‹ Clinique chirurgicale (volume 3)Chapitre 35 sur 46 · PLAIES DE TÊTE · texte numérisé non relu

PLAIES DE TÊTE

Première observation.

Perrier, artilleur, est renversé , au moment où il mettait le feu à la pièce, par un coup de feu qu’il reçoit de très près derrière l'oreille droite. Les projectiles étaient sans doute deux chevrotines de plomb qui pénétrerent réunies de’ l’apophyse mastoïde dans la fosse temporale, sous la racine de l'oreille, et sortirent séparément l'une à travers l’anthélix, ét l’autre plus avant, vers l’arcade zygomatique. Dans ce trajet, Fapophyse mastoïde s’est trouvée échancrée.dans la moitié de son épaisseur, et la portion écailleuse de l’os temporal correspondant fracturée .en éclats enfoncés dans le crâne. Les symptômes de la commotion et de la compression étaient manifestes, et tout annonçait un danger immi-

nent. Nous nous sommes empressé de débrider

l'entrée et la sortie de ces projectiles ; nous avons déplacé les esquilles enfoncées vers le cerveau et nous en avons fait l'extraction. L'une, de la

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grandéur d’un centime, présenté dés sillons creusés par les branches ‘de l'artère méniniuée; ue assez grande quantité de sang s’est évacuée par ce trépan accidentel. Un pansement simple a été fait, et de la glace posée sur la tête. Enfin des saignées révulsives à la nuque, entre les épaules et à l’épigastre, jointes au régime antiphlogistique , orit dissipé tous les accidens. Le blessé était en voie de guérison; arrivé au ‘trentième jour, allant pendant la nuit au cabinet d’aisance où il fit une chuté, il fut frappé d’une apoplexie foudroyante à laquelle il ne survécüt qué peu d'heures. A Pautopsie cadavérique, faite le lendemain en présence de M. Ribes, on à trouvé les parois membraneuses du sinus latéral droit rompues, et un épanchement de sang considérable qui s'était fait sous le cervelet et dans le canal rachidien. Il est évident que cet accident a été le résultat de là chute du blessé, dont les plaies étaient entièrement cicatrisées.

Deuxième observation.

vd :

Le nommé Thézillat, maréchal-des-logis du régiment des chasseurs, ex-Garde; fut frappé à la tête , dans la journée du 28 juillet, d’un pavé du poids d'environ cinquante livres. Bien que le schakot du militaire eût un peu amorti l'effet

DES COMBATS DE JUILLET. 263 de la chute perpendiculaire dé: ce pavé, les tégumens dé la:partie supérieure et postérieure du’ crâne furent'fortément contus, et le péri crèäne fut déchiré dans quelques poiñts. Uné commotion profonde eut lieu, et le blessé, qui était tombé sur le coup ; passa les premiers jours dans un état de léthargie ou de mort apparente. Dans la-nuit du cinquièmé au sixième jour, il fut éveillé tout à coup par une hémorrhagie violente qui se fit au centre de lecchymose. Le chirurgien de gärde exerça une compression méthodique} qui n'empécha point le retour de l’hémorrhagie, et il se déclara alors un érysipele traumatique, qui avait envahi en quelques heures toute la région postérieure du cou et les épaules. Une incisiou cruciale, pratiquée au centre de la contusioh, mit à découvert une assez grande étendue de crâne, qui n’était point fracturé; lhé: morrhagie étant fournie par les artères profondés: du péricräne; il fallut passer dans la plaie un cautère actuel, et:nous promenâmes le fer incandescent sur toute la surface érysipélateuse. Les accidèns'se calmèrent etise dissipérent ensuite graduellement. Ce blessé est en voie de guérison. Ce malade est sorti en bonne santé de hôpital dans les premiers jours de septembre.

Nous joindrons ici le précis d’une observation que j'ai retrouvée dans mes cartons, et qu'il im-

264 Ha LU 0 RELATION: à 0 porte. de faire connaître. Elle a été recueillie par: l'un-des; sous-aides-majors de-la ,grande-armée en,Saxe!, M. Bormida, qui raconte le fait tel qu'il s’est passé. | A la. bataille de Dresde 527: Août 813.

M.Dubigné (Jean-Baptiste), âgé Gé vingt-huit ans; lieutenant au 58%, régiment d'infanterie de ligne, reçut. un-coupde feuà l'angle: postérieur. et iufériettrs du-pariétal droit, près: de: sa,eonnexion avec la portion écailleuse de los: temporal, Le projectile;; après avoir fracturé!ousper: foré cette :portion du, pariétal, pénétra dans:lé: crâne, et,en suivant la ligne courbe.de:savotûté fut.s’'incruster dans l'épaisseur du mêmeios!;ià sa réunion à là portion mastoïde de: l'os temporal, en fracturant le point correspondant de latable: externe de cet os,dans/laisuture occipitaletellemême immédiatement au dessus de latente: du ceraiiel Dediièe ant mecs ai lanidsragden ‘A linstant, du coup; sé HJ cab dt sur. le, terrain ; et perdit connaissance. Il:y eut un:écou: lement. considérable de sang par-le nez:et:les oteilles; cependant il fut transporté: dé suite à Fhôpital des officiers blessés:-à; Dresde, dirigé: par M:Larrey lui-même. ù 0°) .todlès … Unes fièvre intense traumatique se manifesta atole: blessé, avait, la tétestoujours penchée ‘du coté de: la-blessure. I éprouva des mouvemens

DES| COMBATS DE :TUILLET. 265 convulsifs aüx jambes, ét surtout à la droite; il y'eutaussi des vomisséemens fréquens. Cependant le chirurgien de-garde, avait débridé la plaie, et extrait plusieurs fragmens d'os du point où la balle était entrée, ce qui produisit-une ouverture semblable à celle du trépan. On ne fit point de recherches dans l'intime persuasion : que le projestile s'était perdu dans le cerveau. Le pansement avait:été fait à la méthode de Larrey, c'est à*dire qu'un: linge fenêtré enduit d’une couche d’onguent de styrax fut posé sur Ja plaie; de: la charpie, des compresses, maintenues avec le bandage de Galien:

Il y'eut des orages vialens, et le: blessé était dans un état de spasme nerveux et d'érection continuelle; ses jambes ‘étaient toujours contractées et fléchies, et il était couvert de sueur. On avait employé les saignées du bras et du pied, appliqué plusieurs séries de ventouses scarifiées à la nuque et éntre les épaules, et on avait mis le blessé à l'usage des rafraichissans.

Après le dixième jour de Paccident; il se.déclara tout à coup un érysipèle phlegmoneux à toute la région occipitale et mastoïdienne, lequel fut immédiatement suivi. de Ja formation d’uniabcës. dont la fluctuation fut sensible des le lendemain. M. Larrey, ayant été appelé, près de ce blessé, s'empressa. d'ouvrir cet abcës, au

266 RELATION fond duquel il découvrit une esquille en partie détachée de l’os pariétal, qu’il mit à découvert, et en fit l'extraction après quelques légers efforts, Il apercut immédiatement au dessous une portion anguleuse de la balle qu'il put saisir avec une forte pince et il l’enleva. Cette balle était aplatie et très inégale. Une assez grande quantité de:sang noir et purulent sortit par l'ouverture de ce trépan accidentel, et le petit doigt introduit avec ménagement dans le crâne faisait découvrir d'un côté le lobe postérieur dur cerveau, et de l’autre la tente du cervelet.

Des ce moment, nous dirigeâmes nous-même Je traitement du blessé, et il fut conduit à la guérison sans aucun accident notable.

Quelques années après, ayant eu l’occasion ‘de revoir cet officier, il nous dit qu'il marchait diffièilement, parce que ses jambes étaient trés faibles et'comme paralysées. à

La cicatrice de la plaie était large, déprimée, et l’on sentait encore à travers cette cicatrice les pulsatiôns des artères cérébrales.

| : Troisième observation.

M. Monney (Claudé), capitaine du 7°. régiment suissé, âgé dé cinquante-six ans, a eu la joue droite én tres grande partie détruite par un gros projecfile de fér, qui a séparé en deux portions égales, et

DES COMBATS DE JUILLET. 267 dans sa longueur, toute l'étendue de la branche de la mâchoire inférieure et coupé la ‘portion supérieure du muscle sterno-mastoïdien , plusieurs branches des paires cervicales et la veine jugulaire. Ce-blessé à été dans le plus grand danger; nous procédûmes immédiatemént au pansernent dé cette plaie énorme et hideuse; les bords en ont été rafraichis; tous les fragmens mobiles de là mâchoire ont été extraits, et nous avons pratiqué une trentaine de points de-su— ture. Cet officier à été conduit à une guérison complète et si heureuse, qu’il ne reste ‘presque point de difformité.

PLAIFS PÉNETRANTES DE LA POITRINE.

: Cinq soldats de l'infanterie de la Garde ont été atteints dé plaies pénétrantes à la poitrine ; ils sont tous en très bon état, et au 15 septembre la guérison de cés sujets était complète.

Quatrième observation.

Chez l’un d'eux (soldat suisse), la balle, après avoir percé la première pièce du sternum, s'est dirigée à droïîte à travers le médiastin antérieur, le lobe supérieur du poumon droit qui a été entamé, et S'est fait jour au devant du creux de l'aisselle du même côté, entre les troisième et

quatrième: côtes. Je débridai immédiatement les deux plaies, je fis l’extraction de plusieurs fragmens du sternum, et il en résulta une perte de snbstance comme celles produites:par le trépan. Les bords de ces deux blessures furent ensuite rapprochés et fixés en contact au-moyen d'un appareil approprié. Tous les signes d’un épanchement sanguin daus le médiastin et la cavité thoracique se manifesterent. On a favorisé l'absorption des liquides épanchés.par les saignées révulsives (les ventouses), et successivement par le moxa.

Cinquième observation.

Chez le deuxième, Clément. (François), âgé de vingt-six ans, caporal au 1%, régiment de la Garde, .infanterie. Une balle à pénétré dans la cavité droite de la poitrine au dessus du tendon du grand pectoral, entre la: troisième et la quatrième côte, et s’est perdue dans cette cavité, après avoir traversé sans doute le lobe supérieur du poumon du même côté; ce qui s’est caractérisé par le passage au dehors de l'air mêlé au sang, l’expectoration sanguine.-et tous les signes de l’épanchement. La plaie a été immédiatement débridée et réunie par première intention, des moyens antiphlogistiques ont, été mis en usage, et bien que.le corps étranger soit

DÈS COMBAŸS DE’ JUILLET. 269 toujours dans le thorax, le sujet est presque guéri. : 6 |

Sixième observation.

Chez le troisième, Salder:( Jean-Michel), sodat au 1°", régiment, âgé de‘trente-quatre ans, une ballé de plomb, reçue presqu’à bout tou chant, a traversé la poitrine d’un côté à l’autre. Après avoir percé la base du tendon du grand pectoral, elle à pénétrédans cette cavité entre Jes troisième et quätrième côtes du ‘côté droit, traversé le boumon , passé derrière le sternum, etest sortie entre les cartilages de la quatrième -t.de la; cinquième.côte du côté gauche, où elle avait probablement effleuré! le péricarde, Ce militaire: fut pansé par nous-mêime inimédiatemetit après son-.entrée à l'hôpital; des symptômesid'épaucheent se manifestèrent, :et il fut, comme les-blessés précédens, dans un dangèr immineit, péndant les-premières vingt-quatrerheures. Fes mêines moyens furent mis en usage, êt/nous de liguérison.case 9 she bic ii 510ÿ280

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. Septième observation.

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