ALTÉRATIONS DANS LE VOLUME
§ Ier. — Augmentation.
Dans la première période de la maladie, le gonflement consiste en un engorgement lent et chronique du tissu cellulaire; ce n'est pas au début qu'on l'observe, mais bien à une époque plus avancée. 11 indique toujours la propagation du mal aux parties antérieures : en général, le gonflement commence par l'aine, dont le pli s'efface; il envahit ensuite le pourtour du fémur à sa partie supérieure.
Ce gonflement n'est pas ordinairement aussi considérable qu'il paraît au premier coup d'oeil, parce qu'il coïncide avec un certain degré d'amaigrissement de la partie inférieure du membre.
D'autres fois même, ainsi que l'a signalé Brodie1, « la forme de la fesse change d'une manière notable; elle dépérit, est moins bombée : elle n'a plus alors sa convexité ordinaire; elle ne présente qu'une surface aplatie; elle est flasque au toucher; sa consistance mollasse l'entraîne vers le bord inférieur, et l'aspect qu'elle présente ferait croire qu'elle est plus grande que celle du côté opposé. Dans très-peu de cas, ajoute le même auteur, à une période avancée de la maladie, la fesse est réellement plus étendue, et si on la mesure attentivement, il ne doiL pas y avilir de différence entre celle d'un côté et 'celle du coté opposé. L'altération dans sa forme peut dépendre ici de la position que le malade a l'habitude de garder étant debout; mais la cause principale doit être attribuée à l'appauvrissement des muscles fessiers par faute d'exercice. »
« Cette altération dans la forme et le volume de la fesse, ajoute M. Marchant, est un symptôme; mais, en lui-même, il
1 BrocKc, i>. 108; not.îs, )>. KM).
ne doit pas être considéré comme un signe certain de diagnostic dans la maladie de la hanchej attendu qu'il s'observe dans d'autres cas où, n'importe la cause, les muscles fessiers onl été dans un état d'inaction pendanl longtemps. Ainsi, les enfants sont sujets à un état paralytique des muscles du membre inféj rieur; et, dans cette maladie, si les muscles sont affectif jusqu'au bassin, la fesse offre la même apparence. La même remarque doit être faite lorsque le fémur est malade, et pour les cas où, quelle qu'en soit la cause, le mouvement de la hanche est, douloureux et difficile. »
Dans une seconde période, celle de la suppuration, le relief formé par le pus accumulé vient augmenter encore le gonflement : c'est tantôt une tuméfaction diffuse, d'autres fois une saillie circonscrite sur l'un des points de la circonférence du membre. À cette période, et même avant que le pus soit venu se manifester à l'extérieur, le tissu cellulaire sous-cutané s'infiltre de sérosité, devient œdémateux. Cet œdème est le plus souvent limité à la partie supérieure du fémur, rarement il se propage tout le long de la cuisse.
Enfin, dans une troisième période, si les surfaces articulaires viennent à se déplacer en dehors, aux causes précédentes s'ajoute la saillie formée par la portion supérieure de l'os situé dans la fosse iliaque externe et le refoulement des muscles fessiers dont les attaches se trouvent aussi rapprochées.
On observe encore assez fréquemment une légère tuméfaction du genou, lorsqu'il existe dans celte partie une douleur dépendant de l'articulation de la hanche.
g 11. — -Diminution de volume.
Elle, porte principalement sur la partie inférieure de la cuisse, et contribue à faire ressortir le gonflement de la partie supérieure. Ce n'est que lentement qu'elle se manifeste : elle est duc à l'atrophie des muscles, qui, condamnés à une inaction plus ou moins complète, n'ont plus dans leur nutrition l| même degré d'activité. Ils se décolorent, deviennent les uns
mous et flasques, les autres roides et contractés; en même temps le tissu cellulaire el toutes les autres portions du membre subissent la même influence; il n'est pas jusqu'aux os, surtout chez les enfants et les jeunes gens, qui ne finissent par présenter un moindre volume. Nous avons vu à l'article Anatomie pathologique comment les os étaient frappés d'un arrêt de développement, comment leur tissu se raréfiait, devenait plus [éger el plus (Viable. On a vu des cas de ce genre où le fémur, ponsidérablement atrophié, avait, sous l'influence de causes peu énergiques, subi plusieurs fractures à quelques années de distance.