En général, le pronostic, de ces morsures est très-fâcheux ; cependant il varie selon le lieu de la blessure, sa ar le caractère du venin, les HR plus ou moins vives de l’àme, le destin vd ment du sujet, le climat, etc. L'on doit se rappeler à cette occasion l'événement funeste qui est survenu, à Rouen, au gardien de l’un de ces reptiles (le serpent à LR transportés de l'Amérique en France. Les effets de la morsure inattendue que cet animal fit au doiot de ce gardien furent si rapides que, malgré les secours qui lui furent prodigués par les médecins du Pays; ‘cet homme mourut dans Tespace : de quelques heures , présentant tous les symptômes que nous ayons signalés. Nous

3 GÉNÉRALITÉ DÉS PLATE, osôns croire néanmoins que, “6il eût F6 cui iminé diatérnént aprés la morsure, les” ÉTAR 190) ue nous indiquerons plus bas, ôn aurait AU 7 influences mortelles de cette ‘contagion vênénêuse. * | AFS L'indication que ces ‘solutions’ de’ Continuité préséntent est dé neutraliser lé virus, ‘en ‘labsorbant ou en le soutirant au dehors, et d'a ons cher par: conséquent son expansion ét sa pération dans l'économie animale. Les moyens duon doit inètire en üsage pour la réraplir sônt les incisions pratiquées dans plusieurs sens, sil est r nécessaire, et des cautérisations plus ou moins activés ; mais Ie moyen le plus efficace, selon nous, ét : que j'avais indiquédans es lecons de chiru rgie-clinique, longtemps avant que M. le docteur Barry en eût parlé dans ses Mémoires, consiste dans les ventouses à | pompe appliquées avec force et répétées : autant que la profondeur de la blessure le commande. On se Re d ailleurs, pou le reste du traitement,

dir

Animal énragé.

En

HA. 9 DL LULU { MCE ic aper ss Plaies d'armes à feu. …

tan cv url. We

L'étude ou, Vexin des plaies d' armes à #4 ss au nouyeau praticien désireux de s instruire une longue s série d'événemens heureux ! qui l'étonnent et une foule d’accidens terribles : qui. l'effraient, Ainsi c que la foudre céleste, les instrumens

4% férié ont leurs prodige; ils blessent les parties du corps, et ouvrent, dans leur épaisseur, des plaies dont il n n'est pas toujours possible à l'homme de fart " de : mesurer la profondeur, ne füt-ce c qu à cause des détours que les projectiles sont forcés de suivre dans leur marche à à travers des tissus vivans et] lus | ou moivs élastiques. Ces projectiles déchireht les chairs, fracassent les os, pénètrent dans les cavités et désorganisent à des degrés relatifs lés viscères qui entretiennent l’ existence. Aussi est-il difficile dé donner une définition courte et exacte de ces, sortes de solutions de continuité, à raison des phénomènes variés que ces maladies présentent, Les causes qui les produisent sont des corps chassés par la poudre à À canon, à l'aide de machinés qui ‘varient : à l'infini, portant différens noms et ‘destinées à lancer des bombes, des obus, dès boulets, des balles ou de la grenaille. En général, tous ces corps lancés. marchent avec une rapidité extrème, et parviennent à leur but presque aussi

LtRRIILE À

vite LU la. lumière et beaucoup plus promptement que les son, en sorte que le coup est recu avant qu on ait RER lexplosion de l'arme. La force du mouvement et la vitesse des corps sont. relatives aux machines qui les ont lancés. Leur dirécion € est telle : que la diagonale du point du départ au point de leur chute et la parabole qu’ ‘ils décriventsont d'autant plus grandes que l’espace qu’ils parcourent séra plus étendu. Ce phénomène . a lieu

par deux causes principales: par la résistance qu'é-

prouve le boulet de la part de l'air, | et par] la propriété attractive de la terre. Les masses s des liquides possèdent cette résistance à un plus haut degré que Fair atmosphérique. Les corps orbes. pr | rondis, tels que le boulet et la balle, à Ja fin de leur course roulent sur eux-mêmes, c ’est-à-dire sur leur axe, et peuvent se conserver long-temps dans leur mouvement curviligne. Il en résulte | que lorsqu'ils rencontrent à cette distance des corps d'égale forme, ils les contournent presque en entier et doivent par conséquent produire des effets différens de ceux qu'ils déterminent s’ils les rencontrent au premier instant de leur course et dans leur premiere direction.

Les bombes, les obus, les grenades sont des corps de fer sphériques, creux dans leur intérieur, qu’on remplit de poudre dont l'explosion rompt leurs parois et les réduit en éclats variables par la

forme et là grandeur. En général ils offrent tous

des bords tranchans, irréguliers, et des angles plus

ou moins aigus. Les boulets sont de deux SPÈGÉ |

ou unis deux à deux par une barre du même métal, ce qui leur a fait donner le nom de bo#lets ramés (ils sont employés dans la marine); ou simple, sphériques, unis dans leur périphérie. Ces boulets sont, aussi de différens calibres. On en reconnait depuis le poids d’une demi-livre jusqu’à celui de quarante-huit livres et davantage. Ce nombre est pair chez quelques nations, impair chez d'autres. Les balles sont également de divers cali-

GENÉRALITÉ DÉS PLAIES. De 33 bres; lesiplus grosses portent le nom de biscaïens, et sont ordinairement de fer. Les balles de fusil et de pistolet sont faites de plomb. Chez tous les } peuples de l'Europe, elles sont simples et uniformes ; mais les mameloucks et les Arabes, comme J'ai eu occasion dé l’observer, les HÉRPELSEne dun ‘fr de fer plas' ou moins gros qui leur donne le” caractère de balles ramées, où ils leur laissént le pédicule quise forme dans la fonte. Il est à rernärquer que’, dañs la vue d'économiser & sans doute cette substance métallique, ou de rendre ces balles plus meurtrières, ils” combinent avec le plomb divers corps étrangers, tels’ que des pierres; du fer ou du tuivre, qui, comme je Pai vu plusieurs fois, , peu vent se désunir dans nos parties. J'en ai trouvé plusiéurs enduites d’une substance glutineuse avec laquelle ‘ils avaient petit-être combiné des substances corrosives | que je n'ai pu reconnaitre. Ces substances disparaissent lors de leur sortie duc Canon, ‘ét'ne peuvent changer en rien la nature de ces préjectiles. |

Ces! seu “à étrangers Peuvent entraîner au-devant'èt après eux, d'autres substances de forme et de natüre! différentes, telles que des portions, de vêtement, de’ bed d'armure , des pièce. de monnäie, las bourre te: Lorsqu' ils sont poussés avec fit ét qu'ils frappent n0s parties dans leur Première direction, très-près dû point de leur départy ils les perréRts les rompent et les em OT tent eñ totalité ou en partie. S'il Sontiau contraire

à la fin de leur course, ils roulent sur leur surface orbe, dans une grande partie de leur. circonférence, sans altérer les enveloppes tégumenteuses ou membraneuses trés-élastiques, qui cèdent à.leur impul: sion, tandis que les parties subjacentes s, denses:et fragiles, se rompent, se déchirent ou'se: fractu: rent. C est à ces accidens que l’on:doit, rapporter la causedes morts inopinées qu on.a attribuées pen: dant long-temps : à l'impression de l'air sur. les parties sensibles, déplacé, ou agité avec force [par. le boulet. Il suffit de lire : de méme inséré parmi ceux de l’ancienne académie royale de chirurgie, , pour être convaincu de cette erreur, sans avoir besoin d’én appeler à à l ie dont les résultats sont d ailleurs très-connus.\ | j, ‘Dans le premier cas; et en Supposant Aides soit un boulet qui ait la solution de. APnAin nié s'il est de gros calibre ; il emporte et, FQUpeinÉgar lement le ses Pa S'il ne rencontre; qu'une portion charnue de son épaisseur, elle est -emportée.et laisse les osà nu. Quelquefois la forte résistance de ces os s'oppose à la section parfaite fes parties molles et à la séparation du membre. D ANS; Ce Gas, ces parties sont écrasées.et déchirées au loin: TER En supposant que ce soit une; balle d'un calibre quelconque qui rencontre, Je centre OU, l'épaisseur dun membre, au commencement desa course.et dans sa première force, elle le traverse-par le chemin le plus court, à moins qu’ ‘elle ne. trouve. des obstacles qui en détournent la direction. Len-

SÉNÉRALITÉ , DES PLAIES. ‘35

.trée de cette Las est plus petite que son yolume; ; ses bords sont légèrement enfoncés ou déprimés en dedans. Les lèvres de la plaie £ formée par la sortie sont au contraire relevées en dehors, déchirées et plus écartées, ( ce qui leur donne un Lbtre plus grand que celui des lèvres de la plaie formée par l'entrée. Lorsqu xl se présente quelques obstacles dans ce trajet, la balle se défigure, change de direction, et décrit divers contours, en sorte qu "elle peut passer dans un point plus ou moins éloigné de son entrée et se porter dans la partie la plus élevée ou Ja plus déclive du membre, de manière à parcourir plusieurs régions. Elle s'arrête. ordinairement 4 aux articulations, aux attaches des tendons, des aponévroses ou sur les saillies des os. Elle suit en général 1 la direction des nerfs et des vaisseaux. Elle PSE aussi se diviser en plusieurs fragmens quis ‘écartent ensuite les uns des autres et prennent des. routes différentes. |

# Lorsque les balles sont à la fin de rie course, elles agissent sur nos parties de la même manière que les boulets et produisent en petit les mêmes résultats.

7 Les éclats de bombes, d 2 ou les fragmens des pierres lancées par les pierriers suivent à peu près la même marche, mais ils établissent des différences par rapport à la forme et à la nature des plaies qu'ils produisent. Elles sont moins circonscrites, les parties sont moins désorganisées et d’un aspect

moins noirâtre; elles sont aussi presque toujours

36 GÉNÉRATITÉ DES PLÂIES.

accompaghées d'hémorragié, et se rapprochént davantage de la forme a solutions de continu ité ‘faites par les instrumens tranchans. PSP La température des projectiles lancés par la pôudre à canon ne change point, de même que celle des éclats de bombes et d'obus, qui se trouvent cependant ( en contact avec le feu dans deux témps différens. Les observations pathologiques - et les expériences faites à ce sujet ne laissent plus douter aujourd’ hui que ces Corps ne cautérisent pas, ainsi que l’avaient pensé les anciens. Notre illustre Ambroise Paré a suffisamment éélairc cette question ; ainsi je m’abstiendrai d'en parlér. Le frottement que les projectiles é éprouvent dans le tube de l'arme qui les a lancés, et celui qu'i u’ils recoivent de la part de l'air ou des corps qu’ils réncontrent avant de toucher nos eer. détruisent égalemertt les diverses substances qu'on aurait pu apblielis à leur extérieur, et qui porteraient avec elles des principes vénéneux. En supposant même qu'on les eût combinées avec les métaux au moment de la fonte, tout ce qui s’est trouvé libre alors s’est volatilisé, et le reste se serait identifié’ avec les molécules : intégrantes de ces métaux, de : manière à ne pouvoir plus agir sur nos organes. En conséquence, on n’a point à craindre que les divers pro. jectiles qu’on peut mettre en usage soient SuUsCep tibles d’occasioner les effets d’un poison.

Nous allons maintenant décrire les phénomé nés généraux et locaux que produisent ces corps étran

gers sur les parties qu ils frappent, et nous nous occuperons ensuite des accidens nombreux et variés qui peuvent être le résultat des solutions de continuité qu'ils déterminent.

En général, il est naturel de penser que la commotion et le degré de stupeur qui auront lieu dans une plaie d'arme à feu seront relatifs à la puissance du corps vulnérant, et que par conséquent cette stupeur sera en raison de la somme d’activité dont le projectile aura été pourvu par la structure particulière de l'arme et la forme du corps qui en aura été chassé. On doit penser de méme que plules parties lésées opposeront de résistance à la force impulsive de ce corps, plus les accidens seront graves. Nous devons donc considérer ces accidens, soit par rapport aux effets locaux que produisent les projectiles et à ceux qu'ils déterminent aux parties ambiantes, soit par rapport à l'atteinte plus ou moins profonde qu'ils portent souvent à l intégrité des organes de la vie générale.

. Lesaccidens quise RTE? aux organes Aa sont la lésion des tégumens, des HauLe et des vaisseaux ; la déchirure, et l’attrition plus ou moins profonde des parties ed dans une étendue relative, d’une forme aibenus à celle du projectile, et présentant en outre une escarre noirâtre, d une épaisseur proportionnée, à Ja force. d'action. de ce corps vulnérant. Cette escarre offre les mêmes phénomènes que:la brülure ou la cautérisation, bien qu'il n’y ait rien de caustique dans les pro-

38 CÉNÉRALITÉ DES PLAIES.

jectiles lancés par la poudre à canon, ainsi que nous l'avons déjà fait observer. Les parties am- ‘ biantes ou subjacentes à la plaie, qui ont échappé au contact immédiat du corps en mouvement, se tuméfient et s'engorgent; les extrémités des vaisseaux rompus se ARTE et se rétractent sur ellesmêmes, en sorte qu'il n’y a que très-peu ou point d'hémorragie, du moins dans les premiers momens: cependant ilpeut y en avoir, même defuneste,, lorsque de gros vaisseaux n’ont pas été complétement rompus, C est-à-dire lorsque la continuité s’en est conservée par quelques portions de leurs tuniques. Ce sont ces hémorragies qui font: périr en très-peu d'heures ou d’'instans un grand nombre de soldats laissés sur le champ de bataille, étant atteints de blessures avec perte de substance aux parties molles et déchirure profonde (1). | Des cordons nerveux sont déchirés, des tendons ou des aponévroses dilacérés et quelquefois arrachés de leurs attaches dans leurs fibres motrices ou dans les os; ceux-ci sont fracturés ou fracassés en esquilles; Le articulations sont entamées ou ouvertes, avec ou sans déperdition de substance ; F circonstances qui présentent autant de variations

(1) En créant les ambulances volantes, j'avais eu principa= lement en vue de procurer le plus promptement possible à ces soldats grièvement blessés , et les secours nécessaires pour prévé+ nir les effets funestes de ces hémorrhagies , et les moyens d’être enlevés et transportés de suite aux ambulances. de premièrelit gne , où l’on pratiquait les opérations importantes.

où de complications particulières, desquelles nous parlerons successivement. |

Ecchymose.

L’ecchymose est Pinfiltration ou la diffusion des fluides sanguins dans le tissu cellulaire, dans le tissu dermoïde, ou entre cette enveloppe et l'épiderme. Elle est le résultat de la rupture des vaisseaux plus ou moins profonds, soit artériels, soit veineux, et souvent ce dernier système circulatoire, par son injection et une sorte d'absorption, propage cette ecchymose à des distances plus ou moins éloignées. Ces aberrations dans la circulation des fluides sanguins se caractérisent par la couleur plus ou moins noirâtre ou marbrée de la peau, l'absence ou la diminution de la chaleur latente, le gonflement des parties et la perte plus ou moins prononcée de la sensibilité. Elles sont plus apparentes et se développent beaucoup plus facilement sous les portions de l'enveloppe dermoïde dont le tissu est laxe et très-mince, telle que la peau des paupières et de la face, les tégumens des io sexuelles, etc. , etc.

ILest des obéit où l’ecchymose est nulle, bien que la contusion soit violente et profonde ; cest lorsque les vaisseaux, qui de l'intérieur des parties se rendent àla peau , ont été rompus sous cetteenveloppe, ce qui y interrompt la circulation; c'estaussice quiarrive souvent dans les contusions

des membres ou du, tronc produites parle-boulet lorsqu' il est à la fin de sa course. (Ilen sera parlé à cet article.)

Ledébridement des plaiesquisont accompagnées | | d'ecchymose suffit quelquefois pour dissiper ce symptôme, qu’on fait disparaître ensuite entiérement par la.compression et l'usage de légers répercussifs. Dans le cas où cette ecchymose ne serait pas accompagnée de solution de continuité à l'extérieur, on doit employer les ventouses mouchetées ou scarifiées qui soutirent les fluides extravasés et dégorgent promptement les parties ecchymosées. On leur fait succéder également la compressiomet l'usage des substances résolutives. IC4LS

Fièvre traumatique.

LaMt les accidens lociesl sont intenses, ce qui dépend de la nature des parties lésées'et de l'étendue de, la blessure, la fièvre traumatique ne tarde point à se M bucr: lirritation se propage de proche en proche, et concentre ses effets sur les organes intérieurs déjà disposés à l'inflammation et à l'engorgement parl'ébranlement ou la commo: tion qu'ils auront reçue à l'instant du coup; et ces organes sont principalement:.le foie, les poumons et. D Cerveau. Leurs fonctions :sont troublées ou suspendues ; et après une sorte de stupeur pendant laquelle il:y a stase dans les fluides qui pareourentles vaisseaux organiquesde ces viscères, laréac-

GÉNÉRALITÉ DES. PLAIES.' 41 tion survient et avec elletout le cortége de la fièvre traumatique, qui s'annonce par des trémoussemens nerveux avec de légers frissons, petitesse du pouls, anxiété pénible, -suppression dans toutes les sécrétions muqueuses et dans là suppuration des plaies quiprennent un aspect défavorable. Ces signes précurseurs peuvent être également, tantôt ceux de la pourriture d'hôpital, tantôt ceux de affection gangréneuse. | |

À ces premiers symptômes succèdent immédiatement après, la chaleur, l'élévation du pouls; la soif ardente , la sécheresse de la peau, la rougeur et les douleurs sympathiques qui se manifestent dans différentes parties du corps, selon la prédisposition maladive des organes. Ainsi s'expliquent la formation des abcès au foie , les phlegmasies des poumons;lesépan chemens séreux ou purulens dans

la poitrine, maladies consécutives qui deviennent

essentielles et peuventcauser la mortdu sujet, bien quelessymptômesaient prisorigine dansla blessure.

Les .accidens primitifs ont d'autres effets. Les hémorragies trop abondantes font périr les blessés plus ou moins promptement; ou, s'ils ne succombent point, elles les jettent dans un état d’adynamie dont on a beaucoup de peine à prévenir les suites fâcheuses.

Lésions des nerfs.

Hardéchirure des nerfs détermine presque toujours. des névroses qui se-bornent aux parties lé-

4à GENÉRALITÉ DES PLATES.:

sées, où s'étendent à! tout le système jusqu’à la moelle épinière exclusivement; car'il est'rare qué cette'irritation se propage jusqu'au cerveau. Ces névroses se caractérisent par des douleurs plus ou moins intenses, selon la nature particulière des cordons: nerveux lésés. Le sentiment douloureux occasioné par la lésion des nerfs de la vie de ré lation ést infiniment plus vif et plus aigu que célui qui est le résultat de la lésion des nerfs dé la vie intérieure. Cette dernière douleur est accompagnée d'un sentiment! de’ froid local ‘et d’une anxiété pénible. Dans ces sortes de ‘cas, l’exalta: : tion de la sensibilité amène dans la plaie la pourriture d'hôpital, qu'il faut bien distinguer dé l'af: fection gangréneuse, dont la cause est au contraire lattrition complète des tissus. Lotererok ff

L'arrachement des tendons ou des trousseaux charnus est accompagné d’étranglement profond, d'épanchement des fluides dans le tissu lamélleux où dans: les interstices des muscles; d’engorgement inflammatoire; souvent de l’érédisme ét du sphacèle. Nous aurons occasion de parler de tou tes ces complications. AO (EUOEETE

Corps étrangers."

Enfin les plaies d’armes à feu se compliquent de la présence, dans les tissus vivans, des corps étrangers qui les ont produites. Ces corps varient a l’infini par leur forme, leur nature, leur profondeur

te leur manière d’être avec les parties qu'ils tou chent ou avec lesquelles ils sont en contact. Leur recherche est une chose très-délicate, ? à laquelle il ne faut sé livrér qu'autant qu’elle ne peut nuire à l'intégrité des parties ou des fonctions organiques. Si abne les premiers momens on ne peut les ex traire avec facilité et 'sans nul inconvénient majeur, il faut laisser à la nature le soin de tracer à l'art le chemin qu'il doit suivre pour faciliter leur extraction.

Dans tous les cas, il faut aller chercher ces corps étrangers (les projectiles, par exemple) par la voie la plus courte et la moins dangereuse. Pour cela, on débride suffisamment les plaies qui leur livrent passage, ou bien lon pratique des contre-ouvertures, S'il y à lieu, pour les extraire avec plus de facilité.

Ceux qui sont enclavés dans les os ou dans 1èuEe interstices ne peuvent, à Moins qu ils ne soient superficiels, être extraits sans de grands inconvéniens avec les instrumens mécaniques, tels que les tiré-balles plus où moins compliqués des anciens, où ceux plus perfectionnés des modernes, pour ÉTÉ motifs principaux :

1° Lorsque la balle est enclavée dans les os, il est difficile, pour ne pas dire impossible , de faire passer les curettes de cet instrument entre les oS

et le projéctile, à moins den couper les par tiés qui sont en contact et de les arracher avéc ‘violence , procédés toujours nuisibles et plus

ou moins dangereux; or, tous ces instrumens, quelqu'ingénieux qu'ils soient, sont inutiles. Il vaut bien mieux laisser préparer la voie de sortie à la nature et attendre qu'elle ait détaché le projectile enclavé, et l’ait ramené sous les tégeumens ou à la périphérie du corps, d'où son extraction sera ensuite aussi prompte que facile.

2° Dans les cas, au contraire, où ces Corps . étrangers sont accessibles à l’action des tire-balles, et assez libres pour être extraits sans difficulté, on retirera toujours plus d'avantages d’une simple pince à pansement ou d’une pince à polype.

Les fragmens de flèches ou'de javelines, implantés plus ou moins prôfondément dans Jes partes du blessé, doivent.être extraits avec de grandes précautions; il ne faut pas augmenter la déchirure qu’elles ont déjà produite; et comme le dard de ces armes a une base plus ou moins anguleuse, il faut éviter de les faire sortir par le chemin où elles sont entrées : on doit les extraire autant que possible-par le côté opposé à leur entrée et correspondant à la pointe de ces armes, en pratiquant à ce sujet les incisions convenables pour les isoler et les mettre à découvert. On les saisit ensuite avec des pinces ou des tenailles faites exprés, et leur extraction est d'autant plus facile qu’elles ne sont pas enclavées dans les os, et qu’on couperait préalablement le manche de ces armes, si elles en avaient, Ou avec une scie, ou avec une tenaille

incisive, , .. an .

‘Jaieu rocsdéi de panser quelques soldats de Ye gite! qui avaient été blessés: à la bataille d'Eylau par les flèches des Calmoucks, et pour! lesquels nous avons mis ces préceptes en pratique.

Quant aux plaies pénétrantes , compliquées « de la présence de corps étrangers, comme élles présentent autant d'indications particulières que ces Corps offrént dé variétés selon leur situation, leur substance et leur forme; nous serons à mérie d’ap- ‘précier' ‘toutés ces CHAR dé dans chacun es paragraphes relatifs À ces blessures.

: Néanmoins, pour terminer toutes nos réflexions sur la complication qui nous occupe, ‘ il nous resté encôre à parlér des ‘effets curieux qui surviennent quelquefois à l'occasion dela présence ou de l'absence des projectiles où des des æ projectiles lancés dans nos parties. |

Tous les chirurgiens des armécs® favent trèsbien, par éxemple, > qu uné setile plaie” ‘sur “le membre atteint par un coup de fe rest pas toujours uné preuve affirmative que balle ést' restée dans l'épaisseur des parties." “HS Savént Aüssi. que plusieurs causes différentes peuvent la ‘füire ressortir par 1e même chémin, quelles que soient son étendue et sa direction; pee les auteurs, incertains sur la nature de ces causes et leur manière d'agir, w’entrent ‘dans aucune explication à ce sujet et'ne s ‘accôrélent point PR les sit ER ‘en dont 6488010 HO) 885 |

Les'üns ont pensé que là M bé apres avoir pé-

.nétré profondément dans Fépaisseur d'un :mem-

«bre, peut rejaillir au dehors après ayoir bondi sur Jes tendons ;.sur.les, aponévroses. qu sur Jés:as. D'autres ont.cru que la contraction musculaire ftait:souvenLSnÉsante POUT ERRQUSSE, GR, PEPJECtile et Fexpulser au dehors. 5 im nl

… La physique animale et l'expérience nous démontrent assez l'erreur de ces, opinions;, cependant nous rappellerons aux jeunes praticiens que : -.019Le plomb, presque dépouryu. de toute élasticité, n’est point susceptible de rejaillir des, partes qu'il frappe, quelle que soit, leur densité et quelque faible que, soit;le choc, du, projectile sur ces parties, La balle saplatit en totalité ou en partie; elle,se coupe en deux ou plusieurs morceaux, et se Jamine selon, les barrières solides qu'elle force; les parties frappées, éprouvent aussi à leur tour une altération relatiye, Si ce sont des parties dures, -Slles sont; perforées,, échancrées, fractures. ou brisées en éclats; la balle ou ses fragmens s’encla- -Yent,dans liépaisseur, des esquilles, dans la sub- Stance spongieuse, de los ou dans la cayité médul- PRIE 2.! 1437#90 estnoritib CD CURO SE we M)

s2°, La, fibre motrice qui est touchée par la balle sst.à l'instant engourdie et privée. de sa, faculté £ontractile : d'ailleurs, quelque peu violent que soit le, choc; cette fibre,est contuse, dilacérée, «et Je balle se perd dans l'épaisseur du muscle, ou s'éloigne très-peu de sa direction, etsi elle décrit quel- -qes contours plus ou moinséloignés ce n’est que

GÉNÉRALITÉ, DES PLAIFS: 47 parle peuderésistancequ’ellerencontredansle tissu cellulaire qui accompagne: les vaisseaux oules nerfs;

Maintenant comment expliquericette: répulsion

que la, balle, éprouve lorsqu'après: avoir! péñétré plus,ou moins profondément ; ‘elle PER. ‘la plaie qu'elle a faite.en entrant? 21,241 eo #Sipeu profond que soit le trajet que ce projec: tile.aura fait dans les parties molles; il ne ressor: tira par le même chemin qu’autant qu’il sera! en: trainé, ou, ramené au dehors (comme la'judicieusement.observé Ambroise | Paré) par quelques portions de, vêtement UE introduites ati:

devant de lui dans. les parties: En:effet , ibarrive souvent que, lorsque le-trajetest-courtt; le doigt de gant, dans lequel est renferiné la! balle ;:est ramené au dehors par lechangement deposition où par les mouvemens, du-blessé;;en sorte, que: ce corps étranger, après avoir fait sontrou dans leschairs, tombe à terre ou reste dans les vétemens de-Findividu. Dans da supposition;:auicontraire; où ce trajet.est un peu, profond; l'ouverture des'tégu-

mens..se rétrécit par, l'effet de-leur: ‘eontractilité organique et: mel permet plus à-laiballeide sürtir par. lesmême chemin ; Von,est obligé alors: de débridez. les, plaies ,et de faire des recherchés: pour extraire, L'expérience. confirmé cette:opinion ;'et £omme nous avons surpris la nature sur. le fait}, ous allons donner l'exposé, sincère et exact de <e,qu’elle nous a offert: chez les individus sujets des,observations suivantes : 00e DO IHSTO NP

48 GÉNÉRALITÉ DES PLAIES) P * Observation, — Un grenadier de lex-garde impériale reçut, dans un combat qui eut lieu la veille de la bataille de Craone ; en: 1814, un coup de:feu à la cuisse gauche. Ce militaire se présenta à l'ambulance pour y être pansés; il marchait le corps courbé, la cuisse etla jambe malades pliées, et il éprouvait des tiraillemens extrémemérit:douloureux au point de la blessure sans en ‘réconnas tre; la véritable cause... 01 18q Su À l'examen dusujet;on trouva qu’une portion de la chemise était. profondément engagée dans une plaie ronde, à peine sensible, située ‘au côté interne et supérieur de la cuisse: gauche. Elle pa: raissait s’enfoncer dans:le tissu cellulaire qui 'sépare les tendons du triceps adducteur, du muséle couturier et vers le petit trochänter, Je’ jugeai aussitôt que cette portion de chemise avait été entraînée par la balle dans l’épaisseur dela Pour vaincre la résistance: de l’ouvérture resserrée de la plaie des tégumenset de l’aponévrose qui avait livré passage à ce double Corps étranpér, je débridai convenablement, à l’aide d’un bistouri droit boutonné ; les deux an gles supérieur'et infé- ‘rieur de la plaie, et après quelques’ tractions graduées, je: parvins à éxtraire ce lambeau dé chémise plisséé,'au fond duquel était renfermée une balle de gros calibre, et une portion d'étoffe du panta- Jon, Ce projectile était aplati, et l'une’ dés faces un peu éraillée, ce qui ferait croire qu'il avait

GÉNÉRALITÉ DES /PLAIES. 49 rencontré dans son chemin le!sommet: du petit trochanter. En effet, la sonde à femme, introduite dans la plaie après Ééstssetos de ce corps étranger; s'enfoncait au-delà de cette éminence vers la ligne äpre du fémur. La plaie, traitée ensuite comme simple, fut guérie en peu de: semaines (”).

I°: Observation. — A la désastreuse bataille du Mont-Saint-Jean (1815), un jeunesoldat.de la ligne reçut un coup de feu, à l'attaque d’une position ennemie. f,

La balle, lancée de haut en at das avoir traversé la ceinture de la culotte, avait pénétré un peu au-dessus des vaisseaux, spermatiques du côté droit, et. entrainant au-devant d'elle’ une. portion de la chemise, elle avait cheminé sous la, peau et sur le trajet du cordon, jusque dans le scrotum , au côté, externe du testicule, de manière que la chemise formait un véritable doigt de gant au fond duquel était !a balle, comme Fes le cas précédent. Dans, cet: état, le ‘blessé, était obligé de se tenir courbé pour diminuer les tir aillemens douloureux qu'il ressentait. ra

M le docteur Lacipière, Lib major, qui reçut et pansa le blessé al’ambulance de la troisième division du premier corps d'armée, après avoir un peu débridé.la plaie, fit sans peine l'extraction du double -COTPS. étranger. Il n'y eut aucun acCi-

“À, Cette portion de ‘chemise ‘et le projectile sont déposés au cabinet d'anatomie. de l’école de médecine.

bo CENÉRALITÉ DES PLAIES,

Dire et le testicule n’a éprouvé aucune altération. OTTE Observation. — Enfin nous avons! ‘traité à l'hôpital militaire du Gros-Caillou, au commencé: ment de janvier’ 1816, le nommé Alphonse Marscille, soldat au 10° régiment de ligné, apparténant aujourd’ hui à lun'dés corps de la garde royale; pour une plaie fistuleuse ; de deux à trois lignes de diamètre, qu'il portait à la partie Jatévälé droite du bas-ventre, à deux travers de doigt, ou énviron, du point le plus saillant du rebord des’ fausses côtes. Les causes dé cette plaie fistuleusé, pénétrant obliquement de droite à gauche et en dedänis, jusque dans l’intérieur de la cavité abdominale, étaient rapportées, par ce militaire ‘aûx circon+ stances suivantes: | GE D

Étant en Catalogne avec le ïo° régit, ‘en avril 1815, il avait recu un coup de feu au ventre dans un combat qui s'était établi entre les soldats du même régiment. Il parait que la balle, dirigée dans lésens que nous avons indiqué, avait enuaié au-devant d'elle une portion de la chemise, l'avait enfoncée dans l'épaisseur des musclés et avait pe nétré à avéc 2 elle dans Ja cavité éabdominale. Le DES,

gr

reg

la portiôn du nds engagée ‘dans a js du bas-ventre, l'avait coupée, avec un ns au niveau de cette plaie.

* Le chirurgien espagnol del’hôpitalde riguibrés, dus lequel ce blessé avait été transporté, m'avait

GÉNÉRATITÉ, DES :PLAIES. .

point fait de recherches et s'était contenté d’appliquer un simple appareil sur la plaie. Bientôt àprès des accidens inflammatoires s'étaient déclarés, le ventre s'était météorisé, et le malade avait rendu üne assez grande quantité de sang par les voies alvines; cette évacuation sanguine avait été précédée de coliques violentes et d’envies de vomir. Les boissons délayantes et les cataplasmes émolliens, mis en usage pendant plusieurs jours, avaient! calmé les premiers accidens; une ‘abondante suppuration s'était établie dans la plaie; et après'/trois mois environ, le même chirurgien, guidé par une’portion de linge qui avait reparu au’ fond: de la plaie, en avait enfin débridé les bords; avait saisi la toile avec ses doigts et de fortes pinces, et'en avait fait l'extraction. Cette portion de toile formait un'sac d'environ quatre travers de ‘doiet dé longueur, au fond duquel était la balle. Dès ce moment le malade allant de mieux én'imieux, se trouva bientôt en état d’être évacué d'un hôpital à ‘unautre, et il arriva successives mènt à celui du Gros-Caillou, à Paris, où il était “ot tel” que nous l'avons indiqué.

Il éstencore un genre particulier de corps étrangers que’nous ne croyons pas devoir passer sous silence; c’est celui que nous avons eu occasion de remarquer en Syrie, pendant Lezpadition d'Égypte, chez la plupart de nos blessés. Lors du traväil delà suppuration dedeurs plaies, ces blessés fürent incommodés des-versoudarves de lamouche

ba GÉNÉRALITÉ DES PLAIES.

\ bleue, commune dans ce climat. Ces insectés; formés en quelques heures, se développaientaveeune telle rapidité que, du jour au lendemain , ils étaient de la grosseur d’un petit tuyau de plume; ce qui effrayait beaucoup nos soldats, malgré tout ce que nous pouvions faire pour les rassurer à cet égard: il n’y eut que l'expérience qui put les convaincre que! loin d’être préjudiciables à leurs plaies, ces

insectes en accéléraient la cicatrisation, en abrégeant le travail de la nature, et en provoquant la chute des escarres celluleuses ‘qu’ils dévoraient: Ces larves, en effet, ne sont avides quedes matières putrescibles, et épargnent constamment les parties pourvues de la vie ; aussi n’avons-nous jamais vu, dans, ces circonstances, survenir d'hémorragie,, à quelque profondeur que se soient portés ces, insectes, selon l'étendue de la plaie. Des lotions d'une: forte décoction d'ail, de rue ou depetite sauge, faites à chaque pansement, suffisaient pour les détruire ; mais ils se reproduisaient bientôt après, par le défaut des moyens propres à écarter l'approche des mouches; et à prévenir l’incubation de leurs œufs. On y parviendrait aisément en trem: pant la première compresse,de l’appareil.dans une dissolution de camphre ou de-toute autre liqueur antiseptique. né AY tofia ù 7 Traitement des plaies d'armes à feu. :

Nous allons examiner maintenant les indications qu'offrent les plaies d'armes à feu dans leurs dif=

GÉNÉRALITÉ DES PLAIES. 53 férentes périodes : mais avant de faire connaître ces indications, nous allons tracer un précepte assez important, duquel les auteurs n’ont point parlé ; il est relatif À à l'ordre du pansement, pour le sujet qui se trouve atteint de plusieurs blessures.

Ce précepte consiste à commencer le pansement par la plaie la plus simple ou la plus légère, et à passer ensuite de celle-ci à une autre moins légère, et successivement jusqu'à la plus grave, surtout si elle commande une opération douloureuse. Il est facile de concevoir d'avance les motifs de cette règle. Il est naturel de penser que, si l’on commenait par cette dernière plaie, le sujet pourrait tomber en syncope après l'opération , et, dans ce cas, on serait obligé de suspendre le pansement des autres blessures; ou bien le malade, effrayé et fatigué par les douleurs plus ou moins vives de l'opération qu'il aurait subie, refuserait les autres secours ; tandis que les soins que l’on donne aux plaies simples étant moins douloureux, le blessé s’en trouve encouragé, et n’a plus autant à craindre le traitement relatif à la plus grave.

Dans la première période, les plaies d'armes à feu commandent un pansement simple, légèrement tonique et compressif; tonique, pour rétablir l’action affaiblie des vaisseaux subjacens à l’escarre d'attrition, ce qui en favorise l’exfoliation et opère une prompte détersion dans la plaie; compressif, pour prévenir le gonflement trop considérable des parties lésées et favoriser la réaction des vaisseaux.

b} GÉNÉRAIITÉ DES PLAIES.

Ainsi; pour remplir cette double indication, on appliquer immédiatement un linge fenêtré, trempé dans du vin chaud camphré, ou dans des Teau märinée, avec addition dé quelques gouttes d'acétate de plomb ; des compresses et des bandes où bandages à plusieurs chefs, trempés dans la même fidüeur, en ayant le Soin de serrer uniformément le baridage dont on $e sera servi. Nous avons imaginé ce mode de parsement dès le commencement dela campagne de l’armée du Rhin en 1793; ét nous en avons fait un usage constant depuis cetteépoque. S'il se présente quelques signes d’éréthisme local où de pléthore générale, on doit désemplir lesvaisseaux par là phlébotomie, et mettre en usage les délayans et de légers bouillons. Les sangsues, tant préconisées par les médecins du jour, ne peuvent avoir que des inconvéniens, en ce qu’elles augmentent Ja Stase dés fluides ans les vaisseaux as parties altérées, qui se tuméfient et se frappent d’affection gangréneuse. D'ailleurs, pour faire cetté apuieabuk % sangsues, il fat léver l'appareil qui couvre la plaie, et le défaut de compression qui en résulterait serait seul suffisant pour déterminer le gonflement et tous les accidens que nous venons d'indiquer. | Si les plaies d'armes à feu sont accompagnées d'hémorragie, il faut nécessairement les débrider pour mettre les artères à découvert, et en fâire Ja la ligature médiate ou immédiate : on devra, äutant qué possible, donner la préférence à H‘der:

GÉNÉRALITÉ DES PLAIES. 55 pière’. Ce débridement sera également indiqué lorsque les plaiesse sont étendues jusque surdes parties chärnues et aponévrotiques, et qu'il existe dans leur intérieur des brides propres à produire l'étranglement, ou des dénudations profondes qui ont détruit les comrnunications vasculaires et le rapport respectif des parties. Les plaies d'armes à feu situées aux régions du corps où il n'y a ni muscles ni aponévrosés, telles que la périphérie du crâne, la région sternale et la surface de certaines -articulations, ne doivent pas être débridées, à moins qu'il ne faille chercher quelque artère pour “en faire la ligature, ou achever la section de quel- -ques cordons nerveux déchirés ; encore les débri- demens qui deviennent nécessaires doïvent-ils être faits avec ménagement, pour ne point intéresser les vaisseaux, les nerfs ou les tendons intacts.

iCette indication remplie, il faut rapprocher les bords des plaies, et les maintenir dans cet état au moyén de linges fenêtrés enduits d’une substance balsamique, ou trempés dans du vin chaud ou de l'eau salée, ete. : de la charpie mollette où de la filasse , et des compresses sont appliquées par-dessûs pour absorber les fluides, et on termine le pansement par l'application d'un bandage appro- ‘prié.

On ne doit pas toucher à cet appareil, à à moins de: quelque circonstance PR avant le sep-

1° Cet accident sera traité plus au long à l’article des plaies des membres.

56 GÉNÉRAIITÉ DÉS PLAIES.

tième, huitième ou neuvième jour: il y a de grands avantages à attendre que la suppuration aitdégorgé les parties et détaché spontanément les pièces d’ap- “pareil; il y a de grands inconvéniens à les lever trop prématurément, surtout pendant l'hiver. Nous avons vu un assez grand nombre d'amputés à l’épaule ou au bras parcourir des distances immenses, du champ de bataille à leur dernière destination, sans qu'il leur fût fait aucun pansement. Ils se contentaient seulement d'éponger tous:les jours l'extérieur de l'appareil, et de le couvrir d’un morceau de peau, ou de toile cirée, ou de tout autre vêtement; et néanmoins, à leur arrivée, ces sujets voyaient leurs moignons cicatrisés ou très-avancés dans la cicatrisation. Les ligatures et les escarres, détachées d’elles-mêmes, se trouvaient dans lap-. pareil. Un chef de bataillon, entre autres, amputé à l'épaule, s’est rendu de la bataille de la Moscowa à Paris sans avoir été pansé une seule fois, et a trouvé à son arrivée dans cette dernière ville son moignon entièrement cicatrisé. Ilabsorbaitjournellement, au moyen d’une éponge, la suppuration qui -traversait l'appareil que j'avais appliqué après l'opé. ration. Le général Janin, l’un des guerriers de l’an- -cienne armée, ayant eu, au combat d'Elsberg en Prusse, la Ah ire HracaRuel etune grande portion de la vue inférieure et de la joue détruite par un biscaïen, assura le succès complet de l'opération que je Fe fis sur le champ de bataille, en en r'ésRece tant l'appareil méthodiquement SH HE jusqu'à

GÉNÉRALITÉ DES PLAIES. 67 son arrivée à Paris, où il fit couper les points de suture qu'on trouva sur la cicatrice déjà consolidée.

. Lorsque les plaies sont compliquées de fracture ou de fracas dans les os, il faut également débrider pour explorer le désordre intérieur; extraire les esquilles mobiles, isolées ou déplacées; remettre en rapport celles dont on peut espérer la soudure avec le reste de los; en faire, dans quelques cas, la résection: Quant au pansement de ces sortes de plaies, il ne diffère en rien de celui que nous'avons décrit plus haut. Nous parlesons d’ailleurs: plus amplement de ces fractures à l’occasion de, celles des membres.

Tels sont en aperçu les préceptes qu'on a à remplir dans les plaies d'armes à feu lorsqu'elles sont récentes; mais lorsque les accidens sont déclarés, on doit, selon l'intensité de l’'inflammation locale, caractérisée par la tuméfaction et la rougeur plus ou moins vive des parties, la chaleur et une sorte de pulsation profonde et incommode, et selon l'état de turgescence où se trouve le sujet, pratiquer quelques émissions sanguines. La saignée générale est préférable aux sangsues, qui, loin de dissiper l'inflammation, l'augmentent et favorisent l’invasion de la gangrène. Nous avons un très-srand nombre d'exemples de ce résultat, dont nous tàcherons de donner l'explication à l’article des fractures compliquées de plaiesauxmembres inférieurs. Il faut être également très-circonspect dans l’emploi des émolliens qu'on pourrait appliquer sur

58 GénénariTÉ DES PLATBS.

lés parties engorgécs. De légers toniques èt unë copression uniforme faite avec soih sont presque toujours plus avantageux. Une diète sévère et l'usage des boissons rafraîichissantes sont indiqués. Si Here | ces moyens liñflammation né se résolvait point et qu elle se convertit en afféction 6 érysisteel ou qu’elle se términât, soit par uné suppuratiôn trop abondante, soit par la pourriture d'hôpital, soit enfin par la gangrène, on préviendrait les effets facheux de chacune de ces affections par les moyens que nous allons indiquer successivement. HR

Erysipèle traumatique.

… L'érysipèle qui survientaux environs d’uné plaie, après le quatrième ou cinquième Jour de son invasion, reconnait nécessairement pour cause éssentielle'une surexcitation dans le système nerveux et vasculaire des bords et des parois profondes de cette plaie, excitation que produit ordinairement léur réunion trop immédiate, lorsque surtout la division n’est pas simple et uniforme commé celle qui est faite par l'instrument du chirurgien. L'usage des tentes de lagaric ou d’autres corps étrangers introduits dans cette solution de continuité ; l'application de corps gras, de substances trop irritantes ou même des émolliens à à une température excessive; le contact de l'air froid ét humide: $ l'état d attrition et de déchirure des parties lésées À ou une afféction gastrique bilieuse, sont autant de

ÉÉNÉRALIÉ DES PLAÏES. 59 causes qui peuvent donner faissance à cette sur. excitation. Une foisi imprimée sur ces parties léséés ét très- sensibles, elle occasione d’une part là crispation et l'éréthisme des vaisseaux rompus des orgäñes qui doivent produire la suppuration, et le dégorgement des tissus enflammés ; d’un autré côté, les veines capillaires du cutis, qui, par leut

nature et leur situation péREtENe” parti@ipent Moins à cet éréthisme profond, absorbent les fluides épanchés dans la plaie, et les transmettent par une contraction péristaltique et divergente vers Ja surface extérieure pour produire F érysipèle dont nous avons parlé. Lorsque cette absorption se fait immédiatement après la blessure, soit qu'on la ferme où qu’on l’abandonne aux seules ressources de là nature, il en résulte une ecchymose plus où moins étendue, formée également par le passagé du sang artériel dans les veines cutanées qui l'ont absorbé dans l'intérieur de la plaie, et l'ont transporté à des distances proportionnées aux causes d'irritation locale ou d'ébranlement. Dansles casoù les fluides qui sont épanchés dans la plaie sont altérés de manière à présenter le caractère puriforme, leur absorption par ces mêmes vaisseaux fait dévelépper alors une affection éry sipélateuse; | car en même temps que ces principes morbides, en parcourant ces vaisseaux, provoquent une contraction Spasmodique dans leurs tuniques, le sang qu’ellés contiennent se fluidifie davantage par l effet de la chaleur exaltée de là partie, et par $on

6b - GÉNÉRALITÉ DES PLAIES.

mélange avec les molécules purulentes, et âcres, humées dans la plaie. Toutes ces causes produisent l'exubérance de l’épiderme et la rougeur dont l'intensité est augmentée par le contact de l’oxigène de l'air atmosphérique. Par suite de ce travail continu d'irritation et d'infection, cet érysipéle augmente, 5e propage RAPIAP PIE sur les mêmes régionsÿ et ne s'arrête qu'aux adhérences plus ou moins serrées des tégumens, telles que celles qui se font sur les saillies osseuses. Si alors à la cause traumatique il se joint quelque principe miasmatiquedélétère, provenant d’émanations méphytiques ou de foyers de maladie contagieuse, l’érysipèle se terminera promptement par la gangrène; et comme cette dernière affection stupéfie à son tour le principe vital des organes intérieurs, il en résultera la cessation des fonctions de la vie dans le tissu lésé, et bientôt après la perte totale de Findividu, si lon ne peut arrêter ou circonscrire les PAGES de la mortification.

Dans le cas, au contraire, où il y a aberration bilieuse, l’érysipèle et la plaie prennent une teinte jaunâtre et se compliquent de symptômes d’hépatite. Enfin s'il existe des signes d’atonie à l’estomac, accompagnés de rapports aigres ou de nausées, l'exanthème érysipélateux pälit, les bords de la solution de continuité se boursoufflent, et son fond se couvre d’une substance épaisse, grisätre et putrescente, ce qui caractérise l’adynamie et la pourriture d'hôpital.

GÉNÉRALITÉ DES PLAIES. Gr Nous avons déjà indiqué les moyens à mettre en usage pour prévenir ou faire dissiper l’ecchymose qui accompagne les plaies et les contusions; nous allons maintenant traiter exclusivement de l’érysipèletraumatique, qui n’est qu'une modification dé l’ecchymose ; car la différence de ces deux genres d'injection pathologique ne tient qu'à la nature: .des-fluides, qui circulent dans les vaisseaux infiltrés. L’érysipèle est produit par le mélange d’une-plus où'moins grande quantité de molécules purulentés avec lesang veineux, tandis que lesang versé dans la plaie par les artérioles coupées ou déchirées, repompé par les veines et extravasé. à la surface de la peau ou dans le tissu lamelleux sous-cutané, est ce qui constitue l ecchymose ; mais les tissus ne sont point enflammeés, et par ‘conséquentlindication ne peut être la même;

Que: convient-il donc de faire dans l'érysipèle? Lesauteurs qui.ont écrit sur cette affection. ont imaginé autant de traitemens différens; mais presque tous, surtout ceux qui ont embrassé la doctrine broussaisienne, conseillent, comme le premier moyen et Je plus important à mettre en usage, les saignées capillaires faites avec les sangsues posées sur, l'érysipèle. Ces auteurs. pensent qu'en désemplissant ainsi les vaisseaux engorgés, l’on arrête.et lon-fait cesser la maladie; parceque, d’une part; l'intensité de la couleur diminué; et que, d'un autre côté, les douleurs se calment et souvent disparaissent. Mais on est induit en erreur, car la déplétion

Go GÉNÉRATITÉ DES: PLAIES.

produite par les sangsues ne s'opère: pas sur les vaisseaux injectés ou érysipélateux. Ces insectes les évitent, et portant profondément leurs dents aïguës et tranchantes, vont chercher dans: le fond du derme les petites artérioles, qu’ellesouvrent de préférence pour en sucer le sang vitalyrau lieu de pomper les fluides puriformes sanguins contenus dans les veines superficielles *. L’engorgement pa: thiologique réste donc stationnaire ; le véhicule seul dela vié générale ést réduit; la sensibilité est émoussée; les fonctions de l'individu sont affaiblies; ét les propriétés vitales ne tardent pas à s’éteindredlans les parties engorgées, qui sont frappéés d'abord de stupeur, et'bientôt'après d'affection gangréneuse dént il‘est difficilé ensuite d'arrêter les progrès. Bién plus, l'irritation instantanée qué les sangéues produisent dans le système dérmioide suffit! pour faire prendré x la maladie un caractère phlegmonétix, en propagéänt Pé érysipèle ) jusque däns léttissu celllaire ; ; résultat d'autant plus PCT qu’à

10181 deupsedlons fre into vus forme IQ SIP) 19 'ÉÉEO'TC ea ocns ie EL: 12ipeatordétiiit 0} J’ai acquis FE: connaissance de la disposition. FR TSRE | ui composent ] le derme, dans les préparations ar anatomi ues €

Le injections trés-fines que j'ai vues, en Alle hagrie dans les chBinets des célébrés Proschaska et Soemiéring: CES ihjéctions dônt: je possède une partie; £ont asséz’ bien préparées pou qionydistingue, sensiblement au: microscope les deux couches de vaisseaux, Laplussuperficielle est toute composée de yeines; A segende de, Ypésseaux antéri lels qui, se continuent profon-

pt. par dgs, ré réseaux £ plus 0 ou u mains. Gpais « dans l'intérieur

Fo

GÉNÉRAHTÉ DES PLAIES. | . * 68

peine ce tissu‘ ést-ilienflammé ; il s'établit un travail! de suppurtion dont les'effets s'étendent au loin; endéterminant des clapiers et des fusées purulentes; d'où proviennent la dénudation des muscles et dela peali et l’exfoliation plus oùmoins étendue de ce même tissu cellulaire. Les émolliens, quel que soïtlèur mode de préparation; augmens tént également l’asthénie ; lengorgement, et don- . nent lietr à destphénomènes analogues. Les topiques répercussifs et les rubéfians, que quelques auteurs: précônisent; ont aussi l'inconvéniént majeur d'exalter et d’é tendre ‘profondément linflamatioh,1iet souvent les excoriations opérées’ d iv cè bio topique sont suiviés de gangrène. ” -0iCètté variété de moyens ét les effets générale- mieñit fâcheux qui en ‘étaient la suite, ont'fait dire aplusieure médecins qu'il fallait abandonner le traitement de cette maladie à là fature 4 mais 'ellè se suffit rarement à élle-mème;" étsi Yar® ne ‘lui portait ipromiptement ‘dusécouts, elle pourrait siiècombet; car il 8e fait souvent ; vers Iés lorgaties intériéurs Br cran dé métistase des” prinéipes rbibifiques qui produisetit cet ‘exanthème} de sorte qie STIeS sujet ne périssent' point desréfrets délétères et contagieux dE Hé'igangrerie!l locale, ils méurent dès affections’ sympathiques " et ‘éonsééut tiVeg des Viscères. Nos en’ avons! à vu un "grand noWibre d'ekeiples qüinous ont porté #| faire de notVélles réchér éhés, et À étudiér Hvec”uné attent ton dcripülétisé lé° ae pp eAent de ces érysie

pèles traumatiques dont la marche est si rapide, et dont il:importe tant d'arrêter le cours ; afin-d’en SEE les suites presque toujours funestes. |

. Sans avoir égard aux causes concomitantes à la PEN de cette maladie, on devramettre promptement. en usage un moyen qui soit capable! d'ar; rêter cetravail inflammatoire péristaltique, en-absorbant le principe morbide avec les fluides qui-le recèlent , et en rétablissant en même temps lés propriétés vitales dans les tissus malades d'où cette stase morbifique les avaitexpulsées. Le cautère actuel nous a paru produire ce doubleiieffet, et; le succés le plus extraordinaire a justifié notre: attente. Vers la fin du dernier siècle,:M. Pelletan (de l'institut de France). avait déjà signalé ce ;topique.comme un puissant révulsif . contre l’érysipéle,et c'est au reste dans les éloquentes leçons de .ce professeur célèbre qu’on a: puisé «la: plupart des idées, lumineuses qui ont conduit.les physiologistes modernes à tant de découvertes. Appliqué sur les points les plus rouges de l’érisypèle et.sur ceux qui sont les plus rapprochés de la plaie, le fer incandescent arrête en.effet, et à: l'instant même, la marche de la phlegmasie. Cette application:qui ne cause point ou presque point de douleurs: est immédiatement. accompagnée. et suivie, 4-,d'une effluve. gaziforme d'une odeur animale, rendue visible par une légère fumée qui l'enveloppe; 2° de la disparition de la chaleur et de la douleur tensive que le malade éprouvait dans toute la par-

tie enflammée; 3° la rougeur et le gonflement qu’on

y observait se dissipent également; 4° ces cautérisations ne sont point suivies de suppuration et ne

sont pas susceptibles de produire la gangrène comme les rubéfiaus : les parties brülées du cutis tombent par petites écailles charbonneuses ,.et ne laissent point de cicatrice sensible; 5° le flux pu- rulent de la plaie, dont la suppression avait précédé Pérysipèle, se rétablit presque aussitôt ; 6° enfin les forces de l'individu renaissent en même temps, et les fonctions affaiblies des viscères, surtout celles de l'estomac, se raniment et concourent ainsi à l'entière résolution de la maladie exarithématique. S'il existait d'ailleurs encore quelques side 4 affection gastrique saburrale , on ache- | verait l'effet révulsif du cautère actuel par l’administration d’un grain d’émétique dissous dans une

infusion d’ipécacuanha faite à froid et filtrée.

Voilà les faits. Comment expliquer maintenant

les phénomènes que nous venons de retracer? Je

laisse aux physiologistes à résoudre cette question;

je n'ai voulu fixer ici que l'attention des praticiens sur l'efficacité de ce cautère pour combattre la ma-

ladie qui nous occupe. Nous tàcherons néanmoins

de nous rendre raison de la cause de quelques phé-

nomènes à l'existence desquels on aurait peine à

croire, si lon ne découvrait véritablement les

sources de leur production.

1°. Nous avons dit que l'application du fer rouge

sur l'érysipèle se fait sans douleur bien sensible. HS it PA

us

66 © GÉNÉRAIITÉ DES PLAIES.

Nous croyoñs devoir attribuer cette insensibilité à

Ja couche plus ou moins épaisse dü réseau des vaisseaux injectés et recouverts de l’'épiderme déjà désorganisé, parce que cette couche isole et protége le tissu nerveux de la peat.

3°. Les brülures he suppurent point; parce que le cautère à écalement épargné le tissu sensible du derme; dans lequel se trouvent les vaisseaux artériels; seuls susceptibles de faire naître la suppuration. En effet, lorsqu'on pose légèrement et promptement, ainsi qu'on doit le faire en cette circontance, le fer rouge sur l’exanthème érysipélateux, - Ja éauütérisation se borne aux vaisseaux injectés et en quelque softe privés de la vie : aussi les petites éscarres qui en résultent se détachent par égailles sèches ét charbonneuses, et l’épiderme de/toute la région de la peau qui a été frappée par l'érysie pele. tombe ‘également en écailles plus ou moins épaisses:

3°, Enfin, le dermé lui-même n'ayant pas été ‘éntamé, ainsi que nous vénons de le dire, les points brèlés ne laissent par conséquent aucune Cicatrice.

Maintenant, pour démontrer l'efficacité du cau- “ère actuel, nous allons rapporter, le plus briève- ‘rènt péisible, les observations des sujets auxquels ‘ée topique révulsif, appliqué légèrement et avec promptitude , a fait disparaître, comme par en- “chañtément, et l'érysipèle traumatique, et la fièvre ‘adynamique où ataxique qui l’accompagnait. Nous

GÉNÉRALITÉ DES, PLAIES, 67 wavons point tenu compte de quelques essais auxquels nous nous étions livrés à différentes époques, parce que nous n'avions pu en suivre complétement les effets; nous nous bornerons donc àl’exposé des observations suivantes. hip :

: Première observation. Le nommé Jean. Féton, âgé de22 ans, canonnier dans l'artillerie à cheval deile garde, fut apporté à l'hôpital le 5 octobre 1825, le sixième jour de l'invasion d’une plaie contuse à la jambe droite, faite par un coup de pied de cheval, imprimé avec force sur le tibia, dont une portion était dénudée. De légers répercussifs avaient été appliqués sur cette solution de continuité pendant les ‘premiers jours; mais des symptômes d'inflammation locale s'étant manifestés vers le cinquième, on leur substitua les émolliens: La plaie prit alors un, caractère érysipélateux ; des signes. d’une affection nerveuse générale ne tardèrent pas à se manifester, et bientôt l'érysipèle s'agrandit et envahit rapidement toute la jambe et le pied; qui se tuméfièrent.. Au onzième jour , des lignes rougeâtres très-prononcées s’étendirent très aw loin: sur la cuisse, et de petites phlyctènes gangréheuses commencèrent à se manifester autour de la plaie: À l’époque où ce canonnier fut transporté ‘dans la'salle des blessés , la sensibilité animale était déjà éteinte ou considérablement émoussée dans tout le membre, que nous trouvâämes très-enflé. et de couleur d’un rouge violet. Le malade avait des nausées, des vertiges; et:se plaignait d'un -engour-

dissement et d’une pesanteur incommode dans la jambe; il avait le pouls petit, fébricitant, la: läñgue noire , aride, l’œil terne et larmoyant, le visage décoloré; l'urine était rare et noire; tout enfin annonçait un danger imminent. | Nous nous hâtämes de faire prendre à ce 'militaire un vomitif de la formule déjà indiquée, auquel nous fimes succéder le bouillon de poulet émulsionné; et des boissons mucilagineuses sucrées et aromatisées avec l’eau de fleur d'orange. Le membre malade futenveloppé dans des compresses imbibées de vinaigre chaud fortement camphré: À notre visite du lendemain ayant trouvé l'érysipèle dans le même état, et l'ataxié , Qui était à peu près au même degré, menaçant toujours le sujet d’une mort:prochaine, nous nous décidâmes à appliquer le cautere actuel sur tous les points principaux de Tengorgement érysipélateux, en commençant: par les bandes rouges qui étaient survenues àla cuissé, et'en descendant ensuite successivement au genou, à la. jambe et au pied, avec l'attention néanmoins de laisser de grandes distances entre les: points cautérisés, et d'éviter les adhérences de Ja-peäuisur les saillies osseuses. Une cinquantaine de boutons de feu incandescens furent ainsi posés en moins de six secondes, et nous appliquâmes aussi un moxa ‘sur l'épigastre. Des compresses, imbibées de la liqueur tonique dont nous avons parlé, furent pla- “cées sur le membre, et fixées au moyen d’une bande ‘légèrement serrée : la même médication fut pres-

| CÉNÉRALITÉ DES. PLAIES. 69 crite, Notre surprise fut extrême, quand, à notre visite, nous trouvâmes l’érysipèle presque entièrement dat et le gonflement du membre considérablement réduit, Une suppuration louable s'était déjà rétablie dans la plaie; la langue: était humectée et moins noire ; toutes les fonctions s’étaient ranimées , et le malade qui, la veille, n'avait pu proférer une parole, déclara à voix élevée qu'il se trouvait mieux. Il y eut dans la même journée des évacuations alvines noires et extrêmement fétides. On renouvela l'appareil du membre, et l’on continua le même régime et la même médication.

En moins de trois jours tous les symptômes de l'affection érysipélateuse et de la fièvre traumatique eurent entièrement disparu; la plaie se détergea promptement; ses bords s’affaissérent; une lamine osseuse s'exfolia par la suite, et la cicatrice se fit ensuite immédiatement. La convalescence se prononça bientôt, et nous püûmes annoncer la guérison du malade et sa sortie de Phôpital, qui a eu lieu le 1°° décembre suivant. Les brülures du fer rouge n'ont point été suivies de suppuration, et n’ont laissé aucune trace sur les points de la pra où le cautère avait été appliqué.

. Deuxième observation.—Lesujetdela deuxième observation est le nommé V.... (Nicolas), soldat au 5° régiment d'infanterie de la garde. Au moment où il entra à l'hôpital, le 25 novembre 1825, ce militaire était au cinquième jour d’une petite plaie à la tête, située à la région latérale et supérieure

70 GEÉNÉRALITÉ DES PLAIES.

du front, et qui avait été produite par un corps contondant dont le choc fut suivi d'une très-pétite déchirure de la peau du péricräne et d’une dénudation très-étendue à l'os frontal, Ün PARREE simple avait été fait ét continué jusqu'à l'époque de sün éntrée à l'hôpital. Alors un engorgement SYSPERAENX assez sensible se manifestait au visage ét à toute la surface de la tête; cependant il n’y avait pas encoré de symptômes fébrilé8, ét à peine le malade’ éprouvait:il quelques douleurs : “passagères à la tête, avec pesanteur incommode à cette pARMeS La AAA étendue de los, que nous reconnûümes à l’aide de la sonde, et la quantité de fluide sanguin que nous reuaè épanché entre les tégumens et le crâne, nous portèrent à pratiquer sur cette portion de peau une incision Cru: ciale, dont le centre se trouva formé par la solution de continuité préexistante : cette division, Le fut suivie d’une légère effusion de sang , fut pansée au moyen d’ un HA ve fenêtré, enduit de cérat safrané, et d’un AR simplement Contentif. s

IE blessé se sentit un peu soulagé par cette opération; Cependant, le lendemain, à ma visite, l'érysipèle de la face était USSS développé, et émpéchait le malade d'ouvrir les paupières : il s’étendait aux oreilles, sur les épaules et à toute la nuque. Un mouvement fébrile s'était aussi dé- Claré, et la langue était sèche’et recouverte d'une téthté brune : d'aillèurs les lèvres de la plaie étaient disposées à suppurer et n’offraient rien de remar-

GÉNÉRALITÉ DES PLAIES, 7t quable. Nous prescrivimes des boissons délayantes,, mucilagineuses, et des lavemens laxatifs; mais dès le même soir, l'érysipèle ayant encore fait des progrès, et la fièvre ayant pris un caractère nerveux, nous nous empressâmes de mettre en usage un assez grand nombre de boutons de feu , que nous appliquâmes aux RAIDE sur toute la région postérieure de la tête, à la nuque et sur les “épaules, ayant le soin de ne poser le fer incandescent qu aux distances convenables et avec une promptitude extrême. Des compresses imbibées de vinaigre camphré furent placées sur tous les points cautérisés : : on continua du reste le même régime.

Dès le lendemain nous FOSSES un mieux sen:

sible chez notre malade; l'érysipèle avait presque entièrement disparu, et la résolution continua de s'en faire progressivement. Ea suppuration de la plaie augmenta dans les mêmes proportions, et, au ab jour, le dégorgement de toute la tête fut complet. Enfin, té foHéone se rétablirent promptement , et le tale fut en état de se lever et de manger des alimens légers avant le dix-neu- | vième jour. Une exfoliation de peu d’éténdue s'est faite, vers le trentième, de la portion d'os qui avait été dénudée, et notre malade est sorti de l'hôpital, sa plaie cicatrisée et dans une parfaite santé,.le 29 décembre , quarante jours après son accident.

‘Aucune des brülures, dontlenombre s’est monté à une.quarantaine, n’a été suivie de suppuration!, et elles n’ont daissé aucune trace sensible sur le

derme ; mais l’épiderme de toute l'étendue des tégumens où l'affection érysipélateuse s'était établie, est tombé par écailles, quise trouvaient seulement plus épaisses dans les points des brûlures.

Nous avons obtenu les mêmes résultats de l'application du fer incandescent, non-seulement pour d’autres blessés qui avaient été frappés d’érysipèle traumatique, mais encore dans les cas de simple érysipèle spontané ou symptomatique.

Abcès ou fusées purulentes à la suite des plaies. F4

S'il se forme des abcès ou des fusées purulentes à la suite des solutions de continuité qui nous occupent, il faut les ouvrir avec le bistouri, et mettre tous les foyers à découvert. Les incisions ou les contre-ouvertures sont préférables à la compression, préconisée par quelques auteurs et beaucoup de praticiens. Cette compression a le grand inconvénient de faire infiltrer et disséminer au loin les fluides de ces abcès dans le tissu cellulaire, sans remédier à l’accident principal, et de prolsageng ou d'aggr raver la maladie.

De la pourriture d'hôpital.

Après les premières campagnes de l'Allemagne, j'avais déjà fait remarquer dans mes lecons dé chirurgie clinique, à l'hôpital militaire de la garde, qu'on ne devait pas confondre la pourriture d’ho-

pital avec l'affection gangréneuse, et que ces deux maladies présentaient des symptômes trés-distincts et une marche totalement différente. Le résumé des réflexions que j'ai faites sur les sujets atteints de ces deux genres de maladies est consigné dans les registres des observations chirurgicales de cet hôpital, et dans mes Mémoires sur la ans.

dont nous parlerons ci-après.

La cause immédiate de la première affection consiste dans l’exaltation dela sensibilité des parties lésées, déterminée elle-même par lidiosyncrasie plus ou moins irritable du sujet et sa prédisposition à un état adynamique ; par l’humidité de l’atmosphère et les miasmes dont il est imprégné, surtout ceux qui proviennent d'une pareille affection, ou d'émanations putrides de substances animales, lorsque les plaies sont exposées trop long-temps au contact de ces émanations; par l'usage des onguens trop irritans, des lotions froides et astringentes ; les pansemens imméthodiques et trop fréquens. Lorsqu'elle est déterminée par une cause adynamique spontanée, son invasion s'annonce par l’état . de prostration du sujet, la pâleur du visage, la blancheur de la langue, couverte vers sa base d’un enduit muqueux jaunâtre plus ou moins épais, qui s'observe également dans le pourtour des racines des dents; la précipitation et la petitesse du pouls; des frissons irréguliers, l’anoréxie et l'anxiété. Des douleurs sourdes et tensives se manifestent dans la plaie, dont les bords se tuméfient et de-

viennent ternes ou livides; la suppuration diminue sensiblement et prend un caractère glutineux; les douleurs augmentent, ainsi que le boursoufflement local qui s'étend bientôt à tous les points de la solution de continuité; une substance pulpeuse, de couleur grisâtre, en remplit les espaces; elle répand une odeur nauséabonde comme la colle végétale pourrie des peintres, et l’on ne peut mieux la comparer qu'à l'écume grisätre qu'on observe sur les eaux croupissantes des marais; elle est souvent aussi distendue par des‘bulles gaziformes retenues dans sa masse. Cette pourriture s'étend” à fa surface de la plaie et en désorganise les tissus, surtout les parties fibreuses, cellulaires et dermoiïdes; la peau se festonne autour d'elle, et se laisse facilement envahir par cette affection conta- gieuse, qui se propage promptement d’un point à un autre par une sorte d'érosion successive qu’elle produit sur les parties accessibles à son action; elle pénètre profondément dans l'interstice des muscles, mais elle respecte leurs fibres motrices, comme elle épargne également les artères et les nerfs, parce que ces organes repoussent sans doute les effets de ces substances putrides morbifiques, en vertu des principes vitaux très-actifs qu’ils contiennent essentiellement, de l'oxigène qui circule avec le sang de ces vaisseaux , et de l'électricité animale parcourant les cordons nerveux: aussi, lorsque les plaies sont détergées ou débarrassées de cette pourriture, les muscles, les artères et les nerfs

CÉNÉRALITÉ DES BLAIES. 75 s'observént intacts ét se recouvrent assez promptement de bourgeons vasculaires. |

L'inoculation ou la transposition de cette pourrituré sur d’autres plaies simples, et dont la cicatricé serait même avancée, produitsur elles lemême genred'affection, et les fait convertir bientôten un uléère putride semblable au premier. Les instrumens , les linges à pansement en sont très-souvent des conducteurs fidèles. Cette inoculation s'est faite sous mes yeux, et j'en ai suivi la marche jusqu'à ses dernières périodes. Je crois donc, quelle qué sôit l’assertion contraire de certains auteurs, qu'on'ne peut douter de la propriété contagieuse de cétte affection, qui diffère essentiellement de la gangrène. Les effets de la pourriture nosocomiale sont de porter atteinte à l'intégrité des organes de Ja vie intérieure, et d’en troubler ou d'en affaiblir les fonctions, tout comme l’adynamie générale, ainsi que nous avons dit, détermine la pourriture d'hôpital. Aussi, dans les solutions de continuité les plus simples, un vomitif administré à propos, suivi de l'usage de bon quinquina, fait-il disparaîtré l'affection nerveuse ou putride générale , pendant que application de certains topiques sur la plaie, tel que le cautère actuel, détruit parfaitement cette pourriture ou affection locale.

| D'après le développement de ces symptômes, l'on conçoit aisément que la maladie qui nous occupe présente trôis périodes qu'il est inutile de retracer mainténänt ; mais, parvenue à son troisième de-

gré, elle marche avec une rapidité effrayante et de manière à désorgäniser promptement les. tissus dermoïde, cellulaire, aponévrotique, cartilagineux, et même osseux. Lorsque l'affection a une grande étendue, le principe ichoreux de la matiere est absorbé par le système veineux et transmis sur les organes intérieurs; l’on trouve alors, à l'ouverture des sujets qui ont succombé à cet accident, le sang des veines du membre malade mêlé de mo:

lécules puriformes et de bulles d'air; des fusées purulentes dans le tissu cellulaire et dans l’interstice des muscles; enfin des amas de même matière ou de sérosité putride dans les viscères, surtout du côté malade, et jusque dans les:membranes cérébrales, ce qui vérifie notre opinion sur les vraies causes des abcès au foie à la suite des plaies de tête : c’est le système séreux de ces organes qui est constamment le plus affecté, tandis que les membranes muqueuses de l'estomac et des intestins restent intacts. Les effets de cette métastase et de ces irritations sympathiques caractérisent donc l’adynamie.

Lorsque la pourriture d’ hôpital parait être l’effet d’une affection gastrique nerveuse, il faut faire précéder les topiques indiqués, d’un po FR de l'usage du quinquina ou mieux du sulfate de qui-

nine associé au camphre et à l’opium, de légères

limonades minérales ou acétiques. L’acide hydro-

chlorique, qui doit faire la base de ces limonades,

nous a paru produire de très-bons effets. Ces re-

mèdes arrêtent souvent la marche de la maladie, dissipent la stupeur, l’irritation locale, et favorisent la détérsion de la plaïe qui se dépouille spontanément de la couche putride grisätre qui la recouvrait, et reprend très-promptement un aspect vermeil. C’est ce que nous avons vu maintes fois, et ce qui prouve (contre l'opinion du professeur de Montpellier, auteur d’un excellent traité sur la pourriture d'hôpital) qu’elle peut être symptomatique. Le plus ordinairement cependant elle est idiopathique. : |

Dans le premier cas, comme dansle dineiqhil ii avoir rempli l'indication relative à l'adynamie générale, si elle existe, l'on doit s'occuper des moyens d’enlever la substance putrescente, et d'en faire tarir la source.

L'eau de Labarraque, que nous avons eu occasion d'employer depuis sa découverte, l'une des plus importantes qu’ait faites la chimie, a,la propriété de dissoudre cette substance et de la faire disparaître dela surface de la plaie; mais ce moyen ne remédie point à la cause qui l’a produite, et loin de détruire l’'irritation profonde qui existe dans la solution de continuité, il parait au contraire l’entretenir par son effet légèrement caustique ou corrosif :. or, après s'être servi de ce moyen: ou,de tout autre pour enlever les couches plus. ou moins épaisses de la pourriture, on,appliquera avec le plus grand avantage le cautère actuel. Il faut. faire en.sorte que le AR soit incandescent

78 GÉNÉRAIITÉ DES; PLAIES, au/moment de son application ; et avoirde.soin de le porter profondément sur tous les points de l'ulcération. Il ést même quelquefois nécessaire.de répéter cette cautérisation, qui, Join.d’être! cruelle comme on se.le persuade , enlève au contraire la douleur et met le malade dans un calme inexprimable. L'inflammation latente se dissipe promptement, la plaie se déterge, devient verméille et se cicatrise ensuite avec une grande rapidité: +. +

. Telle est, en aperçu, la marche de cet. accident état E Nous allons examiner maintenant l'accident que nou$avons désigné sous le nom de, gangrène traurmatique, OSEO LEE TRAMON, HÉVE

De la He pr

* La gangrène se caractérise par la! démon progressive et la disparition totale de la sensibilité des parties lésées. La suppuration des plaies où elle se déclare est moins abondante elle devient fluide, sanieuse ; ‘et prend une couleur noirâtre : il'se forme très-promptemenit une éscarre*brüne où noire , plus ou moins épaisse, molle ou'dense, selon lesfe ce dé gangrène : l'odeur qui s’en exhale est fétide. Cette affection a'une marche rapide et une inflience particulière sur'le cerveau etle système nerveux, de manière à produire Pataxie; tandise que la pourriture d'hôpital porte la stone sûr les appareils fibreux et séreux des'organes ide là

GÉNÉRALITÉ DES PLAIES. 79 vie intérieure, et dans ce cas ceux de la vie de relation restent intacts. |

Les causes de cette affection mortifère sont l’attrition ou la commotion des parties qui en sont atteintes : cette première peut produire, à l'instant du coup, une escarre avec laquelle on ne peut confondre la gangrène proprement dite, dont le résultat est cependant semblable; mais peu .de temps aprés , cette escarre d’attrition s'isole ; le gonflement, qui s était d’abord déclaré, se dissipe, et les parties ambiantes qui en étaient le siége rentrent dans leur intégrité primitive. Dans la gangrène, au contraire, ce gonflement augmente successivement jusqu'à la désorganisation des tissus, et elle n'en épargne aucun ; lépiderme se convertit en phlyctènes, le derme se noircit, se sèche ou se décompose; le tissu cellulaire, les aponévroses, les muscles, les nerfs etles vaisseaux sont également frappésdecette mortification, etseconfondent dans la masse désorganisée; les fluides se coagulentdans leurs vaisseaux au-delà de cette désorganisation, surtout dans la gangrène sèche ou de congélation, qui offre quelques différences avec celle qui nous occupe. Îl en sera parlé à son article.

Lorsqu'elle n’a frappé qu'une partie des organes -extérieurs , on la désigne sous le nom de gangrène partielle; si elle ri la totalité d’un membre, elle caractérise alors le sphacèle, qui sera traité

plus au long, quand nous -parlerons de l'amputation des membres. PTT

L'affection gangréneuse peut étre déterminée par une disposition maladive du sujet; ainsila fièvre jaune, lors de notre expédition en Egypte, la fit développer dans les plaies de tous les blessés qui furent atteints de cette fièvre, même dans les plaies les plus simples et faites par des armes blanches.

Gette complication ne commande point le cautère actuel préconisé par quelques auteurs, tandis qu'il est efficace dans la pourriture d'hépital Dans la gangrène, loin d’en arrêter les progrès, ce caustique augmente la désorganisation des tissus et propage l'action délétère de cette maladie. Si elle est locale, on facilitera son isolementau moyen des émolliens anodins appliqués sur le pourtour des escarres qu'il faut extirper ensuite, avec l'instrument tranchant, dans leur totalité autant que possible, et les plaies seront pansées avec de légers antiseptiques , ayant pour base le camphre. L’affection est-elle préparée, déterminée ou entretenue par une fièvre d’un mauvais caractère, il faut d’abord combattre cette cause, ou du moins soc» cuper des moyens de l’atténuer.

Dans quelques circonstances enfin, la gangrène est un bienfait de la nature, en ce qu ‘elle concentre, vers le point désorganisé les effets de l réthisme et de la stupeur , qui engourdissent 4 fondément les parties et font développer la fièvre traumatique, dont les résultats vont souvent et de préférence se fixer au cerveau et dans le système nerveux.

De tous les accidens consécutifs des plaies, surtout de celles qui sont produites parles armes à feu, le tétanos est sans contredit l'accident le plus grave et celui qui mérite le plus notre attention.

Il se manifeste par des douleurs sourdes dans la plaie dont la suüuppuration diminue promptement et finit par se supprimer. Les chairs se boursoufflent et se dessèchent; elles sont d’abord rouges, deviennent ensuite marbrées. Bientôt ces douleurs locales augmentent, et paraissent s'étendre profondément sur le trajet des nerfs qui sont en rapport avec la plaie: le contact d’un air froid et: humide à celui des plus légers corps extérieurs suffisent alors pour les faire naître ou leur.donner plus d’intensité; enfin les muscles éprouvent des contractions convulsives accompagnées ou précédées de crampes vives et de soubresauts dans les tendons.

Divers états de tétanos ontété admis, selon les régions du corps où les contractions se développent et se fixent plus particulièrement, et selon le Caractère aigu ou chronique de la maladie : chacun de ces états présente des différences remarquables.

Tantôt l'irritation s'étend rapidement des mus-

cles voisins de la plaie aux plus éloignés, qui se

eV LE TÉTANOS. | |

contractent et se raidissent; tantôt elle se trans-

porte tout à coup aux muscles de la gorge et des

mâchoires où elle:se concentre : celles-ci se rap-, prochent graduellement et s’enclavent de manière à ne permettre que peu ou point d'écartement. La déglutition devient difficile, et bientôt impossible par la contraction forcée du pharynx et de l'œsophage: Cependant le trismos ou trismus, provenant des blessures, existe rarement seul; c’est ofdinairement un effet du tétanos général.

Lorsque cette affection est générale”, tous les muscles, extérieurs et intérieurs, sont attaqués en même temps. Tandis que les membres se contractent et entrent dans une rectitude complète, que tout le corps devient tellement raide, qu'en le prenant par une de ses extrémités on peut le soulever comme une rnasse inflexible, les autres organes de l'économie perdent, par la même cause, l'usage de leurs fonctions. Les yeux n’ont plus léur mobilité ordinaire , ils s’'enfoncent dans les orbites et deviennent larmoyans; la face se colore, la bouche se contourne, et la tête s'incline différemment selon l'espèce de tétanos. Les parois du bas-ventre se rapprochent de la colonne vertébrale, et agissent sur les viscéres de cette cavité, lesquels semblent se cacher dans les hÿpocondres, le bassin et

1 Je n’entends parler ici que de l’affection tétanique traumatique, car le tétanos spontané où interne ne donne pas toujours les Mn: résultats Lisenles auteurs qui ont parlé de ce genre de maladie. | |

les fosses lombaires, où les contractions répétées des musclés:les poursuivent et exercent sur eux un degré de compression plus où moins fort. Les côtes où s'attachent les muscles abdominaux, sont entrainées en bas; lés mouvemens du diaphragme sont bornés; la poitrine est rétrécie; la respiration est courte , laborieusé; le cœur se resserre, et ses contractions qui deviennent fréquentes et imparfaites, doivent alors affaiblir la circulation du sang. Le malade tombe dans un état d’insomnie; lorsqu'il s’assoupit, il fait des rêves sinistres; il s'agite, sinquiète, se tourmente, et cherche à sortir de l’état de gêne où lé tiennent la rigidité de ses membres et le défaut de jeu de ses organes.

Lecerveau seul, dans cetenvahissement général, nous a-paru constamment conserver l'intégrité de ses fonctions jusqu'au dernier moment de. l'existence,ensorte que l’infortunéatteint de cette maladie, se voit mourir. Quoique ce soit un phénomene fort singulier que de voir cet organe central du principe nerveux rester intact, quand tous les nerfs, même ceux de la vie de relation, sont profondément lésés, nous ne pouvons le nier cependant, puisque, chez le grand nombre de personnes atteintes du tétanos traumatique que j'ai eu occasion de traiter je n'ai jamais observé les fonctions mentales dérangées ou les sens altérés visiblement. C'est même letsigne le plus certain'pour distinguer du tétanos les baies convulsives ou SPORE provenant de la lésion du cerveau.

2 Je n’oserai pourtant hasarder aucune explication sur le défaut de communication avec l'éncéphale, du principe morbide des nerfs affectés. Cela prouverait toujours que ces cordons nerveux ne sont point, comme on le croyait, de véritables prolongemens de cet organe. | :

Tous ces accidens font des progrès si rapides, que très-souvent en vingt-quatre heures le malade : ne peut plus avaler, où n’avale qu'avec la: plus grande peine, bien qu'il éprouve le plus grand besoin de boire et même de manger: ce dernier besoin impérieux ne contribue pas peu à aggraver le mal, et on peut dire que la plupart des tétaniques meurent de faim. Son pouls est petit ét accéléré; un mouvement de fièvre, suivi de sueurs partielles et plus ou moins copieuses, se manifeste ordinairement le soir. Il maigrit à vue d'œil et éprouve des douleursatroces. La raideuraugmente; les muscles se dessinent, la peau se colle sur leur périphérie. Les glandes salivaires expriment un sûc écumeux et blanchâtre qui se présente à l'ouverture de la bouche, et en découle involontairement; la déglutition est interrompue. C'est alors que le ma- Jade connait le danger où ilest, et que, sans perdre, ainsi que nous venons de le faire remarquer, l’'usage de ses facultés morales, il finit malheureusement sa carrière letroisième, quatrième, cinquième ou septième jour : rarement arrive-t-il au dix-septième. | ET 7 Dans lemprosthotonos, les muscles fléchisseurs

LE, TÉTANOS. 8) lemportent sur les extenseurs, de manière à faire porter la tête sur le tronc, le bassin sur le thorax, et le corps prend'alors la forme d’un arc.

Dans l’opisthotonos, au contraire, les muscles extenseurs surmontent la force des fléchisseurs ; la tête se porte en arrière, et la colonne vertébrale se renverse dans le même sens : les membres restent ordinairement étendus. Ce genre d'affection s observe plus: rarement que. os tond J'ai remarqué aussi qu'il était plus promptement suiyi. de la mort. Il parait que l'extension forcée des vertèbres du cou et le renversement de la tête causent ici, plus que dans les autres états tétani- ‘ques, une forte compression sur.la moelle épinière,'et y déterminent encore la contraction plus permanente du larynx et du. pharynx. Dans les blessures, qui causent le tétanos traumatique, si cesont. les! nerfs de la région antérieure. du corps qui ont. été lésés, j'ai remarqué qu'il en résulte l'emprosthotonos; que l’opisthotonos au contraire a, lieu lorsque ce sont les nerfs de la région postérieure qui ont reçu la lésion, et qu ct si la cause. vulnérante a traversé un meinbre de manigre. à attaquer également les deux plans.de nerfs, le + tétanos ri s'établit, .en, jetant l'individu dans une rectitude totale. ?

+: Dans cette maladie portée, au plus hagt SA ainsi que dans les cas où elle est influencée par quelques-unes des causes qui la déterminent, le froid par exemple, on peut être encore à même

d'observer, de plus ; quelques symptômés particuliers. Souvent les malades éprouvent une trés: grande aversion pour les' liquides, et sion les force à en avaler, ils éntrent aussitôt dañs les con- | vulsions les plus fortes. Ce phénomène a été particulièrement observé chez M. Navailh, ‘officier dé santé de deuxième classe, mort en Égypte d'un trigmus déterminé par une blessure qi il avait reçue à Ta face, avec fratas des os du’nez ét d’une partie de Pôrbité ‘gatiche. Düns” bad Dee biéssure au système nerveux! est sans doute ” age mentée par Ja suppression ‘de la tran fs piration" Cü2 tanée qui sa ses effets sÜrJes oi Grgariès ar ak en pénéral toute Vitritatiôn se’ Hénin réa invasion dela maladie, ou par la suite, dans les nerfs du cou et de la gorge. Leurs rapports'diréctéavée ja moelle épinière , leurs entrelacemens nombreux et leurs fréquentes anastomoses, les réndentisus! ceptiblés, par les plus légères im préésfons, dune très-grande mobilité « qui dés jussitoP T4 éoni traction des muscles de ces régions, en “sorte que là déglutition et la: frespiration se be ns rie

Hébreu pour lesliquides, du moins uné es répagnance , ce qui ‘empêche souvent T'ébrplôt! de

remèdes ntéinés ; et si la blessure ‘est Rôrs de là portée dés: secours de Part, l'individu é$t condarné à parcourir le cercle de douleurs que éause cetté

DE TÉTANOS. | 87 cruelle et terrible maladie. Rien ne peut surmonter les obstacles qui se présentent dans le conduit alimentaire. L'introduction de la sonde de gomme élastique dans l’œsophage, par les fosses nasalés, est suivie de convulsions et de suffocation. J'ai eu occasion* d'essayer ce moyen dans la personne de MuNavaïlh et d’autres sujets. À l'ouverture que j'ai faite des cadavres de personnes mortes du trismus, j'ai trouvé le pharynx et l'œsophage considérablementresserrés , leurs membranes internes rou ges, enflammées , et enduites d'une humeur visqueuse et par re

L’hydrophobie, l'hystéricisme et plusieurs autres maladies nerveuses portent également leurs principaux effets sur ces organes , et le résultat pafait étresouvent le même. Cependant je né me periettrai aucune réflexion sur lanalogie des symptômes que présentent cés différentes maladies.

- Däns tous les cas, lun des effets Les plus constans et les plus inténses des causes qui produisent Jertétanos, ou dû tétanos lui-même, est d'établir üuné phlégmasie plus où moins étendue, d’abord sur là moelle épinière et le système nerveux dela vidé rélation , ét paf suite sur celui des nerfs dé la vieñtérieure, au moyen dés rapports sympathiques”et: ‘directs qui existent en grand nombre entre cès deux Tone Cependant la cause immédiate delà mort, à la suite des diverses affections tétaniques , doit être rapportée non-seulement à ces inflämmations spinale et nerveuse , mais encore

tete) LE ÆÉTANOS.

à la forte compression des-viscères du bas-ventre, à la gêne qu'éprouvent les organes dela respiration; au resserrement du cœur, et successivement à l'engorgement des membranes. spinales et cérébrales. Un assez grand nombre d’autopsies cadavériques que, nous nous sommes attachés à faire avec le plus grand soin dans diverses contrées, et notamment dans les hôpitaux de Louvain, après Ja, ba: taille de Waterloo, sur des individus que-javais fait panser sous mes yeux et qui avaient péri du tétanos, nous ont constamment présenté des traces bien évidentes d’inflammation sur la moelle épiniére, avec épanchement plus ou moins sensible de sérosité rougeâtre dans le rachis. Aussi, comme celte espèce de phlegmasie, une fois établie ; ALgrave les symptômes ,. accroît rapidement, leur marche et les rendrait nécessairement. mortels, une chose bien importante est de chercher à. la dissiper, en même temps qu'on attaque la cause traumatique, en se hâtant d'appliquer, sur,la.cez lonne vertébrale, les déplétifs révulsifs nécessaires. aintenant que nous avons fait la descr ription détaillée des symptômes qui caractérisent.le itétanos, et des phénomènes sympathiques généraux qu'ils peuvent occasioner, nous allons. rendre compte des causes nombreuses qui deviennent le sujet de son développement, ainsi que des in fluences apportées dans cette maladie par la ES rence des climats. | Au nombre des causes majeures du Sn il

LE TÉTANOS. 89 - faut comprendre les blessures faites par des coups de feu, surtout aux articulations ginglymoïdes, ou sur le trajet des nerfs; les fracais osseux; la présence des corps étrangers introduits ou dévéloppés, piquant ou déchirant les tissus ; larrachement des tendons, des ligamens, des nerfs et des vaisseaux; les dépérditions de substance plus ou moins grandes dans les parties molles, où dans toute l’é2 paisseur, du membre, de manière à dilacérer et mettre à découvert une grande quantité de filets nerveux, telles que celles faites, par exemple, par de gros projectiles, ppt éclats d'obus ou boulets de canon.

ee ligature des nerfs et surtout de leurs cordons pri ncipaux,l'impressiontropbrusquequ'’ils peuvent éprouver ; à l’époque de la:chute des escarres; par le contact de l'air froid et humide; les édiartice trop .serrées qu ils peuvent contracter avéc: les points;correspondans de la:cicatrice; sont encore des: circonstances puissantes, ‘suséeptibles de donner naissance au tétanos, et: vers lesquelles toüté l'attention du praticien ait être attirée ,‘carelles peuvent agirau moment oùon sy attend me moins, et quand on.croit le malade BAR ainsi dire hors de danger: : 1, | 15: ahadialest ab otrrohrrs Le tétanos se fait plus particulièrement sentir ches les jeunes sujets, et quelquefois même à loccasion des blessures les plus légères, ainsi que nous en avons eu de fréquens exemples en Egyptè; mais dans ce climat, l'humidité letle changement subit

00 ‘LE TÉTANOS. ‘ de température paraissent en avoir été les moteurs principaux. Cela peut dépendre aussi de: la disposition physique ou morale dans laquelle se trouve le malade , ou desa autres causes qui Lan survenir. pe PO SCT PNEU J'ai encore remarqué que cet echiynet ne sé déclare.ordinairement chez les blessés, quéigtre la cause essentielle puisse être ne del à ‘peu près la même, que dansles saisons où la température passé brusquement d’un extrême à l'autre: Les blessés qui s’exposent pendant la nuità l’impression imirié: diate de l'air froid et: humide que produisent'con: stamment les vents nord-nord-ouest , surtout péndantle printemps; contractent facilement lététanos; cet accident au contraire. AUTRE rarement, }lorsqué la température est à peu près égale, soit ên hiver, soiten été. On‘peut en RTS que lé contact de cet air pernicieux est tout au moins une des'causes déterminantes de l'affection tétaniqueÿ ‘ée qui‘do it mettre en garde les chirurgiens, et les’ disiger “dañs le traitement et le parisement des plaiés” qu'il im: porte de faire; dans ces deux saisons’, avéc le plus re soin et:la plus grande douceur: | -bBacsüppression etla répercussion dé à HAE purulente de la plaie, de même que celle de H'transpiration cutanée, sont les premiers effets immédiats de ces transitions subites du chaud au froid ; et ces effets peuvent d'autant plus promptement détérminerlé tétanos, qu'ils arrivent eux-mêmes plus r& pidement;etique les phénomènes atmosphériques

LE TÉTANOS. O1 6ht présenté une opposition plus brusque et plus prononcée. En effet, les blessés qui s se sont trouvés, dans’ la caripägne d'Autr che en 1 809, les plus exposés ah impression dé l'air froid et humide des nuits ‘glaciales c du printemps , après avoir passé par divérs degrés de chaleur très-forte pendant le ] bi ont été presque tous atteints de cette maladie, quin’a rébné que dans cette saison, durant laquelle 1 le thertioniêtre dé Réaumur a varié presque constamment, ‘du jour à la nuit; ‘de la moitié de son ascension et de son abaissement : ainsi nous avions en pl etfljour : 19» 30, 21 et 23 degrés au-dessus de zéro, tahdis que “le mérèure descendait à 13, 12, 16bigret + 8°D pendant Ja’ nuit. Ces mêmes variations ahérté ‘été Hard trés-marquées en Égypte.

MAX causes que” nôûs venons d’énumérer il se joï p quelquefois 0 une! affection vérmineuse , sans quèlle e puisse être ‘dans hereuse par elle-même; car, à’ ny sévérité de’ EE cadavres, nous avons trouvé une assez grande quantité de lombrics qui favaient Le” dans les intestins aucune ‘trace d'inae peenie 2sDIQUEs Quatft at modifications que les symptômes qui acconir nipäghient 1e tétanos $ont susceptibles de re- SARA Enr des. divers climats, elles existent, il'esf Vrai; ; néanmoins ces modifications sont moins snUbise à won pourrait. Je croire, et je dois dire qué dañe ie ‘diverses contrées que) ai paréourues, re sPiptéimnes du tétanos nv ont à peu prés offert ià PER ARE té 4 ‘hsévi en Égypte m ‘à

a2 LE TÉTANOS.

paru être, en général, plus intense et s'approcher beaucoup plus de lhydr ophobie, J'ai Fear encore que, dans ce pays, les plaies d'armes à feu sur le trajet des nerfs, ou aux articulations, l'ont plus souvent produit qu'ailleurs, particulièrement pendant les, saisons extrêmement variables par leur température, dans les lieux humides et dans. ceux qui sont voisins du Nil ou de la mer. Lestempéramens secs et irritables ont été aussi, en Égypte, les plus exposés à cet accident; enfin sa terminaison y a été presque toujours mortelle. | Dans le nombre des blessés que nous dons la bataille des Pyramides, cinq furent attaqués, du tétanos, que développérent sans doute. l'humidité et la fraicheur des nuits. Cet.accident résista à l’usage soutenu et varié, des antispasmodiques combinés avec les narcotiques,.et pris à, forte dose : tous, périrent le troisième, le quatrième ou le cinquième jour. Leur mort fut précédée de sueurs abondantes.

À la révolte du Caire, le : 21 ‘octobre: 1798, des blessés furent traités à l'hôpital, situé place Birketel-Fyl, et dont les murs étaient baignés.. par. l'eau du Nil, qui séjourne trois mois de. l'année dans cet SDDIC Le tétanos s'empara.de sept: d’entre eux, et les fit périr en très- -peu de j jours. malgré à: usage soutenu des opiacés, des bains d'eau tiède pour lesuns, et d eau froide pour les autres. L emprosthotonos était caractérisé chez quatre. de. ces blessés; deux moururent du tétanos, complet, ct

LE TÉTANOS. 03 le septième du trismus. Ce dernier n'avait qu'une simple division au pavillon de l'oreille droite, causée par un coup de balle. Si l'on avait incisé cette partie dès l'apparition des premiers symptômes, on aurait probablement sauvé la vie au malade.

Au combat d'El-Arich, les blessés furent placés sous des tentes, sur un terrain humide, exposés aux pluies continuelles qu'on essuya pendant le siége de ce fort. Huit furent frappés du tétanos quibse manifesta dans tous ses genres, et se termina chez tous, par la mort, du cinquième au septième jour de son invasion, malgré les soins que les circonstances nous permirent de leur donner. EN

A la prise de Jaffa , nous perdimes quelques blessés du tétanos extrêmement aigu. Tous ceux qui en furent atteints, moururent en deux ou trois jours. Le moxa et les alcalis qu'on employa pour quelques-uns parurent aggraver les accidens. Il est à remarquer que les hôpitaux étaient situés sur le bord de la mer, et que la saison était pluvieuse.

D'après le nombre et l'intensité connue des symptômes que l'affection qui nous occupe fait naître, d'après l’influence-pernicieuse et difficile à détruire, de ses causes primitives ou secondaires, on peut se rendre aisément compte de la résistance que cette affection présente à nos moyens thérapeutiques, et de la rapidité avec laquelle elle conduit les individus qu'elle atteint vers une çata-

strophe funeste. L'expérience a donrié-en‘effet. les preuves les plus Convaincantes, que: Jorsque. le tétanos est abandonné; aux seules ressources: de la nature, ou combattu par une médeciné peu active,

les individus périssent promptement. L'homme de l'art doit donc,se hâter dé remplir;-autant: que possible, toutes les ipdipations qu offre cette. maladie, | > ir nbeg cars

Placé pendant trente ans dans os tidotattha Ads les plus favorables pour voir et observer souxent cette terrible affection, éclairé sur les vraies causes du tétanos et sur les phénomènes pathologiques qu’il détermine, surtout dans le système nerveux, il m’a été moins difficile d’en diriger le traitement: aussi ai-je obtenu de grands succès, de l'emploi de plusieurs moyens qui m'ont été suggérés:par la connaissance de ces phénomènes nerveux pathologiques que j'avais eu tant de fois occasion »d'acquérir et de vérifier après la mort: En administrant, à la première éppavitio des symptômes du tétanos, les moyens que j'avais réconnus propres à combattre les causes qui le produisent, ilm'est souvent arrivé de faire dissiper aussitôt les accidens qui se déclaraient. PTIT

Dans les cas où un nerf avait été compris: dans la ligature d’une artère *, la section de cette

1 Bien que plusieurs auteurs En 5 et un grand nombre de praticiens ne craignent point Les effets de la ligature sur les nerfs, lorsqu'ils la font sur les artères voisines , aprés * l’amputation ou dans l'opération de l’anévrisme, jé ne suis pas

LE TÉTANOS. 9) ligature que le blessé indique comme le point où la douleur se conserve et d’où lirfitation nerveuse semble prendre origine, faisait avorter la maladie et accélérait la guérison de la blessure. On n’a pas à craindre l’hémorragie, pourvu que les forces vitales n'aient pas été affaiblies, et qu'il n’y ait point de dispositions à l’'adynaïnie; quelques heures de compression immédiate, faite sur une artère dont les parois s'entre-touchent, suffisent souvent pour opérer l'inflammation adhésive : c’est ce que nous développerons dans le mémoire sur les hémorragies. Pour faire cette opération, d’ailleurs assez délicate, on insinue avec précaution un stylet cannelé entre l'artère et lanse de fil, et à la

moins convaineu qu’elle peut être dangereuse , selon la manière dont elle est faite, ou d’après quelques accidens imprévus qui peuvent Vaccompagner. Par rapport à la ligature elle-même, si elle n’est pas assez serrée pour anéantir totalement dans le nerf le cours du fluide nerveux, j'ai constamment remarqué qu’il survient des accidens. Dans le cas même où le nerf est to— talement étranglé, si les parties se gonflent au-delà du terme ordinaire, ces accidens peuvent se déclarer par le tiraillement qu’éprouve le nerf au-dessus du point lié. Il est done bien difficile de rencontrer une circonstance assez favorable pour que cette ligature se fasse sans nul inconvénient , ne serait-ce que la douleur vive du moment. D’après cela, il serait sage et prudent d'éviter , autant que possible, la ligature des cordons nerveux , et surtout dans les températures propres au développement du tétanos. Si les circonstances ne permettaient pas d’éviter cette ligature, elle doit être assez serrée pour opérer une constriction totale sur les nerfs.

faveur de la cannelure de ce stylet, onpasse une lame mince et étroite de ciseau pour faire la sec: tion du cordonnet. J'ai eu à m’applaudir dé cette opération chez cinq sujets : les uns étaient menacés du tétanos; chez les autres, la ligature s’identifiait avec la cicatrice, de manière à y rester toute la vie, comme j'en ai des exemples; ce qui est incommode et présente même du danger,

parce qu elle peut être arrachée par des causes imprévues.

Quand je soupconnais le pincement des nerfs, occasioné par le développement des vaisseaux ambians , ou par l’adhérence de quelques points de cicatrice, Je n'hésitais pas à appliquer le cautère actuel à un degré de profondeur nécessaire pour arriver jusqu'aux points lésés de ces nerfs, et même

au-delà, sil était possible. Ce moyen, justement préconisé par les médecins de l'antiquité, a produit des effets merveilleux. En détruisant les adhérences nerveuses et les tiraillemens qui en résultaient, il faisait cesser le spasme et l’irritation. Il est possible que la portion du calorique absorbé dissipe la stupeur dans laquelle l'humidité froide parait jeter le système nerveux.

D'autres indications essentielles et plus générales que celles dont je viens de parler, se présentent encore, et deviennent applicables, par conséquent, à un plus grand nombre de cas. Elles consistent à héuté: les causes d'i irritation, et à rétablir les excrétions supprimées.

On remplit la première par des débridemens, par des incisions convenables faites à la plaie avant que les accidens de l’inflammation se soient déclarés; car si celle-ci était avancée ; les incisions seraient inutiles et même daxigorétéès Il faut qu elles comprennent, autant que possible, tous les cor-dons de nerfs et portions membraneusés lésés pat la cause vulnérante. |

L'application des caustiques sur la ‘plaié peut être faite avec avantage, dès que les prémiers symptômes se manifestent, si l’on suit le même précepte pour leur emploi que pour les incisions. À ces opérations on-doit faire succéder la saignée, sil y a lieu, et l'usage de topiques émolliens et anodins, quoique ve effet soit en général assez faible. | En même temps, pour prévenir ou dissiper l'in flammation de la moelle épinière que nous avons dit être un des effets principaux du tétanos, et, dans quelques cas, une cause essentielle et prédie posante de cette maladie, on appliquera, ‘et à plusieurs reprises, des ventouses scarifiées sur les côtés de la colonne vertébrale. On pourra leur faire succéder avec de grands avantages, lorsque la dé- plétion sanguine sera suffisante, l'application du moxa posé Era à deux sur les mêmes régions, et d'après notre méthode. On répétera application de ce topique révulsif selon les effets consécutifs de l'inflammation. Il est avantageux de laisser suppurer les brûlures. | |

98 LE fétaras.

ne avec succés $ par EF moyens; tait ‘épispastiques suppuratifs, que lon prépare en saupoudrant, d’une quantité relative de mouches éantharides, pulvérisées et exposées préalablement à la vapeur de l’eau bouillante, un plumasseau enduit d'une substance FE RRNROE camphrée: ces épispastiques, appliqués sur les plaies dont la suppuration est réduite, et dont les nerfs, mis à nu, ont été irrités par le contact de l'air froid et humide, préviennent et apaisent les effets du tétanos. Lorsqu'on les emploie à l'apparition des premiers symptômes, ces moyens rétablissent ‘dans leur sensibilité naturelle les cordons nerveux devenus mala des, et reproduisent les sécrétions purulentés: On Tappelle en même temps la transpiration cutanée avec des embrocations d'huile très-chaude, de camomille. camphrée et opiacée. On seconde l'effet de ce dernier topique par les bôissons diaphorétiques et alcalines, par l'usage des flañelles, et par les antivermineux, si l’on craint la présence des vers dans ‘les intestins. Tous ces remèdes ont produit également d'heureux effets lorsque la cause déterminante provenait du froid.

Les remèdes internes, quelles que soient leurs propriétés, sont presque toujours inutiles dans le traitement du tétanos, parce que le malade, peu de temps après son invasion, tombé dans un état de strangulation ; mais capétidhnf: si celle-ci ne se développe que vers la fin de la maladie, et gra=

| LE TÉTANOS. 09 duellement, où peut employer les remèdes dans lesquels les praticiens ont eu le plus de confiance, tels que l’opium, le camiphre, le musc, le castoréum et les alcalins modifiés, et d’une manière graduée. Nous avons usé, surtout en Égypte, de ces moyens avec quelque avantage, pour des maladés dont nous rapporterons les observations. Parmi les boissons intérieures qu'on peut donner, Jai remarqué que les malades ont moins de répugnance à avaler les émulsions que tout autre liquide; elles sont moins transparentes que Veau pure, plus douces, plus agréables, et facilitent l'effet des remèdes avec lesquels on les combinée. ,

Dans les blessures graves des extrémités avec pérte dé substance Stable et plus ou moins irrégulière, dans celles qui s'accompagnent de fraéas osseux et de délabrement des tissus, dans toutes celles, en un mot, qui réclament l'amputation du membre blessé, cette opération n est PES indispensable seulement sous ée rapport, et pou éviter dé nombreux accidens, mais LAS d prouvé qu elle était encore le moyen. le plus certain pour prévenir en particulier l'affection té-, tanique. Une circonstance aussi heureuse qu Pinat= | tendue à méme éveillé mon attention sur l'in. fluericé thérapeutique extraordinaire de cette opée. ration pendant l'existence de cette maladie ; c est, le succés'complet de la guérison d'un tétanos que. le hasard me fit ab en Égypte, à la suite de

lamputation du membre blessé, dans la personne d’un officier attaqué de cette affection à l'état chronique; résultat qui me porte à mettre en question: Mt À «Si, dans le tétanos déterminé par une blessure » qui lèse une partie des extrémités, sans que cette » blessure soit assez grave pour nécessiter par elle- » même l’amputation, il ne vaudrait pas mieux » emporter, au moyen de cette opération, l’extré- » mité au moment où les accidens se déclarent, » que d'attendre des ressources de la nature, et de » remèdes très-incertains, la guérison qui a lieu si » rarement. » . RE Qu'il me soit permis, sans prétendre résoudre Ja question importante que je viens de présenter, . d'essayer de produire quelques raisons qui me paraissent militer en faveur de l'amputation. | Lorsqu'il est bien reconnu que le tétanos est déterminé par la blessure, il ne faut pas hésiter de faire cette opération dès l’apparition des accidens. On peut s'assurer qu'il est traumatique par la na-. ture de la plaie, la marche des premiers symptômes, et en considérant l’époque de leur invasion, qui se fait du cinquième au quinzième jour au plus tard. Il paraît que c’est le moment où la mobilité nerveuse est tres-forte. Lorsque la suppuration s'établit, la stupeur se dissipe promptement, les vaisseaux se dégsorcent, les escarres se détachent, et les nerfs entrent dans un état de liberté parfaite: alors leur sensibilité est extrême ; et ils sont suscep

LE TÉTANOS. IOI

tibles, par les plus légères impressions, d’une irritation des plus grandes qui se propage bientôt dans tout le système nerveux. Si, dans cette circonstance, la plaïe est frappée par un air froid et humide, ou qu’il y soit resté des corps étrangers piquant les parties nerveuses isolées de leurs escarres, le tétanos est inévitable, surtout dans les climats chauds. On doit ensuite s'attendre à le voir s'aggraver rapidement, en sorte qu’en très-peu de temps toutes les parties du membre sont PrÉes, et tous les nerfs irrités. Les effets de cette première cause peuvent être encore compliqués de la présence des vers dans les intestins, comme j'en ai vu un exemple à Nice; mais, en suivant attentivement les phénomènes dutétanos, on peut distinguer facilement les symptômes qui caractérisent ces légères nv , et les combattre par les moyens indiqués ”. |

La section du membre, faite dans les premiers momens de la déclaration des accidens, interrompt toute communication de la source du mal avec le reste du sujet : cette division dégorge les vaisseaux, fait cesser les tiraillemens nerveux, et détruit la mobilité convulsive des muscles. Ces premiers effets sont suivis d'un collapsus général

© L'huile douce et fraîche de ricin , préparée avec les amandes du palma-christi venu de l'Amérique, et associée à quelques grains de calomel, est le moyen le plus efficace et le plus simple contre l'affection vermineuse.

qui favorise les: excrétions, le sommeil, et rétablit l'équilibr e dans toutes les parties ( du Corps. La somme de douleurs momentanées que cause l'opération, ne peut augmenter, l'irritation existante : d’ailleurs, les douleurs du tétanos rendent celles de l'opération plus supportables, et en diminuent l'intensité, surtout lorsque les principaux nerfs du membre sont fortement comprimés.

Les grandes plaies avec ou sans perte de sub- . stance, celles même qui résultent de l'amputation d'un membre, bien qu’elles ‘soient quelquefois suivies de l'affection tétanique, ne prouvent pas que ce moyen extrême que je proposé contre cette maladie soit dangereux et ne puisse au contraire être suivi de résultats avantageux. Je viens d’essayer, ç d'en donner les raisons. Lorsque le tétanos est survenu à la suite des amputations, ce n'est certainement point cette opération qui en a été le motif déterminant; ce sont des causes qui lui sont absolument étrangères qui ont agi alors, et déterminé par leur jé influence se phénomènes tétaniques ; et ces causes que nous avons déjà Signalées comme les plus ordinaires de cet accident’, surtout dans les climats chauds, ont été le contact d’un air froid et humide sur, les plaies, soit accidentelles, soit chirurgicales; l'irritation déterminée par la présence de corps étransers; la ligature d'un nerf comprise, dans , celle d’une artère , et enfin le reflux de matières, purulentes. |

Dans les cas, assez rares d’ailleurs, d'amputa: tions où l'affection tétanique s’est fait observer, le plus souvent l'action du froid où d’une ligature nerveuse a contribué à la faire naître, et l'expérience ainsi que le raisonnement m'ont appris de quelle manière ces causes agissent pour produire cette maladie. Depuis bien des années; j'avais reconnu que les sommités des nerfs coupés dans lamputation des membres grossissaient considérablement , et formaient chacune une es: pèce de tête d’où paraissaient naître des filamens infiniment fins et divergens , destinés sans doute à porter le sentiment et la vitalité dans la cicatrice du moignon , composée elle-même d'un grand nombre de vaisseaux avec lesquels ces petits filamens m'ont paru se confondre. L'existence surtout de ces vaisseaux est démontrée par les belles injections du docteur’ Sœmmering. D’après cette connaissance , il est facile de se faire une idée de l'effet du froid ou d’autres changemens sensibles de température sur ces extrémités nerveuses .mo- ‘difiées, et par conséquent d’expliquer le développement du tétanos. Survient-il au contraire à l’occasion de la ligature d’un nerf, on conçoit qu'il doit sétablir alors un Mraillérdent qui se propage rapidement de l'extrémité du nerf coupé dans les rameaux voisins , puis dans les branches, et successivement dans les troncs, de manière à envahir tout le Sy stème nerveux, jusqu'au cerveau, exclusivement, ainsi ‘que nous l'avons fait déjà

104 | LE PÉTANOS.

remarquer. J’ai éu occasion plusieurs fois‘ de:m’assurer de la réalité des changèemens physiques qui: s'opèrent dans les extrémités nerveuses qui ont été coupées ou comprimées. À l'ouverture *

des cadavres de deux amputés qui avaient suc-

combé des suites du tétanos, pendant la campagne d'Autriche, nous avons vu chez Fun d’eux, dont le bras avait été amputé, le nerf médian, qui avait été compris dans la ligature de l’artère humérale, boursoufflé comme un champignon audessous de la ligature, très-tuméfié. au-dessus, et de couleur rougeâtre ; chez le deuxième , amputé

à la jambe depuis dix-neuf jours, nous avons éga-

lement vu les nerfs boursoufflés à leur extrémité , et adhérens aux parties ambiantes. Ces boursoufrs TS |

1 Nous avons également très-bien observé ces phénomènes ï sur le fils du général Darmagnac , jeune officier d’une bravoure et d’une intelligence rares, l’un des blessés de la bataille d’'Eylau, chez lequel le tétanos avait eu des suites funestes. Je le vis au dérnier moment de la maladie , survenue à la suite de l’amputâtion du bras. Dans la Aa du moignon , faite vingtquatre heures après la mort , nous trouvâmes , M. Ribes et moi, le nerf médian compris dans la ligature de l’artère. AE: 2 vid de ce nerf était tuméfiée et rougeâtre.

« Je: n’ai pas eu le bonheur de:vous trouver sur le champ » de bataille, monsieur Larrey , me dit le jeune guerrier ; main » tenant vos soins sont inutiles : j’ai fini cette carrière glorieuse » que j'avais à peine commencée. Dites à mon père que je » meurs digne de lui, et faites-lui mes adieux. …. Au bord » du fossé la culbute. » En prononçant ces dernières paroles ; Darmagnac faitun effort pour se retourner, . et il expire. |

LE TÉTANOS. 105 flemens nerveux avaient déjà été rencontrés par quelques anatomistes. |

Mais enfin, par la même raison qu’on doit remédier à ces effets dans des circonstances ordinaires, il sera facile à un chirurgien attentif, qui se détérminerait à amputer un membre dans le but de guérir l'affection tétanique, de prévoir et de prévenir, dans ce dernier cas, l’arrivée ou l'influence des causes que nous venons de citer. On pourra parvenir à ce but en tenant le blessé dans une température assez chaude et toujours égale, autant que possible, en ayant le soin d’extraire promptement tous les corps étrangers, de panser la plaie avec douceur, de la couvrir immédiatement de linge fin fenêtré, et de ne faire le premier pansement des plaies récentes que lorsque la suppuration est bien établie et le plus tard possible. Enfin on fera observer au malade le régime et le plus grand repos.

On trouvera à la fin de ce travail quelques observations du succès que produit l’'amputation du membre blessé pour la guérison du tétanos, et de l'efficacité avec laquelle on remédie aux causes qui peuvent devenir, à la suite de cette opération, le motif d’une ele affection tétanique. Quoique j'aie à regretter de n’avoir pas un plus grand nombre d'exemples de guérison à présenter, j'en ai cependant assez pour conclure que l’amputation, faite à propos, me paraît être le moyen le plus certain pour arrêter et détruire les effets du

tétanos, lorsqu'il dépend d'une blessure qui a son siége aux extrémités. as

Sans nous arrêter davantace main and aux développemens théoriques Le phénomènes. produits par le tétanos traumatique, mais cependant dans l'intention de faire ressortir d’une manière plus évidente encore tous les symptômes auxquels il donne lieu, toutes les modifications qui sont apportées dans cette maladie par les climats, les saisons, et par d’autres circonstances, ainsi que pour justifier les principes que nous avons émis et les nouveaux moyens que nous avons indiqués dans le cours de notre travail, nous allons rapporter une série d'observations recueillies pendant nos nombreuses campagnes. En vérifiant ces observations avec la description générale que nous venons de faire de la maladie, on aura quelquefois encore occasion de noter des remarques intéressantes, soit sur des causes, soit sur des phénomènes pathologiques et thérape ttes circonstances dont Je n'ai point parlé jusqu'ici, parce que leur narration m’a paru plus convenablement placée dans les faits particuliers qui les ont présentées.

. Exemples de Tétanos partiels et complets.

Pierre Genet, sergent dans la quatrième demibrigade d infanterie lt âgé de trente ans, d’un tempéramentsecetbilieux, entra à l'hôpital (ferme

d'Ibrahim-Bey, en Égypte), le 4 décembre 1800, avec tous les symptômes de l’opisthotonos: les mächoires étaient serrées, les muscles de la face dans une contraction convulsive et permanente, la tête renversée sur le tronc, les extrémités inférieures raides et étendues, les parois du bas-ventre contractées et rapprochées de la colonne vertébrale, le pouls petit, la respiration laborieuse, la déglutition et la parole difficiles.

Le mal, qui s'était déclaré vingt-quatre heures avant l'entrée à l'hôpital, paraissait n'avoir pour cause qu'une chute faite sur le nez cinq jours auparavant, et qui avait été suivie d'une courte hémorragie nasale et d’une légère écorchure sur cette partie. Il ne s'était manifesté ni fracture ni aucun signe de commotion au cerveau.

On administra de suite les saignées, les opiacés, les boissons rafraichissantes et anodines, les bains tièdes et les émolliens appliqués sur le nez. Ces moyens répétés n ayant produit aucun résultatavantageux, j'invitai l'officier de santé, chargé dusoinparticulier du malade, à appliquer le cautère actuel sur letrajetdu petitsympathique, et àlaplantedespieds, d’après l’aphorisme d'Hippocrate, section vur: guæ Jérrum non sanat, ea ignis sanat, etc. Je lui posai neuf cautères assez larges et incandescens. Leur application augmentait instantanément les douleurs et les contractions convulsives des muscles.

Celles du larynx, du pharynx et des parois de, la bouche, furent pole et faillirent faire suffo-

quer le malade : néanmoins cette crise fut suivie d'un calme assez grand pour nous faire espérer quelque succès de l’emploi de cemoyen ; mais deux ou trois heures après, il se déclara des mouvemens - convulsifs, des contractions violentes, des sueurs froides et gluantes; enfin la mort termina les tourmens de cet infortuné, la nuit du ro au 11 décembre, le septième jour de l'invasion du, tétanos. ; | Malgré l’insuccès de l'application du cautère actuel dans l'observation qu’on vient de lire, je me suis convaincu depuis que ce moyen est susceptible de produire de très-bons effets, surtout lorsqu'il est appliqué immédiatement sur la plaie qui a déterminé le tétanos. Nous allons en donner quelques exemples, en rappelant brièvement en tête de chacun d'eux les phénomènes patholopgiques pour la cessation desquels nous l’avons conseillé.

Exemples de la lLgature d'un nerf. et de l'influence de l'air froid et humide.

Charles Yonck, fusilier-chassèur, amputé à la cuisse droite pour un fracas énorme au genou, produit par un. boulet de canon, fut attaqué du tétanos, du huitième au neuvième jour. L’irritation, ou le spasme nerveux suivant le rapport du malade, partait du point correspondant à la ligature des vaisseaux. La suppuration avait diminué, et

LE TÉTANOS.. 109 était devenue sanieuse. Nous employämes longuent épispastique dans les pansemens; nous prescrivimes des linimens chauds; oléagineux et camphrés sur toute l'habitude du corps, les boissons diaphorétiques et les opiacés à fortes doses. Tous ces moyens, administrés avec soin pendant trois jours, ralentirent À à peine la marche de l'accident. Soupconnant qu'un des principaux cordons nerveux du crural était compris dans la ligature de Fartère fémorale, qui n’était pas encore tale , Je portai avec précaution , à l’aide d’un stylet cannelé, la pointe de l’une des branches de mes ciseaux entre l'artère et l’anse du cordonnet de fil que je coupai facilement. Cette petite opération parut calmer pour quelques momens les accidens tétaniques ; ; mais l’irritation s'était propagée trop loin , et je pense que la principale cause détortinestée avait été l'impression. d'un air froid et humide auquel le blessé s'était exposé pendant une nuit orageuse, après avôir essuyé dans le jour une chaleur trèsforte : cet air glacial avait altéré les extrémités des nerfs coupés.

Les accidens allaient toujours en croissant, et la déglutition étant déjà très-difficile, je me décidai à appliquer le fer rouge sur toute la surface du moignon. Je brülai Btoloniléitaht toute l'étendue de la plaie. Quelques heures après, bien que l'opération eût été très-douloureuse, il s'établit, à ma grande surprise, un mieux marqué. Les màchoires qui étaient enclavées s ouvraient à volonté,

et la déglatition se faisait plus facilement: tà faideur des muscles disparut graduellement} la Suppuration se reproduisit dans la plaie, et 1es esë Carres du cautère se détachèrént succéssivément, La’étcatrice de cette plaie commença de là circonférénce | au céntré , ét avant la fin du deuxième mois, Charles Yonck fut parfaitement guéri. On n’avait pas ‘discontinué l’usage du camphre, des ‘épiacés et des boissons abhéretthes" | Un deuxième, nommé Jean Weïssé) ‘amputé à la cuisse gauche, fut frappé dû aéthe aceident le cinquième jour de l” opération. Nous émployämes successivement chacun des mêmes royens. Lè cautère actuel fut le dernier ; la première application que nous en fimés suffit pour faire dissipèr tous se dde du tétanos. PONS

à 1 * TE

Æ Exemple à de déchirures nerveuses et dé l'utilité Kiss inéisions.

Dans une charge de cavalerie, M. Markeski, lieutenant. de chevau-légers , reçut; en Autriche, un Coup de lance sur le côté ann du. front. La pointe de cette arme avait glissé. obliquement, de bas en haut et en dedans, sous le péricräne , de manière à pratiquer une Flag profonde dans l'épaisseur de los frontal. L’une des branches nerveuses du sus-orbitaire avait.été éraillée par le côté tranchant de la lance. Dans la nuit du neuvième au dixième jour, le tétanos se déclara avec des mouvemens convulsifs aux paupières de l'œil correspondant, et perte de la vue dans cet organe. Il

LE TÉTANOS. 1ÏI

y avait aussi un peu d'aberration mentale. Les émolliens sur le lieu de la blessure, les boissons diaphorétiques et opiacées, mis en usage, navaient produit aucun effet; le mal allait en crois-

sant, et il n’y avait point de doute qu'avant la fin des vingt-quatre heures, il n’eût été porté au plus haut degré. |

Je sondai la plaie, et j'en reconnus bientôt tout le trajet : le passage de ma sonde causait les plus vives douleurs au malade. Ces motifs me déterminèrent à couper de bas éñ haut, avec le bistouri, le muscle surcilier, les nerfs lésés et les vaisseaux du même nom dans toute leur ra à ce qui se fit d’un seul coup.

Cet officier se trouva aussitôt soulagé, et en moins. de vingt-quatre heures tous les symptômes tétaniques furent dissipés et la vision ‘complétement rétablie. J'avais lieu d’espérer que le malade ne sérait plus arrêté par d’autres obstacles dans sa guérison; cependant, le vingt: dun SE jour de sa blessure, il se manifesta tout à à coup des symptômes d’épanchement et nflammation dans le cerveau et les méninges, accidens que l aberration mentale qui avait existé aurait dû me faire soupconner comme étant étrangère au tétanos : mais il convient de dire que jé n’avais reconnu jusqu'alors qu’un très-petit sillon sur la table externe dé l'os frontal, fait par la pointe de la pique. Un large vésicatoire appliqué sur la base ducrâne, et des boissons rafraïchissantes et sat A n'empé-

chèrent pas le mal de s'aggraver. La fièvre s’alluma, le délire‘survint, et le malade mourut le: Wine septième jour de sa blessure. OT RE

A l'ouverture du crâne, nous trouvâmes, vers +1 point de la fêlure, une De de la table interne du frontal détachée, un épanchement considérable d’une matière sanguine purulente sous le lobe droit antérieur du cerveau , et cette portion de l’encéphale en suppuration. À l'invasion des premiers accidens de la compression , qui avaient succédé à ceux du tétanos, j'avaisheu l’idée d'appliquer Le trépan sur cette félure, mais j'en fus détourné par plusieurs de mes conffères, qui ne pouvaient croire, d’après la petitesse de la fracture, à l’existence de l'épanchement. ;

Exemples de pincemens et de boursoufflemens nerveux causés par les adhérences des nerfs à la cicatrice de la plaie.

.. Ghez François Demaré, grenadier , un boulet, étant dans le fort de sa course, emporta la peau, une portion de l’épine de l'omoplate droite , une partie du trapèze, du sus et du sous-épineux. Le débridement des bandelettesaponévrotiquesétranglées et l’excision des lambeaux des chairs désorganisées se firent sur le champ de bataille. L’on fit aussi l'extraction de quelques pièces osseuses, et la plaie fut pansée avec un linge fin fenêtré, de la charpie et un appareil convenable.

Les premières périodés de la suppuration s'é-

taient passées sansle moindre orage et la plaie commençait à à se cicatriser dans sa En lors-

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