‹ Clinique chirurgicale (volume 4)Chapitre 35 sur 70 · PLAIES PÉNÉTRANTES · texte numérisé non relu

PLAIES PÉNÉTRANTES

qui commence et marche graduellement: de la circonférence au centre, mais qui ne devient ap- . parente que vers le dix-neuvième jour, époque où Ja détersion de la plaie est complète. Nous aurons encore l’occasion de parler de ce travail vasculaire dans la description que nous ferons des plaies de chaque espèce d’articulation et à l’article Ampura- TIONS.

La cause vulnérante peut non-seulement ouvrir l'articulation dans une plus ou moins grande étendue, mais elle peut encore couper à diverses profondeurs les éminences osseuses renfermées dans la capsule, telles que la rotule, l’olécrane ou les autres parties exubérantes de la cavité articulaire. Cette dernière circonstance ne change guère le pronostic de ces plaies ; peut-être en ;simplifientelles davantage le traitement; c’est ce que nous verrons dans Fe lésions de ob espèce d'articulation.

En général les indications qu’offrent les plaies pénétrantes aux articulations, en les supposant toujours récentes, sont faciles à déterminer si l’on porte son attention à bien reconnaitre la nature de la plaie et sa pénétration, :ce dont on s’assurera par sa direction, par une exploration faite aveedou: ceur au moyen d’une sonde mousse d’or ou d’argent, par la sortie d'une liqueur albumineuse quise mêle aux fluides sanguins, et les douleurs qui du point lésé s'étendent dans tout le membre frappé de frissons irréguliers. Le blessé éprouve en outre

une sorte de resserrement dans les hypocondres et des envies de vomir. Ges derniers phénomènes s’expliquent par la lésion des nerfs de la vie intérieure, laquelle porte ses effets sympathiques sur les organes qui appartiennent essentiellement à ce système nerveux.

La première indication à rémplir est de débris der la plaie, surtout si ses angles sont serrés et ses bords déchirés ou contus:ce débridement sera fait avec ménagement , et autant que possible dans la direction de l'axe du membre; mais si avec la division des parties molles l'instrument vulnérant a coupé l’une des éminences internes de l’articulation dans toute son épaisseur, l'extraction doit en être faite avec la de de ne point léser les artères qui rampent à la surface extérieure des appareils fibreux. Dans le cas où quelques-uns de ces vaisseaux seraiént ouverts, il faut s empresser d'en faire la ligature pour prévenir le passage du sang dans la cavité articulaire. Cette première indication remplie, on fait évacuer, par la position favorable du membre et une légère pression exercée sur toutle pourtourde larticle, les fluides épanchés dans la capsule synoviale. On rapproche les bords de la plaie ainsi simplifiée, et on les maintient, autant que possible , dans un contact immédiat au moyen de bandelettes agglutinatives et d'un appareil contentif qui se compose de compresses imbihées d’une liqueur tonique et légèrement répercussive, telle que l’eau végéto-minérale mélée

38a PLAIES PÉNÉTRANTES d’eau-de-vie camphrée et de blanc d'œuf battus | ensemble, d’un bandage à plusieurs chefs, et d’une bande, si elle est nécessaire. Le membre est | posé dans une situation relative à l'usage que lin- | dividu devra en faire par la suite, au cas qu’on ne puisse obtenir la guérison de la plaie-que par l'an: kilose de l'articulation. Par conséquent cette si tuation pourra varier selon chaque membre. Il ne faut jamais lever l'appareil, à moins d'accident imprévu, tel qu'une hémorragie qu le déplacement inconsidéré des pièces principales de ‘cet appareil, avant le vingt-unième Jour. Il est même très-avantageux de le laisser jusqu’à l’époque de la: guérison complète. T’on doit seconder les effets de l'opération et de l'appareil compressif par tous les moyens propres à prévenir l’inflammation locale et: la fièvre traumatique : on y parvient à l’aide des saignées générales, s’il y a lieu, des ventouses

scarihiées posées à l'épigastre ou à la nuque, s'il survenait des céphalalgies, par l'usage des bois: sons délayantes fraiches, la diète, le repos, et par le soin qu'on a eu de mettre le membre, lors du premier pansement ; dans une situation conve: nable et dans une immobilité complète, afin de favoriser Pankilose si elle est indispensable.

F Maintenant que nous croyons avoir établi les préceptes généraux pour le traitement des (plaies . récentes des articulations, nous allons nous entretenir brièvement de celles qu'on peut appeler chroniques, et dont les accidens consécutifs se

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sont déclarés, inflammation, la douleur; le gonflement et la Fe traumatique. Dansce cas, les bords de la plaie sont tuméfiés et recollés entre eux d'une manière complète ou incomplète ;:les fluides sanguins et purulens sont retenus profon: dément dans le tissu lamelleux ambiant, et dans la cavité articulaire, dont les parois sont disten-

dues à des degrés Sd Eféra et donnent à l’articulas tion.un volume proportionné. Pour celle du genou; la saillie que forme la rotule, la fluctuation et lon: dulation que produisent, ces liquides ne laissent auçun doute, au chirurgien expérimenté, sur l’existence de l'épanchement dans la cavité ‘propre de cette articulation. Si au contraire la plaie est restée béante et que les bords en soient écartés, il en découle une matière . séro -albumineuse purulente et liquide , laquelle prénd graduellement de la consistance et détermine des escarres jaunâtres qui. s’arrétent au centre de la solution de conti: nuité. Ce travail inflammatoire est accompagné de douleurs tellement vives, que les malades ne peuvent goûter un seul instant de repos et sont tota= lement privés de:sommeil, Tous les organes de la vie intérieure s'irritent sympathiquement'et occasionent un mouvement fébrile avec des exacerbations qui compliquent la maladie locale. Les indications sont différentes selon les divers degrés de l'inflammation. Sielle est à sa première période, il faut se hâter de faire quelques éniissions sanguines par des saignées générales où locales: les

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384 Ci BLAIÉS PÉNÉTRANTES premières sont indiquées lorsqu'il y a des signes de pléthore générale; on doit ensuite mettre en usage les saignées révulsives faites sur l'articull | tion même, si la rougeur, la tension dela peau et | la douleur ne sont pas trop inténsél ou le plus | près possible du foyer de cette inflammation. Les ventouses mouchetées d’après notre méthode se: ront employées dans ce cas avec les plus grands avantages : les sangsues ne produisent point cet effet révulsif, et elles ont l'inconvénient d’augmenter la stase des fluides qui circulent dans les vais= seaux enflammés, à moins qu’on ne leur fasse succéder l'application de la ventouse.

Cette première indication remplie, il faut se hâter de poser sur toute l'articulation un bandage légèrement compressif, et dont les prémières pièces auront été imbibées d’une liqueur légèrement tonique et répercussive, telle que l’eau végétominérale camphrée et albumineuse ; il faut mettre le membre dans une situation favorable, faire observer aumalade un régime antiphlogistique etne pointtoucheràlappareiljusqu'àce qu’on aitobtenu un résultat quelconque. Si l’inflammation est portée à sa troisième période, et qu’elle paraisse vouloir se terminer par la suppuration, après avoir désempli les vaisseaux par une saignée générale, sil y a lieu, il fautfaire usage des topiques émolliens pour aider la nature dans la formation des abcès que nécessairement il faut ouvrir, qu'ils se soientétablis dans l'articulation ou dans les tissus ambiäns. On

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DES ARTICULATIONS DES MEMBRES. 389 peut faire cette ouverture avec le bistouri ; ilim= porte seulement de choisir les points les plus déclives du foyer purulent; de diriger l'instrument dans le sens de l'axe du membre, de ménager les incisions Le les priver promptement du contact de l'air par l'application de l'appareil indiqué qui doit être toujours un peu compressif. Il faut ensuite porter ses vues sur l’état des organes de la vie intérieure , et s'ils présentent quelques signes de phlegmasie symptomatique, on les dissipera par l'application des ventouses scarifiées sur la région de l'organe malade, et successivement par l'usage d’un vomitif donné au moment du premier degré de la détente. Les pansemens doivent étrè faits ra= rement avec toute la douceur possible , et afin de favoriser la résolution des parties et la cicatrisation, il faudra appliquer d’une part quelques moxas sur l'articulation, et d’une autre le cautère actuel ou de légers caustiques sur la plaie. Nous avons obtenu, dans beaucoup de cas de ce genre, des succès inattendus ; chez les uns, en conser= vant les mouvemens du membre, et chez d'autres en en obtenant l’ankylose.

La terminaison de ces maladies n’est pastoujours, aussi heureuse, Souvent l'inflammation et la suppuration qui en sont le résultat se propagent profondément dans les appareils fibreux et produisent

l'érosion des cartilages articulaires, la dénudation

dessos, la carie, des fusées purulentes dans l'interstice des muscles, et la fièvre de résorption, On Ill, : 25

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