DES PLAIES DE LA RATE
La situation profonde de la rate dans l'hypocondre gauche la rend peu accessible à l’action des ‘instrumens vulnérans; aussi les blessures de cet organe sont-elles assez rares. Notre longue pratique ne nous en a fourni que trois exemples, dont nous rapporterons plus bas le précis historique.
Par les mêmes motifs , nous avons peine à croire
DE LA RATE. | 45g à la vérité des assertions émises par quelques auteurs sur les hernies de ce viscère à travers les plaies faites à lhypocondre, et qui lui portent atteinte : en effet, si l’on considère ses rapports anatomiques et ses adhérences profondes avec les parties qui l’environnent, il sera facile de se convaincre que le déplacement, cité par les auteurs, et à l'existence duquel on a cru trop facilement, ne peut avoir lieu, à moins d’une grande déperdition de substance dans les parois cartilagineuses et musculeuses de lhypocondre, et qu'en supposant que là rate se trouverait dans un état de gonflement anormal. D'ailleurs, ces sortes de blessures, extrêmement rares, seraient et-doivent être constamment accompagnées de l'issue où de la lésion de l'intestin colon ou de l'estomac, surtout de la lésion des vaisseaux plus ou moins importans soit de ce dernier organe , soit de la rate, ce qui les rend nécessairement mortelles. Dans tous les cas, les expériences nombreuses qu'on a faites sur l’extirpation de ceviscère parenchymateux, chez les animaux, peut confirmer le sentiment des auteurs ; sur la possibilité de son excision chez l'homme, si réellement, contre notre opinion, il fait hernie au dehors, et qu'il ait éprouvé une telle restriction dans la plaie, que sa portion exubérante en soit mortifiée. N'ayant point vu cette espèce de hernie, nous ne pouvons porter aucun jugement sur la possibilité ou le danger de pratiquer cette excision.
Les personnes qui font des armes de la maïn gauche sont les plus exposées à la lésion de la rate, parce qu’elles présentent à découvert le flanc de ce côté, où l'arme de l'adversaire se dirige naturellement. Mais pour atteindre cet organe, encore faut-il que le fer pénètre assez profondément.
On reconnaïtra sa lésion à la direction et à la profondeur de la blessure, qu’on peut sonder avec le doigt, si elle est assez large , ou avec la sonde, si elle est étroite. Cette investigation, à l’aide de laquelle on peut reconnaitre jusqu’à la certitude les parties qui ont été atteintes, n’a aucun inconvénient lorsqu'elle est faite avec la prudence nécessaire. D’unæattre part, en traversant les tégumens et les trousséaux sous-jacens des fibres charnues de lhypocondre, les armesvulnérantes, quelles que soient leur forme et la finesse de leur pointe ou de leur tranchant, éprouvent toujours une certaine résistance , en sorte que, le fer retiré, les bords de ces plaies se resserrent promptement, et s Opposent non-seulement à l'issue des organes contenus dans cette région de labdomen, mais encore à celle des fluides qui se sont épanchés; bien que cet épanchement ait eu lieu cependant d’une manière d'autant plus abondante, que la friabilité de larate fait qu'elle se coupe très-facifement, et que, dans les mêmes proportions, ses divisions ou ses dilacérations sont beaucoup plus étendues que celles des tégumens. ILimporte même, pour le pansement convenable dela blessure, de ne point perdre devue