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POUR CE QUI CONCERNE LES BLESSÉS

Les divers modes de pansemens que j'ai vu faire dans plusieurs hospices et ambulances de Paris, aux blessés des combats des 5 et 6 juin 1852, mont déterminé à joindre à cette collection de Mémoires la relation chirurgicale des journées de juillet 1830, que je communiquaïi à la fin de la même année à l’Institut. Comme cette relation confirme tous les préceptes ‘répandus dans ma Clinique, elle en fera en quelque sorte le complément; nous y ajouterons seulement quelques observations.

J'ai été témoin des grands événemens de la révolution de 1789; j'ai suivi dans les différentes parties du monde les armées victorieuses qu’elle produisit, et assisté à presque tous les glorieux faits d'armes. qui: ont immortalisé :les soldats français: mais je. dois déclarer que; dans

aucune des circonstances mémorables où je me suis trouvé pendant trente années de guerre, je n'ai vu déployer autant de valeur et d’intelligence qu’en ont fait éclater les habitans de Paris dans les journées des 27, 28 et 29 juillet dernier. Je ne pourrai me permettre qu'un rapprochement, en rappelant ici l'insurrection de la capitale de l'Égypte contre notre armée; tant il est vrai que l’amour de la patrie et d’une noble indépendance est le plus puissant mobile du courage et la source de toutes les vertus guerrieres, même chez les hommes entierement étrangers au métier des armes. Cet enthousiasme sacré, en inspirant le mépris de la mort, semble éclairer l'intelligence d’une lumière soudaine, et lui fournir, avec une inconcevable promptitude, toutes les ressources dont elle a besoin. Ainsi au Caire, comme à Paris, nous avons vu, au signal de linsurrection, les habitans de toutes les classes et de tous les âges s’armer de toutes pièces, fermer par des barricades inaccessibles les entrées de leurs cités, et au moyen: de manœuvres aussi habiles que rapides, assaillir dans tous les points l'ennemi commun, l’attirer vers le danger, et le combattre avec l'énergie et l’intrépidité des troupes aguerries; tandis que les plus jeunes oules plus faibles, ne pouvant participer à ces actions , se

consacräient à la confection des projectiles de toute: espèce et de Ja poudre à canon. Mais ce qu'on aura peine à croire (pour la ville du Caire), c'est que ces habitans, si éloignés de notre civilisalion, étaient parvenus, en très peu de jours, à fondre des obusiers pour pouvoir lancer des-corps de diverses matières, de formes et de grosseurs différentes (1).

Dans ces deux circonstances extraordinaires,

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