HE
Gro | AMPUTATIONS.
(pe L'AMPUTATION DES MEMBRES INFÉRIEURS.
Les membres pelviens sont beaücoup plus éxposés que les membres pectoraux à l’action des causes des maladies aiguës ou chroniques qui nécessitent lamputation de l’ün ou de deux de ces membres: cependant on a été plus loñg-temps à perfection: ner les procédés opératoires de celle qu'on pratique sur les premiers, que ceux del’amputation des membres supérieurs; aussi, dès le commencement de la guerre, avons-nous dirigé toutes nos recher: ches vers cet objet imipartantoc ls |
L AmpUAEON de la cuisse à son articulation supérieur e, qu’ on n'avait pas encore pr atiquee pour. des sir aiguës, fixa surtout mon attention.
L'Académie mass de Chirurgie avait déjà éveillé la sollicitüde de tous les chirurgiens de l'Europe parle prix qu'elle proposa, vers le milieu du dernier siècle , sur la question de savoir si cette opération était praticable, et dans cette supposition; de faire connaitre les cas où elle convenait. Quelque cruelle. qu'elle parüt à mes yeux, je dus la considérer comme utile, dès qu’elle pouvait sauver. les jours d’un blessé, si le. chirurgien était assez hardi pour l'entreprendre. Le succès que j'avais déjà obtenu plusieurs fois, chez le même blessé, de Pamputation des deux cuisses, des deux ee du bras à l'épaule, d’un bras et d'une jambe ; l'exemple de ce soldat qu'on. voyait aux Tavalides, aptes la guerre du HRAPYTE avec les
AMPUTATIONS. | Grx quatre membres amputés, ainsi que.celui de Samuel Wood, qui avait eu le bras etitoute l'épaule arrachés par une aile de moulin, m'inspirèrent la courageuse idée de pratiquer l’extirpatign de..la cuisse lorsque l’occasion s’en présenterait. ‘Elle ne tarda pas à s'offrir : mais avant de faire connaître
les cas pour lesquels nous avons pratiqué cette opération grave, nous indiquerons le procédé que nous avons imaginé pour en rendre l'exécution aussi sûre que facile. Chacun des concurrens au. prix proposé par l’Académie, partisan. de l’opération, avait établi son mode opératoire particulier; mais toutes ces méthodes nous ayant paru présenter des inconvéniens et des obstacles difficiles à vaincre (nous les avons analysésau deuxième volume de nos Campagnes, page 180), nous cherchàmes à en établir un qui fût plus facile : après l'avoir concu, nous en fimes des essais sur le Ca= davre , et nous eûmes bientôt l’occasion de le met. tre kexécution sur le vivant. Nous allons le décrire, Ù Nous supposons, comme pour toutes les opéra, tions difficiles, que tout est préparé pour celle qui nous occupe, etqueles parties qui entourent l’artis culation $ont assez intactes pour permettre de tailler méthodiquement les lambeaux qui doivent être formés dans cette opération. Le blessé doitêtre couché horizontalement sur une table étroite gars nie d’un matelas, et sa tête élevée sur un oreiller, Le chirurgien opérateur se place au côté interne de la cuisse malade, et après avoir disposé ses
Girè AMPUTATTONS.
aides , il commence l'opération par la ligature de l'artère crurale, qui doit être pratiquée au-dessus de lorigme de la musculaire commune, pour se rendre taître du sang et prévenir une hémorragie qui pourrait être mortelle. Pour cela il fait, à l’aide d'un bistouriconvexe,une incision parallèle au premier vaisseau, et qui commence immédiatement au-dessous de l’arcade crurale pour se continuer à environ trois pouces dans laine. Ilisole de son tissu cellulaire , des feuillets aponévrotiques ét dés cordons nerveux, l'artère et la veine crurale quilui est contioué; il passe ensuite sous ces deux vaisseaux, et le plus haut possible, à l'aide de notre aiguille flexible àanévrisme,une forteligaturequ’ilserre graduellement, mais sans sl dt sur un petit rouleau de sparadrap et jusqu’à la constriction complète des deux vaisseaux. L’extrémité de cette ligature est retenue sur le bas-ventre au moyen d’un emplâtre agglutinatif, et confiée aux soins d’un aide. M. cute: célèbre chirurgien des armées anglaises, critique cette ligature préliminaire, sur ce qu'il est difficile, en Le pratiquant avec l’aiguille, d'éviter d'y xbipienité la veine sa compagne, circonstance très-fâcheuse selon les médecins anglais. L'expérience ayant depuis long-temps dissipé nos craintes , Si nous avions eu raison d’en avoir, noüs croyons avoir prouvé, dans un article précédent , qu’elles ne sont pas fondées. Du reste, il est prudent de ne confier la compression de ces vaisseaux, quelque habiles que soient les assistans, qu'à la
AMPUTATIONS. RE, ligature elle-même, qui n’a d'autre inconvénient qu'une incision préliminaire qui doit servir. à {ormer le lambeau interne. Cette première indication remplie, on divise la peau de tout le membre par. une coupe circulaire qui commence en arrière, immédiatement au-dessous du grand trochanter, et se continue en ligne droite vers le pli de la fesse. Parvenu au troisième ou quatrième coup de. couteau, on termine Ja section d’arrière en avant dans une ligne parallèle à la première; ensuite on taille le Ilambeau interne de dehors en dedans ou de dedans en dehors, selon que les parties sont. plus ou moins intactes; on découvre le côté interne de l'articulation, dont on coupe la capsule ligamenteuse avec le méme instrument ; on fait luxer la tête du fémur en dedans; on coupe le ligament inter-articulaire ; on écarte, le plus possible, cette éminence de son cotyle, et l’on passe le même couteau au-dessus du grand trochanter, pour couper les attaches tendineuses des muscles rotateurs de la cuisse. En inclinant le couteau » On rase enfin la surface externe de cette tubérosité pour couper le faisceau tendineux des muscles fessiers, et lon tombe ainsi dans la division préliminaire de la peau. En formant ce deuxième lambeau, on à coupé les artères fessière et ischiatique qu’il fant lier immédiatement, et on réunit les ligatures de ces vaisseaux à l'angle inférieur de la plaie, 11 est utile de placer une petite bandelette de linge trempée dans l'huile d'amandes douces, laquelle
614 AMPUTATIONS. | doit s'étendre de la cavité cotyloïde à cet angle in: férieur. Cette bandelette prévient le séjour des fluides dans cette cavité, qui doit être recouverte par le lambeau interne, et en facilite l'issue au dehors sans s'opposer à la réunion des deux lambeaux ; à laquelle on procède au moyen de quelques points de suture entrecoupée, qu'on pratique dans les tégumens , après avoir mis les parties divisées dans le rapport convenable : ces points de suture doivent être soutenus par des bandelettes agglutinatives, par unlingefenétréenduitd’unesubstance balsamique qui couvre toute l’étendue de la plaie, et l'on termine le pansement par des gâteaux de charpie, des compresses longuettes qui s'entrecroisent à leurs extrémités pour exercer une légère compression latérale sur la base des lambeaux, qu’on fixe enfin en rapport d’une manière solide par un bandage tout-à-fait conforme à celui que nous avons indiqué pour l’amputation du bras à l'épaule. Dans le Mémoire précité, nous croyons avoir prouvé que cette opération peut être faite sans danger, et qu'elle peut avoir un résultat aussi heureux, toutes choses égales d’ailleurs, que celui qu'on obtient de l'amputation de la cuisse pratiquée à son tiers supérieur. 1° Par notre mode. de pansement , nous avons répondu d’avance à la première objection (la grandeur de la plaie), faite par les antagonistes de cetteamputation. Le succès que nous avons obtenu dans les cas que nous avons rapportés de l'extirpation, non-seulement du
AMPUTATIONS. Hot Gr bras, mais de l'épaule, étaye notre réponse. 2° Pour ce qui regarde la difficulté du manuel opératoire, et surtout celle de désarticuler la tête du fémur, nous pensons lavoir surmontée par le procédé que nous ayons imaginé, bien plus facile et plus prompt que les procédés proposés par les concurrens au prix de l’Académie. L’ expérience en à fait vérifier les avantages. 3° Quant à la rétraction des muscles présentée par les auteurs comme dangereuse , nous pouvons dire qu'elle a été exagérée, et l'anatomie nous apprend qu’elle est bornée à une très-courte étendue. Lorsqu'on a conservé aux lambeaux la grandeur convenable, les faisceaux charnus se maintienn cnt assez longs pour se mettre en contact etse réunir même par première intention. 4° L'on prévientl’hémorragie, l’une des objections les plusfor tes, par la précaution que je prends de faire la ligature de l'artère crurale, et par le soin qu on doit avoir de faire comprimer par les aides | les artères coupées pendant l'opération, jusqu'à ce qu'on en ait pratiqué la ligature. 5° Le refoulement du sang, que les praticiens ont considéré comme un accident mortel, n’est point À redouter, parce qu'on en prévient les effets fâcheux par la phlébotomie, si elle est nécessaire, ou par les ventouses scarifiées posées à l'épigastre et aux régions dorsales, moyens très-propres à rétablir l'équilibre dans la circulation générale et capillaire.
Maintenant quels sont les cas où cette grande opération est indispensable ? Ces cas appartiennent
Gi 6 AMPUT ATIONS.
aux nladtés aiguës et aux maladies chroniques, Pour les premières, les raisons que j'ai données dans le premier et le deuxième cas, qui nécessitent l'amputation d'un membre, ont ici leurapplication, en supposant toutefois que le désordre s’étendit jusqu'aux éminences trochantériennes du fémur ou ‘tout près dela jointure, de manière à cequ’on ne püt amputer la cuisse dans sa continuité. Pour les maladies chroniques, nous pensons que dans le cas de toutes celles qui ont désorganisé la totalité de l’un des deux membres inférieurs, on ne doit pas balancer à pratiquer cette opération; telles sont le sphacèle, l'ostéo-sarcôme ”, Le spina ventosa du fémur, certaines nécroses , et les ulcères cancéreux qui ont dévoré une grande partie de la cuisse, jusqu'au voisinage de l'articulation.
L'opération faite, le chirurgien doit diriger ses vues vers l’état général du sujet et ne renouveler l'appareil que le plus tard possible. Je l'avais pratiquée pour la première fois sur un blessé de l’un des combats que nous essuyames, en 1795, à l'armée du Rhin. Le succès instantané que nous en avions obtenu nous persuadait d'avance qu’il pourrait être complet, si les circonstances étaient plus favorables : celles où nous nous trouvâmes nous forcèrent en effet d'abandonner ce blessé, qui périt sans doute dans le trajet pénible qu’on lui fit
* M. Baffos , d’après mon exemple , a fait cette désarticulation avec succès chez un très-jeune sujet pos ce genre de ma-
Jadie.
faire sur une mauvaise charrette pendant la nuit et. à une grande distance. Un = Le deuxième blessé à qui j'eus occasion de pratiquer cette extirpation était un officier de la dixhuitième demi-brigade de l’armée d'Orient, nommé Bonhomme, qui fut apporté à mon ambulance sous la forteresse de Saint-Jean-d’Acre, en Syrie, au quatrième assaut qu’on livra à cette place. Une blessure énorme au tiers supérieur de la cuisse droite, avec fracas du fémur et rupture de lartère fémorale près de laine, commandait impérieusement l'extirpation de ce membre, car cet officier n'avait sans doute que quelques minutes à vivre. La nécessité et l'urgence en ayant été reconnues par mes collaborateurs, après avoir tout disposé pour son exécution, j'y procédai dela manière suivante: je mis d’abord l'artère crurale à découvert par une incision parallèle qui commençait immédiatement sous le ligament de Fallope; elle fut liée avec la veine du même nom sur un petit rouleau de sparadrap de diapalme. Le lambeau interne et la section de la capsule articulaire se firent avec la plus grande facilité ; l'os fut promptement désarticulé , et j'achevai mon opération par une coupe inclinée sur la couche profonde des muscles fessiers, pour former le lambeau externe et postérieur, auquel je donnai une forme carrée et légèrement arrondie vers son angle postérieur. Les branches artérielles, coupées pendant Jopération, furent liées, et comme j'avais pu donner aux lambeaux
une forme régulière de rapport, il me fut facile d’en opérer laréunion au moyen de quelques points de suture entrecoupée, de bandelettes agglutinatives et d’un bandage approprié.
Ce blessé, tr ansporté à ambulance centrale du siége, y passa les cinq premiers jours dans l’état le plus satisfaisant. Le premier appareil fut levé à
cette époque et renouvelé avec le plus grand soin;
une grande partie de la plaie se trouvait déjà réunie, et tout nous assurait la guérison de cet opéré; Page dans la nuit du sixième au septième Jour, un autre blessé atteint d’un bubon pestilentiel ayant été déposé par mégarde à ses côtés, mon jeune officier contracta cette maladie, qui fit développer aussitôt, dans la plaie du moignon, une affection gangréneuse qui se propagea si rapidemént, qu il mourut dans la nuit du huitième au neuvième jour.
Au treizième et dernier assaut de cette ville, il se présenta à mon ambulance de la tranchée un deuxième sujet, àgé d'environ 21 ans, tambour
dans la deuxième donne d'infanterie légère,
lequel avait eu la presque totalité de la cuisse droite emportée, à son tiers supérieur, par un éclat de bombe, et de manière que le fracas de l'os
s'étendait jusqu'à l'articulation. Ce bléssé, quoique affaibli par l’hémorragie qui avait eu lieu à l'instant du coup, éprouvait 186 plus vives douleurs qu'il SRprt par des cris affreux *. Je prôcédai tout de
NET remarqué que toutes ces grandes blessures sont suivies, peu de temps après l’accident , 4 douleurs atroces et de tirail=
AMPUTATIONS. | 619 suite à l'extirpation du reste de ce membre (car il était morcelé), de la même maniere que chez le sujet précité. L'opération terminée, je pratiquai plusieurs points de suture pour fixer les lambeaux en rapport et prévenir leur écartement. Un linge fenêtré, enduit de baume de la Mecque, fut posé sur la plaie; des compresses longuettes croisées sur le moignon, et le bandage que nous avons décrit, compléteèrent le pansement. Peu de momens après l'opération, ce tambour étant entré dans un calme parfait, fut transporté à l’ambulance centrale, où il s'endormit presque aussitôt. Il passa le reste de la nuit dans l’état le plus satisfaisant; mais obligé de suivre le mouvement de l’armée, quileva le camp dès le lendemain à la pointe du jour pour retourner en Égypte, et n'ayant voulu laisser aucun de mes blessés dans ces ambulances »Je le fistransporter, avec tous ses compagnons, à la suite de l'armée. Je fus informé plus tard qu'il avait succombé, pendant la deuxième journée de marche, autant d’inanition que des effets de sa maladie. Nous avons eu encore l’occasion de pratiquer cette opération à la bataille d'Eylau ; mais les deux blessés sur lesquels elle fut faite avaient éprouvé une si violente commotion dans les organes de la
lemens violens, qui annoncent bientôt les convulsions et la mort. C’est pourquoi il faut se hâter, dans ces cas , de réndrela plaie aussi simple que possible par la résection de l'os et la coupe . nette des parties molles attrites. L'opération achevée, le. blessé entre dans le calme et bénit la main qui l’a secouru. |
vie intérieure, qu’ils périrent, dans les premières vingt-quatre heures, des effets d’un épanchement sanguin qui s'était établi, chez l’un et chez l’autre, dans Jes cavités splanchniques, et l'opération, qui avait d'abord soulagé ces infortunés, devint inutile. |
Un cinquième exemple m'a été fourni, à ii bataille de Witepsk, dans notre marche en Russie, par un jeune soldat russe dont la cuisse gauche avait été désorganisée par un boulet de canon. Le fémur était brisé en éclats jusqu’au trochanter, et Jes parties molles avaient été détruites dans les deux tiers de l'épaisseur du membre. Il fut décidé dans une consultation de plusieurs chirurgiens habiles, au nombre desquels était M. Ribes, que. l’extirpation de la cuisse était le seul moyen de sauver la vie au blessé : elle fut pratiquée à l'instant même, et en présence des consultans. Je suivis mon procédé, et l'opération fut terminée en moins de quatre minutes. Les lambeaux furent mis en contact et fixés en rapport au moyen de plusieurs bandelettes agglutinatives, avec la précaution cependant dene pas opérer uneréunion trop violente. Ce Russe, qui avait supporté l’amputation avec un grand courage , n'éprouva aucun accident jusqu’au vingt-cinquième joür. La suppuration s'était établié sans effort; les ligatures s'étaient détachées du septième au onzième jour; la cicatrice était trèsavancée, et ilne restait d’ouvert que les deux points correspondans aux commissures des lambeaux où
AMPUTATIONS. MU). Gar j'avais d’abord placé les ligatures. Les subsistances étant venues à manquer tout à coup dans cet hôpital, par des causes que je n'ai pu connaître, nos blessés, surtout ceux qui étaient hors d'état de sortir, furent livrés aux effets de la faim : ils l’apaisaient avec peine au moyen de quelques plantes potageres bulbeuses ou de mauvais fruits ; pour boisson, ils n'avaient que de l’eau ou de la trèsmauvaise bière, quoique avant mon départ j'eusse procuré environ deux cents bouteilles de bon vin qui devait être donnécomme médicament aux blessés les plus malades; enfin mon malheureux et intéressant Moscovite s'affaiblit, un mouvement fébrile avec dysenterie se déclara; cette affection S’aggrava et marcha rapidement: les forces s’épuisérent, et il mourut, avec un grand nombre d’autres blessés, du vingt-neuvième au tréntième Jour de son opération, qui aurait eu un succès complet sans ces funestes complications. Le rapport m'en fut fait à Moscou par le chirurgien-major de l’'hôpital de Witepsk, M. Bachelet, ‘2 1 :
Deux autres exemples d’extirpation de la cuisse sont encore rapportés, l’un dans mes Campagnes, et l'autre dans cet ouvrage à l'article SrHacère.
Enfin peu de temps après la bataille de Waterloo, je présentai à l’Institut l'an de nos soldats qui avait subi cette opération dans les hôpitaux de Bruxelles. Elle avait été pratiquée par l'inspecteur chirurgien en chef que nous avons déjà cité (M. Guttrig), et ce militaire, qui jouit d’une parfaite
rs
622 AMPUTATI ons.
santé, est maintenant à l'hôtel royal des Invalides. D'après ces faits, nous pouvonsdire que la question proposéepar l' ancienne Académie de Chirurgie
en ©
‘est complétèment résolue.
Del amputation de la cuisse dans sa continuité.
je € amputation de ce membre peut être pratiqué dans tous les points qui se trouvent entre le grand trochanter et les condyles du fémur. Dans tous les Cas, il fa ut mettre une grande attention à conserver le dE possible de salon gueur, comme pour celle du bras, parce que la portion coupée est. d'autant plus BEA qu'elle est plus longue. D’ailleurs les chances du succès de l'opération ALBRIORIENE ou diminuent selon qu'on s'éloigne ou qu'e on se rapproche du tronc.
En général, l'amputation circulaire Saité être où férée à à celle à lambeaux préconisée par beaucoup de praticiens ; néanmoins cette dernière peut être indiquée pour quelques, maladies compliquées, telles que les plaies d'armes à feu. , lorsque la désorganisation $ $ ’étendd’ une manière irrégulière dansles parties. molles » Jusqu'au tiers ou au quart supérieur de la cuisse, et que la fracture ou le fracas de l'os dépasse le niveau des angles supérieurs de la plaie. L'on sent en effet d'avance l'insuffisance et les : inconvéniens qui résulteraient de la coupe circulaire, si elle n’était point pratiquée au-dessusdes points désorganisés; ; et, dans cette supposition;, on
AMPUTATIONS. i 623.
aurait une plaie énorme que les moyens d'union; quels qu'ils fussent, né pourraient rapprocher et maintenir en contact. On est donc obligé, dans ces cas, de former deux lambeaux | qui doivent être établis, autant que possible, dans les parties latérales fi membre, afin qu'ils soient réunis transversalement, sélon le plus grand diamètre de la cuisse. Du reste la nature de ces sortes de plaies ne permet pas toujours au chirurgien l application des préceptes méthodiques : il faut qu'il utilise le mieux qu il peut les parties du membre blessé restées saines, Dans ce mode d’ opération, quelques points de suture sont souvent indispensables pour fixer dansunr apport exact les deux lambeaux que la contraction des muscles, qu'on à coupés trèshaut dans l’é épaisseur du membre, fait écarter avec une grande force. Nous avons eu l’occasion de pratiquer plusieurs fois ce genre d'amputation, et le succès que : nous en avons obtenu dans la plupart des cas prouve et justifie son utilité. Nous nous bornerons à à en rapporter un seul exemple remarquable } par les Phénomènes singuliers qui se sont offerts chez le sujet de observation.
Aubin (Jean), canonnier À à pied, fut fr appé à la bataille de Wagram par un boulet au moment où il chargeait sa pièce. Il parait que ce projectile, qui rasait la terre, quoique dans le fort de sa course, n'avait touché ce canonnier qu’ après avoir fait un ricochet. Ce fut dans l'ascension de ce mouvement qu'il rencontra le côté externe ct ins
624 a AMPUTATIONS. Re RUE férieur de à cuisse droite, pénétra tie de: y seur des chairs , fractura lé fémur, s’enfonca : profondément en arriere de cet os, le contourna en» dedans et en haut entre lui et les muscles adduc… teurs, de manière qu'il finit par se cacher vers laine, dans le creux de la cuisse, à six ou sept pouces de son entrée. Ce blessé fut apporté à mon ambulance; mais ni lui ni mes confrères n’avaient soupçonné un tel corps étranger dans Ja cuisse. Aubin disait même que le boulet, après l'avoir frappé , avait tué, non loin de lui, un autre canonnier, etil ne se Hat que dun sentiment de pesanteur incommode dans le membre blessé. Il y avait peu de différence , quant à la grosseur de la cuisse, avec celle du côté opposé. Pour moi, en la saisissant pour en faire l'amputation , je lui trouvai une pesanteur surnaturelle, et Je proc çai sur l'existence d'un corps étranger, tel qu'un petit boulet ou un biscaïen, comme j'en avais rencontré plusieurs fois. Dans cette persuasion, et vu. le désordre de la cuisse , lequel se prolongeait tres-
haut, je voulus pratiquer FAmpetAMOR àlambeaux.
Je fis d'abord une incision parallèle à l'axe de la cuisse , ce qui mit à découvert un boulet du poids, de six LUS trois onces, que je ne pus extraire qu’ après avoir agrandi notre incision. Je for- Mai un très-court lambeaui interne, dans l épaisseur duquel la ligature se fit facilement. J 'isolai le fragment FAR du fémur, le plus haut possible, pour le scier au-dessus de Ja dénudation du pé-
AMPUTATIONS. {4 : 625 rioste. Maloré cette précaution , il s’est fait par la suite une exfoliation de la moitié du cylindre os- W. seux, de la longueur de plus d’un pouce. Je rap- prochai les lambeaux, que je fixai en contact au moyen de deux bandelettes agslutinatives, etun appareil simple termina le pansement. Le boulet, pesé par le directeur de l'ambulance, Pelchet, en ma présence et devant mes élèves, a été déposé : par moi, avec les équestre osseux, au Muséum anatomique de la Faculté de Médecine à Paris.
La commotion imprimée sur tous les organes intérieurs, Ja pression prolongée et le tiraillement exercés par le boulet sur les parties nerveuses de la cuisse, produisirent des accidens graves, tels que des fusées profondes, la fièvre , le flux dysentérique, et des affections gangréneuses locales; cependant, à force de soins et de persévérance dans l'emploi des médicamens appropriés, nous écartâmes le danger, et nous conduisimes par decrés le blessé à la guérison, que nous avons obtenue complètement à Paris. Ce canonnier, à qui l'empereur avait donné la décoration de la Légion-d'Honneur, s’est retiré dans ses foyers à Draguignan , département du Var.
Maintenant nous allons examiner les cas qui commandent ou indiquent l'amputation circulaire de la cuisse. Ici se présente une question que nous n'avons pu résoudre d’une manière positive pendant la longue guerre que nous avons supportée: c'est celle de savoir si toutes les plaies d'armes à
Jr, 49
| 626 De AMPUTATIONS.
feu, compliquées de fracture au fémur, nécessitent indistinctement l'amputation du membre. Certes, l'on peut résoudre cette question par + l'affirmative dans tous les cas où la cause vul-" nérante , en fracturant l'os, aura désorganisé les parties molles dans une plus ou moins grande épaisseur, ainsi que nous l'avons dit dans les généralités de l’amputation; et c'est ce qui a Lieu lorsque ces plaies sont le résultat des coups d’artillérie. Dans ces cas, l’amputation doit être
pratiquée sur-le-champ. Il en serait de même si la fracture de los était compliquée de la section de Partère principale de la cuisse, ou que l'articulation du genou füt entamée par un projectile avec fracture aux condyles articulaires, ou qu'une balle, comme nous en avons vu plusieurs exemples, traversat d'avant en arrière l’épaisseur du fémur, au dessus de la rotule, de manière à se faire jour au-dehors ou à se perdre dans l'épaisseur des chairs qui forment la région poplitée. Le fé mur est alors rompu en rave au-dessus de ses condyles, et ces deux éminences articulaires sont ordinairement séparées l’une de l’autre par une fracture perpendiculaire qui pénètre dans larticulation. L'équilibre du sujet, s’il est debout, est détruit, et sa chute, qui a lieu immédiatement, augmente le désordre intérieur. On peut se figurer aisément la série d'accidens graves qu'une telle blessure produirait, si l'on ne FR promptement l'amputation du membre, Aapéreyon
inütile de reproduire i ici l'analyse que nous avons faite de ces accidens, dans le LV volume de nos Campagnes. Tout chirurgien anatomiste, avec un peu de réflexion, les pressentira et en expliquera le développement: Seulement je puis dire que l'expérience m'a appris que l’amputation était in= dispensable dans ces cas, heureusement assez rares. L'un des sujets les plus remarquables chez qui J'ai eu le bonheur de découvrir, malgré la petitesse des plaies , toute la gravité du mal, était le colonel du régiment des cuirassiers de la PI impériale russe, comte Sackoveninsk, superbe homme de guerre, d'une constitution robuste et d’un embonpoint considérable. Cet officier supérieur, blessé à Ja bataille de la Moscowa, me fut apporté, lun des premiers, à mon ambulance, établie au centre de la ligne du combat. Il avait été atteint, à la prise de la principale redoute, par un coup de balle de nos grenadiers, laquelle , après avoir percé et frac« turé, dans toute son épaisseur, la base du fémur gauche à lorigine des condyles, s'était arrêtée sous la peau du jarret, d’où elle fut extraite par Tun de nos chirurgiens principaux, M. Bancel, qui se disposait à mettre le membre de ce blessé dans un appareil à fracture. Mais la crépitation qu'onentendaitpendantles pluslégers mouvemens, qui faisaient éprouver à cet officier des douleurs violentes, engacea le chirurgien principal, avant de faire le pansement Hétinis projet é, à me con« sulter pour son malade, Un examen à attentif me fi
Gas "01 AMPUTATIONS. | | Mann | découvrir, en outre de la fracture transversale du
fémur signalée par M. Bancel lui-même, la sépara-
tion des Ferre condyles par une autre fracture perpendiculaire qui communiquait nécessairement dans l'articulation. Je ne balançai point de prononcer sur. la nécessité rigoureuse et lurgence de l’amputation de la cuisse, que je proposai au colonel. Il refusa d’abord, ayant su que les chirurgiens qui lui avaient administré les premiers secours ne l’approuvaient pas; mais les progrès du
mal le firent bientôt changer d'avis, et il me fit
supplier de l’opérer sur-le-champ. Je pratiquai l'amputation à quelques pouces au-dessus de la blessure , d’après mon procédé ; la coupe circulaire fut ensuite interrompue par deux incisions perpendiculaires, que je fis dans les tégumens et l'aponévrose, aux deux points opposés, antérieur et postérieur. Les parties étant saines et sans nulsymptôme d’engorgement, nous opérämes la réunion immédiate de la plaie du moignon au moyen des bandelettes agglutinatives, du linge fenêtré et d’un appareil légèrement compressif. Le blessé fut enlevé du champ de bataille et transporté dans un village voisin avec d'autres prisonniers, de l’un desquels il sera encore parlé. Les objections qu’on avait élevées contre l'amputation m'engagèrent à faire disséquer aussitôt le membre détaché.
L'os était coupé à son union aux condyles par une fracture transversale, et ces deux éminences
étaient séparées par une fracture perpendiculaire,
comme nous l'avions jugé avant l'opération. L’articulation du genou était pleine d’un sang noirâtre,
albumineux; l'artère et le nerf poplités étaient di-
lacérés, et les muscles de la jambe même, infiltrés
par du sang noir. Certes, il est difficile de rencontrer un cas qui commande plus impérieusement lamputation. *
À notre retour de Moscou, nous trouvâmes ce colonel, avec plusieurs blessés de marque que j'avais pansés à la même bataille, entièrement guéris. Je protégeai leur retraite et les mis dans le cas de pouvoir rejoindre leurs compatriotes. Trois autres militaires de notre armée passèrent à mon ambulance pendant la même bataille, ayant été atteints de blessures analogues. L’amputation de la cuisse fut également pratiquée chez eux avec succès.
Un cinquième cas, non moins remarquable que le premier, fut observé au combatde Borrisow, après le passage de la Bérézina, chez le général de division Zayonszek, âgé de 74 à 75 ans, l'un des plus anciens généraux polonais au service de la France, mon ancien compagnon d'Egypte. Ce guerrier avait eu, sous les yeux de Napoléon, le genou droit traversé par une balle reçue de très-près. Comme chez le colonel russe, les deux condyles du fémur avaient été fracturés en éclats jusque dans la cavité articulaire; maïs chez le général, le désordre intérieur était plus apparent ; aussi reconnut-il lui-même la nécessité indispensa-
ble d’avoir la cuisse coupée. Je fus appelé par ordre de l'empereur, pour lui donner mes soins sur le lieu mêmeé où il avait été blessé. Malgré le danger qui existait encore et le froid déjà rigoureux qui s'était déclaré”, je pratiquai l’amputation circulaire à la partie moyenne du membre; mais je ne pus opérer la réunion exacte des bords de la plaie chirurgicale, étant entièrement privé de bande-
lettes agglutinatives : je n’employai que du linge fenêtré. Une circonstance assez ficheuse s’offrit
pendant l'opération : ce fut la rupture de l'artère fémorale, qui était ossifiée, au moment où J’un de mes aides s’occupait de la lier. Il fallut en découvrir le tube au loin et passer, avec l'aiguille, une ligaturemédiate , protégée par un petit rouleau de linge. Le pansement fini, nous évacuames ce général , avec beaucoup d’autres blessés, sur les hôpitaux de Wilna, où Zayonszek arriva en tres-bon état, et sans avoir été pansé une seule fois. La cicatrice.de la plaie se fit assez promptement, et ce général fut nommé plus tard vice-roi, gouverneur de la Pologne: ila rempli ces hautes fonctions jusqu'à l'âge de 86 ou 87 ans.
Pour fournir quelques exemples du même LE d’amputation circulaire, pratiquée pour des blessures à l'articulation du genou, avec fracas des pièces osseuses articulaires, et pour lesquelles
1 I] tombait de Ja néige cristallisée en étoiles à six branches, et mon thermomètre réaumurien était déjà descendu à 16 degrés passés.
| AMPUTATIONS. dit OS:
cette amputation est inévitable, nous allons rapporter l'observation du comte Latour-Maubourg. Cet officier-général avait reçu, dans le fort de la bataille de Leipsick, 16 octobre 1815, au moment où il enfonçait avec son corps de cavalerie la plus forte masse de l'armée ennemie, un coup de biscaïen de gros calibre qui coupa obliquement tout le côté externe du genou gauche. L'examen que nous fimes de cette blessure, avec MM. Millet, Bigarrée , Devergie et Bourgeois, chirurgiens-majors, nous fit découvrir une fracture avec éclats au condyle externe du fémur, une échancrure profonde à celui contigu du tibia, et une destruction totale de la tête du péroné. Les parties correspondantes du mollet et de la région poplitée étaient attrites, tout le côté externe de larticulation était à découvert. L’amputation de la cuisse ayant été jugée nécessaire par tous mes collaborateurs, je la pratiquai derrière la ligne de bataille, et l'on peut dire sous le canon de l'ennemi. Le membre séparé à son tiers inférieur par une section circulaire opérée d’après mon procédé , nous reconnûmes l'utilité du précepte général que javais établi depuis long-temps, de pratiquer à la peau et à l’aponévrose deux incisions opposées qui coupent à angle droit la section circulaire, car nous trouvämes l’aponévrose crurale rompue par rayons divergens, à plusieurs pouces au-dessus du genou, et le muscle vaste externe, déchiré dans
SO LOT ET MUR TAN OT AA re PRÉPAS son épaisseur. La plaie du moignon fut réunie avec
des bandelettes peu serrées, notre linge fenêtré ‘
etun bandage légèrement compressif. La cicatrisation de cette plaie se serait sans doute terminée promptement , si le général, dans son évacuation
‘sur la France, n’eût été frappé du typhus qui se déclara dans notre armée, pendant la retraite : je le rencontrai à Mayence, affecté de cette cruelle
maladie; néanmoins je fus encore assez heureux pour en arrêter les progrès, prévenir son résultat funeste et mettre ce guerrier, aujourd’hui gouverneur de l’hôtel royal des Invalides, en état de se rendre au sein de sa famille , OÙ sa santé fut bientôt rétablie. | Mie Chez ce général, comme chez tous ceux qui ont été opérés par nous et d'après notre méthode, le moignon présente à sa surface un cône aplati transversalement, dont le sommet, qui répond à l'extrémité de l'os tronqué, se termine par une cicatrice froncée , ovalaire d'avant en arrière, et de deux à trois lignes de diamètre, en sorte que ces
sujets peuvent marcher avec une grande facilité
sur la jambe artificielle.
Bien que nous ayons faitun grand nombre de fois l'amputation de la cuisse pour des maladies chroniques, nous n'en rapporterons qu'un seul exemple qui nous a été fourni par un jeune Américain , M. Romand, âgé de 21 ans, attaqué d’un ostéo-sar-
côme qui avait désorganisé les deux os de la jambe
droite, les pièces articulaires du genou et le quart inférieur du fémur. Toutes les parties molles decette
LA
| AMPUTATIONS. 633 extrémité étaient converties en une substance lardacée, de manière à former une masse conoïde énorme, percée de plusieurs ulcères fistuleux et parsemée de tubercules noirâtres de grosseur différente. Ce jeune homme, réduit au plus haut de-
gré de maigreur, était en proie à une fièvre lente
continue, avec redoublemens, diarrhée, insomnie et des douleurs intolérables. Tous les moyens indiqués contre cette maladie avaient été infructueusement mis en usage; on avait même décidé , dans plusieurs consultations composées des premiers chirurgiens et médecins de la capitale , que l’amputation, vivement réclamée par le malade, ne pouvait être faite et serait inutile. Malgré ce pronostic et l’état désespéré du sujet, nous y procédàmes après nous être étayé de l’opinion de MM. Ribes et Magendie, qui la reconnurent j comme nous , urgente et praticable. Elle fut faite en moins de deux minutes d’après notre méthode, de sorte que la section circulaire fut interrompue par deux incisions perpendiculaires. Les bords de la plaie furent rapprochés et fixés en rapport au moyen de deux bandelettes agglutinatives peu ser- rées, du linge fenêtré et de l'appareil ordinaire. Ce sujet , rappelé d’abord à la vie par cette opération, alla de mieux en mieux, et la cicatrice du moignon fut complète au quarante-unième jour. Ce jeune Américain, parfaitement rétabli, repartit quelques semaines après pour sa patrie. |
La dissection de la pièce pathologique faite par
M. Magendie, offrit le caractère que: nous avions d' perd signalé. Tous les tissus étaient confondus dans la etes lardacée; le nerf poplité et ses principales] branches étaient seuls con servés intacts dans l'épaisseur de cette masse cancéreuse; le nerf avait acquis presque le double de sa grosseur nor-
male, et son névrilème était enflammé. C'est sans R doute à l'état pathologique de ce tronc nerveux . qu'on doit attribuer les douleurs lancinantes que
le malade ne cessait d'éprouver avant l'opération : ! ce seul motif la commandait impérieusement.
Il me reste à examiner la deuxième partie de la
question que nous avons posée en tête de ce der- # nier article, c’est- à-dire quels sont les cas où,
dans les plaies d'armes blanches ou d'armes à fu à la cuisse, avec coupure où fracture au fémur, on peut conserver le membre sans danger pour la vie du blessé. Lorsqu' une arme blanche a divisé, avec une portion des muscles de la surface antérieure de la cuisse, une partie où tout le cylindre de los
dans jh un des points de son tiers inférieur, surtout
si la coupure est nette et sans fracas ; et que 1x on soit appelé près du blessé immédiatement après l'accident, lon peut, en opérant. la réunion immédiate LÉ la blessure, en mettant et «en fixant loxtrérité dans une pts parfaite. aul moyen de notre appareil inamovible, on peut, dis-je, en
obtenir la soudure et la cicatrisation. Plusieurs sujets m'ont fourni la preuve. de la vérité de gette
assertion ; lé premier fut lun des aides-de-camp
AMPUTATIONS. 63b du général en chef Bonaparte (Neterwood, Colonel), lequel reçut, dans une charge de cayalerie qu'il fit contre les mamelouks d Ibrahim-Bey, au combat de Salahieh en Égypte, un coup de daras. Cette arme coupa , avec une grande force, le muscle droit et le muscle vaste externe de la cuisse droite jusqu’à l'os, qui fut entamé à plusieurs lignes de profondeur vers son tiers inférieur et à environ un pouce du condyle externe. La cuisse était prête à se rompre lorsque, me trouvant à ses cÔtés, je le fis enlever avec précaution de sa selle par des grenadiers qui le déposèrent à à mon ambulance , où je réunis sa plaie, après avoir débridé l'un Te ses angles aponévrotiques , avec le bandage des plaies en travers maintenu par un appareil à fracture. La cicatrice de cette solution de continuité fut terminée avant le vingt-cinquième jour ; 3 mais je ne permis au colonel de marcher qu après le cinquantième.
Chartran, fourrier dans les chasseurs de l’exgarde’ ,recut en duel, en 1805 , de la main d’un grenadier, un coup de sabre à la cuisse gauche, dont il résulta la coupe oblique d’une grande portion du muscle triceps fémoral et de la mois de l'épaisseur du fémur à son quart inférieur près du condyle correspondant. Pour obtenir une réunion parfaite de cette plaie un peu oblique de dehors en dedans et en bas, et ayant environ {rois
LL D - j i 14" / LA)
1 Devenu depuis maréchal--de-camp.
636 AMPTUTATIONS.
f Û . , . ‘ pouces détendue, je fus obligé de pratiquer trois | points de suture entrecoupée dont je secondai les .
effets au moyen des bandelettes agglutinatives et
du bandage unissant des plaies en travers. La ci-
catrice fut complète au vingt-quatrième jour, et ce sous-officier marcha par la suite sans claudication et dans unt équilibre parfait. 4
Plusieurs ( cas analogues se sont offerts :.# ma pratique, mais je n’ai pas eu l’occasion de traiter | des plaies de ce gènre qui auraient eu pour résul- |
tat la section totale de l'os fémur: néanmoins je
crois que ce même mode de pansement devrait être d'abord mis en usage, car tout me porte à. croire qu'on aurait le même succès que dans la
coupe partielle de l'os; d’ailleurs on serait toujours
à même d’en venir à l’amputation. LA
On peut encore conserver le HIER lorsqu' une
balle ayant traversé d'un côté à l’autre. Yan des:
points du quart ou du tiers inférieur de la cuisse, a rompu le fémur par une simple fracture, et que l’on est appelé immédiatement. Il faut, hit cette circonstance , se hâter de débrider l'entrée et la”
sortie de la balle, d'extraire les corps étrangers ," ° Q y 4 CAO à | s’il en existe, et de mettre l'extrémité dans notre ; ° . LYS . er | appareil inamovible et dans une situation hori-
zontale.
Nous avons eu plusieurs cas de cette nature que nous avons traités avec succès d’après cette méthode ; mais lorsque les coups sont reçus au centre
ou à la partie supérieure de la cuisse, de maniere
LA
‘que le projectile la traverse d'avant en arrière, en
fracturant le fémur, l’amputation devient indispensable. Dans ces régions, la densité de l’os est si serrée qu'il se brise en éclats : les parties lésées sont si nécessaires à l’existence de l'individu qu'un seul moment de réflexion sur leurs rapports anatomiques suffira sans doute pour que l’on soit convaincu de la justesse de notre proposition.
Avant de passer à l’'amputation dela jambe, nous allons encore rapporter le précis d’une observation d'une plaie à la cuisse, malgré la gravité de Jaquelle nous avons été assez heureux pour conserver ce membre.
Un grenadier à pied était le troisième que renversait le même boulet de canon au milieu d’une file. Le premier eut le ventre traversé de part en part, le deuxième la hanche coupée dans toute son épaisseur, et le troisième la cuisse effleurée. Les deux premiers, qui restèrent morts surle champ de bataille de Wagram, avaient fait ralentir la force rectiligne du boulet, en sorte qu’arrivé au troisième, il roulait sur son axe, et que les effets en furent moins terribles. Cependant ce grenadier fut renversé du coup, et à son arrivée à l’ambulance , nous reconnümes tous les signes d’une contusion exercée sur une grande étendue de la circonférence antérieure du membre, et une trèspetite plaie longitudinale au centre d’une large ecchymose qui s'était manifestée sur cette région. Le blessé nous ayant assuré qu il n'avait été tou-
ché que par le boulet qu'il avait vu mourir non loin du bataillon , et la sonde n'ayant point | pénétré au-delà du tissu cellulaire, nous nôus | bornâmes à lui faire faire le pansement indiqué. |
Il fut ensuitetransporté à notre hôpital à Vienne, | où il passa les quinze premiers jours sans accidens notables. Cependant il éprouvait une douleur vive
et profonde dans la cuisse ; la suppuration qui s’écoulait de la petite plaie, devenue fistuleuse , était brune, ichoreuse, et donnaituneodeur particulière.
: #$ ‘ , Ces signes nous annonçaient d'avance la présence d'un corpsétranger ou une altération à l'os. En effet, à D RDA à AT PCT RE nous sentimes , à l’aide de la sonde, un corps dur
et sonore profondément caché sous le muscle vaste %
externe, et appliqué sur le fémur. Malgré la pro fondeur et la longueur du trajet fistuleux, nous n'hésitâmes point à agrandir la plaie par une large incision. Nous conduisimes ensuite à l’aide du doigt une pince à polype ( HELENE qui nous sert de tire-balle }, nous saisimes le corps étranger, et après quelques efforts nous fi
l'extraction d’une pièce de cuivre recourbéé, qu avait environ trois pouces de longueur etun demi-
cuivre, sans doute cramponnée sur le bouletyar rès + avoir déjà traversé avec lui le corps des deux pr
Fe
miers grenadiers , avait-elle pu s’en détacher au moment ou il a frappé la cuisse du troisième, pour aller sy enfoncer j jusqu’à l'os, qui a été échancré,; en faisant une plaie très- -disproportionnée À à son diamètre? Nous ne saurions expliquer de tels phénomènes. Après l'extraction de ce corps étr angers la plaie s'est promptement cicatrisée, et le grenadier fut renvoyé de l'hôpital en bonne santé, ne conservant que tres-peu de gêne dans les mmouvemens de l'extrémité.
De l’amputation de la jambe dans sa continuité et au dieu d'élection ordinaire.
Je ne parlerai point de l’extirpation de ce membre à son articulation avec la cuisse, linutilité et les inconvéniens de cette opération étant indiqués dans tous les auteurs classiques. D'ailleurs je crois l'avoir remplacée avantageusement par l'amputation de la jambe faite dans l'épaisseur même des condyles du tibia. Je parlerai de ce dernier genre d'opération après avoir décrit celle que l’on pratique au lieu d'élection.
L’amputation de la jambe a été considérée, par beaucoup d'auteurs et de praticiens distingués, comme l’une des ablations des membres les plus difficiles et les moins certaines sous le rapport du succès. Mais à peine eus- je pratiqué pendant la première campagne de la longue et pénible guerre que nous avons essuyée ; que je recon= nus que ce jugement n'était pas fondé, et quil
640 ; AMPUTATIONS. Et
serait même facile de prévenir les acONENE, ficheux qui accompagnaient ordinairement cette, amputation, si l’on considérait, avec le soin Rvedables les rapports anatomiques des parties qui doivent être coupées et la situation respective des vaisseaux sur lesquels il faut porter la ligature après l’opération. Quelques recherches anatomiques que je fis en même temps confirmérent mes idées et me firent établir les préceptes particuliers d’après lesquels, j'ose le dire, on peut exécuter l’ablation de la jambe avec autant de succès que de promptitude. Comme ces préceptes sont à peines indiqués dans quelques articles épars de me Campagnes, nous allons les retracer dans ce travail avec le développement dont ils sont susceptibles. LV) l
Les partisans de la première assertion présen=
taient comme autant de causes d'insuccès, 1 la saillie plus ou moins prononcée des 08, 2° l'hémorragie consécutive, très-fréquente, et fournie par les principales Le de. l'artère et de la veine poplitéès, 3° l inflammation excessive du moignon, la fièvre traumatique qui l'accompagne, l'affection gangréneuse locale, et quelquefois les abces symptomatiques qui surviennent au foie ou dans d’autres organes de la vie intérieure. RE 1° La saillie se l'os survient plus rarement à la jambe qu'à la cuisse, parce que, dans ce dernier membre, presque tous les muscles étant libres, sans ab nte à los, peuvent remonter facilement et se rétractent d'autant plus loin, que le
jl
AMPUTATIONS. | 641 tissu cellulaire est plus dépourvu de graisse, A la jambe, au contraire, tous les muscles étant adhérens à la surface des deux os, et au ligament interosseux, leur rétraction est ct Dose et moins facile; better elle peut encore avoir lieu, ainsi qu'on en voit des exemples dans les A Pour la prévenir et donner au moignon la forme la plus avantageuse et la plus convenable à la cicatrisation de la plaie, il y a plusieurs condi- Lsai à remplir. :
° Il ne faut pas comprendre l’aponévrose tibiale dans la section des tégumens, car lorsqu'elle y est comprise , elle s'oppose à la rétraction de la peau et fait ainsi dénuder les muscles qui s irritent, se gonflent, se raccourcissent et laissent les os à nu. Il est donc important de couper les parties molles en deux temps, à l'exemple du célèbre Petit. Dans le premier, on incise la peau circulairement et exclusivement, et on la fait détacher et remonter jusqu’à la td d'environ un pouce et demi, en détruisant horizontalement j avec le même couteau, les adhérences celluleuses ou vasculaires qui l’attachent à l'aponévrose. Cette section des brides de la peau est moins douloureuse
et plus prompte que la dissection que l’on en fait
ordinairement avec le bistouri, en portant la pointe de cet instrument sous cette CRT et de bas en haut ; d’ailleurs cette dissection a encore l'inconvénient de diviser, au-delà de la ligne de la
section des muscles, les vaisseaux de communica: lt, At
LA
Gl2 AMPUTATIONS.
tion des tégumens aux parties subjacentes. Dans le second temps, on coupe d’ un seul trait, en faisant couler le tranchant du couteau de la base : à ‘Ja pointe, les muscles jumeaux, le soléaire et les vaisseaux poplités. Pour les atteindre, il faut que le tranchant de l'instrument touche le bord postérieur des deux os. Dans les sections suivantes et circulaires qui doivent se faire plus haut, on comprend le jambier antérieur, puis successivement tous les autres muscles adhérens aux os. Afin de remonter au point convenable, on détache ayec ménagement, et par une incision verticale, les adhérences de ce premier muscle à la surface externe du tibia et ceiles du ligament interosseux ; ensuite on fait une incision perpendiculaire es l'épaisseur du mollet de la jambe, à travers l’intervalle des deux os, et après avoir coupé leur périoste circulairement, on les scie parallèlement, en commençant par le péroné. On peut passer un linge fendu sous la coupe des muscles, pour les protéger des dents de la scie; mais les doigts du chirurgien opérateur ou ceux d'un aide sont préférables, en ce qu’on gagne du temps.et que-la.scie pourrait s'embarrasser dans sa marchesur ce linge. Je ne me suis jamais servi de cette compresse fendue sur le champ de bataille.
On a d'autant moins à craindre la saillie des deux os de la jambe, et par conséquent la nécrose de leurs extrémités, que la sectionenaura êté faite très-haut, près des condyles du tibia ou même dans
AMPUTATIONS. 643 leur épaisseur, parce que tous les muscles du