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CONSIDÉRATIONS GÉNÉRALES

Les luxations tirent toujours leur nom d'un des os qui composenl l'articulation. C'est généralement celui qui est le plus périphérique; mais quelquefois aussi c'est le plus mobile Dans 1rs rus douteux, un mot explicatif suffit pour dissiper toute incertitude.

Les luxations se divisent en trois grandes classes : Iraumaliques, congénitales, spontanées.

.Nous ne parlerons ici que des luxations traumatiques.

LUXATIONS TRAUMATIQUES.

Cette dénomination renferme toutes les luxations produites par une violence mécanique.

('mises. — Les causes des luxations traumatiques ou autres

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sont de deux sortes : les causes préparantes ou prédisposantes et les causes déterminantes. Les causes prédisposantes n'ont m général qu'une faible influence sur la production des luxai ions traumatiques; néanmoins il n'est pas fort rare de rencontrer des sujets chez lesquels certaines luxations peuvent se produire avec une singulière facilité et sous l'influence d'une violence insignifiante.

Les conditions organiques qui contribuent ainsi à la production des luxations traumatiques peuvent tenir à la conformation des os, ou, ce qui est le plus commun, aux organes circohvoisins.

Dans le premier cas, la cause réside dans la forme des surfaces articulaires, dans les suites d'un traumatisme antérieur ou de quelque affection organique.

Dans le second, et c'est le cas le plus fréquent et le plus important, le mal provient du relâchement ou de la destruction des organes qui unissent ou maintiennent les surfaces arlicuculaires, à savoir : les ligaments et les muscles.

Nous voyons quelquefois des articulations dont les ligaments ont été ramollis par une hydarthrose ou une autre affection organique, ou bien dont les tissus fibreux ont été, dans une luxation précédente, déchirés ou affaiblis.

Dans ces circonstances, il n'est pas rare de voir une luxation produite par une légère violence ou même dans un mouvement volontaire du sujet. Dans une séance récente de la Société de chirurgie (25 juin 1855), on a présenté un homme qui pouvait à volonté produire sur lui-même des luxations de l'humérus dans la fosse sous-épineuse et dans la fosse pré-scapulaire.

Un grand nombre d'articulations, et surtout les plus mobiles, reçoivent des muscles adjacents une partie de leurs moyens d'union. Si ces muscles se paralysent, s'affaiblissent, se déchirent, les surfaces articulaires se déplaceront sous l'influence de l'effort le plus léger. C'est à l'épaule que ce phénomène se produit le plus fréquemment.

On a cru aussi que le jeune Age favorisait la production des luxations.

Il ressortirait cependant des statisticpies de M. Malgaigne qu'on observe plus fréquemment les luxations chez les personnes qui ont dépassé quarante ans, et qu'elles sont même communes après soixante ans.

Causes déterminantes. — Les causes déterminantes des luxations traumatiques sont de deux sortes : l'action musculaire et les violences extérieures.

Dans quelques cas rares, l'action musculaire, aidée d'une causé prédisposante, suffit pour produire une luxation de l'épaule ou de la mâchoire ou des vertèbres cervicales, plus spécialement quand la force contractile des muscles est augmentée par une affection spasmodique, telle que l'épilepsie, le tétanos. Mais, dans la majorité des cas, les luxations qui se produisent sous l'influence seule de cette cause efficiente ont déjà été préparés par une cause prédisposante.

Dans d'autres cas, et c'est ce qui arrive le plus souvent, l'acl ii m musculaire augmente l'intensité de la violence extérieure, soit en agissant dans la même direction, soit en donnant au membre une position ou une rigidité qui facilite l'action du corps vulnérant.

Les violences extérieures occupent de beaucoup la première place parmi les causes déterminantes des luxations traumatiques. Leur action varie à l'infini ; elle est directe ou indirecte. Dans le premier cas, la force vulnérante agit directement, sur l'extrémité osseuse, et la chasse violemment de la place qu'elle occupe. Dans le second, au contraire, son action porte sur un point très-éloigné de la surface articulaire, et n'agit sur celte surface que par l'intermédiaire des parties solides.

Dans le premier cas, la luxation se complique ordinairement d'une contusion plus ou moins violente des parties molles; dans le second, au contraire, cette contusion peut être extrêmement légère.

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