CONCLUSIONS
1° Parmi les accidents qui compromettent le succès des grandes opérations, celui que l'on désigne sous les noms de phlébite ou infection purulente est sans contredit le plus fréquent et le plus redoutable.
2° Jl se manifeste surtout après les amputations des membres, et, en général, après les amputations exécutées avec l'instrument tranchant.
5° On ne l'observe presque jamais à la suite des opérations pratiquées par la ligature, les caustiques ou l'arrachement
\° La cause de cette différence tient à l'état d'occlusion parfaite dans lequel ces derniers modes de division mettent les orifices vasculaires, tandis que l'instrument tranchant les laisse sans défense.
5° Jusqu'à présent toutes les tentatives pour appliquer, ces méthodesà l'amputation des membres étaienl restées sans résultai, faute de pouvoir convenablement diviser les parties osseuses.
0° Au moyen de la méthode diaclastique, cette difficulté n'existe plus.
7° Combinée avec la ligature exlcmporanée, la méthode dia-
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élastique produit un système d'amputation très-simple et d'une exécution facile.
8° Outre les avantages spéciaux qu'offre cette combinaison relativemen! à l'infection purulente, elle a ceci de particulier que le chirurgien peut l'exécuter sans aide, qu'elle ne produil aucune perte de sang, et qu'elle n'exige aucune ligature d'artères.
9° Les premières applications de ce nouveau système faites à l'amputation de la jambe et de l'avant-bras, ont donné des résultats aussi encourageants que possible, puisque sur six amputés, six ont guéri.
APPLICATION DE LÀ MÉTHODE DIACLASTIQUE AU REDRESSEMENT DU MEMBRE INFÉRIEUR DANS LES CAS D'ANKYLOSE ANGULAIRE DU FÉMUR 1
Il arrive fréquemment, à la suite des coxalgies graves, que le membre inférieur reste ankylosé dans une position vicieuse.
Lorsque cette position est telle que le malade se trouve dans l'impossibilité absolue de marcher, la chirurgie est autorisée à intervenir pour redresser le membre et lui permettre de toucher le sol.
Jusqu'à présent, les ressources de la chirurgie se bornaient, en pareille circonstance, à deux méthodes : l'une qui consisle à rompre par des manœuvres ou des moyens mécaniques les adhérences des surfaces articulaires, c'est la méthode dite rupture de l'ankylose ou méthode usuelle; l'autre, imaginée par Rhéa-Barlon, consiste à scierie col ou la partie supérieure du fémur pour en opérer le redressement.
De ces deux méthodes, la première, ou rupture de l'ankylose, ne convient que dans les cas où l'ankylose est encore
1 Gazette des Hôpitaux, 1802, p. 420.
M KTI10DE DÏACLASTÏQDE. 055
récente ou incomplète; car, lorsqu'il va soudure et fusion corn* plètëdes surfaces osseuses, toute tentative de rupture exposerail gpravemenl à la dislocation du bassin.
l^a deuxième méthode, qui consiste à pratiquer la section du col du fémur, permet certainement de redresser le membre, quelle que soit la position vicieuse qu'il affecte, et quelle que soil la variété de luxation spontanée qui existe; mais elle a le grand inconvénient d'exposer d'une manière grave les jours du malade, en mettant celui-ci dans les conditions si redoutables d'une fracture compliquée de la cuisse. Aussi voyonsnous que cette opération de Rhéa-Barton a trouvé peu de partisans, car, à part l'opération de ce genre que j'ai pratiquée moi-même en 1847, et dont j'ai eu l'honneur de faire part à l'Académie après la guérison du malade, je ne pense pas qu'il en existe d'autre exemple en France.
Dernièrement, au mois de juillet 1861, m'étant trouvé de nouveau en présence d'un cas semblable et me rappelant les accidents sérieux auxquels avait été exposé mon premier malade, je cherchai à obtenir la guérison par une méthode moins cruelle et moins dangereuse. C'est alors que j'eus la pensée d'appliquer à ces lésions la méthode diaclastique, dont j'avais déjà fait de nombreuses applications à l'amputation des membres. Cette méthode, qui permet de rompre l'os dans le point précis que l'on désire, sans esquilles, sans biseaux même, a l'immense avantage de ne point exiger d'incision à la peau, et. par conséquent d'avoir toute l'innocuité des opérations souscutanées, suis compter qu'elle est d'une promptitude extrême et d'une facilité qui permettent au chirurgien de la pratiquer seul, sans aide, en quelques secondes à peine.
Adèle .1..., femme A..., demeurant actuellement rue Campagne-Première, 17, âgée de vingt-six ans, vint à l'hôpital de la Pitié, le 12 juin 1 801 , pur être traitée d'une ankylosc coxo-fémoralc consécutive à une luxation spontanée du fémur.
^ Cette jeune femme raconte qu'il y a trois ans elle fut atteinte d'une coxalgie du côté gauche, et (pie par suite de cette affection la cuisse resta fléchie fortement sur le bassin. Depuis lors, et biôti que toute douleur eut cessé