‹ Clinique chirurgicale (volume 3)Chapitre 34 sur 46 · s la nature insolite des corps vulnérans a produit · texte numérisé non relu

s la nature insolite des corps vulnérans a produit

surtout à Paris, des blessures dont la plupart ont offert des phénomènes qui ne s'étaient pas présentésa notre observation dans aucune des nombreuses campagnes que nous avons faites , celle d'Égypte exceptée); mais, ce qu’il nous importe de faire remarquer, chez le grand nombre de soldats blessés que nous:avons reçus à notre hôpital pendantet après ces combats mémorables, nousavons pu, à notre agréable surprisesrvérifier l'exactitude des assertions émises dans la; Clini-

1) TONI TCE 99 :

(x) Voyez la Relation du, général en chef Kléber sur l'expédition d'Égypte. |

Les habitans de la ville de Sarragosse, en Espagne, assiégée en 1808 par le corps da maréchal Lannes, duc de Montébello, montrèrent dans leur défense mémorable, comme les habitans du Caire, une industrie et une intrépidité

extraordinaires. | | | | +)

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que chirurgicale, que nous avons eu l'honneur d'offrir à l’Académie, et constater en mêmré temps l'utilité des préceptes que nous avons établis pour le traitement des plaies d'armes à feu, ainsi que pour la pratique des opérations qu'elles peuvent nécessiter.

Voici ce que nous avons remarqué en général :

1°. Les projectiles ont produit, dans les par-

ties lésées, des effets différens ‘selon leur nature, leur pesanteur spécifique et leur élasticité. Ainsi, le passage d’une petite boule de marbre (bille des enfans) dans l'épaisseur d’un membre y a déterminé un ébranlement proportionné à sa masse et: à la résistance des parties dilacérées, d'où sont résuités des ruptures profondes, des épanchemens ou infiltrations des fluides dans lé tissu lamelleux, une ecchymose extérieure plus ou moins étendue, le gonflement de l'extrémité, la stupéur, des abcès consécutifs ‘et Ia: ‘gatigrène traumatique ; tandis que les balles de plomb ou de fer et les lingots de ce premier métal, ayant coupé et détruit plus nettement les parties qui leur ont livré passage, ont occasioné un ébranlement moins violent et moins étendu. 1 sensé

24 La. chute des pavés ou des cailloux sur les diverses parties, du corps des individus qui .les ont reçus a produit les mêmes phénomèé-

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DES COMBATS DE JUILLET. 255 nes que l'action du boulet de canon lorsqu'il est à la fin de sa course. |

30: Enfin , comme presque tous fi coups de feu: ont été during à à bout portant ou touchant

sur les soldats, leurs effets ont été bien plus

graves, toutes choses égales d’ailleurs, que ceux

que nous avions généralement observés aux ar-. . mées, où les blessures de ce genre sont reçues à

des distances plus ou moins considérables, les combattans ne se prenant ordinairement là corps à corps qu'avec l’arme blanche.

Aussi ;:pour dissiper ces complications graves

et prévenir leur terminaison funeste, a-t-il fallu détourner les effets de ces ébranlemens violens, portés sur les organes de la vie intérieure, par les saignées révulsives (ventouses scarifiées), les sédatifs et le régime ‘antiphlogistique; moyens que nous avons employés avec un succès inespéré après avoir toutefois , ‘et contre l'opinion de plusieurs auteurs anglais et français, débridé largement et profondément l'entrée et la’sortie des ‘projectiles. Des linges fenêtrés, que nous avions imaginés au commencement de la guerre en 1702, quelques plumasseaux de charpie, des compresses trempées dans une liqueur légèrement répercussive et un appareil contentif un peu serré, qu’on ne lève que le plus tard possible, ont rempli la deuxieme indication (voyez

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d’ailleurs. les généralités des ‘plaies, dans le tome I”. de cette Clinique chirurgicale). Ce mode de pansement a calmé presque immédiatement les douleurs, dissipé le spasme nerveux, et prévenu l'inflammation et l’éréthisme des parties.

Nous avons vérifié aussi l'exactitude de la solution que nous avons faite à la question importante qu’on croyait encore indécise:, sur l’époque où: lamputation d’un membre doit être pratiquée; car toustles blessés que nous avons pu amputer dans les ‘premières vingt-quatre heures sont guéris ouitrès avancés dans leur guérison, et sans que la cicatrisation des plaies ait été interrompue par aucun accident grave. De ce nombre sont cinq jeunes gardes amputés au bras ou à la cuisse par quelques uns de mes élèves-et mon fils Hippolyte Larrey. Chez-ces amputés on a pu mettre en usage/la réunion 1m: médiate, telle que je la conseille: dans-mes Mémoires ; Cinq ou Six: pansemens ont'été faits seulement pendant de travail de la détersion des plaies de leurs moignons.s 106

Les amputations consécutives, au contraire, ont été généralement: suivies d’orages. violens que mous:avons eu néanmoins le bonheurude conjurer: chez prèsque tous les amputés. Chez. les’ uns, ces orages tenaient à des accidens lo-

> ‘4 ETES TT. ut cn saut . ÿ i ' caux, téls que lé spasme |tétanique, les hémor-

ihagies passives, l'érysipèle, la gangrène”tratimx etlà pourriture d’hôpital;chez les au:

tres , à l'ébranlementiet'à Pirritationsympathi: que des organes intérieurs. Dansle premier cas, 7” l’appheation de ia glace sûr‘ le moignon; moyen inusité; quija ‘pour principal effet de ‘prévénir leshémorrhagies consécutives, les boissotis mu: ; cilagineuses et des. juleps ‘anodins ‘éamphrés, dissipaient les accidens vurles faisaient avôrter: L'érysipèle‘traumatiqueétaitentevé comme avec la-amain pamlapplication du fer: incandescent mi sur t+oûs.sles :paint$s érÿysipélateux.' Le même moyen, secondé de légers vormitifs, a arrété avec Himémexapidité lipourriture hôpital qui.s’étditrdévelé ppée re les: sh de: Lena vie M nos: amputés, :: dnotqrel si

Nous: avons vérifié: initie l'utilité du: pré: eépter que mousavons établi depuis longtemps; d’amputer le membre:dans lé: cas dé gangreiie traumatique;rsahs atténdreque cette mortificatidh soit bornée. Pour les äâmputations conséeutives, nous nous sommes contenté de rapprocher les bords de Ja plaie du moignon, sans ,exer— cer aucune H traction pénible, Le qui. n'a pas, peu dy ' contribué, selon, nous, au salut de.ces Opérés.) re Enfin, nous ayons encore eu l'occasion‘de réconnaitre les avaritages de notremotie particulier ”

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de pansement dans, les plaies de tête avec fracture aux os-du crâne; dans celles pénétrantes. de la poitrine ; dans celles de la véssie etides organes générateurs. Nous rapporierons le précis des observations les plus remarquables, pour démontrer la vérité de toutes ces assertions.

Au total, sur:un nombre de cinqioents bles:

sés environ (1), depuis:le.jour..de-deur::entréé jusqu’au 21 du mois d'août, nons n'avons perdu que:cinq: sujets. Le premier était unisoldat dela garde à pied, qui avait reçuune balle-démarbré dans -le ventre, où elle s’était-perdue, après avoir lésé l’épiploon et Vintestin;grêle. Nos seeours furent inutilesy : 51345 bosse , noyour: Le: deuxième était :un'autre ‘jeune soldatride la Garde, frappé d’un: eoup'de eut: àtPéparile droite. La balle de plomb, dirigée. d’arriève: ei avant et un pen de bas en haut, avait traversé l'os scapulum, et après avoir désé:les branches du plexus brachial, s'était fait jour au devant:du creux: de l'aisselle:; ce: soldat n’étant entré que le troisième jour: dak accident ,:on ne put dé:

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"Gi 1) M. Larreÿ observe que, dans É nombre dés cinq cents indiqué dans le rapport, les bureaux dé l'administration : Y ont compris tous'les blessés Jégers qui n’ont fait que passer à l’hôpital pour y être pansés, et ceux qui:y ont été traîtés jusqu’à la terminaison de leurs blessures.

DES COMBAÏS, DE. JUILLET. 299 brider.les plaies, et il fut, pansé simplement avec les émolliens. Arrivé au sixième. jour sans accident notable, il fut saisi tout à coup de lopisthotonos, et mourut dans l’espace de vingt heures, malgré tous les moyens qui furent mis en -usage. Ce blessé à fait vérifier mon.opinion sur Ja véritable cause de chaque genre de tétanos; qui a présenté. chez ce sujet les mêmes phénomènés qu'en Egypte.

Le:troisième, autre soldat d'infanterie, avait été atteint d'un conp de balle de plomb présqu'à boutstouchant, laquelle, après avoir désorganisé en petits fragmens Le col de l'humérus, s'était, introduite. dans la poitrine, où elle avait traversé. le lobe, supérieur du: poumon droit, léséle feuilletexterne du péricarde vers la pointe ducœur, et s'était, fait jonr.à gauche, entre la cinquième et la sixième côte. [’amputation du bras à l’article: fut pratiquées les plaies de la poitrine, furent; débridées et réunies; tous les moyens indiqués: pour dissiper: l’épanchement primitifs.et ‘prévenir. linflammation,: mis en usage. Les accidens avaient été dissipés, etnous avions conçu les plus grandes espérances de gu érison, lorsqu'au dix-neuvième jour ce blessé futisaisi tout à coup d'une, suffocation mortelle par une hémorrhagie intérieure, qui eut, heu pendant un effort qu'il fit. pour'aller à la selle.

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l’autopsie cadavérique nous fit connaître cette

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nouvelle causede mort. ” +

Le quatrième, jeune citoyen de Paris, avait été atteint d’un coup de feu au pied gauche ; au retour des gardes nationales de Rambouillet à la capitale. Ce jeune homme s'était enivré avec de la mauvaise éau-de-vie de cabaret , laquelle avañt fait développer chez lui une gastro“entérite si intense, qu’elle a détruit le succes de lamputation de la jambe gauche, qu’on avait pratiquée immédiatement, et'avec un tel succes inomentané, qu'on avait lieu d'espérer ‘une! ré 48 guérison! |

Le cinquième, homme dû peuple ; était entré à l'hôpital, atteint d'une plaie d’irme blanche’ à la tête, avec division be du cerveauet hémorrhagie intérieure, il n’a survécu Re quelques heures:(1). 2 88 tsvotaieperis

En outre du nombre de sept morts indiqués, six autres wyont point été compris parce que nous n'en avions/pasieu connaissance; ayant été apportés morts ouraÿant succombé peuide mu:

mens | après: leur entrée à l'hôpital Depuis la

(1) Un autre AHTEL ages à ceux v'eités Adi oBHÈE re lation et de la classe dés citoyens, blessé d’un edufÿ de’ballé à l’ainé droite, ést mort d'uné péritonitetr En PE sept

morts sur Le nombre total. ! him traite cost 4

communication du rapport jusqu’ au 15 septembre, quatre des blessés compris dans le nombre ont également succombé, dont trois amputés, qui sont morts par suite de maladies étrangères à leurs blessures,

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