U^IIS
Mes observatioDS, fort exactes pour le temps où elles ont été publiées, faites au moyeu d'un procédé très imparfait de Dumération, m'ont paru insuffisantes aujourd'hui que la scitrnce posaèdedes moyens supérieurs à ceux que l'on possédait alors, et dont la précis'on, bien qn^elle laisse encore h désirer, est infiniment plus grande.
Parler de leucocytose dipbtûériti nie sans indiquer le nombre des globules blancs trouvés dans uii volume déterminé de fluide sanguin n'est plus possible aujourd'hui. Toutefois, je me bâte de le dire, malgré l'incertitude de mes premières évaluations, faites au moyen de l'aurien procédé, le fait de l'augmentation anormale des leucocytes du sang dans ladipbthérite, l'angiuecouenneuse et le croup est resté vrai. Les méthodes nouvelles n'ont fait que le confirmer en lui donnant une précision plus grande.
En comptant les globules par volume déterminé de sang diaprés la méthode de Cramer, publiée en 1256 et perfectionnée par Malassez en 1872, puis par Hayem en 1875, on arrive bien près de la vérité. C*estàce dernier procédé que nous avons donné la préférence, et M. le docteur Dubrisay qui, depuis plusieurs années, travaille avec moi, dans mou service, a bien voulu se charger de faire les recherches patientes et consciencieuses qu'exige un travail de cette nature. Chaque jour, depuis plusieurs mois, nous examinons le sang de plusieurs des enfants malades qui arrivent dans mes salles. Nous avons étudié ainsi la composiûon globulaire du sang dans les angines couenneuses et le croup; dans la diarrhée qui accompagne Tent^Tite simple; dans la fièvre typhoïde; dans la variole; dans la scarlatine; dans la phthisie tuberculeuse; dans la pleurésie purulente; dans le rachitisme ; dans la chlorose et dans Tanéniie ; dans Talbuminurie; dans le purpura; dans la cachexie paludéenne; dans Tétat normal chez quelques enfants bien portants n'ayant que la chorée, etc.
Les résultats de ces analyses sont fort intéressants, mais trop nombreux et trop divers pour être présentés à la fois. En ce moment, en effet, ils portent sur plus de 300 analyses faites dans toutes les maladies de Tenfance.
Aujourd'hui, il ne sera question que de la numération des globules du sang dans la diphthérite, Tangine couenneuse et le croup. Nous réservons, pour un peu plus tard, ce qui est relatif à la numération des globules rouges et blancs dans les différentes maladies de Tenfance.
Comme je Tai dit, dans nos recherches, nous nous sommes servi des compte-globules de Malassozet deHayem. Le premier n'a été employé qu'une fois. C'est le second qui nous sert acluelleuient et à l'aide duquel tous nos calculs ont été Taiti^.
Sur une lamelle de verre porte-objet se trouve une cavité, mathématiquement faite et ayant 1 centimètre de diamètre sur 1/5 de millimètre dans toute i^on étendue. Ct^tte cavité est destinée à recevoir une goutte de sang préparé pour être soumis à l'analyse, et elle doit être recouverte d'une lamelle de verre aussitôt que le sang à examiner y a été déposé.
Le sang se retire du doigt au moyen d'une piqûre de lancette et doit être recueilli dans une pipette presque capillaire graduée de façon à recueillir un volume de 2 ou 2 1/2 ou 5 millimètres cubes de sang.
Ce sang est aussitôt soufflé dans une éprouvette contenant 2 centimètres cubes de sérum artificiel mesuré à Taide d'une autre pipette graduée par centimètres cubes. On agite avec une palette de verre. C'est ce liquide que Ton met dans la cavité de la lame de verre porte-objet, et que l'on couvre avec une lamelle de verre mince. On a ainsi une couche de sang préparé ayant 1/5 de millimètre d'épaisseur.
Cette préparation est mise au foyer d'un microscope dont Toculaire renferme un carré quadrillé de 1/5 de millimètre de côté, et on lai^se reposer quelques instants les globules.
On compte alors trois fois, sur trois points différents, les globules rouges qui sont compris dans le quadrillage pour en prendre la moyenne. On en fait à peu près autant pour les globules blancSi seulement il iaut compter sur dix qua-
drillagea différents afin de prendre la moyenne de dix numérations.
Ainsi, en comptant sur la préparation, le nombre des globules compris dans ce carré de 1/5 de millimètre de côié et de 1/5 de millimètre d'épaisseur, on a, je sup* pofie, X.
Pour un cube de 1 millimètre de côté, le nombre x sera 125 fois plus considérable, soit 125 x^ mais ce n'est que 1 millimètre cube de mélange. Pour avoir le chiffre de 1 millimètre cube de sang pur, il faut multiplier le total par le titre du mélange, soit :
Des tables, semblables à celles que M. Fouassier a mises dans sa thèse inaugurale, peuvent être faites d'avance pour abréger le temps, et l'on arrive ainsi à des résultats qui, sans être encore l'exacte vérité, s'en rapprochent beaucoup.
Depuis deux mois nous avons examiné un grand nombre d'enfants atteints de diphthérite formant deux séries. La première se compose de vingt-quatre malades et la seconde est à Tétude, en voie de formation. Les vingt-quatre enfants diphthéritiques de la première série se décomposent ainsi :
Angine couennense 11 cas.
Croup 13 —
et nous donnent 93 analyses des globules rouges et blancs du sang. Nos calculs ayant été arrêtés pour cette première série, diaprés Téiude de 24 malades seulemeut, 11 angines coenneuses et 13 croups, et ces calculs ayant étécommuniqué.> à l'Académie des sciences et dans la presse, nous ne voulons pas changer les chiffres indiqués dans nos moyennes. Nous pouvons dire seulement que les nouvelles observations de la seconde série ne font que confirmer celles delà première.
Voici l'un de ces faits, relatif à une angine couenneuse grave, recueilli sur une enfant de 9 ans :
G.. ., âgée de 9 ans, entrée le 25 mai 1876, au n« 25 de la salle
Sainte-Catherine, service de M. Boucliut, et sortie, guérie le 8 juin.
Dans les analyses du sang qui ont été faites sur cette malade, on voit très bien la décroissance des globules rouges et C(iugmenta~ tion des globules blancs,
25 mai 5,835,750 rouges. 10,353 blancs.
26mai 4,831,750 12,550
27 mai 3,921,875 12.500
30 mai 3,890,500 15,687
3 juin 7,090,750 9,412
4 juin 4,549,375 6,275
Total 29,820,000 66,777
Moyenne 4,870,000 11,128
Elle sort guérie avec retour des leucocytes au chiffre normal.
Voici une autre observation relative au croup, suivi de trachéotomie :
Croup ; anesthésie. Trachéotomie, — D..., âgée de deux ans, entrée dans la salle de Sainte-Catherine le 3 juillet 1877, au n*26, service de M. Bouchut. On Tamène à l'hôpital dans la nuit du 3 ou 4 juillet. Comme elle était très gênée à respirer et en état d'atiesthésie^ on à dû l'opérer immédiatement.
Voici le compte de ses globules rouges et blancs.
4 juillet 3,612,000 rouges, 27,637 blancs.
5 juillet 4,298,375 31,375
6 juillet 2,437,125 17,587
10 juillet 2,814,000 32,662
11 juillet 2,814,000 31,700
12 juillet 2,286,375 20,000
ToUl 18,261,875 160,%1
Moyenne 3,043,645 rouges, 26,827 blancs.
Emportée le 13 non guérie et mourante.
Le sang n*a été examiné qu'une seule fois chez ceux qui sont morts le jour de leur entrée, plusieurs fois chez les autres, et autant de foiï? que l'a permis la durée du séjour à riiôpital et la prolongation de la maladie. Toute expérience
dooleuse a été cousidérôc comme non aTenae et recom-
Dcs la sorte, nous aTOus £ûl S8 analj^es gWwlaircf do saog sur notre (iremière série de malades. En voiâ le résultai:
Btlatitement aux globules blancs^ nous aTons trouTé par minimëtre cub;; de sang les chiffres soiTants, comme moyenne de dix et parfois de ringt calculs dans chaque préparation :
De 0 à 5,00 globules blancs. 1 cas.
De 5.000 à 10,000.. 11 —
De lO.aOà 20,ii00 2h —
De 2U,0ù0 à 30,0iXl 18 —
De 3r>.000 à 40/X)0 15 —
De 40,000 à 50,00i) 7 —
De 50,000 à 60.000 9 —
De 70.000 à 80,000 1 —
De 8IK000à 9),000 1 —
De 90,00fj à 100,000 et au delà. 1 —
Ce qui donne, comme moyenne g^n^rale des globules blancs tirée dans ces 93 calculs faits sur notre première «érie de 24 malades affectés de diphihérite des amygdales ou du larynx, un chiffre de 26,824 blancs, presque triple du chiffre moyen normal.
Relativement aux globules rouges^ nous avons trouvé par millimètre cube de sang, comme moyenne de trois calculs faits sur chaque préparation :
De 500,000 à 1,000,000 (un milliou)
De 1,000,000 à 2,000,000 (deux millions). . De 2,000 000 à 3,000,000 (trois millions) . . De 3,000,000 à 4,000,000 (quatre millions) . De 4,000.000 à 5,000,000 (cinq millions) . . De 5,000,000 à 6,000,000 (six millions) .... De 6,000,000 à 7.000,000 (sept millions) . . . De 7,0(X),000 à 8,000,000 (huit millions).. .
Ce qui donne, comme moyenne générale des globules rouges tirée de 03 calculs faits sur les mêmes 24 malades
affectés de dipbihérite, un chiffre de 4,303,028, qui est inférieur au chiffre moyen normal.
Maintenant, nous avons fait le calcul des globules blancs et rouges d'une autre façon, non pasd*après le nombre total de toutes les expériences, mais d'après le nombre des enfants diphthéritiques, pour avoir la moyenne des chiffres trouvés sur chacun d'eux. Ainsi, en supposant dix enfants diphthéritiques chacun d'eux représenté par la moyenne des chiffres trouvés sur toutes les expériences dont ils ont été lobjct, nous avons pris la moyenne générale de ces dix moyennes individuelles.
D'après cette manière de calculer, nous avons examiné le sang de 24 enfants atteints de diphthérite. Si l'un d'eux a été 1 objet de douze analyses, il n'est représenté que par la moyenne de ces douze analyses, etainsi des autres.
Cela fait une série de 24 moyennes diphthéritiques, disposée comme il suit :
Moyenne des globules rouges et blancs dans chaque observa^ iion d angine couenneuse ci de croup,
GLOBULES RoUGKS GLOBULES BLANCS
Obs. 1. — 4,530,S75 21.459
Obs. 2. — 4,800.375 29,806
Obs 3. — 3.859.125 72,102
Obs. 4. - 4,518,100 31,374
Obs. 5. - 4,055,207 19,009
Obs. 0. — 5 :^2,375 17,412
Obs. 7. — 5/Jl8,708 13,902
Obs. 8. — 4,251 312 40 0S7
Obs. 9. — 4,800,375 50,200
Obs. 10. — 3.713 OU) 32,570
Obs. 11. — 4.870,0(X) 11,128
Obs. 12. — 3,793,875 12.502
Obs. 13. — 4 803 125 28,237
Obs. 14. — 4.849,100 40 159 Obs. 15. — 3,32?,922 10,223
Obs. 10. — 5,427,875 43,925
Obs. 17. — 4,419,122 18,002
Obs. 18.
Obs. 19.
Obs. 20.
Obs. 21.
Obs. 22.
Obs. 23.
Obs. 24.
Et comme moyenne générale, tirée de la moyenne individuelle de cette numération des globules blancs et rouges chez 24 enfants diphtliéritiques :
Globules blancs 26,660
Globules rouges 4,461,543
U est évident que ladiphthérite caractérisée par l*ângine couenneuse et le croup produit une augmentation considé* rable du nombre des globules blancs du sang, c^est-à-dire une leVfCocythémie aigrie très caractérisée, et une notable diminution du nombre des globules rouges.
La moyenne des globules blancs est de 26,660 ; mais, comme on peut le voir, ce n'est lechif&e réeld*aucun de nos diphthéritiques. Quarante-deux fois, dans nos analyses, ce chiffre a été plus élevé, et une fois il a dépassé 100,000. Sur 93 numérations, il n*a été que onze fois dans les limites de la moyenne normale, et a varié de 5 à 10,000. Dans les 82 autres numérations, il a dépassé le chiffre moyen normal, qui est de 10,000, déjà très élevé pour Tenfant.
La moyenne des i^lobules rouges est de 4,461^543, chiffre inférieur à la moyenne physiologique.
Maintenant, si au lieu de s*eu tenir à la recherche d'une moyenne leucocy thémique propreà ladiphthérie, on examine la formation et la progression de la leucocytose, jour par jour, en la comparant à la marche des autres phénomènes de la maladie, on voit que l'augmentation du nombre des globules blancs du sang est d'autant plus considérable quela diphthérile est plus grave. Son chiffre devient la mesure de rinloxication générale et peut servir de base à un pronostic sérieux.
Nous ne ferons ici aucune hypothèse sut la cause de cette
augmentation de nombre des globules blancs dans la diphthérite, dans i'infection purulente et dans là lièvre puerpérale. Toute théorie serait inutile, et nous avons voulu seulement montrer par des ctiitires Texistence de la leucocythémie aiguë diphthéritique.
A catégard, les numérations qui précèdent et les moyennés qui en découlent ne nous paraissent pas laisser de doute sur le fait que nous désirions faire connaître comme vérification de nos recherches antérieures.
Qu'il nous suffise de rappeler que celte altération rapide du sang s'observe dans des maladies où la résorption d'un produit gangreneux et purulent entraine unesorte d*empoisonnement général, qui constitue la gravité de ces états morbides. En elTet, il y a là en même temps deTalbuminurie, de Tendocarditp végétante mitrale et tricuspide» des infarctus du poumon avec ou sans pneumonies emboliques, des abcès métastatiques pulmonaires, des infarctus disséminés en différents points du corps, surtout dans le tissu cellulaire sous-cutané des meuibres. Que ce soit une résorption leucocythémiquc altérant le sang d'une façon secondaire, ou, au contraire, qu'àlasuiiedela résorption de quelques éléments septiques, gangreneux et purulents, le sang s^altere par suite d'un trouble de 1 hématopoïï'se, ce qui est le cas probable, peu importe, puisque la démonstration est impossible. Ce qu'il faut retenir, c'est que, dans la diphthérite, il y a secondairement une nosohémie spéciale, c'est-à-dire une altération du sang caractérisée par l'augmentation considérable du nombre des globules blancs et par une faible diminution du nombre des globules rouges. C'est ce qu'il faut appeler la leucocyih^mie aiguë diphthériiiquc, complication grave qui devra désormais figurer dans la description de la diphthérite.
56. — La métallothérapie ches les enfants ; obsenration d'hémianesthésie guérie par 1 or.
Lorsque j'étais chef de clinique à rHôtel-Dieu, il se déclara dans Paris une grande épidémie de choléra dont lea
premiers cas furent apportés dans mon service. G*élait en 1849. Chez ces cholériques, pendant la période aigué du mal, il y avait de ces crampes horribles qui font hurler les malades, et, pendant la convalescence, chez des sujets assez guéris pour sortir dans le jardin, des contractures doulou^ rciAses subites des extrémités qui suspendaient tout mouvement des doigts. C*est ce qu*on a depuis appelé tétanie^ et ce qu*on observe souvent, dans d'autres circonstances, chez les enfants de cet hôpital, quelquefois chez les nourrices ou dans la convalescence de la fièvre typhoïde.
Un externe des hôpitaux, aujourd'hui le docteur Burq, vint nous offrir de guérir crampes et contractures à Taide dUarmatures métalliques de laiton ou de laiton et fer associés en couple galvanitjue. Ce ne pouvait ôtre dangereux. J*acceptai d'après l'autorisation de mon maître, M. Rostan. Chaquejour, M. Burq et moi, contre les crampes de nos cholériques, et dans: la contracturede la convalescence, nous appliquions des armaturesde cuivre, eten un quart d'heure crampes et contractures avaient disparu.
A ce moment, je fus appelé à Courbevoie, où sévissait également l'épidémie cholérique, pour un cas de choléra sec avec horribles douleurs de ventre durant depuis le matin et arrachant à la malade des cris continuels qui troublaient la maison et le voisinage. Un couvercle de casserole en cuivre calma rapidement les soufTranc^jsetles fit disparaître au bout d'une heure. D'autres exemples de douleurs névralgiques de la tète ou des membres, d'anesthésie hystérique gueiis par le cuivre, par le fer, par l'or, employés extérieurement ou intérieurement, complétèrent cet (*nseinblc d'une thérapeutique nouvelle, appelée métallothérapie^ dont plusieurs médecins purent apprécier Texaciitude.
Ces faits publiés par M. Burq fuient accueillis avec la méfiance et V^ défav» ur «jiie vous pouvez supposer. Je vous fais grâce des calouniies alors articulées contre l'inventeur. Peu diî personnes voulurent regarder ce qu'on offrait à leur étude, mais je crus devoir publier les résultats que j'avais observés, et depuis vingt ans, dans mon Traité des maindies des enfants^ articles Chorée et CoutraciurCj dans notre
Dictionnnv*e de thérapeutique avec Després, article Métallothérapie, on trouve un résumé des effets de l'application des métaux dans les névroses.
J'y mis beaucoup de discrétion et de réserve, ne voulant pas, à l'occasion d'une idée qui ne m'était pas personnelle, fournir à mes adversaires un prétexte de dénigrement. Je me contentai donc de mé servir de la métallothérapie, à l'occasion, pour rendre serviceà mes malades, sans essayer de me faire le vulgarisateur de la méthode, qui fut à peu près enterrée par l'indifférence générale et par le découragement de son inventeur.
Aujourd'hui, on peut en parler sans danger de déconsidération. Charcot par se> belles recherches vient de conflrmer les travaux de Burq. Dans un très intéressant rapport lu récemment à la Société de biologie et publié parla Gaiette m^di'cale, mon collègue Dumontpaliier, au nom d'une commission spéciale, a exposé, avec autant de précision que d'impartialité, les faits de métallothérapie dont il avait été le témoin à la Salpétrière. Ce rapport confirme toutes les affirmations fondamentales de Burq, et n'infirme rien d'essentiel. On en peui tirer cette conclusion, que la métallothérapie est réelle et que, sans se tromper, on peut lui emprunter sérieusement ses moyens d'action.
C'est un moyen de traitement dont je tenais à vous faire part, et j'espère que cette exhumation thérapeutique n'infectera personne. Le temps a sans doute détruit les miasmes de celte idée mesmérique, et, depuis quelques mois que l'enfant qui estl'objet de ce.lte conférence est en traitement, personne de vous ne s*en porte plus mal.
Cette jeune lille sensible à l'or, il faut le lui pardonner, hémiaueslhésique, en proie à des attaques épileptiformes fréquentes et à des hallucinations, a été guérie de son ânesthésie par le chlorure d'or et de ses attaques convulsives par le bromure de poiassium. C'est d'elle que je vais vous parler en vous racontant sou observation, et, comme elle est dans mon service depuis cinq mois, vous la connaissez tous.
UALADIBS DES ENFANTS. 39
Aménorrhée; — dmnuUions épilêpti formés ; •— Bimîane$thétie ; — Hallucinations; — Idioiyncrasie de Vor; ^ Traiiement par teehlorure cTor et de sodium ; ^ Guérison»
G..., âgée de treize ans, non formée, entre le 22 septembre 1877 au n« 14 de Sainte-Catherine, aenrice de M. Bouchut. Cette enfant a été prise, il y a un an, à la suite d^une course forcée, d*un tremblement de tout le côté droit du corps. Au bout d'un quart d'heure elle a perdu connaissance, a eu des conTulsions et n'est revenue à elle qu'aprôs une heure et demie.
Depuis, des attaques convulsives semblables se sont produites à diverses reprises différentes. Elles sont toujours caractérisées par un tremblement du bras et de la jambe droite, suivi de perte de connaissance et de convulsions. Dans Tintervalle de ces grands accès, il y a fréquemment des tremblements non suivis de perte de connaissance. L*enfant n'a pas de boule hystérique et n*a pas de ^crises de lire ni de larmes. Elle souffre souyent de la téU.
La sensibilité est notablement diminuée dans tout le côté droit du corps, sur le tronc et sur les membres.
En beaucoup de points, elle est même complètement abolie, et, dès qu*on dépasse la ligne médiane, la sensibilité reparaît. 11 n*y a qu*analgésie, carTenfant sent qu*on la touche et elle distingae la tête et la pointe de Tépingle.
Indépendamment des crises décrites plus haut, Tenfant prétend perdre souvent connaissance pendant quelques instants. Elle est aussi sujette à des hallucinations. Elle croit entendre des bruits, elle voit des lumières de diverses couleurs, et a de la diplopie passagère; souvent la nuit elle croit apercevoir au pied de son litron père qui disparaît brusquement. Les renseignements qu^elle donne sous ce rapport sont très précis, et d'ailleurs il est facile de constater Thémianesthésie et les attaques convulsives qui reviennent souvent plusieurs fois par jour.
Bon appétit; digestions régulières; pas de fièvre. 11 u*j a que des douleurs hypogastriques, surtout à la région ovarienne.
On applique successivement différents m/^tanx sur le bras ânes* thésié de la malade. Le cuivre et le fer ne produisent aucun effet; un louis d'or ramène momentanément la sensibilité, mais dans une zone extrêmement restreinte.
Traitement, — Pilules de chlorure d'or et de sodium de 1 centigramme, une par jour. — Contre les attaques convulsives, bro^ mure de potaisium^ 3 grammes.
Au bout de quelques jours, la sensibilité est revenue à Tétai normal dans tout le côté droit. Il n'j a plus d*haUucinations ni de troubles visuels. Il ne reste que des douleurs de tête et des crises convulsives.
Le chlorure d*or et de sodium est cessé au bout d'un mois, mais Ton continue le bromure de potassium.
Au mois de février 1878, les attaques convulsives cessent, et on garde Tenfant dans lasalle jusqu'à la un du mois pour voir si se maintient la guérison.
Exéat le 24 mars.
Chez cette enfant, il faut placer eu preoiière ligne Tamènorrbée qui est le point de départ des accidents névropathiques. Elle a des traces de puberté à la poitrine et au pubis, mais le travail intérieur ne correspond pas au développdment externe. Elle aune vive douleur à la région ovarienne gauche et dans le bas-ventre, mais il n*y a jamais eu de règles. C'est ce travail de puberté commençant et inachevé qui produit d'une façon réflexe les troubles fonctionnels du système nerveux que Ton observe.
Gela étant dit, nous voyons que depuis un an elle a des tremblements dans le côté droit du corps avec perte de connaissance, et que depuis quelque temps elle a des crises convulsives épileptiformes sans larmes ni sanglots et sans boule hystérique.
Tout le côté droit du corps était insensible. La piqûre de Tèpingle non sentie sur les membres droits, sur le coté droit de la face et du tronc, redevenait douloureuse dès qu'on passait sur la ligne médiane. Mais, si l'enfant ne sentait pas la douleur, elle appréciait le contact et discernait la pointe et la tète de Tépingle. Elle avait de fréquents maux de tête et vovait bien clair.
A rophthalmoscope, les deux nerfs optiques étaient normaux, un peu voilés en dehors par Thypérémie et les reines rétiniennes un peu gorgés de sang.
La nuit Tenfant voyait quelquefois double. Souvent son père lui paraissait au pied de sou lit, debout, immobile, et disparaissait sans qu'elle le vit marcher. Une fois, cependant, elle crut voir son père la suivre au cabinet en lui disant : Où vas'iu ? Jamais elle n'a eu d*autres hallucinations.
11 est évident qu'il n'y avait pas là de lésion organique des pédoncules ou de la capsule interne produisant Thémianesthësie. L'ophthalmoscope, ne montrant rien d'oFjjanique au fond de Toeil, eu était la preuve.
C'était une névrose, névrose congestive de reucéphale, coïncidant avec Taménorrhée et donnant lieu à des hallucinations, de la diplopie, des attaques épileptiformes et de Thémianesthésie.
Dans ces conditions, j*ai recherché quelle était Vidiosyn^ crasie métallique de la malade.
Des applications de laiton sur les parties insensibles ne changèrent rien à ranesthésie.
Le lendemain, je remplaçai le laiton par des plaques de fer doux, et rhémianesthésie resta la même.
Alors, le jour d'après, j'appliquai quelques pièces d'or maintenues avec du sparadrap. Au bout d'une heure la sensibilité était revenue sous les pièces de monnaie et un peu dans le voisinage. C'est'ce que Burq appelle être sensible à l'or.
Je prescrivis en conséquence des pilules de chloftiredor et de sodium à un centigramme, et l'enfant en prit une par jour.
J'ordonnai en même temps du bromure de potassium, trois grammes par jour. Au bout de deux semaines, rhémianesthésie et les hallucinations avaient disparu, et en deux mois je vins à bout des attaques épileptiformes. Il ya maintenant six semaines que renfaijt est guérie. Elle va bientôt sortir de l'hôpital, et, sijel'ai gardée aussi longtemps après sa guérison, c'est pour vous permettre de l'observer bien complètement.
D'après ce que je viens de vous dire, vous voyez qu'il y a, comme Ta dit Burcq, une mètaliothérapie externe cl une mètaliothérapie interne.
Par la mètaliothérapie externe on recherche VùUosyncrasie mëiallique des malades, et, selon qu'il sont sensibles à l'or, au cuivre, au fer où à l'argent, il est possible de les soulager par l'emploi de ces métaux à l'intérieur. C'est ce
que vous avez vu pour l'or chez la malade dout je vous parle.
En esl-il toujours ainsi ? Je n'oserai vous rafflrmer. Cela m*a réussi quelquefois, voilà ce que je puis vous dire, et je laisse à l'expérience ultérieure et à d'autres observateurs le soin de juger la question en dernier resort.
Par la métallothérapie externe, on peut encore apaiser certains troubles fonctionnels du système nerveux, tels que névralgies, spasmes, crampes et convulsions.
Sans entrer dans tous les détails de cet énoncé, je vous répéterai seulement que les crampes aiguës du choléra disparaissent sous rinfluence des plaques de laiton et que les crampes de la grossesse cessent par leferdoux.Celacouflrme ce dicton populaire que ceux qui ont des crampes la nuit font bien de coucher avec une paire de pincettes sous les pieds. Cela réussit en effet à beaucoup de personnes.
Les contractures dites essentielles delà convalescence du choléra, de la fièvre typhoïde, les contractures des enfants, guérissent également sous Tinfluence des plaques de laiton laissées en place pendant vingt-quatre heures.
A ce sujet, je vous raconterai en peu de mots l'histoire du fils d'un magistrat de Paris, âgé de 11 ans, qui avait des contractures essentielles de seconde dentition. Ses dents permanentes très larges avaient de la peine à trouver leur place. C'étaient des dents d'homme dans une mâchoire d'enfant.
Pris de contracture des extrémités à la campagne, le mal avait duré un mois et avait cessé. Repris à Paris trois mois après, comme rien ne le guérissait, on me l'amena dans mon cabinet. J'annonçai que j'allais le guérir, et, prenant une chaîne de laiton dans mon bureau, je la roulai autour du poignet contracture. Au bout d'un quart d'heure la contracture des doigts avait cessé. Je fis de même à l'autre bras avec la môme réussite.
La maman stupéfaite me dit : Mais cest un miracle, — Non madame; il n'y a là qu'un fait d'électricité galvanique, chose toute physique, mais il n'y a rien de surnaturel. J'ajoutai, ce qui se vérifia : La contracture pourra se repro-
duire parce que l'applicaliou n'a pas été assez prolongée, et il faudra réapliquer d'une façoo permanente des plaques de laiton. Achetiez chez le quincaillier du cuivra laminé en feuilles minces comme du ftapier, coupez*le8 avec des ciseaux et faites-en des bracelets, des brassards et des jambières que vous maintieudr z en place avec des bandes. Ce que j'avais prévu se réalisa. La contracture revint, la mère employa les plaques de laiton, et la contracture ce8>a de nouveau.
Un mois après, elle revint. On réappliqua du cuivre sans succès. — Lies antispasmodi<|ues ordinaires neréussirentpas mieux Alors surviut subitemeutde l'amaurose, sans lésion du fond de l'œil visible à rophthalmoscope. J'étais assez préoccupé. L'amaurose, qui durait depuis deux jours, cessa tout à coup par le moyen le plus singulier. L'enfant qui avait sur son lit un gros chat de gouttières tigré de noir, caressait l'animal, lorsqu'eu le carressant et en le portant sur sa figure et sur ses yeux Taction électrique de la peau fit disparaître l'amaurose.
Cette amaurose revint plusieurs fois en quatre jours, disparut par le même moyen et cessa tout à fait; mais la contracture revenait à chaque instant, durait un ou deux jours et s'en allait spontanément.
C'est alors que la famille de Tenfant, très pieuse, songea à faire une neuvaiiie au tombeau du P. Olivain. Cela fui aussitôt réalisé, et un dimanche (clôture de la neuvaine), quand j'arrivai, voyant tout le monde en fête et les grands parents réunis, on me raconta que l'enfant contracture, en ce moment ne pouvant ni marcher ni se servir de ses mains raidies, s'était fait porter au devant du tombeau et que là il avait subitement guéri. — Et cette fois la f^uérison fut définitive. Le fait fit beaucoup de bruit dans les journaux religieux, et je ne l'ai pas oublié.
Huit mois plus tard, Tenfantfut pris de douleurs de tête qu'il garda six mois, qui empêchèrent tout travail et qui cessèrent lorsque, vers treize ans et demi, les dents purent trouver leur place à Taise dans la mâchoire agrandie et mieux développée.
Ici tout a concouru à laguérison :raction électrique des plaques de laiton, l'action analogue exercée par une peau de chat, et, rinfluence morale do la loi religieuse.
Voilà pour l'action des métaux dans les contractures ; mais il y a d*autres applications dans les maladies coQvulsives. Je veux parler de la chorée.
Vous avez, aux n"« 30 et 50 deux enfants atteints de chorée violente, et dont, sous Tinfluence des applications de cuivre, Tétat s'est 1res amélioré Les mouvements ont entièrement cessé chez la première en huit jours, et chez Tautre ils ont disparu en trois semaines. — Ces faits ne sont pas les seuls que j'ai observés et, depuis vingt ans, tous ceux qui suivent ma clinique en ont vu de pareils. Au reste, c'est un sujet spécial sur lequel je reviendrai.
Les vomissements sont quelquefois calmés par des applications extérieures de cuivre autour du corps, ce qui m'a donné Toccasion d'administrer avec succès le cuivre métallique en poudre à l'intérieur.
Ainsi, j'ai donné la poudre de cuivre contre des vomissements symptomatiques de péritonite tuberculeuse que rien n'avait pu arrêter. Ces vomissements se sont calmés, et la maladie a continué sa marche naturelle, entraînant la mort un peu plus tard.
Le cuivre ici n'a eu aucune action toxique, et c'est un fait important à signaler, dans unmomentoù l'on a exagéré les propriétés délétères de ce métal et de ses composés.
Je pourrais vous en dire davantage sur ce sujet, qui ne m'a j'amais occupé d'une façon bien spéciale et que je n'ai étudié qu'avec une réserve dont je vous ai dit les motifs. J'ai voulu savoir ce qu'il y avait de réel dans les prétentions thérapeutiques de la métallothérapie,et j'ai constaté la vérité de quelques-unes des affirmations de M. Burq. Jusqu'où faut-il aller dans cette voie? Dans quelles limites peut-on se mouvoir sans être trompé par les malades et sans se tromper soi-même? Je ne saurais le dire. Ce qui semble ressortir des faits que j'ai observés et que je vous ai fait apprécier, ainsi que du rapport de la Société de biologie, c'est que, dans les différents troubles du système nerveux, l'emploi
extérieur et intérieur des métaux .peut avoir des avantages, et que ces avantages sont dus à une action galvanique encore mal déf]!)ie.
Ilest évident qu'un physicien rougirait de comparer Taotion d'une plaque de laiton sur la peau à un élément voltaîque; mais il u est pas déraisonnable de voir dans cette application une occasion de développement d'électricité par action chimique d'oxydation.
En résumé, la petite fille dont je viens de parler avait une hémianesthésie avec hallucinations et crises épilepliformes.
Les parties anesthésiées de la peau étaient sensibles à lor et récupéraient le sens de la douleur par ce méUil.
Traitée par le chlorure d*or à Tintérieur, elle a guéri de son hémi-anesthésie et de ses hallucinations.
Le bromure de potassium a fait le reste eu guérissant les crises épileptiformes.
57. — De la numération des globales dn lait pour l'analyse du lait de femme dans ses rapports avec le choix des nourrices et la direction de l'allaitement.
L'allaitement naturel ne peut être bien dirigé par le médecin, que par une saine appréciation des qualités physiques de la nourrice, de la bonne composition du lait et de la quantité de lait à donner aux enfants dans les vingtquatre heures.
Tous ces éléments se résument dans la détermination de la qualité du lait; — de sa quaniitif ; — du nombre des tétées de Venfant et de V accroissement quotidien progressif dans le poids du corps.
Pour apprécier la qualité du lait j'ai donc imaginé un nouveau procédé d'analyse du lait, facile à exécuter par tous aCS médecins, possible à faire tous les jours et plusieurs fois par jour, pour arriver par de nombreux calculs à établir une moyenne satisfaisante. Pour ce procédé il faut une seule goutte de lait prise après quelques mintUes de suc-