IV. Â
bo { NATURE
invalides morts du choléra : tous deux avaient été opérés par moi au champ de bataille de Waterloo. Chez l’un, l’amputation avait été pratiquée à quelques lignes au dessus du lieu d’élection tracé par les auteurs; l’autre avait été opéré à la base des condyles du tibia,
Chez le premier, les deux portions du tibia et du péroné étaient soudées entr’elles, par leurs côtés correspondans, tandis que leurs extrémités se sont trouvées arrondies et considérablement réduites d'épaisseur. Les deux branches du nerf poplité, après avoir produit une exubérance à leurs extrémités, se réunissaient bout à bout, immédiatement sous la cicatrice du moignon. ÿ
Le deuxième, tres mobile commele premier, était exclusivement composé des condyles du tibia. et de la tête du péroné; ces petits os étaient réduits des deux tiers de leur volume : le sommet arrondi et spongieux de ces condyles était recouvert par un tissu fibreux, semblable à ce- Jui du périoste. La rotule et les .condyles du fémur s'étaient élargis par l'effet de la pression exercée continuellement sur la jambe de bois. L'injection morbide spontanée dont nous avons parlé était si forte, que la totalité de ces os avait une teinte rouge foncé.
Nous avons eu aussi l’occasion de faire des
remarques curieuses sur le résultat d'anciennes fractures aux os des cuisses et des jambes, qui confirment les principes que nous avons émis dans nos mémoires.
Nous avons vérifié aussi nos principes sur les changemens qui s’opèrent aux 05 du crâne après l’opération du trépan; sur la possibilité de la guérison de l’épilepsie hydiopathique spontanée et sur celle traumatique. Un ancien invalide, M. Denu, blessé au front par un éclat d’obus à la célèbre bataille de Marengo, était atteintd'accèsépileptiques très rapprochés, parla présence dans le crâne d’une forte esquille, qui était restée profondément cachée au fond de la cicatrice déprimée de cette bléssure, qu'un petit trou fistuleux qui.s’y était conservé nous a fait découvrir. L'extraction de.ce corps étranger, que nous avons faite sans accident, a débarrassé cet invalide des douleurs de tête qu'il éprouvait habituellement et de ses accès épileptiques::Get invalidejouitaujourd’hui d'uneparfaitesanté( 1 ).
(1) Ce vieillard était privé, depuis son accident, de cette mémoire locale dont nous avons parlé ; il n’a pu nous indiquer les noms d'aucun de ses compagnons, ni Ceux des pièces qui composent la batterie du fusil, etc. Nous verrons si, maintenant qu'il est débarrassé de ce corps étranger qui pésait sur le cerveau , ‘il retrouvera cètte faculté.