MÉMOIRE DANS L'ÉTAT A
fournis par ses parents. Elle sait que son père et sa mère sont morts» et de quelles maladies, par qui elle a été élevée après être devenue orpheline, etc., etc... (1).
Elle possède quelques notions assez précises d'histoire. Elle connaît Jeanne d'Arc; elle sait que Cléopâtro et Marc-Ântoine étaient des personnages de Thistoire Romaine, celui-ci Romain, colle-là reine d'Egypte.
Elle possède parfaitement bien loutes les connaissances acquises par l'instruction et l'éducation que peut avoir une jeune fille de son âge. Elle sait ce qu'on lui a appris touchant la mort, l'âme, le ciel et l'enfer. Elle n'ignore point ce qu'est un cimetière, un cercueil, etc.. Enfin elle n'écrit pas un mot dont elle ne connaisse le sens d'une façon plus ou moins précise.
Mais si elle a ainsi la parfaite connaissance de sa vie antérieure, en revanche, elle ignore absolument tous les faits accomplis et les événements survenus dans l'état B, c'eslà-dire depuis environ le mois d'octobre 1889. En d'autres termes, la personne normale n'a pas la moindre notion de la personne vigilambulique.
J'ai dit plus haut qu'elle s'était liée d'intime amitié avec Tune de ses compagnes» Marguerite F..., passant tout son temps auprès d'elle, sortant chez ses parents, partageant avec elle son argent, ses repas. Dans l'état Â, elle ne la connaît plus. Elle ne Ta jamais vue. Si on insiste en lui demandant si vraiment elle ne se rappelle pas l'avoir vue quelque part : c Ah ! oui, dit-elle, je l'ai vue quelquefois. C'est la jeune fille qui couche dans le lit voisin du mien. » Cette reconnaissance est facile à expliquer ; elle a vu, en effet, Marguerite F... pendant la nuit, lorsqu'elle est en état Â, couchée dans le lit voisin du sien. Nous fîmes souvent cette confrontation des deux amies et Tautre finit par ne plus s'émouvoir de ce brusque dérangement de sentiments chez sa camarade. Mais avant qu'elle fût instruite de cela, elle avait un jour subi une vive émotion en la voyant ainsi et l'avait crue un peu folle.
(i) On peut se reporter, en ce qui concerne la description des phénomènes de l'état A chez cette malade, à la description cidessus de l'état B. J'ai suivi à dessein exactement le môme plan dans les deux, afin que la cojnparaison puisse être faite plus facilement.