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Tétanos pour lesquels on employa principalement des remèdes inter nes, ? \
Un mamelouk de Mouräd-Bey, nommé Moustapha, âgé de vingt-sept ans, d’une constitution sèche et bilieuse, reçut, le 19 avril 1800, un coup de feu qui lui fracassa les premières phalanges des doigts de la main droite, les os du métacarpe correspondans, et emporta le pouce à son articuiation avec le trapèze : plusieurs tendons on ligamens furent arrachés ou déchirés. Tous les soins qu'on Jui donna, administrés sans connaissance, ayant été plus nhiisibles qu'uütiles , Mourad - Bey l'envoya, le 18 mai suivant, aux chirurgiens français, en l'adressant au sénéral Donzelot, pour qu il voulût bien le leur recommander. |
Tous les symptômes du tétanos étaient déclarés depuis trois jours; la suppuration de la plaie: était séreuse et peu abondante; ses bords étaient rougés et boursoufflés, les muscles du bras déjà éontractés et dans un état de convulsion, les machoires serrées ; la déglutition se faisait avec peine ; ; le blessé était constipé et fort inquiet.
Le premier soin de M. Cellières, chirurgien de deuxième classe à l'hôpital de Syout, fut de débrider la plaie, et d’en extraire avec précaution les esquilles détachées ; il'la pansa ensuite avec les émolliens; et fit prendre au malade six grains d'opium combinés avec quatre de camiphre. Peu d'heures après , il y eut un 7 de calnie, et la nuit
es.
suivante fut moins orageuse. Cette amélioration engagea le chirurgien à continuer les mêmes remèdes , dont il augmenta seulement la dose. Les accidens diminuèrent sensiblement jusqu'au 24 mai, époque à laquelle ce blessé fut conduit de Syout à Minyet; mais la chaleur brülante du jour, la fatigue du voyage et la fraîcheur de la nuit à laquelle il s’'exposa en couchant sur la terrasse de Fhôpital, rappelérent le tétanos. On continua les mêmes moyens qui n ’empéchèrent point le mal de marcher avec sa rapidité ordinaire. On essaya les bains d’eau tiède: le deuxième bain produisit une détente générale, qui mit le malade en état d'avaler la moitié d’une potion composée dé huit grains de camphre, autant de musc, et de vingt grains d'opium dissous dans un verre d'émulsion; l'autre moitié fut prise dans le courant de la journée : peu de momens après, les douleurs se calmerent, les mächoires se relàchèrent ; la nuit, le sommeil fut assez tranquille. Le lendemain matin, on trouva une grande amélioration ; la suppuration de la plaie s'était rétablie ; les organes reprirent par de-
| grés leurs fonctions, et ca jours suffirent pour mettre le mamelouk en voie de guérison. En-
fin, le 29 juin, il fut rendu bien portant au prince see -Bey.
. Le général de division Lannes reçut à la bataille
d’Aboukir un coup de: balle qui lui traversa Ja
‘ambe à sa moitié inférieure, dans l’intervalle:des James ;
deux1os. Traité d’abord sous la tente, transporté
LE TÉTANOS. 119 eñsuite à Alexandrie, des accidens se déclarérent. Au moment où il me fit appeler, la jambe était tuméfiée, les plaies sèches et douloureuses ; il éprouvait des soubresauts, des tiraillemens violens dans la totalité du membre, et le pied-était engourdi; la voix était rauque, les mâchoires assez serrées, les yeux hagards ; la fièvre s'était allumée. Je le pansaï avec les émolliens, et je lui prescrivis des boissons rafraichissantes, la plus grande tranquillité et la diete.
À ma seconde ia qui eut lieu trois heures après, tous les accidens étaient encore aggravés; je lui fis faire aussitôt une saignée du bras et le mis à l'usage des émulsions , auxquelles j'ajoutai le nitrate de .potasse purifié, l’éther sulfurique alcoholisé, le sirop de diacode et FRA de fleurs d’oranges aux doses convenables, à prendre par verre tous les quarts d'heure : les topiques émolliens furent continués. La nuit fut pénible; le lendemain le malade était dans le même état, et la jambe trésenflammée:; il avalait difficilement, et les mâchoires étaient toujours serrées. Je fis réitérer la saignée, et l'on continua les mêmes médicamens avec augmentation des antispasmodiques.
. La nuit suivante fut calme, la fièvre se dissipa, et tous les autres accidens s'apaiserent et allèrent en diminuant : un suintement sanguinolent dégorgea les plaies et la jambe, le spasme cessa totale- , ment, et la suppuration devint belle et abondante; les excrétions reprirent leur cours; le sommeil se
rétablit, et, peu de temps après, il fat en état de répasser en France avec ie Real en chef Bonaparte.
M. Croisier, aide- de- -camp du général en chef, avait péri du tétanos dans les déserts de Catyeh, à notre rétour de Syrie, par suite d'une semblable blessure.
M. Esteve, directeur-général et togtmté fée revenus publics de l'Egypte, fut attaqué d'une légère esquinancie inflammatoire , déterminée par la présence d’une portion d’arête de poisson qui s'était fichée dans un des sinus de larrière-bouche : sa petitesse l'avait fait échapper à toutes mes recherches.
Le treizième jour de l'aéduents et le troisième dé l'époque à laquelle linflammation s'était for-. mée, des symptômes violens de tétanos se déclarérent. Je mis dès lors le malade à l'usage d’une émulsion édulcorée, à laquelle jajoutai Péxthatt d'opium,, le castoréum, le camphre, le nitrate de potasse purifié et l'éther sulfurique alcoholisé, à dés doses assez fortes, mais graduées, qu'il prenait “par verre de'quart d'heure en quart d'heure. L'état de faiblesse du pouls ne me permit pas d'usér de la saionée. J’appliquai des cataplasmes résolutifs sur la région antérieure du col; j'ordonnai des bains de pieds, des lavemens émolliens, la vapeur d’une forte décoction de jusquiame, de pavot et de racine de guimauve à recevoir sur la gorge, des frictions sèches sur toute l'habitude du corps, et je fis éloi-
LE TÉTANOS. | Ia
gner tout ce qui pouvait troubler le repos. Je suivais pas à pas tous les phénomènes de la maladie. La nuit fut très-agitée; les douleurs étaient violentes; la déglutition se suspendit, la salive sortait de la bouche, les màâchoires étaient fort serrées. Le malade éprouvait üne agitation pénible et continuelle ; il tombait par moment dans l’assoupissement, interrompu par de légers accès de frénésie : tout annonçait enfin le danger le plus imminent. Cependant, vers les quatre heures du matin, une sueur douce et abondante, qui s'établit sur la poitrine et le bas-ventre, succéda à cette crise violente; le malade entra dans un état de calme, etput avaler un verre del’émulsion précitée. Lesecond verre augmentala sueur et le relâchement des parties, ce qui me fit favorablement augurer de ses effets, car, lorsque la sueur. est symptomatique , elle commence par la tête et les extrémités, tandis que, si elle est critique, elle se forme sur la poitrine et sur le bas-ventre. Le lendemain les mà-
choires étaient totalement relächées, la déglutition
était facile, et les contractions des muscles beaucoup moindres. Je substituai aux cataplasmes résolutifs les linimens volatils, et à l’'émulsion une tisane ameére et laxative, pour débarrasser les premières voies et rétablir le ressort de l'estomac. Peu de jours.après, M. Esteve se trouva parfaitement guéri. L’arête parait avoir été entrainée par une légère suppuration qui s'était établie dans l'arrièrebouche.
… Les frictions huileuses, précônisées par quelques auteurs, ont été mises en usage en Egypte; mais elles n’ont rien changé : à l'état de la maladie.
Les frictions mercurielles m'ont paru aggraver les accidens chez ceux à qui elles ont été adinitiié trées. L'emploi de ce moyen, même contre les maladies vénériennes, exige, en Egypte, les plus grandes précautions; car ce remède, administré comme en Europe, a produit dans ce climat des accidens fâcheux, tels que la folie, des maladies hépatiques, etc.
Les cataplasmes de feuilles de tabac sur les plaies des personnes atteintes du tétanos, n'ont été suivis d'aucun effet avantageux. Les alcalis ont été également employés sans succès. |
Tétanos dans lesquels se sont offerts des phénomènes singuliers.
Un soldat du 95" régiment de ligne, qui avait été blessé par un coup de feu à la cuisse droite, pendant la campagne d'Autriche, était attaqué du tétanos. Des bains froids, préconisés par quelques médecins, furent administrés. Les deux premiers produisirent une sensation extrêmement pénible au malade, et n'apportérent aucune amélioration dans Son état. À l'aspect du troisième bain , il éprouva une horreur invincible pour l'eau de la baignoire où il refusait d'entrer ; mais on le couvrit d'un drap de lit, et, sans le prévenir, on le plongea
LÉ TÉTANOS. 193 dans l’eau. À péiné fut-il immergé dans ce liquide, que la raidéur tétanique augmenta, et qu'il éprouva des convulsions horribles. On fut obligé de le retirer sur-le-champ dela baignoire, etde 15 transporter dans son lit. Une tumeur de la grosseur d’un œuf de poule se montra tout à coup sur le bord de Ja ligne blanche au-dessous de l'ombilic. La vie dé cet infortuné fut encore prolongée de quelques heures; mais au déclin du jour toutes ses fonctions se suspendirent subitement, êt on le trouva mort le lendemain. Les facultés inécildetueltes s'étaient toujours conservées intactes.
Je procédai à à l'ouverture du cadavre de ce soldat en présence de deux chirur giens-majors, MM. Galette et Trachet, ses RUE A Tout le corps était raide comme une planche et dans une rectitude totale, ce qui caractérise lé tétanos complet.
La tumeur que nous avions remarquée près de la ligne blanche était toujours apparente, les parois abdominales étaient collées sur la colonne vertébrale, et les mâchoires fortement enclavées. Après avoir fait l'incision cruciale au bas-ventre, nous mimes à découvert, par une dissection bien ménagée , les parties qui formaient la tumeur; c'était une portion du musele sterno-pubien droit rétractée sur elle-même én forme de peloton, résultat de la rupture de ce muscle dans toute son épaisseur. En effet, la déchirure se faisait apercevoir au-dessous, et elle était remplie de sang noïrâtre et coagulé. La rupture de ce muscle, quoique très-
étendue, avait dû se faire spontanément at mo: ment où le malade avait été plongé dans le bain froid. Les viscères du bas-ventre étaient réduits à un très-petit volume et refoulés dans les hypocon- dres et le bassin. Nous rencontrâmes quelques lomibrics dans les intestins grêles, sans nulle trace d'inflammation. Les cavités du cœur étaient vides de sang, et leurs parois s’entretouchaient. Le cerveau ne nous offrit rien de particulier. La dissection de la cuisse blessée nous fit découvrir la balle adhérant à la ligne äpre du fémur, près du grand trochanter. Les nerfs crural et sciatique avaient été lésés à l'entrée et dans le trajet de la balle; c'est de cette double lésion qué était réute sans doute
Un fusilier-chasseur, qui avait eu dans la même campagne une portion du tarse du pied droit emporté par un boulet du calibre de trois, ayant été atteint du tétanos , je lui proposai de lui faire l’amputation de la jambe, ce que commandait déjà la - nature même de la blessure. Ce militaire s'étant refusé à l'opération, je me bornai à l'usage. des opiacés, des diaphorétiques et des linitié nt narcotiques camphrés. La marche des accidens se ralentit, et le tétanos prit un caractère chronique, Cestadlire que Îa raideur générale restait à peu près au même degré, La plaie était aussi presque toujours sans suppuration, malgré l'emploi des suppuratifs épispastiques. Cependant le mal s’accrut insensiblement, et l'emprosthotonos s'établit.
LE TÉTANOS. 195 Le malade éprouva en même temps une douleur vive dans le coude droit du même côté de la blessure; il y survint du gonflement, de la rougeur, et tous les symptômes d’une inflammation locale. Des cataplasmes émolliens -anodins furent appliqués, et la dose des narcotiques augmentée; car le tétanos faisait également des progrès, et menaçait la vie de ce sujet. Aux symptômes de l’inflammation succédèrent ceux de la suppuration. Un abcès se forma assez rapidement au-dessus de l’articulation, et la fluctuation étant manifeste, je me hâtai d’en faire l'ouverture; il en sortit une grande quantité de matière purulente grisätre. Dés ce moment ce soldat éprouva un mieux marqué; la raideur du corps.et des membres se dissipa presque aussitôt ; sesmâchoires se relâchèrent, et il avala facilement tous les médicamens qu'on lui administra ; enfin tous les accidens tétaniques disparurent.
La plaie du piedet celle de l'abcès, marchant ensuite sans nul obstacle à la cicatrisation , j'espérais voir le malade bientôt guéri, lorsqu'il fut frappé d’une paralysie complète de tout le côté affecté, et plus tard d’une affection dyssentérique Lux + fit périr en peu de jours. Q
Ilest bien évident que l’abcès consécutif à la blessure du pied, survenu au bras du même côté , ainsi que l’hémiplégie qui l'avait suivi, avaient été le résultat d’une métastase purulente, et que l'issue de la matière de l’abcès avait formé la crise du tétanos, La paralysie seule était restée; mais elle se
serait dissipée sans doute par la suite, si le malade avait survécu. . | {165 00 sh
* * on a Éd, à = , æ Re” LE CTLESE ' RE ON "2: EL
. Tétanos traumatique déterminé par la JTRHAES as nuits CA aggravé par une affection morale.
Le général de division Daumartin , en descendant le Nil pour se rendre à Alexandrie , reçut quatre coups de’feu assez légers, un à la jambe droite, un autre à la cuisse gauche; le troisième lui avait éffleuré la poitrine, et la balle du quatrième était entrée dans le bras droit : les premiers n ‘avaient intéressé que les tégumens et une a aa tion. des muscles.
Ce général resta sans secours Jusqu'à son arrivée à Rosette; c'était le cinquième jour de son accident: Le chirurgien-major , M. Guillier, pansa ses plaïes
selon les préceptes de: l'art, le mit à la diète et à l'usage des boissons etc his Peu de jours après, la. balle s'étant manifestée près de l’articulation du coude, il en fit l'extraction.
Les plaies étaient en bon état, et, sans les i inquiétudes auxquelles se livrait le hlbnes , on avait lieu d'espérer une prompte et sûre guérison ; mais'son affection morale. devenant de jour en jour plus forte, on conçut quelques craintes de l'invasion du tétanos : en effet, le huitième jour de l'accident , on trouva la suppuration des plaies coéetdér alba) ment diminuée, et leur pansement, quoique fait: avecles-plus grandes précautions, fut très-doulou-
LE TÉTANOS. | 197 reux. Le lendemain, tous les accidens du tétanos étaient déclarés ; ils marchèrent rapidement et se terminèrent par la mort le quinzième jour de L blessure. | 5
Peut-être la terminaison de la maladie eût-elle été moins funeste, si l’on eût amputé le bras dès l'apparition des premiers symptômes.
\ À * ! | + Exemples de l'utilité de l'amputation du membre blessé dans le | | tétanos.
M. Bonichon, lieutenant au premier bataillon de la 21" demi-brigade d'infanterie légère, avait reçu un coup de feu au pied gauche, à la bataille de Sedment. La plaie se dirigeait obliquement d'arrière en avant, en traversant le tarse, dont plusieurs os étaient fracturés; le Rule court extenseur des orteils et les ligamens articulaires correspondans étaient déchirés. Cependant, à son arrivée à l'hôpital, le 7 octobre 1708 , il ne se présenta rien de fâcheux : les prèmiers pansemens avaient été méthodiquement faits; la plaie était débridée, et l'on avait extrait quelques esquilles.
Le mêmesoir, le blessé éprouva de l'inquiétude; le sommeil fut pénible; il ressentit dans la plaie des douleurs aigües, qui allèrent en augmentant jusqu'à la visite du matin : on trouva les bords boursoufflés, entourés d’un cercle rougeûtre; la suppuration était supprimée; le pansement fut douloureux. Les boissons rafraichissantes et ano-
dines, les émolliens appliqués sur la plaie ne pro- Msirent pendant quelques jours aucun effet.
Le 19 octobre, le serrement des mâchoires commença à paraitre; le 20, tous les symptômes furent développés et prirent dés lors un caractère chronique, jusqu’au 2 novembre où la maladie se montra au plus haut degré. Les jambes étaient raides et fortement fléchies sur les cuisses, celles-ci sur le bassin; les parois du bas-ventre étaient collées sur la colonne vertébrale, la tête fléchie sur la poitrine, les mâchoires fort serrées et la déglutition difficile. Le pouls était petit et nerveux, a ma- lade réduit à un degré de maisreur Rs son corps constamment couvert de sueur ; il éprou-
vait des douleurs violentes contin uelles qui lui faisaient demander la mort comme un bienfait.
Après avoir vainement essayé tous les moyens qu'offre en pareil cas l'art de guérir, les opiacés sous toutes Îles formes, unis au camphre et au quinquina, les lotions d’eau froide, les dissolutions d'opium sur Îa plaie, les cataplasmes émolliens, je concus l’idée de faire amputer Ja jambe. Le désespoir de cet infortuné et la certitude de la mort qui l’attendait m ’engagèrent contre l'avis de plusieurs officiers de santé que j'avais appelés en con:sultation, à employer promptement cette dernière ressource. On profita d’un moment de calme qui s ‘établitle même jour. Cette opération fut faiteavec dextérité, sous mes yeux et en présence de tous les consultans , par M. Assalini, chirurgien de pre-
LE TÉTANOS. 9159 mière classe. Le blessé qui la désiraitsla sboita ‘courageusement et sans manifester de ‘grandes douleurs. Une syncope légère, survenue peu’ de -momens apres l'opération, fut le présage heureux de la cessation des accidens : ‘en effet ; il s'opéra immédiatement une détente générale qui permit au malade d'avaler quelques liquides: La nuitfut calme, et il y eut un sommeil de quelques heures. Le lendemain, je trouvai le pouls développé ;' les membres moins raides, les mâchoires relàchées. Le malade avait déjà rendu quelques selles à l'aide de lavemens. Lasuppuration dela plaie s établit à l'é époque ordinaire, et tous les accidens disparurent pardegrés : pourtantle moignon conserva pendant quelques jours des soubresauts violensquiausièentaient par les plus lég ers attouchemens extérieurs , et surtout durant le pansement, quelques précautions ace prit pour ne point irriter les parties. Je parvins à apaiser ces mouvemens convulsifs par une compression bien exacte que je sl faire sur r le trajet du nerf sciatique. à
Les forces se rétablirent assez promptement , mais les organes digestifs restèrent lons-temps dans l'atonie, à raison de la pression qu'avaient exercée sur eux les parois CRUE du basventre. | k
Cependant , en ads , cet officier était parfaitemept guéri, et commençait à ‘marcher sur sa jambe de bois. Peu de temps aprés, il partit pour la France avec d'autres invalides ,
let. fut. placé à l'hôtel. des Invalides. FT Paris. : La bataille du2imarsi8or me fournit} occasion de, faire faire l'amputation de la jambe à un mili- taire, pour une blessure semblable à celle de M: Bonichon. Quoique le tétanos fût déclaré et d’un càractère aigu, l'opération fit cesser , comme par enchantement , tous les accidens; et sans l'humidité de la salle où se trouvait ce blessé, sans la pénurie des moyens propres à le garantir dela fraicheur des nuits, cette opération aurait eu sans doute un suc- -cès aussi complet. Il passa environ douze heures dans un calme satisfaisant; mais la fraicheur de la nuit suivante, plus forte qu’à l'ordinaire , rappéla les accidens qui résistérent à tous les moyens indiqués,,, et le malade mourut le troisième Le a de l'opération. $ - De-semblables résultats avaient. eu également lieu chez un militaire attaqué du tétanos, par suite d’un: coup de feu qu'il avait reçu à l'articulation du coude gauche, au siége de Saint-Jean-d’Acre. … Lorsque je vis le blessé, les accidens étaient déjà avancés; cependant l’ampuatation du bras que je fis,tenter fut suivie d’un calme assez grand pour me: donner quelque espérance. de succès: mais n'ayant pu garantir le malade de la fraicheur. des nuits , et le tétanos ayant fait trop de progrès et étant très-aigu , les accidens se renouvélérent peu, Mes. après, et,il succomba aussi Le trois sième jour de fée ere | Tera DUT:
Dans les trois obsérvations que je viens sde citer,
LE TÉTANOS. 31 Tamiputation à eu plus de succès chez le sujet de -la premiere, parce que le tétanos avait déjà pris -un caractère chronique. Cette circonstance donne en effet plus de chances de réussite, parce: qu'on -peut mieux choisir, pour faire cette opération; les momens d’intermission que laissent les accidens, tandis que, dans le tétanos aigu , la marche dela maladie est à la fois plus rapide, plus intense &t moins interrompue. Hi mere do Dans tous les cas, ainsi que nous l'avons dit; c'est par le dégorgement des vaisseaux et la section des nerfs que l’amputation fait cesser les symiptôiesttétaniques; aussi , bien: qu'il n'y ait point eu d'opération pratiquée dans toute l'épaisseur du membre, sur le sujet de l'observation suivante; je le citerai cependant encore comme preuve de l'efficacité que l’amputation serait susceptible de procurer, PRO TITI Lé général de division Destaing reçut, en Égypte, “un coup de balle qui lui traversa le bras droit à sa partie moyenne , interne et postérieure. Une portion du biceps, du coraco-brachial, le nerf radial et le cutané interne furent coupés im parfaitement. Cette plaie laissait un pont de plusieurs lignes, formé par les tégumens, le tissu cellulaire :et quelques fibres motrices. 2 | 4, : Aumoment où je fus appelé, quoique la suppuration füt établie ; de vives douleurs, se faisaient sentir dans la plaie, l'appétit du malade était dérangé, le sommeil interrompu , et il se déclarait
Re LE TÉTANOS.
‘vers le soir un mouvement fébrile. Je sentis d'abord
‘la nécessité de couper le pont dans lequelse trou- ‘vaient dés rameaux nerveux du cutané: interne ; mais le blessé s'étant refusé à cette légère opération,
je fus obligé de m’en tenir à l'application des émolliens, et à l'usage interne des remèdes indiqués. Le
Jendemaïn, les douleurs locales étaient plus vives;
il y'avait des mouvemens convulsifs dans la main et l'avant-bras, chaleur dans tout le système, et serrement dés mâchoires. Le blessé était fort inquiet et dans une agitation continuelle. Les progrès
rapides que faisaient les accidens me détérminerent à couper ce pont, et à inciser le fond de la
plaie où je trouvai quelques brides nerveuses et aponévrotiques.
Cette opération fut douloureuse; mais deux heures après le blessé fut très-soulagé, et cet état se maintint. La suppuration devint belle, la plaie se détergea, les bords s’affaissèrent, et la See se for ‘assez promptement.
Exemples de l'efficacité des moyens propres à parer aux aCCi= .dens tétaniques qui peuvent arriver à la suite de l’amputation.
- Bonnet Pierre, de la 85° demi-brigade, âgé de vingt ans, d’un tempérament bilieux et irritable : languissait dans les hôpitaux du Caire, depuis la campagne de Syrie, d’un ulcère fistuleux avec carie des os qui forment l'articulation du pied droit avec la jambe, La désorganisation de cette partie
TE TÉTANOS! 133 et l'état de marasme auquéliétait réduit ce mil: taire nécessitèrent lamputation dont le succès ne fut dérangé par aucun accident ; mais au. moment où la guérison touchait à sa fins, c'était le vingt quatrième jour de l'opération, Bonnet fut tout à coup frappé des symptômes du tétanos que détermina sans doute le reflux des matières purulentes qui suintaient encore de la (plate: La transpiration s'était également supprimée par: limprudence qu'avait eue Île malade: de :se primener pendant la nuit. Les diaphorétiques et les opiacés à forte dose, administrés pendant. quelques) jours, n ’empéchèrent point les accidens de s’accroitre'encore, et de s'élever au plus haut degré. Enfin , tandisque quelques émulsions anodinesetanti-spasmodiques, données à la faveur d’ yne échancrure ‘que laissait la perte de deux dents incisives, calmaient les douleurs d'estomac du malade, un large. vésicatoire, appliqué sur toute la circonférence du moignon, ramena dans les vingt-quatre heures la suppuration, et détermina une éruption miliaire qui semanifesta au visage et.a la poitrine. Dés ce moment le malade fut beaucoup mieux ;.tous les accidens du tétanos diminuérent par et les fonctions se rétablirent, et le cinquantième jour de l'opération, ce militairesortit de l'hôpital , parfaitement guéri.
Grangié( Pierre), carabinier, reçut, au siége du Caire, un. coup de boulet au bras qui nécessita lamputation sur-le-champ. Rien ne dérangea le
travaik de la naturependant les premiersijourss
maisleneuvième, ce blessé, après s'étreexposé àl'ain humide de la nuit , fut pris de tous les symptômes
au bout de vingt-quatre heures ;. la transpiration cutanée se rétablit, les mächoires se relächèrent, le danger disparut, et le malade fut conduit à la guérison par la. continuation des remèdes indiqués:
Je désire que ces observations puissent, fixen l'opinion dés chirurgiens des armées sur le traite: ment du tétanos traumatique; que le succès d’uné opération, dont je ne connaissais pas-d’exemple les encourage à la pratiquer ;:et, en lestéloignant
d'une route où l’on doit craindre à chaque pas de
rencontrer la mort, leur fasse suivré ‘désormais
celle où il est encore possible de sauver la vie à
quelques dignes citoyens. ol iomoix RÉNLELPSS ul egmhioos:
FA : L: } to ve Ja k PEN
“'sisrons MÉCANIQUES DU CRANE ET DÉS DIVERSES sel PARTIES DE L'ENGHÉPHALÉ. G
RARE nous dispénsérons d'entrer danses détails éirconstanciés relatifs à ces lésions; ils sont exposés , chez tous les auteurs classiques. Nous nous bor- nerons à retracer brièvement les principaux phénomènes qu’elles offrent selon la lésion des parties les indications qu "elles présentent ét les moyens à mettre, en usage pour leur BUCTSONE |
En ue" toutes les plaies à la tête, faités par armes blanches ou par toute autre cause méca-" aque. qui puisse produire une coupure nette et : simpl e aux pnmens de, cetté partie sans lésion aux 0S du crane, doivent être réunies, mais de na nière ? à ne > pas exercer une très- forte traction sur les bords de ces plaies. Un linge fin fenêtré; “enduit . d une substance balsamique, ou trempé dans du vin chaud sucré ou miellé, est le meilleur contentif pour. les coupures ordinaires; si elles sont très" étendues, ou avec lambeau, on doit préalablement appliquer quelques bandelettes agolutinatives. Il est. néanmoins des cas où quelques “points dé suture sont indiqués ; telles sont, par exemple; les.
136 M oiss DE LA TÊTE.
plaies avec de grands lambeaux renversés faits aux ‘dépens des parties molles des régions temporale ou occipitale, Les points de suture, dans ce cas, doivent être précédés d’une contre-ouverture que lon pratique à la base du lambeau, si ce point est à la partie déclive, pour faciliter PAU à des fluides: et prévenir leur, séjour sous ce lambeau. L'on doit seconder l'effet de la suture par un bandage approprié et contentif,
,;Les plaies contuses. des mêmes parties doivent être pansées à peu pres. de la même manière, | C 'est-à- dire qu après avoir rasé la tête et extrait les Corps étrangers, s1l en existe, il faut couvrir ces plaies, d' un linge fenêtré trempé dans les liqueurs ques nous avons désignées plus haut. Il Rest pas, | nécessaire de les srsse tt à moins qu'il ny. ait des. culs-de- -sac dans quelques-uns de leurs points #6 ou déchirure au péricrâne avec contusion aux os du crâne. Le débridement doit être fait alors par "des | incisions ménaoées, £t dirigées de la circonférence au centre de la solution FE continuité, S'il ya des artères coupées, il est indispensable d'en faire la lig gature, au lieu d'exercer une compression méca. nique qui g gène le blessé et amène la céphalalgie: .d ailleurs fù artères qui rampent sous le cuir chevelu ». à raison des adhérences serrées qui les retiennent sous cette enveloppe dermoide, se rétractent. difficilement pour faire cesser l'éffusion du sang. LT OS EE Le VA 1° H ya peu, d'é écartement dans les bords des plaies |
MALADIES DE LA TÊTE. 197 des tégumens, parce qu’il n’y a point de muscles: pour en.opérer:la rétraction; ce qui rend le débridement. de ces plaies. assez rare, et prouve l'efficacité dés appareils les plus simples. Les réunions trop immédiates, ainsi que nous l'avons déjà dit, ne, doivent donc être que rarement employées; | non seulement elles sont inutiles, mais elles, peu: vent avoir quelquefois de graves inconvéniens: Ja. raison en est facile à, donner. Assez ordinairement ces. sortes, de plaies sont accompagnées de contusions plus ou moins vives;.et cet accident primitif ayant pour résultat la dilacération des vaisseaux. capillaires dù cuir chevelu. et la. destruction des liens celluleux qui unissent cette enveloppe aux os. du crâne ,et à leur membrane extÉrieures il est, extrêmement rare que la cicatrisation s'opère sans qu'une suppuration plus ou moins abondante. ait eu, lieu. Si la réunion s'en fait alors d'une manière serrée, les fluides. n'auront point . di issue, assez libre; retenus dans chaque côté de la plaie, ils: y porteront. l'irritation et détermineront l’inflammation : et. l'érysipèle.. Devenus plus abondans encore, ils. finiront, enfin. par se frayer. une. voie intérieure à entre la. peau. et les os; ce. qui. arrivera d'autant plus, promptement et d'autant. plus: facilement, que les bandelettes et les bandages. trop unissans empécheront. ces fluides de D ÉcOu ler au dehors, et. qu'il existera ;une. désunion plus, grande entre la face interne de chaque portion de la plaie gt, la face externe des 05. Une fois que. les
fluides auront pris cette direction ‘ils contintieront dé's'infiltrer dans le méme sens, ‘si lobstéèlé extécl rieur que nous avons désigné" abs tüujours; enfin, selon la quantité quis’ y acchmulérd, et selon les principes délétères qu'ils pourront aéquérir par és PT id PAIE ils occasionéront des du RE AA liéu à à des métastases; *! Len qui exiseraient non-seulément Ja séparation" des’ bords %e la: plaie, mais des contre-oûvérturés qui n° éussent point été nébéssaires sans ces réunions D8E immédiates ( que nous blâmons! ‘ "À “ ‘En ‘Jaissant au ‘contraire la solution dé continuité dans uné liberté modérée; ‘en ne la mainité: nänt que par un simple rapprôchement, te qué nous l'avons indiqué, le dégorgement se fera sans bRtadtE et la cicatrisation pourra s'en faire « ensuite presque d'elle “même : mais on ne doit lever hais ävant le septième ou neuvième Lie ar étre Les ‘plaies de tête avec lésion simplé es 0 05 du crâné, des méningés et du cerveau lui * même, quelle ‘que soit larme qui lés ‘ait produites ; pr demandent point, pour leur pansement, Tapp EN tion d'autres préceptes que ceux déHPAORS + venons dé parer; seulément, en raison des accidens se: condaires qu'elles peuvent faire “haître, on ‘est souvent. “obligé d'avoir recours à un «traitement consécutif. 9 A eR ponte ta rude 2e: © ‘Quant aux plaiés qui sont ac php ait a
MALADIES DE LAUTÊTE. 139 fractures ou de:fracas aux os du crane, ou'qui se compliquent de la présence deéorps étrangers où d'autres accidens, outre le ss indications locales im- PARAREEN qui HAUNERE se présenter ; rer desquelles nOûs ‘nous ? océtiperons , um traitemént' spécial cotisécutif leur convient avec plus de raison :en- | éore: il doit être, surtout , parfaitement enrapport
avec'les syiiptômes nombreux et variés quipeu vent survéhir, selon le lieu qu occupe la plaie’ et selon les organes lésés. Toutes les ressources de V'art' doivent étre, ‘dans ces circonstances, ‘bien: éontties, bien appréciées et'surtout misesen! usage
à propos: #ün retard, dans : Témploi de: certains moyens, peut être irréparable, en les rendant'inutiles, souvent préjudiciables. On ne saurait égalément avoir trop. d'attention dans l'examen qu? on fait dé ces solutions de’ PARTS stop de circonspection dans le jugement’ qu'on pourrait én por: ter’: lorsque tout semble marcher convénabléement et’avec süêces, des sÿmptômes'älärmans et éssén:
tiellemient fortels peuvent se déclarer tout à vx même après un espace dé temps considérable.
: Dans un grand nômbre de plaies pénétrantes N7 tête; Cest de la scrupuleuse attention qu'on apport tera à surveiller’ cé qui 'sepasse de l'intelligence avec! laquelle ôn démélera les accidens qui se pré: sentéront (accidens souventdifficilés à reconnaître) et de la promptitude avec laquelle ‘on agirà, > POUF les prévetir étles combattre, que: dépendra Souvent le salut di blessé. Néañmoins lexpériencé a Con
firmé non-seulement que les lésions superficielles du cerveau sont susceptibles de guérison, mais que ce résultat heureux peut être quelqhefois + obtenu rapidement et sans obstacle.
‘Jr Observation: A la révolte de MANS en 1%08, un de nos soldats reçut, à la partie latérale droite de la tête, un coup de sabre qui divisa une.grande portion des tégumens, toute. la..bosse. pariétale,; une partie de la dure-mère et une couche
superficielle de la substance corticale du cerveau.
Jeiprocédai, peu d’instans aprés, au pansement de cette blessure. La pièce osseuse.étant dénudée, du’ péricrâne, fut extraite, et j'appliquai ensuite le lambeau des tégumens.sur la portion divisée de la dure-mère dont j'avais rapproché les bords écartés; le pansement fut terminé par l’application d’un appareil simplement contentif. Nous prévinmes-les accidens inflammatoires par des saignées à la jugulaire et à la veine du bras, et par plusieurs ventouses à la base du. crâne et entre les épaules. Cette. blessure parcourut toutes ses périodes sans accident et fut cicatrisée en moins de trente jours. Nous,n’avons remarqué aucune aberration dans les fonctions mentales et sensitives de..ce, sujet
que nous eûmes l’occasion de voir.quelque, temps
après cet accident. La cicatrice était! .déprimée, et laissait encore apercevoir les! D is du cerveau.
Le
SE CP en RL : ER et Évait reçu à. “+ même: époque et. au: même, combat, .au
La
MALADIES : DE :LA: TÊTE. Ar côté gauche dela tête, un coup de sabre qui avait coupé, depuis la bosse pariétale jusqu'à la rainure de l'oreille, la peau, le plan externe du crotaphite, une portion du pariétal, large comme une pièce de cinq francs, la dure-imère et une légère couche du cerveau. On avait replacé le lambeau, sans en détacher la pièce osseuse, encore adhérente au péricräne. Ce blessé essuya quelques orages; cependant les accidens se dissipérent par degrés, et il fut conduit à la guérison à la fin du deuxième mois. Nous n'avons pas eu l’occasion de voir le sujet depuis sa guérison. DU -
Dans les campagnes du Rhin et de Pologne, nous avions observé deux cas analogues ayant eu la miême terminaison; cependant des succes aussi remarquables sont assez rares : le plus souvent il n’est point possible d'arrêter les progrès de l'inflammation des méninges et de lencéphale. Les symptômes d’épanchement et de compression se développent quelquefois si promptement qu'on n’a pas le temps de les observer : d’ailleurs les moyens d'explorer les causes qui les produisent et la place que ces causes occupent sous l'enveloppe osseuse du crâne, sont si faibles et si bornés, qu'il ne nous reste souvent qu'incertitude, impuissance et par conséquent peu d'espoir de les combattre. : |
Les phénomènes consécutifs, que déterminent les plaies graves et pénétrantes de la tête, varient, avons-nous dit, selon le lieu qu'occupe la solution
1 42 MALADIES DE LA TÊTE, de continuité, et sélon'les parties de l'encéphale
‘qui ont'été atteintes d’abord, ou qui ‘ont pusaf
fectér secondairement. ‘Lorsque les lésions ‘ou les
‘altérations du cerveau existent vers quelques-uns des points de sa périphérie antérieure ou supé- ‘rieuré, j'ai réemarqüé un grand nombre de fois qu'il se maniféste plus’ particulièrement la perte de “quelques sens et un’ affaissement: où! üne ‘aberration-notable dans les fonctions de li ntellect: Ce
principe est tellement vrai qué, dans les cas où le
cerveau se trouve comprimé par un corps étran- ger vers les lieux que nous indiquons, s'il est'au
pouvoir de l’art de faire cesser cette compression, én donnant issue ou au fluide ou au Corpsmécânique qui l’exerce,, les facultés intelléctuellés se
rétablissent aussitôt dans les mêmes proportions. Les ‘phénomènes cérébraux dont je viens de parler se développent également sous l'influence d'autres maladies, agissant d’une manière ‘analo-
gue: nous aurons occasion de nous én: occuper en-
coré, en traitant de la nostalgie ; l'une des’ affec-
tions qui les produisent lé plus communément. Lorsque les lésions ou les altérations correspondent au contraire à la base de l’encéphale*ou'aux ventricules, l’aberration mentalen’a pointlieu; mais on obsérve alors divers accidens paralÿtiques" qui ne se déclarent point dans la premiere * Circon:
stance. En effet, dans les lésions à la tête produites
par des causes mécaniques, dirigées obliquement de la base du crane vers son intérieur; dans les
MALADIES DE LA ‘TÊTE. 148 métastases qui s à rte d’un point plus ou moins éloigné vers cette même partie; enfin dan les amas de liquide formés dans les cavités cérébrales, l'altération des fonctions du cerveau doit présenter une marcheïdifférente etavoir d’autres effets. Dans les eas que je viens de citer, la compression s’exér- £ant.sur l'origine de quelques-uns ou de tous les nerfs de lt locomotion, et sur ceux des sens et des organesrmixtes, les accidens que cette compression fait naître doivent être nécessairement la perte plus ou moins prononcée des mouvemens musctlaireset des facultés sensitives ; ainsi quetdes dé: rangemens notables dans les fonctions des organes intérieurs. | | |
Lorsque le cerveau a été lésé où comprimé dans l’un de ses hémisphères, la paralysie se manifeste constamment du côté opposé à la lésion où à la compression, parce que les fibres de cette portion de lencéphale, ainsi que chacun le sait, s'entrecroisent intérieurement. Ce principe,’ bien envisagé.dans ce sens, ne souffre point d'exception; et si l'on trouve dans les auteurs quelques observas tions qui semblent prouver le contraire, c'est-àdire, dans lesquelles on aurait remarqué la paralysie du côté même de la blessure, c'est que, dans cesicas, il y aura eu certainement uné lésion antérieure qui aura été la cause de: l'hémiplégie : ; mais comme cet accident paralytique n’aura été
\ 4 PA ; y observé qu’à l'occasion d’une lésion nouvelle, fixée
du côté même qui lui correspond, cette circon-
stance aura fait négliger la recherche des premiers effets qui l'avaient produit. L'erreur pourraencore dépendre de ce.que la cause mécanique, ou morbide,spontanée, aura pu se porter en même temps sur l’un des hémisphères du cervelet, vers les cuisses de la moelle allongée, ou vers la partie postérieure de cette dernière production médullaire, parce que les fibres nerveuses de ces’ portions profondes.et postérieures de l’encéphale ne présentent point d'entre-croisement. C'est, par exemple, en vertu de ces dernières raisons; et'en réfléchissant à l’origine de la neuvième paire de nerfs qui, comme on le sait, nait des racines dés éminences olivaires, qu’on peut se rendre compte pourquoi, dans certains cas d'hémiplésie, la moitié de la langue, qui correspond à l'accident, conserve de préférence ses mouvemens. C’est égale: ment par suite des mêmes dispositions que, dans les compressions ou les ébranlemens qui se concentrent du’ côté du cervelet, on observe plus particulièrement de:très-crandes difficultés dans les fonctions dela respiration et de la déglutition. 1 : En examinant d’ailleurs attentivement les observations contraires à ces principes, et rapportées par un grand nombre d’auteurs, nous espérons qu'on pourra y découvrir qu’elles ne détruisent en aucune maniére la vérité des assertions que nous venons d'émettre sur la différence essentielle de la cause et du siége de la paralysie. Ainsi, il nous serait extrêmement facile, si cela ne devait pas
MALADIES :DE :LA: TÈTE. 149 nous occuper trop long-ternps, de prouver; par les détails même des. hémiplégies dont parlent ces auteurs, que les causes qui-les. avaient produites avaient existé dans lei cerveau. du. côté. . Opes celui où les hémiplégies se: sont, déciarées.
Pour faire connaître d’abord les effets. de, la :lésion des parties du cerveau qui paraissent présider
aux facultés intellectuelles, nous allons rapporter
l'histoire de quelques sujets qui ont reçu des,blessures dans, ces mêmes régions, et chez lesquels on a remarqué en effet une aberration plus où, moins sensible dans ces facultés. SO APP [re Observation.—Duthain (Joseph), âgé. di se ans,
dus tempérament, robuste, a été traité, à l'hôpi-
tal militaire du Gros-Caillou, dans le mois de juil: let 1821, ;pour un coup de sabre aa si avait reçu à la partie moyenne du fr ontal, près de sa jonction aux pariétaux. L'arme dirigée obliquement et avec force, avait coupé jusqu’à une, partie de la table
interne de l'os dans une étendue d’un pouce. Des
symptômes inflammatoires qui s'étaient déclarés, furent dissipés assez promptement au.moyen.de saignées répétées et d’un traitement anti-phlogistique. Lé seul symptôme qui.se maintint pendant une grande partie du temps.que dura la blessure, etqui. était. sans doute entretenu par une légere compression développée: à la surface du lobe antérieur, fut une incohérence très-manifeste dans les idées,du, malade; ses réponses, quelquefois, précises, n'avaient le plus;souvent aucun rapport avec 1, 10
les’ questions qu'on! lui faisait. Cependant cette aberration mentale s'éteignit sous l’'influénce des révulsifs, que je: fis mettre en usage à mesure qu'on avançait vers la guérison. Elle eut lieu six semainés/après Pentrés de Duthain à l'hôpital. II Observation. — = Chez un autre militaire, Letort (Jacques) soldat au 2° régiment d'infanterie dé la garde, qui déjà avait reçu de semblables blessures aux régions supérieures de la tête, à différentes époques, laltération intellectuelle nous parut plus prononcée , à l'occasion d’un dérnief coup de sabre, porté également sur le frontal, avec lésion de cet os, et pour lequel il vint récla-
mér nos soins en mars‘1822. Il y eut, comme dans
le cas précédent, des symptômes inflammation de compression cérébrale et d’assoupissement que nous fimés dissiper par les saignées, les ventouses, les bains de jambés sinapisés et autres da hi
antiphlogistiques et révulsifs. .
Bien que Letort sortit guéri de l'hôpital, a mois après son entrée, ses regards ét ses discours laissaient encore apercevoir quelques traces d’ une légère aberration." Ses camarades nous rapporté-
Hébes que ‘cét état, joint à beaucoup d'éntétement
dans ses volontés, devait être naturel chez lui, puisque , PP long:temps , ils l'avaient totijours connu de même: il est évident que les hômibreu:
‘ses blessures qué cé militaire avait reçues à Ki
tête, avaient sans doute contribué à la situation morale dans laquelle il'se trouvait. Nous allons
maintenant observer les effets de la compression exercée sur :kes divers ‘PRE de la base de l’encéphale. ; mi O BLEU Li US SA EN N
LA T Dati Ut giénadié:t à pied réçut, en Autriche, une balle à la tempe gauche; au niveau du pavillon de l'oreille. Ce projectile avait libouré profondément, derrière cétte partie, lé muscle crotaphite, et s'était arrêté à la base de lapophyse mastoide du même côté. Dans les preïiers ‘in: Stans, on ne reconnut point là présence de ce’ corps étranger , et la blessure, très-légèré en apparence et pansée simplement, fut cicatrisée: en quinze jours. Mais au moment où ce militaire’allaït sortir de l'hôpital, il fut surpris par des vertigés 1 des »pesanteurs et des douletrs HHGRTANCES ? à région de la blessure. JA 1 HIRN)
- Le lendemain, ayant exploré avec soin: toute I téteret aperçu vers la ‘base de l'apophyse mastoïde une petite tumeur rouge avec un point de fluctuation au centre, jy ke une ample incision, et je découvris la béllér profondément Inérddtée dansla:sübstance osseuse. L'extraction éni ayant été’ faite, let: la plaie pansée. méthodiquement, ‘le blessé éprouva un'soulagement momentané.Néan- moins.les accidens d’une altération au cervéau se remouvelèrent et ‘allèrent en; augmentant ; tune fièvre soporeuse se déclara , et le malade mourüt dans Fassoupissement léthätgidues après 2 avoir été” frappéd'hémiplégie du côté droit. EL «OR?
À l'ouverture du crâne; nous decouvrimes! ‘une |
1 48 MALADIES DE LAUTÈTE.
fracture qui, de l'émiñence | déjà citée ;traversait
la base du rocher ét s'étendaitvers l'os sphénoïde. Il y avait carie aux cellules mastoidiennes4 un point, de suppuratiôn dans le lobe correspondant du cerveau.,,et un épanchement de même naturé dans la fosse moyenne de la base du crâne. +: | 7 IT° Observation.—Baumgartner (Nicolas), âgé de 23 ans, soldat au 3° régiment d'infanterie di la
garde, en faisant des armes, le 20 Janvier 1821;
ayec.un de ses camarades, à l'ile de baguettes de coudrier, tous les deux étant légètesle pris de vin, recut, dans l'orbite gauche, un coup tellement
violent, qu'il fut renversé comme mort, etiqu'une
portion de la baguette, quis était cassée au momeént de la chute, resta engagée dans lorbite, oùelle
avait dù Rare assez profondément et jusque:
dans.le crâne. Cette tige de bois, qui avaitiété retirée immédiatement et qui nous fut représentée, était,en, effet teinte de sang dans une étendue de plus. de. deux pouces, Une forte hémorragie par le nez.et la bouche avait eu:lieu presque aussitôt , et. l’on avait transporté: le blessé à. l'hôpital À son arrivée, l'état d'ivresse dans lequel: il était
‘encore, les mouvemens. désordonnés auxquels il
se livrait, et les vomissemens qui se succédaient à : chaque : instant, empécherent de rien: entreprendre. On se contenta de frictionner; avec des morceaux de, flanelle chauffée, toute lhabitude :du corps, et particulièrement les extrémités: Leg L étaient frappées d'un froid glacial, :5:0%20 4
Le lendemain matin, comme les paupières formaient une tumeur ecchymosée du volume d’un gros œuf, je crus convenable, après avoir fait une saignée à l'artère de dti et avoir débridé une plaie qui existait à l’angle externe des : paupières, de les écarter légéretient pour massurer de l’état du globe de For Cet organe n'avait point recu de solution de continuité, mais la contusion qu'il avait éprouvée, avait été assez violente pour paralyser liris et occasioner la perte de la vue. Les membres correspondans étaient aussi privés de leurs mouvemens. Ayant cherché, au moyen d'une sonde, à me donner une idée de la direction qu'avait prise la baguette, je ne pus y parvenir; mais en examinant le point qui avait été frappé d’abord, l'angle externe ‘des paupières du côté gauche, et en réfléchissant que c'était le mêm@ côté g altiétré du corps qui se trouvait affecté d’i héraipilésie; je soupçonnai que la marche de cette baguette avait dû être très-oblique, et que c'était par conséquent l'hémisphère droit du’ cerveau qui avait dû étré atteint, ou sous lequel au moins un épanchembnts était formé. L’autopsie cadavérique de ce sujet, ainsi qu'on le verra plus tard, justifia complétement mes soupçons. Dés lors cette blessure et cette hémiplégie, existant l’une et l’autre du même côté, peuvent : bien, je pense, servir de nouvelles preuves à la vérité des principes que nous avons émis sur lé siége primitif des paralysies musculaires, et dé-
montrer encore quelles sortes de causestpeuvent quelquefois en imposer sur les effets de Paltération, surtout si l’on ne prête pas aux faits qu'on observe l'attention la pins: exacte et la plus minutieuse. < 3t
Mais reprenons notre récit. Aucane aberration mentale ne s'était manifestée ; le blessé, au contraire, se plaignait, en termes très-précis ; d'une soif extrême qui le tourmentait , et répondait fort bien au peu de questions que nous lui fimes, soit par paroles , soit par signes, car il éprouvait souvent de la difficulté à articuler les sons. La plaie fut pansée avec un linge fenêtré, enduit de cérat, et un péu de charpie; on recouvrit les paupières d’un bandeau trempé dans une liqueur résolutive, Des tisanes adoucissantes, une potion anodiné, des lavemens et des bains de jantes PS furent prescrits. | * | |
. Le 2», la tête du malade était dirigée à droite: l'hémiplégie existait toujours du côté gauche. "Il Y avait de plus une difficulté extrême d’avaler et quelques symptômes de paralysie de l’estomac , dus sans doute à la compression dunerf pneumogastrique: Je fis appliquer une ventouse scarifiée à la région temporale, et plusieurs autres à lépigastre et aux hypocondres; deux lavemens purga- . tifs furent administrés dans la journée : le soir on placa un large vésicatoire sur toute la Dies + térale droite.de la tête. PT
Le 25, l'état ns malade était désebpérés lassou-
MALADIES DR LA TÊTE. 15t pissement comateux , lé froid des extrémités, la pâleur et laltération de la face étaient devenus trop intenses pour ne pas faire porter un pronostic fâcheux: Lamortarriva en effet douzeheures après. Les facultés intellectuelles étaient restées constamment dans leur état d’intégrité, le malade s'étant plaint jusqu'à sa mort de la soif dont nous avons déjà parlé. Nous pensons que ce symptôme avait pu' être déterminé par la perte considérable du sang qui eut lieu à l'instant où la baguette fut retirée, et par la perte de celui qui devait s'être épanché dans l'intérieur du crahcs
À l'ouverture de cette cavité, on trouva une légère couche de sang sur la superficie postérieure du cerveau ; un second épanchement de même nature ; mais plus considérable, existait dans les fosses de la base du crâne et jusque sur latente du cervelet. En cherchant avec soin les désordres qui avaient pu être produits par la baguette; on observa plusieurs déchirures aux sinus caverneux ét à l'artère carotide, et on ramassa, près de la selle turcique ; une esquille osseuse appartenant à l'apophyse clinoïde droite postérieure qui avait été fracturée; d’autres fractures avaient aussi été déterminées à l'os planum et à l'os ethmoïde du côté gauche ; enfin un petit morceau de bois de quelques lignes de longueur fut trouvé implanté dans la substance même du lobe moyen de l'hémisphère droit du cerveau, près de la scissuré de Sylvius, et C'est ici la cause directe de la paralysie quia eu lieu.
+ HIT: Observation. —Lemiere (Jean-Pierre), soldat aux dragons de la garde, âgé de vingt-cinqans, fut apporté dans la nuit du 8 mars 1822 à l'hôpital du Gros- Caillou: Ce militaire venait de recevoir dans l'orbite droit un coup de pointe de sabre de cavalier (épée romaine). Cette arme avait été dirigée de bas en haut et un peu de dedans en dehors; ainsi , après avoir fait une légère coupure oblique à la pointe du nez, elle avait incisé les! tégumens de la partie interne de la paupière inférieure, vis-à-visle rebord orbitaire formé par l'os maxillaire , avait échancré ce rebord et continué
sa route entre le plancher de l'orbite et le globe
de l'œil. (En soulevant/les paupières qui, déjà tu-
méfiées, recouvraient cet organe, nous n’aperçü-
mes en effet aucun changement dans sa forme ex-
térieure; seulement la saillie d'un demi-pouce qu il
offrait-sur-celui du côté opposé, semblait indiquer
une division du nerf optique quiaurait eu lieu pro-
bablement dans son extrémité qui perce la sclérotique. Laidilatation dela pupille et limmobilité de l'iris, ‘qui existaient aussi, annonçaient Ja lésion du nerf nasal.) Enfin larme avait dû pénétrer assez profondément dans le crâne, en traversant sans
‘doùte la fente sphénoïdale, et y ‘occasioner un ‘épanchement tonsidérable par la lésion des vais- ‘seaux qui se trouvèrent sur son passage. Déjà en effét on‘observait une paralysie complète de tout ‘le côté gauche et un assoupissement comateux ‘assez marqué. Le chirurgien de service se contenta
MALADIES DELA TÊTE, 153 d’un pansement simple; et appliqua sur rip un léger cataplasme. na
Le lendemain, l'hémiplégie S'était étendue j ps qu'aux muscles gauches de la face; ik y avait de la difficulté sous le rapport du mécanisme de la parole, mais on n’observa aucune aberration dans les facultés intellectuelles. Le malade, quoique fépandant rarement et difficilement aux questions qu’on lui adressait, y répondait avec la plus grande justesse. J'état comateux existait toujours. Je fis raser la tête, et je pratiquai moi-même une saignée à l'artère temporale, à la suite de laquelle il y eut un soulagement marqué; je ne fis que renouveler le pansement qui avait été fait la veille; je recommandai de pratiquer dansla journée unesaignée du bras, et je prescrivis une tisane de gruau d'orge miellée, et deux verres d’émulsion aromatisée et sucrée.
Deux jours après, et malgré les moyens que je mis encore en usage, les symptômes d'épanchement et de paralysie devinrent toujours plus manifestes. Le malade n'ayant pas eu de selles depuis l'accident, et quelques lavemens ordinaires n'ayant pu en déterminer, je fis administrer à l'intérieur une potion avec une demi-once d’huile de ricin, et faire des fomentations sur l'abdomen avec deux gros de résine de jalap délayée dans quatre onces d'huile d'olive. Un large vésicatoire sur le côté droit de la tête fut PA das appliqué le même jour. Le 16; il y eut un mieux marqué et moins d’assoupissement : on en profita pour s'assurer en-
core que l'intellect du malade n’avait pas éprouvé
* la plus légère aberration. Des évacuationsalvines
abondantes avaient eu lieu mais involontairement; ce qui nous, indiqua que les sphincters participaient à la paralysie: les muscles de la gorge ne pouvaient plus également exécuter parfaitement leurs fonctions. Afin d’exciter l'action du nerf pneumo-gastrique, je fis appliquer un moxa à l’épigastre, et faire sur l'abdomen une fomentation avec lammoniaque. On frictionna aussi tout le corps avec l'huile de camomille camphrée.
Le lendemain, un grain de potasse fut posé à la base du crâne, entre l’apophyse mastoide et la
bosse occipitaleinférieure. Le malade n’en retomba
pas moins dans son insensibilité et son assoupissement : cependant, comme le pouls indiquait encore des symptômes d’'irritation, je pratiquai une saignée du pied. Pendant cette opération, et quelque temps après, on remarqua dés mouvemens plus libres chez le malade , et il put de nouveau ré- Horn d'une manière très-juste aux questions qu'on lui fit.
Malheureusement ce second amendesihei ne se soutint pas; les dents, la langue devinrent fuli-
gineuses; l’accablement et l'insensibilité firent de rapides progrès; enfin le blessé expira le 25, au
milieu de la nuit, après avoir jeté quelques cris plaintifs. |
Le lendemain, on fit l'ouverture de son corps.
-La plaie du nez était cicatrisée, celle de la paupière
- Pétait presque entièrement. La calotte du crâne ayant étérenlevée avec précaution, on découvrit un épanchement sanguin entre la dure-mère et le crârie! ét épanchement , qui formait une couche asseztépaisse, ne s’observa que du côté blessé et dans:tsa ‘paitie postérieure. Dans cette dérnière portion seulement de l'hémisphère droit, le cerveau nous pirut être plus volumineux, plus dense et plus injecté que dans l’état normal. En soulevant le lobe antérieur de l'hémisphère droit, une portion de sa substance corticale se trouva éngagée dans une fracture qui existait à la voûte de l'orbite et qui se prolongeait jusqu’à la base de lapophyse d'Ingrassias. Cette fracture avait une direction trèslégèrement ‘oblique. L’arme n'avait cependant point lésé ce lobe antérieur; elle n’avait fait que l'effleurer pour se porter entièrement dans le lobe moyen qu’elle avait traversé de part en part. En regardant la face interne de la voûte du crane , on remarqua en effet une piqure avec éclat, d'environ trois lignes de longueur sur deux de profondeur, faite à os pariétal droit, à sa partie moyenne et à environ un demi-pouce de la suture sagittale. Dans tout le-trajet de l'arme dans la substance cérébrale, cette substance était ramollié et convertie en petits grains friables de couleur lie de vin; dans tout le reste, elle présentait une densité plus considérable qué dans l’état naturel : le ventricule n'avait point été ouvert, un peu de sérosité roussätre existait dans son intérieur ainsi que dans le canal rachi-
dien. Le pédoncule du nerf optique n'avait point été divisé complètement, ainsi que nous lavions soupçonné; ce nerf n'avait recu de lésion quetsuivant sa longueur, et seulement dans sa partie orbitaire. On: fait remarquer à cette occasion que la vue de l'œil gauche n'avait pas éprouvé la moindre altération. | | |
Les cavités thoracique etabdominale ne présentèrent point de traces bien remarquables de lésion. Onobserva deux invaginations assez étendues dans le tube digestif. ; THEN L ES |
Cette observation extrêmement curieuse prouve jusqu’à quels degrés de profondeur et de gravité
le cerveau peut recevoir des lésions sans que le
principe vital soit immédiatement éteint:
IV° Observation. — Pendant la campagne de Moscou, Barbin, jeune grenadier de l’ex-garde, recut des mains d’un cosaque un coup de lance à la partie postérieure de la tête, vers le centre de la suture lambdoïde. Le fer de la lance était d’une si bonne trempe, qu'il pénétra profondément dans le lobe postérieur gauche du cerveau, sans produire de fracas osseux. Le blessé fut laissé pour mort sur le terrain; relevé quelques heures après, et transporté dans la ville voisine, sa plaie y fut pansée, et parcourut ses périodes malgré les obstacles qui se présentèrent. La guérison eut lieu, mais en laissant ce jeune grenadier privé de la plupart de ses sens, et atteint de très-grandes difficultés dans les fonctions de plusieurs organes
MALADIES DE LA TÊTE. 197 intéricurs. Son. intellect n'avait éprouvé aucun dérangement, et ses membres avaient à peine présenté quelques signes légers de paralysie. SEE
Tous les effets de la blessure nous parurent s'être concentrés totalement sur les nerfs de la moelle allongée; le-glosso-pharyngien la paire-vague;, les hypoglosses, les spinaux et les sous-occipitaux. La voix, après avoir été rauque et obscure; disparut par degrès; l'ouie,le goût, lodorats’aifaiblirent, et: les muscles extrinsèques et intrinsèques. du larynx ayant été aussi paralysés en partie, ce dernierorgane: resta abaissé de sa position naturelle d'environ un demi-pouce. Il résulte de cet abaissement contre nature, que les bords de la glotte sont rétrécis, et» que lépiglotte est recourbée sur cette ouverture par le tiraillement qu'éprouvent les muscles aryténo- épiglottiques; aussi, pour respirer, étant debout, le sujet est-il obligé de serrer fortement: et à chaque instant les mâchoires, à l'effet de ramener le larynx en haut parune contraction simultanée de ses muscles releveurs, de ceux du pharynx, __et des maxillaires,. comme le font les grenouilles pour avaler l'air nécessaire à leur respiration. :
Chez Barbin, le diaphragme, participant à la paralysie, ne peut non plus agirsur les poumons. Les grenouilles; qui sont privées de cette ‘cloison: musculeuse, y suppléent, ainsi que Va observé: Héroldt', par la fermeture de leurs mâchoires; et il:
4 Nouveau Diet. d'hist, nat.) tom. x, art. Grenouille. "1
est probable, d’après quelques essais faits à la société philomathiqué sur cet homme;ique si l’on + eût continué de tenir ses mâchoires écartées quel ques secondes de plus ; il aurait -suffoqué ainsi que périssent les grénouilles , lorsqu'on leur fait subir. la: même METane prplongkpal ve instans. 1. 9e RUE Le pharynx, thai et lésvinis érai ones ment perdu de leurs fonctions , car da! déglutition est difficile, et depuis, on n’a jamais pusobtenirle moindre vomissement chez ce grenadier. ‘Le; basventre n'offre presque pas les mouveméns:alternatifs et isochrones à la respiration, qui seremar: quent chez tous les sujets; et lorsqu'on soumet ‘individu aux plus légères expériences; $on; visage: se décolore ; son corps se couvre de:sueur; lefroïdi qu’il éprouve habituellement aux: extrémités augmente ; les mouvemens du cœur sontr:très-lents, à peine sensibles, .et le pouls est presque nul. Lors-
qu ilest couché, Barbin: respire n mieux ‘et se trouve
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plus à laisé: 2150 abat cg 296 4h Det --Lorsque; pus'tard, je présentai ce tüilitaines à la société de médecine de l’école et à la société pole, lomathique, le lieu de la blessure offrait une cicatrice de près d'un pouce deprofondeur;sur-un. et; demi de ‘longueur, et les phénomènes que ÿ ail décrits étaient encore les mêmes. Fintellect, au contraire, s’exécutait avec une précision rémar-| quable, car ce sujet répondait, par écrit et avec justesse, à à toutes les questions qu'on: lui. faisait.
“MALADIES DE LA TÈTÉ. 159 Les dernières observations qu'on vient de lire sontencore, à mon avis, une preuve bien évidente que les organes de Lili résident, comme le prétend le docteur Gall, dans la périphérie de la moitié : antérieure et supérieure du cerveau: “Les épañchemens considérables qui, à l'instant de ces diverses blessures, ont eu lieu nécessairement dans l'intérieur du crâne, n'ayant pu s'étendre au degré d'élévation des hémisphères que je viens d'indiquer, cette portion de lencéphale resta saine, tandis quelesnerfsqui partent de labase du cerveau, ayant été au contraire lésés:et comprimés, perdirent promptement les propriétés conductrices du stimulus: vital, et laissèrent tomber les organes dans un état de-paralysie.
Lorsque les effets pathologiques sont portés sur un despoints qui servent de démarcation à la voûte et àla base du crâne, et'que; sans se concentrer nulle part, ils se répandent uniformément aux parties voisines, les symptômes qui appartiennent plus» particulièrement aux unes et aux autres | peuvents observer en même temps, ou alternativement, et se dissiper de même. L'observation : suivanteenestune preuve manifesté. dit sé -. Moignot: (Antoine), âgé de*55 ans, soldat du train d'artillerie de la intl, fitune chute violente dercheval;de 1% mai 1899. La partie postérieure de la tête supporta presque seule l'effet du choc. Le sang sortit abondamment par le nez et l'oreille gauche, et cemilitaire, relevé sans connaissance, fut
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160 MALADIES (DE (LANTÊTE:
porté tout de suite à l'hôpital. Plusieurs ventouses scarifiées, que le chirurgien de garde. appliqua'aux régions temporale, occipitale, à la nuque et'entre les épaules, tirérent:momentanément le malade de l'état, comateux dans lequel il était. plongé; mais il y retomba bientôt, et passa ainsi le: reste de Ja nuit. PAT LD | | iHdemMCt - 0849410 . Le lendemain matin j oi deéltié avant tout, pratiquer une saignée à la veine ere quelques instans après une partie des sens se rétablit, quoique d’une manière imparfaite." La parole était difficile; les idées du malade étaientvaguesét'incohérentes : rarement obtenait-on une/réponisé!satisfaisante. J'examinai alors la tête avec attention; et comme à sa partie latérale gauche il ‘existait une rougeur fortement ecchymosée, je” fis sur elle une incision profonde, et jy plaçai ensuite une ventouse. Auçune maique sensible " fracture
ne se. fit observer. dev lo se. -dhrsttneroflsse:
Le 3 mai, le malade était encore trés: ‘assOUpi; lorsqu' on le réveillait et qu'on le + pressait de ques-
üous, il répondait avec <ifhaniés et pour ainsi
dire en. dormant. Une saignée à l'artère temporale amena encore un-soulagement marqué; mais dans la;soirée, ces effets .se perdintss y eut:de: plus un léger délire fébrile. On prescrivit des boissons délayantes et mucilagineuses, des’ bains de jambes sinapisés, et lon fit ide de Ja glace sur la tête. . il » 04
Le lendemain, le mieux « était PRE D: il
MALADIES DE LACUTÉÈTE 1x parütalors de la difficulté dans les mouveriiens des bras. ( Nouvelles ventouses: starifiées à:la-partie supériéure du'dos; application: d’unvésicatoire :à | la:partié postérieure et inférieure de latète. }:Ges moyens: et: un ‘exutoire ; [de je fis établir -avec la: guier à la base du crâne; entre l'apophÿse mastoide gauche et la bosse occipitale inférieure; dissipèrent insensiblement: les accidenst Le:rnalade, moins assoupi, devint plus gai; ses mouvemensmusculaires furent plus faciles : enfinil sortit POTTER le 12 juin suivant. ‘*] TOUS
Des différences; plus particulières ‘encore: que celles: dont nous-venons de parler, peuvent être soumises à notre observation, dans lès: symptômes cérébraux ; : à la suite ‘des lésions mécaniques ‘où môrbides qui péuvent survenir à certaines A iv | dela masse éncéphälique.: 5% +77 041% 0100 LLorsqu’elles sont fixées, d’une manière! primi: tive bu secondaire , aû cervelet, ces altérations pa: raissènt porter atteinte aux organes ‘et aux fonctionside la génération® ( Nous revient sur ce pointdé doctrine dans un mémoire Ah les plaies etautres affections du cérvelét. )" si La lésion ou la éommotion de certaines parties durcérvéat, qu'on ne peut indiquer d’une ranièré trés-précise ; mais qui Hous ont paru seulémefit, d'après dos remarques Pcôrréspondre plus particu culièrement à quelques-uns des points latéraux et uni ‘peurantérieurs des lobes de ‘cet orgañe; “est suivie, datis un assez grand nombre dé'cas; dé la