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I)E1 X.1ÈME NOTE SUR LES RÉSECTIONS SOUS-PÉRIOSTIQUES

LUE A l'aCAHÉMIK DES SCIENCES I.H I" AVRIL 1861

l'.ÉSECTION SOUS-PÉRI0ST1OUE DE L'OS MAXILLAIRE INFÉRIEUR DROIT AFFECTÉ DE NÉCROSE. — REPRODUCTION COMPLÈTE

Dans la récente communication que j'ai eu l'honneur de

1 Gazette des Hôpitaux, 18GI. p. 108.

(MO RÉSECTIONS SOUS-PÉRIOSTIQUES.

faire à l'Académie sur la régénération des os après les opérations sous-périostiques, j'annonçais que les faits de cet ordre qui se sont produits dans ma pratiqué constituaient quatre groupes principaux distingués suivant que les os régénérés étaient : 1° des os nécrosés avec ou sans leurs surfaces articulaires; 2° des os simplement affectés d'ostéite; 5° des os atteints de dégénérescences diverses; 4° enfin des os sains.

Parmi les faits de la première catégorie, j'ai eu l'honneur de soumettre à l'Académie celui du jeune Paul V., aciuellemeni élève ingénieur, auquel j'avais extirpé le corps entier du tibia, moins les extrémités articulaires, et chez lequel cette longue portion osseuse s'était entièrement, régénérée.

Pour compléter la démonstration de cette première catégorie, je viens aujourd'hui soumettre à l'Académie un second fait non moins intéressant qui démontre que les surfaces articulaires elles-mêmes peuvent se reproduire. 11 s'agit d'un os maxillaire inférieur droit enlevé en totalité, y compris son condyle articulaire, et qui s'est reproduit d'une manière si parfaite, qu'il est presque impossible de dire actuellement si c'est l'os du côté droit ou celui du côté gauche qui a été extirpé.

Voici la relation succincte de ce fait que j'avais déjà soumis à l'Académie de médecine peu de temps après la guérison du malade.

Esminger (Philippe), âgé de trente-cinq ans, scieur de long, vint à l'hôpital de la Pitié, le 8 novembre 1854, pour y être traité d'une affection grave de la mâchoire inférieure. Cet homme me raconta que depuis six mois environ, il avait, sans cause à lui connue, commencé à ressentir dans la mâchoire des douleurs sourdes, et que le mal avait fait des progrès jusqu'au moment de son entrée à l'hôpital. La joue du côté droit présentait une tuméfaction énorme; à la surface s'ouvraient quatre trajets fistuleux par lesquels le stylet pénétrait facilement; deux de ces trajets existaient près de la symphyse du menton, un troisième à l'angle de l'os, le quatrième au niveau de l'articulation temporo-maxillaire; le pus qui s'écoulait des fistules était d'une fétidité extrême. Quant à la santé générale, elle était profondément altérée; il était évident pour moi que l'os maxillaire inférieur du côté droit était mort dans toute son étendue. Je proposai au malade de l'en débarrasser, lui faisant espérer, d'après les beaux travaux de M. F fournis, qu'un nouvel

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os pourrait se reproduire. L'opération ayant été acceptée, j'y procédai le 1 8 novembre 185-4.

Le malade étant soumis au chloroforme, je lis sur la ligne médiane de la lèvre inférieure et du menton une incision verticale ; de l'extrémité inférieure de cette première incisiou, j'en fis partir une seconde que je prolongeai parallèlement au bord inférieur de la mâchoire jusqu' au-dessous du muscle masseter. Le lambeau circonscrit par ces deux incisions comprenait nonseulement les parties molles, mais encore le périoste doublé déjà d'une nouvelle conclu' osseuse en voie de formation, et qui recouvrait la face, externe du séquestre. Ce lambeau, disséqué rapidement, fut relevé de manière à mettre à découvert toute la branche horizontale de l'os nécrosé. Je procédai ensuite à l'isolement du séquestre, en ayant soin de conserver intactes les gencives el lis dénis qui s'y trouvaient implantées. Ce temps de l'opération lui exécuté avec un bonheur tel, que je pus extraire la totalité de l'os, y compris la branche verticale avec sou apophyse coronoïde et son condyle, en laissant les dents suspendues à leurs gencives. C'était une chose curieuse à voir que cette rangée d'ostéïdes, attachées seulement à la membrane gengivale et flottant comme les grains d'un chapelet. Après cette extirpation, le lambeau fut réappliqué avec soin au moyen de nombreux points de suture et d'un bandage approprié.

La réunion de cette vaste plaie se fil avec une promptitude extrême; les dents restées appendues aux gencives se consolidèrent par le rapprochement des deux hunes ossifiées du périoste. La réunion de la lèvre sur la ligne médiane se fit si parfaitement qu'il restait à peine trace de l'opération.

La pièce, après avoir été mise sous les yeux de l'Académie de médecine, a élé déposée au inusée Dupuytren et reproduite par M. Léveillé en un dessin d'une exactitude parfaite.

Plusieurs années se sont écoulées depuis lors; la nouvelle mâchoire s'est reconstituée si complète et si exacte qu'on a peine à reconnaître de quel côté l'opération a eu lieu, ainsi qu'on peut s'en convaincre en examinant le malade, qui est actuellement un homme vigoureux et mangeant bien, et qui remplit les fondions d'infirmier dans mon service; j'ajouterai seulement que h s dents, après deux ou trois ans, oui fini par tomber l'une après l'autre.

RÉSECTION SOUS-PÉR10ST1QUE DELA BRANCHE MONTANTE DE L'OS MAXILLAIRE INFÉRIEUR AFFECTÉ D'OSTÉITE. — REPRODUCTION COMPLÈTE.

Vieux lu Montagne. ... (Voir la page 550.)

R fi S lï CT IONS S 0 U S • P K R 1 0 S T I Q DES.

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