RÉFLEXIONS AU SUJET DE CES DEUX OBSERVATIONS
La nécrose invaginée des os longs, surtout quand elle envahit toute leur épaisseur et une portion considérable de leur longueur, est une maladie grave d'une durée très-longue, et pour laquelle la chirurgie conseille des opérations laborieuses et difficiles.
M. Maisonneuve a pensé que l'on pouvait abréger considérablement la durée de cette affection, et par conséquent mettre le malade à l'abri de la plupart des accidents auxquels elle expose, en suivant une marche tout à fait opposée à celle que recommandent les auteurs classiques.
En effet, tous les auteurs prescrivent rigoureusement de temporiser le plus possible, de laisser à la nature le temps de reconstituer un os nouveau autour de l'ancien, de donner à ces Os une solidité parfaite, et cela dans la crainte de voir s'infléchir l'os nouveau peu solide encore, ou bien dans l'espérance de voirie séquestre s'amoindrir et même se frayer spontanément une issue.
M. Maisonneuve pense que ces craintes et ces espérances sont aussi chimériques les unes que les autres; car, en supposant que l'os de nouvelle formation n'eût pas au moment du séquestre toute la solidité désirable, un simple appareil contentif suffirait toujours pour s'opposer à son affaissement; d'une autre part, les cas dans lesquels on a vu le séquestre se dissoudre ou se frayer une issue sont tellement rares, qu'il u'esl pas prudent d'y compter.
M. Maisonneuve pose en principe :
Que l'extraction du séquestre doit être faite le plus tôt possible.
11 ne craint pas de mettre ces séquestres à découvert avant leur entière élimination.
RÉSECTIONS SOUS-PKHIOSTIQUKS. 615
Voici les raisons sut lesquelles il se fonde :
I" La nécrose n'a pas ordinairement d'emblée tonte l'étendue qu'elle* aeqnierl ultérieurement. L'incision du périoste esl un des movc-ns les plus puissants de l'arrêter.
•2" La suppuration qui se forme profondément produit souvent, avant dé se l'aire jour an dehors, des désordres considérables. Ou prévient ces désordres en donnant, pur une large incision, une libre issue au pus.
5° La séparation du séquestre s'opère bien longtemps avant ipie l'os de nouvelle formation ait, acquis un grand développement. On peut même dire que le séquestre est isolé dès qu'une couche osseuse même très-mince s'est déposée autour de lui.
4° Avant l'entière consolidation de l'os nouveau, le bistouri seul peut suffire pour le diviser; il n'est point nécessaire de pratiquer de résections au moyen du trépan et autres instruments compliqués.
5° Tant (pie l'os nouveau n'est point encore très-avancé, les séquestres les plus volumineux et les plus irréguliers peuvent être facilement extraits de son canal intérieur, dont les parois encore flexibles se prêtent à celle manoeuvre, tandis que plus lard l'extraction constitue une opération laborieuse et difficile.
6e Enfin, l'extraction hâtive du séquestre se faisant alors que le malade n'est point encore épuisé par la souffrance et par la suppuration, la guérison s'opère avec promptitude.