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C . F,slules / Cutanées. - » multiples

D. Nécroses par- i Limitées — étendues — avec ou sans se-

tielles I questre.

^ î . En sphère.

E. Exostoses .. . • ?.. En nappe.

1 3. En niasse.

; i . Sous-maxillaire.

F. Adénite <2. Prèmassétérine.

( 3. Parotidienne.

G. Contracture musculaire. — Trismus.

L’examen de celte classification montre quelle place importante le traitement de la carie du 4e degré occupe dans la thérapeutique dentaire, importante par le traitement proprement dit quelle nécessiLe, importante aussi par la fréquence de cette affection, eL de ses complications, la négligence des patients les portant le plus souvent à attendre pour venir réclamer des soins que la dent en grande partie détruite, soit arrivée à ce dernier degré de la carie et qu'elle soit accompagnée de désordres souvent étendus.

Indications. — D'une manière générale les indications du traitement de la carie du 4e degré sont les suivantes :

1° Faciliter la sortie des gaz et des liquides enfermés dans la dent et résultant de la décomposition de la pulpe et des rameaux radiculaires;

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2° Faire l’antisepsie de la dent infectée (cavité de la carie et cavité pulpaire, canaux radiculaires, dentine infectée et canalicules dentinaires) ;

3° Traiter les complications : périostite à ses divers degrés et désordres consécutifs;

4° Réparer les pertes de substance par l’obturation ou les couronnes artificielles.

1° Faciliter la sortie des gaz et des liquides enfermés dans la dent. — C’est la première indication à remplir en présence d’une dent à pulpe morte.

11 peut se présenter deux cas :

a. La cavité pulpaire n'est pas ouverte. - La dent n’a pas de cavité de carie, la pulpe est morte à la suite, d’un traumatisme ou d’un état diathésique, la dent porte une ancienne cavité fermée par une obturation, ou enfin la cavité cariée, quoique non obturée, ne communique par aucun pertuis avec la cavité pulpaire.

Dans ce cas, il faut trépaner la dent sur sa face triturante et en dirigeant un foret bien aiguisé dans l'axe de la dent, si elle est a racine unique ou bifide; un peu obliquement , si elle est multiradiculaire.

La trépanation est- suffisante, lorsque le foret a pénétré dans la cavité pulpaire, ce que l’on ressent très bien par l’absence de insistance et par l’odeur spéciale qui s’échappe par cette ouverture, odeur souvent assez forte pour que l’opérateur puisse la sentir d'où il est placé, et dont la pointe du foret reste imprégnée.

La sonde doit, par cette première ouverture, pénétrer facilement dans le canal.

Dans les dents multiradiculaires, après cette trépanation oblique, il faut, pour atteindre les autres canaux, creuser par la même ouverture une voie verticale vers les canaux antérieurs, soit à l’aide du même foret ou d'une fraise, soit encore à l’aide des

DENTISTERIE OPÉRATOIRE.

mêmes instruments montés sur la pièce, mais à angle droit du tour dentaire, suivant la position de la dent.

Dans la 2e classe des caries du 4e degré, lorsqu'il y a de la périostite aiguë et par suite une vive douleur, il est préférable de se borner, dans la première séance, à cette trépanation sans autre manœuvre de nettoyage que des irrigations antiseptiques, afin de ne pas exacerber la périostite et augmenter la douleur.

Généralement cette seule ouverture de la cavité pulpaire suffit pour produire un soulagement souvent immédiat, quelquefois après deux ou trois heures ; il en est de même pour les dents déjà obturées, à moins que l’obturation puisse s'enlever sans grands efforts ou que l’on soit en présence d'une récidive de périostite et que la cavité pulpaire et les canaux soient déjà obturés. Dans ce cas, il faut les désobturer également.

b. La cavité pulpaire est ouverte — La dent porte une carie pénétrante, atteignant la cavité de la pulpe, avec laquelle elle communique par une ouverture plus au moins large.

Cette ouverture est, soit un étroit pertuis qui fait communiquer la cavité de la carie avec la cavité pulpaire et que l’on découvre difficilement avec la pointe d’une sonde fine, soit une ouverture large où pénètre l'excavateur, soit enfin la voie artificielle créée à travers la dent par la trépanation indiquée plus haut.

Il faut maintenant faciliter l’évacuation des liquides et des gaz résultant de la putréfaction de la pulpe.

Irrigations. — La première manœuvre consiste dans des irrigations antiseptiques tièdes, avec la seringue ou la poire en caoutchouc, que l’on répète un certain nombre de fois. Ces irrigations

nettoient la cavité de la carie et entraînent au dehors les liquides et les débris mobiles putréfiés d’aliments, d'ivoire et de pulpe qu’elles atteignent et qui auraient pu dans le cours des manœuvres d'exploration être entraînés par la sonde dans l'alvéole. Elles doivent, du reste, être continuées pendant les diverses manœuvres opératoires susceptibles de laisser après elles des débris quelconques.

Le soulagement immédiat qu’elles procurent le plus souvent au malade, dans les cas de périostite, montre leur efficacité.

Lorsqu'il y a déjà, à la pointe de la racine, une collection purulente, il faut tenter de faire évacuer le pus par la cavité pulpaire ainsi ouverte. Souvent cela se produit spontanément. Quelquefois on obtient ce résultat, en enfonçant une sonde à travei’s le canal jusque dans le sac de l’abcès. On presse ensuite sur la gencive, pour la vider entièrement par celte voie, et on laisse le canal ouvert jusqu’au lendemain.

2° Antisepsie de la dent infectée. — La conséquence de la carie du 4n degré est l’infection de la dent presque entière par la décomposition graduelle de la pulpe, de ses prolongements radiculaires, infection qui se répand à travers la denline par les canalicules dentinaires.

Après l’ouverture de la cavité pulpaire et la sortie des gaz et des liquides y enfermés, la suite du traitement comporte la désinfection de cette dent en s’attaquant d’abord :

1° Aux parties d’ivoire ramolli et carié, soit la résection de la dentine cariée ;

2° Aux débris de la pulpe qui se trouvent dans la cavité pulpaire et dans les canaux radiculaires que l’on enlève par le nettoyarje des canaux;

3° Enfin il reste à poursuivre la désinfection jusque dans les canalicules de l’ivoire par l'introduction de médicaments antiseptiques suffisamment volatils pour être absorbés et pour imprégner la denline infectée, c’est-à-dire faire l'oniisepsie des canalicules denlinaires ou de la denline.

a. Résection de la déminé cariée. — Après les irrigations, il faut, pour compléter le nettoyage de la cavité cariée, enlever, comme nous l avons indiqué dans les caries des 2e et 3e degrés, tout l'ivoire ramolli.

Cette opération se fait à l'aide des rugines à cuillère et des fraises montées sur le tour dentaire.

On peut réséquer hardiment, puisqu’il n'y a plus aucune sensibilité, partant aucune douleur.

Cette résection a pour but, comme dans les caries précédentes, de nettoyer parfaitement la cavité cariée, et aussi d’ouvrir largement la cavité pulpaire.

il faut, pour sauver la dent, rendre les canaux facilement accessibles. S'il est même nécessaire de sacrifier une partie de la couronne, on ne doit pas hésiter, afin de conserver le restant de l'organe.

Le sectionnement partiel de la couronne s'obtient à l’aide de ciseaux à émail et de la meule. L'intérieur de la cavité doit être fraisé.

Les caries interstitielles peuvent être transformées en caries de faces triturantes. Cependant, s'il s’agit de caries siégeant sur la face distale des grosses molaires, il est préférable, pour éviter une trop grande perte de substance, de faire, comme nous l’avons indiqué pour les caries du 3e degré, une autre ouverture au foret sur la face triturante, pour permettre la pénétration des sondes dans les canaux. L’ouverture postérieure de la carie devient alors sans utilité pour le traitement et peut être obturée aussitôt que possible.

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L’entrée des canaux peut être agrandie. Pour cela, on emploie les fraises flexibles de Gates. Il faut de grandes précautions, pour ne pas les briser, ce qui boucherait l’entrée du canal. On emploie également les petits trocarts d’Hopkins. 11 faut éviter de faire un faux canal.

La cavité doit être ouverte de telle façon que les sondes pénètrent facilement sans trop grande courbure.

On a conseillé également l’agrandissement du canal, ce qui constitue un procédé de nettoyage excellent, mais qui n’est pas toujours praticable.

Pour éviter le refoulement dans les canaux des parties détruites de l’ivoire dans l’intérieur, on doit constamment irriguer pendant l’opération avec la seringue ou la poire en caoutchouc. Le liquide employé doit être antiseptique : eau oxygénée, diluée dans trois ou quatre fois son volume d’eau (Dubois) ; une solution d’acide phénique, d’hydrate de chloral à 1 p. 100; de bichlorure de mercure à I p. 1000; solution d’acide phénique à 3 p. 100; solution d’eau chloroformée; solution d’acide borique à 3 p. 100; solutions d'acide thymique, de menthol ou de résorcine.

Le nettoyage de la cavité une fois obtenu, on dégage l'entrée des canaux que l'on a agrandis à la fraise.

b. Nettoyage et désinfection des canaux radiculaires. — Cette opération, qui Suit la précédente, se fait en introduisant dans les cavités des sondes chargées de coton imbibé d’un liquide antiseptique et en tirant au dehors, par un mouvement de torsion, les divers détritus résultant de la décomposition de la pulpe et de ses rameaux radiculaires.

On a conseillé, pour le nettoyage des canaux, toute la série des antiseptiques, seuls ou associés : les sels de mercure, la créosote, l’acide phénique, le per-

DENTISTERIE OPÉRATOIRE.

manganate de potasse, l’acide thymique, le sulfocarbol, la glycérine Ihymolée, le chlorure de zinc, l’eucalyptol, la teinture d'iode, l’iodoforme, auquel, à cause de l'odeur, Malié a proposé de substituer l'iodol, l’airol (1 ), enfin l’eau oxygénée, qui est un des meilleurs médicaments pour combattre l'infection des canaux dentaires, surtout en cas de suppuration, l’oxygène se combine avec l'hydrogène du pus et le liquéfie (2). Celte combinaison de l'eau oxygénée avec le pus est indiquée par les bouillonnements, les bulles qui se forment à l’entrée du canal, pendant la présence de la mèche chargée d'eau oxygénée.

Tant que ces bulles se forment, il faut continuer le nettoyage (Amœdo). Le chloroforme a été également recommandé (Bonnard).

M. Schreier, de Vienne, a préconisé également le potassium, qui, introduit dans le canal, saponifiait toutes les matières putrides, en donnant lieu à un dégagement de chaleur et de lumière. Ce procédé demande la pose de la digue et de grandes précautions, par suite de l'action du potassium en présence des liquides (3).

Nous avons déjà rappelé que Coleman a indiqué l'acide arsénieux comme antiseptique à placer à l’entrée du canal laissé vide sans autre substance et recouvert immédiatement d’une obturation.

Le nettoyage des canaux exige de grandes précautions et une certaine dextérité.

Les instruments les plus commodes sont, comme pour l’extraction des nerfs dentaires, les équarissoirs d’horloger détrempés. 11 faut qu'ils soient assez détrempés pour qu’en les courbant ils ne se brisent

(1) Voir Odontologie , 1896.

(2) L. Larrivé, L’eau oxygénée, son emploi en chirurgie. Paris, 1 883.

- (3) Congrès de Chicago ( Odontologie , i8g3).

pas ; il faut qu'ils ne le soient pas trop, alin que le moindre obstacle ne les fasse pas plier, et qu'ils conservent encore une certaine rigidité.

•Aussi la préparation de ces sondes exige-t-elle de grands soins; en effet, quelques-unes doivent être extrêmement fines, pour pénétrer dans certains canaux étroits, comme ceux des racines externes des molaires supérieures par exemple.

Un des meilleurs procédés de détrempe consiste à les placer dans un moufle rempli de sable, que l’on fait rougir et que I on laisse refroidir lentement.

Mais ces sondes doivent être garnies de mèchesde coton, que l’opérateur prépare lui-même en roulant quelques bribes de coton hydrophile, entre le pouce et l’index de la main gauche, autour de la sonde tenue de la main droite. Ces mèches doivent être presque cylindriques, régulières et se dégager de la sonde facilement, par simple pression, en formant une sorte de fourreau.

On comprend que, fabriquées ainsi entre les doigtsde l'opérateur, les mèches risquent de se charger d'un produit septique qui pourrait être introduit ensuite dans le fond du canal.

Aussi la sonde doit être aseptique, c’est-à-dire qu'il faut lui appliquer toutes les prescriptions imposées aux autres instruments (1).

Mais la mèche doit être aussi aseptique ou imbibée d’un liquide antiseptique.

Enfin, il faut éviter, pour ces mêmes raisons, dans les tâtonnements que l’on fait pour trouver le fond du canal, de toucher avec la pointe de la mèche la gencive ou le collet d une dent voisine. Les mèches doivent être introduites dans le canal avec beau-

(1) Voir Antisepsie du matériel opératoire. Go don. — Clinique dentaire.

DENTISTERIE OPÉRATOIRE.

coup de précaution et de lenteur. Les premières doivent être d'un diamètre bien inférieur à celui du canal, afin d'éviter de faire piston et de refouler vers l’apex les débris infectés, ce qui produirait immédiatement une poussée inflammatoire souvent très violente et très douloureuse du côté du périoste.

Le nettoyage du canal peut être considéré comme suffisant quand les mèches ainsi introduites sortent blanches , sèches et sans aucune odeur fétide. Avant d’obtenir ce résultat, il faut en introduire un certain nombre, vingt, trente, cinquante, quelquefois plus, surtout lorsqu’il y a du pus au fond du canal.

Aussi est-il quelquefois difficile de terminer le nettoyage en une seule séance. Un peu de douleur dans la gencive est aussi une indication de remettre le traitement à une séance suivante.

Avant d’obtenir des mèches de coton blanches, sèches et sans odeur, plusieurs séances sont souvent nécessaires. Dans ce cas, on laisse dans le ou les canaux une mèche de coton imbibéed’un liquideanliseptique, en fermant la cavité de la dent avec un pansement formé d’une houlette de coton iodé ou un pansement occlusif avec la gutta-percha (Dubois).

Pourtant, si l’infection ou la suppuration est encore grande, s’il existe de la douleur à la percussion, il est préférable de ne fermer qu'imparfaitement cette cavité, afin de laisser une issue aux gaz ou aux liquides; le coton iodé, légèrement pressé, convient très bien dans certains Cas, même il vaut mieux n’employer ni mèche, ni coton, sauf pendant les repas où le malade doit mettre une boulette de coton afin de prévenir l’entrée de débris alimentaires. Il faut, dit Brasseur, habituer lentement la dent à l’occlusion.

c. Nettoyage et obturation immédiate des canaux. — Certains opérateurs ont préconisé le nettoyage et

même l'obturation immédiate et définitive des canaux dentaires en une seule séance. Cette pratique est indiquée dans certains cas favorables où l’infection est faible, ou lorsqu'il existe des listules, pour donner issue aux gaz ou aux liquides. Dans les autres cas, elle semble téméraire, malgré la statistique d’un certain nombre de succès (Cuningham). Dubois conseille pourtant de mettre, dès la première séance, par-dessus la mèche antiseptique laissée dans le canal, un pansement occlusif à la gutta-percha, qui, suivant les cas et la sensibilité, peut être changé au bout de vingt-quatre ou quarante-huit heures, quelquefois plus. Il considère cette pratique comme préférable au pansement à la boulette cle coton, qui, au bout de quelques heures, s'imprègne de salive et d'aliments et s’infecte.

Le nettoyage des canaux est l’opération la plus importante du traitement de la carie du 4e degré; il faut lutter contre les produits de putréfaction résultant de la décomposition de la pulpe et des rameaux radiculaires, contre l’envahissement des microbes. Aussi, l’emploi des médicaments antiseptiques puissants est-il nécessaire. On les emploie généralement à l’état pur, aucune intoxication n’étant à craindre par suite de la petite quantité qui est portée par la mèche dans le canal.

11 n’v a pas lieu de distinguer les désinfectants des antiseptiques, mais il faut éviter les antiseptiques caustiques, excepté lorsqu’il reste un point sensible le long des parois du canal ; projetés au fond de l’alvéole, ils provoquent de l’irritation du périoste.

Il faut donner la préférence aux médicaments volatils, par suite des difficultés d’accession au fond des canaux ou dans les anfractuosités le long de leurs parois.

Les essences, déjà stimulantes, conviennent par-

DENTISTERIE OPÉKATOIKE.

faitement si elles ont un pouvoir antiseptique reconnu. D'après Chamberlain!, les essences qui sont les plus antiseptiques à l’état de vapeur et en solution sont la cannelle de Cevlan, la cannelle de Chine et l’origan; l’essence de girofle, qui est assez énergique en solution, n’est pas stérilisante à l'étal de vapeur; l’acide thymique, la cannelle de Chine se sont montrés plus actifs que l'acide phénique, le chlorure de zinc et l’acide borique (1).

Cette citation justifie les résultats que l’on obtien! dans la pratique avec les formules d'antiseptiqueemployés pour le nettoyage des canaux et qui contiennent de l’essence de girofle, de l'acide thymique.

Nous verrons (p. 185) que l’action chimique de ces médicaments est complétée par des moyens physiques comme la sécheresse, la chaleur, etc.

d. Antisepsie des canalicules dentinaires et l>e la dentine infectée. — Les travaux des micrographes ont montré quels ravages étaient produits dans le (issu dentinaire pendant la carie du 4e degré et combien les canaux dentaires étaient loin de conserver leur forme normale par suite des anfractuosités creusées à l'entrée des canalicules.

Or ces anfractuosités sont difficilement atteintes pendant le nettoyage des canaux ; les canalicules de l’ivoire ne le sont pas du tout. La dent ne peut donc être considérée comme désinfectée, comme guérie.

La désinfection des canalicules de l'ivoire s'obtient par la pénétration de médicaments antiseptiques.

Ceux qui peuvent être plus facilement absorbés sont naturellement les plus volatils, comme nous le disions plus haut. On a pour les mêmes raisons conseillé l’emploi du chloroforme (Bonnard).

(i) Chamberland, Les essences, au point Je vue de leurs propriétés antiseptiques ( Annales de l'Institut Pasteur , avril 1877, p. 253).

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On facilite l’absorption de ces divers médicaments par plusieurs procédés :

1° La sécheresse est une des conditions nécessaires du traitement des canaux dentaires, la salive contient de nombreux microbes contre l'introduction desquels il faut protéger la dent déjà nettoyée. On l’obtient en isolant la dent à l'aide de la digue en caoutchouc.

2° La. chaleur complète l'action de l'isolement et de la sécheresse obtenue grâce à la pose de la digue.

La chaleur s’emploie pour deux motifs : 1° pour achever la destruction des microbes ; 2° pour faciliter l'absorption par les canalicules dentinaires des médicaments antiseptiques portés dans le canal. Divers procédés sont employés pour utiliser la chaleur dans le traitement des canaux, soit en projetant de l'air chaud, à Laide de la poire à air chaud, de l'injecteur électrique de Barbe, de Telschow, de l’appareil de Bing, de Brasseur projetant de l’air comprimé et chaud; à l’aide de tiges rougies portées dans le canal, comme nous l’avons préconisé; avec les sondes galvano-caustiques (1), comme l’a indiqué Roger; à l'aide du thermo-cautère de Paulme, ou des tiges d’argent d’Amoedo.

e. Blanchiment des dents. — Lne des conséquences de la carie du 4e degré la plus fréquente est la coloration grisâtre de la dent par suite de la décomposition souvent rapide de la pulpe et des fibrilles dentinaires dans les canalicules de l’ivoire. La dent prend une teinte gris ardoise, quelquefois rouge foncé ou même noire, qui, dans les dents antérieures, est d’un très mauvais effet.

Le traitement antiseptique de la dent terminé, on doit, avant de l'obturer, faire disparaître cette colo-

(i) Voir Odontologie, 1882.

ration anormale que le traitement a souvent déjà bien diminuée, surtout si on a employé l'eau oxygénée. Pour cela, on emploie divers médicaments, le chlorure de chaux, l'acide sulfureux, l'alun, l’iode métallique, l’acide oxalique, le chlorure d'alumine, l’hypochlorite de soude ou liqueur de Labarraque, le chlore à l'état naissant.

Parmi les procédés pour obtenir le blanchiment des dents, il en est d’immédiats et de médiats.

Procédés immédiats. — Placer dans la dent quelques cristaux de chlorure d’alumine, les mouiller avec de l’eau oxygénée, laisser en contact 3 à 5 minutes, puis laver la cavité avec de l’eau distillée, et neutraliser les résidus acides par une solution de borate de soude à i'ô p. \ 00, obturer ensuite iHarlan .

On peut aussi employer l'alun calciné, mouillé par la liqueur de Labarraque.

Procédés médiats. — La dent bien lavée à l'eau oxygénée, la digue étant placée, on sèche la cavité à l’air chaud, puis on place une pâte de chlorure de chaux et d’acide acétique (Trueman, Andrieu et on recouvre vivement de gutta-percha. On rouvre deux jours après et l’on recommence deux ou trois fois. Le blanchiment est produit par faction du chlore à l’état naissant. Eviter de se servir d'instruments d’acier qui noircissent au contact du chlore. Kirk conseille l’emploi du sullite de soude, o grammes, mêlé à l’acide borique, 3 grammes.

On place celle poudre dans la cavité humectée d'une goutte d’eau, pour produire le dégagement d'acide sulfureux et l’on ferme rapidement à la gutta-percha.

On répète ce traitement deux ou trois fois. Au moment de l’obturation on place dans la cavité du ciment blanc ou une feuille d'or à aurifier.

Toutes les parties de la dent parfaitement antiseptiques, cavité cariée, cavité pulpaire, canaux radi-

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culaires et canalicules dentinaires, on vérifie les résultats obtenus par 1* obturation provisoire.

f. Obturation provisoire des canaux. Pansement a demeure. — Lorsque les mèches placées dans les canaux sortent propres, blanches, sèches et sans odeur putride, la dent peut être considérée comme guérie. Cependant pour être tout à fait à l'abri d’une récidive, on a l’habitude de faire une obturation provisoire de la dent et du canal, pendant une semaine environ. Dans ce cas, on laisse dans le canal une mèche antiseptique, on obture la dent à la guttapercha et si au bout de huit jours au moins, les résultats se maintiennent, que la mèche sorte blanche sèche et sans autre odeur que celle du médicament employé, la dent solide et insensible à la percussion, la gencive sans coloration anormale, le canal et la dent sont prêts pour l’obturation définitive.

L'action des médicaments employés pour les pansements à demeure doit être différente de celle des médicaments employés pour les irrigations ou pour les mèches détersives.

Cette action doit être lente, persistante. Le médicament employé doit continuer à imprégner les parois du canal et la dentine, afin d’éviter tout retour de l’infection, défendue déjà par l’occlusion aussi parfaite que possible des deux ouvertures de la dent; le foramen de l’apex doit être bouché autant que possible (1) et l'ouverture de lacarie fermée par l’obturation. Les médicaments volatils, tels que l’acide thymique, le menthol, l’essence de girofle, l’eucalyptol, l’iodoforme conviennent parfaitement. Le charbon et surtout l’oxyde de zinc donnent également de bons résultats.

Si l'infection ou la suppuration résiste aux divers (i) Voir Obturation des canaux, p. 182.

DENTISTERIE OPÉRATOIRE.

traitements indiqués, si la «lent reste chancelante ou sensible à la percussion, c'est qu elle est atteinte de périostite chronique compliquée de kystes radiculaires ou de tumeurs du périoste; qu'il va un corps étranger dans l’alvéole, tels qu'un débris de tirenerfs ou de sonde cassée ; qu’il y a résorption de la racine ou ouverture anormale résultant de nécrose ou de manœuvres opératoires. Dans ces cas, il faut pratiquer la perforation de l'alvéole, la résection de la pointe de la racine ou l'extraction avec ou sans réimplantation de la dent, comme nous l'indiquons plus loin au traitement de la périostite chronique (1).

Carie des dents de première dentition. — Caries des 2e et 3e degrés. — Nous renvoyons à ce que nous avons déjà dit pour le traitement des caries de 2e et 3e degrés.

Caries du 4e degré. — Contrairement à un préjugé assez répandu, les dents de la première dentition se soignent comme les dents de la 2e dentition, même lorsqu’elles sont cariées au 4e degré, même lorsqu'elles donnent naissance aux complications diverses de la périostite (fluxions, abcès alvéolaires, etc. .

La seule contre-indication est l'âge du sujet, indiquant l’apparition prochaine de la dent de remplacement.

Donc, en cas de carie du 4e degré d'une dent de la première dentition, on doit ouvrir la cavité pulpaire, faire des irrigations antiseptiques, nettoyer et antiseptiser les cavités pulpaires et radiculaires, et, après guérison, obturer la cavité pulpaire avec une pâte antiseptique et faire dans la cavité cariée une obturation plastique à la gutta-percha, au ciment ou à l’amalgame, suivant les cas.

,(i) Voir Périostite chronique, p. ig3.

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