VICES DE CONFORMATION DE LA BOUCHE
3° Commissural ou génien. — Anomalie peu fréquente. L’exagération des commissures labiales porte l’orifice buccal vers les oreilles.
4° Compliqué ou complexe. — 11 comprend :
Les fissures labio-alvéolaires. — La fissure , après avoir intéressé la lèvre, s’engage dans le maxillaire et s’arrête au trou palatin antérieur.
Les fissures labio-palatines. — La fissure s’élend vers la voûte palatine et même le voile du palais ( gueule de loup).
B. Bec de lièvre de la lèvre inférieure. — 11 est assez rare et toujours médian.
Divisions congénitales. — Les divisions congénitales de la voûte palatine sont la conséquence du bec de lièvre compliqué.
Elles comprennent : les fissures antérieures, qui partent du bord alvéolaire et s’étendent plus ou moins en avant; les fissures postérieures, qui s'engagent vers la voûte osseuse, et les fissures totales, qui affectent la voûte dans sa totalité et s’étendent jusqu’au voile du palais et à la luette.
Le bec de lièvre amène des troubles fonctionnels nombreux dansia phonation, la mastication, la succion, la déglutition, l’olfaction (Chrétien), auxquels l’on essaye de remédier par des opérations chirurgicales ou des appareils prothétiques (1).
§ 3. — Langue.
Bifidité. — Anomalie assez rare chez l’homme. Quelques cas ont été observés.
(i) Voir Martinier, Prothèse (Manuel du Chirurgien dentiste)
Ankyloglosse. — L’ankyloglosse, ou adhérence de la langue au plancher buccal, peut être congénital ou acquis.
Suivant son siège, il se divise en supérieur, inférieur, latéral, parLiel ou total.
Ankyloglosse supérieur. — Il est constitué par de larges adhérences. La langue est comme collée au palais. Très rare.
Ankyloglosse inférieur. — L’adhérence a lieu au plancher buccal. Elle est rarement complète et généralement produite par des brides fibreuses.
Ankyloglosse latéral. — Les adhérences ont lieu avec les gencives, mais rarement avec la face interne des joues.
Ankyloglosse partiel. — Le filet, par sa brièveté, amène une contrainte dans les fonctions de la langue. Gène de succion chez les nouveau-nés; difficulté de phonation.
Ankyloglosse total. — Affection très rare, qui entrave la déglutition et la succion et peut amener l’asphyxie par le passage des liquides dans les cavités aériennes.
Macroglossie. — « La macroglossie est une affection, le plus souvent congénitale, caractérisée par l’hypertrophie et le prolapsus de l'organe » Dubois).
Symptômes. — Les premiers symptômes peuvent se manifester dès le premier âge. Mais c’est généralement vers la 2e ou 3e année que la saillie commence à apparaître. La langue peut atteindre et dépasser parfois dix fois son volume ordinaire. Elle s’étale sur le menton ; sa consistance et sa forme paraissent généralement normales. La pression surles arcades dentaires produit une ulcération circulaire. On remarque parfois l’atrophie du maxillaire. Les dents sortent de leurs arcades et tombent. La parole est presque nulle et la respiration devient nasale.
TRAUMATISMES DE LA BOUCHE
L'affection est progressive et dure autant que la vie du sujet. L'issue peut être funeste, tant par suite de suffocation que d’épuisement.
Absence de la langue. — L’absence peut être congénitale ou acquise. « Dans l’absence congénitale de la langue, il existe presque toujours sur le plancher de la bouche un petit mamelon, représentant la base de l’organe » (Kirmisson). Certaines ulcérations peuvent la provoquer ; cette absence est due parfois à une intervention chirurgicale.
Article 11. — Traumatismes.
Les traumatismes affectent assez fréquemment la face, la bouche, etc. Nous rangerons dans cette catégorie toutes les lésions produites par des agents physiques ou chimiques. Ces lésions se divisent ainsi : contusions, plaies, brûlures, froidures, fractures, luxations, corps étrangers et calculs.
§ 1 . — Lèvres.
Contusions. — Elles offrent peu d’importance quand elles sont locales, mais elles peuvent revêtir une certaine gravité quand elles sont accompagnées de lésions traumatiques intéressant le maxillaire. Ordinairement les lésions siègent plutôt du côté de la muqueuse.
Plaies. — Leur gravité peut s’accentuer, lorsqu’elles sont dues à l’action verticale d’un instrument coupant, à cause de l’écartement des libres qui agissent en sens inverse en tirant sur les bords de la plaie; la section des artères coronaires labiales provoque une hémorrhagie abondante.
Les plaies par morsure d’animaux venimeux sont Godos. — Clinique denlair:, 3
assez rares en France, sauf celles produites par la piqûre (les abeilles ou des frelons. <-e- «b-. m-roccasionnent des tuméfactions graves qui s elendenl
parfois à toute la lace. , , , .
P Les plaies par armes à feu ont des bords dechi auetés et noirâtres. L’hémorrhagie peut être nulle, mais est parfois très abondante. La douleur est va-
rl Brûlures. — Symptômes. -La symploimlol.o. des brûlures des lèvres ne différé pas de celle de la muaueuse buccale.
Les brûlures sont caractérisées par des symptôme* locaux et des symptômes généraux.
1° Symptômes locaux. — Ces symptômes var,e“ d'après la nature, l’étendue et la profondeur de la
Dupuytren reconnaît 6 degrés aux brûlures, dont •voici les symptômes et manifestations correspondantes :
1er degré : érythème;
2° degré : inflammation avec phi yctenes.
3e degré : mortification du derme et d une partie de l’épiderme.
4e degré : mortification totale de la peau.
5° degré : mortification des parties molles, muscles, nerfs, vaisseaux.
6e degré : carbonisation du membre, voire meme
de l’os. , .. , ,
2° Symptômes généraux. — Ils se manifestent su s
trois formes. A la première appartient la douleur, xne au début, les variations du pouls, 1 agitation , a a seconde, les accidents inflammatoires ; à la troisième, la
suppuration. .,
Gerçures. — Les gerçures des levres siègent ordinairement sur la ligne médiane. U se Prodin! d'abord de la rougeur une extrême sensibilité. I uis
TRAUMATISMES DE LA BOUCHE
apparaissent les crevasses transversales. Les contractions de l'organe arrachent souvent la croûte qui se forme, ce qui prolonge la durée de l'affection.
§ 2. — - Gencives et muqueuse buccale.
L n des traumatismes les plus fréquents des gencives reconnaît pour cause l’extraction des dents avec la clef. L’application du panneton provoque des contusions de différents degrés, suivant la pression exercée.
Des déchirures de la gencive ont été souvent produites par la même cause : l’extraction des dents par la clef et même par le davier.
§ 3. — Joues.
Les joues sont atteintes par tous les traumatismes de la face.
Plaies. — Les plaies sont produites par divers instruments tranchants, contondants, piquants, tels que porte plume, crayon, pipe, armes à feu, armes blanches; par les morsures d’animaux enragés, par les piqûres d’insectes.
Symptômes. — Dansleseontusions, ecchymoses plus ou moins étendues.
Dans les plaies par instruments tranchants, écartement des bords, écoulement sanguin; dans les plaies par instruments piquants, écartement moindre; dans les plaies par armes à feu, bords de la plaie noirâtres et déchiquetés, hémorrhagie, quelquefois abondante. Dans tous les cas, douleur d’intensité variable.
Dans les morsures, les plaies offrent un aspect elliptique dû à la forme des dents. L’écoulement est en général nul, mais la douleur est très vive.
Brûlures. — Les brûlures sont occasionnées par des aliments très chauds, les acides, etc.
Les caractères généraux de ces lésions n'offrent rien de particulier.
§ 4. — Langue.
Plaies. — Elles peuvent provenir d’instruments piquants, tranchants ou contondants.
1° Instruments piquants. — Elles offrent peu de gravité, sauf le cas où elles peuvent provoquer des hémorrhagies assez abondantes ou lorsqu'elles sont produites par un instrument, pied de biche, rugine. foret ou fraise, pendant une opération dentaire, cet instrument pouvant introduire un produit septique.
2° Instruments tranchants. — Ces plaies, produites par sectionnement, sont peu profondes, quoiqu'on ail remarqué des cas où la partie libre de la langue a a été complètement enlevée.
3° Instruments contondants. — La mastication peut occasionnerdesmorsurespeuimportantes. Dans! epilepsie , ces accidents peuvenL amener des plaies plus graves, soil par la violence de la morsure, soit par sa fréquence (1); les plaies peuvent encore provenir de coups ou de chutes sur le menton (2). Les débris de racines denLaires, les dents cariées, les appareils de prothèse ou des obturations provoquent également des ulcérations simples.
(1) Il a été observé à Bicêtre un épileptique ayant la langue tellement tuméfiée au delà du sillon creuse par la morsure, que l’ablation en fut indiquée.
(2) Deux cas de ce genre ont été observés chez des enfants de 4 et i3 mois. La division de la langue avait été partielle et un lambeau flottait librement à la partie antérieure (W ilkes et Branca).
TRAUMATISMES DE LA BOUCHE
Les plaies par armes à feu offrent beaucoup de gravité, à cause de la dilacération des parties et des fractures du voisinage qu'elles occasionnent toujours.
Brûlures. Froidures. — Les brûlures produites par des aliments sont légères, à cause de leur rejet immédiat. J. Frank cite comme conséquence des ■cas de glossites.
Les brûlures par agents chimiques ou autres produits analogues sont étendues. Elles atteignent quelquefois toute la muqueuse buccale.
L’emploi de certains réfrigérants, dans l'anesthésie locale pour opérations dentaires, a été signalé comme cause de froidure. La congélation de la langue avait donné lieu à la formation d’eschares étendus.
Corps étrangers. — Ce sont les projectiles d’armes à feu, les aiguilles, les arêtes, les fragments d’os ou de dents.
Ils produisent des plaies, des tumeurs, des enkystements et leur diagnostic n’offre aucune difficulté. Une simple pression sur la partie douloureuse suffit ■pour révéler la présence du corps étranger.
Les différents traumatismes de la voûte palatine ■et du voile du palais peuvent être des blessures plus ou moins étendues, produites par des corps étrangers, introduits pendant la mastication, ou par des armes à feu, ou à la suite d'opérations chirurgicales. Elles donnent lieu à de simples plaies ou à des perforations de la voûte et du voile.
Perforations accidentelles. — Les perforations accidentelles diffèrent des perforations congénitales (p. 3a). Elles ne présentent dans leur siège et dans
leur forme aucune régularité. Elles sont tantôt larges, tantôt petites, latérales ou médianes. La conformation de leurs bords est un des signes les plus caractéristiques des perforations accidentelles. « Tandis que les perforations congénitales présentent des bords épais, charnus, mobiles, les perforations accidentelles, au contraire, ont des bords minces, cicatriciels, adhérents aux os, qui sont loin de présenter la même ressource pour la réparation (Kirmisson).
Plaies. — Les plaies par instruments sont assez fréquentes, chez les enfants, par suite de leur mauvaise habitude de tout porter à la bouche.
§ 6. — Maxillaires.
Fractures. — Les fractures des maxillaires peuvent atteindre la mâchoire supérieure ou la mâchoire inférieure.
Fractures de la mâchoire inférieure. — Causes. — Les causes les plus fréquentes qui les déterminent peuvent être directes, tels que coups, armes à feu, traumatismes en général, ou indirectes, quand un corps pesant agit sur un côté pendant que l’autre est posé sur le sol.
11 en existe plusieurs variétés ; elles peuvent être multiples, siéger sur l’apophyse coronoïde, sur le col du condyle, sur les branches ou le corps du maxillaire ou enfin sur les bords.
Symptômes. — Les premiers symptômes qui se manifestent au moment de l'accident sont la douleur intense que la pression exagère, la tuméfaction, des crachements sanguins, une salivation abon- * dante. La rupture ou l’ébranlement des dents et le déplacement de l'articulation des dents entre elles en sont une conséquence fréquente.
TRAUMATISMES DE LA BOUCHE
Le déplacement des deux portions de la mâchoire est facile à déterminer, quand la fracture siège sur la partie antérieure du maxillaire. Une crépitation spéciale se fait sentir quand on saisit l’endroit lésé. Enfin le malade éprouve une grande difficulté pour ouvrir la bouche, pour la mastication ou la phonation.
Il est plus difficile de déterminer le siège de la fracture quand elle s'est produite sur les branches montantes. Néanmoins le diagnostic peut s'établir par la douleur locale, la mobilité anormale ou la pression exploratrice exercée soit sur la face externe soit sur la face interne.
Complications. — Les complications qui résultent de ces fractures sont les contusions des parties molles, la déchirure du nerf dentaire, la rupture d'une paroi du conduit auditif accompagnée d’hémorrhagie, la stomatite, la nécrose, l’infection purulente par l’absorption du pus (Richet); enfin, la pseudarthrose, l’ankylose de l’articulation, des névralgies, etc.
Fractures de la mâchoire supérieure. — Elles sont plus rares.
Causes. — De même que pour les précédentes, les causes qui les déterminent peuvent être directes, ou indirectes, par propagation tl’un coup portant sur le crâne.
Elles présentent plusieurs variétés. La fracture [•eut porter sur un point isolé, le bord alvéolaire, la voûte palatine, ou occuper tout le corps du maxillaire.
Symptômes. — Les symptômes habituels des fractures, déformation, mobilité, lorsqu’ils se présentent, facilitent beaucoup le diagnostic. Mais, lorsque ces symptômes habituels manquent, la méthode d’Alphonse Guérin peut être employée avec profit. « Elle
est basée sur la coexistence de la fracture de l'apophyse ptérygoïde et du maxillaire supérieur. Le doigt, porté dans la cavité buccale, au niveau de l'aile interne de l’apophyse ptérygoïde, provoque une douleur vive et quelquefois même permet de constater la mobilité de cette apophyse» Kirmisson .
§ 7. — Sinus maxillaire.
Plaies, fractures, épanchements sanguins. — Les traumatismes du sinus maxillaire comprennent les plaies, les fractures et les épanchements sanguins ; ces derniers sont généralement les con-équences d’une contusion ou d’une hémorrhagie nasale, d'une opération chirurgicale ou de l'introduction de corps étrangers, telles une dent ou une racine, pendant l’extraction.
Ces diverses causes déterminent une inflammation de la muqueuse qui tapisse le sinus et provoquent des abcès ou des fistules, que nous étudierons avec les lésions inflammatoires (p. 65).
Fistules. - — Les fistules du sinus résultent soit de traumatismes, coup, extraction de dents, etc., soit d’abcès. Les fistules prennent issue sur la joue ou dans le palais. Le passage de l’air par la fistule se fait sentir quand le malade se mouche. Le liquide injecté par la fistule sort par les fosses nasales, mais ce symptôme n'existe pas toujours. L'exploration à l'aide d’un stylet permet très facilement de préciser la nature de l'affection.
§ 8. — Articulation temporo-maxillaire.
Luxations. — On distingue cliniquement deux variétés de luxations.
Luxation bilatérale. — Elle est due soit à un
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(traumatisme, soit à des phénomènes physiologiques, tels que rires, bâillements exagérés, etc.
Les symptômes qui la caractérisent sont empruntés principalement à l’aspect qu’elle offre par suite du déplacement de la mâchoire inférieure qui est portée soit en avant et donne l'aspect du menton de galoche, ou est portée en bas. La douleur est vive, la salivation incessante, la mastication impossible par suite de l’impossibilité de rapprocher les mâchoires, et la parole difficile.
Luxation unilatérale. — Elle est plus rare.
Le menton est porté de côté, l’articulation des •dents entre elles est déplacée, les incisives inférieures passent en avant des supérieures d’un seul côté. -On constate un aplatissement de la joue du côté luxé et un creux du côté sain.
§ 9. — Glandes salivaires.
Plaies. 11 n’y a guère que la parotide qui soit -atteinte parles traumatismes, àcause de sa situation superficielle.
Fistules salivaires. — Les plaies de la parotide donnent souvent lieu à des fistules salivaires. Ces fistules peuvent être parotidiennes ou provenir du canal de Sténon.
Symptômes. — Le principal symptôme est l’écoulement de la salive par une ouverture anormale. Cet écoulement se produit pendant la mastication ou lorsque le malade parle. Il est plus abondant dans les fistules du canal de Sténon que dans les fistules parotidiennes. L’orifice dans ces dernières esL situé plus en arrière que dans les premières.
Un autre symptôme est la sécheresse de la muqueuse du côté de la fistule.
§ 10. — Plancher de la bouche.
Corps étrangers. — Les corps étrangers dans le canal de Wharton sont en général de forme mince et allongée, tels que poils de brosse à dents, arête de poisson, etc.
Ils provoquent une douleur très vive, généralement à la suite d’un repas, puis il se produit urle tuméfaction avec écoulement de pus. La déglutition et la mastication peuvent être gênées par la présence de ces corps dans le canal et les phénomènes qui les accompagnent persistent jusqu’à leur leur extraction.
Calculs salivaires, calculs du canal de Wharton.
— Ils se trouvent dans le canal ou dans les glandes sous-maxillaires et sublinguales.
Les symptômes de cette affection se manifestent par une certaine rougeur de la muqueuse et de l’orifice du canal, une tuméfaction de forme allongée avec poussée d’inflammation aiguë et tension du plancher buccal. Les douleurs spéciales qui accompagnent celte affection prennent le nom de coliques salivaires. Elles se produisent souvent pendant les repas. Le pus se forme et s’écoule par l'orifice du canal. Le calcul s’échappe par le conduit ou par l’issue ouverte par la suppuration. L’inflammation peuL s’étendre à la glande et donner naissance à un phlegmon du cou.
Article III. — Lésions inflammatoires et infectieuses.
Les lésions inflammatoires et infectieuses occupent une place importante dans la pathologie de la bouche, car elles affectent les lèvres, les joues, la langue, les gencives, la muqueuse buccale, etc. Les
manifestations syphilitiques et tuberculeuses seront l’objet d'une élude spéciale (p. 69 et 73).
D’après Corail et Ranvier, on donne le nom d’m- /lammalion à la série des phénomènes provoqués dans les tissus ou organes vivants par l’action d’un agent irritailt physique ou chimique.
Les symptômes locaux se traduisent parla rougeur, la tuméfaction, la chaleur, la douleur et l 'exsudation (Folin).
Lorsque l’inflammation est limitée à une région déterminée, elle prend différents noms particuliers.
Exemples :
Glossite, inflammation de la langue; palntite, inflammation du voile du palais; gingivite, inflammation de la gencive; stomatite, inflammation de la muqueuse buccale.
L’inflammation des muscles prend le nom de myosite; des articulations, celui â.' arthrite; des os, celui d’ostéite, etc.
Les inflammations des parties profondes présentent des troubles fonctionnels variables avec la localisation de la maladie.
L'inflammation se termine par résolution ou par suppuration. Celte dernière solution donne lieu à la foi mal ion d’abcès, avec ou sans fistules, de phlegmons, de kystes, ou bien elle produit l’ulcération et la mortification des tissus : gangrène ou nécrose. Elle peut aussi se terminer par atrophie ou par hypertrophie des tissus.
§ 1. — Lèvres.
La plupart des affections cutanées ont des manifestations sur la face et les lèvres. Elles sont primitives ou symptomatiques.
Herpès labial. — Affection des plus communes.
Il siège surtout, à la lèvre supérieure, et débute pailles taches congestives sur lesquelles se montrent des vésicules miliaires qui deviennent opalines, *e dessèchent et donnent lieu à de petites croules jaunâtres, assez adhérentes.
Eczéma de la lèvre supérieure. — Caractérisé par la tuméfaction et la rougeur de la lèvre, des croûte' et des pustules ou des gerçures siégeant autour de l'orifice buccal.
L’eczéma peut envahir la muqueuse buccale ou linguale.
11 existe une variété d’eczéma dit de dentition (Brocq), qui se localise à la face et aux mains. Il coïncide avec les poussées dentaires.
Les érythèmes, l'impétigo, les éruptions de causes externes, etc., et presque toutes les variétés de dermatoses affectent la face, les lèvres, les joues ou la langue.
Furoncles et anthrax. — Les furoncles et le' anthrax prennent une importance particulière lorsqu’ils se produisent sur les lèvres. L'inflammation peut se propager à la veine labiale, envahir la veine faciale et, de là, gagner la veine angulaire, puis la veine ophtalmique et les sinus de la dure-mère. II en résulte des désordres cérébraux fort graves, qui ont parfois provoqué la mort.
Ces inflammations forment des tumeurs saillantes et rouges qui sont accompagnées des phénomènes généraux de douleur et de chaleur. Après la production d’un point blanc au sommet de la petite tumeur, il se forme une ouverture donnant issue au bourbillon.
Leur siège de prédilection est la lèvre supérieure.
Pustule maligne. — Elle se rencontre sur les lèvres, avec ses symptômes spéciaux et sa gravité particulière.
Phlegmons. Abcès. — Ils se produisent surtout à la face postérieure du côté de la muqueuse.
Le phlegmon succède en général à une plaie, à l’érysipèle.
Les périostites alvéolo-dentaires des incisives centrales provoquent souvent des abcès de la lèvre supérieure, qui sont très douloureux.
§ 2. — Joues.
Phlegmons et abcès. — Ils ont ordinairement pour cause une éruption dentaire difficile ou la carie du 4e degré. La chute sur la face produit souvent des abcès par suite de l’inclusion de corps étrangers dans les tissus. Quelques abcès de la joue proviennent de foyers purulents développés dans les régions avoisinantes.
Furoncles et pustule maligne. — Les furoncles sont rares. Quant à la pustule maligne comme celle des lèvres, elle s’observe, surtout dans les diverses professions qui s’occupent des bêtes bovines et ovines, par l’inoculation d’un virus contenant la bactéridie charbonneuse. Le bouton, qui débute sur la peau, s’enflamme, un œdème étendu se produit, et il se forme un véritable foyer gangreneux.
Les différentes lésions inflammatoires ou ulcéreuses qui se produisent dans la bouche peuvent s’étendre à la joue, ou prendre naissance en ce point, telles que les diverses variétés de dermatoses, les stomatites ulcéro-memhraneuses, mercurielles, le noma, les ulcérations syphilitiques et tuberculeuses, etc.
§ 3. — Langue.
Glossites. — Elles consistent dans l’inflammation de la langue, qui peut n’ètre que superfi-
cielle, lorsqu’elle n’intéresse que la muqueuse, ou profonde, quand le tissu charnu de l'organe est atteint.
Symptômes généraux. — La maladie débute brusquement. La langue est tantôt pâle, tantôt rouge, tantôt noirâtre. Elle se gonfle et fait généralement saillie hors de la bouche. La salivation est abondante par suite de l’ouverture constante de la bouche, et l’articulation des mots difficile. La déglutition est entravée et, dans certains cas, la suffocation peut être assez forte pour nécessiter la trachéotomie.
L’évolution de la maladie est de quelques jours. Parfois, lorsque l’affection ne se termine pas par résolution, il se produit un abcès avec émission fétide de pus.
Une inflammation excessive peut amener un gonflement considérable de la langue et déterminer la mort en quelques heures. On rapporte le cas d'un malade mort après vingt-deux heures Lyfor .
La gangrène peut aussi se produire dans la partie de la langue faisant saillie hors de la bouche et comprimée par les dents.
La glossite peut être primitive ou consécutive à des inflammations de la muqueuse buccale.
Rare chez l’enfant, commune chez l’adulte et plus fréquente chez l’homme que chez la femme.
Glossites superficielles. — Glossite superficielle aigue. — Connue aussi sous le nom de glossite muqueuse, elle provient généralement d'une inflammation étendue de la muqueuse buccale qui se localise sur la langue.
A signaler la variété connue sous le nom d'herpès lingual.
Glossites superficielles chroniques. — Elles renferment deux variétés :
A. Glossite exfolialrice marginée oit desquamation épithéliale de la langue. — La desquamation se produit au centre d’un épaississement épithélial. Puis elle s'étend, limitée par une zone grisâtre d’épithélium.
B. Leucoplasie buccale ( ichtyose linguale, psoriasis buccal, keratosis, stomatite épithéliale chronique, plaques blanches, leucoplakia). — - Siège principalement à la face dorsale de la langue et à la face interne des joues.
Au début, taches rouges et granuleuses d’une durée de plusieurs mois. Puis les taches deviennent grisâtres et blanchâtres. Pendant la période d’extension, les taches sont entourées d'un liséré liliforrne.
A défaut de résolution de la lésion, les plaques s’étendent et recouvrent l’organe de papilles squameuses.
Sur la muqueuse rigide, il se produit parfois des tissures, des craquelures, des indurations, d’où hémorrhagies légères, suppuration, induration du derme.
Cette affection peut envahir toute la muqueuse buccale.
Glossites profondes. — A. Glossite parenchymateuse aiguë. — Elle débute ordinairement brusquement, mais souvent elle est précédée d’inflammation aphteuse. Au commencement, douleur, puis gonflement et fièvre.
Elle peut n’affecter que tout ou partie de l’organe, d'où une subdivision en : 1° glossite totale, 2° hémiglossite, 3° glossite basique.
B. Glossite profonde chronique. — En clinique, on en décrit deux formes :
1° Glossite chronique généralisée. — Affection qui a été quelquefois liée à la macroglossie, mais qui en