RÉSECTION DU COUDE
Deux malades ont été récemment soumis à celle opération.
Le premier est une jeune fille qui est entrée à l'hôpilal Cochin pour une tumeur blanche suppurée de l'articulation du nuide droit. Elle est aujourd'hui même sortie de l'hôpital. La |i laie est entièrement guérie; les mouvements du coude et de la main sont conservés, seulement ils ne peuvent pas encore s'exécuter spontanément d'une manière complète, parce que l'opération est encore trop récente.
Le deuxième est un jeune homme couché au n° 14 de la salle Gocfaàn, cl chez lequel la guérison marche avec une grande rapidité.
Le procédé employé par M. Maisonneuvc, dans ces deux circonstances, el auquel ce praticien [tarait s'être définitivement arrêté, est le suivant :
A. Une incision longitudinale, longue de quinze à dix-huit centimètres, est pratiquée à la partie moyenne de la région postérieure de l'articulation.
II. Les parties molles sont ensuite disséquées au plus près îles os, en commençant par la lèvre interne de la plaie. Dans cette dissection, le nerf cubital est écarté de la gouttière qui le renferme derrière l'épitrochlée, et l'olécrâne est mis à nu.
C. Dans un troisième temps, l'olécrâne est scié transversalemenl.
1 Gazelle des Hôpitaux. 1853, p. '280.
606 RESECTIONS DIVERSES.
D. Dans un quatrième temps, les ligaments latéraux de l'articulation sont divisés avec le bistouri, et les extrémités osseuses dégagées dans toute l'étendue de la maladie.
E. Dans un cinquième temps, l'extrémité inférieure de l'humérus est réséquée avec une scie ordinaire.
F. Enfin, dans un sixième temps, on résèque les extrémités supérieures du radius et du cubitus.
Celle opération rapide n'intéresse aucun vaisseau, aucun nerf. Les chairs sont ensuile rapprochées avec les bandelelles.
Cette chirurgie conservatrice est sans contredit bien préférable à celle qui mutile, surtout quand on songe que les accidents immédiats auxquels sont exposés les malades après la résection sont bien plus rares et moins meurtriers que ceux qui compliquent les amputations.