LIT
Ga | AMPUTATIONS.
spina-ventosa, le cancer et ce: sphacèle, car. il est rare que les effets de ces ‘affections ne se propagent pas, à travers la cavité médullaire de l 05, ses rabat fibreuses, ou le tissu cellulaire profond, ‘dans toute Té Rehdite du membre. Alors Famputation, ‘dans sa continuité, pourrait être en pure perte. J'engage donc les jeunes praticiens à porter spécialement leur attention sur le caractère et à extension de la maladie qui nécessite 1e ablation tive al'4 doit être le lêu où 1 lon doit pratiquer opération, pour qu'e "elle ait le succès désirable. Au total, nous pouvons dire que l'extirpation du bras à l'épaulé a eu dans nos mains, par 1 les, modifications que nous lui avons fait subir, les succès, les plus étonnans. Avant d enr apporter! les preuves, nous allons décrire le procédé opératoire tel que nôüs l'avons perfectionné et mis en pratique plus d'une céntaine de fois. Nous avons, même ajouté à cette opération , dans trois ou quatre cas remMar-, duables, l'extirpation totale ou partielle, de, l’é-: paul, et cette double opération : a été également, couronnée de: succès, On n’en sera point. étonné sk lon se rappelle l'accident de. Samuel. Wood, qui survécut à Tarrachement du bras. et, de, Yépaule. toute entière. ” ‘Nous supposons d'abord que opération. est rer. connué indispensable et que tout est PHÉPAÉ: pour son exécution. Le blessé étant assis, à la bauteur,
gonvenable, je commence par une incisien qui.
3 AMPUTATIONS, | 563 part du bord de l’acromion et descend en ligne droite à un pouce au-dessous du niveau, du. col de l'humérus. Par cette incision, je coupe lestégumens, et Je divise en deux portions égales, les fibr es motrices du deltoïde. Je fais ensuite retirer, par un aide, la peau du bras vers l'épaule, et je forme les deux lambeaux antérieur et postérieur par deux coupes obliques de dedans en dehors, ou mieux de dehors en dedans, de manière que. les deux tendons du grand pectoral et du grand dorsal soient coupés très-près de leur insertion à los: IL est. indifférent de commencer par le lambeau postérieur ou antérieur; cependant, comme l'artère circonflexe externe est la plus grosse, il y à plus de sûreté pour l hémorragie : à ne tailler ce lambeau qu'après l’antérieur. On n’a pas à craindre de toucher les vaisseaux axillaires, parce qu'ils sont hors de la portée de rearaa ste On coupe les adhérences celluleuses de ces deux lambeaux ; on les fait relever par l'aide, qui comprime en même temps les. orifices des deux artères circonflexes,, et toute l'articulation scapulaire, se met à découvert. Par un..troisième coup de couteau porté circulairement sur la tête de l'humérus, on coupe la cap
sule et les. tendons, qu'on peut désigner. sous le nom d articulaires; on luxe la tête de l’os.en dehors; on;passe le couteau à à sa partie postérieure pour achever la section des attaches tendineuses et ligamenteuses de ce côté, L'aide porte immédiatement
les deux ou trois premiers doigts de ses deux
mains sur le pres brachial pour comprimer l'ar- | tère qui passe à travers ses mailles et se rendre | maître du sang; on détourne le tranchant du cou teau un peu en avant; on le fait couler sur le cylindre de lhumérus, et on coupe, au niveau des angles inférieurs des deux lambeaux et audevant des doigts de laide, tout le paquet des nerfs et vaisseaux axillaires. Le blessé ne perd pas une goutte de sang, et, sans faire cesser la compression, on découvre facilement l'extrémité de l'artère axillaire que l’on saisit avec une longue et forte pince à disséquer, pour en faire la ligature immédiate. Il ne reste plus que les deux ATEN circonflexes à lier, et l'opération est terminée ” Lire
Si l'âmputation est pratiquée dé les premières douze heures, pour unemaladie aiguë, telle qu’une blessure, ce qui suppose les parties coupées intactes, l’on peut réunir les bords de la plaie résultant de l'opération, d’une manière intime et exacte : dans le cas au contraire où l’extirpation serait faite pour une maladie chronique, il'est utile de mettre dans le fond de la plaie une petite bandelette de linge fin trempé dans l’huile d'amandes douces, laquelle doit s'étendre de la cavité glénoïde du scapulum , à Pangle inférieur de la plaie. Quelle que soit la nature aë ces maladies, le principe morbide porte toujours une atteinte plus ou moins
\ Voyez, pour le résultat de ce procédé opératoire, la planche qui lui est relative.
AMPUTATIONS. 565 sensible à l'intégrité de toutes les parties du membre, en sorte qu’on ne peut point considérer celles qui doivent former le moignon comme parfaitement intactes; et dans ce cas la réunion trop immédiate serait dangereuse. Cette bandelette de linge, sans s'opposer à la réunion convenable, a l'avantage de laisser écouler les fluides qui s'épan: chent dans la cavité profonde que laisse l'amputation du membre.
. Mode de pansement. Onrapprocheles lambeaux au devant de la bandelette de linge, si elle a dû être employée, etonlesfixe en contact aumoyendedeux ou trois emplâtres agglutinatifs peu serrés, d'un linge fin fenêtré, enduit d’une substance balsamique, ou trempé dans une liqueur tonique et pau neuse, telle quele vin chaud,sucréou miellé. Desgàteaux de charpieou d’étoupe fine,poséssur ce linge, des compresses simples croisées surle moignon, et une double bande très-large, dont les deux bouts sont roulés en deux globes égaux, et les deux autres COuSUs RS terminent l’ ppt
Un gonflement inflammatoire, relatif à l’état des parties et au mode de pansement, survient bientôt après et parcourt ses périodes avec plus ou moins de facilité; à cet engorgement succède un travail de suppuration, qui se manifeste du troisième au cinquième jour; la détersion ed A graduellement dans les points. de la plaie qui n’ont pas contracté d'adhésion mutuelle par la cicatrice primitive; les ligatures tombent du neuvième au
treizième jour ; enfin les parties $e rapprochent, là cicatrice consécutive commence du dix-neuvièmé au vingtième jour, et s'étend rapidement dé là cir= conférence au centre; elle est ordinairement terminée du trentè-unième au trente-cinquième où quarante-unième jour au plus tard, Cette cicatrice présente à peu près la formé d’un Y renversé, dans une ligne parallèle la direction du bord antérieur de l'omoplate. L’extrémité inférieure de cette ciea: trice linéaire se bifurque en effet dans l'étendue de quélques lignes, parce que les tégumens qui étaient en rapport primitivement avec les vaisseaux axillaires, sans produire de limbeäux/comriie on a pu le croire, forment la base du triangle de cêtte bifurcation.
Ge ‘procédé opératoire peut être généralement appliqué à à tous les cas qui se présentent à l’armée comme dans la pratique civile : mais lune dés conditions les plus importantes pour lé succés de cette opération est de ne lever le premier appareil que le plus tard possible ; on peut néanmoins en renouveler les compresses extérieures. Un:chef de bataillon déjà cité du corps du maréchal Ney, après avoir subi, à labataïlle de la Moscow, l amputation faite par moi du bras gauche à l'é épaulé, se mit en route pouf la France immédiatement après cétté opération , et il ÿ arriva sans avoir été pansé üne seule fois. Il lavait journellement l'extérieur déson appareil avec une éponge; il recouvrait ensuite lé moignon d’une peau de renard, et à son arrivée
dans sa patrie, il à trouvé la cicatrice de sa plaie entièrement terminée. Les ligatures étaient dans l'appareil.
Quelle que soit l'étendue du désordre de. la plaie, où sa disposition particulière , , Je procédé : opératoire que nous venons de décrire est toujours praticablé, à quelques modifications F prés: J'ai remarqué même que l'éxtirpation du bras sans Er beaux. se guérit mieux que lorsqu'o on veut en consérver dont la disposition est contre nature. Ainsi par exemple, dans les cas de déperdition totale des chairs du moignon de l'épaule, j'ai vu des chirürgiens-majors recouvrir la tête du scapulum avec un lambheau formé aux dépens des parties molles de la région axillaire et interne du bras, dans l’intime persuasion que ce lambéau s’unirait aux parties subjacentes et suppléerait à à ceux que nous formions d' après notre procédé. L'on concoit d'avance qüe ce lambeau doit sé frapper de £ gangrène où dé pourriture d'hôpital, et que l'affection pütride étend par contagion dans toute la plaie et fait périr le malade. Tel à été le sort de deux sujets opérés à la bataille de Wagram d après ce procédé : lun succomba assez promptement, et je fus Te is tar d uit le detxière. Nous trou péieks de nef: fait Aux dépèns des Rd chartes du côté interne du bras qu on avait r retroussé sur là tête de l'omoplaté, où il était fixé
pät lun gränd nombre dé ‘bañderettés agglütina-
568 AMPUTATIONS, ; tives. Ce Jambeau était déjà flétri, et, toutes les parties de l'épaule étaient frappées d'un engorgement érysipélateux parsemé de phlyctènes gangré: neuses. Le blessé était dans un état de prostration extrême, et mourut la nuit suivante. L’on verra, par les observations dont nous allons rendre compte, que ce lambeau, qui ne pourrait d’ailleurs jamais se réunir aux parties qui environnent la cavité glénoïide, est parfaitement inutile, puisque la cicatrice s’est très-bien faite chez plusieurs des sujets de ces observations , sans ce secours naturel. | A st:
Comment expliquer maintenant les succès que nous avons obtenus de cette désarticulation opérée d'après le procédé que nous venons de décrire, succés tels que, sur cent onze opérations de ce genre que nous avons pratiquées, aux armées ou à Paris, quatre-vingt-dix-sept ont eu le résultat le plus heureux, Ce qu'il serait facile de prouver parle registre du bureau des pensions du ministère de la guerre et celui de l'hôtel des Invalides? Sans prétendre résoudre cette question, je vais essayer d'indiquer les causes ou les motifs de ces succès : 1° L’incision perpendiculaire que, je pratique au centre du moignon de l'épaule, fait dessiner avec justesse le reste de l'opération et en facilite l'exécution. Elle est d'ailleurs terminée en un clin-d’œil, et elle favorise, par la suite, le rapprochement et l'adhésion. des bords des deux lambeaux, de manière à rendre: 8 Cicatrice uniforme : on taille enfin ces deux lam-
AMPUTATIONS. 569 beaux avec la plus grande régularité, en sorte que la coupe totale présente le résultat de amputation circulaire. 2° Par la manière dont je fais saisir les vaisseaux , avant de couper les parties du creux de l'aisselle, je préviens toute hémorragie, et je mets la vie du patient dans la plus grande sécurité, avantage inappréciable duquel dépend esconelleniet le succès de l'opération. 3° La nature a d’autant plus de facilité à cicatriser les lambeaux entre eux que la réunion s’en fait dans le sens du diamètre longitudinal de la cavité glénoïde du scapulum, et que la plupart des muscles du moignon de l'épaule sont divisés selon la longueur de leurs fibres ou coupés à leurs insertions tendineuses , ce qui facilite la réunion et la cicatrice qui devient linéaire.
D'après ce que nous venons de dire, il serait facile de mettre en parallèle, pour l’extirpation du bras, mon procédé avec tous les procédés conpus, pus je ne me permettrai pas de faire l'analyse critique. Cette tâche me paraît d’ailleurs avoir été parfaitement remplie par l’auteur (Samuel Cooper) du Dictionnaire de chirurgie. anglais , dont la traduction a paru en 1826 (2 vol. in-8 ).
Nous allons commencer le récit de nos observations sur cette opération par celles qui ont eu pour résultat, avec l’extirpation du bras, l’extir: | pation d’une grande portion des os qui forment l'épaule. L'une des plus remarquables de ces observations a été recueillie par le docteur Carter on
fie LOPEEESS
en A
chirurgien en chef de l'hospice de Troyes, FOR la campagne de France ” "PSS Le sujét de cette hier hof était un jeune canonnier de l'artillerie de l'ex-garde impériale, nom mé Jacques Berger, natif de Mely, département dé la Côte-d'Or, lequel fut atteint, à la bataille de Ja Rothière Près Brienne, le 3 janvier 1814, d’un boulét de canon de pros safBiel au moignon de Pépaule gauche. Les parties 1 molles furent dilacé: rées; l’'humérus était fracturé à son quart supérieur, et l'apophyse icromion ainsi que le bec coracoïde étaient rompus ét mobiles. Cependant, malgré là | gravité de cette blessure , ce canonnicr fut peu porté, avec les autres blessés, du champ de bataille aux hôpitaux de Troyes, où le quartier général de l'armée se rendit le lendemain. À mon arrivée, je m'empressai de visiter l’hôpital où tous les blessés graves avaient été réunis par mes ordres. Parmi ceux qui réclamaient une opération plus ou moins déhicâte, ,jedistinguailemalheureux Berger, menacé d’üne mort prochaine, et dont la blessure présentait lés phénomènes que nous avons désignés plus haut. Frappé de l’urgente nécessité d'extirper le bras ‘et d'enlever toutes les parties désorganisées de POPARE, nous procédimes aussitôt (ce était Je 4 jativier) à cette grave et difficile opération ‘3 li iänière suivante, étant assisté de MM. les doc
1 Cette ébservation, exposée dans le. plus grand ah eat
insérée dans les Bulletins de la Société de 4 Ecole de e Médecine, ton. IV, ännée 1819. d
AMPUTATIONS. Mu, 7:
teurs Villermé, Carteron, et de l'un de mes aides. $ M. Desruelles. ”
La presque totalité du moiïgnon de l'épaule.
ayant été emportée par le Brôtécté: ifuti impossible de former des lambeaux réguliers ; cependant nous en produisimes deux petites portions par une incision mitoyenne et perpendiculaire aux tégumeñs ecchymosés du sommet de l'épaule et par üne dissection ménagée vers les côtés, laquelle mità découvert l’acromion et le bec coracoïde fracturés et presque entièrement isolés de leur périoste. Je toupai ensuite, sur là tête dénudée de l'humérus | par une vb semi-lunaire , les tèndons des sus, sous-épineux et petit rond ; la tête de l’humérus e trouva alors dégagée dé sa évité sans aucun éffort, eten portant mon coûteau en arrière ét en bas, j'a: chevai la section de là capsule dans laquelle : sé trouvèrent compris les tendons de la longue portion du biceps et du muscle sous-Scapülaire. Mon aide Saisit aussitôt le plexus brachial pour se rendre maître du sang, et après avoir fait couler on i in-
strument sur le corps de l’humérus » je coupai au-devant des doigts de cet aide, les vaisseaux et les nérfs axillaires. Le ÉAEE, “major, M. Vil: Jèrmé, fut chargé de faire la ligature dé l'artère. | Cetté première opération térininée, nous exa- ‘iñinâÂmes attentivement lé désordre ( qui S'éténdait dans épaisseur de l'épaule; après avoir détaché Täcromion, nous fimiés l'extirpation de l'ipophyse
ébrabéide et de tête du Scapulüm éomprisé dans
ba AMPUTATIONS,
Ja fracture de cette dernière éminence. Le tiers postérieur de la clavicule, déplacé en dedans, fut également dénudé, scié au-delà de la fracture et détaché du reste de cet os. Le fracas s'étant étendu à l’épine et au bord supérieur de l'omoplate, je fus obligé d'isoler ces portions osseuses, des attaches musculeuses, et d’en faire la résection. Après avoir extrait tous ces corps étrangers et lié deux ou trois rameaux artériels, nous rapprochâmes les bords anguleux de cette énorme plaie et nous les fixâmes le plus possible en rapport, au moyen de quelques bandelettes agglutinatives croisées sur cette déperdition de substance; un linge fenètré, enduit d’onguent de styrax, fut posé sur toute cette sur face entamée : des gâteaux de charpie mollette, des compresses de toute forme et un bandage contentif légèrement serré terminèrent le pansement. Des boissons mucilagineuses et un léger calmant furent prescrits.
Les deux ou trois premiers jours furent un peu orageux, mais ensuite le calme s'établit chez le malade, et il alla progressivement de mieux en mieux. Le premier appareil, si j'en excepte les compresses extérieures, ne futlevé que le dixième jour, et à mon passage une deuxième fois à Troyes, J'ai trouvé notre jeune canonnier en voie de guérison : M. Carteron me fit connaître plus tard qu’elle fut entière et parfaite. (7oyez le Bulletin cité),
Un deuxième cas, à peu près semblable, s'est présenté à la prise de Smolensk en Russie, sur un
caporal du 13: régiment de ligne. Un boület de fort calibre lui avait réduit en pièce la tête de l'humérus gauche, la clavicule et la totalité de l’'omoplate; les fragmens osseux étaient renversés sur le dos, avec les parties molles déchirées et attrites. Cette plaie était d’un aspect effrayant; ce militaire, dans un état de souffrance insupportable, demandait à grands cris qu'on le débarrassât du reste de son bras et d’un grand nombre d’esquilles fichées dans les chairs. Malgré le peu d'espérance que donnait cet infortuné, je tentai l'opération suivante : après avoir extirpé le bras, qui ne tenait. que par quelques lambeaux, et avoir lié l'artère axillaire, je fis l'extraction de toutes les pièces : osseuses détachées des muscles et de leurs périostes; j'incisai les principaux lambeaux désorganisés; je rapprochai les bords frangés et inégaux de cette énorme plaie, et je les maintins dans cet état au moyen d’un grand nombre de points de suture, de bandelettes agglutinatives et d’un grand linge fenêtré ; des gâteaux d’étoupe fine et le bandage scapulaire terminèrent le pansement. Je confiai ce blessé, qui était, immédiatement après l’opération, entré dans un calme parfait, aux soins de M.Sponville, l’un de nos chirurgiens-majors. Je fus informé par lasuite qu’il avaït été évacué, le trente: cinquième jour, de Smolensk sur la Pologne, étant en voie de guérison. Je n’en ai pas eu de nouvelles depuis; mais il y a tout lieu de croire, qu'à moins d'une autre maladie, ce militaire aura été sauvé.
ar MPUTATIONS.
.Je yais maintenant rapporter quelques observa- Sam encore remarquables d’autres sujets opérés à l'articulation d désignée, dans différentes batailles, Je ng rendrai point compte desopérations que j'ai eu occasion de pratiquer pendant la première campas gne du Rhin, et celle des Pyrénées orientales,en Espagne, parce que je n'étais pas encore fixé sur mom mode anfratpire : perfectionné depuis. Deux de ces arapatés à l'épaule étant guéris, furent présentés néanmoins, comme sujets de çures dignes de re= marque dans ces temps reculés, à MM. Coste et Sabatier, inspecteurs, membres du conseil de santé suprème desarmées.(7oyez la relation de mes Cam: pagnes.) Mais nous nous arrêterons un instantisur, les sujets. qui ont subi cette, opération pendant, notre expédition en Égypte, comme ayant offert des phénomènes singuliers. Le nombre s'en est, élevé : à dix-neuf, dont dix-sept étaient déjà parve-. nus au terme de la guérison, lorsque quatre d'entre, eux furent frappés de la peste qui les fit périr, Les: deux derniers avaient succombé aux effets de lai commotionet de l ébranlement nerveux. quiavaient, été portés, par la cause xalnésante » SUR lesargenes iptérieurs, jé) Au nombre des treize qui ont sibté éd étaient le général Fugières et l’un des principaux mame= loucks de Mourad-Bey. Ce musulman, l'un, des, premiers, blessés que je reçus à mon ambulance, aprés la prise du fort Belleys, avait eu, pendant le siége de çette place, le bras gauche désorganisé
SRPARRE sa
nisé, ne tenait que par quelques. cn nes de déauti mens, | des tendons et les trousseaux ligamenteux. Lorsqu il fut question de la désarticulation de ce | membre, ce mamelouck, qui n'avait jamais entendu parler dans sa troupe d’ aucune opération chirurgicale, crut qu'il devait avoir la tête tranchée, et dans sa pensée il s'était préparé en conséquence, tendant le col : pour subir ce ‘jugement. L'opération fut très-prompte, et elle eut un résultat: si! heureux que ce blessé fut guéri le vingt-cinquième jour. À sa grande surprise et inexprimable satisfaction, je le fis reconduire , avec l'autorisation du général Bonaparte » à Son chef Mourad-Bey. Ce musulman était pénétré d’une si vive reçonnais: sance, que lorsqu’ il apprit, à la fin de notre. expédition et pendant le blocus d'Alexandrie, que j'al- Jais, repasser en France avec l’armée, il prit la: résolution < de venir m'y rejoindre pour me faire ses derniers adieux. En conséquence il partit de-l& | Haute-Egypte et traversa environ quatre-vingts: lieues du désert qui borde k Lybie, pourarriver, à Alexandrie, où il pénétra, pendant la:nuit, à; l'insu des troupes anglaises, et de, nos, sentinelles: placées aux portes de la ville. Il parut être au: comble de Ja joielorsqu’ il me vit, etilne. me. sc
qu'avec lesmarques d'un profond regrets.
Le général Fugières, blessé à la première bataille d'Aboukir, avait été frappé à à l'é épaule droite transversalement d'avant en arrière, par un boulet de canon. Les tégumens, le auto et une portion de l’acromion avaient été emportés; la tête de l’ humérus, fracassée, l'artère axillaire, quelques cordons de
nerfs et les tendons du pourtour de l'articulation
rompus, en sorte que le bras, déjà froid, ne tenait que par une portion des tégumens de ha et
les tendons du grand dbreai et du grand rond.
Telle était la blessure, lorsque ce général me fut apporté de la mêlée à ii OT ES du centre derrière la ligne de bataille. La commotion du boulet et la quantité de sang qu'il avait perdu à l'instant même du coup, le mettaient dans le plus grand danger. Son visage était décoloré; son pouls à
peine sensible, et il éprouvait des angoisses qui? me.
faisaient craindre une mort prochaine.
Je ne vis de salut que dans l'opération immédiate. Je formai deux portions de lambeaux, une postérieure prise du grand dorsal, du grand rond et dela peau, l’autre, plus courte et plus petite en devant, faite aux dépens d’une portion du pecto-
ral qui avait échappé au boulet, et des tégumens
environnans. L’artère était déjà rétractée sous les pectoraux’et laissait néanmoins couler du sang qui en'sortait en plus ou moins grande quantité,
selon lés efforts que faisait le blessé, en sorte qu'il
me fallut couper le corps de ces muscles pour la - découvriret la lier très-près de la clavicule. La plaie
, DR Cat ds
PPS \ c ANA 54) ‘4 ù 19
AMPUTATIONS. ae L D qui résulta de cette opération était énorme; j'en rapprochai, autant qu'il me fut possible, les bords dont une partiefut ensüite détruite: par lagangrène que la forte contusion avait détermiméesst: 15 1) Le surlendemain de là bataille; j'accompagnai moi-même ce blessé à Alexandrie; et} je; lui continuai mes soins jusqu'à la chute des éscarres et la cessation totale des premiers aecidens. A cette époque, je rapprochailes lèvres de la plaie, à l’aide d’un bandage unissant qui. ne portait que.sur la circonférence. Ce moyen a favorisé la cicatrisation -€t probablement secondé la euérison, quifut complète deux mois apres: la cicatrice,ne s’est faite que par une grande extension des técumens, et leur adhérence sur la cavité de l’os Pen aussi ce général a-t-il éprouvé long-temps, dans le moignon , des tiraillemens douloureux et des fourmil- * lemens incommodes que} ‘attribue à la tension des filets nerveux'et à la gène de la circulation.dans le système vasculaire de la cicatrice: À son retour en France, il fut nommé gouverneur de la succursale des Invalides À à Avignon, où.il a vécu dix- -sept ans. À la bataille de Wagram , le premier blessé qui fut apporté à mon ambulance fut le général Daboville, alors colonel de l'artillerie légère de la
garde impériale *. Un boulet, de gros calibre lui
* Ce colonel obtint, sur le rapport que je fis à l’empereur le lendemain de l'opération (ou deson retour à la vie); les titres de général de brigade, de commandant de la Légion-d’Hon-
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558 __ AMPUTFATIONS.
avait emporté une partie du moignon: sil Pépiule
droite et. fraéassé1 articulâtion ‘’scapulo-humérale. Une grande: portiondu grämd péctoral, di u deltoïde et du grand dorsal; était arrachée; les deux côtes
correspondantes! étaient! fractürées ; lacromion,
J'extrémité humérale de la ‘clavicule, étaient ‘franassés Eatète de l’humérus était séparée en trois portions,’et: déplacée vers letcréux de Paisselle; l’une
d'elles était fichée dans le plexus brachial, dont les maïlles furent dilacéréess l'artère axillaire était trés-distendué ét prête à se rompre; ellé offrait déjà une dilatation anévrismale. Le pouls: du blessé
‘se faisait: à péiné sentir; la pâleur de la mort était
empreinte sur son visage; les yéux étaient térñes À
armoyans; la voix était éteinte; ilavait déjà des an-
-goisses et le hoquet; enfin tout annonçait uné fin -si prompte, que j'hésitai un moment à l’opérer, dans la crainte de le voir expirer pendant lopé- ‘ratiôn; ‘éncoré quelques minutes de délai, et le général Daboville n'aurait pas recueilli les lauriers
qu'il avait si glorieusement mérités. Je me décidai à lui faire Pamputation, moins dans Yespoir d’urre
guérison, que dans l'intention de calmer la dou-.
Jeur et de le soustraire aux tourmens horribles
qu il nb # T4
À mon à agréable e sürprise, l'extirpation, qui fut faite en quelques instans, eutun résultat heureux:
Ce TT
neur et de Bérof , avec une dotation de 30,000 francs de re venu. (Il est aujourd’hui pair de France.)
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AMPUTATIONS. 579 cependant il avait fallu couperune portion du grand pectoral, pour lier l'artère au-dessus de sa dilatation anévrismale. Ge succès momentané ne me laissait encore rien espérer de l’état de ce blessé : je l'avais placé sur un mauvais lit de paille, ou | plutôt de fumier, où il resta dans le plus grand repos , jusqu’à l'époque de son évacuation sur Vienne: Plusieurs syncopes qu'il avait eues, pendant ce laps de temps, me faisaient craindre qu'il ne, pût, supporter, ce court voyage; aussi ne fut-il évacué que le dernier. Je le fis porter avec précaution sur un brancard préparé à cet effet; l'appareil extérieur fut renouvelé , et l’on ne changea les pièces profondes que le cinquième jour.
La plaie était énorme et effrayante; néanmoins le blessé était. calme; tranquille, et parlait d'une voix plus assurée. Il avait dormi d’un bon sommeil quelques heures de la première et de la deuxième nuit. Les pansemens furent simples et faits avec beaucoup desoin ,sous mes yeux, par l’un des chirurgiens du corps d'artillerie de la garde. Les forces du colonel revinrent par degrés , et il ne tarda point à faire usage d'alimens légers. La plaie alla toujours de mieux en mieux, et apres trois mois de traitement, M. Daboville s'est trouvé FRS ment rétabli. : A TN
Peu de momens apres l’'am Duo pratiquée sur ce colonel, je reçus dans mon ambulance un autre officier supérieur de l artillerie de lagarde (M. Desnoyers), qui avait eu également le bras droit désor-