‹ Clinique des maladies du système nerveux; leçons du professeur, mémoires, notes et observations parus pendant les années 1889-90 et 1890-91Chapitre 59 sur 177 · SOMNAMBULISME HYSTÉRIQUE · texte numérisé non relu

SOMNAMBULISME HYSTÉRIQUE

passionnelles peut, dans certains cas, prendre la place principale parmi les autres phénomènes de Tattaque. On se trouve alors en présence soit de Fattaque délirante, soit de l'attaque de somnambulisme.

J'ai montré, dans le travail cité plus haut, sous quels différents aspects peut se présenter cette modalité particulière de l'attaque hystérique. On la rencontre fréquemment dans rhystérie des enfants, petits garçons et petites filles, chez qui elle revêt le plus souvent la forme délirante.

Mais, dans ces divers cas, il y a à considérer un certain nombre de nuances qui font que tous les malades, bien qu'identiques quant au fond, ne se ressemblent pas tous quant à la forme. L'attaque à forme de délire se voit de préférence chez l'enfant. L'élément convulsif est réduit à peu de chose, mais cependant encore fort accentué. Le délire est surtout de nature hallucinatoire, souvent violent.

Les véritables somnambules hystériques, au contraire, sont plus tranquilles. Ils sont toujours, bien entendu, en proie à un délire actif, provenant principalement d'hallucinations, au milieu desquelles les visions zoopsiques, revenant plus ou moins souvent, achèvent de donner à ce phénomène un cachet hystérique non sans importance. Mais encore parmi eux que de différences suivant les cas !

Les uns, complètement et profondément concentrés dans leur délire, sont incapables de communiquer avec l'extérieur et c'est à peine si les impressions sensorielles les plus simples peuvent arriver à provoquer chez eux des modifications dans les conceptions délirantes, modifications d'ailleurs toujours iinprévues chez le malade qu'on examine pour la première fois, pour cette raison qu'il transforme toujours à son gré, et en dehors de la volonté de Topérateur, l'impression reçue en une hallucination ou une série plus ou moins complexe d'hallucinations.

D'autres, au contraire, beaucoup moins concentrés, bien qu'ils soient toujours inconscients du lieu où ils se trouvent, supprimant tout ce qui les entoure ou le transformant pour l'incorporer dans leur délire, peuvent entrer jusqu'à un certain point en communication avec le monde extérieur. Le médecin peut les impressionner, changer le

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cours de leurs idées délirantes, par des excitations plus compliquées, telles que la parole, par exemple.

Entre ces derniers, k c6té de qui une personne non prévenue risquerait de passer sans se douter qu'ils sont en pleine attaque d'hystérie, et les premiers, les délirants, dont on se gare quelquefois comme de fous furieux, tous les types de transition se rencontrent, constituant les formes très variées en apparence, mais identiques dans le fond, sous lesquelles peut se présenter le somnambulisme hystérique.

Mais ce n'est pas le seul aspect clinique que peut revêtir la troisième phase de Tattaque d'hystérie. Il en existe encore un autre, vraisemblablement beaucoup plus rare à la vérité, mais non moins intéressant à étudier dans ses manifestations. C'est le dédoublement de la personnalité de nature hystérique.

Déjà, dans le somnambulisme hystérique, on peut dire, en s'en tenant au sens strict des mots, qu'il y a dédoublement de la personnalité. Il paraît, en effet, exister deux vies distinctes chez le somnambule hystérique. La personne délirante vit une vie à part dont les morceaux, constitués par les diverses attaques de somnambulisme, se relient les uns aux autres. On peut voir, en effet, ainsi que j'en ai montré un exemple bien probant, le somnambule conserver le souvenir des actes exécutés dans une période somnambulique antérieure; et cela avec une précision telle que le malade en question était capable, pendant une crise, de continuer, sans erreur dans le numérotage des pages, un manuscrit commencé dans une attaque somnambulique survenue trois semaines auparavant. Il y a donc là, en réalité, une seconde vie, vécue par une seconde personne, et qui peut prendre, dans certains cas, un développement assez considérable, puisque l'on voit ce somnambulisme hystérique durer jusqu'à dix jours pleins (Obs. de la nommée Bch... dans le travail déjà cité; voir plus haut, p. 102).

Ce n'est pas, d'ailleurs, dans le somnambulisme hysté* rique seul que l'on observe un dédoublement de l'individu en deux personnalités différentes. La plupart des psycho« logues admettent qu'il existe en nous, à Tétat normal^

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