DU PROLAFSUS DE LA LUETTE, ET DE LA RÉSECTION DES AMYGDALES
+ Danscertaines maladies, telles queles an gines gutturales; les fièvres ataxiques, et surtout lasyphilis, la luette s'engorge et se relâche, au point qu'elle tombe sur l'isthme du gosier, chatouille continuellementlamembrane muqueuse de la glotte, et occasionerait chez le malade une véritable suffocation, sid'on ne pouvait la réprimer promptement. Dans ces circonstances ; tous les moyens ordinaires deviennent inutiles; il bé en faire la résection. La meilleure manière dy procéder, est de saisir, avec une pince droite à polype, armée d'un pétit ressorts qui la rende immobile, l'extrémité de la luette, et d’en faire l’excision à l’aide de bons ciseaux , qu on porte immédiatement au-dessus de la pince. Il faut seulement éviter, autant que possi-
56 MALADIES DE LA TÊTÉ. À ‘ble, de remonter trop haut vers sa base, afin de ne point établir une échancrure qui rendrait’ la déglutition et la prononciation difficiles. 1 ”
Chez un jeune négociant portugais, M: Teyxera, arrivé au neuvième jour d’une fièvre ataxiqué;, et frappé alors d’une angine gangréneuse, la luette’, qui füt la première atteinte, se trouva presque aussitôt privée de toutes ses propriétés vitales , et
s’engagea, par son PRE pEUss dans l’ouverture de la glotte, de manière à mettre ce malade dans le plus grand danger. La voix, la parole, et toute déglutition étaient impossibles. Appelé au milieu de la ojut, pour lui donner mes soins, je m empressai d'explorer la gorge, etje vis en effet la luette engagée HET trois ou quatre lignes dans la dlntre où elle semblait entrainée par une sorted’aspiration. Elle était déjà noire, et peut-être sur le point d’être totalement ensevelie dans cette cavité,, ce qui aurait indubitablement causé: la mort du malade. Je dégageai cet organe, non sans quelque peine, de cette invagination, et jen fis promptement l’excision. avec mes ciseaux. Des-ce moment, les fonctions de la respiration, qui étaient prêtes à s'éteindré , se rétablirent, et avec elles tous les principes de la vie générale, à. laquelle nous rappelàmes ce Portugais, car il était presque au dernier degré d’asphyxie. Ce malade, remis en,bon état, ui renvoyé dans sa pres Ru y achever sa convalescence.
Ce fait prouve l'importance de se livrer à ps re-
cherches attentivés dans les maux de gorge, et la nécessité de faire , dans quelques cas, l'excision de la luette, opération qui n'est point douloureuse , et ne peut être accompagnée d'aucun accident ‘grave : i] vaut mieux même la pratiquer prématu- ‘rément que d'attendre la chute totale de cet appendicée, ou qu’elle soit frappée de gangrène ou de “pourriture d'hôpital, comme cela arrive dans le ‘croup asthénique, ou dans les angines muqueuses.