‹ Clinique chirurgicaleChapitre 6 sur 47 · DES FRACTURES DES MACHOIRES · texte numérisé non relu

DES FRACTURES DES MACHOIRES

Parmi les plaies de la face, les plus graves par leurs résultats sont certainement les coups de feu aux mâchoires, dont la fracture est ordinairement suivie de fracas, de l'expulsion au dehors d’une -plus ou moins nie quantité de pièces osseuses, et de la déchirure ou attrition profonde des parties molles des parois de la bouche. | :1-Ges, coups de, feu peuvent être lancés par la main. des, individus eux-mêmes, ou par. l'effet ‘d'une puissance étrangère. Dans l’un et l’autre cas, Je résultat sur les parties léséés peut être lemême ou s£ trouver dañsune analogie parfaite. Cependant ibarrive que. celui qui cherche à se détruire. applique: plus. immédiatement son arme sur,.Je point d'où.il. pense que le projectile pourra arriver. plus directement, dans. le cerveau; aussi tous ces.der-

niers-Coups sont tirés à bout touchant: C’est, sur la

voute palatine, on dans l'orbite , que ces suicides dirigent ordinairement leur arme ; quelquefois c'est sous la mâchoire inférieure, ou le menton, qu'ils appliquent l'extrémité du canon. Dans ces diverses circonstances, la balle pouvant suivre la ligne verticale que la puissance motrice lui à imprimée, le cerveau est traversé, et la mort du sujet inévitable et immédiate ; le plus souvent, néanmoins, l'arme se dévie à l'instant de la détente, et le projectile est détourné en dehors, dans l’épaisseur des parties, sans pénétrer dans-le crâne. ; Lorsque le coup est porté d'aussi près , l’explosion de la poudre à canon se fait presque entièrement dans la bouche de l'individu > Ou dans l’épaisseur des parois de cette cavité ; CE qui produit un grand désordre dans les parties molles et dans les mâchoires, avec des traces de brülures faites par la poudre. Ces premières parties sont attrites et déchirées par lambeaux multipliés et plus:ou moins étendus; souvent méme il y a une grande déperdition,de substance ; les os sont fracassés , et les .esquilles qui en résultent sont -expulsées au dehors ou fichées profondément dans les-chairs. Il arrive aussi quelquefois que le projectile, dans son passage à travers les fosses nasales ou Porbite,, fracture et échancre les parois saillantes et corréspondantes des sinus frontaux ou de la cavitédu crâne, de manière à porter atteinte à l'intégrité du Cerveau. Aro: 20 +! 2 Dans tous les cas, ce sont des. blessures horri-

bles, d’un caractère trés-grave, toujours dangéreuses , et pour letraitement desquelles il faut une grande expérience et beaucoup de courage, afin de surmonter toutes les difficultés qu’ellés présentent.«On doit d'abord exciser les lambeaux désorganisés, débrider les angles obtus des déchirures pour simplifier ces solutions de continuité;extraire lesesquilles détachées ou dénudées de leur périoste; réduire et fixer en rapport au moyen du fil de platine: passé autour des dents, les fragmens de màchoire susceptibles de se souder entre eux ,'et faire enfin la ligature des branches artérielles qui pourraient fournirune hémorragie, 41 7

.… Il faut ensuite rapprocher et maintenir en contact ainsi que nous l'avons déjà dit,'au moyen de suütures ,' les bords de la plaie qué lon vient , à l'aidedes moyensprécédens, de réduire ati plus haut degré desimplicité possible. La suture entrecoupée peut convenir dans les parties peu désorganisées dursimplement divisées; celle entortillée est nécessaire-pour rapprocher et maintenir les parties susceptibles d’une grande rétraction, telles que les èvrés, ete. ; celle enchevillée doit étre mise en usage. pour les parois de la bouche, ou dans:lés tégümens du col; parce qu'ils n’offrent pas assez de résistancé à l'action de la suturé entrecoupée. n nbs@és deux prémières indications rempliéss on äp- ‘pliqueunappareil’contentif, et de manière. à faire agir les pièces qui le composent, sur les moyens d'union; pour en seconder les effets. Enfin'le pan-.

MALADIES DE LA TÊTE. ” 27 sement étant ainsi terminé, on peut ne plus toucher à cet appareil, surtout lorsqu'il est méthodiquement et bien appliqué, pendant un laps de

| temps considérable ; il y a même toutes sortes d’a2 vantages, surtout à l'armée, où l’on est en pénurie de toute espèce de secours, à le respecter jusqu’à ‘époque de la cicatrisation. On peut seulement en absterger l'extérieur avec une éponge; le laver, s’il lefaut, avec de l’eau vinaigrée ou salée , et conserver ainsi la propreté du sujet par ces lotions et cés absorptions journalières. Nous avons donné lexplication de cesavantages dans nos généralités, et l’expérience nous a fait vérifier la bonté*de ces moyens. Les pièces fracturées des mâchoires, dont le périoste, d'ailleurs très-mince, est presque totalement envahi par des insertions tendineuses, se soudent avecunegrande facilité etune promptitude extrême, Surtout chez les jeunes sujets, et lorsqu'on a pu maintenir ces pièces dans un contact parfait; cela dépend de ce qu’à raison des grosses'ét nombreuses artères nourricières qui les pénètrent, les vaisééaux y sont très-nombreux et d'un développement facile. Maïs'que l’on ne croie pas que la nature ait besoin d’unésubstance intermédiaire, pour opérer la soudure de ces os, pas plus que pour produire celle dés autres parties osseuses de l'économie vivante : les vaisseaux seuls de chaque fragment établissent, selonmoiï, leur union et leur consolidation. Dans tous les Cas, et parce que rien ne vient remplir l'espace que laisse la déperdition de substance

qui a pu être éprouvée par les os maxillaires, la réduction des dimensions de la mâchoire serä relative à l’'éténdue de cette destruction. Aussi, si l'on ne peut affronter, ou que l'on néglige de mettre en rapport les fragmens osseux, après avoir toutefois extrait les corps étrangers, il restera, avec lamobis | lité des fragmens , un vide proportionné à la perte À de substance. Par la même raison, il est évident qu'onaexagéré, dans le cas même de nécrose spon- . tanée de lamâchoire, la réparation qui s’ opère dans . cette partie, après la chute du séquestre , quelle que 4 soit sa grosseur ou son étendue. Lesauteursrapportent un grand nombre d'exemples de ces prétendues régénérations osseuses; mais en examinant les choses de près et avec soin, l'on verra et l'onrestera convaincu qu’elles ne peuvent avoir lieu, si la nature n'a point préparé de loin les vaisseaux de la substance propre et corticale de la portion ou de’ la totalité de l'os nécrosé, pour former un étui os- . seux qui puisse rétablir le séquestre expulsé att dehors par la nature ou par l’art, de maniere sur= tout à le ppm plages, dans toute son étendue. Encore n’y a-t-il jamais’, dans ces mâchoiresrecréées, aucune reproduction de nouveaux alvéoles et par. conséquent de dents. Pour venir à l'appui de cette opinion, les séquestres , quelque volumineux qu äls soient, présentent à leurs surfaces extérieures | dés sillons ou des irrégularités qui annoncent bien que les vaisseaux de la couche corticale de l ancien os ont servi à forrner le canevas du nouveau, dont

MALADIES DE LA TÊTE. 29 l'accroissement est fortement limité. C’est cé qui - fait que l’on remarque toujours une dépression ou déperdition de substance, proportionnée à. la masse du séquestre exfolié , dans tous les points d’une mâchoire ainsi réparée. Au reste, nous reviendrons encore sur cet objet, dans un mémoire. spécialque nous ferons sur la nécrose.

Nous allons rapporter maintenant une série d'observations qui démontreront, je l'espère, la vérité de nos assertions sur le résultat des fractures

« ou du fracas des mächoires, produits par des cau- "ses mécaniques.

La plus remarquable , et l’une de celles que j'ai eu l'occasion d'observer à l’époque où j'avais déjà fait ces réflexions, a eu pour sujet un caporal de la 88m demi-brigade de l'armée d'Esypte, nommé

Louis Vauté. Ce militaire fut atteint, dans la toùr de Mar2bou, pendant le siége d'Alexandrie, en 1801, d'un coup de boulet à la face, qui lui emporta la presque totalité de la mâchoire infériéure et les trois quarts de la supérieure. Tous les os qui entrent dans la composition de ces parties avaient été brisés; les chairs correspondantes détruites ; l'œil du côté droit , crevé; la langue coupée dans la moitiéde son épaisseur età son milieu; larrière-bouche’et les narines postérieures étaient totalement à découvert. De grands lambeaux renversés des tégumens et des muscles avaient laissé à nu les vaisseaux jugulaires et la fosse articulaire de l'os temporal. Tel était l’état de cette énormeet horrible

blessure, lorsque je rencontrai ce malheureux ; ) sur le, point d'expirer, n'ayant, depuis detti D'ais reçu aucune espèce de secours...

à DPETE LIT Sat cd 4 1 *

Mon premier soin fut de lui faire, sx 710 au moyen d’une sonde œsophagienne, dent tties de bouillon et un peu de vin. Ses forces se ranimerent; il se mit de lui-même sur son séant, et me témoigna, par signes, la plus vive reconnaissance ; car il ne pouvait articuler le moindre mot. Je.lavai la plaie; j'emportai tous les corps étrangers ; j'excisai les parties molles attrites et désorganisées; jefis,. la ligature de plusieurs vaisseaux que, j'avais: o verts; je rafraichis les lambeaux que je pus conserver, et je les maintins dans le rapport.le plus exact possible , au moyen de plusieurs points de suture. Je réunis aussi, à l'aide du même procédé, les deux portions coupées de la langue *. Enfin un appareil contentif fut appliqué sur toute l'excavation recouverte d’abord d'un Hngç fenétre enduit de cérat.

Quoique je n’eusse pas lieu d’espérer la guérison de ce blessé, je lui continuai mes soins; et je fis fréquemment renouveler les pansemens à cause dé la perte considérable de la salive et des autres fluides. Ce traitement: néanmoins produisit les meilleurs effets; la suppuration s s'établit; les: escarres se détachèrent; les bords de cette énorme plaie se rapprochèrent; l'adhésion des parties réunies se Bt

1! La lésion propre de cet organé sera décrite partent fin dé cet article. |

MALADIES DE LA TÊTE. 31 assez promptement, et Vauté fut en état de repasser.en France, à l’époque de notre évacuation, trente-cinq jours après son accident. Placé à l'hôtel des Invalides, il parvint même à parler assez bien pour se faire entendre, surtout lorsque la grande et large ouverture qui fut la suite inévitable de sa blessure était couverte du masque d'argent peint que je lui avais fait faire. | PT

Les fragmens des deux mâchoires, qui, chez ce. jet, avaient échappé à l’action du projectile , loin A produire de leurs extrémités cette substance fe bro-cartilagineuse dont parlent si complaisamment les partisans de la récénération de nos organes, se sont amincis en s'allongeant , Mais seulement autant que leurs vaisseaux ont été, susceptibles d’extension ou. de développement. A l’aide. de ce travail organique, plusieurs de ces fragmens se sont mis en contact avec les pièces voisines du mêmé os, et ont formé alors autant de soudures qu'on distingue facilement, tandis que ceux qui n'ont pu de même rencontrer d’autres parties osseuses se sont arrondis à leursommet » en se CiCatrisant sur eux-mêmes, et en perdant également de leur épaisseur ; car les pièces, ainsi isolées et privées de fonctions » finissent par s'atrophier. ( /’oyez le dessin du crâne de ce sujet dans le Dictionnaire des sciences médicales.) 2% Observation. — Pendant la campagne de: Pologne, le général Jannin ; alors colonel du 12" régiment d'infanterie légère, avait été frappé d’un coup de biscaïen qui lui avait brisé la mâchoire

inférieure, et lui avait tellement désorganisé toutes les parties molles de la joue gauche, que sestraits ‘ étaient méconnaissables. En effet, je ne pus savoir qui ilétait-que par les soldats qui le conduisirent à l'ambulance, et cependant je connaissais particulièrement ce colonel, que j'avais déjà traité en . Égypte , pour des blessures également très-graves.

Après avoir pratiqué l’excision de quelques lambeaux, et opéré l'extraction des fragmens d'os détachés du corps de la mâchoire, je fis une douzaine de points de suture, et je fixai les parties en rapport, aumoyen d’un bandage méthodique. Évacué de suite sur Thorn , avec d’autres blessés que nous avions, cet officier supérieur, d’après mon conseil, resta jusqu’à son arrivée à Paris sans être pansé, ainsi que plusieurs de ses compagnons. A la levée de l'appareil, on trouva la plaie entièrement cicatrisée; on coupa les points de suture, et ce blessé fut bientôt rétabli, ne conservant qu'une légère : difformité. Le côté de la mâchoire où s’est opérée la perte de substance, par le passage du biscaïen dans son épaisseur, est cependant, et malgré la parfaite guérison du sujet, resté avec un grand demipouce de moins que le côté intact, dans la ligne qui s'étend de l'angle maxillaire à la symphise : du menton. Il résulte de cette réduction que la dent incisive latérale touche la deuxième molaire du même côté; et certes il n'existe entre ces pièces soudées aucune substance intermédiaire.

IIL®° Observation. — Nous pourrions encore ci-

MALADIES DE LA TÊTE. : 100 terun grand nombre de faits analogues; ris nous terminerons nos observations, sur cet'objèt, par celle du nommé "7 soldat au 2"° régiment d'infänterie de la garde, âgé de 32 ans, d'une Constitution nerveuse etmélancolique. Ce militaire, était en faction dans la nuit du 3 au 4 mars 1823, tourmentésans doute par un accès de désespoir , Charge sonfusil d’une cartouche à balle, en dispose la batterie, et après avoir appliqué son menton sur l'extrémité ducanon de cette arme, en lâche la détente, à l’aide du gros orteil du pied droit. Au bruit OCCasioné par l'explosion du fusil, les soldats du COr ps: de-garde accourent vers le lieu d’où le coup'était partiffettrouvent'cet infortuné renversé sur le dos ettout couvert de sang. Bien qu'il leur parüt être sans vie , ils s'émpressérent de le transporter à l'hôpital, où le chirurgien de service lui administra’ les premiers secours: je le vis peu d’héures après. Comme on s'était contenté de l'application d’un simple-appareil ; nous fimes raser toute la tête et préparer tous les objets nécessaires au pansemént de la plaie, qui était effrayante. bai é

Verslé centre de la branche gauche de la mAchoire; à-un demi pouce du menton, on '6b£er! vait'une large solution de continuité, déchirée sur ses bords, et une brüluré nôirâtre qui s’étendait sur-toute la région latérale sauche du col , jusqu'à la clavicule:aprèsavoir fait cette ouverture , la balle avait traversé verticalement l'épaisseur de: la md choire;:la yoüte palatine, les fosses nasales, l'orbite

+ si in dd dataiéd a hég À

54 MADADIES DE LA, TÈE.

gauche, et le rebord saillant du front vers la racine du nGz Une, portion de la mâchoire-avait été em: portée € en. dehors par le projectile, et.le reste dela branche, de cet. 98. réduit. en pièces; toutile côté gauche dela ; voûte. palatine et. l'os maxillaiedu même côté étaient également brisés enéclats;laïipas roi ï férieure de l’oxbite était r ompue ; l'œil crevé; la lèvre e supérieure divisée dans toute son! épaisseur; et. sh nez déchiré en plusieurs lambeaux avec une gr rande perte. de substance aux parois osseuses et aux parties molles de la région angulaire dé létil Au par où la ballet plupiouse ERpRang osseux éiaient sortis, | sl

‘Cet infortuné avait perdu on à rl et avait. reçu, en outre, une si violente commotion au cer veau qu'il était dans.un état dé prostration et. de stupeur mortelles. Ses extrémités étaient fr oides,s son pouls était à peine sensible, et ilne pouvait, articuler le moindre, mot. Malgré le peud’'es-

érance. qu il offrait, de son retour à.la: vie, 6 me

pi de lui donner mes SOS 0 sal etotris

Je débridai d’abord l'entrée 1 la balleye ét. aieb les précautions requises, pour ne point léser: des vaisseaux, essentiels, ni aucune des branches, nert- .veuses, de cette, région. Je: fis ensuite. Fextraction de plusieurs fragmens, osseux-de lamâchoire inférieure et de, Fos maxillaire supérieur, détachés-et: dénudés de leur périoste, ainsi qée de pluisietrs! autres petites pièces: osseuses. des parois de l'or-

bite, du sinus frontal et desportionslabyrintiques

MALADIES, DE LA TÊTE 35 des fosses nasales; y compris Fosiplahu de Feth: moïde percé du trou ærbitaire interne:ot passe le nerf nasal de Yophthalmique: F'excisai oui jé rafraichis.les extrémités des, lambeaux des: parties: 1e les attrites.ou désorganisées. Je mis-en:rapportite principal. fragment de Ja snâchoire ; aiticulé x Toi temporal; avec la portion.mentonieré dw'reste de cet. os, et je les fixai.en contact , au: moyen d'anfil! de platine passé autour du collet de la troisième : dent molaire et des dents incisives.: J'ai également. conservé et fait souder une portion de los:maxillaire, supérieur, laquélle avait. été; renversée let presque totalement détachée de ses :adhérences: habituelles, à l’aide d’un autre fil de: platine avec lequel j'ai enchaîné les dents, correspondantes du

fragment | et celles du: reste de: l’arcadé dentaire supérieure. Cette première indication: remplie , nous.avons pratiqué un..grand nombre dé points de suture, d’abord à la lèvre supérieure, ensuite. aux. lambeaux. écartés et séparés du: nez et dela joue, etde manière à rétablir, autant que possible; les formes, primitives de ces parties: Une portion: de sonde de gomme.élastique fut placée dans la na: rine gauche reproduite; enfin un-bandage-contentif.et unissant, fait avec soin et méthode; termina cette epération délicaté et difficile. “EU .. On. s'occupa, sans désemparer, à faire réchauf- TA le: malade; et.à laide. d'une sonde œæsophas; gienne que nousihtroduisimes avecquelque peine, on lui fit avaler un peu de vin sucré; et on contis

36: MALADIÉS D DA TÊTE nuia dinéi deslui-faire prendre $es boissons, pen dant:les, premières: vingt-quatre heures? mais eng suité-il lui fut facile de‘se servir du bibérémerr eau dépoulet:émulsionnée/retles boissons fhuféil foi) neuses; itrées et édulcoréés; fürent prescrites Or! fit, posèr de:la glace sur la tête, et des cataplasmest de moutarde furent appliqués aux pieds. Dessymp: tômes d’engorgement au cerveau s'étant Manifese? tés, ônouvrit l’artère témporale, et plus tard on” pratiqua ‘une saignée du bras et une trôisième x Véine:saphène, 01104 941 45010 Reis èris8mo : L'orage, qui avait été très-violent péndänt-leg! deux-ou trois premiers jours, s’apaisa ; et le mas! lade,goûta enfin quelques instans de repos et dé! sommeil: Nous-conçümes dès lors des espérances" de; salut, et depuis cette époque, en effet, lé blessé*. alla toujours de mieux en: mieux. Un saintenerit purulent se manifesta et alla en augmentant ; ces’ pendant je respectai l'appareil jusqu’au quinzième? jour révolu, ne m’étant contenté jusqu'alors que” d'en renouveler seulement de temps en témps les! pièces extérieures. À la levée de ce premier lappas reil ; nous trouvâmes tous les points de ces bless res parfaitement recollés ou cicatrisés , si-nous’en? exceptons la portion emportée par la balle, qu'il n'a pas été possible de faire fermer! Nouscoupimés les anses de fil des sutures, et nous fitnés sur'les parties de la plaie non réunies un pansement simple, qu'on a continué jusqu’à l'époque dé“la: guérison, en. avriler8%% Dans le cours du traite

-MATADIES :DE’LA TÊTE, | ‘37 ment, un grand nombre:d’esquilles de toutes grosseurs se sont exfoliées, ettoutes les parties 8e Sont graduellement; rapprochées pour “opérer là cicatrisation.: dr fuve he ol .onissbôur 85 sleyorai

ÆEnfin,les résultats: suivans:ontlété obtenus : 1° Les paupières de l'œil détruit sont rapprochées et, en contact; 2° le nez: et$a conformation primitive, sont .assez bien rétablis ; il ‘reste! cépéñüdant encore, vers le grand angle de l'œil!, üñe otivérture arrondie qui laisse apercevoir ‘les. fosses nasales ; 3° la lèvre supérieure est réunie si parfaitement , que les traces de la suture ne paraissent pas; 4° la portion de la. branche, de la mâchoire, quiéommence à la troisième dent molaire, ést soudée à la portion carrée du menton, avec tant d’exactitude ique cette dent molaire est presque en coftact avec T'incisive latérale du même côté; le condylede cétte branche a néanmoins éprouvé uneluxation épôntanée en avant, surde muscle ptérygoidien, pour se rapprocher et se souder avec le-reste dé la michoire; ce côté, quia perdu par conséquent sa Courbure, présente toujours un grand démi-pouce de moins dans sa longueur ; 5°:le fragment qui avait été, détaché du maxillaire supérieur est également

soudé avecle reste dé cetos, etsans nulle substance intermédiaire ; 6° la langue, qui avait été coupée par le passage du projectile dans la bouche ; à repris sa forme normale et ses fonctions, de manière que le blessé se fait assez bien entendre maintenant. Enfin depuis l'accident, B** ne pense plus à se dé-

38 MALADIES DE: LA rèTs.

truires et il.ést: tombé au contraire dans un état d'idiotisme et d'insouciance “complète. Ce militaire a été présenté à la section de chirurgie de Me mie royale de médecine , le 24 avril 1825:

- Plusieurs : Rap ten ni DE se sont offers che ce soldat : | | : Le: premier ét le plus remarquable € 'ést que; toutesles branchesdu nerfde la cinquièmepaire qui Or aent avec les fosses nasales ayant été détruites, y compris le nerf nasal qui passe pe, le trou orbitaire interne ; l'odorat s'est conservé êt se’ manifeste sénsiblement dans la voûte eéthmoïdale, : qui està découvert, lorsqu'on en approche PISE d'une paille trempée dans l'alcali : vodti k À hote re Le. LE est la très-erande réduction qui S s'est opérée dans l’échancrure qui a existé pendant les, premiers mois dans la voûte palatine, et cette réduction continuera sans doute à se faire. "7 Le troisième est la soudure immédiaté dés frag- mens.des deux mâchoires, et par conséquent sans nulle. substance intermédiaire, HR . Le quatrième, énfin, la réunion: imperceptible de rs langue, le rétablissement dela parole, des formes: primitives du visage de individu, si! nous en gxceptons lé échancrure circulaire qui reste à l angle interne de l'orbite dont les parties avaient été em- Pontfes par la balle.s ; : a SE jus

MALADIES DE LA TÊTE. “PASS 39 HOSHNÉAUE 3 DES "he Du x LA LANGUE. | LA Ne E dapir nn ch tue 80!

| ul est rare qui Lo adhoites soient Au ou les parois molles de la bouche entamées jasque dans, sa cavité, sans que la même cause mécanique qui.a produit ces. prépaièes solutions de continuité ne porte atteinte à Pinbégrité de là langue: Celles qui peuvent survenir à cet organe présentent 3 lement des variations relatives à leur: étendue," leur direction et à la nature des causes a qui les produisent. 398 . Si.les divisions ou coupures: b dei: la: langue: sont profondes et un peu étendues, quand surtoutéllés sont le résultat de l'action mécanique: de 14 eaüse quiafracturé les mächoires, et entamé où dé:

truit,: dans une plus ou moins grande partie, les parois de la bouche, il faut commencer par mettre en rapport les portions divisées de la langue, etles maintenir en contact, au moyen de quelques points de suture entrecoupée, après en avoir tou: tefois rafraichi les lambeaux, si, comme cela ar: rive ordinairement dans les coups de feu, ils sont attrits ou inégaux. Cette suture doitiêtre faite avec. de petites aiguilles courbes, arrondies comme celles à coudre * , et soutenuésisur un D NE AURA à

UE 4) ju #s D L +

à Les aiguilles : à ame tranchante ont.le ei Ménbilient de couper les vaisseaux qu elles rencontrent dans leur passage ; or, elles ne conviennent point pOur, les : sutures de la lang gue pas plus que pour celles des intestins. :

ho MALADIES DE LA TÊTE, laide duquel on puisse br conduire facilement däné la cavité de la bouche, afin de parvenir à pratiquer les sutures dans tous les points où elles seraient jugées nécessaires. Cette aiguille doit, en outre, être tenue dans son manche , de manière à pouvoir l'abandonner, lorsqu'on peut la saisir par la pointe pour lui faire franchir toute l'épaisseur des ‘par: ties lésées; il est facile pour cela d'imaginer un ressort qui maintienne à volonté l'aiguille dans son conducteur.

… On procède ensuite à la réduction des pièces fracturées des mâchoires, s’il y a lieu, et au pansement des! plaies des parois de la bouche. Les formes de cette cavité sont alors rétablies avec plus ou moins de perfection; la langue est embrassée et comprimée dans toute sa périphérie, comme si elle était dans un moule; les portions cousués dé cet:organe sont ainsi maintenues en contact; elles ne peuvent plus se, séparer, et la cicatrisation de ces sortes de plaies se fait tres-promptement. Ilest avantageux de ne lever l'appareil de la fracture des mächoires que le plus tard possible; il y a des inconvéniens à le lever ‘trop tôt : nous avons fait connaître cette différence dans nos généralités. IL faut seulement éponger l'appareil, le laver même journellement , s’il y a lieu , avec de l'eau vinaigrée et attendre l’époque de la cicatrisation. “Tels'sont les préceptes à remplir pour les plaies proféndes et étendues de la langue, avec fracture aux mâchoires, ou division aux parois molles

de la bouche. Si les coupures faites à la langue sont moins considérables, telles que: celles qui résulteraient ” par ‘exemple . de l'action :Spontanée des dents incisives des mâchoires, on peutse dipenser, de la suture ; il suffit alors de faire rapprocher, les mâchoires et de: tenir la bouche close pendant les premiers Jours. Dans ce cas, le bandage de Pibrac et autres moyens mécaniques, préconisés par les anciens, sont très-incommodes et parfaite ment inutiles, ainsi que l'a très-judicieusement observé M. le professeur Tarbès, de Toulouse ‘.

Mais pour se rendre raison Le la facilité avec laquelle la nature cicatrise les plaies de la langue, pourvu qu “elle soit retenue dans sa cavité naturelle un laps, de temps suffisant, il faut examiner sa structure ou son organisation phy sique.

Les trousseaux Sat al qui. forment la plus grande masse de cet organe, ou le muscle lingual, se dirigent en se convergeant, de sa base à lapointe, pour se réunir et s’entre-croiser à la ligne médiane en formant plusieurs plans, inclinés d’arrière en avant, ou d'avant en arrière, selon la disposition ou la situation respective des muscles extrinsèques qui donnent naissance à ces trousseaux charneux. Les artères et les nerfs qui se rendent à cet organe s'y ramifient aussi dans toutes les directions suet forment avec les fibres motrices du muscle lingual un réseau vasculaire plexiforme carton ie ce

1 Voyezle Bulletin de la Société médicale, pour l’année 1824.

à MALADIES DE LA TÊTE.

dti donne à tous les points où à toutés les’ portions de la langue des propriétés vitale$ beaucoup plus actives qu'on ne ‘és nbserve dan lupart des autres organes de la vie intérieuré; ét © es st R sans doute he Cause essentielle de là faite avec laquelle les plaies délalangue se cica trisent. Par cette propriété , en effet, les BUG ou les lambeaux de ces plaies tendent toujours (à l'instar des portions coupées du serpent) à se rapprochér et à se réunir; et quelque simples qué soient alorsles moyens que l’on met en usage pour aider là naturé dans son travail spontané, elle aura bientôt déterminé l’adhésion des bords de ces plaies et celle des vaisseaux nombreux qui forment ces parties. (Desi injections fines peuvent convertir en vaisseaux le FOLRRLE de la langue.) =" | | “Maprés ces considérations anatomiques, il est aisé de concevoir que la seule position de cet organe dans sa cavité doit généralement suffire, surtout lorsque les parois de cette cavité ne sont point éntamées. Pour avoir une preuve de la facijte ét de la POP avec RES cétte dernière se passe chez les Me Me qui se ‘coupent trés-souvent Ja langue. Ces individus ont un si grand intérêt à Lite leur mal, qu ils ne réclament j jamais le secours de la Ébirutie; mais le fait ést que, quelque profondes que Dont leurs plaies, le silence le plus absolu, la clôture de la bouché; la diète la plus sévere et la fixité des mà-

MALADIES DE LA TÊTE. L ] “choires suffisent pour que la cicatrice dé ces plaies soit faite dans les prémièrés vingt-quatre heures, Au reste c'ést’au chirurgien à variér 1e$ divers moyens’ dont nous avons parlé, selon les ciréonstances particulières qui peuvent s'offrir chez le blessé, 7 SE) HONTE UE GE AEOULO

Page 1