Pour commencer cette clinique, je me propose
D volts parler d'un sujet bien banal, peut-être, mais sur
Ijequulon fait tant d'hypothèses qu'il est utile devousmon-
Ibrcr qu'on y peut apporter des connaissances précises, di-
gnes de la science. Ce sujet : c*est V accroissement des nou^ veav^nés mesuré par la balance.
La direction de Tallaitement dépend toute entière de l'emploi de la balance, pour apprécier Taugmentation de poids des enfants. Je vais donc parler :
1° Du poids des enfants à la naissance;
2^ De la perte de poids dans] les jours qui suivent la naù' sance ;
3^ De faction cT accroissement de poids des enfants à la mamelle;
4^ De la quantité de lait que doit prendre un enfant à char que t(ftée ;
5** Du changement de nourrice»
V Poids des nouveau-nés, — Au raoment de la naissance le poids des enfants varie entre 3 ou 4 kilogrammes. Audessus et au-dessous, ce sont des cas exceptionnels.
Les garçons pèsent un peu plus que les filles, et la difiérence est comme moyenne d'environ 30 grammes.
Les enfants de multipares sont aussi un peu plus lourds que ceux des primipares, et la différence est en moyenne de 200 grammes.
Do même aussi, pour les enfants des femmes d'un certain âge relativement aux enfants de femmes très jeunes. Les premiers pèsent environ 200 grammes de plus que les autres.
Une autre cause enfin peut diminuer le poids des nouveau-nés, c'est Tétat de souffrance, do débilité, do vomissemonts prolongés, d'inanition ou de maladie de la mère pendant la grossesse. Ces enfants-là ont un poids qui est toujours au-dessous de la moyenne.
2<* Perte de poids après la naissance et poids des nouveaih nés. Pendant les trois premiers jours qui suivent la naissance, ainsi quel'ont démontré ChaussieretensuiteQuetelet, les enfants perdent de Jour poids. Cela peut aller à 200 et 250 grammes. Puis, à moins de maladie, les enfants reprennent, regagnent ce qu'ils ont perdu, et ils pèsent chaque jour davantage. Les enfants perdent 30 à 200 grammes, le premier jouTi 60 à 100 grammes le second, 30 le troisième,
et à partir du quatrième le poids augmente, et au huitièmeil atteint celui du jour de la naissance.
Les causes de cette déperdition sont importantes à connaître. Ce sont ; 1<» V évacuation du méconium^ évaluée à 60 ou 100 grammes ; Vévactuition des urines 30 à 60 grammes ; la transpiration pulmonaire et cutanée qu'on estime à 50 ou 60 grammes; enfin certaines causes pathologiques, comme la faiblesse de naissance et Tictère.
3<* De V accroissement du poids chez les enfants à la mamelle. — Après la chute du cordon, et dèsqueTenfanta commencé à prendre du poids, il doit continuer d'acquérir d'une façon régulière un certain nombre de grammes par jour. S'il dépasse un certain chiffre, c'est très bien, mais s'il ne Talteint pas, c'est qu'il est malade ou que la nourrice est mauvaise. Dans ce dernier cas, les résultats fournis par la balance indiquent la nécessité d'un changement de nourrice.
Vous pouvez vous servir de tout espèce d'instruments et de balances pour peser les enfants, mais il faut pouvoir apprécier le poids à 5 ou 10 grammes de dilférence.
Pour cela vous pouvez vous servir d'une balance de boulanger avec un des plateaux, soutenant une corbeille dans laiiuelle on place les enfants. Les poids sont dans le plateau opposé, mais cet appareil est encombrant et assez cher.
Vous pouvez vous servir de la bascule Mathieu, mais elle est très difficile à manœuvrer, et beaucoup de médecins ont été obligés de renoncera son emploi.
On se sert aussi d'un berceau pèse-bébés du D*' Groussin, et au-dessous duquel il y a un appareil enregistrant des variations de poids.
Je préfère de beaucoup l'appareil que vous voyez fonctionner dans mes salles. C'est une romaine à cadran^ construite à bon marché, sur mes indicaiions, par Galante, rue de l'Ecole-de- Médecine, n® 2. On la suspend à la muraille etelle ne gônepointdans l'appartement. Quand on veut s'en servir, ou passe une sangle ou un foulard sous les bras de l'enfant et on le suspend au crochet de l'appareil. Aussitôt l'aiguille montre par kilos, par hectos et par dècagrammes ce ({uepèse l'enfant. On pèse les vêtements à part, et ce poids
déduit du premier donne le chiffre du poids. Si on prélôrc, on peut peser l'enfaut tout nu, mais il VAUt mieux employer l'autre procède.
Avec ce pèse-bèlès, ou peut aussi se reudre compte dota quantité de lait que prend un enfant misauGeiu. On le pèse avant et après, et la diffcrcoco de 40, 80 ou 100 grammes indique ^<i quantité de /ait absorbé.
Il n'y a plus à faire l'éloge de la méthode dea pesées de l'enfance proposée par N. Guillot.
C'est le seul moyen sérieux de savoir si les nourrices oW une quantité sulQsautedelait,et, d'après le résultat obtenu, de dire s'il faut conserver ou remplacer une nourrice. C'cii de plus le moyen de savoir ei les enfants se développeni
bien normalement, s'ils sont malades, quel est le degré de leur maladie et, là encore, s'il faut s'en prendre à la nourrice ou à l'enfant relativement à la cause du dépérissement. En somme, la balance est le guide du médecin et des mères pour la direction de Tallailcment.
Seulement, pour bien diriger cette éducation physique, le médecin doit connaître les quantités moyennes normales de lait que les enfants doivent prendre, selon leur âge et le poids moyen normal qu'ils doivent acquérir aux différentes époques de Tallaitement.
A partir du septième ou huitième jour, les enfants augmentent chaque jour d'un poids qui varie entre 15 et 50 grammes. Un malaise, une colique, un peu de diarrhée, font varier ces chiffres. Mais si l'enfant reste bien portant et qu'on le pèse tous les dix jours pour prendre la moyenne, on voit qu'il augmente de 25 à 30 grammes, soit 250 grammes ou 300 grammes.
Pendant cinq mois, l'enfant acquiert ainsi 250 grammes par décade et autour de ce chifTre, un peu plus ou un peu moins, il y a lieu d'être satisfait.
Pendant les sept mois suivants, il n'augmente plus que de 10 à 15 grammes par jour, soit 100 ou 150 grammes par décade.
De la sorte, les enfants pèsent, à cinq mois, le double de leur poids de naissance et, à seize mois, ils pèsent le double qu'à cinq mois.
Le tableau suivant do Bonchaud donne bien l'idée de ces résultats
Naissance 3^.^50 gr. Accroissement 1" mois 4 000 — 750 gr.
Oo
lu* — 8
Gomine' on le voit aussi dans co tableau, le développement se fait en suivant une progression arithmétique donl la raison est de 50 grammes par mois.
4* De la quantité de lait absorbée par tétée*
Le premier jour, à chaque tétée, les enfants prennent environ 3 grammes de colostrum. Au deuxième jour 15 grammes par repas qui, multipliés par 8 donnent 120 grammes. Au troisième jour 40 grammes par repas, au quatrième 55 grammes, et à un mois 70 grammes.
A deux mois les enfants prennent eu moyenne 100 grammes, à trois mois 120 grammes, et à quatre mois 120 grammes.
Ces chiffres ne sont que des moyennes et il ne faut pas Poublier, car ils varient énormément à chaque tétée^et, pour savoir quelque chose de précis sur la quantité de lait que donne une uouiTice, il faut prendre la peine de peser chaque fois avant et après sa mise au sein, pour inscrire les chif&es obtenus, afin de faire le total au bout de vingtquatre heures.
Du reste, pour les quantités de lait que prend un enfant, comme pour l'accroissement de son poids, il faut un livret d'inscription permanent, que Ton puisse consulter à volonté. M. Galante en a fait imprimer un qui est très commode et se donne avec le pèse-bébés.
5*» Changement de nourrice. — D'après ces données, le changement de nourrice est une chose très simple et se réduit à deux choses. L'enfant ne vient pas bien, dépérit, perd de son poids ? Gela dépend de lui ou de la nourrice. Si cela dépend de lui, de ses dents, d'une dyspepsie acide ou flatulente, d'une entérite aiguë ou de toute autre affection, c'est lui qu'il faut soigner. Dès qu'il est guéri, son poids augmente de nouveau.
Si cela dépend de la nourrice qui n'a pas assez de lait,
une rois que le fait est constaté par remploi du pèse-bébés^ on prend toutes les dispositions en conséquence et on procède à son remplacement immédiat.
Traitement de la pleurésie par le jaborandi.
BO. — Nous avons déjà publié plusieurs cas de pleurésie aiguë traités par Tinfusion de jaborandi ou par le nitrate de pilocarpine. En voici un nouvel exemple. Il vient s'ajouter à ceux que différents auteurs ont déjà fUit connaître.
Pleurésie aigué; épanchement; guéHson rapide; jaborandi.
La nommée Louis (Erncstinc), âgée de 7 ans, entre le 5 février 1880, salle Sainte-Catherine, n^ 11.
Celte enfant, de bonne santé habituelle, est un peu pâle; elle a perdu sa mère, il y a quelques années, d'une affection de poitrine, son père jouit d*uno bonne santé.
Depuis le 3 février, elle a été prise de frissons, de fièvre, caractérisés par de la céphalalgie, des vomissements et une insomnie opiniâtre.
A la visite du soir, nous trouvons cette enfant, entrée depuis le matin, dans Tétat suivant : elle est assise sur son lit, très oppressée et se plaint d*un violent point de côté dans le côté gauche de la poitrine. La température marque 38,2, le pouls est à 95.
Le lendemain à la visite Télat général est resté le même; le point de côté persiste, la nuit a été pénible à cause de la dyspnée.
L'examen de la poitrine fait avec soin par M. Bouchut permet de constater les phénomènes suivants.
Inspection. — Légère voussure du côté gauche de la poitrine.
Percussion. — Matitc très étendue eu arrière, dans toute Tétendue du thorax à gauche. En avant la percussion, sur la région sous-claviculaire gauche, permet de découvrir un skodisme très marqué.
Palpation. — Elle no donne rien, sinon quand on force Tenfant à parler, une légère diminution des vibrations Ihoraciques à gauche.
Dans la région précordiale, le palper permet de constater que le cœur est refoulé à droite et bat en dedans du mamelon, la pointe à 1 centimètre du sternum.
L*auscultatioD démontre, à gauche, les signes dMn épanchement moyen. Diminution notable du bruit vésiculaire, léger souffle au niveau de l'origine des bronches, pectoriloquie aphone.
Dans le côté droit, légère exagération de murmure; mais pas de bruits morbides.
Ces phénomènes permettent à M. Bouchut de diagnostiquer : épanchement pleurétique du côté gauche.
Traitement, — Deux ventouses scarifiées.
Jaborandi : 3 grammes.
A la visite du soir nous trouvons une grande amélioration, rétat général est bon, la dyspnée a beaucoup diminué, la malade n*a plus de point de côté; elle a sué et craché un peu; Tépanchement n'a pas subi de modifications bien appréciables. Température 380.
Le 7 au matin. La nuit a été bonne, la malade peut se coucher des deux côtés indifféremment. L'épanchement persiste mais n*a plus augmenté.
Jaborandi : 3 grammes.
Sudation, salivation, un peu plus abondante le soir ; à la visite, on entend un peu le murmure vésiculaire, dans la fosse supérieure, le cœur est un peu moins dense.
Le jeudi 8. A la visite, on constate que le murmure vésiculaire apparaît dans la moitié supérieure de la cavité gauche du thorax.
Jaborandi : 3 grammes.
Le murmure vésiculaire s'entend partout, sauf à la base et ea arrière au niveau du cul-de-sac diaphragmatique. Le cœur est revenu à sa place normale. Etat général très bon. Température normale.
Jaborandi : 3 grammes.
Le 10. M. Bouchut nous fait constater que tous les phénomènes morbides et les bruits morbides ont disparu.
La guérison est complète le 11.
Toutefois on continue d'observer la malade jusqu'au 20 en loi donnant chaque jour 3 grammes de jaborandi.
Le liquide ne s'est pas reproduit et la guérison, constatée leli, peut être considérée comme complète et confirmée.
Chez les enfants, l'action du jaborandi n'est pas tout à fait la même que chez l'adulte. La sudation est faible, en général très peu abondante et l'action qui se porte surtout sur les glandes salivaires se caractérise par une abondante salivation.
54. - Delà dissolution des fausses membranes de Tangine couenneuse par les applications locales de papaine
Ceux qui, depuis 1877, ont suivi mes cours de clinique, et ont lu mes publications du Parwméc^ecrt/, ont pu voir quelle était Taction dissolvante et peptonisante de la papaïne, extraite du Carica papaya^ sur la fibrine humide à Tétuve, sur les helminthes ténias, ascarides et trichines, sur les fausses membranes du croup extraites par la trachéotomie. Ces expériences ont été Tobjet d'une communication à V Académie faite au nom de M. Wurlz et au mien au mois d'août 1879, et, pour bien préciser le fait, voici le passage relatif à la dissolution des fausses membranes du croup et de la diphthêrile.
<c Une autre application, dans mon service, a été la digestion rapide des fausses membranes du croup extraites par la trachéotomie et des helminthes, tels que ténias et lombrics rendus parles malades.
« Une fausse membrane de la trachée, épaisse, résistante, élastique, mise da'* un tube à expérience, avec une solution de papaya a tiers, se dissout à froid en quelques heures, et en quelques minutes si Ton chauffe légèrement le tube sur la lampe à alcool. En 1877, 1878 et 1«79, l'expérience a été faite à ma clinique devant de nombreux assistants. »
Depuis lors, ces études ont été poursuivies sur un grand nombre de malades. Elles ont démontré qu*on pouvait espérer obtenir par les applications de papaïne la dissolution et la digestion surplace des fausses membranes de la diphthérite.
Ce n'est sans doute pas la mémo chose do badigeonner avec la papaïne celte pellicule de fibrine adhérente sui les amygdales que de la faire tremper dans une solution mise à Tétuve et dans un verre. Mais la papaïne a des propriétés particulières communiquées par M.Wurtz àrAcadémiedans la séance du 20 novembre 1880. Il lui a suffi de toucher et
MALADIK. DES ENFANTS. 22
dimprégner un instant la fibrine humide pour que celleci, lavée ensuite à grande eau pendant plusieurs heures, conserve la faculté de se dissoudre et de se transformer en peptone. C'est sur celte propriété fort extraordinaire que se base Tapplication de la papaïne au traitement de Fan* gine couenneuse et de la diphthérite cutanée. L'expérience semble défectueuse et elle Test en réalité puisque sur les malades on n'imprègne la pellicule membraneuse que par le côté extérieur et non parla face interne ; mais même dans ces conditions défavorables elle réussit.
L'application doit être renouvelée à plusieurs reprises toutes les deux heures environ et on voii les fausses membranes s'amincir lentement, se désagréger et disparaître définitivement au bout de trois, quatre, et cinq jours.
Les fausses membranes ne fondent pas comme lorsqu'on les met baigner dans un verre à Téluve : mais elles sont manifestement attaquées et se dissolvent graduellement.
Cela ma para suffisant pour encourager de nouvelles tentatives, et comme les cas sont toujours très nombreux, j'ai pu soumettre indistinctement et sans choix tous ceui qui se sont présentés à moi dans ma pratique et à Thôpital. Depuis le commencement de mes études, j'ai traité ainsi 32 cas, enfants ou adultes, et n'ai eu que 4 morts. Un de ces malades avait en même temps une diphthérite cutanée très épaisse du conduit auditif externe et un autre une conjoactiviie pseudo-membraneuse.
Il me semble que théoriquement et pratiquement ces faits sont dignes d'attirer l'attention des médecins qui ont suivi mes expériences cl qui connaissent mes communications précédonies sur la papaïne.
Voici la formule à employer :
Papaïne brute ... 2 grammes.
Eau distillée .... 10 — Salicylate de soude . . 5 centigrammes. Le salicylale n'est dans ce liquide que pour empêcher la fermentation.
Avec ce liquide, sur un pinceau doux, toucher les amygdales plusieurs fois par jour^ toutes les deux heures enTiioii.
Hjrpertrophié de la rate. — Cachexie palustre
et leucémie*
52. — Il vient d'arriver dans la salle plusieurs enfants parmi lesquels j*en trouve une qui présente une affection de la rate extrêmement rare, d'un pronostic très grave et dont je veux, parler. Ce sera roccasion de vous citer trois faits semblables que j*ai observés depuis deux ans.
U s*agiide tumeurs du ventre situées dans Thypochondre gauche, dont la nature n'est pas toujours facile à déterminer et qui, parfois, exigent une discussion approfondie de diagnostic différentieL Ce sont des hypertrophies de la rate.
Voici ces faits :
Observation I. -* Hypertrophié de la rate; leucémie.
Le mardi 2 novembre, nous fut amenée pour la première fois une petite ÛUe de 4 ans et demi, Dubois, rue Saint- Antoine, 98. L*examen ne pouvant être fait rapidement, on la pria de revenir le mardi suivant, et c*est le 9 novembre que Texamcn fut fait d*une manière plus complète. L^enfant paraît assez bien développée, le teint chaud, les yeux noirs et vifs, les traits animés ; à première vue cette enfant ne semble pas atteinte d'une lésion grave. Mais les parents afûrment que depuis six mois leur enfant a notablement maigri et pâli, et qu*elle perd chaque jour de ses forces et de sa gatté. Etant à Bordeaux, il y a six mois, elle fut prise d'accès de ûèvre assez semblables à des Gèvres intermittentes pour que le sulfate de quinine fût donné, mais il ne fut nullement supporté, Tonfant vomissait presque aussitôt.
Depuis qu^ello est à Paris, la fièvre a disparu. Il est bon de se souvenir que la fièvre intermittente de l'enfance ne présente pas les mêmes caractères que chez Tadultc : plus Tenfant est jeune, plus la divern^ence est remarquable, et à cet âge elle présente souvent une forme larvée. Mais en présence des renseignements très précis de la famille et du médecin, il est impossible de nier rinfluence tellurique. Jusqu'ici rien que d*assez ordinaire. Mais si Ton 'examine le ventre de la malade, on remarque une déformation considérable de cette région. Tout le côté gauche de l'abdo* men, depuis le rebord des côtes jusqu'à la région iliaque, est rempli par une tumeur déprimant la peau de dedans en dehors d'une
façon notable, empiétant dans Tépigastre et dans Thypogastre, respectant la région ombilicale, s'élendant en arrière jusqu*i la colonne lombaire. Tumeur énorme du volume d*une tète d*enfeot Elle n'a nullement la forme do la rate. A la palpation on constate qu*e11e n'est pas lisse, mais fortement bosselée et marronoée. Elle est indolente, extrêmement dure et résistante, ne préseolant donc aucune fluctuation, aucun choc de liquide, aucun frémissement. Matité absolue à la percussion. On pourrait croire à des tubercules nombreux et volumineux du mésentère, si Tebfant n'avait pas une pareille apparence de santé, et si Ton troufait des lésions ^pulmonaires qui n'existent pas ici, sans compter dei symptômes généraux graves.
Une ou plusieurs tumeurs hydatiques? Ces tumeurs ont bien plus souvent leur siège au foie; celle-ci semble trop solide, m présente aucun frémissement, et les kystes hydatiques aflfaibliisent puissamment l'organisme, arrivés à un pareil volume.
Une tumeur cancéreuse? Le sarcome doit être éliminé, il n'en existe pas d'observations signalées; le carcinome et les autres sont extrêmement rares chez Tadulte et ne ^e voient que par exception chez les enfants: ce ne serait qu'une probabilité de diagnostic; mais le faciès, la cachexie cancéreuse manquent ici.
Hypertrophie de la rate portant sur telle ou telle de ses partiel constituantes ou sur la masse entière? La forme serailplus oo moins bien conservée et ne présenterait pas ces dépressions, ces saillies et ces bords informes.
Traitement, — Le seul traitement possible serait la spléootomie, opération relativement simple aujourd'hui, étant donnés les moyens de combattre la septicémie. Encore faudrait-il étadier les plus ou moins grandes adhérences de la tumeur. L'hydrothérapie devrait être faite sous forme d'un jet puissant, et il est presque impossible d'y soumettre une enfant aussi jeune.
Aussi se bornc-t-on à un traitement simple en attendant que les parents se décident à un plus radical : frictions résolalifes bclladonces en y ajoutant de la ciguë, huile do foie de morue, quinquina et garus.
Obs. II. — Cachexie et endocardite paludéennes ; éruption lictiénoïde; rate hypertrophiée.
La nommée Robert ( Marie-Eugénie), née à Paris (Pitié], âgée de 2 ans; la mère est domestique : anémie, constitution débile. Entrée le 3 juillet 1878, salle Sainte-Catherine» lit n<»39.
A passé ses deux premières années en nourrice dans la Sologne, n^aurait jamais été malade. C*est à son retour, il y a trois semaines que les parents auraient remarqué de J^enflure du visage et du corps, des boutons à la peau et, par intervalles, de la fièvre non réglée.
Kiat ae(ti«/. — La peau est d*un blanc jaunftlre : elle est le siège d*un lichen généralisé, indice de la cachexie profonde de Tenfant. Les papules sont rares sur le tronc, un peu plus abondantes sur les membres inférieurs et la face. Mais elles atteignent leur plus haut degré de confluence aux membres supérieurs et surtout à ravantrbras. Elles se présentent sous forme d*élevures d*un millimètre, les unes rougeâtres, les autres de la couleur de la peau, solides et dures au toucher; quelques-unes saignantes par le grattage du petit malade. Les signes physiques du côté du poumon ne présentent rien d'anormal. Du côté du cœur, au contraire, il estfacile de constater à la pointe un bruit de souffle systolique. Ce bruit s'entend pendant presque tout le petit silence et acquiert par intervalle un timbre ronflant; il diminue d'intensité à mesure qu*on s*approche de la base où il cesse de se faire entendre.
Dans Tabdomen, le foie ne parait pas augmenté de volume, mais la rate est au contraire agrandie dans tous les sens — vertical et transversal, — ainsi qu'en témoignent le palper et la percussion de rhypochondre gauche, car cet organe se dessine sous la peau, il mesure 8 centimètre*) sur 6, et paraît seul contribuer au développement considérable de Tabdomen. La numération des globules donne 1,302,000 globules rouges et 4,030 blancs, soit : 1 sur 320 au lieu de 1 sur 800.
Celui-ci fait contraste avec la maigreur du reste du corps, telle que, le 6 juillet, la petite malade présente au pèse-bébés le poids de 8 kilogr. 900. Température ax. g., M. 37,4; S. 37,6. Pas de flévre. On n*a observé du reste depuis son entrée aucun accès de chaleur ou de sueur.
Traitement : sulfate de quinine 0 gr. 05.
21 juillet. La rate a diminué très notablement et Tenfant va mieux.
Le 23. Elle est prise d'angine coucnneuse puis de croup et elle meurt le 30 juillet.
A l'autopsie on trouve le croup avec exlension des fausses membranes dans tout l'arbre bronchique. La rate est grosse, violacée, dure, composée d'un stroma fibreux résistant, et elle pèse 150 gammes.
Obs. III. — Cachexie palustre; hypertrophie epUntque.
La nommée Chapuis (Lucie), née à Paris, âgée de 4 ans i\% fille de journalière, tempérament lymphatique, coastitution cachectique. Entrée le 2 juillet 1878, salle Sainte-Catherine, n® 85.
Au sortir de nourrice, Tenfant présentait déjà un ventre très gros, phénomène qui ne s*cst pas amendé.
Etat actuel,-^ Ce qui frappe en regardant Tenfant, c'est sa teinte jaunâtre cireuse, qui donne immédiatement l'idée d'une fiè?re paludéenne avec cachexie ; cette teinte occupe toute la surfiue cutanée; les sclérotiques n'en sont pas atteintes ni la face inférieure de la langue. Rien dans les poumons.
Au cœur, le premier bruit de la pointe et celui de la base sont légèrement prolongés.
Mais les symptômes physiques les plus saillants existent du côté de Tabdomen. A Tinspection, le ventre est ballonné et augmenté de volume, surtout dans ses parties latérales. Au palper le foie dépasse de deux travers de doigts le rebord des fausset côtes et la matité hépatique se prolonge en bas dans la même étendue.
G*est surtout la rate qui présente à gauche une hypertrophie notable au palper et à la percussion. Si elle ne fait pas une saillie bien apparente au niveau de Thypochondre, la simple application de la main permet de la sentir et de la mobiliser. A la percussion, matité absolue et résistance aux doigts dans retendue de 4 à 5 centimètres au-dessus et au-dessous du rebord costal inférieur gauche. C^est la plus occupée par la tumeur splénique.
Durant le séjour du petit malade, il n*a pas encore été constaté d'accès fébrile et à la date du 8 juillet, la température axillaire gauche n'était que de 37,8 le matin et 87,4 le soir.
L'enfant, très intelligente, répond très bien aux questions adressées. 11 n'y a pas d'albuminurie et la numération des globules blancs donne 930 blancs sur 2,232,000 rouges, soit 1 sur 240.
Traitement, — Quinine 10 centigr. tous les jours.
La maladie est restée stationnairo et Tenfant a été emmenée dans le môme état par ses parents.
Obs. IV. * Cachexie splénique et hypertrophie de la rate.
L'an dernier je fus appelé à Neuilly pour une fille de 10 ans, par le D** Panevel. Cette enfant maigre, cachectique» ayant le
teint jaunâtre, terreux, pâle, avec les lèvres décolorées, avait la fièvre d'une façon très irrégulière avec frissons, chaleur et sueur. On n'a jamais su le lieu où elle avait pu contracter sa maladie.
Enexaminantrabdomenyun trouvait dans Thypochondre gauche une tumeur dure, énorme, à bord tranchant, ayant la forme de la rate et ayant 21 centimètres de long sur 15 de large. Elle descendait jusque dans la fosse iliaque et, en travers, allait jusqu*à l'ombilic. C'était la rate hypertrophiée. On n'a pas fait la numération des globules rouges et blancs.
Un traitement par le sulfate de quinine, par l'arsenic et par les douches d'eau froide, chez le D^* Thermes, a été institue et l'enfant avait repris des forces et do l'embonpoint. Elle mangeait mieux et la fièvre avait presque disparu. Mais la tumeur restait à peu près la même.
Je la vis une dizaine de fois ; je parlai de splénotomie, puis d'autres consultants furent appelés. Tous les médecins importants de Paris la virent, mais l'état ne changea point. Il s'aggrava même peu à peu et l'enfant a succombé sans qu'on ait tenté d'opération.
Ces quatre faits sont identiquement les mômes. On y voit une hypertrophie de la rate, due à des influences palustres causant la fièvre intermittente plus ou moins régulière. Avec cette hypertrophie, l'anémie, la leucocythémie et l'état cachectique dont on se relève si difficilement.
Le sulfate de quinine, les préparations arsenicales, les douches percutantes d'eau froide sur la rate ont été employées sans succès. Il n'y a que la splénotomie qui n'ait pas été faite.
Comme il est bien certain que des rates hypertrophiées, du volume de celles dont je viens de parler, ne doivent pas aisément se résoudre par l'emploi des médicaments, je crois qu'il faudrait essayer de faire mieux. Il me semble qu'après avoir essayé pendant un temps suffisant les moyens dont je viens de parler, si la rate ne diminue pas et que la vie soit compromise, ou devrait avoir recours à la splénotomie.
De la ficoine ou doliarine contre ranémie prodnita par ranchylostomè duodénal.
53. — J'ai publié il y a trois ans, sur le siu: de caricapapaya^ sur la papaine^ sur la jfïcoi'ne extraite du fïct^ earica^ doléaria , nttida, religiosa , macrophylla des recherchei cliniques et thérapeutiques, pour faire connaître les pro* priétés vermworesàe ces agents qui ne sont autre chose que des pepsines végétales.
Dans le Paris-médical de 1879, on a pu lire un mémoire dans lequel se trouvent des observations relatives à la digestion dans le tube intestinal des ascarides et des ténias, par la papaïne. Ces faits ne sont que la reproduction de bits semblables, observés à la Réunion et aux Antilles par na grand nombre de médecins qui emploient le suc de carica papaya dilué contre les helminthes de l'intestin. Dans le mémo article se trouvent des expériences relatives à la dissolution immédiate, in vitro ^ d*helininthes rendus parles malades et digérés en quelques minutes.
La même expérience a été faite ici par M. Papst suri» trichine ; à Bahia par M. Silva sur Tanclivlostome duodénal. Par conséquent, lo suc de papaya est un vermivorelrès énergique qui doit être employé en médecine.
Depuis lors Henry Bouchut a fait les mêmes expériences sur le suc de figuier et sur la /Ycolne qu'on on retire. Ce sont là des faits acquis à la science et il y a plaisir à les voir contrôlés et reconnus vrais par d'autres médecins.
D'après nos travaux, l'emploi de la ficoïne qu*un médecin démarquant notre linge, appelle rfo/mrtne, pour faire croire à une découverte de sa part, vient d'être de nouveau conseillé dans Vanchilostome duod<^nal amenant l'anémie.
La doliarine e^t extraite du ficus doléaria. C'est par conséquent la même chose que la ficoïne extraite de tous les sucs de figuier, y compris le doliaria. Il n'y aurait pas de raison, si l'on adoptait cette manière de faire, pour ne pas créer une nitidine, xxnemacrophylline^ une religtasine^c'esi^
à-dire pour le même agent autant de noms qu'il y a d^espèces de figuier, et elles sont nombreuses. Laissons donc ces façons détournées de détruire les travaux antérieurs, et ne nous occupons que de la ficoxne^ seul ferment digestif retiré des figuiers.
Quoiqu'il en soit, M. Rizzolo, de Turin, qui n*est pour rleu dans ces procédés peu scrupuleux d*approprialion des travaux d*autrui, vient de publier un travail renfermant des considérations très intéressantes sur les effets de la ficoïue. G*est la confirmation des faits de Silva.
Ce médecin eut Toccasion d*observer, il y a deux ans, de nombreux cas d'anémie, développés chez des briquetiers, et consécutifs à la présence d*anchylo3tomes, les antbelminthiques les plus énergiques ne produisirent aucun résultat; Il résolut de faire une série de recherches avec la doliarine. On l'emploie dans une affection endémique au Brésil et qu'on appelle Topilaçao, affection que les travaux de Wucherer ont conduit à considérer comme une conséquence de Tanchylostome.
D'après Pagliani et l'auteur, Tanémie des ouvriers qui ont travaillé au tunnel du Saint-Gothard serait due au même parasite. Il est vrai que la question n*a pas paru résolue d*une manière complète, parce que les ouvriers eu question étaient soumis à des causes déprimantes multiples et que dans les cas d*anémie les plus prononcés on ne trouva qu'une quantité relativement insignifiante d'anchylostome. Chez plusieurs ouvriers Tanéniie persista longtemps après qu'ils eurent cessé de travailler au tunnel, de sorte que les auteurs durent se demander si Ton avait affaire aune anémie pai*asitaire ou à une altération persistante dos organes hématopoiétiques. On n'arriva à résoudre le problème que quand le D»^ Perronuto de Turin eût démontré que l'huile éthérée do filius maris donnée à dose de 40 gr. par jour, tuait ranchylostouic ou le chassait. L'auteur avait déjà employé celte préparation doux ans auparavant sans résultat, dans rauémie dos mir.eurs du Saint-Gothard; son insuccès teniit soit à lu mauvaise qualité de la préparation, 8oil d l'insulfisauce des doses. Ayant repris le même médi-
camcnt en mettant à pro6t l'expérience de Perronuto, il a obtenu un succès complet. Au Brésil, on emploie contre Topilaçao la semence dune plante qui croît dans le pays : l'urostigmo doliarum, lot ficus doliaria de Miguel, le ûcus ferrugineux de Marlins. Peckolt de Rio de Janeiro a extrait de st'S grains une substanci; cristallisée qu'il appelle la doliariue. La préparation pharmaceuli'|ue vendue par Tauteor, sous le nom de fer spécifique contre Yopilaçao^ est un mélange de doliarine, de substances aromatiques et de fer. Au début, on en donne une cuillerée à café 3 fois par jour, plufl tard on continue l'usage, pendant un mois, à doses un peu moins élevées, afin d'éviter les récidives. Le médicament est pris sans répugnance par les malades ; une seule cuillerée (3 gr. 5), produisit une diarrhée muqueuse abondante dans laquelle se trouvent déjà des anchylostomes, Tauteor en a compté jusqu'à 16 après la troisième cuillerée. En somme la doliarine agit très activement contre les anchylostomes de Topilaçao ou hypoémie intertropicale.