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5o DE L'HYDROCÈLE .
tnier état. Ces changemens sont le résultat de la contractilité de ces animalcules infusoires, qui se trouve déterminée par limpression brusque du froid ou par le galvanisme.
Cette maladie présente d’autres indications que l'hydrocele par épanchement. Lorsque la tumeur est peu volumineuse et que les hydatides paraissent concentrées au bas de la tunique vaginale, on peut les extirper facilement par une incision qu'on pratique à la partie la plus élevée. Mises à découvert, on les saisit avec de petites érignes et on les Re à l’aide de ciseaux. Il faut épargner le plus possible la tunique vaginale pour ne point dénuder le testicule et produire sa hernie, accident d'autant plus fâcheux que cet organe étant une fois sorti de sa cavité, il est très-diffcile, s’il n’est même impossible, de l’y faire rentrer : alors linflammation se déclare promptement et fait des progrès si rapides, qu'on ne peut en suspendre la marche malgré l’usage des antiphlogistiques, et le sujet est en danger de périr. Lorsqu’on a enlevé toutesdes hydatides sans exception, car autrement elles se reproduisent bientôt, il faut se hâter de rapprocher les deux bords de l’incision et les fixer en rapport au moyen de bandelettes agglutinatives ou de quelques points de suture, nécessaires, lorsqu'on a détruit la tunique vaginale, pour tenir le testicule enfermé dans le dartos, au moins pendant les premières vingt-quatre heures.
Quand au contraire on pourrait croire que la
PAR ÉPANCHEMENT. br
masse des hydatides aurait envahi toute cette tunique et s'étehdrait jusque dans le tissu cellulaire du cordon, de manière à ce qu’on ne pourrait les enlever Sans détruire en entier cette enveloppe menibraneuse, il serait plus avantageux de faire Pextirpation du testicule malade. Cette opération serait d'autant mieux indiquée, que le testicule est ordinairement atrophié ou attaqué dans sa propre substance par les hydatides elles-mêmes. La ponction dans cette variété d’hydrocèle est inutile. On en conçoit facilement les motifs. Nous rapporterons quelques exemples qui feront vérifier toutes ces assertions.
Le sieur Hardouin , grenadier à cheval, entra à l'hôpital dans les premiers jours d'avril 1811, pour y être traité d’une tumeur particulière qu'il portait aux bourses , du côté gauche, et de laquelle il était très-incommodé.
La situation de cette tumeur sur Île trajet du cordon spermatique, au devant du testicule conservé intact, sa forme irrégulière, et les changemens qu elle éprouvait, selon les circonstances, dans son volume, avaient induit en erreur plusieurs chirurgiens de mérite auxquels je l'avais fait voir. Les uns la prenaient pour un entérocèle, et presque tous pour un épiplocèle. Lorsque ce grenadier restait qusique temps debout, la tumeur se développait jusqu'au dernier degré de son diamètre; elle avait alors la grosseur et la forme de lun de ces œufs de poule qui renferment deux
5a DE L'HYDROCÈLE
germes, également déprimés dans le milieu par un sillon transversal: dans cet état, elle causait au malade de vives douleurs et des tiraillemens dans le bas-ventre, accompagnés de défaillance et de maux d'estomac. Lorsqu'il était couché horizontalement sur le dos, les cuisses fléchies, la tumeur se réduisait de la moitié de son volume, et paraissait rentrer dans le bas-ventre, d'autant mieux qu'elle s’engageait en effet dans une partie de l’anneau, que l’on reconnaissait très-dilaté : elle était molle , peu fluctuante, bosselée et indolente. La pression ne causait aucune douleur au malade, et quoique exercée avec un peu de force, elle ne 24 sait point rentrer la tumeur dans le bas-ventre. Malgré cette dernière circonstance, on avait lieu de croire au moins à l'existence de l'épiplocele.
Un mouvement contractile que j'aperçus sur cette tumeur, àma première visite, nr'assurait que ce ne pouvaient être que des hydatides. Je fis quelques essais : le repos et l'extension de la cuisse du même côté faisaient développer la tumeur, et à moins de quelques mouvemens de la part du malade, ou d'attouchemens brusques, elle restait #2 statu quo ; mais si alors on y appliquait subitement un corps froid ou une substance plus ou moins volatile et piquante, telle que l'ammoniaque, la tumeur se fronçait, se réduisait de volume et s’enfoncçait en grande partie dans l'anneau. Si l'on ne répétait point l'expérience, elle ressortait et se déployait de nouveau pour reprendre sa forme ordinaire et son
premier volume : on reproduisait ce phénomène à volonté, en usant des mêmes moyens. Les bourses ne participaient en rien à ces mouvemens. Je donnai l'explication de ce phénomène dans Pune de mes leçons de clinique , par la certitude que j'avais acquise, que les hydatides étant vivantes et ayant la propriété de se contracter éprouvaient ces chansgemens dans les diverses circonstances que nous avons notées.
A cetégard je rapporterai l'expérience suivante: Pendant ma campagne de Pologne, j'avais remarqué que les moutons qu’on laissait paitre dans les marais au commencement du printemps maigrissaient sensiblement et prenaient du ventre; qu'enfin ils périssaient. Curieux de savoir quelle était la cause de cette mort, j'en fis ouvrir plusieurs sous mes yeux, et Je visitai aussi, autant que possible, les boucheries de l’armée pour voir ceux qui n'avaient pas encore donné de signes de maladie. Chez tous ceux qui avaient été dans ces päturages, l’on trouvait des hydatides plus ou moins volumineuses unies au mésentere et aux intestins ; j'en détachai plusieurs, et à différentes ‘époques!, du ventre des moutons que lon venait de tuer; Jj'enlevai avec soin leur enveloppe extérieure (ce qui est assez difficile, parce qu'on est exposé là creverlapropretunique delanimalcule;ilfaut;pour éviter cet inconvénient avoir une grande habitude ‘de disséquer). Je possédais ensuite l’hydatide: dans son isolement parfait; sa tunique propre; remplie
b4 ‘ DE L'HYDROCÈLE
d’une liqueur transparente albumineuse, était parsemée de petites fibres motrices, très-déliées, contournant le corps du ver vésiculaire. La. tête, supportée par, un.cou plissé et plus ou moins grêle, se présentait sous la forme d’un tubercule arrondi. Ces animalcules, ainsi isolés et piongés dans l’eau tiède, se conservaient vivans des heures entières : on les faisait contracter à volonté par le contact d’un stylet d'acier, et on leur faisait faire des mouvemens de locomotion. Nous en avons gardé plusieurs dans cet état assez long-temps.
Je reviens maintenant à mon observation. Le malade ayant consenti à l'opération que je lui proposai, je procédai aussitôt à l’extirpation de: la tumeur. Pour conserver les hydatides-vivantes,.je coupai, à l’aide d’un bistouri convexe, et en formant un pli transversal , la peau qui recouvrait la tumeur, que jisolai ensuite entièrement par des dissections bien ménagées : elle était composée de deux portions unies entre elles , ayant chacune Îa grosseur d’un marron d'Inde. Les contractions furent alors plus évidentes. J'espérais pouvoir détacher entières ces tumeurs pour les conserver; mais aû moment où je me préparais à le faire, un mouvemeñt du malade les fit crever :je n’eus alors que. leurs pédicules à couper, et l’extirpation fut complète. Elles étaient parsemées de petits vaisseaux sanguins qui rampaient sur ces vésicules vivantes. Le testicule se trouva dénudé. d'une grande portion de sa tunique vaginale ; parce que
PAR ÉPANCHEMENT. 5 les hydatides, qui s'étaient développées dans son épaisseur ou à sa surface, l'avaient: envahie. Je rapprochai les bords de l’incision, après avoir enfermé l'organe générateur dans le dartos, et je terminai mon pansement par l'application d’un bandage contentif. Un mouvement inconsidéré du malade dérangea l'appareil pendant la nuit; le
L'irritation survint avec l’inflammation et tous les accidens auxquels elle donne lieu. C’est dans ce cas que la suture convient et sert à prévenir cet événement; Je l'aurais pratiquée, si je n'avais compté sur le repos parfait de ce grenadier : ici elle me présentait aucun inconvénient, parce qu'on n'avait à attendre l’exfoliation d'aucune partie membraneuse. Néanmoins nous remédiàmes à ce nouvel accident : le testicule est rentré par la suite d’une manière graduée ; enfin ce militaire s’est trouvé parfaitement guéri le 1° juin, époque à laquelle il est sorti de l'hôpital.
Depuis que cette observation a été recueillie; trois autres militaires de la garde et un quatrième sujet en /ville nous ont présenté le même genre d'hydrocèle qu'on peut appeler vésiculeux. Le procédé opératoire que nous avons décrit dans l'observation qu’on vient de lire a réussi chez les deux premiers; il a été insuffisant pour les deux derniers,chez lesquels la maladie est restée stationnaire.
Nous ne parlerons point de quelques autres
Û Û : Les testicule sortit de sa nouvelle poche, et fit hernie: *
maladies produites par la présence des fluides séreux dans l’épaisseur des bourses, telles quelinfiltration ou l’œdématie spontanée de ces parties, qui tient ordinairement à l’anasarque, non plus que de l'infiltration urineuse qui s’y forme quelquefois dans le cas de crevasse de la portion membraneuse de l’urètre, parce que ces affections n’ont offert dans otre pratique rien d’extraordinaire.
Je dirai seulement deux mots de l’infiltration de Vair atmosphérique(ou pneumatocèle), déterminée artificiellement dans le tissu lamelleux des bourses par l'insufflation. C’est'un accident que quelques individus se produisent volontairement pour se soustraire au service militaire. Il est facile de distinguer ce pneumatocele traumatique de celui qui est le résultat d’un emphysème général ,; en ce que le premier est circonscrit et limité aux adhérences de la peau des bourses vers la racine du pénis , au pli des aines et au périnée. Le toucher et louiïe font reconnaitre, avec la crépitation ou le froissement des bulles aériennes dans le tissu lamelleux, l'intégrité des organes générateurs qu'on trouve dans leur situation respective. Quelques mouchetures dans l'épaisseur des bourses, lorsque Ja distension en est considérable , l'application de compresses trempées dans du vinaigre camphré et ammoniacé à la glace, soutenues par un suspensoir serré, à l’aide duquel on exerce une légère compres: sion, suffisent pour faire résoudre la tuméfaction étabsorber l’airinfiltré qui parait se combineralors
avec les fluides de la cireulation générale. Ces compresses imbibées de la liqueur désignée suffisent même seules lorsque le pneumatocèle est peu volumineux. Nous avons eu l’occasion d'employer ces moyens un assez grand nombre de fois avec un succès complet et très-prompt.
Les testicules peuvent éprouver diverses lésions qu'on doit distinguer en celles qui sont le résultat de causes externes ou mécaniques, produisant dans le tissu de ces organes une altération quelconque ou des solutions de continuité plus ou moins apparentes, et en celles qui sont l'effet d’une cause spontanée. ï
La première classe de ces maladies comprend les plaies faites par des armes à feu ou armes blanches, et les contusions. Dans le cours de notre travail, nous avons eu plusieurs fois occasion de parler de ces solutions de continuité. En général , nous avons remarqué qu’elles ne sont pas suivies -daccidens aussi graves que semblerait l'indiquer la sensibilité extrême de ces organes. Nous avons traité tout récemment, à l'hôpital militaire de la garde, un grenadier du 7" régiment , lequel, étant di un état d'ivresse, reçut, pendant la nuit, dans une rixe particulière, un coup de couteau très-acéré par lequel ce Suisse eutle côté gauche des bourses traversé dans toute son épaisseur! La pointe de.
l'instrument avait coupé, avec les tégumens, toute la paroi antérieure de la tunique vaginale, et échancré le point correspondant du testicule. Les deux plaies parallèles, qui étaient résultées.de cette cause, furent pansées avec des linges fenétrés, enduits de cérat, couverts de quelques plumasseaux de charpieetde compressestrempées dans une liqueur légèrement répercussive, telle que l'eau végéto - minérale camphrée; l'appareil fut maintenu à l’aide d’un suspensoir un peu serré. On prescrivit la diète, des boissons rafraïchissantes et le repos. Ce Suisse n’éprouva point de douleurs et ilne survint aucun accident : à peine si ces plaies ont présenté une légère phlogose qu'une suppuration peu abondante avait déjà dissipée au neuvième jour de l'accident. Enfin leur cicatrice fut terminée du vingt-cinquième au vingt-sixième jour, et ce militaire sortit de l'hôpital un mois juste après son entrée, étant exempt d'infirmités ; seulement le testicule blessé paraissait plus petit et plus serré que celui du côté sain. Il est vraisemblable que la tunique vaginale avait contracté une inflammation adhésive de toute sa face interne avec la périphérie de l'organe, ce qui préservera le sujet d'un hydrocèle du côté malade:
‘Lorsque l’un des testicules est atteint par un projectile, de manière à être dénudé desestuniques . Ou désorganisé dans une grande partie de sa substance, il faut nécessairement en faire l’extirpation: C'est en effet la conduite que nous avons tenue
+ GHEZ L'HOMME. " 59 dans plusieurs circonstances dont nous avons parlé dans d’autres articles. Dans le cas d’une percussion ou: d'une contusion violente suivie d'ecchymose, il faut pratiquer une saignée locale avec lessangsues posées en petite quantité (une douzaine au plus) ; à laquelle on fait succéder une compression graduée , exercée à l’aide d’un appareil dont les pièces sont imbibées d’une liqueur tonique et légèrement répercussive, telle que le vin camphré et ammoniacé. L’on met le malade dans une position favorable ; on le soumet à un régime rafraïchissant, et l’on prévient, par un léger vomitif, l'affection gastrique que lirritation sympathique fait développer communément. La résolution s'opère ensuite promptement, et le malade est conduit à la guérison en très-peu de temps. Il est rare que ces contusions, sans une cause interne, donnent naissance au cancer du testicule, ainsi que nous Je ferons remarquer plus loin.
Les maladies des testicules qui sont le résultat d’une:cause spontanée doivent être distinguées en celles qui attaquent l'organe lui-même et en celles qui s'établissent dans ses enveloppes ; les unes et lès autres peuvent être sous-divisées en aiguës et en chroniques. Celles de la première classe, propres à organe, sont l’inflammation (orchite) idiopathique ou sympathique, l’engorgement subit des vaisseaux séminifères du testicule ét de son épididyme, et la névrose qui s'établit quelquefois dans les nerfs spermatiques.
60 LÉSIONS DES ORGANES GÉNÉRATEURS . L’inflammation idiopathique, assez rare, qu'on peut rapporter à une turgescence sanguine locale déterminée par des excitations prolifiques ou des efforts violens de l'individu , se distingue de linflammation symptomatique par les signes commémoratifs et l’état particulier de l'organe. C’est le seul cas, selon nous, où les sangsues soient indiquées; encore faut-il en faire un usage modéré et prompt. Ensuite l'application de légers répercussifs et sédatifs, aidés d’une compression graduée, suffisent pour dissiper cette inflammation. |
Le: gonflement des testicules produit par la rétention ou la suspension de la liqueur séminale (spermatocèle) se caractérise par la grosseur anor- | male de la partie, les douleurs tensives, la dilataüon instantanée des veines spermatiques, et une très-grande gène qu’éprouve le sujet dans sa “ta Cette affection, d’ailleurs assez rare, se dissipe promptement sous les effets des bains de siége d'eau froide et même à la glace ; de quelques boissons rafraichissantes, de la diète, de la position horizontale sur le ventre, et du repos. Nous en avons. vu quelques exemples, et nous avons remarqué, malgré lopinion des auteurs, que la continence prolongée, qui est la cause de cette maladie, n’a jamais été nuisible aux individus qui possèdent cette vertu ;-tout prouve, au contraire, que Ja liqueur prolifique résorbée est l’un des véhicules de la vitalité nerveuse la plus importante. Ainsi on n’a pas à craindre les effets de cette con-
| CHEZ L'HOMME. Gt tinence, tandis que le résultat opposé est pernicieux et porte atteinte à l'intégrité de toutes les fonctions. Nous aurons occasion d'en parler à l'article des Maladies des articulations.
L'inflammationsympathique des testicules estor- \dinairement produite par la rétropulsion du flux blennorrhagique ou l'irritation profonde que certaines gonorrhées virulentes impriment aux organes générateurs; cette affection porte en même temps ses effets sur les enveloppes séreuses de ces organes, COMME sur leur propre substance. Ici la fluxion sé manifeste au dehors non-seulement par l'enflure du testicule, comme dans les cas précédens, mais encore par la rougeur, la tuméfaction des bourses , par les douleurs lancinantes qui surviennent immédiatement, l’insomnie, les nausées et l'anxiété.
Gette inflammation, abandonnée à elle-même, peut avoir pour terminaison la suppuration et la formation d’abcès dans le tissu de l’organe luimême ou dans ses enveloppes séreuses ou celluleuses; il est rare qu'elle se termine par la gangrène. En déterminant l'injection des vaisseaux capillaires organiques des parties affectées, le principe blennorrhagique ou syphilitique qui produit linflammation jette ces vaisseaux dans une sorte de stupeur que les émissions sanguines ne font point cesser, et dont elles augmentent souvent les effets. Aussi l'expérience nous a fait vérifier plusieurs fois que les sangsues, dans ces cas, sont
Ga LÉSIONS DES ORGANES GÉNÉRATEURS
plus nuisibles qu'utiles : elles nous ont paru prédisposer les uns à des abcès plus ou moins profonds, et d’autres à l'hydrocele, inconvéniens qui nous ont fait renoncer à leur emploi. Les moyens que nous avons jugés les plus efficaces sont, d’une part, ceux qui arrêtent ou détruisent la cause de l'irritation spontanée, et d’une autre ceux quiont la propriété de rétablir l’action des vaisseaux affaiblis et d'opérer la résolution des parties engorgées. Une bougie de gomme élastique mince et enduite d’une couche épaisse d’opium gommeux introduite dans l’urètre; l'usage de boissons sédatives mucilagineuses , telles que les émulsions faites avec les amandes douces, des pilules de camphre, de nitrate de potasse et d'extrait de jusquiame, rémplissent la première indication ; une embrocation d'huile de camomille camphrée sur les bourses, et une légère compression exercée sur ces parties à laide d’un suspensoir de flanelle remplissent la deuxième, et l’on achève la terminaison de la fluxion par un léger vomitif administré à l'époque où la détente est commencée. Cette médication, dont l’expériencenousafait reconnaître l'efficacité, est mise en usage dans notre hôpital avec un succès aussi prompt que constant.
IL arrive quelquefois, surtout lorsquon est appelé trop tard, que linflammation se termine par des abcès qui se forment plus communément dans les parties accessoires que dans la propre substance du testicule. Il est difficile d’en distinguer le siége
(CHEZ L'HOMME. 63 avant leur ouverture; cependant la marche de ces derniers est plus prompte et moins douloureuse. On favorise leur développement par les émolliens safranés, et il faut se hâter de les ouvrir avec la lancette à abcès, lorsque la fluctuation est manifeste. Ils se détérgent promptement, et la cicatrisation s'en opère en très-peu de temps. Lorsqu’au contraire l’abcès a pénétré dans la substance de l'organe , l'abcès ouvert, le testicule est altéré profondément, et il se détruit. Nous en parlerons dans l'article suivant. |
Là névrose de l'organe générateur est assez rare; nous ne l’avons observée que deux fois dans notre pratique, l’une chezun officier de l’ex-jeune garde, et l’'autrechez un jeune avocat en ville. Cette affection se caractérise par des douleurs vives qui s'étendent du cordon au testicule et laissent des intervalles plus ou moins longs; pendant l'accès, le testicule se rétracte vers l’anneau inguinal et fait froncer le dartos : le sujet est triste, morose et privé du sommeil. J’airemarqué que les émissions sanguines ne sont point favorables dans ce cas: les ventouses sont indiquées lorsque les douleurs s'étendent jusqu'aux régionslombaires. Il fautaussi appliquer sur ces régions (après y avoir posé les ventouses) quelques moxas, et si la névrose résiste, il faut même en poser sur le trajet du cordon. Ces moyens ; administrés avec des modifications relatives à la constitution et à l’âge de l'individu, m'ont parfaitement réussi chez les deux sujets désignés.
Avant de parler de certaines altérations chroniques des testicules et de l'augmentation contre nature de leur volume, ce qui suppose plusieurs maladies , nous nous entretiendrons de leur réduction pathologique ou de leur atrophie.
IL est difficile de pouvoir apprécier au Juste toutes les causes qui peuvent amener l’atrophie de ces organes générateurs. Il arrive quelquefois qu après avoir éprouvé un gonflement plus ou moins considérable par l'effet des contusions ou d’autres causes mécaniques, leur masse se réduit. graduellement et que cette réduction devient enfin complète. Nous avons quelques exemples, déjà rapportés à l’article des Plaies du cervelet, de sujets qui, par suite de blessures reçues à la nuque, ayant porté atteinte à l'intégrité de lorgane cérébelleux, ont été frappés d'une atrophie plus ou moins prononcée aux parties sexuelles ; mais nous avons remarqué très-souvent que l'abus prolongé du commerce des femmes ”, l'emploi des substances opiacées, appliquées à l'extérieur "des organes générateurs, ou injectées dans le canal de l'urètre, contre les affections blennorrhagiques, et surtout l'usage immodéré de certaines liqueurs alcooliques sursaturées de substances narcotiques,
? Les lapins mâles parvenus à un certain âge, qu’on laisse trop longtemps près des femelles, finissent par perdre leurs testicules. Ces organes s’atrophient graduellement et depaaiiin en entier,
CHEZ L'HOMME. sl 65 amènent réellement l’atrophie des testicules, ainsi que nous l'avons observé en Egypte. Nous allons reproduire à ce sujet les remarques que nous avons eu occasion de faire pendant la mémorable expédition qui a eu lieu à la fin du dix-huitième siècle dans cette contrée.
Plusieurs soldats de cette armée, à la fin de la première campagne, qui eut pour rés la conquête pénible et très-difficile de ce pays, se plaignirent de la disparition presque totale des testicules, sans nulle cause de maladie siphilitique. Surpris de ce phénomène, dont je n’avais pas encore vu d'exemples aussi frappans, je fis des recherches pour connaitre la cause et la marche de cette singulière affection. Nous allons en retracer les symptômes tels que nous les avons observés alors.
Les individus qui en étaient atteints avaient remarqué qu’ils commençaient par perdre la sensibilité des organes générateurs, que ces organes ne conservaient plus leur action, leur forme, et qu'ils se ramollissaient graduellement. Le plus ordinairement, les maladesne s’apercevaient de cette destruction , qui s'opère -d’une manière insensible, que lorsque les testicules avaient presque entièrement disparu. Arrivés à ce degré d’atrophie, on les retrouvait à peine près de l'anneau, réduits à un volume plus ou moins petit, et de manière à pouvoir, être comparés à des haricots. Le cordon spermatique se réduisait également et participait de l’atrophie.
6G . résrons DES OÂGANES GÉNÉRATEURS | Lorsque les deux testicules étaient frappés énsemble de cette affection, le sujet était privé des facuktés génératrices, et il en était avérti par l’absence des sensations prolifiqués, par 14 réduction di pénis et son défaut d’érection, enfin par la tristesse , la diminution de la voix, le défaut d’accroissement et. la perte successive de la barbe. Un assez grand nombre de militaires (une cinquantaine | environ). ont été jugés, par shite de ces mfirmités, dans le cas de l'invalidité relativé où 4bsolue. ; J’attribue ‘principalement cette maladie Aux fortés chaleurs du climat égyptien et aûx marches pénibles dans le désert, qui, en ramollissant le tissu du testicule , lont disposé d'abord à une sorte de tuméfaction anormale qui a été bientôt suivié, par leffet de causes concomitantes , de l’atrophie dont il serait difficile d'expliquer la marche et lesrésultats. Cependant ne pourrait-on pasdire queledéfaut d’'innervation sur ces organes suspend ou détruit, par les effets dessubstances alcooliques et narcôtiques prises intérieurement, leur nutrition, et Ia détourne probablement dé leur’ propre tissu, de manière à ên transporter les matériaux dans/lé torreñt de la circulation ? Dans cette supposition , il & dü’nécessairement en résulter, par l’continuation des causes qui ont d’abord produit ce phénomène, aïé réduction plüs où moins sensible de l'organe, laquelle marche ensuite rapidement et produit une atrophie plus ou moins complète, selôn 1æ
Fe,
CH: LAOMME ES notes x 0 07
ossi Mib, des sujets et la manière d'agir de.ces premières causes. |
En signalant, comme une des plus essentielles, les liqueurs alcooliques, c'est que nous avons remarqué que dans l’eau-de-vie de dattes dont on se, sert dans le pays, on fait entrer différentes plantes de la classe des solanées, telles que plusieurs espèces de piment (capsicum), et des baies de laurier-cerise, substances qui modifient alors la sensibilité nerveuse avec d'autant plus d’énergie qu’elle se développe plus facilement dans les climats chauds. La physiologie nous démontre en effet qu'il existe une grande sympathie entre l’estomac et les testicules; qu'ainsi une irritation portée sur'ces derniers organes détermine fréquemment, un mouvement spasmodique sur l'estomac, suivi. de douleurs, d’anxiété et de vomissement : de même les affections de ce viscère font perdre aux testicules leur énergie et leur intégrité; or, ilest possible que.les so{anum porten@indirectement leur. effet stupéfiant sur les testicules. Les anciens /parvenaient à les atrophier par l’application long-temps :continuée, sur les bourses, du suc de ciguë ‘épaissi ‘.
Tout le monde sait que Le suc de belladone paralyse à instant même l'organe de la vue;,je me suis convaincu de ce fait par plusieursexemples. Il faut donc être très-circonspect dans les pays
LA Wopeés Marcellus Empivieus., Eaperientia XXXIIT *
68 LÉSIONS DES ORGANES GÉNÉRATEURS chauds, sur l'emploi des so/anum à l’intérieur et à l’extérieur, lesquels m'ont paru en général être très-pernicieux. |
Lorsque l'atrophie des organes'générateurs est complète, l'art n'offre contre elle aucune ressource; mais si elle n’était que commencante, on en préviendrait les suites fâcheuses, 1° par l’isolement des causes qui la déterminent, 2° à l’aide de quelques bains de vapeurs , de frictions sèches sur l'habitude du corps, de l'urtication sur les régions lombaires et sacrées, de remèdes rafraichissans et de bons alimens. |
On peut prévenir cet accident en évitant l’usage des liqueurs spiritueuses , et surtout celles quirseraient sophistiquées, comme leau-de-vie des Egyptiens, et sous ce rapport la confection de toutes les eaux-de-vie en général, surtout de celles destinées aux soldats, devrait être surveillée et préparée avec le plus grand soin. Dans les climats chauds, il'est bon de porter un suspensoir assez serré, de faire de fréquentes lotions d’eau fraiche et de vinaigre sur toute l’habitude du corps, et de a du commerce immodéré des femmes.
Depuis notre retour en France, nous avons eu Vécbasion d'observer et de traiter cette maladie chez plusieurs militaires de l’ex-garde. Elle a suivi la même marche que celle qui s'est déclarée en Egypte, et nous avons appris des malades euxmêmes qu’elle reconnaissait les mêmes causes, c’est-à-dire l'usage immodéré de certaines liqueurs
CHEZ L'HOMME. | 69 fortes également sophistiquées, et l'incontinence abusive. N 1)" TP
Chez. l’un d'eux, cette D de est PAIYENUE en peu de temps au dernier degré, de manière à faire disparaitre presque entièrement les deux testicules. Le sujet, d'abord d’une constitution trèsrobuste , ayant une barbe fort épaisse et des traits prononcés, a perdu ces caractères de virilité : il n’a présenté depuis ce moment que l'aspect d’un être efféminé; sa barbe s’est éclaircie; sa voix est devenue extrêmement faible et grêle; ses parties génitales , après avoir éprouvé la réduction dont nous venons de parler, étaient sans action et privées des facultés génératrices. Aucun des moyens que nous avons. mis en usage, n'a pu arrêter Les progrès de cette affection, et ce militaire a été réformé. On a déjà vu aux plaies du cervelet l’observation d’un militaire chez qui les organes générateurs avaient presque entièrement disparu, par suite d'une contusion violente «qu'il avait reçue à la nuque, en débarquant d’un vaisseau pour. descendre en Egypte. ee
L' hypertrophie des testicules sans altération organique estune maladie peu commune ; cependant nous l'avons observée deux fois à l'hôpital de la garde. Chez le premier sujet, de l’âge de 26 à 27 ans, les testicules avaient acquis chacun le volume d'un œuf de poule d'Inde; ils n’offraient aucune irrégularité à l'extérieur, et on ne découvrait dans leur tissu aucune trace de tubercules : ils ne cau-
HO résons DES ORGANES GÉNÉRATEURS saient d’iutre incommodité au sujét que là pesanteur, lorsqu'il étaitdebout, etune très-grandé gêné dans la iarche. D'ailleurs la santé générale n’offrait rien! dé: remarquable; ; le pénis était seulement privé de toute espèce d'érectilité. L'usage des frictions locales d’ onguént napolitain de bbié faites sur leurs surfaces et sur le trajet des cordons $permatiques, à petites doses et À des distances assez éloïgnées; des embrocations d'huile de cimomille camphrée; une compression uniforme exércée sur Ces organes au moyen d’un suspensoir de flanéllé; de légers diaphorétiques, combinés avecles arners pris intérieurement; le repos ét la position horizontale du sujet réduisirent lés testicules, après'trois mois de traitement, à leur état normal, et ce militaire fut renvoyé de l'hôpital, Et d’une santé assez PP pour DEUTERS Rue activement ses ques années plus tard avec les mêmes Organes hypertrophiés, au point que leur volume égalait celui du poing. Ils avaient conservé leur forme ovalaire , et leur surface était également unie. I était aussi privé de ses facultés érectiles, quoique jouissant d'une bonne santé. Le traitement que nous, avons indiqué pour le prémier maladé füt employé, sur celui-ci avec les mêmes avantagés, et après l avoir continué pendant près de: six mois avec des modifications relatives à plusieurs circonstances qui: se sont offertes successivement , nous à avons eu la satisfaction de renvoyer à son régiment ce mi-
litaire, à ses organes étant revenus & à leur Etai naturel..
“Nous allons AREAS passer à la description succincte des altérations squirreuses ou cancé-
reuses qui attaquent les testicules, et nous terminerons par celle de l’engorgement chronique avec
induration, qui s'empare de leurs enveloppes et produit cetteexubérance plus ou moins considérable désignée dans ces derniers temps sous le nom d’oschéo-chalasie (sarcocèle des anciens); maladie commune dans les climats chauds et humides , assez rare dans les pays froids et tempérés.
L'extirpation des testicules, nécessitée par état squirreux où cancéreux de ces organes, est, suivant l'opinion générale, ‘une opération dont le succes est très-incertain. Les praticiens avouent même que le nombre des guérisons en est trèspetit, surtout dans les hôpitaux. Pour moi, d'après les résuliats favorables que cette extirpation m'a constamment, j'ose dire, fait obtenir, je suis porté à croire que sa non-réussite dépend généralement moins de la nature de l'affection que de la con-
duite qu'on a tenue avant, org et après loyer
ration. .
Lorsque lamaladie reconnaît une cause interne, elle est. due à la présence d’un vice particulier provenant! ordinairement de la répercussion: des flux blennorrhagiques ou dés éruptions dartreuses, etc; et dans cette supposition, on doit soumettre lemalade, avant de l’opérer,;à un traitement
m2 LÉSIONS DES ORGANES GÉNÉRATEURS méthodique relatif à la cause que l’on soupconne avoir produit l’altération. Quand on a fait un assez long usage des moyens indiqués, le mal se réduit à une affection purement locale, et l'opération alors devient un remède efficace.
Cette préparation est d'autant plus importante qu'il est rare, d’après mes recherches et mes : nombreuses observations , que les causes mécaniques seules déterminent, dans les testicules chez l’homme, de même que dans les corps glanduleux des mamelles chez la femme, le squirre et le cancer. Nous avons traité, comme on l'a déjà lu dans un autre article, un assez grand nombre de femmes blessées aux seins par des corps tranchans ou contondans, ou par de violentes contuüsions : ces accidens se dissipaient à l’aide des moyens ordi- naires, et Je n'ai jamais vu survenir ; sans d’autres causes internes, le cancer dans le sein lésé. IT arrive souvent, chez nos cavaliers, que leurs organes virils sont froissés contre le pommeau de la selle, ou qu'ils y reçoivent de fortes contusions. Il survient alors des accidens qui cèdent ordinairement aux saignées locales, aux topiques et au régime approprié; ou bien, si la cause a agi avec une grande violence, l’inflammation continue ses progrès, le testicule s’enfle outre mesure, un point de suppuration s'établit, la tunique ‘albuginée se crève ou s’ulcère à l'instar de la tunique propre des artères dans l'anévrisme, et le corps séminifère
se dissout. Ges effets sontaccompagnés de douleurs
CHEZ L'HOMME: ! (1 1 73 atroces et d’une fièvre sympathique’ Le squirre et le cancer ont une autre marche et d’autres symptômes. | |
Je me suis convaincu que tous les individus à qui J'ai été dans le cas de faire l'opération pour June de ces maladies avaient eu des affections scrophuleuses ou dartreuses. Maïs la cause la plus commune du squirre ou du cancer dont nous parlons, chez l'homme et chez la femme, est la répercussion plus ou mbins brusque des flux blennorrhagique ou leucorrhoïque , et le meilleur moyen, dans ce cas, de se préserver des suites fâcheuses de la maladie, c’est de rappeler autant que possible le flux dans le lieu où ces écoulemens s’'établissent ordinairement; et d'employer des reimèdes propres à combattre l'affection squirreuse ou cancéreuse. Le succès constant que j'ai obtenu chez l'homme, après avoir fait le traitement préparatoire que je viens d'indiquer , de l'extirpation des organes séminifères devenus cancéreux, justifie mon opinion .Suruntrès-srandnombred'individus (une centaine au moins) à qui j'ai fait l'extirpation de l’un ou des deux testicules, dans l'espace de vingt-cinq années, deux seulement ont suecombé : il y avait chez eux des complications graves. Tous les autres ont été conduits à la guérison en un laps
4 Dans ma pratique civile, j’ai eu plusieurs fois l'occasion d’extirper ou d’amputer des tumeurs squirreuses ou cancéreuses des glandes mammaires ; et aucune des dames opérées n’a jamais, que je sache, éprouvé de récidives. |
de temps relatif à la gravité de la maladie. Chez les uns, la peau et organe ont été emportés en même temps; chez d’autres, l’extirpation seule a suf mais chez tous, la dégénérescence cancéreuse était plus ou moins caractérisée dans: l’intérieur: de l'organe: Les registres de l'hôpital once Le preuve-de la vérité de ces faits.
Lorsque la tumeur est volumineuse! et que lesujet est robuste etirritable, il se présente üne difficulté qu'il faut savoif surmonter: c’est la rétraction prompte du cordon vers la cavité'abdominale. Cette rétraction peut être funeête par lépanchement qui se fait, dans le tissu cellulaire interposé entre le péritoine et les parois du bassin, du sang que fournissent les artères spermatiques qu'on n’a pu lier. Pour prévenir cet accident; il estutile d’abord de comprendre, dans la première incision, latpeau de la région de l’anneauinguinal, afin de le mettre totalement à découvert; le cordon et le testicule étant ensuite isolés par-une dissection: convenable, il faut placer la ligature d’attente ou faire fortement comprimer le cordon’ à son pagsage dans l'anneau, à l’instant desa section. Il'importe de fendre la peau des bourses jusqu'au fond ducul-de-sac qui résulte de l'extirpation du testicule, et d’exciser les bords de la division des tégumens s'ils ont trop, d'étendue. On doit même emporter, avec le testicule, les portions qui participeraient de la maladie, ou qui auraient contracté . une adhérence profonde avec cet organe: On liera;
hé CHEZ L'HOMME spots gb isolément et avec attention, tous les vaisseaux artériels, de manière à prévenir le séjour du, sang dans lettissu cellulaire, d’où proviennent l’inflammation, les suppurations abondantes et l'affection gangréneuse. Il ne faut pas réunir les bords delà plaie, comme l'ont conseillé quelques praticiens; parce qu'ils doivent suppurer. et que la suppuration est nécessaire, Je les rapproche néänmoins, maïis.en ne les maintenant en contact qu’au moyen d'un linge fenêtré enduit d’une couche mince d’onguent de styrax. On termine le pansement par des gateaux de charpie, des compresses et un suspensoir en bande un peu large, pour embrasser exactement les bourses couvertes, de l'appareil, On.préviendra les effets de l’irritation et; de l’inflammation traumatique par les déplétions sanguines, s’il. ya lieu, les rafraichissans sédatifs pris intérieurement, les lavemens émolliens anodins et des embrocations d'huile douce et calmante sur le bas-ventre. On ne levera l'appareil. que lorsque toutes. les «pièces seront complétement ‘imbibées de la;;sérosité purulente, ce qui suppose trois, quatre ou «même cinq jours d'expectation: Les pansemiens suivans-doivent être faits, journellément: et avec douceur; au moyen de charpie sèche etde bandelettes'de: cérat posées:sur les bords :de lacplaie qui se déterge assez promptement: Du dixmeuvieme:au:vingtième jour la cicatrice se manifeste et marche: ensuite avec rapidité jusqu'à sa terminaison, quialieu du vingt-neuvièmeautrente-
76 LÉSIONS DF ORGANES GÉNÉRATEURS unième. Pour assurer le succès complet de l’opération et prévenir toute récidive d'affection cancéreuse, il sera utile, selon l’idiosyncrasie du sujet et la gravité des causes qui avaient produit la maladie, de continuer pendant plus ou moinsde temps le traitement dépuratif auquel le malade avait été soumis avant l'opération. |
Les tumeurs cancéreuses de tous les sujets opérés ont présenté autant de variétés relatives au volume de la tumeur, à la dégénérescence cancéreuse , à l’état de la peau et à la constitution des individus. Je n’en rapporterai pas les observations, recueillies d’ailleurs par la plupart des ÿeunes médecins qui suivent ma clinique. Néanmoins nous tracerons ici brievement celle du nommé Duroux (Antoine-François), âgé de 36 ans, caporal au cinquième régiment de la garde, parce qu elle offre quelque intérêt par la gravité de la maladie et le résultat heureux de l'opéraridi
Ce sujet , après avoir essuyé plusieurs affections blennorrhagiques , fut atteint d’un engorgement squirreux au testicule gauche, lequel acquit en très-peu de temps le volume du poing. Craignant les opérations, il cacha son mal, quoiqu'iléprouvat fréquemment dans cette partie des douleurs lancinantes et un sentiment de pesanteur trèsincommode. Cependant il fut arrêté tout à coup par une sorte de crevasse qui se fit dans cet organe, et fut contraint de se rendre à l'hôpital en Jun 1817;
Le testicule, présentant toujours à peu près le même volume, était ulcéré dans le centre, et les bords de cet ulcère étaient surmontés de tubercules noirâtres, d’un aspect cancéreux.. Le sujet était faible, amaigri et dans un état d'affection symptomatique. Bien que j'eusse reconnu l'urgence de l’extirpation , Je ne la pratiquai néanmoins que quelques semaines après, pour avoir le temps d'y préparer le malade. La tumeur, après avoir désorganisé letesticule, avait envahi toute la région crurale jusqu’au-devant de l'anneau inguinal, et de manière à ne point laisser distinguer le cordon spermatique, que je n'étais promis de mettre à découvert, en débridant cet anneau, quand j'aurais isolé la tumeur dans cette région. Etant d’ailleurs assisté d'aides très-habiles, j'étais tranquille sur les événe: mens.
Deux incisions sémi-lunaires,qui s’étendaient du sommet de la tumeur à sa base, cernèrent toute la portion des tégumens ulcérés ou adhérens au testicule. Une dissection faite avec précaution du côté interne sur la cloison du dartos, que je respectai, et une semblable’faite en dehors dans le tissu cellulaire de laine me firent découvrir la plus grande partie de l'organe squirreux ou cancéreux; en continuant ensuite la dissection de dehors en dedans, je le détachai en entier jusqu'à son pédicule dans l'anneau. Une légère traction fit dégager alors et allonger le cordon hors de cette
ouverture, de manière à ce que Je pusse en faire la
section immédiatement au-dessus de la partie cancéreuse. Pour prévenir la rétraction subite dé ce cordon, je passai une ligature provisoire, en trac versant son épaisseur avec une aiguille mince et non tranchante. La castration fut terminée, et la ligature des vaisseaux spermatiques fut faite successivement avec le plus grand soin. Nous levämes alors !la digature d'attente, et J'explorai avec mon doigt l’intérieur de l'anneau. Je découvris, comme je l'avais pensé, une induration fusiforme, de la grosseur ‘du petit doigt, qui se prolongeait le long du cordon spermatique dans le bassin. Je n'hésitai plus à débrider l'anneau inguinal, et après avoir saisi ce nouveau corps squirreux avec une forte pince, je l’isolai dé ses adhérences membraneuses ambiantes à l’aide du bistouri boutonné. L' ayant entrainé vers l'ouverture Ur je pus facilement le détacher au point où linduration se terminait. Son extraction nous fit voir qu'elle était produite par le canal déférent que nous'avions coupé dans sa portion saine à plus de deux pouces dans le bassin. Cette opération, qui fut un peu laborieuse, étant terminée, tous les points celluleux qui participaient de la maladie étant'enlevés, la plaie abstergée, et le suintement sanguin des petits vaisseaux ouverts ayant totalement'cessé, nous procédèmes au pansement. Uni linge fenêtré enduit d'onguent de styrax fut posé immédiatement ‘sur cette énorme plaie, dont javais rapproché les! bords; ayant eu le ‘Som de
CHEZ L'HOMME. #ÿ placer exactément les ligatures à son ‘anglé inférieur. De la charpie molletie, des compresses et “an bandage convenable términèrent lappareil di y + On prescrivit la médication indiquée, et l’on mit lemalade dans un nouveau lit et dans uné position. convenable. Le sujet était faible, abattu; cependant il ne se présenta aucun accident, et peu de momens après l'opération, il déclara se trouver dans un bien-être inexprimable. ”
La dissection de ces deux pièces pathologiques nous fit voir, dans la première ou le testicule, une dégénérescence cancéreuse de toute sa masse communiquant avec l’ulcère extérieur. Les membranes qui recouvraiemt le testicule avaient acquis une grande épaisseur, et elles étaiènt parsèemées de plaques lardacées. L’induration du canal déférent, qui avait environ deux pouces et demi de longueur sur quatre où cinq lignes de diamètre dans le centre, était formée d’une concrétion ossiforme conservant un très-petit canal dans son intérieur. Ce tube était recouvert d’une membrane épaisse, dense et de couleur nacrée. |
Ce malade, après quelques légers orages fébriles qui survinrent vingt-quatre heures après lopération, alla de mieux en mieux, et au bout de quaranté-cinq jours de traitement consistant dans des pansemens simples, quelques frictions mercurielles faites aux pieds’ à de grandes distances, et l'usage des amers, te militaire se trouva guéri et sortit de
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NY
8o LÉSIONS DES ORGANES GÉNÉRATEURS
… l'hôpital pour rejoindre son régiment, où il reprit
son service.
J'avais entièrement perdu de vue ce caporal, lorsqu’en 1823 il revint dans mes salles pour y être traité d’une fémoro-tibialgie. L’ayant reconnu, je voulus voir le résultat de mon opération. La cicatrice était unie, un peu enfoncée et sans le moindre. signe d'aucune affection dans le basventre; letesticule droit était totalement atrophié; mais nous fümes fort étonné d’un changement qui s'était opéré chez ce sujet à la région occipitale, très-exubérante à l’époque de lopération, et que nous trouvâmes tellement déprimée que les bosses occipitales avaient entièrement disparu. Ce caporal fut mis peu de temps après à la retraite.
Nous avons rendu compte, à l’article PLAïES DE TÊTE, d’un autre sujet qui avait subi deux castrations pour les deux organes générateurs, à dix ans d'intervalle l’une de l’autre. Long-temps après on trouva également chez lui toute la région occipitale considérablement déprimée, et comme si on l'eut coupé avec un sabre.
Du sarcocèle ou oschéo-chalaste.
Le mot sarcocèle dérive du grec (x et op).
Fabrice d’'Aquapendente., de Hilden, André Delacroix, Lanfranc, Gabriel Fallope, et plusieurs autres médecins ont décrit cette maladie sous le
nom de caro adnata ad testes vel gd (esiem , eïc.;
CHEZ L'HOMME. 0 mais ces dénominations me paraissent peu convenables pour désigner l'affection singulière dont je vais parler. Pour mieux me faire entendre, Jai cru devoir adopter le nom d’'oschéo-chalasie, qui lui a été déjà imposé par le célèbre professeur Alibert dans sa Vosologie naturelle, et qui me semble en effet mieux exprimer cette extension prodigieuse que prend la peau du scrotum en pareille circonstance, et l’hypertrophie cellulaire qui la détermine.
Les individus que j'ai vus attaqués de cette ma- Jadie en Egypte me mettent, du reste, en état d'en faire connaître les causes , les vrais symptômes, la marche , les effets, et d'indiquer les moyens curatifs que l’art peut offrir. Mes recherches sur l'oschéo-chalasie me portent à croire qu'elle est endémique dans les climats chauds et humides : ‘du moins se rencontre-t-elle rarement dans les climats froids, car la plupart des exemples vus en Europe provenaient de l'Asie et de l'Afrique. La tumeur scrotale de Charles Delacroix, ancien ministre des relations extérieures, est peut-être le seul exemple bien constaté d’un vrai sarcocèle développé sous notre température, et encore était-il peu volumineux ,en comparaison des sarcocèles cités dans les Ephémérides d'Allemagne, année 1692, dans les Œuvres chirurgicales de Dionis, dans la Biblia thèque de médecine, tome 1x, et de ceux que ] ai été surpris de voir en Egypte, dont les moindres, parvenus à leur accroissement, pesaient plus de