‹ Clinique chirurgicale (volume 3)Chapitre 27 sur 46 · PUR · texte numérisé non relu

PUR

traitée par: ce qu'on appelle les antiphlogis- | tiques, ou les moyens propres à a combattre Ja L Phlagose qui fait la base de toutes les maladies, d après l opinion de quelques auteurs et de leurs - partisans. Dans l'esprit des inventeurs de ce mot, les antiphlogistiques se composent des

à ‘eh

à DE LA SYPHILIS. 167

és: des émolliens soc eue à l'extérieur, des sédatifs ou des rafraichissans pris ‘intériéurement, et. d’ une diete: plus ou. moins austere : encore, selon les auteurs de cette méthode, le plus efficace et le plus puissant de ces moyens est ce qu'ils appellent la saignée capillaire, produite à l’aide des sangsues. Il est bon de prévenir les jeunes praticiens que cette derniere dénomination n'est pas très exacte, car les sangsues s'arrêtent difficilement an réseau veieux superficiel des capillaires de Ja peau, comme on le pense; elles plongent profondément leurs dents très aiguës à travers les mailles de ce réseau, pour aller piquer es rameaux artériels et quelquefois même, surtout chez les enfans, les branches de ce système vasculaire, lesquelles rampent dessous où dans l'épaisseur du derme; ce qui équivaut à l’artériotomie. On a vu en effet des enfans ou de jeunes personnes périr très promptement de l'hémorrhagie du sang rouge qui résulte quelquefois de l’applica= tion des sangsues aux régions temporales, et 141 médecin être obligé d'introduire dans les piqüres un stylet de fer rougi jusqu'a l'incandescence, Nous en avons plusieurs exemples, et, dans que Fi ques cas, nous avons été à même de pratiquer cette cautérisation. Au reste, quels que soient le mode de l'émission sanguine conseillée et la

nature du sang qui la produit, est-elle nécese saire à l’occasion des symptômes de la syphilis? Si l'on a porté un peu d'attention à ce que-nous avons dit du mode d'action du virus qui cause cette maladie, on ne trouvera jamais dans ses symptômes le caractère d’une phlegmasie pure et franche :les douleurs, l'engorgement et Ja rougeur des parties n’ont aucune identité avec les phénomènes que nous présente l'inflammation déterminée par une plaie déchirée où contuse, abandonnée aux seules ressources de la mature.

On doit se rappeler que nous avons dit que le

virus syphihtique , après avoir déterminé un tra-

vail d’irritation sur-les ramuscules nerveux et

les vaisseaux des parties où:1l a été déposé, alté-

… rait en même temps les fluides, en sorte que

l'intensité de la couleur du sangétait augmentée et prenait celle de la cerise, et que. les tissus s'engorgeaient en augmentant-d'épaisseur; mais il parait en même temps que les propriétés vitales de ces üssus sont émoussées : aussiles douleurs n’ont-elles pas ce caractère aigu, piquant, qu'on remarque dans les inflammations traumatiques > par exemple, et exemptes de cette cause morbifique particulière. Les douleurs ne deviennent intenses et vives que lorsque le virus développe ses effets dans les-os où dans lesmembranes fibreuses quiles recouvrent. Dans lun et l'autre

rs DE LA SYPHILIS. 169 cas, les saignées sontinutiles et très souvent nuisi: bles, lorsqu'elles sont faites avec les sangsues, parce qu’elles enlèvent le sang rouge sans touéher aux vaisseaux veineux (voyez l'article Vex- TousEs dans notre Clinique chirurgicale), en sorte que les sujets sont très promptement affaiblis et que la névrose augmente. Dans le cas le plus apparent, tel que l'érysipèle ou la rougeur qui accompagneleschancres primitifs ou consécutifs, ou les bubons dans leur développement, les sangsues, loin de ‘dissiper cette phlogose, la font étendre profondément et dégénérer souvent en affection gangreneuse. La plaie chancreuse prend un mauvais. aspect et présente immédiatement tous les signes précurseurs de la pourriture d’hôpital(r), qui se développe plus où moins rapidement, selon l’état du sujet et celui de l’atmosphère. Lorsqu'on les applique. sur un bubon commençant, recouvert delamême rougeur, l'on faitrétropulser ie foyer purulent déjà formé dans

‘le point central dela fluxion ou de l'abcès. Le fluide ichoreux se dissémine dans le tissu cellulaire profond et s’infiltre vers la cavité du bassin, où sè forment. des collections purulentes

considérables, qui mettent Ja vie du malade en

* (1) Voyez, sur celte maladie, ma Chnique chirurgicale ,

article GÉNÉRALITÉS DES PLAIES, * ;

danger; maïs comme la tumeur extérieure s'est ré-

duite de volume sous l’action des sangsues, onen

continue toujours l’usage jusqu’à son entière disparition. On proclame alors la guérison, tandis que le foy er intérieur augmente et ne se mani feste que lorsqu’ il est parvenu à son troisième degré; mais on suppose: que c'est uné maladie étrangère, bien qu'elle appartienne à à la métastase opérée par les sangsues. Nous avons eu l’occasion de voir un assez grand nombre d’exemples de ces faits her des militaires ainsi traités

par la méthode antiphlogistique, entr’autres

trois officiers de l’ex-Garde, lesquels, après avoir

AS

subi cé traitement ie des médecin:

ce. système, vinrent à l'hôpital du ( Gros-Caillou He y recevoir les secours 7 réclamaient peurs |

# et dans le Nu Nous s fimes an ds se

partisans de

pour sauver la vie aux deux pren ie

troisième mourut quelques n mois après l’ouver-

ture de son abcès. Chez les deux premiers, l'ouverture des dépôts donna issue à environ un

demi- litre de matière purulente ; chez le troi-

sième, on trouva, à la nécroscopie de. #4 cadavre, un CA de carie dans la face interne de

é dr a jé 4

wt nu svPHrIS. 171

# sangsues sur les bise HMS à d une affection

gangreneuse qui désorganise les parties; et c’est assurément l’une des complications les plus ficheuses. PR él

Que faut-il donc faire dans les deux cas que nous venons de-noter? Dans le premier, celui des chancres, lorsque la plaie est un peu ancienne et qu’on a lieu‘de : ipposer qu'il y a déjà eu absorption, on a plusieurs indications à rem: plir. La première est de diminuer les effets de ce chancre , et la seconde d'atténuer ou de détruire, autant que possible, le virus qui a pénétré dans le système général. Une troisième

sera relative à l’état de l’estomac du sujet. Dans

signes précéder ce vomitif d’une saignée Rap née à cet état de pléthore. |

la supposition qu'il soit affaibli et qu’iloffre des signes de saburre, il faut commencer par adwinistrer un léger vomitif composé d'une ip .

fusion aqueuse ; se filtrée, d’ ipécacuanha , et dt une

propos, rétablit l’action de l'estomac, donne une secousse salutaire à toute la machine, et favorise par conséquent beaucoup l'effet des ra iqués S'il existait néanmoins des

e pléthore sanguine générale, on ferait

Ces indications remplies, bien qu 'elles soient étrangères à l'affection principale, on panse la

fraction d'émétique. Ce vomitif, Ndiinisti à

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plaie avec une pommade composée de parties égales d'huile d'amandes douces et decire vierge, à laquelle on ajoute un huitième d’onguent napolitain double très pur, mêlé par trituration; on l’étend sur un linge fenêtré qu'on ‘couvre M, peu de charpie fine et qu'on maintient

à l’aide d’un appareil approprié. On met en même temps le malade à l'usage de la liqueur de..cette formule (1) à prendre dans du lait, de matin à jeun, et on lui fait faire, à la plante des

pieds, tous les cinq ou six jours, des frictions®

avec l’onguent napolitain double, depuis un

demi-gros (pour chaque friction aux deux pieds)

(1) Deuto-chlorure de mercure . . FPRT À 4 2, 4 “1 " > w Hydrochlorate d ammoniaque: +. ?} %à Y v.

Opium gommeux. . . | ALAN | Faites dissoudre l’opium dans suffisante | quantité d’eau.

| dihllée ajoutez ensuite à cette première dissolution we,

deux autres substances, qu'on dissout ensemble avec suffi sante quantité de liqueur minérale d' Hoffmann . et étendez la totalité de cette dissolution dans eau distillée 1b : j ‘ A’prendre depuis une cuillerée à café jusqu’à une cuillerée à bouche dans un véhicüle doux, telque le lait. A l’occasion. de cette liqueur, nous ferons observer que le deuto-chlorure d’or et le cyanure de mercure, employés en frictions ou.pr is intér ieurement, nous ont constamment présenté des inconvéniens. Îls nous ont paru surtout porter atteinte à l’inté grité du système Vasculair e artériel, : sans doute à raison de l’action torrosivequ’ils exercent sur ces vaisseaux.

DE LA SYPHILIS. T8 jusqu'à un gros ou un gros et demi au maximum. Elles doivent être pratiquées avec douceur sur le trajet des embouchures des vaisséaux lymphatiques, en dessous et au dessus de la malléole interne. Lorsque l'absorption en est faite, on chausse les jambes dans des bas de fil consacrés à cet usage. Le lendemain, on fait laver les jambes dans de l’eau desavon treschaude. Pour que cette friction ne soit pas accompagnée d'irritation locale, il est utile de faire remarquer

qu'il faut que largent-vif soit éteint et trituré,

pendant dix et quinze jours, sans désemparer, dans de l'axonge pure, sans mélange d'aucune autre substance étrangère, telle que l'essence de térébenthine dont on se sert souvent pour accélérer la trituration. Il faut prescrire un régime.adoucissant et lacté au malade, lui faire

faire un exercice modéré au grand air, le faire

vêtir chaudement, le’ priver de café et de toute À espèce de liqueur alcoolique, et lui conseiller une continence absolue.

À peine le malade est-il arrivé au quinzième jour, que ses plaies sont détergées et sont devenues vermeilles. Dès ce moment, on peut les panser avec le même cérat sans mercure ou la charpie And! et la cicatrice commence à se manifester dès le dix-neuvième ou vingtième jour, pour se continuer ensuite sans interruption

D TURURS if «& Eu x DE LA SYPHILIS.

jusqu’à la terminaison, On réprime les bourgeons charnus, et l’on favorise la cicatrisation au moyen du calomel dont on saupoudre toute la plaie. On continue l'usage journalier de-la liqueur et celui des frictions à de grandes-distances. Une, deux ou trois onces au plus d’onguent napolitain double suffisent pour guérir le malade. Tous ceux qui sont traités d’après cette méthode, étant atteints des mêmes symptômes, sont et doivent être guéris avant le trentecinquième ou quarantième Jour.

Si les chancres sont établis sur la couronne du gland ou à la base interne du prépuce, et que cette coiffe tégumenteuse soit prolongée de manière à ne pouvoir découvrir ce premier corps où que très difficilement, il faut se hâter de fendre le prépuce ou de pratiquer l'opération du phymosis, c'est même par cette opération que doit commencer le traitement; car autre:

.… ment les ulcères s'étendent et gagnent la région

déclive du frein de ce prépuce, la paroi externe

du canal de l’urètre, qui se perfore trés vite, et

il se produit un hypospadias incurable. La meilleure méthode pour pratiquer cette petite opération consiste à conduire un bistouri légèrement concave, à lame étroite et d’une pointe très acérée, à l’aide d’une sonde cannelée d’ébène, entre le prépuce et le gland, jusqu'au fond du

r Na de cettemembrane; puis à dégager.a Re et à renverser le bistouri, après avoir bien choisi la partie mitoyenne et antérieure du. prépuce,

qu'on retient un peu distendu de la main gauche en haut et en arrière, afin de couper d'un seul coup cet opercule, de dedans en dehors, en faisant sortir, la première, la pointe de l’instru-

- ment à travers les tégu mens. La section du reste

le cette portion cutanée s'achève alors d’ellemême, et l'opération est terminée, à moins que la membrane interne n'ait échappé, par une rétractilité trop prompte, au tranchant du bistouri : dans ce cas, on en achève la section. Le pansement de cette plaie est simple et se renouvelle à volonté. Celui des chancres qui se trouve mis à découvert s'exécute ensuite de la manière que nous l’avons indiqué plus haut, et on les conduit ainsi très vite à la guérison. On peut les laver périodiquement avec une très lé-

gère solution de deuto-chlorure de mercure (r);

il ne faut jamais sé servir, pour PES bourgeons charnus, du nitrate d’argent ou des eaux astringentes , telles que l’eau de Satur HE ou les eaux alumineuses, parce que ces subs-

(1) Un demi-grain par once d’eau distillée; on peut y ajouter une égale quantité d’opium gommeux dissous dans la même eau.

£ or.

di.

176 DU homicawsremms . # tances péuvent répercuter le virus et le: faire porter dans les parties profondes de We mie. Nous n’approuvons pas. davantag f: (a bains locaux, ou les immersions du pénis dans des liqueurs émollientes, dont on fait ordinairement un usage abusif. Ces bains locaux déterminent l’œdématie du prépuce et prédisposent les chancres à se compliquer de la pourriture d'hôpital. Dans le cas où elle aurait lieu, on la traiterait d’après les préceptes que nous avons établis à l'article Généralités des plaies du même ouvrage.

Les poireaux ou autres excroissances de cette nature qui se développent aux mêmes parties doivent être pansés avec la même pommade, ou cérat mercuriel, et l'on soumettra le malade au traitement que nous avons tracé ,ayant toujours le soin de laisser un grand intervalle entre les frictions pratiquées à la plante des pieds. On ne doit point s’écarter de ces régions, parce qu'on a moins à craindre l’irritation des glandes sali- vaires , et que le iercure passe partout le SYSième lymphatique sans en excepter la plus pe- Ute portion. En laissant de grandes distances dans les frictions, le mercure chémine ientement dans ce système, pénètre dans tous les tissus, neutralise le principe morbide, avec lequel il se combine facilement, comme avec tous

Le

$ Dia vsrenuuse, | les acides ; et'en détruit les effets. De cette ma nière , il n’y a et ne peut y avoir jamais de salivation , accident qui; quoi qu'en disent certains auteurs, est toujours d'autant plus fächeux, qu'en outre des effets pernicieux que le ptyalisme peut avoir, il à le grave inconvénient de laisser échapper le mercure, à l’action duquel le virus se trouve des lors soustrait, lorsque surtout la salivation se déclare de bonne heure ; et la maladie ou ses symptômes se développent ensuite avec autant d'intensité que jamais. Il est donc bien essentiel de prévenir cet accident, et notre méthode à ce grand avantage : aussi, depuis que nous l'avons mise en usage et que nous l'avons fait mettre en pratique par ños élèves, nous n'avons jamais eu cet accident chez le très grand nombre de sujets que nous avons traités soit en ville , soit dans les hôpitaux. L'un de nos anciens aides-majors, d’un mérite distingué et d'un zèle peu commun, M. le docteur Gimelle, membre de PAcadémie royale de médecine, suit maintenant cette méthode à l'hôpital militaire du Gros- Caillou avec un succès aussi parfait que constant.

Lorsque les excroissances dont nous venons de parler sont flétries et ont perdu leur couleur, on peut les attaquer avec de légers caustiques ; le plus innocent et le plus commode est la poudre de sabine, avec laquelle on recouvre ces ex-

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