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de tout le membre. L^intelligence est conservée. Les membres supérieurs agissent encore, mais avec une certaine génecependanU Les fonctions digestives se font bien, mais l'urine et les matières fécales s'échappent à Tinsu de la malade.
Cet état se continuait ainsi, lorsque le 6 juillet à 5 heures du soir l'enfant fut assise assez brusquement sur son lit pour dîner. On put alors constater une flexion beaucoup plus accentuée de la tête et une saillie post-cervicale bien plus forte. Immédiatement des convulsions violentes agitent les membres supérieurs, les poings fermés, la paume de la main tournée en dehors. Les mouvements respiratoires diminuent rapidement de fréquence et d^ntensité. La face est violacée, la bouche s'ouvre convulsivement et les coins de la bouche s*écartent violemment comme en cas d*asphyzio. En quelques minutes tout fut fini.
Autopsie, — Le cerveau ne présente quMne congestion intense.
La moelle épinière est aplatie et molle, pachymcningite spinale au niveau do la septième cervicale. L'arachnoïde de la moelle et la dure-mère sont couvertes d'une matière gélatiniforme rouge, crémeuse, molle, qui se retrouve sur le feuillet séreux delà duremère et le long des racines nerveuses. La môme altération existe dans le canal vertébral.
Dans le rachis. — Â l'ouverture de la région cervicale antérieure otà une assez grande profondeur, s'échappe une matière purulents épaisse, crémeuse, qui vient des vertèbres. Le pus est jaune, épais, grumeleux, non fétide. Au fond du foyer on voit que le corps des sixièuie et soptièmo cervicales manque absolument, ainsi que les disques intervertébraux correspondants. Il ne resta que les apophyses transverses, les lames et les apophyses épineuses. Le corps de la cinquième cervicale est à moitié disparu. Il en est de môme de celui de la première dorsale. De telle sorte que cette cinquième cervicale reposant sur la première dorsale et s'étant luxée un peu en arrière, il s'est formé un angle vertébral presque droit, et dans le canal rachidien une lame tranchante qui avait fortement compromis, sinon sectionne en partie la moelle épinière cervicale.
Les deuxième, troisième et quatrième dorsale sont creusées à des degrés diiïérents. Ces cavités sont remplies d'une matière casèiforme jaune, difiicilo à extraire, et au milieu de laquelle sont noyés des petits cor{).s durs qui semblent des esquilles osseuses désagrégées. Les trous do conjugaison sont remplis de cette môme matière.
Les sommets des poumonx sont remplis de noyaux tuberculeux
et de granulations. Il en est de môme du foie, de la rate et des reins.
Celte enfant était destinée à périr, mais la (in de sa vie, si subite, a été accidentelle. La personne chargée de lui donner des soins voulut rasseoir sur son lit, et après l'avoir soulevée, elle la laissa tomber un peu brusquement sur le siège. Il en résulta une secousse qui fit fléchir la tête sur le sternum, écrasa ce qui restait de colonne vertébrale et, dans cette flexion, un écrasement de la moelle cervicale constaté à l'autopsie
58. — Des Ponctions de l'intestin avec le trocart capillaire dans
la tympanite.
On ne pratique pas assez souvent les ponctions capillaires de l'intestin dans les tympanites de la septicémie, de la péritonite, des hernies étranglées et des invaginations ou obstructions stercorales. C'est un moyen bien oublié et qui peut rendre de grands services. Il peut même amener la guérison de cas eu apparence désespércs,lorsque, en dehors delà lésion qui cause la tympanite, celle-ci est par ellemême une cause de refoulement du diaphragme et d'asphyxie.
Un peu moins de laparotomies et un peu plus de ponctions capillaires de l'intestin, lorsqu'il ne s'agit que d'obstruction intestinale, serait chose tout à Tait raisonnable.
Voici un fait qui vient merveilleusement à Tappui de cette pratique :
X... garçon de 6 ans, malade depuis dix jours, avait eu au début un peu d'entérite avec diarrliée et il fut purgé avec do rbuile de ricin, puis Icsévacualions s'arrêtèrent pendant 48 heures et il se mit à vomir. M. Siredey qui le vit pensa qu'il n'y avait qu'une entérite passagère devant guérir rapidemcnt.M.Ball, qui fut appelé ensuite, porta un pronostic plus grave basé sur son diagnostic d'invagination probable. Pendant huit jours le cours des matières fut à peu près suspendu : à force de laveve.nents, le médocin de la maison, M. Legendro, obtint le rejet de
matières peu abonduntes, puis il donna une |iurgal'ioa qni fat rejelêe.el pendant ce tempj le ventre se balloonail éDormément, devenait très douloureui.et srrachaltdes cris continuels au petit malade. M. de Saint-GerniaJD, appelé deux jours de suite, codstala un étranglement interne, émilla possibilité d'une Uparolomie et d'un anus contre nature, mais il hésita à propo-er formellement l'opération. Il considérait cet enfant comme perdu et pensait non sans quelque raison que la vie sauve avec la dégoûtante infirmité d'un anus contre nature n'avait rien de bien séduisant. 11 s'abstint et fil donner des lavementE d'eau de Selti. C'rst alors que je fus appelé. — L'enfant parai:^sait beaucoup Boulfrir et criait continuellement. — Sa face était livide et terreuse, le nez froid, les ycui eicavés. Le pouls était presque insensible, peu fréquent, el le ventre très ballonné, tendu, laissait Toir à travers la peau les anses intestinales fortement distendues surtout le cAlon transver^e et n'était pas très douloureux. On n'j trouvait pas de tumeurs et le diaphragme était refoulé très haut aous les côtes parcctte lympanite. — Depuis trois jours, maigri des lavements répétés et de l'huile de ricin, il n'y avait pis eu de garde-robe.
Une sonde œsopbagienne fut introduite dans le rectum, mais elle ne put pénétrer au-deasua de l'S iliaque. Elle âlait arrétèt à ce point par un obstacle infranchissable qu'on avait cru reconnaître précédemment parla palpation du ventre.
Après quelques tentatives infructueuses, je m'arrêtai, crainU d'accident, etje proposai la ponction de l'inUHin avec tt Iroeorl capillaire. Cela fut accepld et aussitôt fait. Il s'échappa par U canule une grande quadité de gaz lélides et des matières 8te^ corales liquides, puis le ventre s'aiTaissa complètement.
Le soir il y eut une petite évacuation par l'anus; le leodemiia uneautrK dans laquelle il y eut quelques petites boules solides et un gros fragment d'intestin, sphacélé, infect. Peu à peu leconn des matières s'est rétabli, l'enfant a pu se nourrir, et quioie jour) après il était guéri.
R^flexiotis. — Dans ce fait d'invagination inlesliDale. ilf eut à un moment donné dcui choses : 1" l'obstacle au coun des matières que les piii'g3tifs,leD lavements d'eau de Scluft le cathélérisme ne pouvaieut vaincre : et 2° la tympauiu considérable due à la diUUiliou des intestins qui euro» foulant 1p diaphragme gênait les jioumons et préparait
l^aspbyxie. Cette dilatation excessive des intestins et du côlon était par elle-même un danger et par elle Tenfant allait périr. Ne pouvant enlever immédiatement Tinvagination, il fallait au moins prolonger la vie, et c'est dans ce but que Tevacuation des gaz de l'intestin par la ponction du côlon parutnécessaire — Elle ne fut faite que dans cette intention, et le résultat a conBrmé nos prévisions.
Ici, on peut faire remarquer d'abord que la ponction par trocart capillaire n'a pas eu d'inconvénients et n*a pas produit de péritonite. — C'est un premier fait qui s^explique parce qu'une piqûre fine dans un intestin musculaire dilaté est suivie d'une rétraction qui ferme l'ouverture et empêche tout épanchenient dans le péritoine. — Deuxièmement, rintestin dilaté outre mesure est comme la vessie trop distendue dans un état d'inertie paralytique. Toute contraction est impossible et nul effort ne peut plus vaincre l'obstacle au cours des matières ou dénouer l'invagination, mais dès l'instant qu une piqûre a évacué les gaz et amei^é le retrait intestinal, les contractions péristaltiques peuvent recommencer et, dans cette action musculaire, il y a une force qui peut guérir l'invagination. C'est ce qui est arrivé. Après la ponction, les mouvements péristaltiques ont fait cheminer les matières, poussé enavaut l'obstacle, et fait détacher la portion invaginéequi est sortie par l'anus.
En définitive, la ponction capillaire des intestins dans l'invagination compliquée de tympanite a pour premier e£fet d'empêcher la mort par asphyxie résultant de lagrande élévation du diaphragme et en second lieu de rendre aux intestins leur contraclilité, ce qui leur permet de chasser Tobstacle qui s'oppose au cours des matières.
MALADIES DBS BNFANTS. 24