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aurait parcouru tout le système nerveux ; aussi en très-peu d'heures lopisthotonos fut-il caractérisé et complet. Je lui administrai promptement les boissons diaphorétiques, et lui fis prendre les opiacés à forte dose. Des lotions oléagineuses .camphrées et narcotiques furent faites sur toute l'habitude du corps. Les pansemens étaient doux .et éloignés ; enfin tous les soins, tous les remèdes lui furent prodigués. La sécrétion purulente s'étant suspendue, | a cicatrice fit des progres. rapides, et en deux fois vingt-quatre heures elle, couvrit la moitié de la plaie. Le blessé éprouva. alors. un: pincement douloureux et incommode dans tous les points cicatrisés; il ressentait, nous disait], Le même effet que si lon eût saisi les bords de la plaie avec des tenailles; etlemoindre attouchement sur cette cicatrice très-mince, principalement | lc contact des métaux, tels que le fer, l'acier, etc. , lui faisait jeter des cris aigus. Tous les symptômes du:tétanos s’aggravaient sensiblement: les membres supérieurs avaient acquis une raideur extrême, et étaient contournés en arriere; les vertèbres cervicales étaient totalement renversé es , et la déglutition n'avait plus lieu. En vain | on ft l'extraction de deux dents incisives pour pouvoir plècer 1 le bi-
beron ; il ne passa plus une goutte © de Frise dans },
FPœsophage, et l'approche de l’eau limpide déterminait des : POESIE convulsifs : : le malade € en mentait dans ces momens de crise, et tous les'ae- ‘cidenss 'éxaspéraient au plus haut degré. Enfin, cé malheureux , qui n'avait pas encore eu la HEAR aberration ÉMGHELS touchait au terme de sa Carrière, et il aurait probablement expiré dans les vingt-quatre heures, si je n’avais pris le PAPE d’employer le cautére actuel. Je fis rougir, à cet effet , et jusqu'à l’incandescence, quatre cautères larges et épais, et je les appliquai, l'un après l’autre, sans interruption, sur toute l'étendue de la pige de manière à appuyer plus fortement dans les points dela cicatrice où je soupçonnais plusieurs rameaux de l'accessoire de Willis ( nerf spinal ), pincés et boursoufflés. Cette application fut ‘extrémement douloureuse; cependant j'eus le courage ‘de continuer mon opération jusquà ce que tous les points dé la plaie fussent profondément et CORPRIRECSS brülés. À À peine fut-elle achevée , qu'ils "opéra une détente presque générale , bésAe d une sueur abondante. Le malade se mit de lui-même sur son ‘séant et demanda à boire. Les mächoires s'étaient écartées spontanément : je Jui donnai un verre de lait d'amandes douces nitré, dans lequel j'avais mis soixante gouttes de laudanum , et quelques gout- ‘tes de liqueur minérale d'Hoffmann. Je fis répéter les linimens camphrés narcotiques , et envelopper le corps dans des flanellés très-chaudes. La sueur
LE TÉTANOS, 115 devint abondante; un calme parfait s'établit, accompagné d'un adihhetl profond dé plusieurs heures. Le lendeïnain matin, je trouvai le bléssé débarrassé de tous les accidens tétaniques; il Jui restait à peine un peu de raideur dans les m& choires et le rachis. Les pansémens furent simples ét faits mollement. Les escarres se détachèrent du neuvième au dixième jour; la cicatrisation recommença bientôt aprés, et sans douleur. Après l'entière guérison, il est resté seulement ? à ce militaire de la gêne dansles mouvemens def épaule et du bras du même côté. Cette cure est une des plus remarquables de la chirurgie militaire. : ,
Jacques Lucas , fusilier-grenadier , eut le mollet gauche emporté par un boulet qui vint le frapper dans le fort de sa course : il fut pansé sur le champ de bataille avecles mêmes précautions que le précédent. Déjà la cicatrice commençait à se faire , , lorsque le tétanos vint le surprendre. Nous eûmes paréillement récours pour lui à tous les moyens dont nous avons parlé, insistant Surtout sur l emploi de l'opium à à forte dose. Cependant l’opisthotonos se, caractérisa ét se porta au troisième degré, HARUE d’une maniere lente et graduée. Peu de; jours après, les mâchoires s ’enclaverent, et la déglutition devint de plus en plus difRenu Convaincu déjà de l'inutilité des moyens précités, je ne balançai plus. à Jui appliquer le cautère actuel. J obtins un résultat presque aussi heureux et aussi prompt; seulement il y avait encore un peu de constriction dans
la mâchoire, et de la raideur dans le rachis ; dans le pied. et la jambe malades. A la chute des escarres de la première cautérisation, J'en fis une seconde qui dissipa en entier tous les accidens tétaniques. IL ne restait plus que la plaie à cicatriser , et elle était en bon état; mais par l'effet d’un acte désordonné d’intempérance, le malade fut frappé d’une fièvre ataxique avec affection gangréneuse à la jambe : dès ce moment, le succès de mes opérations fut détruit, et ce soldat périt bientôt, victime de son imprudence. Il est évident que le tétanos était complètement guéri.
Un autre militaire eut le doigt indicateur de la main droite extirpé à l'artiaulation métacarpophalangienne, par, suite d'un coup de balle reçu à ce doigt dans la bataille d’'Esslingen, Une-hémorragie inquiétante de lune des collatérales nous. força. à faire la ligaiture du vaisseau ; dans laquelle fut compris le rameau nerveux qui l’accompagne. Plusieurs jours se passèrent sans accident, et la cicatrice était AIFSARE achevée lorsque le tétanos se déclara. Je m’ empressai de couper la ligature qui n’était pas encore détachée. Cette opération. n'apporta aucun changement, à l'état du blessé, Les progrès du tétanos allaient même en augmentant et menaçaient les jours du malade. J appliquai alors le cautère actuel sur le petit moignon, et le plus profondément possible, ce qui fit. disparaitre , Comme par enchantement, tous les accidens du tétanos.