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H2 CLINIQUE DENTAIRE

<liflï:re en ce qu’elle n’a pas de tendance à l’accroissement.

2° Glossite chronique localisée. — Il est important de la connaître, à cause des erreurs de diagnostic auxquelles elle peut donner lieu.

Lorsqu’elle est produite par l'irritation provoquée par les bords tranchants d une dent cariée, il se forme au début une partie mamelonnée ayant l'apparence d’une gomme. Si la dent n’est pas enlevée ou limée, une ulcération dite ulcère dentaire se produit, à bords sinueux à pic, avec fond jaunâtre.

§ 4. ■ — Gencives et muqueuse buccale.

Gingivites et stomatites. — Les inflammations de?gencives sont connues sous le nom de gingivites ; étendues à toute la muqueuse buccale elles sont désignées sous le nom de stomatites. La gingivite est donc une stomaLile localisée aux gencives. Nous les •étudions sous le nom de stomatite, en réservant le terme de gingivite pour les phlegmasies limitées, qui sont plus communément désignées ainsi.

Les stomatites sont aigues ou chroniques.

Stomatites aiguës.. — Les stomatites aiguës se divisent en : 1° simple, érythémateuse ou catarrhale, 2° ulcéreuse, 3° gangreneuse (1).

Stomatite simple, érythémateuse ou catarrhale. — Cette variété est la plus simple. Ses débuts s’annoncent par une rougeur de la muqueuse, quelquefois par un peu de douleur, que le froid, les aliments augmentent. La langue est sèche, luisante et rouge. L’haleine peut devenir fétide. Lorsque

(i) Voir la classification qui a été adoptée par Iscli Wall et qui nous parait la plus rationnelle P. Dubois, A/fedions dentaires et a/feclions de la cavité buccale, Paris, îSyV)

l’inflammation se localise aux bords de la gencive (gingivite), on observe de petits saignements locaux, une légère tuméfaction dans les languettes inter-dentaires et de la desquamation épithéliale. Chez les anémiques la gencive présente une certaine pâleur. L’ébranlement des dents est fréquent.

Stomatite ulcéreuse. — Elle débute quelquefois par les phénomènes de la variété précédente. Souvent les accidents se présentent d’emblée. La salivation est abondante. L’haleine est fétide.

La gencive est le siège d’une ulcération étendue avec des points gris jaunâtre sur la muqueuse et dans les interstices dentaires qui sont extrêmement douloureux.

Quelquefois elle revêt la forme phlegmoneuse ; la gencive, fortement soulevée, parait comme gonflée notamment dans les interstices dentaires. Elle est violacée et baignée d’un liquide séro-purulent ; elle saigne facilement à la moindre pression.

Les dents se déchaussent et s’ébranlent. La mastication devient douloureuse.

11 ne faut pas confondre cette affection avec la gingivite ulcéro-membraneuse d’origine infectieuse et de nature épidémique. Elle s’en distingue par la moindre étendue des lésions.

Stomatite gangreneuse. — Souvent elle fait suite à la précédente; quelquefois les symptômes de la gangrène se présentent d’emblée ou presque, comme dans le noma.

Au début, les symptômes sont les mêmes que ceux des stomatites érythémateuses : chaleur de la bouche, gêne de la mastication, haleine fétide.

Puis 1 état s’aggrave; des ulcérations se produisent, couvertes d'un putrilage grisâtre; elles deviennent gangreneuses.

La nécrose gagne le bord, alvéolaire et entraîne la chute (les dents.

Après les gencives, les lèvres, les joues, sont atteintes, puis les complications ganglionnaires ~e produisent (adéno-phlegmon).

Enfin des phénomènes généraux, fièvre, inappétence, diarrhée fétide, qui peuvent se terminer parla mort.

Stomatites chroniques. — Les stomatites chroniques peuvent être primitives ou déterminées par une cause locale continue, chicot, tartre ou scorbut; elles peuvent aussi n’être que la continuation de stomatites aiguës. Elles sont plus généralement limitées aux gencives. Elles affectent la forme fongueuse ou hypertrophique.

Stomatite fongueuse ou hypertrophique. — Elle est caractérisée par l'épaississement de la muqueuse et un relief très accusé du bord libre de la gencive, au niveau des languettes interstitielles, ou par la formation de végétations charnues et mamelonnées sur les gencives. Coloration rouge foncé et aspect général spongieux, granuleux. Suintement purulent et saignements fréquents. Fétidité de l'haleine et augmentation de la sécrétion salivaire.

L’abondance du tartre et surtout le port continuel d’un appareil prothétique insuffisamment nettoyé peuvent provoquer cette inflammation.

Quand l’hypertrophie de la gencive est très étendue, elle peut occasionner de graves troubles foncionnels. Dans les cas graves, cette variété peut amener l’ébranlement et la chute des dents.

Les différentes stomatites se présentent soit successivement , sous l'une des formes de la maladie que nous venons d'étudier, comme la gingivite tartrigue qui d’érythémateuse peut, dans certains cas, devenir ulcéreuse, soit spontanément comme la stomatite

ulcéro-metn braneuse, qui est d’emblée ulcéreuse, ou le nomn, qui est de suite gangreneux.

Stomatites traumatiques, toxiques et spécifiques. — Étudiées au point de vue de leur étiologie, les stomatites ont été classées par divers auteurs (Magilot, Sébileau, lsch Wall), 1° en stomatites traumatiques, 2° stomatites toxiques, 3° stomatites spécifiques, qui ont une évolution et quelques symptômes déterminés.

Stomatites traumatiques. — Les stomatites traumatiques sont : la stomatite ou mieux la gingivite tartrique, celle des fumeurs et de certaines industries (verriers, etc.).

Gingivite tartrique. — Localisée presque toujours aux gencives, elle est mieux désignée sous le nom de gingivite; elle affecte généralement la forme érythémateuse.

Elle est reconnaissable par la rougeur de la gencive au contact des dépôts de tartre formés au collet des dents; les dépôts se forment au voisinage des orifices de sortie des canaux, des glandes salivaires, c’est-à-dire à la mâchoire inférieure, à la face interne des dents antérieures et à la mâchoire supérieure à la face labiale des molaires (1) (Chauvin et Papot).

Le tartre se dépose quelquefois d’un seul côté de la mâchoire, le malade ayant cessé de mastiquer de ce côté depuis un certain temps. La gingivite est limitée aux parties de gencives voisines des dents recouvertes de tartre.

Gingivite des fumeurs. — L'abus du tabac, des poudres dentifrices de charbon, provoque ces lisérés charbonneux au bord libre des gencives et une irritation légère consécutive.

Dans le premier cas, elle forme la gingivite des fumeurs.

'i) Voir Frey, Pathologie de la bouche et des dents , in Manuel du chirurgien dentiste.

Gingivite des tailleurs de verre. — Dans les différentes industries où les ouvriers sont en contact avec des poussières irritantes, comme les verriers, il se produit une inflammation légère des gencives, comme la gingivite des tailleurs de verre de Baccarat.

Stomatites toxiques. — Les stomatites toxique* sont : les stomatites mercurielle, cuprique, bismuthique, iodique, phosphorique, etc.

Stomatite mercurielle. — Cette inflammation consécutive à l 'absorption du mercure est caractérisée par une abondante sécrétion salivaire ou ptyalisme.

Elle affecte assez rapidement la forme ulcéreuse.

Les gencives sont gonflées, l'haleine est létide et les dents semblent déchaussées et allongées.

Si la maladie progresse, on remarque que la tuméfaclion des gencives augmente et envahit la langue •et les joues. De petites ulcérations superficielles recouvrent la membrane muqueuse. Les gencives forment autour des dents un liséré rouge et saignant. Les sécrétions salivaires peuvent être très abondantes.

Si la maladie continue sa marche progressive, la langue augmente de volume, ainsi que la glotte. Dans certains cas, la fièvre, l’épuisement et la diarrhée peuvent amener des complications funestes.

Dans les formes graves de la stomatite mercurielle, l’inflammation gagne le périoste alvéolo-dentaire ; les dents sont déchaussées, ébranlées; la faceinterne des joues se tuméfie et porte l’empreinte des dents, ila langue acquiert un volume considérable glossite). Toutes les parties envahies par l'inflammation sont rougeâtres et présentent des ulcérations qui se recouvrent d’un enduit grisâtre pultacé. La salivation •est continuelle: la salive s'écoule nuit et jour hors de la bouche et en telle abondance que le malade rend jusqu’à 3 et 4 litres en 24 heures (salivation mercurielle). Cette salive contient du mercure en

petite quantité et blanchit l’or. Au milieu de ces symptômes, la déglutition devient fort difficile, l’haleine est horriblement fétide, la fièvre est ardente,, la diarrhée survient et le malade tombe dans une anémie profonde (1).

Stomatite bismuthique. — Le bismuth produit sur la gencive un liséré brun, violacé ou noirâtre. Les autres symptômes sont analogues à ceux de la gingivite mercurielle.

Stomatites diverses. — Il en est de même des stomatites ou gingivites dues à l’absorption de l’argent, qui donne le liséré argyrique violet (Guipon de Laon) ; du plomb, qui donne le liséré saturnin ; du cuivre, liséi'é cuprique; du phosphore, du nitrate d’argent, de l'arsenic, du bromure, du cyanure et de l’iodure de potassium.

Parmi les substances organiques, Magitot cite la fuchsine et le jaborandi comme susceptibles de produire une tuméfaction des gencives.

Stomatites spécifiques. — Les stomatites spécifiques sont: les stomatites aphteuse, crémeuse (muguet),. ulcéro- membraneuse , scorbutique, syphilitique, tuberculeuse, diphtérique, ainsi que celles dues aux diversesmaladies infectieuses. Magitot y joint la gingivite des femmes enceintes.

Stomatite aphteuse. Aphtes. — L’ulcération peut se développer sur la muqueuse buccale ou sur le pharynx. Elle débute par l’apparition de petites vésicules entourées d’un liséré blanchâtre.

Au bout de 2 ou 3 jours, les vésicules laissent écouler un liquide blanchâtre, et les ulcérations se recouvrent d'une croûte jaunâtre. La cicatrisation s’opère en 4 ou 5 jours sans laisser de marques apparentes.

(i) Dieulafoy, Palh. inl., îS'jfJ.

Les phénomènes fonctionnels qui accompagnent cette affection ont une intensité peu marquée et la douleur locale qui accompagne l’ulcération est de nature plutôt légère (forme légère). Lorsque les symptômes généraux acquièrent une certaine intensité, ils provoquent une fièvre spéciale désignée sous le nom de fièvre aphteuse. « La fièvre est vive, 1ertroubles digestifs sont intenses, et la maladie, principalement chez les enfants et les vieillards, revêt une forme adynamique qui peut se terminer par la mort » (Dieulafoy).

Les lésions sont analogues à celles produites sur les animaux de la race bovine par la stomatite aphteuse dite cocotte, ce qui semble établir le caractère de transmission de celte affection des animaux à l’homme.

Stomatite crémeuse ou muguet. — Affection contagieuse, due à la présence d’un parasite, Voidium albicans ou saccharomyces albicans, et caractérisée par un enduit d’aspect caséeux, sur la langue d'abord, puis sur toute la muqueuse buccale.

La muqueuse buccale revêt un aspect luisant. Elle est douloureuse. La chaleur et la coloratiou rouge apparaissent dès le début de cette affection. Puis paraissent des petits points blanchâtres, qui forment peu à peu des plaques irrégulières et minces.

La mastication et la déglutition sont difiiciles. 11 survient des vomissements et de la diarrhée, qui précèdent, suivent ou marchent simultanément avec l’apparition de la maladie.

L’examen microscopique ne permet aucun doute sur cette affection, qui révèle la présence du champignon parasite. 11 permet en même temps de ne pas la confondre avec la stomatite diphtérique.

Le muguet apparaît chez les enfants mal nourris,

INFLAMMATIONS ET INFECTIONS DE LA BOUCHE. îiO

chez les adultes à la suite des maladies aiguës et chez les vieillards affaiblis. Il a dans ces deux derniers cas une signification grave.

No MA OC GANGRÈNE 1)E LA BOCCIIE, STOMATITE PUTRIDE,

maligne, gangreneuse. — Maladie infectieuse, d'origine microbienne, caractérisée par la gangrène de la bouche. Beaucoup plus fréquente chez les enfants.

Le noma débute généralement par une induration de la face interne de la joue précédant une ulcération grisâtre qui envahit bientôt la muqueuse.

L’ulcération est entourée d’une zone rougeâtre à liséré saillant et dur. La gangrène gagne la peau de la joue, produit la perforation. Elle peut atteindre les os, les nécroser et provoquer la chute des dents.

Les désordres généraux qui accompagnent cette affection sont la fièvre, qui peut devenir intense et délirante, la diarrhée, l’amaigrissement ; la salive est fétide et sanguinolente.

La mort peut survenir par épuisement entre le 5e et le 15e jour.

Stomatite ulcéro-membranecse. — Cette affection, qui débute spontanément par la forme ulcéreuse, s’en distingue par son , caractère épidémique et contagieux, d’où les noms de stomatite ulcéreuse épidémique, stomatite ulcéro-membraneuse des soldats, etc.

Les petits ulcères qui apparaissent d'abord sur les languettes inter-dentaires s’étendent à toute la gencive en longues plaques grisâtres, de forme ovalaire, puis gagnent les joues, la langue, la voûte palatine, les piliers, les amygdales.

Les plaques se détachent par les bords, puis, après la chute de l’eschare, laissent le fond de l’ulcère saignant et les bords déchiquetés et irréguliers. La mastication est très douloureuse. Ces désordres siègent généralement d’un seul côté, et de préférence à gauche.

Stomatite scorbutique. — Dans le scorbut, les gencives onl un aspect spécial. Elles sont très hypertrophiées, fongueuses, saignant facilement, elles n’adhèrent plus aux dents qu’elles recouvrent en partie ; à ces symptômes s’ajoutent ceux de la gingivite ulcéreuse : fétidité de l'haleine, salivation extrême, ébranlement des dents, mastication difficile, etc.

Stomatite des femmes enceintes. — Chez presque toutes les femmes enceintes, les gencives sont le siège de phénomènes morbides plus ou moins accusés, déjà constatés à la période menstruelle. Au niveau des deux maxillaires, elles sont plus rouges et plus congestionnées qu'à l’état normal. La saillie du bord libre, inter-dentaire surtout, exagère l’aspect festonné normal et recouvre une partie de chaque dent. La moindre pression exercée au niveau de la tuméfaction détermine de petites hémorrhagies.

A un degré plus avancé, les dents ont perdu de leur solidité; il devient facile de leur imprimer des mouvements appréciables; enfin elles peuvent être spontanément expulsées de leur loge alvéolaire. La douleur est rarement vive (1).

§ o. — Voûte palatine et voile du palais.

Abcès. — Les abcès de la xoûte palatine sont caractérisés par une rubéfacLion intense. La tuméfaction est surmontée d’un point blanchâtre annonçant la perforation de l’abcès.

Leurs signes fonctionnels se traduisent par la fièvre, la difficulté d'ouvrir les mâchoires, la gène dans la respiration et la phonation (nasonnement . La luette se porte du côté opposé.

(1) A. Pinard et Désiré Pinard, De la gingivite des femmes enceintes et de son traitement, Paris, 1877.

Les abcès sont généralement d'origine dentaire. Ils siègent le plus souvent au niveau des racines palatines des molaires et quelquefois à la hauteur des racines des incisives latérales supérieures.

Ces derniers donnent lieu à des gonflements qui, malgré le traitement de la périostite alvéolo-dentaire qui les a provoqués, sont très longs à disparaître.

Les abcès s’étendent plus rarement du côté du voile du palais.

§ 6. — Pharynx.

Abcès rétro-pharyngiens. — Ces abcès, les plus importants parmi les suppurations de l’arrièrebouche, siègent entre le pharynx et la colonne vertébrale. Leur volume varie d’une noisette à un œuf.

La première période de leur apparition dite angineuse (Gautier) est précédée de coryza, d’angine et peut passer inaperçue surtout chez les enfants.

C’est dans la deuxième période, période d’état, que survient l 'adénite.

Symptômes. — Les symptômes physiques qui accompagnent ces abcès sont les suivants: tuméfaction diffuse du pharynx, rubéfaction et saillie de la face postérieure.

Le* symptômes généraux se manifestent par la pyrexie, la céphalalgie, les vomissements. La douleur est aiguë à l’arrière de la tète et le moindre mouvement l’exaspère. La déglutition devient difficile et la dyspnée est fréquente.

Dans la troisième période, dite de suppuration, la douleur devient très vive, le malade éprouve la sensation d'un corps étranger dans la gorge, avec des accès de toux fréquente, voix nasillarde, rigidité du cou, tète renversée en arrière ou latéralement.

Les phénomènes de dyspnée surviennent par

Godon. — Clinique dentaire. 4

crises qui augmentent dans le décubitus dorsal.

Diagnostic. — Le diagnostic est assez délicat. On peut confondre ces abcès avec l'amygdalite phlegmoneuse, l'angine grave, le croup, l’oedème de la glotte, les tumeurs et les corps étrangers du pharynx. Le toucher est le moyen le plus efficace pour préciser la nature et le siège du phlegmon.

On peut pratiquer un toucher très utile en se plaçant derrière le sujet et en introduisant les deux index en forme de crochet. La sensation de fluctuation proprement dite s’obtient ainsi très facilement.

La pression du doigt sur le pus de la tumeur produit un véritable choc en retour.

§ 7. — Maxillaires.

Ostéo-périostite ou ostéite des maxillaires. —

Elle débute ordinairement par le plancher des fosses nasales pour se propager ensuite à la voûte palatine (Duplay). Elle se manifeste par la douleur et le gonflement local. Elle siège généralement au maxillaire supérieur sur la ligne médiane, quand elle provient de la syphilis, ou au voisinage de l'arcade dentaire, quand elle est d'origine dentaire. La fluctuation indique la formation de l’abcès.

L’ostéo-periostite des maxillaires est aiguë ou chronique.

Elle peut être simple, suppurée, hvpertrophiante, tuberculeuse ou syphilitique.

L’osLéite simple est généralement d’origine dentaire et limitée aux bords alvéolaires.

L’ostéite suppurée, lorsqu'elle s’étend au corps de l’os, offre une certaine gravité. Elle siège de préférence au maxillaire inférieur, à l'angle de la mâchoire et est caractérisé par le gonflement de la joue, des douleurs vives, de la fièvre.

Lorsque l’abcès est formé, le pus s’échappe soit par les alvéoles dentaires soit par une fistule cutanée.

L'extension de la maladie peut amener la mort par infection purulente, par phlébite des sinus de la dure-mère.

L’ostéite hypertrophiante est caractérisée par des dépôts osseux sur la surface de l’os.

L’ostéo-périostite tuberculeuse affecte la forme chronique. Elle marche avec lenteur. Les abcès s’ouvrent dans la bouche, à la joue ou à la partie supérieure du cou.

L’ostéo-périostite syphilitique siège généralement au maxillaire supérieur et donne lieu souvent à des perforations de la voûte palatine.

Nécrose des maxillaires. — La nécrose des maxillaires atteint plus fréquemment le maxillaire inférieur que le supérieur.

Elle peut siéger aux bords alvéolaires, à l’angle de la mâchoire, sur les branches montantes ou sur le corps de l’os.

Dans les nécroses d’origine dentaire, l’affection est généralement limitée au bord alvéolaire.

L’élimination du séquestre est la terminaison la plus générale de cette affection.

Nécrose phosphorée. — « Variété de nécrose des maxillaires susceptible de s’étendre par continuité ou par contiguïté aux autres os de la face et du crâne et ayant pour cause l’exposition prolongée aux vapeurs du phosphore » (Jamain et Terrier).

Symptômes. — Les symptômes se divisent, comme pour la nécrose, en trois périodes:

1° Osléo-périostite ou première période. — Constance des douleurs dentaires. Saignement des gencives et salivation sanguinolente. Les gencives sont congestionnées et douloureuses.

Plus lard, irradialion des douleurs vers l’oreille, Tuméfaction de la face.

L'affection reste stationnaire ou se termine par résolution, mais le plus souvent elle aboutit à la nécrose.

2° Nécrose ou deuxième période. — Les douleurs précédentes diminuent, mais les dents se déchaussent et tombent. La dénudation de l’os est visible. A l’apparition de la suppuration, les symptômes inflammatoires diminuent. Des fistules s’établissent qui laissent écouler un pus séreux. Haleine fétide, difficulté dans la phonation et la déglutition.

3° Séquestre ou troisième période. — Les phénomènes de cette période ne se manifestent que fort tard Le séquestre apparaît du côté de la bouche, d’une couleur gris sale. Ses aspérités gênent et blessent le malade, il dexient mobile et n’est expulsé qu’après un temps assez long.

Cette affection évolue très lentement.

Marche. Durée. — La guérison est possible; d'autres fois, la maladie dexient chronique. La mort peut survenir en quelques mois par épuisement, érysipèle, phlébite des sinus de la dure-mère, rétrécissement du larynx.

Actinomycose. — Cette affection est due à un -champignon spécial, VActinomyces bovis (1).

La maladie débute par des douleurs qui siègent au niveau des dents. Du côté de la muqueuse ou de la peau, on constate un gonflement inflammatoire souvent à l’angle de la mâchoire. La peau en est souvent ulcérée et, par l’ouverture de cette tuméfaction, il s’écoule un liquide séreux contenant les champignons parasites.

Les mâchoires sont parfois sujettes à la constric-

(i) Voir Frey, Pathologie, in Manuel <lu chirurgien dentiste.

lion, d’autres fois dos orifices iistuleuxse produisent. L’inflammation qui accompagne ces phénomènes peut envahir le cou et aller jusqu’à la clavicule en donnant naissance à des abcès.

L’examen histologique est le procédé de diagnostic le plus certain de celte affection.

Le pronostic paraît plus grave lorsqu’il s’agit du maxillaire supérieur. (Moosbrugger.)

La marche de la maladie est généralement chronique.

§ 8. — Sinus maxillaire.

Abcès ou empyème du sinus. — La douleur s’irradie vers l’œil , l’oreille et les dents. Après l’apparition du pus, la distension de la paroi projette l’œil en haut et produit un léger gonflement persistant de la face. La sortie d’ün pus fétide par l’orifice du sinus, par la narine correspondante, est le signe caractéristique de cette affection, lise produit quand le malade se mouche ou penche la tète.

Généralement, à la suite de l’extraction d’une dent, le pus s’échappe abondamment par l’alvéole.

L'abcès du sinus peut être confondu avec l’ozène ou avec certaines lésions syphilitiques tertiaires.

Dans l’ozène, la fétidité est inconsciente et des croûtes verdâtres recouvrent la muqueuse.

L’abcès du sinus étant généralement consécutif à une carie dentaire du quatrième degré, examiner les dents supérieures, les prémolaires et les molaires.

Fistules du sinus. — A la suite d’un abcès, un trajet listuleux peut se créer du côté de la peau ou s’ouvrir dans la bouche et donner lieu à une fistule. LUe peut être occasionnée chirurgicalement et être la conséquence du traitement de l’abcès du sinus.

§ 9. — Articulation temporo -maxillaire.

Arthrites. — L’inflammation, connue sous le nom d’artlirite temporo-maxillaire, présente trois variétés cliniques :

1° Arthrite aiguë. — Elle débute par une douleur assez vive, avec irradiations névralgiques du coté de la tempe. La pression locale arrache des cris au malade. L’articulation est entravée et le malade éprouve une gène considérable dans la mastication et la phonation.

Le gonflement peut survenir au niveau de la partie malade.

2° Arthrite sèche. — Elle se manifeste soit par l’hypertrophie soit par l’atrophie du col du maxillaire. Une crépitation indolente, une irrégularité dans les mouvements de la mâchoire, des craquements, deladouleur, tels sont les signes les plus marquants de cette deuxième variété.

3° Arthrite fongueuse ou tumeur blanche. — A la suite de douleurs sourdes, intermittentes, puis continues, on remarque un abcès, précédé d'un gonflement local. Cet abcès s’ouvre tantôt au conduit auditif, tantôt à la peau. 11 arrive parfois que desparticules d os nécrosé sont éliminées usée l'abcès. La grande mobilité de la mâchoire augmente la difficulté de la guérison.

Constriction des mâchoires. — « On désigne par constriction des mâchoires, l'impossibilité d'ouvrir suffisamment la bouche pour effectuer la mastication » (Jamain et Terrier).

L’importance de cette affection réside dans son état passager ou permanent. D’où la division clinique en constriction temporaire et en constriction permanente.

1° Constriction temporaire. — Elle a encore été

appelée constriction spasmodique. Elle reconnaît pour causes l’hystérie, une lésion locale, telle que l'arthrite aiguë, l’angine, les oreillons, les ostéites, les complications de l’extraction, l’éruption vicieuse de la dent de sagesse. La douleur n’existe généralement que dans les efforts pour ouvrir les mâchoires.

2° Constriction permanente. — La marche de cette affection est progressive et généralement incurable.

Elle peut être due à une rétraction permanente des muscles de la mâchoire ou à des brides cicatricielles résultant d’ulcération ou de gangrène de la joue, ou à l’ankylose de l’articulation. Elle provoque la maigreur et l’affaiblissement à cause de la difficulté qu’éprouvent les malades à s’alimenter. Les vomissements, lorsqu’il s’en produit, peuvent, par le fait de cette constriction, être gênés dans leur sortie et par leur séjour dans l’arbre aérien provoquer la mort.

§ 10. — Plancher de la bouche.

Glandes sous-maxillaires et sublinguales.

Phlegmon circonscrit ou abcès sublingual. — 11

est assez fréquent chez l’adulte. Il peut résulter d’une inflammation voisine, de l’irritation occasionnée par la dent de sagesse, de la périostite du maxillaire.

Œdème considérable du côté de la bouche, tuméfaction de la langue, repoussée vers le voile du palais ; gène dans la respiration, la déglutition, la phonation ; douleurs lancinantes, température élevée.

L’abcès s’ouvre généralement dans le plancher de la bouche.

Phlegmon diffus ou angine de Ludwig. — Cette inflammation gangreneuse se rencontre, comme la précédente, dans l’âge adulte. L’infection peut provenir d’une dent cariée, de plaies labiales, d’ulcérations.

Le malade se plaint de raideur dans la tète. La

respiration devient difficile, la phonation est défectueuse et la déglutition entravée. Les signes fonctionnels se traduisent par la lièvre, la courbature. L’inappétence est très marquée. Le plancher buccal •offre une saillie violacée. La langue est tuméfiée, surélevée. Dans la suite, la tuméfaction progresse rapidement, la salive s’écoule par la bouche entr ouverte et la fièvre atteint facilement 40°.

§ 11. — Parotide.

Parotidite catarrhale, ourlienne ou oreillons. —

Maladie générale aiguë, contagieuse, infectieuse, •caractérisée par une localisation qui porte sur la parotide.

L’incubation peut être accompagnée de frissons, de malaise, de fièvre {fièvre ourlienne), etc. Puis il se produit la tuméfaction successive des parotides, dont le maximum est atteint vers le quatrième jour. La peau est un peu tendue, luisante et blanche ou rosée. Les glandes sous-maxillaires et sublinguales sont quelquefois atteintes de tuméfaction. La palpation et la mastication exercent une pression douloureuse.

Les complications qui peuvent se produire sont l’angine, la stomatite érythémateuse, la méningite, l’aphasie, la surdité, l’orchite, etc.

L’inflammation se résout vers le cinquième jour, et il y a rarement de la suppuration.

Cette affection atteint principalement les enfants, les adolescents et de préférence le sexe maculin.

Parotidite phlegmoneuse ou bubon parotidien. — Inflammation grave de la glande parotide, qui se termine habituellement par suppuration ou gangrène (S. Duplay).

Cette affecLion est occasionnée le plus souvent par la propagation d'une inflammation voisine. La paro-

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