‹ Clinique chirurgicaleChapitre 13 sur 47 · PAR PE · texte numérisé non relu

PAR PE

N'ALADIÉS DE LA TÊTE ET DU COU 103 ne s’observe pas ordinairement dans les cancers de la mamelle. SRE |

La plaie parcourut ses périodes sans aucun accident, et ellé arriva, avant le soixantième jour, à une cicatrisation complète. Nous avons prévenu sans doute la récidive par le soin que nous avions pris, en opérant, de ne laisser dans le tissu cellulaire aucune portion squirreuse , et par le traitement que nous avons fait subir pendant les pre-

miéres années après l'opération. Cette dame, qui est venue nous voir à Paris il y à peu de temps,

jouit d’une parfaite santé. La cicatrice est blanche,

solide, et point douloureuse, quoique adhérente aux côtes.

Mon intention n'étant point de décrire dans cet ouvrage les maladies nombreuses qui attaquent l'utérus, je me perméttrai seulement ici une digression pour esquisser quelques-unes de celles que nous avons traitées avec des moyens inusités et un succès inattendu.

Nous dirons d’abord quelques mots du prolapsus où chute de la matrice, maladie très-commune chez les femmes dont le bassin est peuélevé, évasétransversalément, et qui ont eu plusieurs enfans. L'une des causes les plus fréquentes est la traction immodérée que les sages-fémmes exercent souvent sur le cordon ombilical pour l'extraction da placenta, quand äprès les accouchemens ce corps ne se détache pas assez vite , par le désir qu'elles ont sans doute de prévenir une hémorragie et dé

[04 MALADIES DE LA rème er ‘DU Cou

remettre promptement l'accouchée dans son lit. Les auteurs n'ont pas assez insisté sur ce précepte, celui d'attendre que la nature aït. commencé le décollement du placenta par de nouvelles contractions de l'utérus pour en opérer l'ex: traction. | |

La chute de la matrice présente des. variations qui tiennent à son étendue, à sa durée, à l’âge des sujets et aux affections maladives qui la compliquent. Lorsque le prolapsus a conduit l'utérus à l’orifice de la vulve, que le sujet est d'une consti= tution molle, lymphatique, et d’un âge avancé, il ne reste d’autres ressources à l’art que celles de réduire où de remettre cet organe à sa place dans le bassin, et de l'y maintenir au moyen d'un pessaire en gomme élastique, fait exprès pourla femme qui doit en faire usage. Le repos, un régime con: venable et quelques précautions à prendre pour conserver cet instrument dans ses rapports respectifs avec l'utérus, doivent suivre son application. Mais si le sujet est jeune et que l'organe ne, dépasse point le détroit inférieur du bassin, on peut épargner à la malade le désagrément extrêmement pénible de la présence, te les parties sexuelles , de ce corps étranger, qui devient souvent une cause déterminante du cancer de l'utérus et de beau- CPR d’inconvéniens qui troublent l'harmonie des époux. F

Ce prolapsus s'établit par l'effet de deux causes: l'une est l’engorgement asthénique des parois de

MALADIES DE LA TÊTE ET DU COU 105 l'organe, et l’autre est l'allongement contre nature ou le relâchement de ses ligamens, distendus primitivement et outre mesure par les fortes grossesses, avec inclinaison en avant du pubis. L’on conçoit en effet que dans cette disposition les ligamens larges, pour suivre à cette distance l'élévation et le renversement de la matrice parvenue au dernier terme de la grossesse, ont dù nécessairement s’allonger de beaucoup pour céder à cette forte traction graduée et progressive. Afin de dégorger l'utérus, de rétablir l'élasticité primitive de ses ligamens, et de favoriser leur rétractilité, la nature doit être secondée dans ses efforts; il faut donc, pour remplir la première indication , pratiquer, sur les régions les plus rapprochées des parties malades, les lombes, les flancs et les aïnes , des saignées révulsives au moyen des ventouses scarifiées que l’on doit appliquer à plusieurs reprises selon le besoin. Lorsque la déplétion est suffisante, on pose des moxas sur les premières régions désignées, deux à deux ; et avec les précautions prescrites à l'article Moxa. On ne doit pas craindre d'en multiplier le nombre; il faut aussi seconder les effets de ces topiques excitans révulsifs par la situation horizontale du sujet, l'élévation du bassin et la flexion permanente des membres inférieurs; par des lotions d’eau froide vinaigrée sur les parties sexuelles, des embrocations légèrement alcalines sur le basventre, des lavemens laxatifs, et par un régime mucilagineux léger. Deux, trois ou quatre mois de

ce traitement suffisent ordinairement pour que la matrice soit rentrée dans sa situation respective ; et qu'elle ait repris l'usage de ses fonctions: Nous rapporterons à l'appui de ces assertions théoriques quelques faits remarquables que nous avons ob: servés dans notre pratique en ville

[° Observation. — Madame de V**, d’une taille avantageuse, âgée de 27 à 28 ans, me fit appeler en 1804 pour rémédier à une chute de matrice portée au troisième degré, survenue à la suite d’un deuxième accouchement qui avait eu pour résultat l'extraction prématurée du placenta. Son extrême sensibilité et une répugnance invincible n'avaient pas permis àacette dame de supporter un pessaire que son accoucheur avait voulu lui poser. Comme elle était résignéeà tout faire pourse débarrasser decette infirmité et se dispenser de porter ces sortes d’instrumens dans ses organes extrêmement sensibles etirritables, je pus facilement employer les moyens dont nous avons parlé plus haut. Après l'applicacation de plusieurs séries de ventousesmoutchetées, nous passâmes à celle des moxas qui furent posés , deux à deux, sur les régions lombaires. La situa-

, tion horizontale, le repos et un régime approprié

furent également mis en usage. Au huitième moxa, l'utérus s'était déjà réduit de la moitié de sa chute, et au douzième cette dame se trouva parfaitement rétablie. Cette guérison se manifesta vers le quatre: vingt-unième jour du traitement.

Il Observation. -— Nous avons eu occasion de

MALADIES DE LA TÊTE ET DU COU. 07 traiter depuis, à l'aide de ces moyens, un grand nombre d’autres jeunes dames, pour ün prolapsus plus ou moins prononcé , et nous en avons obtenu les mêmes succès, sans qu’elles aient jamais fait usage de pessaires. Mais l'observation quinous parait être la plus remarquable a été recueillie sur la personne de madame de C**”", née de B***, âgée de26à27 ans, d'une taille moyenne, d'une constitution nervoso-sanguine et d'une sensibilité exquise. À l'accouchement pénible et laborieux de son quatrième enfant, il survint un prolapsus si fort de l’utérus que son orifice se présentait à la vulve. Effrayée et fortement incommodée de cet accident, elle fit promptement appeler sôn accoucheur, qui lui fit sentir la nécessité indispensable de lapplication d'un pessaire qu’elle devait garder à demeure. L'introduction de cet instrument fut douloureuse et difficile , et son séjour fut accompagné de douleurs sourdes continuelles ; d’un sentiment de pesanteur et d'extension excentrique très-in: commode; les selles étaient extrémement pénibles , et la malade était obligée de se nourrir d’alimens plus ou moins liquides et de se tenirconstamment couchée sur l’un des côtés. Le moindre mouvement lui occasionait des douleurs vives et des trémoussemens nerveux. |

* Après avoir supporté ces tourmens l’espace de six semaines ou deux mois, cette dame me fit appeler.. Ayant entendu le récit qu'on vient de lire, je n’hésitai point à lui proposer l'extraction du

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pessaire, en lui faisant espérer un succès plus certain par d'autres moyens que je me proposai de mettre en usage. L'une et l’autre de ces propositions furent acceptées, et la malade se livra avec une entière confiance à notre médication, qui devait avoir pour base les moxas. Le pessaire retiré, je trouvai une aréole de boutons verruqueux et légèrement ulcérés autour du col de l'utérus, résultat de la pression circulaire que l'anneau du pessaire avait exercée sur cette partie. Il n’est pas douteux que cette altération aurait fait développer sur cet organe un ulcère d’un mauvais caractère. Je fis faire quelques pas à cette dame, ce qui repro-. duisit à l’instant même le prolapsus, tel qu'il était avant l'application du pessaire. Cela devait être, car cet instrument ne fait que suspendre l'utérus, sans remédier au relâchement de ses ligamens suspenseurs. Nous appliquämes d’abord plusieurs ventouses mouchetées sur les régions lombaires et inguinales ; nous fimes succéder à ces moyens les moxas posés sur les premières régions, deux à deux, et sur-une ligne parallèle. Le nombre en a été porté à quatorze. À ces topiques révulsifs nous avons ajouté les bains de siége froids avec du gros vin rouge, l'usage intérieur des amers , un régime analeptique rafraïchissant et le repos le plus absolu. Après six mois de ce traitement , la matrice s'est retrouvée dans sa position primitive ou normale, et à sa très-grande satisfaction, cette : jeune et intéressante dame, qui jouit maintenant

d'une parfaite santé, fait des courses assez longues à pied, sans qu’elle en éprouve la moindre indisposition.

Lorsque ces affections squirreuses ou carcinomateuses attaquent l'utérus dans ses parties extérieures, l'art offre plus de ressources, etle pronostic est moins facheux que lorsque ces maladies commencent par le corps de cet organe. Ainsi, dans la supposition que lulcère ait entamé les lèvres qui bordent l'orifice de la matrice et paraisse vouloir envahir son col, il est urgent de mettre en usage un moyen qui cerne le mal ou le détruise dans toute son étendue, avant qu’il ait pénétré dans l'épaisseur des parois du viscère. Les uns conseillent les injections astringentes ou des douches ascendantes des eaux minérales répercussives ; d’autres ont proposé l'application immédiate , sur les points ulcérés, du nitrate d'argent ou de mercure; quelques-uns , celle de la potasse caustique; enfin un très-petit nombre d’autres praticiens célebres ont mis en pratique l'excision de la totalité du col de l'utérus, de manière même à porter l’instrument tranchant au-delà des limites de l’ulcération.

Les partisans de ces divers procédés rapportent, en faveur de leur méthode, un plus ou moins grand nombre d'exemples de succès; mais sans prétendre élever le moindre doute sur la véracité de ces faits, ou sur le résultat de l'emploi de chacun de ces moyens, nous nous permettrons les réflexions suivantes.

t1O MADADIES DE LA TÊTE ET DU COt:

1° Les ar À ou les eaux MEN sahdes sul-

toniques pris intérieurement, ne nous parlées convenirque lorsque l'étéhition , tres-superficielle et sans douleur, est accompagnée de leucorrhée muqueuse et de tous les symptômes d’une idiosyncrasié scorbutique. Ces cas sont rares et difficiles à distinguer. Ces mêmes moyens auraient certainement de grands inconvéniens si l’ulcération avait été précédée ou était encore accompagnée de douleur, de rougeur dans les parties, des signes enfin d'une véritable phlegmasie, ainsi que d’un flux utérin sanguinolent et a ou moins ichoreux ou die

2° Les cautères En | tels que les nitratesou la potasse concrète , portés immédiatement sur les parties lésées, peuvent avoir des avantages, lorsque, dans nettes circonstances extrêmement rares, le point de l’ulcération est superficiel } établi au sommet de l’une des deux lèvres dé l'orifice de la matrice, et qu'on peut isoler l’action du caustique sur ce point lui-même; ce qui est très difficile , pourne pas dire impossible. Ce caustique, après avoir désorganisé la portion touchée de lulcère, s'étend rapidement au-delà de ses bords et va! RETRO ou corroder d'autres points plus ou

moins étendus des’ parties saines ambiantes, de

sorte que presque toujours l’on trouve à la chute des escarres l'ulcère plus considérable et un tra

MALADIES DE LA TÊTE ET DU COU:. Tir

vail d'inflammation érysipélateuse développée dans tous les tissus voisins. Nous avons constamment vu ces résultats à la suite de l'application de ces cautères potentiels, bien que nous les eussions em-

ployés nous-mêmes avec toutes les précautions

requises; aussi les avons-nous abandonnés.

3°. Nous ne connaissons point defaitsassez positifs

pourprononcersur les avantages del’amputation du col de lutérus, en supposant que la maladiese borne exclusivement aux parties qui constituent cette portion de l'organe, circonstance qui est très-difficile à déterminer; car si l’ulcération pénètre par lorifice dans la cavité propre de la matrice, l’excision deson col serait inutile et l'affection continuerait ses progrès, d'unemanière même plusrapidequ’avantl’opération. Mais enfin, en supposant qu’elle est concentrée au-dessous du sillon circulaireïqui correspond au niveau du bord interne de l’orifice utérin, l'excision de ce prolongement doit être d’une exécution difficile et douloureuse, en ce qu'il faut ramener tout l'organe à l'entrée de la vulve » Pour couper nettement et d’une manière exacte toute la portion malade. Cette première manœuvre ne pouvant s'exécuter qu'à l’aide d’érignes oude crochets avec lesquels on harponne les parties latérales du corps de l'utérus , qui participe toujours plus ou moins de l'inflammation latente des parties lésées ) Ces piqüres augmentent nécessairement cette phlegmasie, etc'est peut-être l’une des causes du non-succès de cette opération. Mais cette amputation totale du

col de la matrice eüût-elle tout le succès désirable, est-il bien possible que la femme qui la subie puisse devenir enceinte, et que la grossesse puisse chez elle parcourir tous ses stades jusqu'au terme de l'accouchement? Voilà ce que la physiologie ne semble point admettre; car les fibres circulaires qui forment le sphincter de l’orifice utérin ontété nécessairement comprises dans l’excision du col, s’il est vrai que cette amputation ait été complète, et dans ce cas, la nature serait privée du constricteur indispensable àl’occlusion parfaite de l’organe pour que les parties de l'œufne puissent s'échapper de la cavité utérine et POREQUE l'air extérieur ne puisse M avoir aucun accès, le contact seul de ce fluide élastique pouvant détruire ou tuer le germe vital de l'embryon. A plus forte raison, cette ouverture, sans constricteur, ne pourrait résister à Ja dilatation de la matrice. Et comment vérifier toutes ces circonstances pour établir des assertions positives? Combien de fois n’a-t-on pas cru avoir coupé toute l'étendue du col utérin, tandis qu'on n'avait réellement excisé que des portions fongueuses ou des excroissances charnues d’une forme analogue à cette portion d'organe, superposées ou entées sur les lèvres de ce col, qu’on trouvait ensuite intact, soit pendant l'existence des femmes qu avaient subi ces prétendues opérations, soit aprés leur mort! Ennousrésumant, nous croyons quecette apét Ation est presque toujoursinutile, parcequ'ellen’empêche point leretour de l’ulcère; que d’ailleurs elle

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peut-être quelquefois accompagnée d'accidens très-graves. Je pense néanmoins, comme les: praticiens habiles qui ont fait cette opération, qu'elle peut être pratiquée avec succes lorsqu’ on peut borner la section aû niveau de l’orifice utérin; c'est-à-dire dans la ligne circulaire qui se trouve immédiatement à la base des deux lèvres qui bordent cette ouverture. Dans ces cas le succès nous parait très-possible, et nous en avons vu plusieurs exemples qui ont été communiqués à KAcadémie royale de médecine. EU Je me suis permis, sur les divers procédés désignés ci-dessus, cette courte analyse, pour que l’on PAIE faire le parallèle des, divers moyens usités jusqu'à ce jour avec ceux que nous allons proposer, et dont nous avons retiré de grands avantages. | :

1l faut d’abord bib reconnaître le caractère, l'étendue du mal et la nature des causes, qui l'ont produit. Dans tous les cas, la phlegmasie. a devancé et accompagne , avec As ou moins d'in: tensité, l’'ulcère ou les excroissances. squirreuses qui sont accessibles aux secours de l’art, c’est-à-dire quand la maladie se développe de dehors. en de-

dans ; car si elle avait d’ abord envahi toute l’é épais

‘seurou l'intérieur de l utérus, avant de manifester ses effets extérieurement, la médecine. serait. alors,

impuissante; on ne pourrait que pallier le mal, et, les indications qui sont à remplir dans.ce Rep

cas rentrent dans l’histoire générale des affections. |

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4 sfALADIES DE LÀ TÊTE ET DU COU.

propres au Corps de la matrice , qui sont décrites par un grand nombre d'auteurs. Nous allons nous borner, dans cet article, à indiquer les moyens que nous croyons les plus utiles pour: arrêter les progrès des ulcères carcinomateux qui attaquent les portions saillantes et extérieures de lutérus, avant que le corps de cet organe ne soit envahi par la maladie. |

1° Il faut faire dégorger les parties enflammées par des saignées révulsives faites avec les ventouses scarifiées qu’on applique à plusieurs reprises sur les régions lombaires, sacrées, et sur les pe des aines, vers le plat des cuisses. 2° Lorsqu’on a obtenu une déplétion suffisante, on pose sur lesmêmes régions , des moxas, deux à deux et | PR AROPRIIRS, en observant les précautions tracées dans l'article relatif à ce topique révulsif. A leur défaut, on peut établir des fontanelles sur les régions lombaires ; mais elles ne sont point aussi étBiucés, et lon peut dire qu’elles sont plus doulourenses. Les dames qui ont été à même de faire usage de cés deux moyens ont constamment préféré le moxa, comme le révulsif le plus puissant et le moins désagréable. 3° Si l'ulcère est commencé, il faut l'attaquer directement avec le cautere actuel, de concert avec l'excision, si elle est praticable. Le premier moyen est plus effrayant que douloureux; som application s’en fait avec facilité à l'aide d’un speculuim. que nous avons fait préparer en ivoire, . substance moins propre à transmettre le calorique |

MALADIES DE LA TÊTE ET DU QOW 115 que les métaux. Cette cautérisation s'opère avec des lentilles et des olives portées sur une: tige droite et d’une longueur convenable ; on ies con-' duit avec sûreté sur les parties malades, et en isolant autant que possible, avec le spéculum , la matiere de la chaleur des parois du vagin : ee conducteur sera d’un diamètre relatif. On est éclairé par un rayon de la lumière du soleil, ou mieux encore par la lumière artificielle. IH faut que les cautères soient incandescens ; leur action est alors plus efficace et moins douloureuse. On ne doit pas craindre non plus de toucher fortement tous les points malades, car l’action de ces cautères se borne exclusivement aux parties avec lesquelles ils ont été en contact. Toute la portion brûlée se cicatrise promptement, et les propriétés se rétablissent d'une manière graduée, dans celles qui sont affaiblies et frappées de cette phlegmasie chronique et locale. Enfin, l’on voit avec un grandétonnement le mal s'arrêter et tous les symptômes qui l'accompagnent disparaître, tels que les douleurs lancinantes, le suintement ichoreux et la phlogose. Il faut répéter ces Cautérisations, en-observant de laisser quelques jours intervalle, autant qu'il sera nécessaire pour arriver au dernier degré de cicatrisation plus ou moins prompte, ou plus ou moins tardive, selon la profondeur et létendue de l'ulcere. | | | Lorsqu'on a reconnu ou qu’on a lieu de sOUpsonner, chez la malade, la présence d’un virus sy-

116 MALADIES DE LA TÊTE ET DU COU. | philitique, scrophuleux ou | herpétique , il faut joindre à ce traitement local révulsif usage des ‘remèdes propres à combattre ces causes morbides spontanées, d'ailleurs peu Communes. En conséquence on ordonne intérieurement des substances dépurativés améres , et lon fait faire aux aines , à de grandés distances {cinq à six jours d'intervalle), des frictions mercurielles à la dose d’un demi à un gros d'onguent napolitain double. Il faut se garder de pratiquer des injections dans les voies utérines; elles sont toujours inutiles et peuvent être plus où moins nuisiblés, si nous en‘exceptons celles d’eau vinaigrée, que l'on doit faire immédiatement après chaque cautérisation. La malade sera mise à ce qu'on appelle la diète blanche, et ne se nourrira par conséquent que de substances douces mucilagineuses, telles que le lait, des œufs frais , des bouillons de poulet, de grenouilles, de têtes dé poisson, de tortue, etc. On lui fera supprimer le café , le vin, les liqueurs et toute espèce de crudités et d'alimens échauffans. Elle devra observer le repos et se tenir chaudement. | A l'appui de ces assertions, nous ajouterons le précis d’une observation que nous avons recueillie sur la personne de madame R**, âgée de 36 à 38 ans, affectée d’un ulcère qui avait déjà détruit une grande portion des deux lèvres de l'orifice utérin. Cet ulcère se compliquait d’un écoulement sanguin purulent et d'une obstruction à la région iliaque gauche que nous croyions avoir son siége dans

MALADIES, DE LA TÉTE(ED DU COU. ‘117 Povaire du même côté. Cette maladie grave avait été déterminée par la présence d’un irès-gro$ pessâire que la malade avait porté pendant plusieurs années pour une chute de la matrice. Une consul-

tation de MM. les docteurs Lisfranc, Ribes, et.de plusieurs autres médecins , avait décidé quil n'y avait aucune. opération à faire, ayant considéré la maladie comme étint au-dessus des ressources de l'ârt. Cependant jevoulus essayer, d'après le conseil delun desconsultans, la potassé caustique; mais la première application , quoique superficielle et faite avec-le plus grand: soin, fut suivie de ‘douleurs si vives! qu'il fallut renoncer à de nouvelles applications. Nous remarquâmes qu'elle avait d’ailleurs étendu-la phlogose du-vaghi et l’ulcération du col de l'utérus. L'amputation de cette’ dernière partie avait été jugée impraticablé, à raison des complications dont nous avoñs parlé. Il n’était pénible d'abandonner cette dame au désespoir dont elle était menacée : je conçus alors l’idée d'attaquer ce mal parle cautère actuel: Les succès nombreux que j'avais obtenus de sonapplication pour des ulcères cancéreux: à la face me donnaient des:espérances de réussite. La première cautérisation fut faite en présence de M. Ribes, qui fut étonné lui-même de la facilité avec laquelle cette opération se fit, et du peu de douleur qu’elle causa à la malade , quien

éprouva leplusgrandsoulagement. Après quelques

jours de repos, nous trouvämes l'ulcération réduite

et un commencement de cicatrisation dans sa cir- -

conférence. Nous posämes de nouveau le fer rouge, et à la septième application, uné cicatrice froncée, blancheetsolide, avaitrempläcé cetulcèré;l’écoule- -ment avait cessé, et la malade n’éprouvait pluside douleurs dans cette région. Nous prescrivimes des frictions mercurielles ; faites à cinq ou six jours d'intervalle sur la tumeur du bas-ventre, et nous posàmesle moxa sur les régions lombaires ,pour'achever le travail de résolution de la matrice et de toutes les parties engorgées du bassin. Lenombre enfutporté successivement à vingt-quatre. La malade avait été soumise un régime lacté et à l'usage de pilulescaniphrées et nitrées à prendre pendatit la nuit. Enfin, aprés :8ix! ou huit mois de soins assidüs , nous avons eu la satisfaction de voir cette dame revenue à üne parfaite santé. Elle a été vue nee fois dans ce dernier état par M: Ribes. T3 Nous osons croire qué'ces faits et-les réflexions qui les accompagnent suffiront pour encourager les jeunes praticiens, et prouveront au public qu'il | est très-peu de maladies, à moins qu’elles né soient parvénues à leurs dernières périodes, qu'on ne puisse attaquer avec avantage, pourvu toutefois que les sécours de l’art soient AARAEN avec discernement. FL Mowlyacadd

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