‹ Clinique chirurgicaleChapitre 131 sur 136 · MÉTHODE DI A CLASSIQUE · texte numérisé non relu

MÉTHODE DI A CLASSIQUE

dans la partio malade, il lui fût impossible de redresser le membre, de sorte que la marche lui était devenue tout à fait impossible.

En effet, la cuisse, fortement fléchie sur l'abdomen, est complètement immobile sur le bassin ; on reconnaît que le fémur est luxé dans l'échancrure sciatîque, et qu'il est complètement soudé dans cette position vicieuse; il est absolument impossible de lui imprimer le moindre mouvement.

Diverses lenlatives furent laites pour opérer la rupture de l'ankylose ; mais ces manœuvres n'eurent aucun résultat, et firent craindre qu'en essayant de les porter plus loin on ne déterminât dans l' articulation sacro-iliaque de graves désordres.

Dans ces conditions, j'eus un instant la pensée de soumettre celle jeune femme à l'opération de Rbéa-Barton, c ést-à-dire de pratiquer la section du col ou de la partie supérieure du fémur, opération qui m'avait déjà réussi i bi1/ un jeune homme que j'ai eu l'honneur, en 1847, de présenter à l'Académie.

Mais, tout en reconnaissant que cette opération était susceptible de donner de bons résultats, je ne pus me dissimuler que les graves lésions qu'elle nécessite exposaient sérieusement les jours des malades eu mettant ceux-ci dans les conditions si redoutables d'une fracture compliquée de plaie.

Je me demandai alors s'il ne serait pas possible d'obtenir le même résultat au moyen de la diaclasie, qui, opérant la rupture de l'os sans lésion aucune îles parties molles extérieures, possède tonte l'innocuité des plaies sous-cutanées, innocuité si bien démontrée par les travaux de M. Jules Guérin, et si bien établie par l'expérience de tous les jours.

Cette idée me parut d'autant plus réalisable, que par suite des nombreuses opérations diaclastiques que j'ai eu occasion de pratiquer pour l'amputation des membres, j'avais personnellement acquis la certitude qu'il était possible et même facile de rompre, à travers les chairs', les os les plus volumineux, sans esquilles, à un point déterminé, cl sans^ produire de contusion violente des parties molles.

La malade ayant agréé celle idée, je procédai à l'opération, le "27 juin, du la manière suivante :

La malade étant couchée sur le lit d'opération et soumise au chloroforme, j'appliquai l'osléoclasle sur la face externe et antérieure de la cuisse et du bassin, de manière que le croissant métallique embrassait la portion interne el postérieure du fémur dans son point le plus élevé, au niveau à peu près du petit trochanter. J'eus le soin de garnir de compresses épaisses les parties sur lesquelles portait l'instrument; puis, faisant mouvoir la vis, j'opérai la constriction jusqu'à ce que je me sentis arrêté par la résistance de 1 os.

Saisissant alors à deux mains la manivelle de la vis, je portai brusquemenl la constriction à l'extrême. Au même instant un bruit sec m'annonça que le fémur était rompu. J'enlevai immédiatement l'appareil, el je pus alors

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constater facilement, d'une part, que la rupture de l'os était nette et suis esquilles; d'une autre part, quo les parties molles riaient restées intactes el que par conséquent les conditions étaient celles d'une fracture simple.

La malade n'avait aeeusé aucune douleur; elle l'ut immédiatement reportée dans son lit, el le membre placé sur un plan incliné.

Aucun accident ne suivit celle opération. La cuisse, comme dans toutes les fractures, resta quelques jours endolorie et légèrement tuméfiée; mais bientôt ces phénomènes disparurent, et, dès le quatrième jour, il me l'ut possible d'allonger le membre et de le placer parallèlement à l'autre; il fut maintenu dans cette position pendant tout le temps nécessaire à la consolidation, c'est-à-dire pendant soixante jours. Je permis alors à la malade de se lever, de marcher avec des béquilles; enfin, le 15 septembre, elle sortit de l'hôpital, marchant avec une simple canne.

Aujourd'hui que près d'une année s'est écoulée depuis l'opération, la malade a recouvré toute sa fraîcheur et sa santé d'autrefois.

La cuisse est parfaitement solide et ne présente d'autre difformité qu'une courbure un peu prononcée en avant, el un raccourcissement de huit centimètres; mais, grâce à une chaussure habilement laite, la jeune malade dissimule très-adroitement ces légers inconvénients : elle marche avec une facilité parfaite, et ne se prive même pas du plaisir de la clause.

NOTE SDR DN CAS D'AMPDTATION SODS-ASTRAGALIENNE '

Au numéro 6 de la salle Saint-Jacques, à l'hôpital Cocliin, es! coin lu e une jeune fille qui, depuis l'âge de deux ans, élail affectée d'une carie des os du pied gauche. La maladie avait envahi d'abord les os de la première rangée du tarse, et s'était successivement étendue jusqu'au calcanéum. 11 en était résulté une destruction presque complète des os cunéiformes et du cuboïde. Le pied, raccourci dans sa longueur, était en outre tourné sur son bord interne, comme dans le pied-bot varus au troisième degré; enfin, plusieurs trajets fistuleux, ouverts sur le bord interne du pied, ainsi qu'à la partie externe et à la partie postérieure, fournissaient incessamment une suppuration abondante. A l'aide d'un stylet on pouvait, en pénétrant clans ces fistules, arriver jusqu'aux os malades et reconnaître que le calcanéum était envahi dans une portion notable de son étendue, mais que l'astragale était positivement intact, ainsi que l'articulation tibio-tarsienne.

Pendant plusieurs semaines M. Maisonncuve fit sur le pied malade quelques tentatives de redressement, dans l'intention, s'il pouvait l'amener le pied dans sa rectitude, de tenter plus tard la guérjson de l'ostéite. Ces tentatives n'amenèrent aucun résultat; elles aggravèrent même les douleurs; c'est alors que l'opération fut proposée.

L'amputation par la méthode de Chopart était impossible, puisque le calcanéum participait à la maladie. Restaient l'amputation de la jambe ou la désarticulation calcanéo-astragalienne. C'est à celte dernière que s'arrêta M. Maisonncuve, bien que cette opération n'ait encore été pratiquée que par son auteur, et seulement une ou deux fois.

Par une coïncidence singulière, les mêmes raisons qui avaient empêché M. Malgaignc de' prendre son lambeau à la plante du pied existaient aussi chez la malade de M. Maisonncuve.

Le bord interne du pied et les parties voisines du tendon d'Achille étaient

' Gazelle des Hôpitaux. 1849, p. 454.

criblés de fistules et inclinés; de sorte que le chirurgien se trouva forcé de | (rendre le lambeau sur In région dorsale.

La malade est couchée sur le dos et soumise à l'inhalation du chloroforme. Un aide, placé au côté droit de la malade, comprime l'artère crurale; un second aide, placé au côlé gauche, tient entre les deux mains le bas de la jambe. Le chirurgien saisi! le pied de la main gauche, et, de la main droite, armée d'un fort bistouri convexe, il incise d'abord transversalement la peau de la partie postérieure du talon; puis, ramenant l'instrument en avant et en dedans, il continue l'incision en prenant, à deux centimètres au-dessous de la malléole interne, tout le long du bord interne du pied à la base des orteils, tout le long du bord externe en empiétant un peu sur la plante, et revient au point de départ, derrière le talon. Par une dissection très-exacte, M. Maisouneuve sépare ensuite le lambeau des parties osseuses, en ayant surtout soin de ménager l'artère pêcheuse dans L'épaisseur du lambeau.

Aussitôt cette dissection achevée, M. Maisouneuve ouvre d'un seul trait l'articulation scaphoïdo-astragalienne, pénètre immédiatement avec la pointe du bistouri dans l'excavation astragalo-caleané'enne, incise le ligament puissant qui maintient toute l'articulation, continue l'incision en divisant -les libres terminales du ligament Latéral externe; [mis, imprimant au pied le mouvement de torsion sur son axe, il ouvre l'articulation calcanéo-astragalienne par la partie externe. Il ne reste plus alors qu'à diviser en quelques coups de bistouri les rares tissus qui tiennent encore en avant et en arrière, et à terminer la séparation du pied en coupant les parties molles de la région interne.

Trois ligatures furent nécessaires. Le lambeau, trop court, pour être replié d'avant eu arrière, recouvrait facilement les surfaces osseuses, en lui donnant une inclinaison oblique d'arrière en avant et de dehors en dedans. Il lui maintenu dans cette position par quatre points de suture et par des bandelettes agglutina Lives.

Quinze jours se sont écoulés depuis l'opération; les lils sont tombés, la suppuration est presque tarie el la cicatrice est parfaitement régulière. Aucun point du lambeau n'a été un seul instant menacé de gangrène.

NOTE S 1)11 m CAS DE DÉSARTICULATION DU GENOU POUR UN OSTÉOSARCOME DE L'EXTRÉMITÉ SUPÉRIEURE DU PÉRONÉ

GUÉMSOS COMPLÈTE

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