DES AMPUTATIONS EN PARTICULIER
Nous allons maintenant décrire les amputations indiquées pour chaque membre frappé de l'une
LA #e EN À Fr ù Ê | AMPUTATIONS. . 559 des maladies aiguës ou chroniqnes, qui les commandentimpérieusement. Nouscommencerons par celle du bras à son articulation à l'épaule.
De l'amputation de l'épaule et du bras à son articulation 4 scapulaire.
Avant la guerre qui a ébranlé toute l'Europe, l’ancien et le nouveau continent y On comptait à peine deux ou trois exemples de succès de l'amputation du bras à son articulation à l'épaule, opération qui fut pratiquée pour la première fois par l’un de nos anciens et célèbres chirurgiens militaires , Ledran. Placé constamment aux avantgardes des principales armées françaises qui ont fait cette guerre, j'ai eu un grand nombre de fois l'occasion de pratiquer cette opération grave, avec un succès d'autant plus remarquable, que les procédés opératoires, usités jusqu'alors, ne mettaient point les chirurgiens à l'abri du danger de l'hémor-: ragie qu'on avait lieu de craindre dans cette amputation ; mais nous pouvons dire que, depuis que nous lui avons fait subirles modifications qui composeront le prin cipal objet de nos remarques, son exécution est devenue aussi sûre que facile. Avant de les exposer, nous indiquerons succinctement les cas où cette opération devient indispensable et ceux où l'on peut même extirper l'épaule en partie ou en totalité. | |
Ces Cas peuvent étre le résultat de plaies d'armes
* 560 AMPUTATIONS. + c# à feu, d'armes blanches, ou d’une maladie qui € |
. désorganisé le bras, de manière à compromettre l'existence de l'individu, si l’on ne fait le sacri M. du membre, ainsi que nous l'avons déjà observé. Dans les lésions aiguës , si le désordre ou la désorganisation se borne à la ligne qui limite inférieu- | rement, dans le bras, l’attache des tendons des | muscles grand pectoral, grand dorsal et deltoïde, | lamputation peut être pratiquée dans la continuité | du membre, immédiatement au-dessous de cette | ligne; si au contraire la désorganisation remonte au-dessus de ce niveau, et de manière à contraindre de couper ces attaches tendineuses, il faut avoir recours à la désarticulation, parce que le moignon qui résulterait de la section du membre, faite au-dessus ou à l'insertion même de ces tendons, ne serait d'aucune utilité au sujet privé de ses principaux mouvemens, et lui seraitau contraire nuisible en raison deson élévation habituelle, déterminée par la contraction des muscles sus et. sous-épineux, ainsi que de l’état de roideur où il entre bientôt et qu’il conserve nécessairement. Il résulte de ces effets, en outre de lérection permanente de ce moignon, un tiraillement douloureux dans les nerfs du plexus brachial et une trèsgrande gêne dans les mouvenens de l'épaule correspondante et dans toutes les fonctions de l’amputé. J'ai vu deux officiers supérieurs, qui avaient subi cette amputation au niveau de ces attaches tendineuses , se plaindre sans cesse de ces incom-
F7 sé « ais £ MER AMPUTATIONS. Di SG Modités et manifester le regret de n'avoir pas. été opérés dans l’article. | ÿ à 4 a ta Je pourrais même dire, toutes choses égales d’ailleurs, que, bien que le tiers supérieur du bras reste intact dans le cas d’une plaie qui n'aurait dés: organisé que sa moitié ou son tiers inférieur, l'amputation, pratiquée dans sa continuité, réussit moins bien que son extirpation à l’article. Quelque évidente que paraisse en effet la légère démarcation des parties attrites à celles qui présentent tous les signes de l'intégrité, il y a souvent des ruptures profondes dont on ne peut apprécier l’étendue, et l'ébranlement propage quelquefois ses effets intérieurement jusqu’à l'articulation, ce qui auge. mente, pour l’amputation du bras dans sa continuité , les chances d’insuccès. Sous le rapport anatomique, on pourrait ajouter, à ces motifs qui mettent le chirurgien dans l'incertitude, la différence qui existe entre la section faite dans la continuité du membre où tous les organes, jusqu'à l'os inclusivement, sont coupés dans leur épaisseur, et
celle qui a pour résultat la désunion des chairs.
qui recouvrent l’articlé dans une direction parallèle à son grand diamètre, et la séparation des deux | pièces articulaires qui ne sont que contiguës. À, plus forte raison, ce précepte doit-il être observé pour les maladies chroniques qui attaquent le membre, même en commencant par l'extrémité inférieure, telles quela carie des condyles de l'humérus, sa nécrose partielle, l'ostéo-sarcome, le