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TRAITEMENT

Deux indications principales forment la base du traitement de ces affections. Elles consistent : 1° à réduire; 2° à maintenir réduit l'organe déplacé; il en est une troisième, mais qui n'est pas spéciale aux déplacements, et qui consiste à combattre les complications.

1° Réduire le déplacement. — Quand un organe déplacé n'est maintenu dans sa position vicieuse que par son propre poids, il est facile de le réduire ; mais à cette cause générale se joignent le plus ordinairement diverses conditions organiques spéciales, que nous avons étudiées plus haut sous le nom de causes incessantes. La première, je pourrais même dire la seule indication à remplir, dans le but d'obtenir la réduction, est alors d'enlever, de détruire ou de tourner cette cause. Ainsi, la turgescence inflammatoire de l'organe déplacé sera combattue par des moyens antiphlogistiques, généraux ou locaux, quelquefois des scarifications ; son engouement, par des compressions ou des massages habilement dirigés, les astringents, le froid.

Les fausses membranes, les brides ligamenteuses seront déchirées ou détruites. Ainsi, dans certaines luxations anciennes, il est important de faire exécuter dans ce but des mouvements étendus au membre, avant d'en essayer la réduction. Dans quelques hernies, une dissection délicate esl souvent nécessaire pour isoler les anses intestinales de la surface interne du sac La contraction musculaire sera combattue parles narcotiques, les saignées abondantes, des bains chauds longtemps prolongé par des forces mécaniques, ou bien parla dislraclion subite «le

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l'attention du malade^ comme Dupuytren l'a fait avee succès dans les luxations de l'épaule. Quand le déplacement s'est opéré à Bravers un orifice étroit, dont la constriclion met un obstacle à la réduction, les efforts de l'art doivent se diriger sur ce point el chercher à en obtenir la dilatation; c'est dans ce but qu'ont (;lé conseillées la dilatation, l'incision, les scarifications, etc.

11 est rare que le chirurgien puisse faire disparaître les causes incessantes d'un déplacement, au point que, livré h luimême, l'organe reprenne sa position première. Le plus souvent certaines manœuvres sont indispensables pour l'y ramener, en surmontant les résistances qui subsistent encore. Je signalerai -urfout la position convenable donnée à la partie, les tractions, les pressions, diversement, combinées; quelquefois on sollicitera avec avantage les contractions de l'organe lui-même. Ainsi, dans la hernie, les lavements irritants, purgatifs, ont souvent amené la réduction spontanée ; il en est de même des styptiques, des réfrigérants, etc.

2° Maintenir la réduction. — En général la difficulté de la contention dans les déplacements est en raison directe de l'énergie des causes prédisposantes et inverse de celles des causes efficientes. Quand les premières sont telles que le moindre effort suffit pour opérer le déplacement d'un organe, on conçoit qu'il sera difficile de s'y opposer d'une manière efficace; c'est ce que l'on remarque dans les hernies, les descentes de l'utérus, les chutes du rectum, favorisées par une dilatalion considérable des orifices herniaires, par le relâchement des liens naturels, des ligaments de ces viscères, tandis que (Lois les luxations, où les causes prédisposantes sont à peu près nulles, et où les causes efficientes ont au contraire agi énergiquement, la réduction est difficile, mais la contention n'a pour ainsi dire pas besoin du secours de l'art. L'important donc pourobtenirla contention d'un déplacement, sera de combattre les causes prédisposantes.

Les moyens dont l'art peut disposer pour obtenir ce résultat, sont : 1° le repos dans une position convenable, qui permet aux parties de reprendre leur ressort, leur ténacité; 2° les aslrin-

genls, la compression, les slypliques, qui leur rendent leur tonicité; T)° les incisions, les ponctions, les scions, les scarifications, fcrui en développant une. inflammation dans lestissus, les resserrent, les épaississent; 4° les ligatures, les tamponnements à l'aide de tissus vivants, comme on l'a fait avec succès pour la cure radicale des hernies; 5° l'incision de quelques lambeaux de légumenLs, comme dans la chute du rectum, etc.

Malheureusement ces moyens ne sont pas applicables dans tous les cas, ils sont parfois dangereux, souvent inefficaces, et l'art se trouve réduit à des moyens palliatifs, tels que les bandages, les instruments contentifs divers, les pessaires, les boltines, etc.

5° Enfin, la dernière indication à remplir consiste à combattre les complications; mais ce serait, je crois, sortir des limites de cet article, que de rechercher toutes les lésions qui peuvent compliquer les déplacements, et d'indiquer les méthodes diverses de traitement qui leur ont été opposées. Disons seulement que le déplacement n'est pas une maladie simple, qu'il est presque toujours accompagné de lésions graves sur lesquelles le chirurgien devra diriger son attention, avant et après la réduction.

On donne le nom de luxation ou dislocation au déplacement des surfiices articulaires des os.

Toutes les articulations sont exposées à cette lésion; mais n'lle-ei se rencontre plus fréquemment dans les diarthfosês. Les déplacements qui affectent les autres articulations son1 quelquefois désignés sous le nom de diaslasis ou d'écartement.

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