PHASE DES ATTITUDES PASSIONNELLES
avais Tair peut-être, mais je ne l'ai jamais aimé. Hier, on m'a dit que tu étais malade; j*avais peur que tu meures; mais^ tu sais^ cela n'empêche pas de t'aimer, mais pour me marier, non, jamais; tu sais je ne suis pas une tète à ça
« Je vous dis que mon père n*est pas rouge ; il n'a pas de
robe rouge, non plus. Comme cela fait drôle de voir tout rouge. Les arbres comme ils tournent, et, moi aussi, je tourne ; voilà que Je ne tiens plus debout (elle tombe, puis se relève en criant: « Au feu, au feu, voilà que tout brûle ; mes cheveux, les voilà qui prennent feu. Au secours! »)
c Tiens, j'ai envie de faire une partie de pèche, tu sais,
comme Tautre jour Oh ! ne me chatouille pas comme ça, tu
me fais trop rire (elle rit aux éclats). Laisse-moi, je t'en prie, tu me taquines toujours. Sont-ils bêtes, tous ? C*est ça, ils croient qu'ils me font peur ; mais pas du tout ; je ne veux pas que vous me fassiez mal. Sont-ils drôles? tous ces hommes-là. Oh! que je suis malade, j'ai mal à la tète »
Le jeudi 21 juin, dans Taprès-midi, elle est prise d'une attaque dechorée qui dure une heure, après quoi elle reprend peu à peu conscience. Le soir elle reconnaissait bien tout le monde et causait sagement. Mais elle se plaint de violentes crampes d'estomac. Elle ne se rappelle rien de ce qui s'est passé On lui dit qu'elle a été malade, elle ne le croit pas*. Le soir, au dîner, elle a peu mangé ; elle se disait très fatiguée et voulait se coucher. La nuit elle a très bien dormi, et, le lendemain, il ne restait d'autre trace de l'attaque, par laquelle elle venait de passer, qu'un peu de fatigue, qui a disparu les jours suivants.
Cette jeune fille, qui porto aujourd'hui comme stigmate permanent une hémianesthésie sensitivo-sensorielle droite complète, est toujours sujette à des attaques d'hystérie. La phase passionnelle de ces attaques, dans laquelle elle est en proie à un délire hallucinatoire qui rappelle beaucoup celui dont on vient de lire la description, présente au point de vue de la durée une notable prédominance sur les autres phases^ bien que celles-ci existent toutes et donnent A l'élément convulsif Taspect bien caractéristique de la grande attaq ue hystéro-épileptique. La période des attitudes passionnelles est allongée au point qu'elle durerait plusieurs heures, ainsi que nous l'avons constaté plus d'une fois, si généralement on ne l'arrêtait soit par les inhalations d'éther, soit par l'application du compresseur de l'ovaire.
Nous avons profité de cette circonstance pour appliquer