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membre sont coupés très-près de leurs attaches, et que la cicatrisation des portions sciées des os se fait dans leur tissu spongieux, sans exfoliation et beaucoup plus promptement que dans la sub. stance compacte, où ce travail est plus long et plus difficile. 11 ÿ a donc toujours de l'avantage à pratiquer l'amputation de la jambe au-dessus du lieu d'élection tracé par les auteurs pour cette opération. Dans tous les cas, il faut faire une double incision perpendiculaire aux técumens du moignon , la première sur la crête de la portion coupée du tibia, et la seconde en arrière, dans le point diamétralement opposé, comme si l’on eût formé deux lambeaux latéraux d’une égale gran= deur. Ces deux incisions favorisent le r'appro= chement des bords de la plaie ; l’une prévient la perforation de la peau par l'angle aigu de la crête du tibia, et l’autre sert d'hiatus aux liga+ tures, et aux fluides qui doivent s’écoulerdela plaie, 2° L’hémorragie est en effet l’un des accidens les plus graves qui suivent iréquemment l'ampus tation de la jambe. On doit en rapporter la cause à la difficulté qu'on a constamment éprouvée à faire la ligature exacte de tous les vaisseaux coupés , difficulté qui tient à une disposition anatomique du membre généralement méconnue. Les prati= ciens ont imaginé divers moyens pour prévenir cette hémorragie; mais aucun d’eux n'offre l’efficacité ou la garantie qu'en peut en attendre, et!
tous ont des inconvéniens plus ou moins graves. Ainsi, vers le milieu du dix-huitième siècle , après
avoir essayé la ligature de tous les vaisseaux ac-
cessibles à laf pince ou à l'aiguille, et avoir appliqué de l’agaric sur extrémité de ces vaisseaux liés ou non, on enveloppait tout le moignon avec une vessie de cochon, sur laquelle on appliquait un appareil approprié. Ce moyen fut bientôt abandonné, parce que le sang ne s’épanchait pas moins sous la peau de la vessie et dans l'intérieur de la plaie. Plus tard , on s’est servi d'aiguilles à ligature, avec lesquelles on embrassait, autant qu’on le pou-
vait, les extrémités ou les branches des vaisseaux
ouverts (ce procédé est encore suivi par quelques praticiens); mais les cordons nerveux et le tissu cellulaire qui les accompagnent sont alors nécessairement compris dans la ligature, sans que les artères soient toujours parfaitement oblitérées. La suppuration d’ailleurs déterminant la fusion du tissu cellulaire interposé entre la ligature et ces vaisseaux , ils deviennent encore libres: et si leurs: parois n'ontpas eu le temps de s’agglutiner par une inflammation adhésive, l’hémorragie se renouvelle. À cet accident on peut joindre ceux que produit ordinairement la ligature des nerfs, lesquels sont plus ou moins graves, selon lidiosyncrasie du sujet et le climat qu'il habite : ce sont ces sortes de ligatures qui déterminent souvent le tétanos. Enfin ce procédé est douloureux et d une difficile exécution,
On vient de proposer la torsion des artères afin de pouvoir réunir immédiatement et pour toujours les lèvres de la plaie; mais outre la difficulté que présentent pour l’exécution de cette méthode les vaisseaux de la jambe étroitement serrés par les trousseaux charnus et aponévrotiques. qui les entourent, on aurait la presque certitude d'une hémorragie consécutive, déterminée par le point dilacéré du tube artériel où se seraient concentrés les effets de la torsion, et où se forme ordinairement une tumeur anévrismale, vraie ou fausse , qui se rompt bientôt, ainsi que nous en avons vu un grand nombre d'exemples à la suite des plaies d'armes à feu, ou des plaies”par arrachement. C’est assurément le procédé le moins avantageux, quoi qu’en disent ses inventeurs.
Ces difficultés ont fait imaginer à l’un de nos contemporains, M. le professeur Roux, qui jouit d'une célébrité justement méritée, de lier, à la première apparition de l'hémorragie , et sans lever l'appareil du moignon, l'artère fémorale au tiers inférieur de la cuisse, en la mettant à découvertpar une incision faite au bord postérieur du muscle couturier, avantle passage de ce vaisseau sous. laponévrose de la longue portion du triceps adducteur ; mais indépendamment de la gravité de cette seconde opération, on expose le moignon à être frappé de sphacèle, surtout lorsque le sujet est faible ou qu'il a perdu une grande quantité de sang. Cependant le même chirurgien nous a dé-
646 AMPUTATIONS. | claré avoir pratiqué trois fois avec succès cette Jigature secondaire : dans la supposition qu ‘elle HBifré aucun inconvénient grave, nous espérons démontrer qu’elle est ÉLAAMRERNEnt inutile, comme tous les moyens précités, lorsqu'on suit les regles que nous allons indiquer. |
Les vaisseaux poplités, à leur passage en arrière et sur le muscle du même nom, sont recouverts, dans toute l'étendue du creux du jarret et jusqu'à un pouce environ au-dessous de l'articulation de la jambe, par une bande fibreuse, tendue obliquement du condyle interne du is au bord externe de l'extrémité supérieure de cet os, et à son articulation avec le péroné. C’est sous cette bande fi- Breuse que les artères se cachent d'autant plus facilement qu’elles sont Fr UopRees d’un tissu cellulaire fort lâche.
Les rapports anatomiques FF cette aponévrose avaient sans doute échappé aux praticiens; en effet , elle ne devient sensible qu’autant qu'on la emaicH avec le doigt entre les muscles soléaire.et poplité. En conséquence, c’est cette aponévrose qu'il faut couper avant d'essayer la ligature des artères. Pour opérer cette incision avec exactitude ét Sans toucher aux vaisseaux, on place l extrémité du doigt indicateur de la main gauche entre eux et V'aponévrose, et on la coupe perpendiculairement dans toute sa largeur, à l'aide d’un bistouri concave et à pointe mousse. Dès lors les artères sont libres, isolées, et on én fait avec la plus grande fa-
AMPUTATIONS. a, cilité la ligature immédiate, en à comprenant les veines qui les accompagnent. On cherche la tibiale antérieure au-devant du fragment du -péroné. Les principales artères liées, il ne reste plus que les deux ou trois jumelles qu'en doit chere cher dans l'épaisseur des muscles : jumeaux, où l'on découvre facilement leurs petites embouchures, alors même qu’elles ne fournissent pas de Sang. On peut être ensuite dans une parfaite sécurité pour l’hémorragie; jamais elle n est survenue chez aucun de nos blessés, opérés d’ après cette méthode que nous nous étions déjà imposée, à la première campagne du Rhin , en 1702 , et jamais nous n'avons eu besoin, dou cette découverte, de l'aiguille pour faire se ligature des artères cou-+ pées dans l'amputation de ja jambe. |
3° Maintenant quelle est la manière de panser Ja plaie du moigsnon pour prévenir la conicité ou la saillie des os et obtenir une bonne et prompte cicatrice? Un grand nombre de praticiens veulent qu on réunisse toujours cette plaie par première intention, du moyen de bandelettes agslutinatives etd'un bandage approprié. Les chirurgiens Saxons, polonais, russes et quelques Prussiens y ajoutaient même plusieurs points de suture faits sur Îa peau du. moignon. Quelques-uns ne conseillent les ban- Re que sur les personnes maigres et qui sont opérées pour des maladies chroniques; d’autres veulent que l'on panse ces plaies comme toutes celles qui sontaccompagnées de perte de substance,
LA KI LR \ A s&
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C'est à à l'application plus ou moins rigoureus L: de ces ‘divers moyens qu'est due la: perte d’ur | grand nombre d’amputés. Dans le er let À ainsi que nous l'avons dit à. l'article GÉNÉRALITÉS , | on violente la nature par une action plus: ou moins + forte qui s'opère incontinent sur les bords de la. plaie, d’où résultentuneirritation profonde etune inflammation gangréneuse, ou la pouriture d’hôpital. Dans le second cas, lorsqu'on met des corps étrangers dans la plaie, tels que des bourdonnets de Haute saupoudrés de colophane, agaric, etc.,
il s'établit également un travail d'irritation et d’inflammation qui peut avoir les mêmes résultats signalés plus haut.
Sans exclure la réunion immédiate, son indication est moins commune qu'on ne le pense; car, pour qu’elle puisse se faire sans accidens , il faut que le membre soit sain, et que la maladie POuE laquelle on a fait RER soitaigué, telle qu’une blessure d'armes blanches ou à feu; encore faut-il que cette réunion ne soit pas trés-exacte. Nous l'obtenons au degré convenable, au moyen d'une pièce carrée de qe coupée en croix de Malte , percée de petits trous et enduite d’une substance balsamique glutineuse. A l’aide de cette compresse fenêtrée, on maintient les bords de la plaie rapprochés, sans empêcher l'écoulement des 4 fluides et sans exercer aucune pression ni traction défavorable sur les parties sensibles du moignon.
Ce rapprochement se fait d’un côté à l'autre. au
lieu de s’opérer d’avant en arrière , ce qui est plus conforme à la disposition des parties et aux deux FH
coupes que nous avons faites aux tégumens. De la
charpie mollette mise sur le linge fenêtré, des compresses longuettes qui embrassent le moignon transversalement et de manière À protéger cette
réunion, achèvent l'appareil qui est contenu par!
quelques tours de bande. La compresse fenétrée
a encore l'avantage de faciliter les pansemens sub-.
séquens ‘.
Les phénomènes relatifs à la cicatrisation des os de la jambe, sont communs à ceux de la CiCatrice des os des autres membres. Après avoir suivi
un travail d’inflammation analogue à celui des parties molles, ces os éprouvent des changemens dans leur conformation et leur structure.
1° Lorsque la section a été faite dans la sub- Slance compacte de la diaphyse de ces deux os >) OU il ÿ à exfoliation du rebord dénudé et saillant de leurs extrémités, ou, si la cicatrice des parties molles s’est faite prématurément, cette même portion se décompose > €t la matière terreuse en.est absorbée, tandis que les vaisseaux ou les fibriles osseuses , restées saines, se rapprochent concentriquement , forment à l'extrémité de l'organe un cône arrondi et ferment par degrés l'ouverture de
la cavité médullaire. Cette portion est enveloppée
" Dès le commencement de la guerre , nous ayons imaginé cette comprésse, non-seulement pour les amputations, mais aussi pour toutes les plaies avec déperdition de substance,
D ire DS GES
d'une membrane celluleuse, d’un tissu serré, qui < a beaucoup d’'analogie avec lé périoste quel elle rem-
praëes Les deux points correspondans du HDiA et |
du péroné se soudent entre eux de manière à ne former par la suite qu'un seulet mème fragment ‘. Nous avions fait cette remarque vers le milieu de notre carrière militaire.
2° ° Lorsque amputation où la section des os est pratiquée dans la partie spongieuse du tibia, et près de la tête du péroné, la nature a moins d'efforts à faire pour cicatriser ces os. Les vaisseaux se développent d'autant plus facilement qu ils
sont éntourés d'une moindre quantité de phos-
phate calcaire , plus abondant dans la substance compacte.
Tels sont les résultats du procédé opératoire que nous avons adopté depuis le commencement dé'la' guerre. Ïl a eu constamment tout le succes qu on pouvait én espérer. Mais pour donner une preuve de la vérité des assertions que nous venons, d'émettre sur ‘lé mode de pansement de la plaie de cétté aputation etsur le changement qui s "opére dans les 08 du moignon, nous rapporterons deux où trois exemples de cette opération pratiquée däns sôn lieu d'élection; n PORC des maladies aiguës ét chroniques. Ceux des généraux Dosmenil, de bels et Taférriére sont remarquables | 1e des
1 Cétlte réunion de ces deux fragmens osseux en une seule
pièce a beaucoup d’analogie avec celle quis opère dans le canon du jeune cheval. 7.
LR apr
AMPUTATIONS, | 65 4 circonstancés singulières qui se sont offertes pen: dant et après l'Amputätion.
- Le premier sujet (Dosmenil), blessé à la dernière charge de cavalerie qui décida du sort de l'armée autrichienne à la mémorable bataille de Wagram, ayañt eu le piéd et l'extrémité inférieure de la jimbé droite complètement désorganisés par un boulet de gros calibre, se trouvait dans le cas dé Famputation, que je pratiquai immédiatement au.
lieu d'élection , et d’après ma méthode. Cette opé-
ration ; quoique ‘exécutée avec promptitude et
avec un soin extrême, fut suivie de spasmes ner-
veux si violens qu’il me fut impossible d’ employer
aucun moyen de réunion pour réduire la plaie du
moignon et en obtenir une p'ompte cicatrice. Il fallut se contenter d’un linge fenêtré enduit de cé-
rat ét d’un appareil très-léger. Les pansemens
consécutifs furent difficiles : cependant, plus heureux que l’un de ses honorables compagnons dont nous allons rapporter l'observation, ce général püt supporter par la suite une compression gra-
duée faite avec la bande, ce qui mit les deux frag-
mens dés os dé la jambe daté un contact AE
ét de manière à déterminer leur soudure ; aussi cet
dmputé marcha- t-il avec une assurance et une agi-
lité parfaites : bien que la cicatrice n’ait été que
consécutivé, elle est devenue linéaire.
" Le sujet de deuxième exemple était M. AR Efa a ,