‹ Clinique chirurgicale (volume 4)Chapitre 33 sur 70 · DU MOxA · texte numérisé non relu

DU MOxA

application, parce que les effets intérieurs d'un

ou déux moxas aü plus équivalent à ceux. d'un grand nombre appliqués au même instant. et sur Ja même région. Outre que ces derniers seraient inutiles , ils auraient le double inconvénient de causer au malade une somme trop forte, de dou leurs, et de produire , par la multiplicité des brü= lures, une suppuration trop abondante qui pourrait être suivie de fièvre traumatique et d'épuisement. Ainsi donc, il ne faut en appliquer qu'un, deux ou trois au plus. Le temps humide est moins propre au succès de son application que le temps sec ct serein. D. |

Pour assurer l'efficacité de ce cautère, il faut faire précéder son emploi, s’il y a lieu , de celui des ventoüses sèches, mouchetées ou scarifiées, et le faire suivre de. l'usage intérieur des. remèdes appropriés à chaque maladie. Comme les ventouses sont un puissant auxiliaire du moxa, et que leur propriété révulsive a beaucoup d'analogie avec celle de ce topique, nous nous permettrons, sur cet autre moyen, une courte digression,

. | CULTURE La ventouse ést une espèce de vase transparent en forme de cloche, rétréci à son: ouverture, tet

destiné à æpérer un vide sur le point de la .sur-

ï jbl ; è ; face, du corps où on l’applique, au, moyen d'une

pompe aspirante qu'on y adapte, ou. d'unç ma

DES VÉNTOUSES, | ABG

tière combustible qu'on enflamme dans son inté-

rieur au moment de son application. Notre intention en nous servant de ce topique étant d'opérer, vers l'extérieur, une révulsion des parties intérieures, avec ou sans déplétion sanguine, selon

les indications , nous estimons que, pour remplir:

cette intention avec tout le succès possible, on doit produire le vide sous la ventouse au moyen d'une substance combustible qui, raréfiant Pair, produit une masse de calorique à la surface de la peau, dontelle pénètre le tissu sans le brüler. Les vaisseaux capillaires organiques de cetteenveloppe, après s'être gonflés par l'expansion des fluides

aériformes qu'ils contiennent, n'étant plus com-

primés par Fair raréfié de Ïa ventouse, sont en effet légèrement enflammés par le contact de ce calorique , d’où résulte un érysipèle artificiel. Or, le procédé le plus simple, le plus prompt, le moins douloureux et le plus facile pour obtenir ce résultat , est de se servir d’une ventouse ordinaire ou d’un verre commun , dans lequel on fait bruler un peu d’étoupe fine, mais de manière que la combustion se fasse dans le fond du vase. On peut augmenter la masse du calorique et l’action de la ventouse, en versant sur l'étoupe quelques gouttes

d’uneliqueur alcoolique; cela est nécessaire même

pour les ventouses sèches ou sans mouchetures. |

La ventouse à pompe ne présente pas les mêmes

avantages; en effet outre l'inconvénient de la pesan-

teuretgelui d’avoir autantde ventouses garniesd'un 1110 | 24

er."

370 DES VENTOUSES. X tube avis en cüivre, pour y adapter le cylindre de la pompe, qu'il existe de variétés de grandeurs ;'elle a celui de soustraire, avec lair atmosphérique, Ja. chaleur locale, et de produire du froid à l'endroit où le-vide s’est opéré, car la température y baisse sensiblement. On n'obtient donc qu’un simple gonflement dans ce point de la portion du cutis renfermée sous la ventouse , en sorte que la dérivation est presque nulle ; aussi a-t-on besoin de scarifications ou de piqüres plus ou moins pro: fondes pour obtenir une quantité suffisante de

sang, et ce genre de solution de continuité peut

avoir de fâcheuses conséquences, telles que des ac: | eïidens nerveux, par la lésion des nerfs sous-cuta= nés , ou des hémorragies inquiétantes ; par: l'incis sion des artérioles, ainsi que nous en avons vu dés exemples. Ces inconvéniens sont’ d’ailleurs attachés à tous les instrumens à ressort qu’on ne peut diriger à volonté, tandis que le scarificateur dont nous nous servons et que nous avons imaginé * fait des mouchetures aussi superficielles ou aussi profondes qu'on le désire. Ces mouchetures embrassent toute la surface rubéfiée par la ventouse, et sont faites avec presque autant de promptitude que celles du scarificateur anglais où allemand, avec la différence que celles dé notre scas rificateur sont moins douloureuses, plus uniformes et plus étendues, Enfin expérience nous a prouvé

k 1 C'est une espèce de flamme modifiée, HAUIET :

DES VENTOUSES. 371 que nos ventouses étaient les plus Simples ét les plus commodes. Elles contribuent beaucoup, avec le moxa, à la guérison des maladies pourlesquelles ce dernier remède est indiqué ; elles conviennent surtout dans toute espèce de phlegmasie, : et l'on ne peut établir de parallèle entre les sang+ sues et ce moyèn. Du-reste, l'explication de Lei effets a été plus développée dans:la description particulière des maladies qui en indiquent spécialement l'usage, et parmi lesquelles est surtout l’anévrisme du cœur.

PLAIES PÉNÉTRANTES DES ARTICULATIONS DES MEMBRES. Mr

Les.plaies pénétrantes des articulations ont été considérées avec raison par les auteurs comme. une maladie extrêmement grave , et devant pres: que toujours nécessiter l’amputation du membre. Aussi il nous a fallu une très-longue expérience et un esprit d'observation bien attentif, pour établir le véritable diagnostic de ces plaies et quelques: règles imiétinbles pour leur traitement. |

On peut distinguer ces solutions de continuité en celles qui sont faites par des armes blanches pointuesou tranchantes, ou réunissant cette double forme, et en celles produites par des armes à” feu. Les uneset les autres présentent des différences relatives à leur situation, à leur étendue; à la pature des parties lésées et aux accidens qui peus:

472. PLAIES PÉNÉTRANTES | vent les compliquer, tels que l'hémorragie , la dou. Jeur, le spasme nerveux et la présence des corps étrangers. |

Le diagnostic, quelquefois difficile à établir,

sera relatif à chaque espèce de blessure. Il se trou vera d’ailleurs dans l'exposé que nous ferons des

phénomènes qui accompagnént ces plaies.

Leur pronostic sera proportionné à leur gravité. En général on peut dire qu'il sera toujours plus ou moins fàacheux : mais une vérité peu connue, c’est que la gravité de ces plaies dépend moins de lPintroduction de l'air dans la cavité articulaire, ainsi que l'ont dit les auteurs, que de l’épanchement et de l'accumulation du sang dans cette même cavité,

de la déchirure des filets nerveux des parties lésées,

et de l’étranglement ou du tiraillement des feuillets aponévrotiques et fibreux des parois de l’articulation -coupés inégalement ou dilacérés. Ainsi les

plaies les plus FE en apparente peuvent deve-

nir les plus graves par les seuls effets de ces derniéres Causes. Nous supposons que Pair atmosphé-

rique n’a pu pénétrer dans l'articulation. soit parce que la plaie aura été fermée immédiatement

apres le coup, soit parce que le défaut de parallélisme de la division des tégumens avec l'ouverture

de la capsule articulaire se sera opposé à son intro»! duction ; dans ce cas cependant les accidens inflam-

matoires ne se déclarent pas moins et marchent avec une grande rapidité. Mais ce qui prouve lännocuité du-contact de l'air seul sur les surfaces

DES ARTIGULATIONS DES MEMBRES. 373 articulaires mises à découvert ; c'est l'extirpation des membres ou leur amputation dans les articles, à la suite de laquelle ces surfaces restent plus ou moins long-temps exposées au contact de ce fluide élastique, et quelquefois pendant tout le traitement de la plaie qui résulte de cette opération QL en sera encore parlé à l’article Ampurarions}),

sans qu'on ait vu aucun accident notable pro-

venir de cette seule cause. Sans doute le passage

de l’air dans une articulation doit nécessairement aggraver le mal, mais c’est en décomposant les fluides sanguins qui s’y sont épanchés et dont la présence alors sera plus pernicieuse aux parties irritables en contact avec ces fluides. Cest dans ce sens seulement que l'air, introduit dans ces plaies, peut être nuisible. L'expérience nous a fait vérifier cette assertion.

Mais comment la présence du sang dans les cavités articulaires peut - elle do les accidens graves qui accompagnent ordinairement les done de continuité qui les pénètrent? C'est par l'irritation qu'il produit immédiatement sur les membranes et par le degré d’altération que ce liquide aura acquis par son séjour plus ou moins prolongé dans la jointure. Ce sont, d’une part, la membrane, synoviale qui tapisse l'intérieur de toute l'articulation, et d’une autre, les appareils fibreux et aponévrotiques qui en forment les pa-. rois et qui sont pourvus d'une grande quantité dé nerfs de la vie intérieure, lesquels les pénètrent

374 PLAIES PÉNÉTRANTES ‘profondément *. Ces parties étant trés-accessibles aux plus légères causes d’irritation, s'enflamment promptement et se désorganisent, L’inflammation “une fois établie dans ces appareils, elle est d'autant plus difficile à se résoudre, que les vaisseaux injectés se trouvant serrés dans les mailles fibreuses de ces membranes, s'étranglent ou s'engorgent, perdent leur action et déterminent aïnsi la stase des fluides qui les ere

J'ai lieu de regretter de n’avoir pas fait dessiner et graver Îles belles injections de Prochaska que nous avons déjà’ citées; cependant pour donner aux jeunes praticiens une juste idée de la nature etde la marche des vaisseaux organiques des pièces osseuses articulaires et de tous les appareiïls fibreux et synoviaux qui composent ces articulations, je vais reproduire ici, avec toute la précision et l'exactitude possibles, l’image qu'ont laissée dans mon souvenir ces préparations anatomiques, qui ont d'ailleurs été vues par un HAS d'OS le docteur Ribes.

La disposition du PRE vasculaire et nerveux

* Bien que le scalpel suive difficilement aussi loin ds filets

du grand sympathique, tout nous prouve qu’un grand nombre

de ses rameaux extrêmement subtils accompagnent partout les

branches des artères nutritives jusqu’à leurs dernières ramifica

tions, Surtout celles qui rampent sur le périoste et pénètrent

dans kr articulations : c’est, par la présence, de cés filets nerveux

dans les appareils fibreux et synoviaux qu’on peut expliquer les lésions sympathiques dés organes dé la vie intérieure.

des articulations est telle, d’après ces préparations et mes propres recherches, que les derniers rameauxqui naissent, d’une part, des arteres nutricières des os, de celles du périoste, et d'une autre, des artères sous-cutanées, se ramitient à l'infini dans les tissus qui forment toutes ces parties ; et l'on aperçoit, avec la loupe , à travers leurs mailles épaisses, des filamens nerveux d’une ténuité extrême qui se perdent dans ces tissus. Les artérioles qui servent à l’organisation des os, parvenues à la dernière couche de leurs surfaces articulaires; se recourbent sur elles-mêmes pour rentrer dans leur tissu spongieux, et c’est des courbes superficielles multipliées et non interrompues de ces rameaux artériels que naissent encore des ramuscules presque imperceptibles qu'on voit disparatré entierement sous les cartilages diarthrodiaux sans pénétrer dans leur substance , en sorte qu’on peut considérer ces derniers ramuscules du système artériel comme les exhalans de la sub- $tance gélatineuse du cartilage qui se développe par couches excentriques à l'instar des écailles de l'émail des dents, de l'ivoire des défenses de certains animaux et de la portion cornée de beaucoup d’autres. Les cartilages diarthrodiaux ont en effet une organisation utilisait analogue à ces substances superposées sur les parties de l'organisme vivant. D'aprés cette connaissance anatomique, ces substances concrètes, transparentes lorsqu' on les coupe par lames, ne sont susceptibles ni d'en-

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