Des accidents produits par les injections de pilo
carpine dans lecronp.
B*il est bon de rapporter les cas favorables à remploi des injections de pilocarpine dans le croup, il faut aussi parier des cas dans lesquels ces injections ont produit des accidents graves. C'est un service à rendre à la thérapeutique^ car, malgré ce qui a été dit par Guttmann, d'après un certain nombre d'observations^ des avantages de cette substance, la médication^n'a aucune valeur. J'ai pu Tessaycr sur un grand nombre d'enfants dans Tespace de quelques jours, et je n'en ai rien obtenu de bon qui vaille la peine d'être mentionné. Je n'y ai vu, comme l'ont déjà dit Weise, Neumeister, Kuster et tant d'autres, cités dans Paris médical^ n* S2 et 34, 1881, que des effets de prostration et de coUapsus, et je n'ai jamais donné 2et4centigr. par jour, comme l'a conseillé Guttmann. Sur deux enfants de mon service, traités en mon absence de l'hôpital, il s'est produit, avec la faible dose de 1 centigr., des effets sérieux d'intoxication, et je crois utile de publier les observations pour que chacun puisse juger les effets de la médication.
La nommée Condom (Louise), âgée de 6 ans, entrée le 20 août 1881, salle Sainte-Catherine, lit n° 1, pour une angine couenoeuse caractérisée par des fausses membranes occupant les piliers da voile du palais et les amygdales.
I^ 21. Papaïne. Chlorate de potasse. 10 gouttes de perchlonirft do fer.
Les jours suivants, même traitement. Légère amélioration.
Le 27. Une injection sous-cutanéc de pilocarpine en continuant le truitcmonl prccéd<3nt. Transpiration abondante. Salivation nulle.
Le 28. Mémo traitement. On fait une nouvelle injection. Salivation abondante pour la première fois, l.a transpiration est très forte; mais la malade est bientôt prise d'un frisson intense. Sa figuredevieulcyanosée. La partie bupérieute du corps est froide, la partie inférieure à partir des reins est moite. Un ou deux vomissements.
Le 29. Même traitement. On fait deux injections qui sont toutes les deux suivies de phénomènes semblables à ceux qu'on a vus après la piqûre de la veille.
Le 30. Même traitement. Deux injections. Mêmes phénomènes.
Le 31. Même traitement. Une injection. Même phénomène. L*état de la gorge semble s*être amélioré, mais Tétat général est mauvais. Pâleur de la face, abattement considérable.
l«r septembre. On supprime les injections sous-cutanées. Les vomissements, les frissons disparaissent. Mais le larynx se prend, la toux devient croupale, la voix s^affaiblit, et malgré Tasphyxie imminente, en raison de Tétat général, on n'opère pas la malade qui meurt dans la journée du 2 septembre.
La nommée Brochard (Ernestine), âgée de 2 ans el demi, entre le 26 août 1881, salle Sainte-Catherine, lit no35, pour une angine couenneuse, caractérisée par des fausses membranes occupant le voile du palais, ses piliers, et les amygdales. On prescrit des applications de papaîne, une potion au chlorate de potasse et 10 gouttes de perchlorure de fer.
Le 27. On fait une injection sous-cutanée de 1 centigr. de pilocarpine qui amène une transpiration abondante, mais pas de salivation.
Le 28. Même traitement. On fait deux injections sous-cutanées. La première ne produit rien de plus que celle do la veille. Après la seconde qui est faite le soir, la petite malade est prise d'un frisson très intense; elle est assise sur son lit, ses lèvres sont cyanosées : la partie supérieure du corps est froide, la moitié inférieure qui est dans le lit est moite. Mais pas de vomissements.
Le 29. Même traitement. On fait deux injections qui, cette fois, sont suivies des mêmes phénomènes que plus haut. Pas de vomissements.
Le 30. Même traitement. Deux injections de pilocarpine. Menus phénomènes.
Le 31. Même traitement. Une injection. Même phénomène. Les fausses membranes ont en partie disparu.
l*' septembre. On supprime les injections sous-culances el on continue la papaîne et le chlorate de potasse.
Le 2 et le 3. Même traitement. Même état.
Le 4. Les parents reprennent l'enfant, mais le 5 au soir ( n In ramène. Elle est infiltrée de la tête aux pieds. Les fausses nunjbranes ont reparu plus abondantes qucjamais cl clic nnurt d;i)s la journée du 6.