SIONBS COMMUNS AU TABES BT AU DIABÈTE
différentiel des deux affections. C'est évidemment sur les symptômes propres à chacune d'elles qu'il faudra se baser. Parmi les signes communs, il faut citer :
1° Les douleurs fulgurantes. — Elles ont été mentionnées dans le diabète par M. Charcot, par MM. Raymond et Oulmont, Bernard et Féré, etc. C'est actuellement un fait bien établi. Tout ce que l'on peut dire c'est que les crises de douleurs fulgurantes semblent plus courtes et plus rapprochées dans le diabète que dans l'ataxie locomotrice progressive, mais c'est là un caractère différentiel de peu de valeur*
2^ Les anesthésieSj hyperesthésies^ dysesthésies de toute sorte : fourmillements, engourdissements.
3^ La perte du réflexe roiulien. — Ce symptôme signalé dans le diabète par M. Bouchard, dès 1881, est fréquent dans le diabète sucré, et sa constatation est bien capable d'induire en erreur.
4° Les troubles trophiques : maux perforants (Kirmisson), chute des dents et des ongles, perle des sueurs locales.
5° La frigidité et fimpuissaiice.
6° Le sigtie de Romberg.
Si lous ces symptômes se trouvaient réunis chez un diabétique, ils pourraient assurément faire songer au tabès. Sans doute, ces divers signes offrent bien, dans jes deux maladies, quelques traits différentiels, mais ce sont le plus souvent de simples nuances incapables d'entraîner la conviction. Dans ces conditions, le meilleur caractère distinctif se tirerait de l'influence produite par le traitement antidiabétique. Si ce traitement faisait disparaître ou amendait notablement les
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symptômes classiques du diabète sans influencer parallèlement les signes tabétiformes, on aurait, sinon la certitude, au moins de fortes probabilités pour l'existence d'un vrai tabès associé à la maladie diabétique. Si par contre l'amendement portait aussi sur ces derniers symptômes, la question serait résolue en faveur du pseudo-tabes.
A côté de cette première catégorie de signes communs aux deux maladies diabète et tabès, il en est une seconde où les dissemblances l'emportent sur les ressemblances. Sans parler des névralgies rebelles souvent bilatérales signalées d'abord par Worms et ensuite par Buzzard,Drasche, Liemmssen, Rosenstein, etc., il faut souligner :
i^ Les crises laryngées. Ces crises sont assez fréquentes dans le tabès où elles se présentent avec des caractères très remarquables. Elles sont exceptionnelles, si toutefois elles existent, dans le diabète vrai.
2^ V incoordination motrice. Les troubles de la démarche n'ont rien de commun dans les deux affections. Là il s'agit de la démarche de stepper^ ici d'une incoordination tout à fait spéciale qui, quand elle est typique, permet de faire le diagnostic à distance. M. Gbarcot, dans une leçon déjà citée sur un cas de paraplégie diabétique, en a tracé un parallèle magistral auquel nous renvoyons. Dans le diabète c'est le steppage que l'on rencontre, « comme dans la paraplégie alcoolique, tout comme dans les prétendues ataxies saturnines, béribériques, arsenicales, dans la majorité des cas de pseudo-tabes jusqu'ici observés » '.
(t) Charcot. — Loc, cit.
332 SIGNES OCULAIRES TABBTIQUBS BT DUBÈTCQUES.
3° Les troubles vésicaux. Si la rétention d'urine peut survenir accidentellement, dans le diabète, parsurdistension de la vessie (Bouchard, Congrès de Blois, 1 884), si quelques accidents vésicaux peuvent s'y montrer*, ils n'ont rien de commun avec les troubles urinaires du tabès; il est inutile d'insister sur ce point;
4"* Les troubles oculaires. Les différences sont ici très accentuées, et la fréquence de ces troubles dans le tabès comme dans le diabète leur donne une importance de premier ordre. Appartiennent à Tataxie locomotrice progressive le myosis bilatéral , le signe d'Argyll Robertson. Fischer signale bien le myosis chez deux de ses malades, mais outre que ce! auteur les met sous la dépendance d'une intoxication tabagique, nous avons vu que dans ces cas il s'agissait probablement d'association tabético-diabétique.
Pour ce qui concerne les paralysies des muscles des yeux d'origine diabétique, Althaus dit : a Actuellement on ne possède pas d'observations très concluantes sur les paralysies des muscles oculaires, quoique Kiwatkowski en ait rapporté un cas ; ou a relaté une paralysie du muscle droit externe dans des conditioos analogues^ » D'après de Wecker et Landolt, ces paralysies seraient probablement dues à des troubles circulatoires et reconnaîtraient des lésions peu profondes des noyaux bulbaires des nerfs moteurs de l'œil, car, ajoutent-ils, elles ont un caractère généralement bénin et guérissent facilement même sans inter-
(1) Bai)\— Troubles urinaires chez les glj/cosuriques, (Conçrhs français de chirurprie, Paris, 1890.)
(2) Allliaus. — ^Maladies de la moelle épinière. Traduction française de J. Morin, 1885.