‹ Clinique chirurgicale (volume 3)Chapitre 8 sur 46 · IV · texte numérisé non relu

IV

54 AU NATURE cette: névrose où cette érectilité nerveuse se conserve jusqu’à l'extinction totale du sujet.

La sécrétion de lurine et l’exhalation des fluides séreux ne se reproduisent que lorsque le cœur est débarrassé de ses caïllots «et que la circulation est rétablie : c'est pendant-les effets de la réaction que cette première liqueur, apres avoir repris son cours, peut produire la rétention que nous avons trouvée chez plusieurs invalides dans cette seconde période;:et pour less quels il a fallmmême employer le cathétérisme. Tous les médecins savent maintenant que cette réaction peut être sxivie de l’inflammation des divers organes, du typhus ou d’autres maladies particulières. Nous avons vu, à Fambulance de Saint-Denis, un jeune soldat ‘chez ‘lequel le choléra, caractérisé par la cyanose et son état algide, a été: suivi: d’une petite-vérole: discrète et trés prononcée ; qui:paräit avoir! favorablement terminé! lipremière: maladie: Chez un deuxième, nn'ictère complet s'est manifesté dans les premiers momens de la réaction. Chez l’un, dénos invalides, Fapparition: à la fesse d’une pustule charbonneuse, que nous avons opérée et cautérisée immédiatement , a terminé d’une manière complète le choléra, qui avait été tres intense chez. lui. |

Chez-un deuxième, une phlyctène: gangre-

DES SR rkcrbres MORBIFIQUES. 35 nèuse}, ävec engorgement phlécmoneux et vio= lacé à la main droite, accompägnaïit le choléra cyanique et algide, duquel il à été frappé dans lasoirée du 1 mai, où les vents du nord-nord-est régnaient. Chez ce sujet, les battemens du cœur étaient suspendus, bien que le poulsfüt encore sensible, il était dans un état de coma avec des prédispositions au délire.

Jé m'empressai dé poser le fer incanidescent daus la pustule"charbonneuse et sur tous les points térysipélateux de la rmäin, que j'enveloppa d’ün'appareil trempé dans du vinaigre cam. phré très chaud! et j'ouvris la veiné jugulaire. A ces premiers moyens ; noû$ fimes succéder le moxa que nousappliqumes à l'épigastre, sousle cœur ét aux deux côtés de la nuque. La vie et la chaléür se Sont'promptement rétablies : tous les organes ont'répris le jeu’ de leurs fonctions et nous vons eu éncôré le bonheur de sauver cet invalide” | HNoûs avons et: lé soin'de fuir isolér ces sujets ét de les faire ‘traiter avec! les précautions reduises pour pré venir d’autres accidens. Au reste, toutes ces éomplications ou affections consécutives présentent autant d'indications particuhères que l'homme de génie saura toujours remplir. Pour étayér toutes ces réflexions ét térmiuérces consilérations, nous allons rapporter le

Ne

36 Hire NATURE 4 précis. de deux observations intéressantes recueillies à l'Hôtel. ÿ: |

Le sujet de la première observation est l’enfant d’un: invalide sorti des grenadiérs de la Garde impériale, nommé Jules Cahiet,. âgé de douze.ans, l’un. des élèves-tambours. Cet en: fant ressentit, les «premieres atteintes du choléra-morbus le 13 avril, à sept heures du matin.

Une heure après, les symptômes avaient déjà acquis un très haut degré d'intensité. La face était violette, le pourtour des yeux bleu et creusé; la pupille fixe et dilatée; la langue bumide et froide; la voix sensiblement altérée. Les extrémités étaient froides, et. les battemens de l'artère radiale presqu’insensibles., Des nausées et des coliques avaient eu lieu; des crampes s'étaient manifestées dans les membres abdominaux. Après avoir couché le malade dans des couvertures chaudes, on appliqua des ventouses scarifiées sur l'épigastre et le bas-ventre, et l’on pratiqua des frictions avec un morceau de glace sur les extrémités, Une, infusion d’ipécacuanha que l’on fit, prendre au malade provoqua .des vomissemens abondans. De:la limonade glacée fut donnée ensuite pour. boisson. Sous | l'influence de cette médication!, le pouls'se relève, les crampes diminuent, la chaleur reparait, et il y,eut presqu'immédiatement une amélio-

DES PRINCIPES MORBIFIQUES. on ration trés prononcée, Dans la soirée, la mère vint chercher le petit malade qüï fut enlevé momentanément à nôs soins.

Rentré le 15, à neuf heures du matin, il présentait les mêmes symptômes que la surveille, mais à un degré plus intense encore. Il souffrait de plus beaucoup d’une envie d’uriner qu’il ne pouvait satisfaire, et une réaction violente nous parut avoir porté sés, effets vers le cerveau. On répéta' les ventouses scarifiées à la nuque et tout le long du rachis, et l'on‘plaça une dizaine de sangsues à l’épigastre. Deux moxas furent appliqués à la base du crâne, et des frictions avec lhuile de camomille ‘cam phrée furent faites sur le bas-ventre:: par le cathétérisme qu’on s’empressa de pratiquer, on obtint près d’un litre d'urine limpide. On prescrivit de l’eau de poulet uitrée, des émulsions et de l'eau de guimauve sucrée à la glace, des lavemens et un bain émollient, Il y eut bientôt une amélioration assez sensible; mais le lendemain, les symptômes cérébraux ayant augménté d'intensité, on pratiqua une saignée à la veine jugulaire et l’on fit appliquer un vésicatoire à la nuque. |

Déjà les symptômes da choléra avaient complétement disparu, et nous espérions que les phénomènes de lPencéphalite se seraient égale-

ment ainendés sous l'influence des moyens actifs que nous avions mis en usage, lorsqu'on apprit malheureusement au petit malade la mort de sa mère, frappée du choléra la première. puit qu’elle passa près de son enfant. Dès ce moment, son mal empira,.et malgré tous nos soins nous le vimes retomber dans le danger lesplus imminent. Le 24, à notre visite du matin , il nous.présenta l’aspect suivant. La figure était pâle et tres amaigrie; les veux étaient ternes et flétris ; un délire continuel existait et le malade avait perdu l’usage de ses sens; il répondait cependant encore aux questions qu'on lui adressait, mais seulement dans de courts intervalles. Des cram pesetune contraction tétamique avaient reparu, mais ces symptômes cesserent presqu'immédiatement sous l'influence desfrictions faites avec la glace. Enfin, malgré les secours les plus empressés, il succomba le même jour, à quatre heures du soir.

Autopsie cadavérique. Quarante-huit heures après la mort, on procéda à l'ouverture du corps de ce petit sujet. Les membres étaient raides et contractés. Le cœur, plus volumineux, que de coutume, contenait, dans son ventricule droit, un caillot de sang noir, au milieu duquel se trouvait une masse jaunâtre graisseuse.et fbrineuse , insoluble dans l’eau et dans l'alcool. Le

DES PRINCIPES MORBIFIQUES. 39ventricule gauche contenait également un cail= lot, mais moins volumineux. Les poumons étaient crépitans.et n'offraient aucune: altération serisible. L'estomac , trés petit, était refoulé dans l’hypocondre gauche et se trouvait entièrement vide: son tissu était épaissi. L’intestin: grêle, sain dans presque toute sa longueur, offrait vers la valvule iléo-cæcale des traces. d'une inflammation trés intense ; une invagination existait à cette. partie. La membrane muqueuse était ramollie et s’écrasait sous la pression. Tout le reste du tube intestinal n’offrait rien de-pathologique. La rate était volumineuse et engorgée, ainsi que le foie ; la vésicule biliaire était pleine. Le cerveau, très consistant, était aussi très volumineux; il pesait trois livres, moins quaire gros. Les vaisseaux de la piemére étaient fortement injectés et l’on voyait suinter de-petites gouttelettes de sang en: incisant par tranches la Substance médullaire. Les ventricules Contenaient un peu de sérosité rous: sâtre; le plexus choroïde était d'un rouge vif, Le cervelet, très volumineux, offrait aussi beau: couple consistance. Les os du crâne , très minces, injectés Gune couleur rouge cramoisie,;présentaient une particularité assez remarquable; vu l’âge du sujet; les sntures avaient disparu presqu'entiérement, et les circonvolutions du

cerveau nous opt paru plus multipliées que dans l’état normal.

D’après les renseignemens que nous avons pris, cet enfant était doué d’une intelligence rare.

Le sujet de la deuxième observation est le nommé Jean Blanvillain, âgé de soixanteneuf ans, qui fut atteint, dans la nuit du 14 au 15 avril, du choléra le plus intense; il fut déposé au milieu de la nuit dans la salle des blessés dite de la Faleur, parce qu’on le croyait frappé d’une contusion : à ma visite du 15, à sept heures du matin, nous le trouvämes dans un état alyide cyanosique , avec des envies fréquentes d'aller à la selle et des nausées; il éprouvait des crampes atroces dans les jambes, qui étaient raides et fortement contractées. La langue était glaciale; le pouls et les battemens du cœur étaient presque nuls; la voix était presqu'éteinte et profonde, comme celle des ventriloques; ses yeux, cernés par un cercle noirâtre , étaient ouverts et ses pupilles dilatées. Il ne voyait plus la lumière du soleil dont les rayons donnaient immédiatement sur son lit, et c’est ce qui nous parut le plus l’affliger.

Pendant que je finissais ma visite, on fit avaler à ce malade environ trois onces d’une infusion filtrée d’ipécacuanha, qui produisit presqu'immédiatement deux vomissemens copieux

DES PRINCIPES MORBIFIQUES. Ar

dé matières blanchâtres, écumeuses; j'avais prescrit en même temps des frictions avec la glace sur les membres et surtout aux mollets, le siége des crampes; il en fut aussitôt soulagé, et les premières paroles que le malade put faire entendre furent employées à exprimer le soulagement. Sans discontinuer les frictions, je m’empressai de poser moi-même des ventouses scarifiées sur le bas-ventre et le pourtour des deux hypocondres : ces deux moyens avaient ramené la chaleur à la surface du corps et fait dissiper en tres grande partie la cyanose; le pouls était devenu sensible et l'oreille percevait, quoique faiblement, les battemens du cœur. Le malade, en annonçant la disparition des crampes violentes qu’il épronvait à ses mollets, exprimait le plus grand chagrin de se voir privé de la vue. A l'application des ventouses nombreuses que nous venions de poser, nous fimes succéder celle des moxas; à peine avions-nous appliqué les deux premiers derrière les apophyses mastoïdes, qu'il fit un cri de joie pour annoncer qu'il voyait la lumière da soleil. Les vomissemens et les déjections alvines avaient cessé : on fit avaler au malade de la limonade sucrée à la glace , et Pon répéta l'application du moxa à la nuque, à l'épigastre, et sous la région du cœur ; à notre grande surprise et à celle du malade, chaque moxa fai-

sait développer les. facultés visuelles à un tel degré, qu’au cinquième il percevait.et il appréciait parfaitement la forme et la couleur de tous les objets qui étaient devant lui; Parvenu à cet état d'amélioration, nous le fimes envelopper. dans des portions de flauelle , nous fimes appliquer une vessie de glace concassée sur l'estomac; et nous confiâmes à l’un de nos jeunes élèves, M. de Verrac, la surveillance de la médication prescrite, Nous crümes tous que cet invalide était sauvé, et je sortis de l'Hôtel avec cette fa: vorable idée; mais après quelques quarts d’heure. d’un mieux sensible, les membres se refroidirent de nouveau; le pouls disparut entièrement, et notre intéressant malade s'éieignit. La nécropsie, à laquelle on procéda vingt-quatre heures après, nous offrit les mêmes phénomènes que celle de la plupart des autres cholériques morts avant Blanvillain; les caillots de sang noir qui remplissaient les cayités du cœur étaient seulement plus denses et plus volumineux. La membrane.

muqueuse de tout le tube intestinal était saine; les vaisseaux du cerveau et surtout le plexus choroïde étaient gorgés de sang noir. Au mo:

ment de la réaction nous aurions ouvert la veine jugulaire si elle ayait été apparente, la-saignée aux veines du bras futessayée inutilement. Mal-

gré celte terminaison funeste, cette observation, <

DES PRINCIPES :MORBIFIQUES. 43 selon nous, n'offre pas moins d'intérêt, en ce qu'elle donne surtout la preuve de l'efficacité des moyens que nousavons mis en usage; néanmoins, il faut convenir et nous l’avons déjà dit, que lorsque l’action du cœur est enrayée au degré oùnousl'avons vu chez Blanvillain, les ressources de l’art sont ou seront toujours insuffisantes, et alors rien ne peut désobstruer les cavités de cet organe, et les sujets doivent par conséqueni périr avec une promptitude plus ou moins grande : c’est ce qui.est arrivé à un tres grand nombre de nos invalides chez qui le choléra n'avall eu que quelques heures ou quelques quarts d'heure de durée , et chez ces individus la nécropsie nous a prouvé que la congestion seule du cœur avait été la cause principale de leur mort. La plupart des autres visceres se sont trouvés intacts, même les intestins : ainsi, iorsque le mal marche avec une aussi grande rapidité et qu'il est parvenu au sommum de sa force, il n’y, a plus de remède; tandis que, lorsque la congestion n'est que. commençanté -ou peu développée ,le traitement révulsif que nous avons tracé aura une efficacité remarquable, et cest avec.cette médication que nous avons fait avorter la:maladie chez un grand nombre, et que nous en avons guéri beaucou: ip d'autres très malades et complétement cyanosés:

Comme presque tous les invalides privés d’un membre, qui sont morts du choléra, avaient été amputés par moi sur les divers champside bataille où ces vieux guerriers avaient été blessés , jai pu vérifier l’utilité et l'importance des préceptes que j'ai établis pour que l’'amputation des membres füt pratiquée avec toute la précision et le succès désirables, et de manière à ce que la forme et les dimensions du moignon n’offrissent aucun des inconvéniens qui accompagnaient si souvent la même opération pratiquée d’après la méthode des anciens.

Nous avons également pu confirmer tout ce que nous avions dit sur ce qui se passe dans les os et les parties molles coupées de ces moignons; | au reste, le travail spontané de la nature pour opérer la cicatrice des membres tronqués est vraiment digne de remarque et mérite une étude spéciale.

Ainsi, pour les os, on observe des modifications relatives à l’usage auquel le moignon est destiné, ou à plusieurs circonstances particulières que nous allons examiner. Dans le cas où les moignons sont consacrés au support du sujet par toute l'étendue de leur sommet, tel que celui qui résulte de Pamputation de la cuisse à son tiers ou à son quart inférieur, l’extrémité de l'os coupé augmentera de volume et formera

une tête aplatie pour pouvoir mieux supporter le poids du corps et servir à, la progression, bien .que le cuissard porte son principal point d'appui à la base du bassin; il en sera de même dans les cas où la jambe serait amputée à son articulation fémoro-tibiale.

Dans les cas, au contraire, où l'extrémité de ces moignons ne-porte, point, sur des supports, ou -est suspendue en l'air sans appui, les portions coupées des. os se réduisent dans toutes les dimensions en s’arrondissant, la cavité médullaire s’oblitéère , et le sommet de ces os se recouvre d’un tissu fibreux plus ou moins épais, continu au périoste et adhérent à la cicatrice.

Les parties molles, si j'en excepte les nerfs, éprouvent également une sorte d’atrophie; les tendons s’amincissent, se confondent avec le périoste; la fibre motrice voisine de l'extrémité du, moignon disparaît et se convertit en tissu cellulaire; les vaisseaux artériels et veineux se multiplient etse ramifient à l'infini vers la cicatrice,,où ils contractent de nouvelles anastomoses. Les nerfs seuls se tuméfient à leurs,extrémités coupées, et se réunissent, bout à bout et un à un, ainsi que,nous l'avons annoncé en publiant cette découverte. Mais. enfin, pour.être compris dans ces observations générales, nous allons parcourir rapidement, ce que nous avons

16 | NATURE obsérvé dans lé moignon de chaque membre amputé, que nous avons éu lé soin d’injecter séparément, en commençant par célui de l'és patle: | | bare nl Nous ne rappellerons pas la forme extérieure

de la cicatrice de la plaie qui résulte de l'éxtir= pation du bras à l'épaule; elle est-décrite à son article dans notre Clinique chirurgicale: 0:

1Après avoir! enlevé les tésumeris de'cé “noi gnon, nous'avons trouvé l’'apophÿse acronion réduite de volume ét rapprochée de la tête du scapulum; la cavité glénoïde éntièrement éff4cée et recouverté par un tissu: fibreüx continu au périvéte. L’artéré ‘axillaire” était oblitéréé à son extrémité et réunie par uhé adhérence tatérale: à la véine du méme nom’ Tes dérnièrés branches données par cette artère fournissaient une infinité de rameaux! divérsens qui sé per daiïént dans la cicatrice du oignons démavière à s'éntreéroiser Vers la ligne médiane de éette cicätride et il est probable que Fes’ rattièatix véit néurkisuivaient la même marché” Un pétitbouchiôn fibrineux et rouge s'obsérvait ans lé tube ductronc 'artériéel que fous ivoh$ trouvé cénsii dérabléement réduit dé volume, et son éxtrémité obfitéréé! et'adhéreite à là véine oblitéréé‘ellemétie. Lés nérfs du pléxus brachial présén taient fous, sans exception, une éminence arrondie de

DES PRINCIPES! MORBIFIQUES. 47 arosseur différente; c'est par lé soinmet ou par des cordons nerveux très courts qué ces nerfs se réunissaient entr'eux et un à un, de manïeère à former autant d’anses nerveuses dune longueur relative ; et nous avons vu à la loupe des'filamens très ténus näitre de ces éminences et se rendre par petits faisceaux rayonnans dans l'épaisseur de la cicatrice, et qui sémblaïent se perdre dans SOR propre tissu. Nous n'avons pu savoir si ces filets avaient pris naissance dans les troncs ner veux éux:mêmeés; du moins ils nous ont paru leur être identiques par leurs propriétés physiques.

Le moignon du bras nous a présenté exactement les mêmes phénoménés par rapportà los et à la réunion c'es nerfs ’qure :ceux que’ nous avons décrits dans notre Clinique Na pôur un: cas'tout à fait semblable:

"Le moignon d'un 'avant-bras,'qui be les deux tiers du membre , nous à offert : 1°. Fusure des deux extrémités de os-sciéset leur cavitéemédullaireoblirérée ; ne soudure récipro que par les deux côtés gr mi biéti que dans l'état:naturel ils soient séparés: re ui ini tervallé de plusieurs lignes.

20, Les extrémités des tendons coupés s'étarent atmincies et s'épanouïssaient én faisceaux aponévrotiques vers les extrémités des o$, en se confondantavec le périoste.

3°. Les deux nerfs radial et cubital, communiquaient entr'eux , dans toute l'étendue de lavant-bras, par un plus grand nombre d’anses nerveuses qu’on n’en observe ordinairement; la pature avait sans doute multiplié ces rameaux de communication pour suppléer à l’anastomose qui devait se faire bout à bout par les deux extrémités de ces nerfs, comme dans lemoignon du bras, et qui n'avait pas lieu dans. celui de l’'avant-bras. Le nerf médian, néanmoins, avait contracté une adhérence intime et latérale avec le cubital.

4°. Nous avons disséqué et préparé deux moi gnons de cuisses : l’un des sujets auxquels ils appartenaient s'en servait pour marcher sur un cuissard comme sur la jambe de bois. La cicatrice de la plaie résultant de l’amputation faite par moi à la bataille de Wagram était si solide et si exacte, que l'invalide faisait porter l’extrémité de son moignon sur un coussinet élastique placé dans le cylindre de ce cuissard; aussi la nature avait-elle disposé, la portion coupée du. fémur de manière. à former une ‘base où uné têle aplatie propre à former une sorte de piédestal au reflet de cette colonne de sustentation. Cette éminence, arrondie.et aplatie à son sommet, ayant quatorze ou quinze lignes de diamètre, était recouverte d’une substance fibro-

DES PRINCIPES MORBIFIQUES. : 49 cartilagineuse très épaisse, que nous avons trouvée adhérente à la cicatrice, qui était enfoncée et plissée en lignes convergentes. Le reste du cylindre de cet os avait acquis un sixième d'épaisseur en plus de celui du côté opposé, et la tête était aussi plus’ grosse que celle de l’autre fémur. Ces changemens étaient le résultat de la sustentation et de la ‘progression auxquelles le moignon participait avec lemembre intact.

L’os de la cuisse du deuxième moignon , résultant de l’amputation de ce membre pratiquée à son tierssupérieur, n'ayant pointservi à l’invalide pour les mêmes fonctions, car il marchait sur des béquilles , étaitréduit, dans sa totalité, d’un tiers de son volume primitif; son extrémité était devénue conique, et la cavité médullaire était entierement oblitérée. Le nerf sciatique, après avoir produit un renflement à son extrémité coupée, s’'anastomosait avec un rameau du nerf crural qu’on observait à la partie antérieure du fémur.

L’artère crurale était également oblitérée à son extrémité et le reste de son tronc réduit de la moitié de son calibre ordinaire. On conçoit parfaitement les causes de la différence qui existe entre les os de ces deux moignons.

5°. Nous avons injecté aussi et disséqué deux moignons de jambes coupées appartenant à deux

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