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TROISIÈME NOTE

SUR LES OPÉRATIONS SOUS-PÉRIOSTIQDÉS CONSIDÉRÉES \l POINT DE VUE DE LEUR INNQCUITÉ ET DE LEUR FACILITÉ D'EXÉCUTION '

l.VE A 1,'ACADHMIR DES SCIENCES f,B 29 AVRIL 1861

Indépendamment de la merveilleuse prérogative qu'ont les opérations sous-periostiqùes de permettre la reproduction des os, elles possèdent encore deux autres qualités, moins brillantes peut-être, mais dont l'importance n'est certainement pas moins considérable dans la chirurgie pratique.

Ces qualités sont d'être incomparablement plus simples dans leur exécution et plus innocentes dans leurs suites qu'aucune des opérations similaires exécutées par d'autres méthodes.

Déjà les belles expériences physiologiques de M. Flpurens laissaient pressentir ce fait; mais la chirurgie seule pouvait en donner la démonstration, et c'est ce qu'il m'a élé donné de constater de la manière la plus complète.

Soit, par exemple, la résection de l'os maxillaire inférieur.

U y a quelques années à peine, l'extirpation totale de cet os était considérée comme une entreprise tellement dil'licilc cl dangereuse qu'aucun opérateur, môme parmi les plus audacieux et les plus habiles, n'avait osé l'entreprendre, et que les auteurs de médecine opératoire les plus justement estimés n'admettaient même pas comme possible le succès de son exécution.

Or, depuis que M. Flourens a posé les bases de la méthode sous-périostique, voici trois fois qu'il m'a élé donné de pratiquer celte terrible opération, et trois Ibis elle a élé couronnée, de succès. Quant à la résection du maxillaire inférieur d'un seul côté, La seule qu'eussent osé pratiquer nos prédécesseurs, elle inspirait encore, sous le point de vue des dangers el des

1 Gazette îles Hôpitaux, 1801, y. 210.

IÎ fiSEGTIONS SOUS-PÉRIOSTlQlircS. filO

difficultés de son exécution, de si vives craintes, que des opérateurs tels que Mott (de Philadelphie), (inele (de Berlin), Gensoul (de Lyon), Walther (de Bonn) et d'autres encore, se croyaient obligés, pour' parer aux accidents héinorrhagiques, de faire la ligature préalable de l'artère carotide.

Or celle opération, naguère si redoutable, est actuellêmenl devenue si simple el si facile qu'elle a, pour ainsi dire, cessé désormais de compter parmi les opérations graves de la chirurgie depuis qu'on l'exécute par la méthode sous-périostiqiie. Sa durée esl à peine de quelques minutes; une simple incision verticale Faite à la lèvre inférieure suffit pour l'exécuter, et souvent il n'es! pas même besoin de pratiquer une seule ligature d'artère.

Pour faire comprendre une différence aussi radicale, il me suffira de rappeler combien est pénible el pleine de dangers l'extirpation des tumeurs dites adhérentes, que le bistouri doit, pour ainsi dire, sculpter de toutes pièces en divisant les artères, veines, nerfs qui rampent à sa surface, ainsi que les liens cclluleux, fibreux, musculaires qui vont s'y insérer; et combien, aù contraire, est prompte, facile et simple Pénucléation des tumeurs dites enkystées, que le doigt souvent suffi l à détacher comme un noyau de fruit.

Or, quand on examine un os revêtu de son périoste, on voit qu'il esl précisément dans les conditions de ces tumeurs adhérentes, dont la dissection esl si laborieuse el si grave, tandis que sous ce même périoste, qui l'enveloppe comme un véritable kyste, l'os se trouve dans les plus parfaites conditions d enucléabililé. Je me propose de développer plus tard, dans un travail complet, l'histoire de la méthode sous-périostique; pour le moment, je crois devoir m'en tenir à ces propositions générales, à l'appui desquelles je nie contenterai de mettre sous les yeux de l'Académie, d'une part, le mémoire que j'ai publié, en 1859, sur la désarticulation de la mâchoire inférieure; d'autre pari, une série de pièces encore fraîches qui proviennenl des opérations sous-périostiques que j'ai pratiquées dans le courant de ce mois.

020 RÉSECTIONS SO IJS-PIÎ R IOST IQUES.

(les dernières sont au nombre de cinq :

La première comprend une partie considérable des deux os maxillaires supérieurs, nécrosés.

La deuxième et la troisième, deux maxillaires inférieurs droits, atteints de cancroïde.

La quatrième, un maxillaire inférieur gaucbe, atteint de cancer.

La cinquième, les phnlangïne et phalangette du troisième orteil du côté gauche.

Or toutes ces opérations, qui par les méthodes ordinaires eussent présenté des dangers et des difficultés graves, ont pu être exécutées, grâce à la méthode sous-périostique, avec la plus entière sécurité et une facilité vraiment incroyable.

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