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CHAPITRE III

SIÉfiE DE LA COX ALGIE.

Au premier eoup d'oeil, ce chapitre semblerait n'être qu'un hors-d'œuvre ; quel autre siège la coxalgie peut-elle avoir que l'articulation coxo-tëmorale? On verra cependant, par l'Observation suivante que j'emprunte à M. Demarquay, que la coxalgie peut se développer dans une fausse articulation, suite ellemême d'une luxation spontanée. Celte observation est, jusqu'à présent, unique dans la science.

Obs. XVI. — Luxation iliaque droite fort ancienne; formation d'une articulation nouvelle; coxalgie de cette articulation; par M. Demarquay, interne à l'Hôtel-Dieu, aide d'anatomie à la Faculté2. — La femme Pillol, âgée de trente-quatre ans, ouvrière en dentelles, née de parents assez bien portants, assez grande, maigre, lymphatique, est entrée pour la seconde lin- salle Saint-Paul, numéro 15, service de M. Blandin, le 9 février dernier.

Cette femme nous donne alors les renseignements suivants : à l'âge de dix-huit mois, une personne âgée, aux soins de laquelle elle était confiée, la laissa tomber sur la hanche droite. Cette chute fui suivie de vives douleurs qui persistèrent pendant six mois, au dire de la malade, qui tenait ces détails de sa mère; au bout de ce temps, c'est-à-dire vers l'âge de deux ans, elle put marcher, mais elle boitait. Toutefois, celte claudication était peu marquée : elle pouvait la rendre insensible avec un peu d'attention. Jusqu'à I âge de douze ans, sa santé lui parfaite; mais à celle époque, qui fut celle île va menstruation, il se produisit un grand trouble du côté des fonctions di»eslives; elle éprouva des goûts bizarres. La menstruation se. fit mal, et, à partir de ce moment, sa santé lui mauvaise : elle se maria à trente ans; elle eut deux enfants, et ce fut pendant sa' dernière grossesse que se déve-

1 l'. riso, Arch. yén. de méd., quatrième série, t. II, p. 4,r>7. * Thèse de M. Richct, p. 04; 1844.

Ibppa sa coxalgie. Ëri èfitet, au mois d'octobre alors qu'elle étais

enceinte de six mois; elile éprouva dêvivès douleurs dans l'articulation coxos fémorale droite; les douleurs étaient si vives, que La malade -resta privé! de sommeil pendant trois semaines. Au mois de novembre dernier, elle se lit, apporter dans le service de M. Blandin, où elle ne resta que peu de temps, vu que quelques symptômes d'avortement avaient forcé le chirurgien à la faire passer dans la salle d'accouchements, où elle rest a jusqu'au mois de janvier! époque à laquelle elle fut remise dans le service de M. Blandin, dans le dernier degré du marasme causé par la coxalgie et la phthisie auxquelles la malade a succombé.

Etal delà malade le 9 janvier : maigreur extrême; plaies au sacrum avec dénudation des os; paralysie légère de la face à gauche; les aliments ne sont plus supportés; elle ne prend qu'un peu d'eau de seltz coupée avec du vin.

La cuisse droite est fortement; fléchie et portée dans l'adduction; les deux genoux ne sont pas sur la même ligne : le droit se trouve de quatre à six centimètres au-dessus de celui du côté opposé. Le grand trochanter fait une saillie considérable dans la fosse iliaque droite, où l'on sent également la tête fémorale. Ces deux parties du fémur sont plus rapprochées de la crête iliaque que les mêmes parties ne le sont du côté gauche. Impossibilité de mouvoir le membre, tant les douleurs sont vives. Les tenLatives que nous avons faites pour l'allonger et le mettre dans une position convenable à la mensuration étaient tellement insupportables, que nous dûmes y renoncer. La malade souffre beaucoup dans le genou droit, qui d'ailleurs ne présente rien de particulier. La douleur dn genou droit est rémittente. Mort le 9 au soir.

Autopsie vingt-quatre, heures après la mort. — Nous passerons tout ce qui est relatif à la phthisie, pour ne nous occuper que de la coxalgie.

La fosse iliaque externe droite ne présente rien de particulier, si ce n'est la saillie du grand trochanter et de la tête fémorale; la peau de cette région est saine; le tissu cellulaire sous-cutané est infiltré de sérosité; le grand fessier ne présente rien de particulier : il est décoloré comme tout le système musculaire. Le moyen fessier est atrophié en partie; ses fibres antérieures sont pâles; on ne trouve plus les traces des libres charnues; une matière jaunâtre graisseuse les remplace. Les libres moyennes et postérieures n'ont pas subi de dégénérescence; le tendon se trouve obliquement dirigé d'avant en arrière; les jumeaux, l'obturateur interne, le pyramidal, sont fortement tendus, dirigés obliquement de dedans en dehors et de lias en haut. Le nefl sciatique est fortement dirigé en dehors, et se recourbe sur la tubérosité de l'ischion, pour se porter à la partie postérieure de la cuisse. L'obturateur externe, le carré crural, le moyen adducteur, sont obliquement dirigés de dedans en dehors et de bas en haut; tous ses muscles paraissent augmentés

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de volume relativement à la force du sujet . Les fibres antérieures du petit fessier oui subi la même transformation que celle du moyen. Ce qu'il y a surtout de remarquable esl l'allongemenl des fibres musculaires du carré crural et de l'obturateur externe, qui ont suivi, sans se. déchirer, la sortie de la tète du fémur.

Le tissu cellulaire qui se trouve- entre le petit fessier et la capsule de nouvelle formation est épaissi, friable, imbibé de pus.

I.a capsule de l'articulation nouvelle est épaissie à sa partie supérieure dans ce point, il existe deux ouvertures noirâtres par lesquelles on pénètre dans l'articulation. La capsule ne présente pas de vascularisation apparente dans son tissu. La cavité articulaire nouvelle, qui contient un peu de pus, présente le caractère suivant : elle est située au-dessus de la cavité cotyloïde ancienne, un peu en dehors de l'épine iliaque antérieure et inférieure; son grand diamètre est vertical ; elle est tapissée de cartilage dans sa portion antérieure cl inférieure, mais ce cartilage est ramolli et s'enlève facilement. Dans la partie supérieure et postérieure de cette cavité, plus de cartilage; la substance osseuse est dure, comme éburnée; sur la partie supérieure et postérieure de cette surface orbiculaire, s'élèvent deux saillies osseuses assez marquées, qui se réunissent ensemble de manière à constituer une cavité cotyloïde nouvelle qui se trouve interrompue eu avanl par l'absence de productions osseuses.

La tète du fémur esl aplatie de liant en lias; toute la partie centrale esl dépouillée de cartilage, et l'os, dans ce point, présente une grande fermeté; toute la périphérie est encroûtée de cartilage mince que l'on détache assez facilement, si ce n'est à la partie antérieure de la circonférence de la tête, où le cartilage est détruit. Le col du fémur parait moins long; la cavilé cotyloïde ancienne est revenue sur elle-même ; elle est déformée, triangulaire, à sommet tourné en haut; elle a perdu de sa. profondeur. L'intérieur de l;i cavité esl dépourvu de cartilage, (dus de ligament inlcr-articulaire.

Voici les différentes mesures qui ont été prises après la mort :

Du grand trochanter droit à l'épine iliaque antéro-supé-

neui'e 8 centimètres.

Du grand trochanter droit au milieu de la crête iliaque. . 10

Du grand trochanter droit à l'ischion 9

Du pourtour de l'articulation malade à l'échancrure ischia-

tique ; 2

Hauteur de l'articulation récente \

Largeur 5

Hauteur de l'articulation ancienne 2 à 5

Largeur à la base 2 à 5

Longueur du col du fémur en haut | «•

Longueur du col du fémur en bas \ $ ou B

Hauteur de la tête fémorale g centimètres

Largeur ..... 5

Distance existant entre le centre de i articulation ancienne et le centre de la nouvelle fi

Obs. XVII. — Coxalgie au deuxième degré. Mort. Carie dans l'énarthr ose du fémur, pas de luxation*. — Homme, vingt-six ans, chute sur le grand trochanter. Au bout d'un mois, abcès dans l'aine et au côté externe de la cuisse, ramollissement de quatorze millimètres, rotation du pied el du genou en dedans, rotation volontaire du pied' en dehors facile, extension parfaite, mouvements très-libres, frottement rude dans la cavité cotyloïdeî large ouverture des abcès, écoulement de sang putréfié.

La suppuration s'établit d'abord ; mais au douzième jour survinrent des accidents qui entraînèrent le malade au vingt-deuxième.

Tête du fémur non luxée, cariée en partie, ainsi que la cavité cotyloïde; absence de cartilages, de ligament rond, de parties molles.

Obs. XVIII. — Destruction de la tête du fémur -. — M. Hache présente l'articulation coxo fémorale d'un enfant affecté depuis longtemps de coxalgie : déformation complète des surfaces articulaires ; disparition complète des cartilages et de la synoviale; destruction du tissu osseux, la tète du fémur est presque entièrement détruite, et ce qui en reste est couvert de fongosilés; diamètre vertical de la cavité cotyloïde sensiblement augmenté;: formation de tissu éburné à sa partie supérieure ; destruction du fond de la cavité cotyloïde.

Le fémur offrait un centimètre de moins en longueur que celui du côté opposé.

Obs. XIX. — Coxalgie; ostéite de la tête du fémur et de la cavité.' Mort 3. — J'ai trouvé dans l'ouverture d'un abcès que les os étaient carnîi fiés; je veux dire que la tête du fémur et la cavité de l'ischion, éloignées Lune de l'autre par la luxation, mais toutes deux, découvertes par l'ouverture de l'abcès, avaient la même consistance et la même couleur que la chair. Le volume de ces os était considérablement augmenté; et ils étaient si semblables à de la chair qu'ils saignaient au moindre attouchement.

Obs. XX. — Coxalgie, deuxième degré; pas de luxation; carie du fond de la cavité, cotyloïde. Mort*1. — Antoine B..., charron, âgé de quarante-' six ans, d'une faible constitution, ressentait depuis six ans des douleurs dans

1 Aurran, Joûrn. de mëd., t. XXXVII, p. 250; 1772.

2 liullet. de la Soc. anal., p. 4; sept. 1835. s J. L Petit, Malad. des os, t. I, p. 549.

* Boyer, OEuvr. chirurg., t. IV, p. 545.

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les jambes; à la ciuquièrné aimée, c'est-à-dire un an avant d'être soumis à notre observation, il éprouva une douleur sourde et profonde dans la hanche gauche, qui diminua un peu par la formation d'un abcès au \ bourses, lequel augmenta peu à peu, s'ouvrit, et laissa écouler une grande quantité de pus : l'ouverture resta fistuleuse. A cette époque, la hanche gauche devint le siège d'une douleur vive, qui se faisait aussi sentir tout le long du membre du même côté. Le malade garda le repos et mit en usage différents médicaments qui lurent sans succ ès, ce qui le força, au bout de cinq mois, d'entrer à la Charité, au mois de mars 1806. La douleur de la hanche était violente, et répondait au genou; elle était augmentée par les mouvements de la cuisse, qui ne pouvait d'ailleurs se fléchir; il y avait un léger raccourcissement du membre, qui conservait pourtant sa rectitude naturelle; il existait de la fièvre.

Les douleurs de la hanche étant trop intenses pour pouvoir appliquer les vésicatoires sur cette région, on se contenta de faire usage d'un Uniment camphré et opiacé qui diminua peu les souffrances. Ce malade avait d'ailleurs des symptômes assez marqués d'une phlhisie pulmonaire, qui marchait de front avec la maladie coxale. Ces deux maladies firent des progrès rapides, et le malade succomba le 12 mai suivant.

Ouverture du corps. — On trouva les poumons tuberculeux, adhérents à la plèvre costale correspondante; le péricarde renfermait cent vingt à cent cinquante grammes de sérosité. L'abdomen contenait environ un litre de liquide épanché ; les intestins étaient dans un état de disLention assez considérable.

Il y avait à la hanche un abcès considérable, autour de l'articulation, et gui s étendait jusque sous les muscles fessiers. La tête du fémur était presque entièrement dépouillée de son cartilage et cariée. La cavité eotyloïde cariée aussi dans son fond ne l'était pas à son rebord, ce qui avait été cause du non-déplacement du fémur.

Obs. XXI. — Carie de l'énarthrose du fémur. Mort. Pas de luxation; destruction partielle de la tête osseuse ». - Un homme, fruitier de profession, âgé de vingt-six ans, étant tombé d'un arbre sur le grand trochanter, se donna un contre-coup dans la cavité eotyloïde. Après un mois de souffrance, il lui survint un dépôt dans l'aine, et un autre au côté externe de la cuisse, qui grossit beaucoup en très-peu de temps; l'extrémité était plus courte que l'autre de quatorze millimètres: elle ne touchait la terre T"' par le bout du pied. Celui-ci et le genou étaient presque toujours tournés eu dedans; mais il pouvait les tourner en dehors à volonté. Il tenait la jambe en extension parfaite; il remuait la cuisse en tous sens. L'ayant empoignée vers le genou pour la faire agir, je sentis qu'il se faisait un frotte

1 Aurrun, Journ. de nu'd.. p. '250; 1772.

ment rude dans la cavité eotyloïdc, où il nie parut que l'os était encore. Ces signes jn'ayant l'ait connaître que la carie et la source du pus étaient dans cette cavité, je jugeai la maladie incurable, et je me proposai d'établir une cure palliative et d'évacuer les dépôts par une ou deux petites ouvertures listuleuses, les seules qui soient avantageuses en pareil ras; mais étant obligé de l'aire fine large ouverture, selon l'avis d'un consultant, je lis sortir une grande quantité d'un fluide aqueux el noir comme du sang dissous par putréfaction, et.une certaine quantité de nus qui était au fond «le la cavité : celle-ci, qui était entre la gaine des muscles et le corps graisseux, communiquait supérieurement avec la fosse articulaire, d'où découla tous les jours, pendant le traitement, une sérosité brune et fétide.

Le cinquième jour, la suppuration s'établit comme à l'ordinaire, et tout fut selon l'ordre naturel jusqu'au douzième, que la lièvre avec le délire survint et reparut tous les jours jusqu'au dix-huitième . Ce jour-là, la lièvre ayanL redoublé avec frisson, je ne trouvai que de la sanie dans la plaie, avec des caillots'de sang; ces accidents redoublèrent jusqu'au vingt-deuxième jour, que le malade mourut.

Je trouvai la tête du fémur dans son articulation; mais elle était rongée en partie par la carie, ainsi que les parois de la cavité, où il ne restait aucun vestige de cartilage et de parties molles, etc.

Il faut observer, à l'occasion de la sérosité noire que nous avons trouvée dans le dépôt, que ce n'est pas le fluide que ces sortes de tumeurs contiennent ordinairement ; mais qu'il parait que celui-ci n'était qu'un sang dissous après s'être épanché clans le foyer, où il aura été fourni par quelque artère musculaire ou fessière, ou sciatique.

Obs. XXII. — Carie et luxation dans le môme endroit. ■ — Il y a quelques aimées qu'ayant ouvert jusqu'au grand trochanter une listule dont l'orifice était à la partie moyenne et postérieure de la cuisse, occasionnée par la suppuration et la carie de la cavité colyloide, avec luxation en arrière du fémur, la malade mourut le vingtième jour de l'opération avec à peu près les mêmes accidents que dans le cas précédent. A l'ouverture du cadavre, je trouvai ce que je viens d'annoncer.

Ons. XXIII. — Coxalgie, deuxième degré; pas de luxation. Mort*. — Un soldat, âgé de trente-cinq ans, fait une chute sur le grand trûchantëj droit, (pii est suivie de l'apparition d'un dépôt à la partie moyenne supérieure el antérieure de la cuisse. Chez lui, l'abcès ne commence à se prononça qu'assez longtemps après le premier accident, el n'est accompagné d'aucun raccourcissement sensible dans la cuisse, et d'aucune position vicieuse du pied, en sorte qu'on ne soupçonne nullement sa prolongation jusqu'à l'art!

1 Sabuticr, Mémoires de l 'Académie de chirurgie. I. Vil, p. 5H1.

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filiation supérieure. La tension de la partie, les douleurs excessives du malade, nécessitèrent l'ouverture du loyer. Le malade ne survécut pas longtemps à l'opération, et l'examen du cadavre permit de reconnaître que l'abcès s'étendait jusqu'à la cavité cotyloïde, dont la surfaçe interne et les bords, ainsi que In tête du fémur, commençaient, à se laisser entamer par la carie.

Ons. XXIV — Coxalgie; carie; abcès; ligament capsulaire intact. Mort1. — Jemina Holloway, âgée de vingt-trois ans environ, l'ut admise à l'hôpital Saint-Georges, le 30 niais 1814, pour une maladie de la hanche druile. Dans le voisinage de cette articulai ion, il y avait un large abcès; la l'esse était appauvrie et amincie. La malade prétendait qu'elle, avait ce mal depuis plusieurs années. Le 6 juin suivant elle mourut.

L'examen cadavérique ollrit les muscles fessiers décolorés, et dans un élai d'amincissement cl de dépérissement, Il y avait un large abcès dans la l'esse qui communiquait avec la hanche, au moyen d'une ouverture dans la partie postérieure du ligament capsulaire et de la membrane synoviale. Au reste, la membrane synoviale et le ligament capsulaire étaient dans un état parfaitement naturel.

Les cartilages qui couvrent la tète du fémur et qui tapissent le fond de la cavité cotyloïde étaient détruits par l'ulcération. L'ulcération s'était telle menl étendue aux os, que la tête du fémur était moitié moins grosse, et la cavité avait le double de sa grandeur ordinaire. Les os possédaient leur texture et leur dureté naturelles. Il y avait une ouverture ulcérée qui allait du fond delà cavité cotyloïde dans la partie interne du bassin.

Ons. XXV. — Coxalgie; carie du col du fémur ; séparation de la tète; raccourcissement considérable. Mort 2. — Une jeune demoiselle de neuf ans éprouva, au mois de décembre 1782, une faiblesse et une pesanteur y*ers l'articulation delà cuisse gauche, qui l'obligèrent d'abord à traîner le pied en marchant. Comme elle ne se plaignait point, et qu'elle n'avait fait aucune chute, on ne lit pas beaucoup attention, à celle incommodité; mais la difficulté de marcher ayanl augmenté, on consulta en différents temps, cl séparément, plusieurs célèbres praticiens qui, à l'examen de l'articulai ion de la cuisse, reconnurent que la tète du fémur était luxée en dehors el eu liant. L extrémité étail alors raccourcie de quatre centimètres. On.administra tous

les remèdes convenables, sans aucun succès. La malade alla aux eaux de Bourbonne, S'y baigna, reçut des douches, et prit des remèdes propres à corrigei un mit scorbutique qu'on lui soupçonnait, et dont on eut ensuite la confirmation. Lorsqu'elle lut de retour à l'aris, on examina de nouveau

1 Brodie, |>. ST.

4 Desnuit, pur Canins, t. Il, p, 7>Zi.

l'extrémité malade, qu'on trouva encore plus courte gu'avant le départ et. fort rapprochée du pubis; Lé grand trOehaijter était aussi beaucoup plus saillant. Il se forma dans relie partie plusieurs dépôts, dont le pus se lit jour au dehors, et qui laissèrent des fistules, d'où coulait continuellemenl une humeur glaireuse, blanchâtre, et sans mauvaise odeur.

La cuisse malade croisait un peu la saine, et avait un mouvement fort gêné. Cette indisposition n'empêchait pas la jeune personne de se lever et de marcher en se soutenant avec des béquilles : elle Taisait un exercice proportionné à ses forces, et qui était nécessaire à sa santé.

Dans le mois de février de cette année, elle fut prise d'uni- fièvre continue avec redoublement; le pus des ulcères diminua, devint séreux et de mauvaise odeur; accidents qu'on vint à bout de calmer, mais ipii se manifestèrent ensuite avec d'autres, ordinaires en pareils cas, tels que l'enflure des jambes, des cuisses, rhydropisie de poitrine et du bas-ventre. Enfin, la malade mourut dix mois après son accident. La cuisse malade avait toujours été maigre, et n'avait guère que la moitié du volume de l'autre. Dans les derniers temps de la maladie, l'extrémité s'est trouvée plus courte de cent soixante-quinze millimètres, tant par rapport au défaut de nourriture qu'à cause de la position de la partie luxée.

L'examen anatomique montra la source de toutes les fistules; elles répondaient à des foyers cachés dans un tissu cellulaire très-épais, et entre des parties ligamenteuses. Il y en avait un considérable dans l'article : il occupait tout le trajet qu'avait fait la tète du fémur en sortant de la cavité cotyloïde, et son issue était à la partie interne et supérieure de la cuisse. Les trois muscles fessiers, fort animés, ne formaient qu'une masse sans distinction de fibres. Le ligament plat que l'on trouve dans l'article n'a pas été visible. Des membranes ligamenteuses et capsulaires recouvraient la tète de l'os; la partie du pubis et de l'ischion qui concourt à former la cavité cotyloïde était vermoulue par la carie. Le rebord épais, et en forme de sourcil, de l'os iléon, a été trouvé entièrement détruit. La partie de la tète du fémur qui répond au grand trochanter était également cariée; elle présentait uue surface plane, et était appliquée sur uue portion du corps de l'iléon;, son sommet répondait à une ligne perpendiculaire qu'on aurait tirée du milieu de la grande écb à ncrure sciatique jusqu'à l'épine de l'ischion. La contraction du muscle triceps, qui n'était plus contrebalancé, en attirant le corps du fémur vers le pubis, avait contribué à cette position.

Ons. XXVI. — Coxalgie [gangrène des os). Mort. Perforation de la cavité cotyloïde1. — Le nommé Leinord, sapeur-pompier, entra au Yal-de- Grâce, salle 16, lit(39, en septembre 1826, pour une coxalgie qui datai! déjà de bien loin, et languit jusqu'au 7 septembre 1829. A « elle époque, il

1 Mnlgtugne, Arùli. gén. de méd., I. XXX, p. 0(5.

naourut, consumé par la suppuration el la'diarrhée. L'article communiquait à l' extérieur.

Le membre étail émaciéel la jambe très-infiltrée; l'articulation malade entourée de glandes tuberculeuses qui se continuaient dans le bassin et l'abdomen. Aucun vestige des cartilages; la cavité cotyloïde était largement ulcérée, percée à jour, cl son fond^'était plus constitué que par le périoste pelvien, épaissi et la n lacé. La tète du fémur offrait une érosion analogue. La surface de ces ulcérations était noire, et cette noirceur se prolongeait à plus de quatorze millimètres dans l'épaisseur de la tète du fémur. Au delà, (oui le tissu spongieux était rouge et ramolli; le périoste était légèrement tuméfié et très-peu adhérent à toute celle extrémité de l'os.

lins. XXVII. — Coxalgie rhumatismale. Première période, puis deuxième. Luxation dans la fosse iliaque. Mort. Perforation de la cavité cotyloïde1. — Isidore G..., militaire réformé, âgé de vingt et un ans. avait fait les campagnes de 1807 et 1808 en Espagne, où il avait éprouvé toutes les fatigues attachées au métier des armes, et pendant lesquelles il avait ressenti des douleurs rhumatismales vagues, tantôt aux reins, tantôt aux. cuisses, ce qui le faisait quelquefois boiter. Ces symptômes existaient depuis plusieurs mois, lorsque le malade fut réformé ; il entra de suite à la Charité. Des douleurs plus vives se faisaient alors sentir à l'articulation iliofémorale gauche, s'étendaient à la cuisse, surtout au genou, et causaient de la claudication; le membre avait treize millimètres d'allongement. On appliqua successivement trois vésicatoires volants autour de l'articulation, qui tic soulagèrent pas, et pendant lesquels la maladie continua ses progrès; au bout de quinze jours, le malade ayant fait un mouvement dans sou lit, la tète du fémur sortit, de la cavité cotyloïde et le membre se raccourcit d'environ cinquante-quatre millimètres. Un mois après son entrée à l'hôpital, le malade eut de la fièvre, du dévoiemeut; les douleurs augmentèrent beaucoup; la maigreur se prononça davantage, et le malade, péril dans le marasme.

Ouverture. — Les muscles fessiers étaient considérablement amincis; la tête du fémur était placée en haut et en arrière sur l'os des iles. La cavité polyloïde, un peu agrandie, était remplie d'une matière sanieuse de couleur brune, cl ses parois étaient usées et perforées; la glande synoviale présentait

u»e augmentation de voh et de l'engorgement; la capsule fibreuse était

détruite dans toute son étendue, à l'exception de la portion où se trouvent, les vaisseaux qui se rendent dans l'intérieur de .l'articulation ; le cartilage de l;i tête du fémur et l'éminence elle-même avaient un volume moindre que le naturel.

1 Boycr, OEuvr. chirury., t. IV, p. 3jU.

2'20 DE LA COXALGIK.

Ous. XX VIII . -- Coxalgie'; cause traumatique, première apparence de guérison; récidive; abcès pénétrant dant le bassin au-dessous de l'arcade pubienne; perforation de la cavité cotyloïde. Mort1. — Louis R..., cor-

'I ier, se promenant au bois de Boulogne, buta contre une racine d'arbre

et tomba sur le genou gauche, ce qui fut suivi d'une douleur vive dans cette partie et dans l'articulation ilio-fémùrale correspondante; cependanl les douleurs diminuèrent peu à peu, et lui permirent, quatre jours après, de reprendre ses travaux ordinaires; il conserva pourtant toujours une douleur sourde, et, au bout de plusieurs mois, la marche et la station étant devenues très-pénibles, il cuira à l'hôpital de la Charité. La cuisse gauche était plus longue <pic la droite ; la hanche était très-douloureuse au moindre niouvemeut, tandis que la douleur qui existait aussi au genou a' augmentait pas parla pression. On appliqua en môme temps deux vésicatoires, l'un sur le grand trùchanter, l'autre sur la l'ace externe du genou; ce moyeu améliora tellement la santé du malade, que, se croyant guéri, il sortit de l'hôpital deux mois après son entrée, et reprit ses travaux. Celte imprudence rappela l'irritation sur l'articulation, et causa une rechute. Cette fois la maladie l'ut méconnue, et un chirurgien, au lieu de lui prescrire le repos, lui conseilla fie continuer sa manière de vivre accoutumée; le mal lit alors des progrès si rapides, qu'il ne laissa bientôt à l'art d'autre ressource (pie les palliatifs; Le malade revint dans cet état à la Charité : on appliqua sur la cuisse un cataplasme de farine de lin, et ce moyen continué procura l'ouverture d'un abcès qui existait à la partie moyenne et antérieure du membre; elle laissa une lislulc par où s'écoulait un pus qui devint bientôt ichoreux et fétide; il survint ensuite de la fièvre, du dévoiement, et le malade succomba six mois après son entrée à l'hôpital, à l'âge de dix-sept ans.

Ouverture. — Le trajet fistulcux s'étendait à travers le tissu cellulaire sous-cutané et iuLernnisculaire jusqu'à l'articulation, et commiiniquait avec le bassin au-dessous de l'arcade du pubis. Le fémur, vermoulu jusqu'au! dessous du grand trochanter, conservait cependant sa forme naturelle: mais il était si friable qu'il se brisait dès que l'on rompait le périoste qui en maintenait les débris en place. La letc de cet os était située dans la cavité cotyloïde, où la carie avait l'ait îles ravages tels, que la voûte qui la sépara de la cavité du bassin n'existait plus, et que sa circonférence, presque totaj lement détruite, lui donnait une dimension double de celle qui lui esl ordinaire.

Obs. XXIX. — Coxalgie; carie profonde; abcès; perforation d&iacaviu cotyloïde. Mort-. — William bridges, de l'âge de vingl el un ans, fui rei il à l'hôpital SainL-Ceorge le 28 novembre 1810. Il donna sur la maladie les

1 Boyer, Œuvr. chirurg.. l. IV, p. 54'J. » Brodie, p. 85.

détails suivants : vers le milieu du mois de mai précédent, il commença par éprouver de la douleur dans le genou droit, <|iù augmentait par la marche. Au bout d'un mois, la douleur devirtl si intense, qu'il fut obligé de garder le lit. 11 ressentit une légère souffrance dans la hanche ; mais celle du genou était si atroce, qu'il ne put se livrer au sommeil de la nuit. Il se forma un abcès i[ui s'ouvrit en septembre suivant, dans la partie interne de la cuisse. A l'époque de son admission, la l'esse était appauvrie et mince; le membre du côté affecté semblait être plus long que l'autre de quarante millimètres ; il y a va il un large abcès dans la partie postérieure de la cuisse. Il tomba alors dans l'émaciation et dans la fièvre hectique. On pratiqua une issue avec le caustique, derrière le grand trochanter, et dans la suite une seconde Bsue fut faite de la même manière, sur le bord antérieur du fascia la ta.

Ce traitement amena pour quelque temps un grand soulagement, nonobstant plusieurs abcès qui se formèrent et s'ouvrirent dans les différentes régions de la cuisse. La douleur disparut; le malade reprit de l'embonpoint, la lièvre hectique tomba, et la matière purulente donnée par les abcès diminua beaucoup. Le membre parut être alors plus court que l'autre. Son état continua à s'améliorer, jusqu'à la mi-février 1811. A cette époque, les premiers symptômes alarmants se manifestèrent de nouveau. Il fut pris d'une diarrhée continuelle et de sueurs abondantes; il mourut le 26 mars suivant.

A l'inspection du cadavre, les muscles fessiers se trouvèrent diminués et dépéris; et dans plusieurs parties, leur structure était détruite par les abcès

qui co mniquaient avec la cavité de l'articulation par deux ouvertures

Ulcérées, l'une sur la partie antérieure, et l'autre sur la partie postérieure. Les abcès formaient plusieurs sinus dans le voisinage c|e la jointure, elle ligament capsula ire, par suite, adhérait aux autres parties molles, et se confondait en quelque sorte avec elles. L'articulation contenait une matière purulente. La membrane synoviale était plus foncée qu'à l'ordinaire, mais d'ailleurs elle offrait l'apparence accoutumée : il ne restait pas vestige du ligament rond; les cartilages étaient entièrement absorbés, et les surfaces osseuses mises à nu étaient dans un état de carie; la tête du fémur était réduite aux deux tiers environ de sa grosseur ordinaire, et la cavité ootvloïdé se trouvait plus profonde et plus étendue, presque dans la même proportion. Au centre de celte même cavité, il y avait une ouverture ulcérée, justement assez grande pour laisser pénétrer une sonde ordinaire, qui faisait connaître sa communication avec un abcès dans le bassin. Les surfaces cariées des os avaient la même couleur foncée et la même fétidité que dans les autres cas de carie; mais autrement, elles n'offraient rien de plus particulier que dans les os sains.

Obs. XXX. — Luxation en haut et en dehors l. — « lu cadavere pueUœ 1 Kcrcringius, Gazette des llôp., l. lllj p; '24.

k228 DE LA COXALGIE

sex annis cl claudicanlis, occurril ossi innommai! acelabulum, mullo amplius cl profundius quam par oral capul lemoris quod ci inlerchaUir, non tantum non proporlionatum, sed etjam prœter morcin exiguuro. Luxalie ligameutis sursum ac deorsum fexebatur praedictum capul. »

Ous. XXXI. — Luxation spontanée du fémur dans la fosse iliaque. Mort l. — Jean Peigneau, dix-neuf ans : douleurs rémittentes dans la hanche gauche (pluviôse an XI), puis vives cl continuelles, s'irradianl dans la cuisse et le genou; allongement; claudication. 11 fut forcé de 5'aliter. Rafraîchissants; purgatifs; applications émollientes; allongement encore augmenté, puis raccourcissement brusque de plusieurs centimètres. Diminution des douleurs; rotation en dedans du genou et du pied; état alarmant; ^nullement considérable; abcès énormes; fièvre hectique; diarrhée coUiquativc, Entrée à la Charité; régime tonique et fortifiant. Le <jO brumaire suivant, le malade succomba.

Collection purulente fétide, baignant les muscles, l'articulation et la; partie postérieure de la cuisse; la cavité colyloïde remplie de pus, cariée cl devenue presque plane; l'os noirâtre, spongieux, inégal.

Tète du fémur dans la fosse iliaque, sans cartilage. Même altération que l'os coxal.

Obs. XXXII. — Fémoro-coxalgie ; cause scrofuleuse. Mort. Luxation dans la fosse iliaque'1. — Jeune homme, dix-neuf ans; vice scrofuleuxj reçut un coup de pied de cheval à la cuisse, suivi d'un abcès qui coula sa mois. Guérison. Nouveau coup de pied; douleurs au genou et à la hanche; allongement de cinquante-quatre millimètres; puis raccourcissement égal; gonflement; abcès nombreux ; marasme, et mort.

Ëpaississement du tissu cellulaire ambiant; vaste foyer purulent sous la fesse cl la partie postérieure de la cuisse; muscles amincis; périoste de la fosse iliaque décollé; nouvelle cavité à fond rougeâtre et granuleux forma par les muscles; tête du fémur placée sous les téguments; plus de ligament rond; ramollissement des cartilages diarfhrodiaux recouverts de granulations rougeàtres; abcès dans le bassin.

Obs. XXXIII. — Coxalgie au deuxième degré; luxation dans la fosse iliaque. Mort3. — Un jeune homme de vingl-six à vingt-sept ans esl pris de douleurs accompagnées de tuméfaction à la cuisse gauche, après avon dormi longtemps à l'air par un froid humide. Ces accidents persistcnl pendant plusieurs mois sans qu'on observe aucun changement de longueur ël

1 Rûmond, Journal de médecine, chirurgie, pharmacie, t. W. » 128; 1808.

- Borie, Arch. gin. de méd., t. Mil, p. 604; 1827.

r> Sabatier, Mémoires de l'Académie de chirurgie, t. VII, p. 'j'Jj.

rte direction à l'extrémité malade; mais plus lard, le membre commença à se raccourcir, el la pointe du pied subit mie déviation en dedans. La partie moyenne antérieure el extérne delà cuisse devint le siège d'une tumeur qui s'accrut progressivement de jour en jour. Depuis déjà quatorze mois, la maladie avait commencé, quand le malade réclama les secours de la chirurgie. Toute l'extrémité était œdémateuse La tumeur de la cuisse siégeait le long de la face antérieure et externe, depuis la partie supérieure jusqu'à t rois ou quatre travers de doigt du genou ; elle offrait dans toute cette étendue une fluctuation manifeste. La cuisse était raccourcie de cinquante-quatre millimètres, et la pointe du pied en dedans. Les douleurs étaient vives. Une fièvre lente minait le malade, et l'avait conduit au marasme. Une application de pierre à cautère sur la partie la plus saillante de la tumeur fut suivie d'une incision de vingt-sept millimètres sur l'escharre même. 11 s'écoula une énorme quantité d'humeur séreuse et sanguinolente d'une odeur fétide, entraînant avec elle des grumeaux de matière glaireuse. Le malade succomba peu de temps après l'opération.

L'examen du cadavre fit reconnaître l'existence d'une grande cavité intermusculaire, foyer de l'abcès, laquelle s'étendait jusqu'à l'articulation coxo-fémorale, dont les ligaments étaient rongés et détruits. La tête du fémur attaquée de carie était remontée sur la face externe de l'os des iles, et les bords de la cavité cotyloïde étaient presque entièrement détruits.

Obs. XXXIV. — Coxalgie au deuxième degré; luxation dans la fosse iliaque. Mort l. — Un soldat, âgé de trente-cinq ou trente-six ans, tombe de son haut sur la hanche gauche. A l'instant, une douleur vive survient à la partie supérieure de la cuisse, et est bientôt suivie d'un gonflement considérable avec fièvre. La saignée, répétée plusieurs fois, et une diète fort sévère, sont mises en œuvre pour combattre ces accidents. On y joint les fomentations émollientes sur les parties douloureuses. Les premiers accidents apaisés, le malade veut marcher, mais éprouve beaucoup de peine. Quelque temps après, les douleurs reviennent plus violentes, et la cuisse Hevientle siège d'un nouveau gonflement. Sa partie antérieure externe et presque supérieure devient, le siège d'une tumeur. L'extrémité se raccourcit un peu, et la pointe du pied se tourne en dedans. Depuis déjà deux mois flans ce! état, le malade entre enfin aux Invalides, au mois de novembre 1 762. Une ouverture de vingt-sept millimètres est faite à la partie la plus saillante de l'abcès pour diminuer les douleurs; écoulement d'un pus assez bien conditionné; pansements Ires-simples. L'étal du malade empira avec rapidité, et il péril six semaines après L'opération.

L ouverture du cadavre permit de reconnaître que l'abcès ouvert remontait

1 Sabntier, Mémoires de l' Académie de chirurgie, t. VIT, p. 500.

jusqu'à la cavité cotyloïde, dont les bords étaient u$6s et détruite par la carie dans leur partie postérieure et supérieure; celle destraction avait permis à la tête du fémur de quitter la cavité, et celle tête était remontée de vingt-sept millimètres au moins sur la face externe de l'os iliaque.

Ons. XXXV. — Coxalgie au deuxième degré; luxation dans la fosse iliaque. Mort1. — Un enfant de treize à quatorze ans, auquel il était survenu, depuis environ deux ans, un dépôt considérable à la partie antérieure interne et supérieure de la cuisse droite, me fut présenté en avril 17G0. L'extrémité droite était alors raccourcie de trois I ra vers de doigt, et la pointe du pied fort tournée en dedans. La région de la fesse et des lombes était le siège d'un gonflement œdémateux, qui s'étendait dans toute la longueur de la cuisse jusqu'au genou, et qui était très-douloureux en quelques endroits, notamment au pli de l'aine, dont les glandes étaient dures el engorgées, et à toute la circonférence du dépôt. L'enfant avait fait une chute sur le genou, et la douleur qui s'ensuivit se propagea de l'endroit frappé à toute la longueur de la cuisse, et fut si vive qu'elle nécessita un repos de quatre jours au lit. Les premiers accidents étant diminués, l'enfant se leva et voulut reprendre ses exercices, mais il lui fut impossible de se soutenir, et fut réduit à se servir de béquilles pendant six mois. Pendant cet intervalle de temps, les glandes inguinales devinrent le siège d'un engorgement très-prononcé, qui diminua un peu par l'application de cataplasmes et d'emplâtres émollients et résolutifs. Néanmoins les douleurs augmentèrent progressivement; la difficulté de marcher, même avec des béquilles, devint de jour en jour plus grande, et la cuisse commença à devenir plus courte que l'autre. Des tentatives de réduction et l'application d'un appareil furent fails par un empirique qui voyait dans celte affection une. simple luxation de la cuisse. Quelque temps après, et d'après ses conseils, le malade voulut marcher, mais les béquilles lui devinrent plus nécessaires, et les douleurs reparurent plus vives que jamais. Les glandes inguinales se gonflèrent de nouveau, et, vers le milieu de février, commença à apparaître le dépôt dont il a été parlé. Je vis le malade avec M. Guérin, qui se trouvait cbez moi, lorsqu'on me l'amena, et tous deux nous jugeâmes que la cuisse était luxée consécutivement, et que le dépôt avait son principal foyer dans la capsule articulaire. Les douleurs vives qu'éprouvait le malade, et l'état d'amaigrissement où il avait été amené par la fièvre lente qui le consumait, nous engagèrent à livrer au pus une issue étroite, pour donner quelque soulagement à cet enfant. Il s'en écoula trois livres, dont l'odeur était fétide et la couleur variée; la plaie fut pansée avec une mèche de linge, puis couverte dans la suite d'un digestif simple. On fit quelques injections détersives pour entraîner les matières et prévenir leur croupisse-

1 Snbatier, Mémoires de V Académie de chirurgie, t. V, p. 586.

ment. Quelquefois blanches et bien liées, ces matières étaient aussi quelquefois séreuse?, sanguinolentes et noirâtres; el quand elles présentaient ce dernier caractère, elles étaient chargées de parcelles d'os d'une nature spongieuse.

L'opération parut d'abord avoir un succès inespéré; la cuisse se dégorgea, les glandes de l'aine diminuèrent; les douleurs s'amoindrirent beaucoup; mais 1rs accidents reparurent bientôt plus intenses que jamais. Il s'éleva au pli de la cuisse une tumeur qui s'ouvrit en peu de jours, et d'elle-même ; il en sortit une quantité considérable de pus, paraissant venir de dessous le ligament de Falloquc. La cuisse se raccourcit île jour en jour. 11 y survint un gonflement œdémalcux el érysipélateux, qui envahit la jambe et le pied. Un ulcère s'ouvrit au-dessus de la malléole externe, et le malade périt de consomption, cinq mois après l'opération.

L'ouverture du cadavre laissa voir plusieurs collections de pus, les unes entre les muscles fessiers, les autres à la face externe de l'os des iles, jusque vis-à-vis de la cavité cotyloïde. Les muscles de la partie antérieure et supérieure de la cuisse étaient abreuvés d'une grande quantité de matières, toutes semblables à d'Iles qui étaient soi lies par l'ouverture du dépôt principal. Ce dépôt allait jusqu'à l'articulation de la cuisse. Le iëmur était remonté de plus de quatre travers de doigt sur la l'ace externe de l'os des iles. Le cartilage d'encroûtement de sa tête était totalement détruit, et cette tête était altérée et rongée profondément; la cavité cotyloïde était entièrement détruite el comme corrodée : de sorte que, chose remarquable, le fémur ne s'était déplacé que parce que les bords de la cavité articulaire étant usés et comme effacés, sa tête n'était plus retenue, et avait cédé à l'action des muscles. Toute la partie de l'os iliaque sur laquelle celle lêtc avait glissé était comme pourrie, et des fragments en tout semblables à ceux qu'avait entraînés le pus pouvaient s'en détacher facilement.

Ons. XXXVI. — Coxalgie; première période ; puis deuxième. Luxation dans la fosse iliaque ; destruction de la cavité cotyloïde. Mort1. — J. 1'..., âgé de dix-neuf ans, maçon, ressentit, dans le mois de février 18GT), des douleurs vives dans l'articulation ilio-fémorale gauche, qui s'étendaient le (ong de la partie interne de la cuisse cl de la jambe jusqu'à la malléole; elles se dissipèrent au bout de quelques jours, puis revinrent une quinzaine api ès ; mais ni la douleur, ni la claudication résultant de l'allongement du membre, ne l'empêchèrent de travailler encore quelque. temps; cependant, tous ces symptômes s'aggravanl, il se mit au lit cinq mois après avoir éprouvé les premiers symptômes. Un chirurgien appelé méconnut la maladie, ordonna les purgatifs, des tisanes rafraîchissantes, cl autres remède- internes, appliqua sur l'articulation douloureuse des cataplasmes

1 Rcy.T. OEuvr, chirurg., t. IV, ji. 340-

émqllients, ce qui ne fil qu'accroîtra LMiitensiJié des phénomènes morbifiques. Au dire du malade, le membre lésé éLait plus long que le sain de quarante et un millimètres; le mois suivant, il se raccourcit subitement. Les douleurs vives cessèrent alors, mais l'état âe ce jeune homme empira tous les .jours. Un dépôt considérable se forma aux environs de l'articulation, et s'étendit bientôt au côté externe de la cuisse; la fluctuation y était manifeste. Dans cet état, il vint à l'hôpital delà Charité, où je vis que la cuisse malade avait cinquante-quatre millimètres de moins que la saine; il y avait de la fièvre, et depuis un mois un dévoicment cdlliquatif. Je ne voulus pas faire l'ouverture de cet énorme abcès, craignant le fâcheux effet de l'entrée do l'air dans le foyer ; je me contentai de soutenir les forces du malade par des analeptiques et des toniques. L'abcès s'ouvrit de lui-même au bout de quelque temps : il s"en écoula un pus de couleur variée; mais, à compter de cette époque, ce jeune homme dépérit avec une rapidité extrême, et mourut quatre jours après.

Ouverture. — 11 y avait un désordre effroyable dans toute la partie supérieure de la cuisse, dont tous les muscles étaient infiltrés d'un matière purulente mêlée de caillots de sang ; le foyer principal de l'abcès était à la partie externe et un peu postérieure de la cuisse. La cavité cotyloïde était rongée par la carie, et devenue presque plane par la destruction de ses bords; la tête du fémur était montée de deux ou trois travers de doigt sur la face externe de l'os des iles; son cartilage n'existait plus, et elle-même était cariée assez profondément; dans le lieu où elle reposait, la substance osseuse de l'os des iles était noirâtre, ramollie, et comme en putrilage.

Obs. XXXVII. — Luxation ancienne, probablement spontanée, du fémur droit en haut et en dehors '. — Vieillard, soixante-dix ans; autopsie. Raccourcissement, cinquante-deux millimètres; rotation du pied en dehors; mouvements de la cuisse libres, sauf la rotation en dedans et la flexion, élévation, largeur delà hanche droite; saillie du grand trochanter; saillie mal circonscrite dans la fosse iliaque externe, se mouvant, roulant sur ellemême, et suivant le grand trochanter dans les mouvements communiqués au pied; frottement sourd, sorte de crépitation pendant les mouvements; atrophie de la cuisse.

Intégrité des deux grands fessiers; le petit est aminci, pfile, cellulcnx, adhérent à.une nouvelle capsule qui s'insère en avant à sa place ordinaire, mais recouvre la cavité cotyloïde et se fixe en arrière sur la surface de l'os coxal (fosse iliaque externe). La portion anormale a quatre à six millimètres d'épaisseur; du reste, la capsule ne forme qu'une seule cavité; le ligament rond a disparu; la fausse cavité est profonde, munie d'un bourrelet osseus ; la moitié postérieure est dépourvue de, périoste et comme éburnée; la cavité cotyloïde n'existe plus qu'à l'état de vestige, elle esl remplie par les franges

1 Sédillot, l'Expérience, t. III, p. 2.

synoviales oi le tissu graisseux ; les cavités normale et anormale se touchent. Tète du réunir aplatie d'avant en arrière, allongée de haut en Las; col épais, hérissé de végétations osseuses; toute la portion qui joue sur l'os iliaque est dépourvue de. cartilage.

Synovie huileuse, jaunâtre, épaisse ; le petit trochanter est en rapport dans l'adduction avecla face antérieure de l'ischion; fausse articulation dans cet endroit.

Suit un tableau des diverses mesures du côté sain et du côté malade, et des réflexions de l'auteur.

Obs. XXXVIII. — Coxalgie à la deuxième période; abduction; abcès intra-pelvien et fémoral; luxation en dedans. Mort i. — Jacques-FrangoisD...,âgé de vingt-huit ans, domestique, éprouvait, depuis deux ans, des douleurs dans la hanche, et de la claudication, lorsqu'il entra, le 7) août 1809, à l'hôpital de la Charité. Il y avait à cette époque uu engorgement considérable de la hanche, une flexion habituelle de la cuisse et de (a jambe, delà fièvre. En promenant les doigts sur cette région, on sentait une fluctuation profonde et équivoque au-dessous et au-devant du grand trochanter. On ne put se, méprendre sur cette maladie, qui nous parut évidemment une affection de l'articulation iléo-fémorale, et où nous soupçonnâmes une carie de la cavité cotyloïde, principalement de son côté externe, à cause d'une forte abduction du genou, dans laquelle le malade restait constamment. Ce jeune homme était au service d'un médecin qui avait reconnu la maladie, et appliqué déjà plusieurs vésicatoires autour de l'articulation, mais sans succès.

Le 1er septembre, on fit une ponction avec la pointe d'un bistouri à l'abcès dont nous venons de parler: il s'en écoula beaucoup de pus inodore et de mauvaise nature ; le 2 janvier on en fit une seconde, qui eut le même résultat. L'état cénéral du malade allait en se détériorant; il avait du dévoiement, de l'inappétence, de l'insomnie. Le 10 janvier, il y avait des douleurs violentes et un engorgement considérable de la partie antérieure de l'articulation, qui s'étendait jusqu'au ventre. Le pouls était fréquent et petit. Le 15 on lit une troisième ponction, par où il s'écoula un pus blanc et d'assez bonne qualité; ce qui soulagea un peu le malade. Le 16, il survint une escharre au sacrum, qui mit bientôt l'os à nu. Tous les, symptômes s'accrurent; le 20 février, l'engorgement du genou, dont le malade se plaignait depuis quelques jours, se termina par l'ouverture d'une fusée de suppuration. L'affaiblissement de ce jeune, homme étant au comble, il mourut le 23 février.

Ouverture du corps. — Les muscles de la fesse et de l'aine étaient disséqués par le pus la capsule orhirulaire était détruite et conservait à peine

1 Poynr, Œuw. chirurg., t. IV, p. 543î

254 DE LA COXALGIK.

quelques traces de sa structure fibufeuse-j toute lu surface de la tête et du col du fémur était dénudée, la couche cartilagineuse détruite, la cavité colyloïde i'ovt agrandie par une érosion qui eu avait emporté le fond, et surtout la partie interne de sa circonférence, sur laquelle la tête du fémur était placée. Le pus avait délruil le muscle releveurde l'anus cl. l'usé le loua dunnisele psoas jusqu'aux lombes; il sortait du bassin aveeee demie!- pour communiquer avec les foyers extérieurs; ceux-ci s'étendaienl par une l'usée jusqu'au genou.

Ons. XXXIX. — Coxarthrocace au quatrième degré, avec destruction complète de la tête et luxation du col du fémur sur le trou oval1. — Loosed enfant naturel, âgé de huit mois, en nourrice chez mie pauvre femme, pâle, maigre, ne pouvant se coucher que sur le flanc droit, les deux cuisses légèrement fléchies, et portant sur la ûgure l'empreinte d'une profonde douleur, présentait à la cuisse droite, du double plus volumineuse que la gauche, une tuméfaction inégale au loucher, bosselée, sans altération de couleur à la peau, plus pâteuse du côté interne, offrant néanmoins une certaine résistance, à peu près comme le sac d'une hernie étranglée; au côté externe, la tumeur était plus élastique. En couchant l'enfant sur le dos, on voyait que la pointe du pied de la jambe malade, plus longue à peu près de. quatorze millimètres que la jambe saine, et placée dans l'abduction et la flexion moyennes, tournait sans cesse en dehors. L'extension complète était impossible, et la moindre tentative occasionnait des douleurs intolérables; la fesse droite était augmentée de volume dans la direction du fémur; la fente qui marque la séparation de la fesse et de la cuisse, déprimée, vers le bas, était presque entièrement effacée. L'abdomen était tuméfié, tendu, indolore; les selles rares, mais naturelles : le pouls à peine sensible; soif, inappétence; là petite malade n'accusait des douleurs que lorsqu'on la remuait.

On ne pouvait méconnaître ici une luxation du fémur; on en fil la réduction avec succès; non pas qu'on eût senti la tête rentrer immédialcmenl dans la cavité, mais on vit aussitôt le fémur et le pied reprendre leur longueur et leur position normales, et l'enfant n'accusa plus aucune douleur, quel que fût le mouvement imprimé au membre. La tumeur diminua de volume, la peau se relâcha, et l'on put au travers sentir distinctement le fémur, le trochanter et même une partie du col dans leur position naturelle.

Le lendemain, il se manifesta des symptômes de péritonite; quatre jours après, la malade mourut au milieu des convulsions.

Autopsie trente-six heures après la mort. — Au côté droil de la colonne vertébrale, on trouva une excavation contenant un litre de pus, cavité qui s'étendait en bas, en devant et en dehors le long du tendon du psoas. Le pus avait disséqué les nerfs et les vaisseaux cruraux même à Iraveis l'anneau cru-

1 Gazette médicale, p. 120; 1830,

DE LA COXALGIE 235 ral, dissous lo lascia lata outre ot jusqu'à l'attache des adducteurs à la ligne ftpre du fémur.

L'excavation avait une telle étendue, que le col du fémur et la capsule y flottaient librement.

Le ligamenl capsulake avait} du côté de l'obturateur externe, une ouverture de vingt-sept millimètres, pa« laquelle la cavité purulente communiquait avec l'intérieur de l'articulation. En imprimant au fémur un léger mouvement de flexion et d'abduction, on put l'aire glisser l'extrémité du fémur hors de l'art inflation, sur le trou ovale; l' extrémité- du fémur , car la têteétail entièrement détruite, sans qu'à ta place ou remarquât même le plus léger renflement. Au contraire, à cet endroit le fémur était comme carié. La cavité cotyloïde était saine et n'offrait plus de traces du ligament rond, m ce n'est quelques fibres dégénérées en masses gélatineuses au fond de la cavité.

Ods. XL. — Coxalgie, deuxième degré ; luxation du fémur dans l'échancnire sciatique. Mort l. — Une petite fille de quatre ans, ayant fait une chute sur le genou, la jambe pliée sous la fesse et le tronc renversé, si1 plaignit de douleur si violente dans l'articulation supérieure de la cuisse, qu'elle criait continuellement. Quinze jours après, on s'aperçut que le fémur fiait luxé et logé dans l'échancrure isebiatique. À la fin du mois jo vis la malade, je lui trouvai les signes d'un dépôt sous le gland trochanter ; mais elle était si mal, que l'ouverture me parut [tins propre à avancer son dernier moment qu'à le retarder. Elle mourut trois jours après.

Je trouvai heaucoup de pus sanguinolent sous le muscle susdit, et dans la cavité cotyloïde les cartilages n'étaient point encore altérés.

< > i:s . XLI. — Coxalgie au deuxième degré ; luxation incomplète. Autopsie*.— Taylor, homme d'un Age moyen, fut reçu à l'hôpital Saint- George, dans l'automne de 1805, pour une maladie du genou gauche. Tourmenté par d'autres affections, il mourut dans le mois de. lévrier 1806.

A l'inspection du cadavre, on trouva que les parties molles voisines de l'articulation étaient légèrement enflammées, cl. que de la lymphe coagulable s'était répandue dans le tissu cellulaire qui enveloppe le ligament capsulairc.

Il n'y avait pas vestige du ligament rond : l'ulcération avait détruit 1rs cartilages presque en totalité.

La carie avait atteint les os dans leur surface dénudée; mais ils conservaient leur forme et leur grandeur naturelles. La cavité cotyloïde était presque entièrement remplie de pus et de matière eoagulahle; celle-ci était

1 Roux, Journal de médecine, chirurgie, pharmacie, t. XXXVI. p. 555, année 1771. 1 Itrodie. Maladie des articul., trnduct. franç., (i. 112.

256 m LA COXALGIE:

adhérente îi l'os carié, el était devenue très-vaBculaire, La tête du fémuravail passé derrière l'iléon. Le ligament cupsulaire et la membrane synoviale se trouvaient très-dilatés; el supérieurement, leur attache à L'os était poussé] en liant de telle sorte que, bien que la tète du fémur ne se trouvât pal profondément dans la cavité cotyloïde, elle était encore dans la cavité d^ rurliculation.

L'individu n'ayant pu attribuer cette affection à aucune cause locale, nous pouvons conclure que l'ulcération du cartilage était la maladie primitive] et que la luxation était la suite immédiate du déplacement de la tète du fémur, occasionné par la collection de pus et de lymphe coagulable dans la cavité de l'articulation ; alors la tête se trouva tirée en dehors par l'action des muscles qui viennent s'attacher au grand Irochanter.

Obs. XLÏÏ. — Luxation congénitale double incomplète sur une petite fille de deux mois et demi l. — Cette enfant abandonnée, apportée le 8 mai 1857 dans le service de M. Baron et couchée au numéro 21, présente une maigreur générale avec pâleur prononcée de la face, hépatisation du poumon droit et irritation intestinale. Elle meurt le 16 mai.

Nécropsie. — Hépatisation du poumon droit; légère rougeur de l'iléon ; état sain du foie, des reins, de la vessie; le trou de Botal et le canal artériel sont oblitérés. Le cerveau, le cervelet, la moelle de l'épine et les plexus lombaires n'offrent aucune altération appréciable. Les deux humérus et le fémur droit présentent un gonflement rachitique peu considérable à leur partie moyenne.

Les grands trochanters paraissent plus écartés l'un de l'autre, et plus rapprochés de la crête iliaque que dans l'état ordinaire. Les talons sont rapprochés, et la pointe du pied regarde en dehors. Les muscles sont généralement peu colorés comme tous les muscles du sujet, mais sans altération appréciable. L'articulation coxo-fémorale mise à découvert offre les modifications suivantes : la tète du fémur, incomplètement luxée en haut et eii debors, appuie fortement sur le bourrelet cotyloïdien, où elle s'est creusée une dépression peu profonde. Celle-ci est formée : 1° par le bourrelet fibreux aplati et élalé ; '2° par une surface cartilagineuse séparée du cotyle primitif par une arête anguleuse interrompue dans son milieu par une échancrure lisse, sur laquelle glisse le ligament rond. Cette nouvelle cavité forme nue sorte de croissant dont le diamètre a quinze millimètres, et le plus petit huit à neuf seulement. Elle est en large communication avec l'ancienne. Celle-ci est d'ailleurs bien conformée et comme dans l'état sain. Cependant à cause de l'aplatissement de son bord, elle ne peut loger complétemenl la tète du fémur. Son diamètre antéro-postérieur a seize millimètres; la même distance existe entre la crête qui sépare les deux cavités el le milieu de la

1 Arch. gin. de mèd., noùi 1842; Mém. de M. P:iri>so, p, 139.

grande éctanoraw cotyloïdienne, Sa profondeur est de sept à huit millimètres. Le tissu adipeux de son fond a'est pas hypertrophié. Elle était [emplie par la synovie qui s'est écoulée, lors de l'incision de la capsule, en plus grande abondance que dans les cas ordinaires. Son bord est garni d'un tonnelet Bbreus qui, revenu sur lui-même, recouvre en partie l'ancienne cavité, et s'oppose à ce que la tête, fémorale puisse pénétrer jusqu'au fond de celle-ci. Arrivé à la dépression de nouvelle formation, ce bourrelet s'étale pour concourir à la former.

Le col du fémur et les trochanters sont bien conformés; la tète, dont les diamètres antéro-po?téricur et vertical ont de seize à dix-sept millimètres, Mie par sa partie antérieure, est comme dans l'état sain; en arrière et en dedans elle est aplatie. Sur cette face aplatie se voit une gouttière dirigée presque directement en arrière et destinée à loger le ligament rond. Celui-ci, inséré comme dans l'état normal, très-résistant et allongé, a vingt-deux millimètres de longueur. La surface aplatie de la tète fémorale correspond exactement à la cavité nouvelle, lorsque le fémur est fléchi sur le bassin ; de telle sorte qu'il forme, avec la franche horizontale du pubis, un angle droit, en même temps qu'il est porté dans la rotation externe. Dans celte position, le ligament rond tendu en travers de l'ancien cotyle est exactement contenu entre deux gouttières, l'une creusée sur le fémur, l'autre sur la crète cartilagineuse qui sépare les deux cotyles; ce qui démontre, à n'en pas (Imiter, que la luxation s'est produite et s'est maintenue dans la position que nous venons d'indiquer.

La capsule est intacte, naturellement insérée autour du col el de l'ancien cotyle. Autour de la dépression nouvelle, elle est refoulée en môme temps que le bourrelet fibreux, lequel n'est pas entièrement confondu avec elle. Le tendon réfléchi du droit antérieur vient la renforcer. Elle est plus dilatée eu tous sens que dans l'état normal. En bas et en dedans, elle semble se confondre avec le ligament qui convertit en trou la grande échancrure. Ce ligament et quelques fibres de la capsule déjà revenues sur elles-mêmes forment une membrane étendue sur la partie inférieure du cotyle. Palella (loc. cit., p. 88) a noté une disposition pareille, dont il ne s'est pas bien rendu compte.

La réduction de cette semi-luxation est facile : il faut pour cela porter la cuisse dans la flexion, l'abduction et la rotation en dedans.

Le bassin, comparé à celui d'un enfant de même âge, n'offre pas de déformation bien évidente. Voici, au reste, ses principales dimensions : diamètre sacro-pubien, trente-sept millimètres; diamètre transversal près des symphyses sacro-iliaques, trente-sept millimètres; diamètre bisciatique, trentequatre millimètres; diamètre cocci-pubien, de vingt-cinq à trente-cinq millimètres, selon la position du coccyx; d'une épine iliaque antérieure et supérieure à l'autre, huit centimètres; du fond du cotyle à l'autre, trente-

->-s D'B LA COXALGIE.

sept millimètres:; du milieu de là dépression articulaire nouvelle à l'autre, six centimètres.

Obs. XLIII. — Ankylose complète ». — En octobre 1855, j'ai présenté une ankylose de l'articulation ilio-Iémoralc, dans laquelle il y avait une fusion complète de la tête du i'émur avec l'os des iles. Cette pièce provenait d'un sujet âgé. 11 y avait hypertrophie des cellules du tissu réticulaire des deux os.

Obs. XL1V. — Ankylose de l'articulation coxo-fémorale. Autopsie1.— Le sujet sur lequel a été trouvée cette pièce pathologique est un homme de trente-cinq à quarante ans au plus. Reçu le mois dernier dans le service de M. Rostan, pour une phthisie avancée à laquelle il succomba, on ne reconnut point la maladie de la hanche, dont le malade n'avait point parlé. Cet individu exerçait la profession de cordonnier, et d'après les renseignements, assez vagues du reste, crue nous avons pu nous procurer des parents eux-mêmes, il paraîtrait que la maladie de l'articulation datait déjà de plusieurs années, trois ou quatre, nous a-t-on dit. Ce n'est qu'à l'École pratique, où le cadavre fut envoyé, que nous découvrîmes l'ankylose de l'articulation coxo-fémorale gauche.

Examen des membres inférieurs, le malade étant étendu dans la position horizontale. — La cuisse du côté gauche est manifestement iléchie sur le bassin, et la jambe sur la cuisse; le membre est tourné dans la rotation en dehors. Si on saisit la cuisse et qu'on fixe solidement le bassin, il est impossible de lui faire exécuter des mouvements de rotation, soit en dedans, soit en dehors. Nous essayons d'étendre et de fléchir le membre, même impossibilité absolue. Pendant ces diverses manœuvres, la main droite, placée sur la crête de l'os des iles, nous indique, d'une manière précise, que les mouvements communiqués au membre sont directement transmis au bassin, qui se déplace en totalité. On cherche à faire mouvoir la cuisse sur son axe, immobilité complète, mais soulèvement du bassin si nous employons une certaine force. Le même résultat est obtenu en imprimant des mouvements d'extension ou de flexion; les deux membres abdominaux sont rapprochés et examinés comparativement. L'inspection suffit seule pour découvrir uu abaissement assez marqué de la cuisse du côté gauche.

Pour mieux juger de cette inclinaison, nous avons de suite recours au mode de mensuration conseillée par le professeur Sanson. Nous trouvons un allongement apparent du membre gauche et un raccourcissement réel du même côté.

Dissection. — La peau, au Voisinage de l'articulation, ni dans le reste de

1 Maisonneuve, Bulletin de la Société analomique de Paris. Bulletin de la Société analomique, septembre et octobre 1841

son étendue, no nous ol'lre aucune trace de cicatrices anciennes, aucune solution de continuité. Nous notons le peu d'embonpoint du sujet, et l'extrême amaigrissemenl du membre inférieirr gauche. Les muscles qui Bntourenl l'articulation coxo-fémorale par leur i'ace superficielle, ne présentent rien de remarquable; par leur face profonde, les muscles psoasihaque, obturateur interne, pectine, carré, jumeaux pelviens, petit fessier pyramidal, ont une apparence fibreuse. Us sont convertis en un tissu serré, blanc, résistant, et superposé par couches assez épaisses. Ce tissu se lbnd avec la capsule orbiculaire, qui ne saurait être isolée. La synoviale, qui sépare supérieurement le psoas de la capsule, n'existe pas. Le muscle droit antérieur de la cuisse n'a plus deux tendons distincts, ils sont confondus én un seul.

Description des os. — Le fémur est solidement uni à l'os coxal, dans son articulation; l'ankylose est complète; le condyle interne est plus élevé que l'externe, et avance beaucoup en avant et en dedans, l'extrémité supérieure du fémur est déjetée en dehors et en arrière; le grand trochanter est rapproché de la tubérosité isc hiatique ; le petit trocbanter regarde plus en avant qu'à l'état normal ; le fémur est moins développé que celui du côté Opposé; la tète fait une saillie en dedans et en avant; en dehors de l'épine iliaque antérieure et inférieure, part une jetée osseuse qui va se confondre Insensiblement à la base du col; le volume de la tête semble augmenté; du côté interne, on ne peut distinguer la tête du fémur de l'os iliaque, à cause d'une masse de tissu osseux. Une section verticale de l'os fait voir qu'il n'existe aucune séparation entre la cavité cotyloïde et la tète du fémur. La soudure est intime, la continuité entre les deux os est manifeste.

Obs. XLV. — Coxalgie au deuxième degré en voie d'ankylose, malgré la perforation de la cavité cotyloïde. Mort par suite d'épuisement 1 . — I ii soldat de l'un des régiments suisses de la garde, nommé Chisler, âgé de vingt-deux ans, fut transporté à l'hôpital de ce corps, au commencement de 1824, présentant tous les symptômes d'une t'émoro-coxalgie gauche, arrivée au troisième degré. L'aine du même coté était le siège d'un abcès volumineux s'étendant profondément dans le bassin. L'affection était en outre caractérisée par un raccourcissement du membre, qui était alors de plus de vingt-sept millimètres, par les douleurs locales, celles sympathiques du genou, la fièvre symptomatique, l'insomnie, la maigreur extrême, et l impossibilité de faire exéeuter des mouvements au membre sans occasionner de vives douleurs. De nombreuses sangsues, des vésicatoircs et plusieurs cautères avaient été appliqués dans la région fessière du coté malade pendant un séjour de près d'une année que lit ce soldat à l'hôpital de Versailles.

1 Larrey, Clinique chirurgicale, t. III, p. ~>M.

On reconnut que l'onanisme avait été, chez ce jeune homme, la principale cause prédisposante de la maladie. On lui appliqua un gilet de force pour l'empêcher de s'y livrer de nouveau. Les cautères furent supprimés et leurs plaies se cicatrisèrent. Après quelques jouis de repos, le traitement fut recommencé par l'application du cautère franscurrenl. et rougi à blanc, puis vint l'emploi des moxas, posés deux à deux sur la même région sciatique, derrière le trochanter. Malgré l'emploi de ces révulsifs, l'ahcès lit des progrès rapides et menaçait de s'ouvrir spontanément. Ce motif, joint à la persuasion que la carie était arrêtée, les douleurs et la fièvre svmptomatique n'existant plus, fit décider l'opération. Un couteau rougi à blanc fut plongé dans le kyste, d'où s'écoula environ un litre et demi de liquide séropurulent, chargé de flocons celluleux, de petits grains osseux et de parcelles cartilagineuses, détritus de la carie. Le pansement terminé, le membre fut remis dans sa rectitude normale et maintenu dans la même position pailles coussinets cylindriques de balle d'avoine, roulés dans un demi-drap et fixés par des liens. Repos absolu du malade.

Après les premiers neuf jours, son état est des plus satisfaisants, et il va ensuite de mieux en mieux. La suppuration de l'abcès diminue et prend de la consistance, les fonctions se rétablissent et le malade a repris de l'embonpoint. Parvenu au deuxième mois du traitement, le malade exécutait toute espèce de mouvement, sans éprouver la moindre douleur à la cuisse, qui: paraissait très-avancée dans l'ankylose. Toutefois, l'usage des moxas fut continué jusqu'au trente-troisième jour, et le repos fut gardé par le malade jusqu'au seizième mois. A cette époque, le raccourcissement était de trente à trente-deux millimètres, et l'extrémité parfaitement droite; il lui fut permis de se lever; il put se tenir debouL et même faire quelques pas à l'aide de béquilles. Considéré comme à peu près guéri, il revint tout à coup à la masturbation, retomba frappé de tous les signes de la môme maladie, siégeant cette fois dans les vertèbres lombaires, et caractérisée par un abcès symptomatique qui s'ouvrit dans la région lombaire droite. Les accidents de la récidive marchèrent d'autant plus vite que le malade se refusa à se laisser poser de nouveaux moxas. Peu de jours après l'apparition de cet abcès, il mourut dans un état de convulsion tétanique.

Autopsie vingt-quatre heures après la mort. — Le corps des trois premières vertèbres lombaires esL carié jusque dans le canal rachidien : de là part la fusée purulente qui a produit l'abcès énorme de la région lombaire. Les intestins sont le siège d'une pblegmasic chronique et de taches gangreneuses; les testicules, réduits par l'atrophie, sont de la grosseur de petits haricots.

La carie de l'articulation coxo-fémorale a entièrement disparu ; tous les points des pièces articulaires attaquées précédemment par cette vermoulure sont cicatrisés : la tète du fémur manque entièrement ; la portion de col à

laquelle elle était unie est lisse et arrondie; son côté interne est ankylosé ou soudé avec la paroi interne et supérieure de la cavité colyloïde, qui est clleniêine percée du côté du bassin, dans une étendue de vingt-huit à trente millimètres. Cette ouverture est en partie bouchée par le sommet de cette éminence, et toute cette région articulaire est recouverte par un tissu fibreux semblable au périoste du reste du bassin. En dehors, la cavité cotyloïde, dont le rebord est déjà très-aflàissé, est recouverte d'un tissu cellulaire dense et serré. Le fémur,, parallèle à celui du côlé opposé, paraît beaucoup plus léger et plus grêle que le droit, qui, comparé à lui, est reconnu de vingtluiit millimètres plus long.

Ous. XLVI. — Suppuration et ankylosé dans iénarthrose du fémur. filori i. — Un homme de cinquante et un ans, portant un fardeau sur l'épaule droite, tomba de sa hauteur sur le genou, du même côté, et fut en même temps renversé. Il fut à l'instant si vivement blessé dans l'articulation supérieure du fémur, qu'il ne lui fut plus possible de remuer cette partie, et qu'on fut obligé de le transporter dans son lit : il l'a gardé pendant le reste de ses jours. Au bout de l'an, il s'aperçut que cette extrémité était plus courte que l'autre, et ce raccourcissement allait à onze centimètres. Quand je vis le malade, quatre années après sa chute, je lui trouvai le fémur soudé avec l'os innommé, une fistule auprès de l'anus, qu'il portait depuis deux ans, et un dépôt au côté externe de la cuisse, qui fut ouvert avec deux coups de trocart; ces ouvertures firent par la suite deux fistules, | sans éteindre l'ancienne, et elles recevaient toutes le pus du siège primitif de la maladie.

Le malade, en s'affaiblissant peu à peu, mourut au commencement de lu ! sixième année de sa maladie, après l'ouverture fistuleuse du dernier dépôt, i L'ouverture du cadavre confirma cette description.

Obs. XLYII. — Cancer de l'articulation coxo-fémorale* . — M. .1. Burns, dans le second volume de la Dissertation sur l'inflammation, page 311, a rapporté un cas remarquable dans lequel celte articulation fut le siège de I cette affection incurable et funeste que l'on nomme fungus hxmatodes. On j crut reconnaître d'abord une coxalgie. Le membre paraissait allongé, et l'on employa des cautères sans aucun avantage réel : la partie supérieure se tuméfia, tandis que l'inférieure fut atrophiée. Le malade perdit l'appétit; il avait le pouls vil', et passait, les nuits sans dormir. La partie fut frottée avec le baume anodin, et on administrait le laudanum chaque nuit. Mais ces moyens ne produisirent que des avantages passagers. Après quelques mois, il survint une légère rétention d'urine, qui finit par devenir complète.

' Aurran, Journal de méd., p. 2j(3; MT1. * Sam. Coopcr, Dictionn. de cliirurg., t. I, p. 22'2.

Comme on prit pour la vessie distendue une tumeur large et- élastique que l'on sentait à travers le rectum, un trocart fut enfoncé dans celle tumeur: il en sortit une assez grande quantité d'un fluide sanguinolent, ensuite il s'écoula par l'urèthre une quantité considérable d'urine fétide et d'une couleur très-foncée. Le malade mourut environ une semaine après cette opération.

A l'ouverture, M. Burns trouva l'articulation de la hanche complétemenj entourée d'une matière molle, cérébriforme ; et l'on rencontra, répandues çâ et là, d'autres cavités remplies d'une eau légère et sanguinolente. La cavité de l'articulation et la tête du fémur étaient eariées; les muscles étaient entièrement décolorés, et ressemblaient presque à du foie qui a été bouilli, ayant perdu leur apparence fibreuse. On trouva dans le bassin la même espèce de substance, et la plus grande partie des os affectés étaient cariés. De grandes cellules, remplies de ce liquide sanguinolent, se présentèrent dans la substance affectée, et c'est dans l'une de ces cavités que le trocart était entré lorsqu'on avait voulu ouvrir la vessie.

Obs. XLV1II. — Coxalgie au deuxième degré; col du fémur horizontal. Mort1. — M. Boudet montre les os pelviens d'un homme de vingt-huit ans, mort avec, un calcul qui oblitérait le canal cystique. La vésicule biliaire est grosse comme un œuf de poule, transparente; elle renferme un liquide incolore et peu filant. Le foie est jaune et non ratatiné. Ce jeune homme avait un raccourcissement des deux membres inférieurs et tous les autres signes d'une luxation en haut et en dehors. 11 éprouvait de vives douleurs; des fistules existaient à droite : de la fièvre survint, et bientôt le marasme et la mort. La cavité cotyloïde droite était atrophiée, triangulaire; son bord postérieur était recouvert de cartilage. La capsule, unie à ce boni par une extrémité, était restée adhérente par l'autre au col du fémur, de sorte qué la tête de cet os en était encore enveloppée. Il existait un peu de pus dans la cavité cotyloïde. La tète du fémur était très-petite, presque dénudée de cartilage. Deux petits tubercules se trouvaient dans sou tissu. La cavité cotyloïde droite était également triangulaire, presque oblitérée. Le col du fémur était devenu horizontal, et la tète ne dépassait pas le niveau du sommet du gland trochanter. Elle était dénudée de cartilage, infiltrée de pus, et le petit fessier avec lequel elle se trouvait en rapport était également infiltré de ce liquide. La capsule était détruite. La tète du léuiul' n'offrait pas d'hypertrophie interstitielle. Ganglions et poumons tuberculeux. Le malade, qui était très-aiïaibli. a dit n'avoir pas été toujours contrôlait; cependant, d'autres renseignements tendent à faire croire que ses luxations • étaient congénitales.

1 Bulletin de la Société anatomùjue, p. Il; 1830.

Obs. XL1X. — Coxalgie ayant déterminé un abcès dans la gaine du muscle psoas-iliaque; ostéite. Mort[. — M. C... présente une pièce anatomique consistant dans un abcès de la fosse iliaque; la poche qui ionienne le pus est complète, et communique seulement avec l'articulation coxo-fémorale droite. La tète du fémur et le rebord de la cavité cotyloïde sont détruits partiellement; la fosse iliaque et son périoste sont intacts.

Ce fait met hors de doute la possibilité d'un ahcès par congestion, suivant un trajet ascendant dans l'épaisseur du muscle iliaque.

Obs. L. — Abcès de la fosse iliaque ouvert dans l'articulation coxofémorale. Mort-. — M. Deville a rapporté à la Société anatomique l'observation d'une femme chez laquelle un abcès s'était formé à la partie supérieure et postérieure de la cuisse, quelque temps après l'accouchement. Cet abcès, qui fut ouvert par M. Bérard, fournit pendant plusieurs jours beaucoup de pus. Le malade s'affaissa et ne tarda pas à"succomber.

Il existait sous le grand fessier un vaste foyer qui se prolongeait au-dessous du bord inférieur du moyen fessier, gagnait la partie postérieure du grand trochanter, contournait le fémur jusqu'au petit trochanter, et remontait en suivant le psoas jusqu'au petit bassin, dans lequel on voyait la tète du fémur à nu par suite de la destruction du fond de la cavité cotyloïde.

Obs. LI. — Fracture des cartilages diarthrodiaux \ — Une jeune femme tombe sur le grand trochanter : au même instant douleur très-vive, impossibilité de faire un pas. On ne reconnaît ni luxation ni fracture. Repos au lit : bientôt après, allongement du membre. Repos, sangsues, vésicatoires volants. Le membre se rétablit dans son état naturel; guérison apparente. Cinq ans après, nouveaux symptômes, douleurs, allongement du membre. Même traitement. Guérison, mais gêne dans les mouvements ; douleurs aux changements de température. Elle succombe dix ans après sa chute, par suite d'une fièvre grave. A l'ouverture, je trouvai dans l'articulation coxo-fémorale une quinzaine de petits corps cartilagineux libres, aplatis, lesquels étaient évidemment des fragments détachés des cartilages articulaires; car l'un et l'autre cartilage présentaient une perte de substance qui était, autant que je pus l'apprécier, en rapport avec le nombre et les dimensions des petits corps cartilagineux. Il n'y avait aucun travail réparateur : on eût dit que le brisement venait d'avoir lieu. Comment se fait-il que les corps cartilagineux n'aient pas été absorbés ?

Ons. LU. — Disparition complète de la tète et du col du fémur*. — Un

1 Bulletin de la Société anatomique, t. IX; mars 1840, * Ibid.; juin 1843.

5 Cruveilhier, Arch. gén. deméd.. t. IV, p, 10a 4 Communiquée par M. Natalis Guillol.

vieillard septuagénaire, alteint d'une pneumonie double, est apporté à l'inlirmerie pendant le mois d'août.

Cet homme, dont L'intelligence est en .grande partie eflacée, et donl les réponses sont fort obscures, présente à la ibis les symptômes d'une affection médicale et d'une lésion du ressort de la chirurgie.

Je conserve seulement ici les détails relatifs à cette seconde maladie, et je me contente de dire que l'affection de la poitrine détermine la mort du malade quelques jours environ après son entrée dans les salles.

Le décubitus de ce vieillard est dorsal. La station verticale est impossible à cause de sa grande faiblesse. Cependant, la marche a été possible avec le secours d'une béquille ; elle était fort gênante pour le malade, qui sortait peu de son lit depuis quelque temps.

Cet homme s'est servi d'une béquille depuis fort longtemps. L'usage de cet instrument date de plus de vingt aimées. Comme sa mémoire est éteinte, il n'est plus possible de saroir à quelle occasion ce vieillard a commencé à se servir de cet instrument pour se soutenir.

Le membre gauche de ce malade est llécbi sur le bassin et naturel dans l'adduction. On peut l'étendre avec facilité et le sortir de cette position subite sans déterminer de douleur. Les différents mouvements de rotation, d'adduction, d'abduction, ne sont nullement pénibles; le malade peut les exécuter seul. Lorsque ce membre est étendu, on remarque qu'il est plus court de plus de quatre centimètres que le membre droit. Ce raccourcissement dépend du fémur dont les condyles sont plus élevés à gauche qu'à droite.

La région trochantérienne n'offre aucune saillie; rien de local n'annonce une lésion, telle qu'une luxation ou qu'une ancienne fracture.

Si on suit le fémur jusqu'au trochanter, la maigreur du membre permet cet examen, on ne sent aucune déformation dans la continuité de l'os;] aucune saillie osseuse ne peut être reconnue dans le voisinage de l'articulation coxo-fémorale.

La région inguinale seule offre à considérer une tumeur saillante et visible à l'œil. Cette tumeur est sous-jacente à l'artère, elle soulève ce vaisseau dont on voit les battements; elle soulève également la veine crurale placée également sous la peau parallèlement à l'artère et en dehors de ce vaisseau.

La pression détermine fort bien les caractères de l'artère, dont les pulsations sont fort nettes.

La tumeur a sa limite inférieure à trois centimètres environ du ligament de Poupart; sur les côtes, elle dépasse l'artère qui la coupe à son milieu de trois centimètres en dedans et eu dehors. En haut, la délimitation est obscuij et impossible; on ne peut suivre nettement la tumeur au-dessus du ligament de Poupart.

Cette tumeur, du volume d'une pomme environ, est lixe, lisse et régulière; elle est fluctuante et douloureuse au toucher.

Le vieillard prétend que celte tumeur est réccnlc, qu'elle date de huit ours.

Après l'examen de cette affection, je crus devoir prendre l'avis de mon collègue, et M. Nélaton vit le malade. Nous ne pensâmes point à ouvrir la tumeur, quoiqu'elle fût fluctuante; et malgré les assertions du malade, on crut la maladie plus ancienne qu'il ne le disait. L'état fort grave delà poitrine autorisait à n'entreprendre aucune opération.

Le malade mourut.

On rencontra les particularités suivantes dans les régions supérieures du membre inférieur gauche :

l°Le membre raccourci n'a pins ni tête, ni col du fémur, il n'existe qu'uni1 surface lisse, oblique de bas en haut, qui termine le fémur à son extrémité supérieure; le biseau de cette surface est terminé par le grand trochanter; il commence au petit trochanter. Autour de ce biseau mousse naît la capsule de l'articulation coxo-fémorale.

Cette surface osseuse n'est point recouverte de cartilage, elle est lisse et usée.

L'os iliaque sur lequel appuie et frotte cette surface n'a point de cavité cotyloïde; à la place de cette cavité on remarque seulement une superficie légèrement saillante, inégale, privée, également de cartilage; et dans son centre et à sa circonférence, cette saillie, fort légère, est en rapport avec les surfaces de l'os de la cuisse.

Aucune trace de bourrelet graisseux ou de ligament inter-articulaire n'existe.

Autour de cette surface articulaire de l'os iliaque naît la capsule fibreuse; qui va s'attacher au fémur, et qui relient en contact les parties osseuses.

Cette capsule esl distendue par une certaine quantité de liquide synovial, He sorte que l'articulation n'est pas très-serrée.

Ce liquide synovial est jaunâtre, semblable à de la bile peu colorée; il esl filant et visqueux.

En examinant la capsule synoviale, on trouve dans le voisinage du petit trochanter, au-dessus de relie éminence et de l'insertion des muscles psoas et iliaque, un orifice dans lequel on peut, sans difficulté, introduire le doigt; cet orifice est le commencement d'un canal qui contourne la direction des muscles psoas et iliaque, et vient aboutir, en dedans du tendon de ce muscle, à la tumeur située dans l'aine.

Cette tumeur, eu rapport en dehors avec les muscles psoas et iliaque, avec le couturier, en dedans avec les adducteurs, en arrière avec la branche horizontale du pubis cl le muscle obturateur externe, soulève en avant Tarière et la veine, dépasse en haut le ligament de Fallope, et se prolonge le long des muscles psoas et iliaque, dans le bassin, clans une étendue de quatre à cinq centimètres.

Celle tumeur renferme de la synovie, que la pression refoule dans l'articulation coxo-féi 'aie, et qui parcourt alors le (anal que je viens d'indiquer.

Ce liquide est absolument le même que le liquide contenu dans les surfaces articulaires.

L'enveloppe de cetle tumeur est fibreuse, dense et consistante, elle se confond avec la capsule fibreuse de l'articulation, et paraît être de même nature!. Cette enveloppe adhère intimement aux muscles psoas et iliaque, ainsi qu'aux vaisseaux et aux nerfs cruraux, qui sont aplatis et divisé- audevant d'elle.

La surface intérieure de cette tumeur est inégale, coucnneu.se et jaunâtre, comme les surfaces de la membrane séreuse articulaire. On ne remarque dans les anfractuosités de celte surface aucune trace de pus ou de matière osseuse.

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